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Chapitre 8

Nombres réels

Objectifs

– Connaître la structure de corps sur Q et R.


– Connaître les propriétés de la relation d’ordre et celles de la valeur absolue.
– Connaître la notion de borne supérieure, de borne inférieure, ainsi que la propriété fondamentale de R et
quelques conséquences.
– Connaître la droite numérique achevée.

Sommaire
I) L’ensemble des réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1) Rappels sur les rationnels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2) Opérations et ordre sur les réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
II) Borne inférieure, borne supérieure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1) Propriété fondamentale de l’ensemble des réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2) Intervalles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
3) La droite numérique achevée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
4) Voisinages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
III) Approximation d’un réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1) Valeur absolue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2) Partie entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3) Approximations décimales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
IV) Annexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1) Relation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2) Relation d’ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3) Parties denses dans l’ensemble des réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
V) Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

L’existence des ensembles Q et R est admise.

I) L’ensemble des réels


1) Rappels sur les rationnels
p
Un rationnel est un réel de la forme pq −1 (ou ) où p et q sont deux entiers avec q 6= 0. L’ensemble
q
des rationnels est noté Q. Tout rationnel peut s’écrire de différentes manières sous forme de fractions, par
p 2p −p
exemple : = = . Mais tout nombre rationnel s’écrit de manière unique sous forme de fraction
q 2q −q
p
irréductible, c’est à dire sous la forme avec p ∈ Z, q ∈ N∗ et avec p et q premiers entre eux (i.e. sans
q
autres diviseurs communs que 1 et -1).

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L’ensemble des réels Chapitre 8 : Nombres réels

p a aq + bp p a ap
Opérations sur les rationnels : On rappelle que : + = et × = . L’addition et la multipli-
q b bq q b bq
cation sont donc des lois de composition internes dans Q, on vérifie que (Q, +, ×) est un corps commutatif.
On vérifie également que (Q, +), (Q∗ , ×) et (Q∗+ , ×) sont des groupes commutatifs.
L’ensemble des rationnels est insuffisant :
En termes d’approximations numériques, Q peut paraître suffisant en sciences appliquées. Le problème
se pose lorsqu’on a besoin de connaître la valeur exacte de certaines grandeurs. Par exemple, peut - on
mesurer dans Q la longueur de la diagonale d’un carré de côté 1 ? D’après le théorème de Pythagore1 , cela
revient à se demander ps’il existe un rationnel dont le carré est égal à 2, or nous avons déjà établi que la
réponse est négative ( 2 ∉ Q).
Cette lacune de Q avait été remarquée par les Pythagoriciens, ce qui a conduit les mathématiciens à
introduire de nouveaux nombres : les irrationnels en concevant un ensemble plus vaste que Q : l’ensemble
des nombres réels noté R.

2) Opérations et ordre sur les réels


L’ensemble R contient Q et possède une addition et une multiplication (qui prolongent celles de Q) qui
font que (R, +, ×) est un corps commutatif. On admettra également qu’il existe deux parties de R que l’on
note A et B et qui vérifient :
– A et B sont stables pour l’addition.
– Q+ ⊂ A et Q− ⊂ B.
– R = A ∪ B.
– A ∩ B = {0}.
– Si x, y ∈ A alors x y ∈ A, si x, y ∈ B alors x y ∈ A et si x ∈ A et y ∈ B, alors x y ∈ B (règle des signes).
On définit alors une relation R dans R en posant : ∀ x, y ∈ R, xR y ⇐⇒ x − y ∈ B. Cette relation est :
– Réflexive : ∀ x ∈ R, xRx.
– Antisymétrique : si xR y et yRx alors x = y.
– Transitive : si xR y et yRz, alors xRz.
Le relation R est donc une relation d’ordre sur R. On la notera désormais 6, c’est à dire que xR y sera
noté x 6 y (i.e. x − y ∈ B).
Si x et y sont deux réels quelconques, on a x − y ∈ A ou x − y ∈ B, c’est à dire x − y ∈ B ou y − x ∈ B, c’est à
dire encore x 6 y ou y 6 x. Deux réels sont donc toujours comparables, l’ordre est total.
Notation : On pose A = R+ et B = R− .

I THÉORÈME 8.1

La relation d’ordre 6 est :


– Compatible avec l’addition, c’est à dire :

∀ x, y, z ∈ R, si x 6 y alors x + z 6 y + z.

– Compatible avec la multiplication par un réel positif :

∀ x, y, z ∈ R, si 0 6 z et x 6 y alors xz 6 y z.

Conséquences :
– Si x 6 y et a 6 b, alors x + a 6 y + b.
– Si 0 6 x 6 y et 0 6 a 6 b alors 0 6 ax 6 b y.
1 PYTHAGORE De Samos (569 av J.-C. – 500 av J.-C. (environ)) : mathématicien et philosophe grec dont la vie et l’œuvre restent

entourées de mystères.

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Borne inférieure, borne supérieure Chapitre 8 : Nombres réels

II) Borne inférieure, borne supérieure


1) Propriété fondamentale de l’ensemble des réels
Soit I une partie non vide de R et soit a un réel, on dit que :
– I est majorée par a (ou a est un majorant de I), lorsque tout élément de I est inférieur ou égal à a :
∀ x ∈ I, x 6 a.
– I est minorée par a (ou a est un minorant de I), lorsque tout élément de I est supérieur ou égal à a :
∀ x ∈ I, x > a.
– I est bornée, lorsque I est à la fois minorée et majorée : ∃ m, M ∈ R, ∀ x ∈ I, m 6 x 6 M.

Remarques importantes :
– I est non majoré équivaut à : ∀ M ∈ R, ∃ x ∈ I, x > M.
– I est non minoré équivaut à : ∀ m ∈ R, ∃ x ∈ I, x < m.
– I est borné équivaut à : ∃ M ∈ R, ∀ x ∈ I, |x| 6 M.
N Définition 8.1
Soit I une partie non vide de R. Si l’ensemble des majorants de I n’est pas vide et s’il admet un plus petit
élément, alors celui-ci est appelé borne supérieure de I et noté sup(I). La borne supérieure (lorsqu’elle
existe) est donc le plus petit des majorants.
Si l’ensemble des minorants de I n’est pas vide et s’il admet un plus grand élément, alors celui-ci est
appelé borne inférieure de I et noté inf(I). La borne inférieure (lorsqu’elle existe) est donc le plus grand des
minorants.

On remarquera qu’une borne inférieure (ou supérieure) d’un ensemble I n’a aucune raison d’appartenir à I.
Voici le lien entre minimum et borne inférieure (ou maximum et borne supérieure) :

I THÉORÈME 8.2

Soit I une partie non vide de R et soit a un réel :


– a = min(I) ssi a ∈ I et a = inf(I).
– a = max(I) ssi a ∈ I et a = sup(I).

Il découle de la définition :

I THÉORÈME 8.3

Soit I une partie non vide de R et soit m un réel, alors :



 m majore I
m = sup(I) ⇐⇒

∀m 0 < m, m 0 ne majore pas I [i.e. ∃x ∈ I, m 0 < x ]


 m minore I
m = inf(I) ⇐⇒

∀m 0 > m, m 0 ne minore pas I [i.e. ∃x ∈ I, x < m 0 ]

I THÉORÈME 8.4 (Propriété fondamentale de R)

Toute partie de R non vide et majorée admet une borne supérieure.

Conséquence : il en découle que toute partie de R non vide et minorée admet une borne inférieure.

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Borne inférieure, borne supérieure Chapitre 8 : Nombres réels

2) Intervalles
N Définition 8.2
Soit I une partie non vide de R, on dit que I est un intervalle lorsque : tout réel compris entre deux éléments
de I est lui-même élément de I, c’est à dire :

∀ x, y ∈ I, ∀ z ∈ R, x 6 z 6 y =⇒ z ∈ I.

Par convention, ; est un intervalle de R.

I THÉORÈME 8.5

Si I est un intervalle non vide de R alors on a :


– soit I = R,
– soit I = [a; +∞[ ou I =]a, +∞[,
– soit I =] − ∞; b] ou I =] − ∞; b[,
– soit I =]a; b[ ou I =]a; b] ou I = [a; b[ ou I = [a; b].

I THÉORÈME 8.6

On a les propriétés suivantes :


– L’intersection de deux intervalles de R est un intervalle de R.
– La réunion de deux intervalles de R non disjoints est un intervalle de R.

3) La droite numérique achevée


On ajoute à l’ensemble R deux éléments non réels (par exemple i et −i ), l’un de ces deux éléments est
noté −∞ et l’autre +∞.
N Définition 8.3
L’ensemble R ∪ {−∞, +∞} est noté R et appelé droite numérique achevée.

On prolonge la relation d’ordre de R à R en posant pour tout réel x : −∞ < x < +∞. L’ensemble R devient
ainsi un ensemble totalement ordonné, de plus il possède un maximum (+∞) et un minimum (−∞).
Pour tout réel x on pose :
– (+∞) + x = x + (+∞) = +∞.
– (−∞) + x = x + (−∞) = −∞.
– (+∞) + (+∞) = +∞.
– (−∞) + (−∞) = −∞.
– Si x > 0 : x(+∞) = (+∞)x = +∞ et (−∞)x = x(−∞) = −∞.
– si x < 0 : x(+∞) = (+∞) = −∞ et (−∞)x = x(−∞) = +∞.
– (+∞)(+∞) = +∞, (−∞)(−∞) = +∞ et (−∞)(+∞) = (+∞)(−∞) = −∞.
On prendra garde au fait que nous n’avons pas défini de loi de composition interne dans R puisque nous
n’avons pas défini 0 × (±∞) ni (−∞) + (+∞). Les règles de calculs définies ci-dessus auront leur utilité dans le
chapitre sur les limites.

I THÉORÈME 8.7

Soit A une partie non vide de R, alors A admet une borne supérieure et une borne inférieure dans R.

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Approximation d’un réel Chapitre 8 : Nombres réels

4) Voisinages
N Définition 8.4
Soit x ∈ R, on appelle voisinage de x tout intervalle ouvert de centre x , i.e. tout intervalle de la forme ]x −
ε; x + ε[ où ε > 0.
On appelle voisinage de +∞ tout intervalle ouvert de la forme ]a; +∞[ (a ∈ R).
On appelle voisinage de −∞ tout intervalle ouvert de la forme ] − ∞; a[ (a ∈ R).

I THÉORÈME 8.8

Soit V1 , V2 deux voisinages de x ∈ R, alors V1 ∩ V2 est un voisinage de x .


Soit x, y ∈ R, si x 6= y alors il existe un voisinage V de x et un voisinage V 0 de y tels que V ∩ V 0 = ;.

N Définition 8.5
Soit P(x) une proposition dépendante de x ∈ R, et soit a ∈ R, on dit que la propriété P est vraie au voisinage
de a lorsqu’il existe au moins un voisinage V de a tel que :

∀ x ∈ V, P(x) est vraie.

III) Approximation d’un réel


1) Valeur absolue
Soit x un réel, les deux nombres x et −x sont comparables puisque l’ordre est total, ce qui donne un
sens à la définition suivante :
N Définition 8.6
Soit x ∈ R, on appelle valeur absolue de x le réel noté |x| et défini par : |x| = max(x, −x). On a donc |x| = x
lorsque 0 6 x , et |x| = −x lorsque x 6 0.

L’ensemble R peut être assimilé à une droite graduée (i.e. munie d’un repère (O, → −u )), les réels sont alors
les abscisses des points de cette droite. Si A(a) et B(b) sont deux points de cette droite, alors le réel positif
|b−a| représente la distance de A à B, en particulier |x| représente la distance de l’origine au point d’abscisse
x.

I THÉORÈME 8.9

Soient x, y des réels :


– |x| ∈ R+ , |x| = | − x|, x 6 |x| et −x 6 |x|.
– |x| = 0 ⇐⇒ x = 0.
1 1
– |x y| = |x||y| et si x 6= 0 alors | | = .
x |x|
– ||x| − |y|| 6 |x − y| 6 |x| + |y| (inégalité triangulaire).

Valeur absolue et inégalités : soient a, b, x trois réels avec b positif :


– |a| 6 b ⇐⇒ a 6 b et − a 6 b ⇐⇒ −b 6 a 6 b.
– |a| > b ⇐⇒ a > b ou −a > b.
– |a − x| 6 b ⇐⇒ −b 6 a − x 6 b ⇐⇒ a − b 6 x 6 a + b.
– |a − x| > b ⇐⇒ x > a + b ou x 6 a − b.

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Approximation d’un réel Chapitre 8 : Nombres réels

N Définition 8.7
Soit a un réel et ε > 0, on appelle intervalle ouvert de centre a et de rayon ε, l’intervalle ]a − ε; a + ε[. C’est
l’ensemble des réels x tels que |x − a| < ε. On définit de la même façon l’intervalle fermé de centre a et de
rayon ε.

I THÉORÈME 8.10

Soit I un intervalle ouvert non vide, pour tout élément a de I il existe au moins un voisinage de a
inclus dans I : ∀ a ∈ I, ∃ ε > 0, ]a − ε; a + ε[⊂ I.

2) Partie entière

I THÉORÈME 8.11

L’ensemble R est archimédien, c’est à dire : ∀ x, y ∈ R∗+ , ∃ n ∈ N, x 6 n y.

I THÉORÈME 8.12 (et définition)

Soit x ∈ R, il existe un unique entier n ∈ Z tel que n 6 x < n + 1, celui-ci est appelé partie entière de
x , noté E(x) (ou [x]).

Propriétés :
a) La fonction partie entière est une fonction croissante sur R et elle constante sur tout intervalle de la
forme [n; n + 1[ lorsque n ∈ Z.
b) Pour tout réel x et tout entier n, on a E(x + n) = E(x) + n.
c) La fonction x 7→ x − E(x) est une fonction 1-périodique.

 E(x) ∈ Z
d) La partie entière de x est entièrement caractérisée par : .

E(x) 6 x < E(x) + 1

I THÉORÈME 8.13

Tout intervalle de la forme ]a; b[ où a < b contient au moins un rationnel, et donc Q est dense dans
R.

Ce théorème traduit que aussi près que l’on veut de n’importe quel réel, on peut trouver des rationnels. De
p
plus la démonstration fournit une méthode de construction de .
q

I THÉORÈME 8.14

Tout intervalle ]a; b[ où a < b contient au moins un irrationnel, donc l’ensemble des irrationnels,
R \ Q, est dense dans R.

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Annexe Chapitre 8 : Nombres réels

3) Approximations décimales
N Définition 8.8
Soient a, x, ε trois réels avec ε > 0, on dit que a est une valeur approchée de x à ε près lorsque la distance
entre a et x et inférieure ou égale à ε : |a − x| 6 ε. On dit que a est une valeur approchée de x par défaut
(respectivement par excès) à ε près lorsque a 6 x 6 a + ε (respectivement a − ε 6 x 6 a ).

Propriétés :
a +b
a) Si a est une valeur approchée de x par défaut et b une valeur approchée de x par excès, alors est
2
b−a
une valeur approchée de x à près.
2
b) Si a est une valeur approchée de x par défaut à ε près et b une valeur approchée de x par excès à ε
a +b ε
près, alors est une valeur approchée de x à près.
2 2
Soit x ∈ R et soit n ∈ N, on a E(x10n ) 6 x10n < 1 + E(x10n ), en multipliant par 10−n on obtient :
E(x10n ) E(x10n )
n
6x< + 10−n .
10 10n
E(x10n ) −n E(x10n )
Ce qui signifie que est une valeur approchée de x par défaut à 10 près, et que + 10−n est
10n 10 n
une valeur approchée de x par excès à 10−n près. Il faut remarquer que ces deux approximations de x sont
des nombres décimaux (i.e. un entier sur une puissance de dix).
N Définition 8.9
E(x10n )
On appelle approximation décimale de x par défaut à 10−n près, le nombre : .
10n

E(x10n )
Si on pose pour n ∈ N, a n = , alors on a l’inégalité |x − a n | 6 10−n , ce qui prouve que la suite
10n
(a n ) converge vers x. On a donc une suite de rationnels qui converge vers x, ce qui est une autre façon de
prouver la densité de Q dans R. On remarquera que la suite (a n + 10−n ) (valeurs approchées décimales par
excès) converge également vers x.

I THÉORÈME 8.15

E(x10n )
Soit x ∈ R et a n = , pour n ∈ N∗ on pose d n = 10n (a n − a n−1 ), alors d n est un entier compris
10n
entre 0 et 9.

N Définition 8.10
Pour n > 1, l’entier d n = 10n (a n − a n−1 ) = E(10n x) − 10E(10n−1 x) est appelé n-ième décimale de x .

IV) Annexe
1) Relation
Une relation R est la donnée de :
– Un ensemble de départ : E.
– Un ensemble d’arrivée : F.
– D’un graphe G, c’est à dire une partie de E × F (G ⊂ E × F).
Soient x ∈ E et y ∈ F, on dira que x est relation avec y (noté xR y) lorsque (x, y) ∈ G. Si c’est le cas, on dira
que y est une image de x par R et que x est un antécédent de y par R.
Lorsque tout élément de E a au plus une image par R, on dit que R est une fonction. Lorsque tout
élément de E a une et une seule image par R, on dit que R est une application.
Vocabulaire : Soit R une relation d’un ensemble E vers lui - même, on dit que R est :

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Exercices Chapitre 8 : Nombres réels

a) réflexive lorsque tout élément est en relation avec lui - même : ∀ x ∈ E, xRx.
b) symétrique lorsque : ∀ x, y ∈ E, si xR y alors yRx (le graphe de R est symétrique).
c) antisymétrique lorsque : ∀ x, y ∈ E, si xR y et yRx alors x = y. On remarquera qu’il ne s’agit pas de la
négation de symétrique.
d) transitive lorsque : ∀ x, y, z ∈ E, si xR y et yRz alors xRz.

2) Relation d’ordre
Soit R une relation dans un ensemble E, on dit que R est une relation d’ordre lorsque cette relation est :

réflexive, antisymétrique et transitive.

Lorsque c’est le cas, on dit que (E, R) est un ensemble ordonné. Deux éléments x et y de E sont dits
comparables pour l’ordre R lorsque l’on a xR y ou bien yRx. Lorsque tous les éléments de E sont compa-
rables deux à deux, on dit que l’ordre R est total et que (E, R) est un ensemble totalement ordonné, sinon
on dit que l’ordre est partiel et que (E, R) est partiellement ordonné. Une relation d’ordre est en général
notée 6, c’est à dire que xR y est plutôt noté x 6 y.

On prendra garde au fait que lorsque l’ordre est partiel, la négation de x 6 y est :




 x et y ne sont pas comparables

ou .




 x et y sont comparables et x > y

3) Parties denses dans l’ensemble des réels


Soit A une partie non vide de R, on dit que A est dense dans R lorsque tout intervalle ouvert non vide de
R contient au moins un élément de A, ce qui équivaut à :

∀ x ∈ R, ∀ ε > 0, ∃ a ∈ A, |x − a| < ε.

Ce qui signifie qu’aussi près que l’on veut de tout réel x, on peut trouver des éléments de A. Voici une
autre définition équivalente (et très utile) :
A est dense dans R ssi pour tout réel x il existe une suite (a n ) d’éléments de A qui converge vers x.

V) Exercices
F Exercice 8.1
Soient u et k deux réels tels que |u| 6 k < 1, montrer que 0 < 1 − k 6 |1 + u| 6 1 + k.

F Exercice 8.2
a) Soit x ∈ R tel que ∀ ε > 0, |x| 6 ε, montrer que x est nul.
p p √
b) Soient a, b ∈ R+ , montrer que | a − b| 6 |a − b|.
p √ √
c) Soient a, b ∈ R, montrer que | |a| − |b|| 6 |a − b|.
d) Soient x, y ∈ R, montrer que |x| + |y| 6 |x − y| + |x + y|.
( )
e) Soient x, y ∈ R, montrer que 1 + |x y − 1| 6 (1 + |x − 1|) 1 + |y − 1| .

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Exercices Chapitre 8 : Nombres réels

F Exercice 8.3

1+x 1−x
Résoudre dans R : a) 6 1 − x ; b) |1 − x| > 2|x| − 1 ; c) |x + 2| > .
1−x 1+x

F Exercice 8.4
Démontrer les assertions suivantes :
a) ∀ x, y ∈ R, E(x + y) = E(x) + E(y) + ε avec ε = 0 ou 1.
b) ∀ x, y ∈ R, E(x − y) = E(x) − E(y) − ε avec ε = 0 ou 1.
E(nx)
c) ∀ x ∈ R∗ , ∀ n ∈ N∗ , E( ) = E(x).
n
d) ∀ x ∈ R, ∀ n ∈ N∗ , 0 6 E(nx) − nE(x) 6 n − 1.
n +m n −m +1
e) ∀ n, m ∈ Z∗ , E( ) + E( ) = n.
2 2

F Exercice 8.5
Soient A et B deux parties non vides et bornées de R+ , on pose AB = {ab / a ∈ A, b ∈ B}. Montrer que
l’ensemble AB admet une borne supérieure et que sup(AB) = sup(A) sup(B).

F Exercice 8.6
a) Soit A une partie non vide et bornée de R, montrer que sup({|x − y| / x, y ∈ A}) = sup(A)−inf(A).
b) Soit A une partie non vide de R avec A ⊂ [a; b] où 0 < a < b. Calculer les bornes inférieure et
x
supérieure de l’ensemble B = { / x, y ∈ A}.
y

F Exercice 8.7
Déterminer les bornes inférieure et supérieure (si elles existent) des ensembles suivants :

1 x2 xy
{ + (−1)n / n ∈ N∗ } ; { / x ∈ R} ; { 2 / x, y ∈ R∗+ }.
n 1 + x2 x + y2

F Exercice 8.8
Soient a < b deux réels et f : [a; b] → [a; b] une fonction croissante. On pose A = {x ∈ [a; b] / x 6 f (x)}.
a) Montrer que A admet une borne supérieure, celle - ci sera notée c.
b) Montrer que c ∈ A.
c) En déduire que f (c) = c (on dit que c est un point fixe de f ).
d) Si on suppose que f est décroissante, f admet - elle nécessairement un point fixe ?

F Exercice 8.9
Soient a 1 , . . . , a n et b 1 , . . . , b n des réels strictement positifs, montrer que :
a1 an a1 + · · · + an a1 an
inf( ,··· , )6 6 sup( , · · · , ).
b1 bn b1 + · · · + bn b1 bn

On raisonnera par récurrence en commençant par le cas n = 2.

F Exercice 8.10
a) L’ensemble des irrationnels est - il : stable pour l’addition ? stable pour la multiplication ?
p p p p p
b) Montrer que 3, 6 et 6 − 2 − 3 sont irrationnels.

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Exercices Chapitre 8 : Nombres réels

F Exercice 8.11
p
a) Soit E = { / p ∈ Z, n ∈ N}, montrer que E est dense dans R.
2n
b) Soit A = {r 3 / r ∈ Q}, montrer que A 6= Q et que A est dense dans R.
r9
c) Même question avec A = { / r ∈ Q}.
1+r6

F Exercice 8.12
Démontrer les inégalités suivantes :
1 − x n+1 1 − |x|n+1 1 − x n+1 1 + |x|n+1
a) ∀ x ∈ R \ {±1} : | |6 ; | |6 .
1−x 1 − |x| 1−x |1 − |x||
1 x2 + y 2
b) ∀ x, y ∈ R : x + y 6 + x 2 + y 2 ; x + y 6 (1 + x 2 )(1 + y 2 ) ; |x y| 6 .
2 2

n ∏
n ∏
n ∏
n
c) Soient x 1 , . . . , x n ∈ [0; 1] : 1 − x i 6 (1 − x i ) ; x i 6 2−n ou (1 − x i ) 6 2−n .
i =1 i =1 i =1 i =1
2n p n p
∑ 4n + 3 p
d) ∀ n ∈ N∗ : n6 k6 n.
3 k=1 6

F Exercice 8.13
a) Soient E et F deux ensembles, soit f : E × F → R une application minorée, montrer que :

inf f (x, y) = inf (inf f (x, y)) = inf (inf f (x, y)).
(x,y)∈E×F x∈E y∈F y∈F x∈E

b) Application : à quelle condition un parallélogramme de surface S donnée a - t’il un périmètre


minimal ?

MPSI LYCÉE G UEZ D E B ALZAC http://pagesperso-orange.fr/Fradin.Patrick/ 10