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CHAPITRE II CARACTERISTIQUES PHYSIQUES DES SOLS

II.1.DEFINITION:

Dans les études géotechniques les matériaux existant à la surface de l'écorce terrestre sont classés en deux grandes
catégories :

les roches : agglomérats de grains minéraux liés par des forces de cohésion fortes et permanentes, même après
immersion prolongée dans l‘eau Mécanique des roches.
les sols: agrégats de grains minéraux pouvant être séparés sous l'effet d'actions mécaniques relativement
faibles Mécanique des sols.

II.2.CONSTITUTION DU SOL :

Avant d'analyser le comportement mécanique des sols, il est nécessaire de définir certains paramètres qui se rapportent
aux diverses proportions dans lesquelles se trouvent le squelette solide, l'eau et l'air constituant le sol
(voir figure II.1).

Figure II.1 : Représentation conventionnelle d’un volume de sol

II.3. CARACTERISTIQUES PHYSIQUES :

II.3.1. Poids volumiques (en g/cm3 ou en KN/m3):

Poids volumique apparent ou humide : (noté ou h) équivaut au poids total du sol, c’est le poids de
l’unité de volume de sol.

W
γ= ( sable 17 à 20 kN/m3, argile 16 à 22 kN/m3)
V

Poids volumique sec : (noté d)


W
γd = s (sable 14 à 18 kN/m3 , argile 10 à 20 kN/m3)
V
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Poids volumique spécifique ou absolu : (noté s) c’est le poids volumique de la matière constituant
les grains solides)
W
γs = s ( sable et argile 26 à 27 kN/m3)
Vs

Poids volumique de l’eau : (noté w)

Ww
γw = = 9,81KN / m3 (on prend souvent w= 1g /cm3 = 10 KN /m3)
Vw

Poids volumique de sol saturé: (noté sat) lorsque tout les vides sont remplis d’eau
W W + γ .V
γ sat = = s w V (sable et argile 22 KN/m3)
V V

Poids volumique du sol déjaugé: (noté ’)

ll est pris en compte lorsque le sol est entièrement immergé. ll tient compte de la présence de l'eau qui
remplit tous les vides et de la poussée d'Archimède

γ ′ = γ sat − γ w (sable et argile 9 à 12 kN/m3)

II.3.2. Densités :

Densité humide (notée G ou Gh) : γ γ w

Densité sèche (notée Gd): γ d γ w

Densité des grains solides (notée Gs) : γ s γ w

II.3.3. Paramètres sans dimensions :

La porosité :

On définit la porosité, notée n, le paramètre qui permet de connaître l'importance des vides, c'est à dire de
savoir si le sol est dans un état lâche ou serré. Elle est définie comme étant le rapport du volume des vides au
volume total.
V
n= v (sable : n 0,25 à 0,50 et l’argile: n 0,20 à 0,80)
V
Remarque : La porosité est toujours inférieure à 1, elle peut aussi être exprimée en pour-cents.

L’indice des vides :

C’est le volume de vides contenu dans un échantillon donné ramené au volume des grains solides de
l’échantillon.
V
e= v (sable : e 0,=5 à 1 et l’argile: e 0,3 à 1)
Vs

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Remarque : L'indice des vides peut être supérieur à 1 et même atteindre la valeur 13 (cas extrême des
argiles de Mexico)

II.3.4. Teneur en eau : (notée )

Elle est définie par le rapport du poids de l'eau au poids des particules solides d'un volume donné de sol. Elle
s'exprime en pour-cent. Elle est facilement mesurable en laboratoire

Ww
ω= × 100 (sable = 1 à 15%, a r g i l e = 1 0 à 2 0 %)
Ws
Remarque : La teneur en eau peut dépasser 100 % et même atteindre plusieurs centaines de pour-cents.
Aussi : ω ∈ [ 0; ωsat ] (voir II.3.6)

II.3.5. Degré de saturation : (noté Sr)

C’est le volume occupé par l’eau ramené au volume totale des vides.

Vw
Sr = × 100
Vv
Remarque : Le degré de saturation peut varier de 0 % (sol sec) à 100 % (sol saturé).

II.3.6. Teneur en eau de saturation : (notée sat)

γw e 1 1
C’est la teneur eau de tel sorte que : ω = ωsat = e. = = γ w. −
γs G γd γs

II.3.7.Relations entre les différents paramètres :

Tous les paramètres précédemment définis ne sont pas indépendants. Les relations les plus importantes
existant entre ces différents paramètres sont représentées sur la figure II.2.

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Figure II.2 : Relations entre les différents paramètres physiques

Exercices d’application :

Exercice 1 : Démontrer les relations données sur la figure II.2 (ex : 2, 6, 18 et 21).

Exercice 2 :

On connait pour un sol : =14 KN/m3, =40%, s= 27 KN /m3, calculer :

a) Le poids volumique sec.

b) Le degré de saturation.

Exercice 3 :

Le prélèvement d’un échantillon intact au centre d’une couche d’argile molle située sous la nappe phréatique
a permis de procéder aux mesures suivantes, en laboratoire, sur un morceau de l’échantillon :

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Poids total Volume total Poids après passage à l’étuve à 105°C


0,47 N 3,13 x 10-5 m3 0,258 N

a) Déterminer le poids volumique humide.

b) Déterminer l’indice des vides.

c) En déduire le poids volumique absolu.

d) Calculer le degré de saturation.

II.4.GRANULARITE DU SOL :
II.4.1. Forme :

On peut distinguer trois catégories de formes :

les particules sphériques / cubiques (arrondies / anguleuses) : cas des sols grenus (sables),
les particules en plaquettes : cas des sols fins (argiles),
les particules en aiguilles.

II.4.2. Dimensions :

Supposons un sol dont les grains solides ont des dimensions peu différentes les unes des autres (sol dit à
granulométrie uniforme). Suivant la taille des grains on définit les catégories de sols suivantes
(basées sur le nombre 2 et la progression géométrique de rapport 10). (Figure II.3) :

Figure II.3 : Classification des sols suivant la taille des grains

II.4.3. Caractéristiques granulométriques :

C’est l’étude au laboratoire de la répartition des grains d’un sol selon leurs dimensions. L’essai se fait en
suivant un mode opératoire bien précis. Pour les sols grossiers, on effectue un tamisage (figure II.4) tandis
que pour les particules très fines l’essai se fait par sédimentométrie (figure II.5).

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Figure II.4 Figure II.5
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GRANULOMETRIE GRANULOMETRIE PAR


PAR TAMISAGE SEC SEDIMENTOMETRIE
CHAPITRE II

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CHAPITRE II CARACTERISTIQUES PHYSIQUES DES SOLS

La façon la plus courante de représenter les résultats des essais de tamisage et de sédimentométrie consiste à
tracer une courbe granulométrique. Elle représente le poids des tamisats cumulés (échelle arithmétique) en
fonction du diamètre ou du diamètre équivalent, D, des particules solides (échelle logarithmique). La courbe
granulométrique donne le pourcentage en poids des particules de taille inférieure ou égale à un diamètre
donné (pourcentage du poids total de la matière sèche de l'échantillon étudié). Les coordonnées semi-
logarithmique permettent une représentation plus précise des fines particules dont I'influence est capitale sur
le comportement des sols (Figure II.6).

Figure II.6 : Exemple d’une courbe granulométrique

II.4.4. Coefficient d’uniformité et coefficient de courbure d’une courbe granulométrique :

Coefficient d’uniformité : La forme de la courbe granulométrique permet de préciser le degré


d’étalement de la granulométrie ou encore son uniformité ; Cette uniformité est exprimée par le Coefficient
d’uniformité ou COEFFICIENT DE HAZEN défini par le rapport
D
Cu = 60
D30
Avec : Dy dimension du tamis correspondant à y % du poids des grains. (D10 est appelé diamètre efficace).
Ce coefficient est donc immédiatement calculé à partir de la courbe granulométrique. Le tableau II.1 illustre
l’echelle de granulométrie selon Cu :

Tableau II.1 : Echelle de granulométrie selon Cu

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Remarque : uniforme ou serrée.

Coefficient de courbure : On définit également le coefficient de courbure comme étant :


( D30 ) 2
Cc =
D10 ⋅ D60
Avec : Dy dimension du tamis correspondant à y % du poids des grains.

Remarque :
On considère que lorsque Cu est supérieur à 4 pour les graviers, et supérieur à 6 pour les sables, alors
1 < Cc < 3 donne une granulométrie bien étalée ou bien gradué.

Lorsque certaines conditions sur Cu et Cc sont satisfaites, le sol est dit bien gradué c'est à dire que sa
granulométrie est bien étalée, sans prédominance d'une fraction particulière. Quand sa granulométrie est
discontinue, avec prédominance d'une fraction particulière, il est dit mal gradué.

Les sols bien gradués constituent des dépôts naturellement denses avec une capacité portante élevée. Ils
peuvent être aisément compactés en remblais et forment des pentes stables.

Exercice d’application : Calculer Cu et Cc des sols représentés sur la figure suivante :

II.4.5. Surface spécifique :

On appelle surface spécifique la surface des grains par unité de masse. Elle dépend principalement de la
taille des grains (dans une moindre mesure de la forme des grains). Elle peut varier de 0,3 m2/g pour les
sables fins à plusieurs centaines de m2/g pour les argiles de type Montmorillonite.

Exercice d’application :

Calculer les surfaces spécifiques de cubes de côtés égales respectivement à 1cm, 1mm et 1 µm.

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II.5. ESSAIS D'IDENTIFICATION PROPRES AUX SOLS GRENUS :

II.5.1. Essai d'équivalent de sable (norme nf p 18-598) :

L'essai d'équivalent de sable, désigné par le symbole « E.S », a pour but d'évaluer la proportion relative
d'éléments fins contenus dans le sol et dont la présence en quantité notable peut modifier le comportement
mécanique.
C'est un essai empirique, simple, rapide et ne nécessitant qu'un appareillage très élémentaire. ll permet de
contrôler sur place la constance de certaines qualités de matériaux mis en œuvre sur chantier à une cadence
rapide. ll est très largement utilisé, en particulier en géotechnique routière.

L'essai consiste à opérer sur l'échantillon de sol (fraction du matériau dont les éléments sont inférieurs à
5 mm un lavage énergique de manière à le séparer de ses matières fines. L'éprouvette contenant le sol et la
solution lavante est soumise à 90 cycles de 20 cm d'amplitude en 30 secondes. La solution utilisée a, en
outre, un pouvoir floculant sur les argiles et les colloïdes1

On laisse la solution se décanter (Figure II.7). Le sable vrai se


dépose dans le fond de la burette jusqu'à un niveau h,
qui peut être mesuré. Au-dessus du sable, se dépose
le floculat gonflé par la solution. On peut distinguer un
deuxième niveau h1 qui sépare le liquide contenant le
floculat du liquide transparent de solution lavante décanté.
On détermine le rapport entre la hauteur du dépôt solide
h2 et la hauteur du niveau supérieur du floculat h 1.

L'équivalent de sable est par définition :

Figure II.7 : Essai d’équivalent de sable


h
ES = 2 × 100
h1

Remarque : La valeur de l'équivalent de sable chute très rapidement dès qu'il y a un faible pourcentage de
limon ou d'argile dans le sol pulvérulent.

Le tableau II.2 donne l’ordre de grandeur de ES :

Tableau II.2 : Ordre de grandeur de l’équivalent de sable

Particules très petites restant en suspension dans I ‘eau et dont la floculation produit un gel

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II.5.2. Indice de densité ou densité relative :

Pour donner une idée de l'état de compacité dans lequel se trouve un sol grenu à l'état naturel, on définit
l'indice de densité :
e −e
I D = max
emax − emin
emin est l’indice des vides correspondant à l’état le plus compact.
emax est l’indice des vides correspondant à l’état le plus lâche.

e est l’indice des vides du sol en place. L’indication de l’indice de densité permet d’avoir une idée sur l’état
de tassement d’un sol donné : Id = 0 pour l’état le plus lâche (e=emax) et Id=1 pour l’état le plus compact
(e=emin). Le tableau II.3, précise l’état de compacité des sols pulvérulents en fonction de leur indice de
densité.
Tableau II.3 : Etat de compacité des sols grenus

II.6. ESSAIS D'IDENTIFICATION PROPRES AUX SOLS FINS :

II.6 .1. Limites et indices de plasticité :

II.6.1.1. Limites d'Atterberg ou états de consistance :

Les limites d’ATTERBERG sont déterminées uniquement pour les éléments fins d’un sol (fraction passant
au tamis de 0,4 mm), car se sont les seuls éléments sur lesquels l’eau agit en modifiant la consistance du sol.
L’essai consiste donc à faire varier la teneur en eau de cette fraction de sol et en observer sa consistance
( Figure II.8).

Figure II.8 : Etats de consistance d’un sol

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Selon la teneur en eau, le sol se comportera comme un solide, un matériau plastique (capable de se déformer
beaucoup sans casser) ou un liquide. On détermine plus particulièrement les valeurs suivantes :

La limite de plasticité (Wp )


La limite de liquidité (WL )

La limite de plasticité(Wp) est définie comme la teneur en eau d’un sol qui a perdu sa plasticité et se fissure
en se déformant lorsqu’il est soumis à de faibles charges. Cette limite sépare l’état plastique de l’état semi-
solide. En générale elle ne dépasse pas 40%.

La limite de liquidité ( WL ) est la teneur en eau qui sépare l’état liquide de l‘état plastique.

La connaissance de ces limites est importante pour l’exécution de travaux de terrassements (fouille,
tranchéee, …). En particulier, si le matériau doit être utilisé après remaniement (remblais, barrage en terre,
…), leur détermination revêt une importance considérable.

II.6 .1.2. Indices de plasticité et de Consistance :

L’indice de plasticité Ip : C’est la différence entre la limite de liquidité et la limite de plasticité. L’indice
de plasticité mesure l’étendue du domaine de plasticité du sol. Il s’exprime donc par la relation :

Ip = WL − Wp

L’indice de plasticité caractérise la largeur de la zone où le sol étudié a un comportement plastique


(Tableau II.4) :

Tableau II.4 : Classification de l’argilite d’un sol selon l’indice de plasticité

Remarque : Un sol, dont l’indice IP est grand, est très sensible aux conditions atmosphériques, car plus IP
est grand plus le gonflement par humidification de la terre et son retrait par dessiccation seront importants.
IP précise donc aussi les risques de déformation du matériau.

Indice de consistance Ic :
La comparaison de la teneur en eau naturelle d’un sol et des limites D’ATTERBERG permet de se faire une
idée de l’état d’une argile qu’on peut caractériser par son indice de consistance (voir Tableau II.5):

WL − ωnat
Ic = avec ωnat : teneur en eau naturelle
Ip

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Tableau II.5 : Etat du sol en fonction de l’indice de consistance

II.6.1.3. Ordre de grandeurs :

Le tableau II.6 présente quelques valeurs type de certains sols :

Tableau II.6 : Valeurs types

II.6.2. Valeur au bleu de méthylène :

Cet essai est une mesure indirecte de la surface spécifique des grains solides par adsorption d’une solution
de bleu de méthylène jusqu’à saturation. En d’autres termes, il exprime la quantité de bleu de méthylène
pouvant être absorbée par les surfaces des particules de sols.

Le résultat VBS s’exprime donc en grammes de bleu pour 100g de sol. On considère que cet essai exprime
globalement la quantité et la qualité de l’argile contenue dans un sol.

Il est effectué sur la fraction 0/2 mm du sol et on distingue les valeurs suivantes :

II.7. CLASSIFICATION DES SOLS :

Classer un sol consiste à I’ identifier grâce à des mesures quantitatives et à lui donner un nom afin de le
rattacher à un groupe de sols de caractéristiques semblable.

De nombreuses classifications existent à travers le monde, parmi ces classifications, one en cite la
classification LPC2 s'appuie essentiellement sur I’ analyse granulométrique et sur les caractéristiques de
plasticité de la fraction fine, complétée par des essais très simples (couleur, odeur, effets de l'eau, etc.).

2
LPC : Laboratoire des Ponts et Chaussées (en France)

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La classification GTR 92 utilisée dans les travaux de terrassement est aussi très largement répandue.
Les sols sont désignés par le nom de la portion granulométrique prédominante qualifiée par un adjectif
relatif aux portions secondaires.

II.7.1. Les sols grenus uniformes :

Voir II.4.2 (Figure II.3)

II.7.2. Sols à granulométrie non uniforme :

On distingue trois grands types de sols :


les sols grenus : plus de 50 % des éléments en poids > 80 µm,
les sols fins : plus de 50 % des éléments en poids < 80 µm,
les sols organiques dont la teneur en matière organique est > à 10%.

II.7.2.1. Sols grenus :

La classification des sols grenus se fait par la granulométrie et les limites d'Atterberg. Elle est présentée sur
l’Organigramme N°1 et l’abaque de plasticité (ou diagramme de Casagrande) sur la figure II.9.

II.7.2.2. Sols fins :

La classification des sols fins utilise les critères de plasticité liés aux limites d'Atterberg. Elle est précisée sur
l’Organigramme N°2 et l’abaque de plasticité (ou diagramme de Casagrande) sur la figure II.9.

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CLASSIFICATION DES SOLS SUIVANT LA CLASSIFICATION LCPC
CLASSIFICATION DES SOLS SUIVANT LA CLASSIFICATION LCPC
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