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Annexe

Démonstration du théorème des élasticités critiques

www.scholarvox.com:ENCG El Jadida:200362993:45001490:105.159.193.36:1591209660
Pour établir le théorème des élasticités critiques, on va considérer la balance commer-
ciale d’un pays exprimée en valeur et en monnaie nationale : BC = Px.X – Pm.M (1)
avec BC la balance commerciale, Px le prix des exportations en monnaie nationale,
X le volume des exportations, Pm le prix des importations en monnaie nationale et
M le volume des importations.
La demande étrangère d’exportation va dépendre négativement du prix des
exportations exprimé en monnaie étrangère (noté Px*) et la demande nationale
d’importation dépend, quant à elle, négativement du prix des importations exprimé
en monnaie nationale. On peut donc écrire :
X = X (Px*) avec dX/dPx* < 0 et M = M (Pm) avec dM/dPm < 0
D’autre part, avec S le taux de change coté à l’incertain pour le pays considéré,
on peut écrire :
Px = S.Px* ⇔ Px* = Px/S (2) et Pm = S.Pm* (3)
avec Pm* le prix des biens importés exprimés en monnaie étrangère. La cotation à
l’incertain implique qu’une dévaluation/dépréciation correspond à une hausse de S.
C’est l’inverse quand la monnaie nationale est coté au certain, comme c’est le
cas de l’euro contre les autres devises.
En l’absence de comportements de marge, une dévaluation/dépréciation n’aura
aucun effet sur le prix des exportations en monnaie nationale et sur le prix des
importations en devises, donc en utilisant (2) on écrit :
dPx/dS = 0 ⇔ d(S.Px*)/dS = S.dPx*/dS + Px*.dS/dS = 0 ⇔ dPx*/Px* = –dS/S
Autrement dit, le taux de variation des prix à l’exportation exprimé en devises
est égal à l’inverse du taux de dévaluation / dépréciation. Une dévaluation / dépré-
ciation de 10 % (hausse de S de 10 % à l’incertain) induit une baisse des prix à l’ex-
portation en monnaie étrangère de 10 %. En revanche, cela augmente le prix des
biens importés de 10 % également puisque selon (3) :
dPm/dS = S.dPm*/dS + Pm*.dS/dS, or, dPm*/dS = 0 comme on l’a dit plus haut, donc
dPm/dS = Pm* = Pm/S ⇔ dPm/Pm = dS/S (4)
On différentie totalement par rapport au taux de change l’expression de la
balance commerciale :
dBC/dS = Px.(dX/dPx*).(dPx*/dS) – X.(dPx/dS) – Pm.(dM/dPm).(dPm/dS) – M.(dPm/dS),
or, on sait que : dPx/dS = 0 ; dPx*/dS = –Px*/S ; dPm/dS = Pm/S ; donc :
dBC/dS = -Px.(dX/dPx*).(Px*/S) – Pm.(dM/dPm).(Pm/S) – M.(Pm/S),
En mettant en facteur X.(Px/S), on obtient :
dBC/dS = X.(Px/S).[(–dX/X).(Px*/dPx*) – (Pm2/X.Px).(dM/dPm).(Pm/S) – (M.Pm/X.Px)],
en supposant que la balance commerciale est initialement à l’équilibre
(Px.X = Pm.M), alors :
dBC/dS = X.(Px/S).[(-dX/X).(Px*/dPx*) – (dM/M).(Pm/dPm).(Pm/S) – 1],
sachant que les élasticités-prix des demandes d’exportations et d’importations, défi-
nies positivement, s’écrivent respectivement :

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Finance internationale

ηX = –(dX/X)/(dPx*/Px*) et ηM = –(dM/M)/(dPm/Pm),
alors : dBC/dS = X.(Px/S).[ ηX + ηM – 1]. (5)
X.(Px/S) étant toujours positif, on aura : dBC/dS > 0 ⇔ (ηX + ηM – 1) > 0.
Donc une dévaluation / dépréciation aura un effet net positif sur la balance com-
merciale si, et seulement si, cette condition sur les élasticités est respectée d’expor-
tations et d’importations est supérieure à un.
Notons que (5) permet de décomposer l’ensemble des effets prix et volume
puisque :

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(X.Px/S). ηX représente l’effet volume sur les exportations,
(X.Px/S). ηM représente l’effet volume sur les importations, et
X.Px/S = M.Pm/S représente l’effet prix sur les importations.

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