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UE: Réseaux Mobiles et

Sécurité

Partie 1: Réseaux Mobiles

Présenté par : Ing Tsamo Dongmo Chantal Vanessa

Année académique: 2018 – 2019


Chapitre 4:

TRANSMISSION SUR L’INTERFACE RADIO ET


GESTION DES RESSOURCES RADIO

Plan du cours :

IV-1 GENERALITES

IV-2 METHODES D’ACCES

IV-3 PARTAGE DES RESSOURCES RADIO ACCES


MULTIPLE

IV-4 CHAINE DE TRANSMISSION

IV-5 LES DIFFERENTS CANAUX DEDIES

IV-6 HANDOVER ET ITINERANCE


Introduction

Dans les réseaux mobiles, le passage quasi obligatoire de


l’information sur l’interface radio restreint les ressources disponibles
ainsi que la bande passante dédiée aux utilisateurs. Pour une gestion
efficace de l’interface radio commune à tous les utilisateurs, différentes
méthodes d’accès aux ressources y sont employées en fonction de
la quantité d’information à transmettre et du type de liaison souhaité.
C’est ainsi que, pour l’interface radio d’un réseau mobile, cette
ressource est appelée canal physique. Cette interface est partagée
entre les différents utilisateurs d’une même cellule. Plusieurs
techniques définissent la manière dont les mobiles accèdent à la
ressource radio. Ces méthodes ont toutes pour principe de diviser la
bande de fréquence généralement très limitée, en plusieurs canaux
physiques assurant la communication tout en respectant les contraintes
permettant d’éviter les interférences.
IV-1 GENERALITES
Le premier objectif d'un réseau radio mobile est de permettre l'accès au
réseau téléphonique à partir d'un terminal mobile sur un territoire
étendu. La liaison terminal-réseau est une liaison radio. Cependant,
le canal radio est affecté par des interférences présentes de façon
permanente et souvent importante, et qui varient dans le temps et dans
l'espace. La caractéristique sans fil entre le terminal et le réseau ainsi
que la mobilité des utilisateurs représentent les principaux facteurs
qui favorisent l'altération du niveau du signal.
Les signaux radio subissent des détériorations dues aux phénomènes de
propagation. De ce fait, une utilisation efficace du canal de
transmission passe par le choix et la mise en œuvre d'un certain
nombre de techniques de modulation, de codage et d'accès
multiple, et par le dimensionnement des canaux qui supportent les
communications et la spécification des bandes utilisées, des débits
binaires, des puissances émises et des procédures d'accès et de
transmission. Ajouter à cela, la ressource fréquentielle est rare. Dans la
norme GSM initiale par exemple, seules 124 porteuses sont disponibles
et elles sont partagées entre les différents opérateurs présents dans un
pays. Ce partage de la bande, déjà très limitée, entre les opérateurs
limite les capacités en débit des utilisateurs mobiles dont le nombre est
en croissance incessante.
IV-2 METHODES D’ACCES
Les principales méthodes d’accès utilisées par les réseaux mobiles
sont : FDMA (Frequency Division Multiple Access) ; TDMA
(Time Division Multiple Access) et CDMA (Code Division Multiple
Access).

a. FDMA (Frequency Division Multiple Access)


La technique FDMA ou AMRF (Accès Multiple par Répartition en
Fréquence) est la méthode la plus ancienne, essentiellement utilisée
dans les premiers réseaux mobiles de première génération.
Elle permet de différencier les utilisateurs par une simple
différenciation fréquentielle. En effet, la bande passante est divisée en
sous-bandes de fréquences; chaque sous-bande est associée à une
fréquence porteuse utilisée par un émetteur. Cet émetteur doit
envoyer continûment sur une fréquence particulière, et le récepteur
choisit la porteuse appropriée pour lire les données qui lui sont
destinées. Afin d'éviter les problèmes d'interférences, la bande de garde
entre deux sous-bande n'est pas utilisée, ce qui a pour conséquence
une sous-utilisation de la bande.
En utilisant cette technique, le canal de communication utilise deux
fréquences: une sur le canal montant et une sur le canal descendant.
Afin de réutiliser les ressources, le multiple fréquentiel FDMA divise
en 124 canaux 200Khz de large chacun, les deux plages de fréquences
(890-915 MHz) pour la liaison montante et (935-960 MHz) pour la
liaison descendante, ce qui offre 124 voies de communications duplex
en parallèle et chaque sens de communication possède une voie qui lui
est réservée. Les valeurs de fréquence porteuse valent:
Fu (n)=890 + 0.2 x n avec 1 ≤ n ≤ 124

Fd (n)=935 + 0.2 x n avec 1 ≤ n ≤ 124

b. TDMA (Time Division Multiple Access)


Pour permettre d’augmenter le nombre de communications
simultanées, le multiplexage temporel partage l’usage d’une voie de
transmission entre 8 intervalles de temps (IT) appelés slots. Un canal
de transmission offre un débit D par unité de temps, ce débit est divisé
en 8 pour transmettre successivement les huit communications avec un
débit d= D/8. Chaque communication occupe un IT fixe en GSM et
dure 0.5769 ms ≈ 0.577 ms.
Un slot accueille un élément de signal radioélectrique appelé paquet
« burst ». Sur une même porteuse, les slots sont regroupés par 8 et
forment la trame. La durée d’une trame est donc Ttdma = 8*Tslots =
4.615 ms.
Les trames générées par une BTS dans le sens descendant sont
synchronisées et les trames du sens montant ont un retard de 3 slots.
Cela permet aux mobiles d’émettre et de recevoir sur le même slot
distinctement.
On retrouve différents types de bursts en fonction des différents canaux
logiques :
 Burst d’accès :
Il est émis sur un canal dédié par la MS lorsqu’elle cherche à entrer en
contact avec le réseau, soit pour l’établissement d’une communication,
soit pour un handover. Il transport 77 bits (41 bits de synchronisation
et 36 bits d’informations) et une longue période de garde (68.25 bits)
pour tenir compte du cas de transmission d’un burst par une MS ne
connaissant pas l’avance de synchronisation lors de l’accès initial et le
handover. Sa période de garde est de 252 ms lui permet de s’insérer
complètement dans un slot de la BTS sans chevaucher sur les slots
voisins.

 Burst de synchronisation
Il transporte 2*39 bits d’information composé de 19 bits pour le RFN
(numéro réduit de trame), 6 bits pour le BSIC afin de discriminer
plusieurs BTS peu éloignées ayant les mêmes fréquences porteuses, 10
bits de CRC et 4 bits de trainées. Il porte aussi 64 bits pour la séquence
étendu d’apprentissage, ce qui permet au MS de faire une analyse finale
du canal et de se synchroniser sur la trame TDMA de la BTS.

 Burst de correction de fréquence


Le burst de correction de fréquence contient 142 bits envoyés par la
station de base pour synchroniser la fréquence du MS sur le canal
FCCH. Il permet ainsi de prévenir des interférences possibles entre les
fréquences voisines.

 Burst normal
Il structure le transport des canaux de trafic TCH, de contrôle et de
diffusion BCCH, de paging PCH et d’allocation de ressource AGCH.
Il transport 114 bits d’informations séparées par 26 bits qui sont une
séquence d’apprentissage destinée à régler les paramètres de réception.
Il contient 2×1 bits de préemption pour indiquer s’il s’agit d’un canal
de données ou d’un canal de signalisation ; ainsi, on peut voler la
ressource au canal TCH pour transmettre de la signalisation en mettant
le drapeau à 1 (cas du handover).

 Burst de bourrage
Ce burst est une séquence qui sert d’étalon de la puissance. Il est aussi
utilisé pour forcer une décision de handover. Il présente la même
structure que le burst normal, à part qu’à la place des données (2×57
bits), on a une séquence fixe ne transportant pas d’information.

 Structure des trames


En veille ou en communication, un mobile travaille toujours avec
plusieurs canaux logiques. Utiliser un canal physique pour chacune de
ces taches, ce serait gâcher de la ressource radio puisque les différents
canaux ne nécessitent pas un débit comparable à celui de la parole
codée. Sur son canal physique, le mobile va donc trouver un multiplex
de canaux logiques correspondant à son activité.
La norme GSM impose l’organisation du transport des slots sous forme
d’une structure à 4 niveaux hiérarchiques de trames.
 la trame TDMA : 8 slots, Ttdma= 4.615 ms.
 La multitrame : de 2 types possibles suivant le type de canaux à
transporter.
 Multitrame à 26 : 26 trames TDMA, durée : 120ms
(canaux de trafic et de contrôle).
 Multitrame à 51 : 51 trames TDMA, durée : 235,365 ms
(pour les contrôles).
 La supertrame : 1326 trames TDMA = 6.12 s. Dans chaque
trame TDMA, on peut trouver des slots qui évoluent en
multitrame à 26 et d’autres en multitrame à 51. La structure de la
supertrame permet d’homogénéiser l’organisation entre tous les
slots d’une même trame TDMA. La supertrame se compose de 26
multitrames à 51 ou 51 multitrames à 26.
 L’hypertrame : 2048 supertrames, durée = 3h28min53s760ms.
La structure de l’hypertrame dure 2048*26*51 = 2715648 trames
TDMA, et chaque trame TDMA est repérée par un compteur FN
dans l’hypertrame. le compteur FN donne en quelque sorte la base
de temps de la BTS.

Présentation de la structure hiérarchique des multitrames

c. CDMA (Code Division Multiple Access).

La méthode CDMA ou accès Multiple par Répartition de Code


(AMRC) autorise l’allocation de la totalité de la bande de fréquences
de manière simultanée à tous les utilisateurs d’une même cellule. Pour
ce faire, un code binaire spécifique est octroyé à chaque utilisateur.
Ce dernier se sert de son code pour transmettre l’information qu’il
désire communiquer en format binaire d’une manière orthogonale,
c’est-à-dire sans interférence entre les signaux ou autres
communications. En CDMA l’usage de codes permet une réutilisation
de la même fréquence dans des cellules adjacentes. Cela offre un
avantage révolutionnaire à cette méthode par réception, un problème
d’auto–interférence entre en jeu, qui s’intensifie au fur et à mesure
que le nombre de communications simultanées augmente.
Cette technique est actuellement employée dans de nombreux
systèmes de communication et permet à un grand nombre
d'utilisateurs d'utiliser la même onde porteuse sans interférer les uns
les autres. Le CDMA consiste à répartir l'information
radioélectrique émise sur une bande de fréquences plus large de celle
réellement nécessaire à la transmission du signal utile. Ce dernier
apparaît alors comme un bruit, et sa densité spectrale est constante sur
l'intégralité de la bande occupée. Il s'agit alors de multiplier au sens
mathématique du terme (OU exclusif) chaque bit à transmettre par un
code pseudo-aléatoire PN (Pseudo random Noise code) propre à
chaque utilisateur. La séquence du code (constituée de SF éléments
appelés "chips") est unique pour un utilisateur donné, et constitue la
clef de codage; elle est conservée si le symbole de donnée valait 1,
inversée sinon.

Le CDMA permet la transmission simultanée de plusieurs canaux,


chacun étant étalé en temps et en fréquence (bonne résistance au
fading).

IV-3 P
ARTAGE DES RESSOURCES RADIO
ACCES MULTIPLE

La bande radio représente la ressource rare et la première idée


d’architecture fut le découpage du spectre alloué selon un plan
temps/fréquence pour obtenir des canaux physiques pouvant supporter
une communication téléphonique.
 Technique de duplexage : partage de la ressource radio entre
émission et réception. Dans le cas du GSM, on a une séparation
entre les voies montantes et descendantes.
 Stratégie d’accès multiple (multiplexage) : partage de la
ressource radio entre les différents utilisateurs.
 Duplexage en fréquence: FDD (Frequency Division Duplex)
 Séparation de la bande totale allouée au système en 2
sous-bandes d’égale importance :
-une sous-bande pour la voie montante
-une sous-bande pour la voie descendante
-écart constant entre les fréquences utilisées sur
chaque voie lors d’une communication : écart duplex.
 Technique qui facilite la séparation de voies
 Technique bien adaptée à la transmission de la parole
(même trafic sur les voies descendante et montante).
 Accès multiple : combinaison de plusieurs techniques
 FDMA
 TDMA
 CDMA
 Saut de fréquence
Le mécanisme de saut de fréquence consiste pour un émetteur à
changer régulièrement de fréquence pour obtenir une diversité de
fréquence et ainsi, diversifier ses brouilleurs. L’interface radio du GSM
utilise le saut de fréquence lent (SFH, Slow Frequency Hopping) qui
consiste à changer de fréquence à chaque émission de message ou de
burst. Il permet de lutter contre les évanouissements sélectifs (diversité
de fréquence) et apporte une gestion différente en moyennant le niveau
d’interférence global sur toutes les porteuses (diversité des brouilleurs).
En changeant de fréquence à chaque émission de burst ou de message,
le mobile est brouillé par des mobiles différents à chaque émission.
Ainsi, le pire des cas peut toujours se produire mais seulement de temps
en temps. Grâce à l’efficacité du codage et de l’entrelacement, le signal
peut être correctement reçu même si le C/I de certains échantillons est
inférieur au seuil de la communication. Ensuite, on numérote les
fréquences de saut de 0 à N-1 et un algorithme, défini dans la norme,
génère une suite pseudo-aléatoire de nombres (si) avec 0 <= si <= N-1.
Il utilise comme argument le numéro de trame FN (Frame Number),
chaque trame TDMA étant repérée par ce compteur dans l’hypertrame,
et un paramètre HSN (Hopping Sequence Number) compris lui aussi
entre 0 et 63. La BTS précise au mobile un index MAIO (Mobile
Allocation Index Offset) compris entre 0 et N-1 lors de l’allocation
d’un canal. Le mobile peut alors déterminer la fréquence à utiliser en
ajoutant (modulo N) l’index MAIO au nombre si. Le nombre N de
fréquences à prendre en compte est précisé pour chaque numéro de
slots.

En combinant la technique TDMA et la technique du saut de fréquence


FH, on obtient la méthode de base d’accès du GSM : FH/TDMA. Le
saut de fréquence n’est pas activé lorsque la charge du réseau est faible
mais lorsque le SFH est actif, le canal physique utilise un ensemble de
porteuses parcourues selon une séquence de saut. Cette séquence peut
être cyclique ou pseudo-aléatoire, et elle est définie sur un ensemble de
N (<=64) fréquences attribuées à la BTS. Le saut de fréquence n’est
possible qu’au sein d’une même bande, il n’y a pas pour l'instant de
combinaisons de fréquences entre GSM 900 et DCS 1800.

On distingue deux types de saut de fréquence :

 le saut de fréquence en bande de base : à chaque TRX


installé sur la cellule, on fait correspondre une fréquence
particulière.
C’est le Time Slot considéré qui « saute » sur tous les TRX
de toutes les trames TDMA.
 le saut de fréquence synthétisé: le nombre de fréquences
sur lesquelles on « saute » est supérieur au nombre de TRX
installés sur la cellule. On peut « sauter » sur toute la bande
GSM allouée si l’on veut.

 Le Timing Advance

Supposons que les utilisateurs d’un système cellulaire sont à des


distances variables de leur station de base et subissent des délais de
propagation tp différents (par exemple 30 km sont parcourus en 100µs).
Dans le contexte TDMA, il est ainsi nécessaire que deux mobiles qui
utilisent deux slots consécutifs n’envoient pas des bursts qui se
chevauchent au niveau du récepteur de la BTS. Le délai de propagation
peut atteindre quelques centaines de ms (très faible par rapport aux
systèmes satellitaires) mais on ne peut pas le négliger car dans le cadre
du GSM certaines cellules atteignent 35 km.

La solution pour éviter ce chevauchement est de compenser ce délai


avec le paramètre d'avance en temps TA (Time Advance), qui
correspond au temps de propagation aller-retour (2*tp). Pour illustrer,
on considère deux mobiles dans la même cellule : le premier mobile
MS1 est en limite de cellule alors que le second mobile MS2 se trouve
près de la BTS. On suppose que les deux mobiles utilisent des slots
consécutifs sur la même porteuse : MS1 émet sur le slot 1 et MS2 émet
sur le slot 2.
En l’absence de compensation de temps de propagation tp, les bursts
émis par chacun des mobiles MS1 et MS2 se chevaucheront au niveau
de la réception de la BTS :

En effectuant une gestion du paramètre TA, les bursts émis par les deux
mobiles ne se chevauchent plus. Le mobile le plus éloigné avance
l'émission de chacun de ces slots d'une durée tp par rapport à l'instant
de début de slot, c'est à dire 2tp=TA.