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CURRICULUM D’APPRENTISSAGE

PRODUCTION ET POST PRODUCTION DU RIZ

Module 1:
Choix et utilisation des
bonnes variétés de riz et des
semences de qualité
SOMMAIRE

SIGLES ET ABRÉVIATIONS.................................................................4

I. CONTEXTE ET JUSTIFICATION.......................................................5

II. OBJECTIFS DU MODULE.................................................................5

III. PUBLIC CIBLE..................................................................................6

IV. DURÉE DU MODULE........................................................................6

V. DÉROULEMENT.................................................................................6

5.1 Séance de facilitation 1: Choix et utilisation des bonnes


variétés de riz......................................................................................7

5.2 Séance de facilitation 2: Choix et utilisation des


semences de qualité.........................................................................12

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SIGLES ET ABRÉVIATIONS

Africa Rice Association pour le Développement de la Riziculture en Afrique de l’Ouest.


AGRA Alliance for a Green Révolution in Africa (l’Alliance pour une révolution verte en Afrique).
CEDEAO Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest.
CRRA Centre Régional de la Recherche Agronomique.
DAP Di-Amoniac Phosphate.
FO Fumure organique.
Ha Hectare
IER Institut d’Economie Rurale
ISTA International Seed Testing Association Internationale d’Essais de Semences)
Kg kilogramme
M Mètre
MA-SG Ministère de l’Agriculture-Secrétariat Général
NERICA New Rice for Africa
NPK Azote Phosphore Potassium
PAFISEM Programme d’Appui à la Filière Semencière au Mali
PDRN Projet de Diffusion du Riz NERICA
R1 Première Reproduction
R2 Deuxième Reproduction
RYMV Rice Yellow Mottle Virus (Panachure Jaune du Riz)

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I. CONTEXTE ET JUSTIFICATION

Un bon choix variétal et l’utilisation de bonnes semences sont des éléments déterminants pour la
réussite d’une campagne rizicole.

Le choix de la variété est fonction des objectifs de production du paysan. Ces objectifs sont dictés non
seulement par les contraintes rencontrées sur le terrain, telles que l’inondation fréquente, la précarité
des pluies, la toxicité ferreuse, les maladies etc., mais aussi par les besoins des consommateurs.

La pratique montre que dans plusieurs cas, l’échec de la production est la conséquence d’un mauvais
choix de la variété ou de la semence utilisée (mélange de variétés hâtives et tardives, semences
ayant un faible pouvoir germinatif, etc.).

Ce module fait le point sur la diversité variétale du riz. Il vise à faire connaitre aux apprenants, les
critères de choix et d’utilisation des bonnes variétés. Il permet également de maîtriser la technologie
semencière et l’utilisation des semences de qualité. Il comprend deux séances de facilitation :

Séance de facilitation 1: Choix et utilisation des bonnes variétés de riz;


Séance de facilitation 2: Choix et utilisation des semences de qualité.

Chaque séance de facilitation comprend les éléments suivants:

Objectifs d’apprentissage ;
Démarche d’animation;
Temps nécessaire ;
Matériels, appareillages et outillage

II. OBJECTIFS DU MODULE

Objectif général

Amener les apprenants à choisir et utiliser des bonnes variétés de riz et des semences de qualité.

Objectifs spécifiques

Les objectifs spécifiques visés:


Identifier la diversité variétale en fonction des contraintes locales  et des besoins liés aux
objectifs de la production;
Donner des conseils aboutissant à des prises de décision sur de nouvelles variétés à tester
pour résoudre des problèmes spécifiques ou satisfaire les objectifs de la production;
Avoir des notions de base sur la semence de riz;
Identifier les principales étapes de production de la semence de riz;
Distinguer les systèmes semenciers au Mali.

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III. PUBLIC CIBLE

Ce module est destiné aux agents du Secteur Agricole, du Service Local du Génie Rural, des centres
de formation agricole et rurale, des élus des chambres d›agriculture et membres d›ONG ayant une
bonne connaissance de la riziculture dans les bas-fonds et plaines inondables et la Petite Irrigation
Villageoise (PIV). Les bénéficiaires sont appelés à former des acteurs intermédiaires de l’Irrigation
de Proximité (IP).

IV. DURÉE DU MODULE

La durée estimée pour animer ce module est de sept (7) heures.

V. DÉROULEMENT

Mise en route de la session:


Ouverture officielle de la session;
Présentation des participants et des facilitateurs;
Formulation des attentes des participants;
Élaboration des normes de conduite;

Présentation du programme et son déroulement :


Identification des préalables pour un choix variétal;
Identification des pratiques paysannes en matière de production de semence;
Connaissance des techniques utilisées par les firmes spécialisées en matière de production
de semence (R1_R2);
Description des bonnes pratiques en termes de conservation des semences;
Les conseils pratiques pour la production, l’utilisation et la conservation de semences de riz.

Activités de clôture de la session:


Évaluation

Mots de clôture

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5.1 Séance de facilitation 1 :
Choix et utilisation des bonnes variétés de riz

5.1.1 Objectifs d’apprentissage

Au terme de cette séance les apprenants seront capables de :

Identifier les variétés cultivées par les paysans ;


Présenter de nouvelles variétés adaptées aux contraintes et besoins de production ;
Conseiller l’utilisation des bonnes variétés.

5.1.2 Démarche d’animation

i) Discussions sur les pratiques en matière de choix et d’utilisation des variétés productives
de riz par les paysans.

Le facilitateur stimule le débat en posant les questions suivantes tout en tenant compte des
différences de pratique citées lors de la discussion.

Qu’est-ce qu’une variété de riz?


Comment les paysans choisissent la bonne variété de riz pour leurs parcelles?
Comment les paysans obtiennent la bonne variété de riz?

Références techniques
1. La notion de variété

La variété est l’unité de classification située sous le rang de l’espèce. En taxonomie botanique, il s’agit
d’une subdivision d’une espèce (ou sous-espèce) de plante. Elle rassemble un groupe de plantes
que l’on peut distinguer des autres variétés de la même espèce grâce à leurs caractéristiques.

Le RÈGNE VÉGÉTAL est divisé en deux Sous-règnes, dont chacun est divisé en plusieurs CLASSES.
Pour l’agriculture, seules les plantes à graines et à tubercules sont importantes. Un exemple de
plante à spores est le champignon.

Plus en détail, il n’y a que la Classe qui comporte les plantes à graines couvertes qui puisse intéresser
l’agriculteur. Cette Classe est divisée en deux Sous-classes. Les deux sous-classes sont à leur tour
divisées en plusieurs Familles. Chaque Famille est divisée en plusieurs Genres. Chaque Genre est
divisé en Espèces. Les Espèces sont divisées en Variétés.
Prenons l’exemple de la classification du riz:

Sous-Règne Classe Sous-Classe Famille Genre Espèces Variété


Plante à Plante avec
Le Riz Plante à Graminée
graines graines à un Oryza Sativa Gambiaka
graines (Céréales)
couvertes seul lobe

Nom scientifique du riz: Oryza Sativa

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Dans la Sous-classe des plantes avec des graines à deux lobes on peut citer: le haricot, le café,
l’arachide.

Afin d’éviter des confusions, il est obligatoire que chaque plante ait son nom à lui seul. Dans le monde
scientifique le Latin est utilisé pour l’appellation des plantes. Chaque plante dans le Règne Végétal
reçoit toujours deux noms: un nom pour le Genre et un nom pour l’Espèce. Dans l’agriculture on y
ajoute encore le nom de la variété.

Le nom du Genre est toujours écrit avec une lettre capitale; le nom de l’Espèce toujours avec une
minuscule. Le nom de la variété est écrit avec une lettre capitale, mais le mot est mis entre guillemet
simple. Par exemple le riz: Oryza sativa ‘Gambiaka’.

La variété est donc une spécification du matériel végétal qui fait référence aux caractéristiques
phénotypiques, bio physiologiques, génotypiques et de production.

La notion de variété fait aussi référence aux conditions bioécologiques. Les variétés d’une même
espèce peuvent se croiser entre elles.

Il existe dans le monde entre 7.000 et 10.000 variétés de riz que l’on peut regrouper en trois catégories
selon leurs formes : le riz long grain, le riz à grain moyen et le riz à grain court.

Le premier est supérieur à 6 mm, léger, très sec et le grain se sépare facilement lorsqu’il est froid,
c’est d’ailleurs pour cela qu’il est souvent utilisé pour les salades. Nous trouvons dans ce groupe les
aromatiques Basmati d’Inde et du Pakistan et le riz thaïlandais, avec sa caractéristique arôme au
jasmin, le Ferranini d’Italie et le Bond américain, entre autres.

Celui au grain moyen mesure entre 5 et 6 millimètres. Il est plus court et plus arrondi que le riz au
grain long. Sa saveur est plus suave et il a une texture plus délicate.

Le riz au grain court ou arrondi reçoit ce nom parce qu’il est presque aussi long que large
(approximativement 4-5 millimètres de longueur et 2,5 millimètres d’épaisseur).

Parmi les riz au grain moyen on distingue le Arborio, alors que les riz espagnoles Júcar, Baía où
le riz Bomba se trouvent dans le groupe de riz au grain court. Le riz gluant qui contient un grand
pourcentage d’amidon et dont les grains restent collés après la cuisson, est une autre variété de
grain court. On l’utilise souvent pour préparer du risotto.

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Présentation des variétés les plus communes au monde.

Riz tendre à grains ronds : Riz collant, contenant beaucoup d’amidon ; il est idéal pour les
potages et les desserts (riz au lait, gâteau de lait, etc.)
Riz dur à grains longs : Idéal pour la cuisson à l’eau ou à la vapeur. Il est souvent étuvé ou
prétraité et ses grains se détachent bien. C’est le riz le plus utilisé en France.
Riz brun ou complet : À peine décortiqué, il conserve la plus grande partie de ses vitamines,
mais sa cuisson est beaucoup plus longue.
Riz Surinam : C’est un riz de Guyane de très bonne qualité à grains très longs et très fins.
Riz Basmati : Riz indien à grains longs, il convient à toutes les préparations à base de curry et
au biriani (riz sauté à l’indienne). On le trouve aussi sous forme de riz complet.
Riz parfumé : En provenance du Vietnam ou de Thaïlande, sa finesse de goût et ses grains
longs le rendent idéal pour la cuisine du sud-est asiatique.
Riz gluant : Très riche en amidon, c’est une des variétés de riz cuit à la vapeur dans de petits
paniers d’osier.
Riz sauvage : C’est une graminée d’origine indienne. Ses grains longs et noirs ont un goût
typique et savoureux. Très cher, il est souvent vendu en mélange avec du riz blanc étuvé.

Souvent, les variétés sont classées en fonction de la couleur du grain :

Le riz blanc : de grain allongé, auquel on a retiré sa pellicule et le blé. Sa qualité est reconnue
dans le monde entier. Quand il est cuisiné, les grains ont tendance à se séparer.
Le riz rouge : de provenance asiatique est ainsi nommé parce que les grains présentent une
couche de blé rouge. Il a l’habitude de se développer dans les terrains peu fertiles et dans
les zones montagneuses. Il est généralement broyé pour obtenir de la farine blanche pour
cuisiner.
Le riz noir : également asiatique, riche en vitamine B et en oligo-éléments. Cette variété se
cultive en Chine, en Indonésie et en Thaïlande et se caractérise par sa légère couche de blé
noir qui encercle un grain blanc.

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Les milliers de variétés de riz existantes sont parfois classées selon leur degré de précocité, selon
la longueur du cycle végétatif (en moyenne 160 jours). On parle alors de variétés très précoces
(90 à 100 jours, écotypes « aus »), précoces, semi-précoces, tardives, très tardives (plus de 210
jours). Ce mode de classement est pratique du point de vue agronomique mais n’a aucune valeur
taxonomique.

2. Le choix de la variété

Le choix de la variété et la date de démarrage de la campagne déterminent les différentes opérations


culturales. Le choix de la variété dépend des conditions de production (bas-fonds, plaines inondables,
riziculture à maîtrise totale de l’eau, riziculture flottante ou des zones lacustres) et des objectifs de
production.

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2.1- Pour la riziculture à maîtrise totale de l’eau, le choix est fait en fonction de la saison où
les cultures sont pratiquées :

La saison humide ou hivernage caractérisé par des températures élevées en début de culture (juin-
juillet) et des températures basses en fin de cycle (Novembre-Décembre)
La saison sèche chaude caractérisée par de basses températures en début de culture (Février) et
des températures élevées en fin de cycle (Mai-Juin).
A chaque saison de culture correspond un type de variété bien déterminé. Ainsi, on distingue deux
groupes de variétés :
Groupe 1 : variétés photosensibles : Exemple : Gambiaka-kokoum, BH2, H15-23-DA, D52-
37, etc.
Groupe 2 : variétés dites non photosensibles : Exemple : BG90-2, Kogoni 91-1 (Gambiaka
Suruni), RPKN-2 (Telimani), IR32 (Wasa), ADNY-11, Nionoka, Wat 310, Nerica L1-IER, Nerica
L2 IER, etc.

Les variétés de riz non photosensibles sont cultivables en hivernage et en contre saison. Cependant,
il y a des paysans qui utilise ces variétés en contre saison froide. Cette pratique est déconseillée
par la recherche et la vulgarisation qui recommandent pour la culture de contre saison chaude
exclusivement des variétés à cycle court.
Les variétés de riz irrigué les plus vulgarisées au Mali sont données en annexe 1.

2.2 - Pour la riziculture de bas-fonds, la variété est choisie en fonction de sa capacité


d’adaptation aux niveaux d’eau dans les bas-fonds :

Les variétés qui supportent la faible lame d’eau ;


Les variétés qui supportent la forte lame d’eau ;
Les variétés qui résistent à la sécheresse.
Les variétés de riz de bas-fond les plus vulgarisées au Mali sont données en annexe-2.

2.3- Pour la riziculture de submersion le choix de la variété est fait en fonction de l’aptitude
à la forte lame d’eau.

En submersion libre, les variétés cultivées sont surtout des riz africains (Oryza glaberrima), classées
selon leur cycle : précoce jusqu’à 90 jours, moyen de 90 à 120 jours et tardif de plus de 120 jours ;
respectivement appelées, variétés Tétéra, Kossa et Mobéri selon les appellations Sonrhaï (Nord du
Mali).

On assiste de plus en plus à l’introduction de variétés asiatiques les mêmes que celles utilisées en
riziculture de submersion contrôlée : Khao Gwaen pour les franges basses, DM16, BH2, BG90-2
et D52-37 pour les franges moyennes et hautes. En effet, les franges basses sont les premières à
être inondées et les dernières à être exondées ; ainsi on y sème des variétés de 160 à 180 jours.
Dans les franges moyennes et hautes, on sème des variétés de 90 à 100 jours.

En submersion contrôlée, le choix des variétés est fonction de la structure topographique de la


parcelle. Ainsi, en fonction de la hauteur de la lame d’eau dans la parcelle, les variétés les plus
utilisées par les exploitants sont les suivantes :

Riz flottant (lame d’eau de 1,2-3,0 m) : variété Khao Gwaen ;


Riz dressé (lame d’eau inférieure à 1,2 m) : variété DM16, H15-23DA, BH2, Gambiaca, D52-37 ;
Riz pluvial dans les zones marginales : variété IRAT 216.
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2.4- Pour la riziculture de PIV.

Les paysans utilisent les mêmes variétés qu’en zone Office du Niger. Ce sont les variétés les plus
performantes issues du programme de sélection riz du Centre Régional de Recherche Agronomique
de Niono (CRRA) qui sont cultivées. Il s’agit de variétés à paille courte (sativa) répondant à
l’intensification (repiquage, apport d’engrais) : IPK, BG90-2, China Balla, H15-23-DA, BH2 et IR32-
307 Les rendements sont de l’ordre de 6 t par ha en moyenne.

3. L’accès à la bonne variété de riz

L’accès à la bonne variété est essentiel pour la réussite d’une campagne de production. Il est fonction
de la disponibilité de la semence au niveau des structures compétentes (institutions de recherche
agricole, Service Semencier National, etc.). Souvent les variétés qui sont beaucoup utilisées par les
producteurs font l’objet de programmes de diffusion.

ii) Évaluation de la séance

A la fin de la séance le facilitateur pose des questions pour se faire une idée des connaissances
acquises par les apprenants :
Qu’est-ce qu’une variété ?
Comment choisir une bonne variété de riz pour sa parcelle ?
Comment obtenir une bonne variété de riz ?

5.1.3 Temps nécessaire


Le temps estimé pour cette séance est de 3 heures.

5.1.4 Matériels, appareillages et outillages


Échantillons de variétés, photos, fiches techniques, diapositives, vidéoprojecteur, ordinateur, tableau
noir, craie de différentes couleurs, papier kraft.

5.2 Séance de facilitation 2 :


Choix et utilisation des semences de qualité

5.2.1 Objectifs d’apprentissage


Au terme de cette séance les apprenants seront capables de:
Définir et connaître l’importance de la semence ;
Décrire les caractéristiques d’une bonne semence ;
Distinguer les catégories de semences et identifier leurs producteurs ;
Identifier les principales étapes de la production de semence de riz ;
Distinguer les systèmes semenciers au Mali.

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5.2.2 Démarche d’animation
i) En brainstorming

Le facilitateur demande aux participants de définir la semence et de montrer son importance.

ii) Présentation de la définition

Il présente ensuite la définition de la semence et montre toute son importance.

Références techniques
1. Définition de la semence

Il existe plusieurs définitions parmi les quelles, nous retiendrons celle donnée par la Loi N° 10-
032 /du 12 juillet 2010 Relative aux Semences d’origine Végétale au Mali qui considère comme
semence : « Tout matériel ou organe végétal ou partie d’organe végétal, tels que graine, bouture,
bulbe, greffon, rhizome, tubercule, embryon, susceptible de reproduire un individu ».

Dans notre contexte, la semence peut-être définie également comme des graines de riz viables,
dotées d’une pureté variétale et d’un taux de germination d’au moins égale à 80 %, indemnes de
maladies, de graines d’adventices et d’impuretés.

A la différence du paddy, la semence est destinée à être utilisée l’année suivante comme intrant. Elle
est bien traitée, propre, homogène, dépourvue de balles vides, de graines d’adventices et d’hors
types, etc.

2. Importance de la semence

La semence sert à :

Assurer la pérennité des variétés ;


Accroître quantitativement et qualitativement la production ;
Assurer l’alimentation de l’homme et des animaux ;
Assurer le bien-être par l’amélioration des revenus ;
Créer un capital semencier de qualité des variétés ;
Contribuer à la sécurisation de l’agriculture nationale.

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L’utilisation de semences certifiées permet d’obtenir L’utilisation de paddy˝ tout venant˝ comme semence
une culture homogène et participe à réduire les se traduit par une culture hétérogène avec beaucoup
populations des mauvaise herbes de mauvaises herbes

iii) Discussion sur les caractéristiques d’une bonne semence, les catégories de semence et
la production de semence.

Le facilitateur stimule le débat en abordant les sujets suivants et en faisant attention aux différences
entre les réponses :

Quelles sont les catégories de semence ?


Qui sont les producteurs de chaque catégorie ?
Qu’est-ce qu’un producteur de semence, ses qualités et son rôle ?

iv) Présentation des caractéristiques d’une bonne semence

Le facilitateur donne les caractéristiques d’une bonne semence, explique les catégories de semence
et indique celui qui les produit.

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Références techniques
1. Caractéristiques d’une bonne semence

Une bonne semence doit avoir les qualités suivantes :

Être génétiquement pure ;


Être sèche et bien conservée ;
Être saine et bien mure,
Être propre et exempte de graines étrangères ;
Avoir une bonne faculté germinative ;
Être homogène de : forme, taille des grains, couleur, présence ou absence de poils, présence
ou absence de barbes, etc

Bonne semence Semences malades ou endommagées

Une semence mélangée

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2. Catégories de semences et leurs producteurs

En riziculture, les catégories de semences sont produites selon le schéma suivant :

1ère 2ème
SOUCHES Pré Base Reproduction Reproduction
(R1) (R2)

Souche (G0) : produite par l’obtenteur d’une variété comme résultat d’un processus de
sélection variétale ;
Pré-base (G1 G2 G3) : produite par l’obtenteur de la variété ou son mandataire
Base (G4) : produite par toute personne physique ou morale agréée par les services
compétents du Ministère de l’Agriculture ;
Reproductions R1 et R2 : sont produites par toute personne physique ou morale agréée par
les services compétents du Ministère de l’Agriculture.

Semences R1 et R2

3. Objectifs de production de semence

Assurer une bonne valorisation des performances des variétés sélectionnées ;


Créer un capital semencier de qualité, bien conservé et disponible en temps utile et en quantité
suffisante ;
Préserver et perpétuer les acquis de la recherche.

La production de semences vise à fournir un produit conforme au matériel de départ mis au point par
le sélectionneur et respectant les normes de qualité techniques.

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4. Producteur de semence

Est producteur semencier, toute personne physique ou morale régulièrement enregistrée sur la
liste des producteurs semenciers agréés tenue par les services compétents du Ministère chargé de
l’Agriculture.

Exposition de semences de l’URSCSS Ségou Exposition de semences des Coopératives de


Bewani

Quelles sont les qualités d’un producteur de semence

Le semencier doit être : Volontaire et ouvert aux innovations, discipliné, courageux, travailleur,
sérieux, honnête, intègre, disponible et bien équipé.

Quel est le rôle d’un producteur de semence de riz

Assurer la multiplication de toutes les catégories de semences à partir de la semence de base (G4)
dans le strict respect de l’itinéraire technique de la production de semences pour la satisfaction des
besoins nationaux et/ou sous régionaux en semences certifiées.

v) Discussion sur les principales étapes de la production de semence de riz.

Le facilitateur stimule le débat en abordant les sujets suivants et en faisant attention aux différences
entre les réponses:

Où se procurer la semence de qualité ?


Comment choisir la variété à multiplier ?
Comment choisir la parcelle semencière ?
Quel itinéraire technique suivre ?
Comment certifier les semences de riz ?

vi) Principales étapes de la production de semence de riz.

Le facilitateur expose les principales étapes de la production de semence de riz.

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Références techniques
1. Où se procurer de la semence de qualité ?

On peut se procurer de la semence de qualité au niveau des trois réseaux de la filière semencière
au Mali que sont :
L’Institut d’Économie Rural - IER et /ou autre organisme spécialisé pour les semences de pré-
base et base ;
Le réseau des producteurs de base R1 pour les semences de R1 ;
Le réseau de producteurs R2 et les distributeurs pour les semences commerciales.

2. Choix de la variété à multiplier

Il est souhaitable d’avoir une certaine connaissance de la variété à implanter en fonction des
systèmes de riziculture et de la saison de culture notamment par rapport:
Au type de riziculture : riz irrigué avec maîtrise totale de l’eau, riz de bas-fond/submersion ou
riz pluvial ;
Au rendement ;
Au cycle ;
À la demande des producteurs ;
À la sensibilité à la photopériode ;
Au marché : le choix de la variété à multiplier doit être en rapport avec la demande des
utilisateurs.

3. Choix de la parcelle semencière

Les parcelles semencières doivent être choisies en tenant compte des critères suivants :

Sols argileux, limono-argileux ;


Accès facile ;
Précédent cultural compatible (éviter toutes parcelles ayant porté toutes autres variétés que
celle à multiplier) ;
Facilité d’irrigation ;
Facilité de drainage ;
Fertilité initiale ;
Terrain plat ;
Respect des normes d’isolement (5 m pour les semences de base et 3 m pour les semences
certifiées R1 R2).

4 Préparation du sol

Les opérations de préparation du sol doivent se faire suivant le type de riziculture :

Riziculture irriguée :

Effectuer un labour du sol plus hersage et une mise en boue soit à la traction animale ou
motorisée ;
Apporter 5 à 10 tonnes de fumure organique par ha.

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Planage et mise en boue

Riziculture pluviale et de bas-fond :

Épandre les engrais de fond (5 à 10 tonnes de fumure organique plus 200 kg par ha d’engrais
complexe coton ou céréale) suivi d’un bon labour pour enfouir les mauvaises herbes ;
Faire le pulvérisage ou le hersage.

5. Le semis

Le semis se fait à travers plusieurs méthodes et selon le type de riziculture.

Riziculture irriguée :

Semis à la volée à sec : 120 kg de semences /ha ;


Semis à la volée avec semences pré-germées 80 kg/ha ;
Semis en ligne continue à l’aide de semoir 60 à 80 kg/ha ;
Repiquage 10 cm x 15 cm ou 20 cm x 20 cm à raison de 2 plants/poquet à partir d’une
pépinière de 300 à 500 m2 (soit environ le 1/20 de la superficie d’1 ha) à raison de 40 - 60 kg/
ha de semences. L’âge optimum de plants est de 21 jours à 30 jours.

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Conduite d’une pépinière humide

Arrachage et transport des plants Repiquage

Riziculture pluviale et de bas-fond


Semis à la volée : 70 à 120 kg/ha ;
Semis en ligne continue 25 cm entre les lignes (60 kg/ha) ;
Semis en poquet 20cm x 20 cm ou 25 cm x 25 cm (60 kg/ha).

6. Date optimale de semis


La date optimale de semis est établie en fonction de la saison de culture et du système de riziculture.

Riziculture irriguée :
Saison d’hivernage
Semis en pépinière du 20 mai au 20 juin ;
Repiquage du 15 juin au 15 juillet.

Contre saison
Semis en pépinière du 1er au 28 février ;
Repiquage du 21 février au 30 mars.

Riziculture pluviale et de bas-fond :


Semis direct du 1er juin au 15 juillet.

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7. Entretiens culturaux
Fertilisation
Suivant les doses recommandées par la recherche:
En pépinière : apporter suffisamment du fumier plus l’urée et le DAP au besoin (FO + 2kg
DAP+ 3 kg urée par are).
En plein champs :
Irrigué en hivernage : 100 kg de DAP, 200 à 250 kg d’Urée en 2 fractions et 100 kg de sulfate
de potassium ? par ha (dose recommandée par la Recherche)
Irrigué en contre saison : 100 kg DAP, 300 kg Urée en 2 fractions et 100 kg de sulfate de
potassium par ha (dose selon la Recherche)
Pluvial strict : 100 kg/ha de complexe coton au semis, 100 kg/ha d’urée dont 50 kg /ha au
tallage et 50 kg/ha à l’initiation paniculaire (dose selon la Recherche).
Bas-fond : 200 kg de complexe céréale, 100 kg/ha d’urée dont 50 kg /ha au tallage et 50 kg/
ha à l’initiation paniculaire (dose recommandée par la Recherche).

Désherbage
Il y a deux types de désherbage :

Manuel :
Riz irrigué : le 1er se fait 15 à 21 jours après repiquage et le reste au besoin ;
Riz pluvial/bas-fond : se fait selon le besoin

Chimique :
Riz irrigué : traiter avec un herbicide poste levé sélectif en suivant les indications selon le
produit choisi
Riz pluvial/bas-fond : traiter avec un herbicide total avant le labour ou un herbicide sélectif en
post-levée.

Épuration
L’épuration se fait par élimination systématiquement des pieds hors-types et des plants malades de
la phase végétative à la récolte.

Protection des plants


La protection des plants se fait à travers la lutte préventive et la lutte curative :
La lutte préventive : traitement de semences, destruction des gîtes des déprédateurs, semis
précoce, techniques culturales, utilisation des variétés résistantes
La lutte curative : les cultures doivent être suivies et protégées contre tous ennemis éventuels
(Oiseaux, rongeurs, insectes et maladies). Pour les traitements éventuels, faire recours aux
produits conventionnels (non chimiques) et/ou aux produits chimiques homologués.

Gestion de l’eau dans les parcelles


La gestion de l’eau dépend du système de riziculture en présence et exige le respect du calendrier
cultural.

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Riz irrigué avec maîtrise totale de l’eau :
Faire un bon planage
Maintenir une lame d’eau d’environ 5 cm pendant la phase de tallage, 5 à 10 cm pendant la
phase reproductive et la phase de remplissage des graines.
Vidanger les parcelles 15 jours avant la récolte.

Bas-fond aménagés/submersion contrôlée :


Adapter les variétés aux différentes franges de la lame d’eau.

7. Gardiennage des parcelles


Assurer nécessairement le gardiennage surtout contre les oiseaux granivores (dans la journée) et la
divagation des animaux (jour et nuit).

8. Récolte
Procéder à la récolte avec la faucille au 2/3 de la maturité des panicules.

9. Opérations post-récolte

Séchage
Préparer l’aire de séchage;
Faire le séchage à l’air libre pendant trois (3) jours ;
Procéder à la mise en moyettes pendant une semaine
Procéder à la mise en gerbiers.

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Battage et conditionnement :
Nettoyer, calibrer les semences à l’aide d’une chaîne de conditionnement ou une table
densimétrique, ou à défaut, faire un vannage très poussé ;
Procéder au nettoyage de la chaine de conditionnement avant le démarrage de l’opération et
chaque fois qu’on change de variété ;
Traiter les semences avec les produits homologués appropriés ;
Ensachage dans des emballages neufs confectionnés à cet effet
Tarer les sacs et procéder à l’identification des lots (nom du producteur, variété, poids du lot,
lieu de production, date de la production et produit de traitement utilisé).

Stockage et conservation des semences :


Nettoyer les alentours du magasin ;
Nettoyer et désinfecter l’intérieur du magasin (murs, plancher et palettes) ;
Conserver les semences dans un magasin approprié (sec, aéré, propre, sécurisé, équipé de
palettes et de fermetures étanches) ;
Conserver les semences à un taux d’humidité inférieur ou égal à 12 % ;
Disposer convenablement les sacs sur les palettes pour éviter qu’ils ne basculent ;
Observer une distance de 0,5 m entre les lots, le mur et le toi;
Déposer toujours des appâts contre les rongeurs ;
Suivre régulièrement le stock.

NB : Éviter de construire le magasin à côté d’une source d’eau ou dans un bas-fond.

10. Contrôle et certification des semences de riz


La certification des semences est un processus qui passe par deux étapes: les contrôles au champ
et les analyses au laboratoire.

Contrôles au champ
Toute parcelle semencière de riz est visitée en cours de végétation par un agent de contrôle tel que
défini dans le règlement N°001/MA-SG et annexes portant harmonisation des règles régissant le
contrôle et la certification des semences d’origine végétale au Mali et dans l’espace CEDEAO.
Les contrôles au champ portent sur les points suivants : l’origine de la semence, le précédent
cultural, l’isolement, les entretiens culturaux (densité de semis, respect des doses de fertilisation,
désherbage, épuration).
Les contrôles ou inspections au champ sont exécutés par les techniciens spécialisés (inspecteurs,
contrôleurs) pendant les périodes bien déterminées et portent sur les aspects suivants :
Avant la floraison : origine de semences, précédent cultural, isolement, densité, entretiens
culturaux ;
Au début de la floraison: pureté variétale ;
Avant la récolte : vérification des recommandations.

Au minimum trois visites sont nécessaires.

23
Déclaration de culture
Toute implantation de culture semencière doit faire l’objet d’une déclaration sur un formulaire délivré
à cet effet. Cette déclaration doit parvenir au service officiel de contrôle et de certification avant la
mise en place des cultures.

Origine de la semence mère


Le producteur qui implante une culture semencière doit pouvoir justifier l’origine, la quantité, la
variété et la catégorie de la semence mère, par la présentation des documents d’acquisition tels que
les certificats, la facture d’achat où le bon de livraison.

Précédent cultural
La parcelle ne doit pas avoir porté lors de la campagne précédente, de culture de riz, sauf s’il s’agit
de la même variété certifiée, et qu’elle ait été semée avec des semences certifiées de la même
génération ou d’une génération précédente.
Dans le cas des parcelles aménagées irriguées cette règle peut ne pas être appliquée. Dans ce
cas, il faut, après une pré-irrigation de la parcelle de multiplication, détruire les repousses par des
opérations de travail du sol, trois semaines avant le semis. La parcelle doit être vierge de toute
repousse de riz.

Isolement
Son but est d’éviter la pollinisation croisée. Il existe quelques types d’isolement comme:
L’isolement dans l’espace : consiste à observer les distances d’isolement requises ;
L’isolement dans le temps : en connaissant le cycle des variétés, il s’agit de décaler les dates
de semis de manière à ce que les périodes d’épiaison et de floraison ne chevauchent pas ;
L’isolement par l’installation de lignes de bordures : en mettant en place d’autres cultures sur
les lignes de bordures ;
L’isolement par l’installation de brise vent : en mettant en place des arbres ou cultures de haute
taille.

24
33mètres
mètres
3 mètres

Norme d’isolement R1 et R2
Norme d’isolement
Norme R1 R1
d’isolement et R2
et R2

Tableau N°1: Les nomes d’isolement du riz

Semences de Semences de Semences Certifiées


pré-base (m) Base (m) (m)
Distance 10 5 3

Etat cultural des champs semenciers


Tout au long de la végétation des cultures, tous les champs semenciers de riz sont placés sous la
surveillance d’un technicien agréé et des inspecteurs de service officiel de contrôle et de certification
en vue d’assurer au produit final une pureté et un état sanitaire satisfaisants.
L’état cultural doit permettre d’assurer correctement la notation du champ, sinon le champ est refusé,
de même, en cas de verse de plus 50% de la superficie de la parcelle, la culture est refusée.

a) Pureté variétale
La présence de plants hors type au-delà d’un certain seuil peut être cause de refus d’un champ. Ces
hors types peuvent être :
Des plantes d’autres variétés ;
Des hybrides naturels ;
Des disjonctions ;
Des plantes aberrantes.
Tout plant hors type doit être arraché et évacué hors champ.

b) Pureté Spécifique
La présence d’impuretés spécifiques dans un champ de multiplication de semences de riz n’est pas
obligatoirement une cause de refus. Cependant, il convient d’en noter soigneusement la présence
et d’inviter le multiplicateur à les éliminer.

c) Adventices
Certaines adventices dangereuses pour le riz doivent être éliminées, notamment celles dont les
semences sont difficiles à éliminer au conditionnement ou qui ont un grand pouvoir de colonisation
des espaces telles que : les riz sauvages, (Oryza longistaminata) les riz rouges et autres espèces
végétales telles que : Rottboellia exaltata, Eurphorbia heterophylla, et Echinochloa colonnum.

d) Etat Sanitaire
Tout champ fortement attaqué par des maladies réduisant la valeur utilitaire des semences notamment
la Pyriculariose et la panachure jaune est refusé.

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e) Refus d’une culture
Tout champ d’une culture est déclaré refusé par le service officiel du contrôle et de certification si
les normes de cultures du tableau N°2 ci-dessous ne sont pas respectées :

Tableau N°2 : Critères et normes de contrôles au champ pour les semences de riz

Normes de contrôle au champ


Critères
Pré-bases Bases Certifiées
Isolement minimum 10 m 5m 3m
Isolement d’une variété sensible aux maladies par rapport
100 100 100
aux autres variétés
Plants hors-types (%max) 0,05% 0,05% 0,05%
Plants malades (%max) 0,01% 0,01% 0,05%
Autres espèces cultivées difficiles à séparer (%max) 0,01% 0,01% 0,02%
Adventices dangereux (%max) 0,01% 0,01% 0,02%

Analyse au laboratoire
L’analyse au laboratoire porte sur les échantillons prélevés sur les lots de semences par les
techniciens spécialisés. Une quantité d’1 kg est prélevée au minimum sur chaque lot. Cette norme
est valable pour les lots ne dépassant pas 20 tonnes pour la même variété d’une même parcelle.

Test de germination

Taille de lot
La constitution des lots de semences de riz doit respecter les règles édictées par l’International Seed
Testing Association (ISTA) :

a) semences de base : 10 tonnes maximum ;


b) semences certifiées : 20 tonnes maximum.

Échantillons
Les échantillons sont prélevés sur les lots de semences par les techniciens. Une quantité d’un
(1) kilogramme est prélevé au minimum sur chaque lot. Cette norme est valable pour les lots ne
dépassant pas 20 tonnes pour la même variété d’une même parcelle.

Certification des semences de riz


Les lots de semences de riz présentés à la certification doivent satisfaire aux normes précisées dans
le tableau ci-dessous :

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Tableau N°3 : Types et normes d’analyses au laboratoire pour les semences de riz

Norme au laboratoire
Types d’analyses Certifiées
Pré-base Base
R1 R2
Pureté variétale (min) 99,9% 99,9% 99,7% 99,0%
Pureté spécifique (min) 98,0% 98,0% 98,0% 98,0%
Faculté germinative (min) 80,0% 80,0% 80,0% 80,0%
Taux d’humidité (max) 12% 12% 12% 12%
Matières inertes (max) 2% 2% 2% 2%
Semences d’autres espèces
10 graines/Kg 10 graines/Kg 0,10% 0,10%
cultivées (max)
Semences de mauvaises
10 graines/Kg 10 graines/Kg 0,10% 0,10%
herbes (max)
Riz rouge (max) 0 0 2 graines/500g 2 graines/500g

Résultats d’analyse : Ils confirment ou infirment la certification après comparaison avec les
normes en vigueur dans l’espace CEDEAO.

Étiquetage
Il consiste à apposer sur les emballages des lots certifiés des étiquettes d’une manière inviolable.
L’étiquette doit porter les informations suivantes : espèce, variété, faculté germinative, pureté
variétale, campagne, N° du lot, génération, et le cachet du certificateur.

vii) Discussion sur les systèmes semenciers.

Le facilitateur stimule le débat en abordant les sujets suivants et en faisant attention aux différences
entre les réponses:
Qu’est-ce qu’un système semencier ?
Quels sont les systèmes semenciers au Mali ?

viii) Présentation des deux systèmes semenciers

Le facilitateur explique les deux systèmes semenciers au Mali.

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Références techniques
Un système semencier est composé généralement de différents acteurs chargés du développement,
de la multiplication, du conditionnement, de la conservation en magasin, de la certification, de la
distribution et de la commercialisation des semences.
Au Mali, il existe deux systèmes semenciers à savoir: le système formel et le système informel.
Les paysans pendant la saison d’hivernage, éprouvent le besoin d’avoir des semences des variétés
cultivées par leurs collègues ou bénéficier des semences des nouvelles obtentions variétales issues
des programmes de sélection de la recherche agronomique à travers différents canaux.

1. Système Formel ou conventionnel d’approvisionnement en semences


Le système formel se compose du secteur public et des organisations privées qui sont spécialisés
principalement dans l’approvisionnement des producteurs en nouvelles variétés.
Il fait appel à différents règlements techniques pour garantir la qualité des variétés et des semences
offertes aux paysans. Les nouvelles variétés d’un tel système sont homogènes, se développent
dans les systèmes de production et agro systèmes précis, ce qui ne permet pas leur diffusion dans
tous les écosystèmes.
L’accès des paysans à ces systèmes, dépend de plusieurs facteurs comme : la distance des
magasins de vente, la connaissance des variétés et le niveau de revenus des producteurs.
D’une manière générale, les producteurs de riz utilisent près de 25 % de semences du secteur
formel et les 75 % proviennent du secteur informel (source : enquête PAFISEM, 2007).

2. Système informel ou traditionnel d’approvisionnement en semences


Le système semencier informel est composé des ménages individuels sans grande spécialisation
qui détiennent les différentes fonctions : le développement, la multiplication, la distribution, les
échanges, le commerce, les donations des semences. La plupart des petits producteurs trouvent
les semences de nouvelles variétés à partir de leur communauté.
Le système informel d’approvisionnement en semences se fait à travers :

Les semences des paysans provenant de leurs propres exploitations


A la récolte, le chef de l’exploitation procède à la sélection massale des semences selon des critères
qui sont pour la plupart visuels (taille de la panicule, longueur de l’épi, l’état sanitaire, la couleur, la
grosseur, etc.).
Le niveau de diversité peut donc être modifié à partir de la pollinisation croisée entre les variétés
modernes et locales.
Les semences provenant du système communautaire d’approvisionnement
Les communautés constituent les principales sources d’approvisionnement en semences. Ces
sources comprennent les échanges de semences entre les paysans basées sur les relations de
parenté, de voisinage, et souvent des obligations sociales.
Les pratiques culturelles traditionnelles jouent également un rôle important dans l’acquisition des
semences des espèces ou variétés particulières. Le principe qui gouverne l’acquisition des semences
de nouvelles variétés inclut l’expérimentation et l’intérêt de changer d’un champ à l’autre. Le terme
échange des semences se réfère aux relations réciproques à travers lesquelles un paysan acquière
des semences en donnant des semences à un autre. D’autres sources d’obtention de semences
peuvent exister (liens de mariage, voyage /migration, achat etc.).

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ix) Évaluation de la séance

A la fin de la séance le facilitateur pose des questions pour se faire une idée des connaissances
acquises par les apprenants :

Quelles sont les caractéristiques d’une bonne semence ?


Quelles sont les principales étapes de la production de la semence de riz ?
Quels sont les systèmes semenciers au Mali ?

5.2.3 Temps nécessaire

Le temps nécessaire pour animer cette séance est estimé à 4 heures.

5.2.4 Matériels, appareillages et outillages

Échantillon de semences, photos, fiches techniques, diapositives, vidéoprojecteur, ordinateur,


tableau noir, craie de différente couleur, papier kraft.

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