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Chapitre 15

Polynômes

Objectifs
– Définir la notion de polynômes, étudier la structure de K[X].
– Définir la notion de degré d’un polynôme et étudier l’algorithme de la division euclidienne.
– Définir la notion de substitution dans un polynôme. Aborder la notion de racine, de polynômes scindés et le
théorème de D’Alembert.
– Établir la formule de TAYLOR.

Sommaire
I) Définition d’un polynôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2) Opérations sur les polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
3) Écriture définitive des polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
II) Division euclidienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1) Degré d’un polynôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2) Algorithme de la division euclidienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3) Divisibilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
III) Fonctions polynomiales, racines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1) Substitution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2) Fonctions polynomiales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3) Racines d’un polynôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
4) Corps algébriquement clos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
5) Relations racines coefficients . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
IV) Formule de Taylor des polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1) Dérivation des polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2) Formule de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
V) Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

Dans tout ce chapitre, K désigne un sous-corps de C.

I) Définition d’un polynôme


1) Définition

D ÉFINITION 15.1
.
On appelle polynôme à coefficients dans K toute suite d’éléments de K nulle à partir d’un certain
. rang. Les termes d’une telle suite sont appelés : coefficients
. du polynôme, et la suite nulle est appelée
polynôme nul. Si tous les termes sont nuls sauf un, le polynôme est appelé monôme. Si tous les termes
sont nuls à partir de l’indice 1, on dit que le polynôme est constant.
L’ensemble des polynômes à coefficients dans K est noté K[X].

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Définition d’un polynôme Chapitre 15 : Polynômes

On a donc :
K[X] = {(u n ) ∈ F (N, K) / ∃ N ∈ N, n > N =⇒ u n = 0}.
. Deux polynômes sont égaux ssi ils ont les mêmes coefficients (égalité de deux suites).
Polynômes particuliers :

 1 si n = k
a) Pour k ∈ N, on note δk le polynôme défini par δk = (δk,n ) où δk,n = (symbole de Krö-

0 sinon
necker1 ). Par exemple, on a : δ0 = (1, 0, . . .), δ1 = (0, 1, 0, . . .).
b) On pose X = δ1 , ce polynôme est appelé indéterminée de K[X], il peut être nommé par une autre
lettre : Y, Z, T, U, . . ., mais il s’agit toujours du polynôme δ1 .

2) Opérations sur les polynômes

D ÉFINITION 15.2 (Somme et produit par un scalaire)


.. .
On pose : P + Q = (a n + b n ) (somme des deux suites), et pour λ ∈ K, on pose λ.P = (λa n ). On définit
ainsi une addition interne dans K[X] et un produit par les scalaires.
Propriétés : On a en fait repris l’addition de F (N, K) et le produit par un scalaire, on sait que pour ces
opérations F (N, K) est un K-e.v., or K[X] ⊂ F (N, K), et la suite nulle est un polynôme, on en déduit que :
(K[X], +, .) est un K-e.v..

D ÉFINITION 15.3 (Produit de deux polynômes)


.
. . P
n
On pose P×Q = (c n ) où la suite (c n ) est définie par : c n = a k b n−k . On définit ainsi une multiplication
k=0
interne dans K[X].
Remarques :
a) Nous n’avons pas repris la multiplication des suites habituelle, nous verrons plus loin que l’intérêt de
cette multiplication réside essentiellement dans le fait que le polynôme δk est égal à X k (où X = δ1 ).
P
n P
b) Il y a d’autres expressions pour c n : c n = a n−k b k = ap bq .
k=0 p+q=n
Propriétés : on vérifie que cette multiplication :
– est commutative,
– est associative,
– possède un élément neutre qui est le polynôme δ0 ,
– est distributive sur l’addition.

Par conséquent : (K[X], +, ×) est un anneau.


On a également : ∀P, Q ∈ K[X], ∀λ ∈ K, λ.(P × Q) = (λ.P) × Q = P × (λ.Q).

3) Écriture définitive des polynômes


Soit P = (a n ) un polynôme, il existe un entier N tel que n > N =⇒ a n = 0, on peut donc écrire P =
(a 0 , a 1 , . . . , a N , 0, . . .), ou encore, compte tenu de la définition de l’addition, P = (a 0 , 0, . . .) + (0, a 1 , 0, . . .) + · · · +
(0, . . . , 0, a N , 0, . . .), mais compte tenu de la définition du produit par un scalaire, on a encore P = a 0 δ0 +a 1 δ1 +
P
N
· · · + a N δN , c’est à dire : P = a k δk .
k=0

 δ0 si k = 0
Proposition : Pour k ∈ N, on a δk = X k où X k = .

X × X k−1 si k > 1

1 KRÖNECKER L EOPOLD (1823 – 1891) : mathématicien polonais qui a travaillé (entre autre) sur les équations algébriques.

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Division euclidienne Chapitre 15 : Polynômes

P
N
En reprenant les notations précédentes, on a ainsi l’écriture définitive des polynômes : P = ak Xk .
k=0
P
Ce que l’on écrit parfois plus simplement : P = a k X k , étant entendu qu’il s’agit là d’une somme finie
k∈N
puisque les coefficients sont nuls à partir d’un certain rang.

Plongement de K dans K[X] : L’application φ : K → K[X] définie par φ(λ) = λ.δ0 = (λ, 0, . . .), est une applica-
tion injective qui vérifie pour λ, µ ∈ K :
– φ(λ + µ) = φ(λ) + φ(µ)
– φ(λµ) = φ(λ)φ(µ)
– φ(1) = δ0 (=1K[X] ).
Par conséquent, chaque polynôme constant (λ, 0, . . .) peut être identifié avec le scalaire λ, autrement dit,
on pose λ = (λ, 0, . . .). En particulier, le polynôme nul est noté simplement 0, et le polynôme δ0 est simple-
ment noté 1. On peut donc considérer désormais : K ⊂ K[X], K étant l’ensemble des polynômes constants.
P
N
Finalement : si P = (a n ) = (a 0 , . . . , a N , 0, . . .), alors : P = a k X k = a 0 + a 1 X + · · · + a N X N , et :
k=0
X X
an Xn = b n X n ⇐⇒ ∀ n ∈ N, a n = b n .
n∈N n∈N
X X X
( an Xn ) + ( bn Xn ) = (a n + b n )X n .
n∈N n∈N n∈N
à !
X n
X n
X X
( an X ) × ( bn X ) = a p b q Xn .
n∈N n∈N n∈N p+q=n
X
a n X n ∈ K ⇐⇒ ∀ n > 1, a n = 0.
n∈N

II) Division euclidienne


1) Degré d’un polynôme
Soit P ∈ K[X], si P = 0 alors tous les coefficients de P sont nuls, si P 6= 0, alors l’ensemble des indices des
coefficients non nuls de P n’est pas vide, et il est majoré (les coefficients sont nuls à partir d’un certain rang),
donc cet ensemble admet un plus grand élément.

D ÉFINITION 15.4
.
. Soit P ∈ K[X], si P = 0 alors on pose deg(P) = −∞,. sinon on pose deg(P) = max{k ∈ N / a k 6= 0}. Si P est
non nul de degré n , alors le coefficient a n est appelé coefficient dominant de P , si ce coefficient vaut
1, alors on dit que le polynôme P est unitaire (ou normalisé).
. Caractérisations du polynôme nul et des polynômes constants non nuls :
– P = 0 ⇐⇒ deg(P) = −∞.
– P ∈ K∗ ⇐⇒ deg(P) = 0.

. THÉORÈME 15.1
. .
. Soient P, Q ∈ K[X], deg(P + Q) 6 max(deg(P), deg(Q)) , et deg(P × Q) = deg(P) + deg(Q).

Remarque : Lorsque P et Q ont des degrés distincts, ou bien lorsque P et Q ont même degré mais des coef-
ficients dominants non opposés, alors deg(P + Q) = max(deg(P), deg(Q)).

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Fonctions polynomiales, racines Chapitre 15 : Polynômes

. THÉORÈME 15.2
. .
L’anneau (K[X], +, ×) est un anneau intègre. Le groupe des inversibles est K∗ l’ensemble des poly-
. nômes constants non nuls.

Notation : Soit n ∈ N, on note Kn [X] l’ensemble des polynômes de degré inférieur ou égal à n : Kn [X] = {P ∈
K[X] / deg(P) 6 n}. Il est facile de vérifier que Kn [X] = Vect[1, X, . . . , X n ], c’est donc un s.e.v. de K[X].

2) Algorithme de la division euclidienne

. THÉORÈME 15.3 (de la division euclidienne)


. Soient A et B deux polynômes avec B 6= 0, alors il.existe deux polynômes Q et R uniques tels que :

A = B × Q + R avec deg(R) < deg(B) .


.
. La démonstration est constructive, en ce sens qu’elle donne un algorithme de calcul du quotient (Q) et du
reste (R).

3) Divisibilité

D ÉFINITION 15.5
. .
Soient A, B ∈ K[X], on dit que B divise A lorsqu’il existe un polynôme Q tel que A = Q ×B, notation B|A.

Remarque : on définit ainsi une relation dans K[X], on peut vérifier que celle - ci est réflexive, transitive,
mais elle n’est ni symétrique, ni antisymétrique. Plus précisément, B|A et A|B ssi il existe λ ∈ K∗ tel que
A = λB (on dit que A et B sont associés).

. THÉORÈME 15.4

. – Si B 6= 0, alors B|A ssi le reste de la division euclidienne


. de A par B est nul.
– Si A 6= 0 et B|A, alors deg(B) 6 deg(A).
. – Si B|A et B|C, alors ∀ U, V ∈ K[X], B|A × U + C × V .

Remarques : il découle du dernier point que si B|A − C et B|D − E, alors B|(A + D) − (C + E) et B|AD − EC, en
particulier, si B|A − C alors ∀ n ∈ N, B|An − Cn .

III) Fonctions polynomiales, racines


1) Substitution
Soit (A , +, ×, .) une algèbre et a ∈ A , la substitution de X par a dans les polynônes est l’application :

Sa : K[X] → A
P
n P
n
αk X k 7 → αk a k
k=0 k=0

La structure d’algèbre de A , assure l’existence des images par S a dans A . On peut vérifier que l’applca-
tion S a vérifie : ∀ P, Q ∈ K[X], ∀ λ ∈ K
– S a (P + Q) = S a (P) + S a (Q).
– S a (P × Q) = S a (P) × S a (Q).
– S a (λP) = λS a (P).
– S a (1) = 1.

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Fonctions polynomiales, racines Chapitre 15 : Polynômes

Autrement dit :

. THÉORÈME 15.5
. .
. La substitution par a est un morphisme de K-algèbres.

Remarque : Concrètement, le théorème ci - dessus dit que la substitution par a consiste simplement à
remplacer l’indéterminée X par la lettre a. Par exemple, si on a P = Q × B + R, alors S a (P) = S a (Q) × S a (B) +
S a (R).

2) Fonctions polynomiales

D ÉFINITION 15.6
.
e: K → K
L’application : P , est appelée fonction polynomiale associée au polynôme P . Si P =
. .
x 7→ S x (P)
P
n P
n
e : x 7→
a k X k , alors P a k x k où x est une variable qui décrit K.
k=0 k=0

. On prendra garde à ne pas confondre la variable x, qui est un élément de K, avec l’indéterminée X (qui
n’appartient pas à K).
Remarque : on a P„ e + Q,
+Q = P e P„ e × Q,
×Q = P g = λ.P.
e λ.P e

3) Racines d’un polynôme

D ÉFINITION 15.7
.
P
n
. Soit P = a k X k ∈ K[X], on appelle racine de P dans
. e
K tout élément a ∈ K tel que P(a) = 0, c’est à dire
k=0
P
n
toute solution dans K à l’équation a k x k = 0.
k=0

. THÉORÈME 15.6

. Soit P ∈ K[X] : .
– Soit a ∈ K, a est racine de P ssi X − a|P .
. – Si deg(P) 6 n et si P admet au moins (n + 1) racines dans K, alors P = 0.

Conséquences :
a) Si a 1 , . . . , a n sont des racines distinctes de P alors (X − a 1 ) · · · (X − a n )|P.
b) Si P est non nul de degré n, alors P admet au plus n racines distinctes.
e est injective. On pourrait donc identifier P et P
c) L’application φ : K[X] → F (K, K) définie par φ(P) = P e
la fonction polynomiale associée à P.

. Pour montrer qu’un polynôme P est nul on dispose de trois méthodes :


– Montrer que tous les coefficients de P sont nuls.
– Montrer que le degré de P est −∞.
– Montrer que P a une infinité de racines.
Soit P un polynôme non nul et soit a ∈ K, si (X − a)k |P alors k 6 deg(P) (car P 6= 0). Par conséquent
l’ensemble {k ∈ N / (X − a)k |P} est un ensemble non vide (contient 0) et majoré par deg(P), comme c’est
une partie de N, cet ensemble admet un plus grand élément. Il est facile de vérifier que cet ensemble est un
intervalle d’entiers, et qu’il contient 1 si et seulement si a est racine de P.

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Fonctions polynomiales, racines Chapitre 15 : Polynômes

D ÉFINITION 15.8 (multiplicité d’une racine)


.
. Soit P ∈ K[X] un polynôme non nul et soit a ∈ K, on . appelle multiplicité de a dans P le plus grand des
entiers k tels que (X − a)k |P . Notation : m P (a). Une racine de multiplicité 1 est appelée racine simple,
une racine de multiplicité 2 est appelée racine double...etc
© ª
Remarque : Comme k ∈ N / (X − a)k |P est un intervalle, on peut énoncer :

m = m P (a) ⇐⇒ (X − a)m divise P et (X − a)m+1 ne divise pas P.

. THÉORÈME 15.7
. Soit P un polynôme non nul, soit a ∈ K, et soit m. ∈ N, on a alors :

. e
m = m P (a) ⇐⇒ ∃ Q ∈ K[X], P = (X − a)m × Q et Q(a) 6= 0.

Propriétés : Soient P, Q ∈ K[X], non nuls, et a ∈ K


a) m P×Q (a) = m P (a) + m Q (a).
b) si P + Q 6= 0, alors m P+Q (a) > min(m P (a); m Q (a)).

4) Corps algébriquement clos


Soit P un polynôme non nul ayant des racines dans K, soient a 1 , . . . , a n toutes les racines distinctes
de P de multiplicités respectives : m 1 , . . . , m n . D’après ce qui précède il existe un polynôme Q tel que P =
e 1 ) 6= 0, comme a 2 6= a 1 on peut affirmer que a 2 est racine de Q : Q = (X − a 2 )m × T
(X − a 1 )m1 × Q avec Q(a
e 2 ) 6= 0, mais alors P = (X − a 2 )m × (X − a 1 )m1 × T, on en déduit que m = m 2 , par conséquent on a
avec T(a
P = (X − a 1 )m1 (X − a 2 )m2 × T avec a 1 et a 2 qui ne sont pas racines de T. De proche en proche (récurrence sur
n) on a arrive à : il existe un polynôme S tel que

P = (X − a 1 )m1 · · · (X − a n )mn × S,

avec a 1 , . . . , a n qui ne sont pas racines de S, mais comme P n’a pas d’autres racines on peut en déduire que
S est sans racine dans K.

. THÉORÈME 15.8 (factorisation d’un polynôme connaissant toutes ses racines)


.
. Si a 1 , . . . , a n sont les racines distinctes de P de multiplicités respectives m 1 , . . . , m n , alors il existe un
Q
n
polynôme Q sans racine dans K tel que : P = Q × (X − a k )mk .
. k=1

D ÉFINITION 15.9 (polynôme scindé)


.
Si a 1 , . . . , a n sont les racines distinctes de P de multiplicités respectives m 1 , . . . , m n , alors d’après le
Pn P
n
. théorème précédent : m k 6 deg(P). La quantité
. : m k (somme des multiplicités des racines)
k=1 k=1
est appelée nombre de racines de P comptées avec leur multiplicité. On dira que le polynôme P est
scindé sur K lorsque cette quantité est égale au degré de P , on dit aussi que P admet toutes ses racines
dans K (toutes : signifie que le nombre de racines comptées avec leur multiplicité, est égal au degré)
Q
n
En reprenant la factorisation précédente : P = Q × (X − a k )mk , on voit que lorsque P est scindé, alors
k=1
deg(Q) = 0, le polynôme Q est donc une constante non nulle, en comparant les coefficients dominants de
chaque coté, on voit que Q est égal au coefficient dominant de P, d’où l’énoncé :

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Formule de Taylor des polynômes Chapitre 15 : Polynômes

. THÉORÈME 15.9
. .
Si P est scindé et si a 1 , . . . , a n sont les racines distinctes de P de multiplicités respectives m 1 , . . . , m n ,
Q
n
mk
alors : P = λ (X − a k ) , où λ est le coefficient dominant de P .
. k=1

D ÉFINITION 15.10
.. .
On dit que le corps K est algébriquement clos lorsque tout polynôme non constant de K[X] admet au
moins une racine dans K.

. THÉORÈME 15.10
. .
. Si K est un corps algébriquement clos, alors tout polynôme non constant de K[X] est scindé sur K.

. THÉORÈME 15.11 (de D’Alembert2 )


. .
. C est un corps algébriquement clos.

5) Relations racines coefficients


Soit P un polynôme scindé sur K, si deg(P) = n et si λ est le coefficient dominant de P, alors il existe
a 1 , . . . , a n ∈ K (racines de P) tels que P = λ(X − a 1 ) · · · (X − a n ), si on développe ensuite cette expression, on va
obtenir les coefficients de P en fonction des a k . Par exemple :
– P = λ(X − a 1 )(X − a 2 ) = λX 2 − λ(a 1 + a 2 )X + λa 1 a 2 .
– P = λ(X − a 1 )(X − a 2 )(X − a 3 ) = λX 3 − λ(a 1 + a 2 + a 3 )X 2 + λ(a 1 a 2 + a 1 a 3 + a 2 a 3 )X − λa 1 a 2 a 3 .
P
Notation : On pose σ0 = 1, et pour k compris entre 1 et n : σk = ai 1 · · · ai k .
16i 1 <···<i k 6n
σk est la somme des produits des racines (de P) par paquets de longueur k, par exemple : σ1 est la
somme des racines, σ2 est la somme des produits deux à deux, · · · , σn est le produit des racines.

. THÉORÈME 15.12
Soient a 1 , . . . , a n ∈ K, on a :

Xn
(X − a 1 ) · · · (X − a n ) = X n − σ1 X n−1 + σ2 X n−2 − · · · + (−1)n σn = (−1)k σk X n−k
. . k=0

P
n
En particulier, si P = αk X k = αn (X − a 1 ) · · · (X − a n ), alors on a les relations racines - coefficients
k=0
suivantes :
. αn−k = (−1)k αn σk ,
αn−1 α0
La somme des racines est donc − et le produit des racines est (−1)n .
αn αn

IV) Formule de Taylor des polynômes


1) Dérivation des polynômes
On reprend la dérivation usuelle des fonctions polynomiales :
2 D’ALEMBERT J EAN Le Rond (1717 – 1783) : mathématicien français qui contribua notamment à l’étude des nombres com-

plexes, l’analyse et les probabilités.

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Formule de Taylor des polynômes Chapitre 15 : Polynômes

D ÉFINITION 15.11
.
P dP
Soit P = a k X k , on appelle polynôme dérivé de P , le polynôme noté P 0 ou , et défini par :
k dX
X
P0 = ka k X k−1 .
. k >.1

Puis par récurrence, on définit la dérivée n -ième de P , notée P (n) , en posant :



 P si n = 0
P (n) = .
 £ (n−1) ¤0
P si n > 1

. THÉORÈME 15.13 (propriétés)


Soient, P, Q ∈ K[X] et soit λ ∈ K :
– (P + Q)0 = P 0 + Q0 et (λP)0 = λP 0 .
– (P × Q)0 = P 0 × Q + P × Q0 , plus généralement, on 3
. a la formule de L EIBNIZ :
.
X
n
(P × Q)(n) = Cn P
k (k)
× Q(n−k) .
k=0

0 0 0
. – P(Q) = Q × P (Q) (dérivée d’une composée).

. THÉORÈME 15.14

 Ak X n−k si k 6 n P
n
Si P = X n , alors P (k) = .. On en déduit que si P = a n X n , alors P (k) =
. 
0 si k > n n
P
Akn a n X n−k . En particulier si deg(P) = n alors P (n) = a n n! et si k > deg(P), alors P (k) = 0. D’autre
n >k

. part, lorsque k 6 deg(P), alors deg(P ) = deg(P) − k .


(k)

2) Formule de Taylor
P
n P
n
Soit P = a k X k , soit r un entier compris entre 0 et n, alors P (r ) = Ark a k X k−r , substituons 0 à X, on
k=0 k=r
g
obtient alors P (r ) (0) = r !a , on en déduit donc que :
r

g
P (r ) (0)
∀r ∈ [[0..n]], a r = .
r!

Remarquons que la formule reste vraie pour r > n, finalement on obtient la formule de TAYLOR4 en 0 :

X Pg
(k) (0)
P= Xk .
k k!

Soit a ∈ K, posons Q = P(X + a) (composée de P avec le polynôme X + a), d’après ce qui précède, on a :

g
XQ (k) (0)
Q= Xk .
k k!
3 LEIBNIZ Gottfried (1646 – 1716) : philosophe et mathématicien allemand.
4 TAYLOR B ROOK (1685 – 1731) : mathématicien anglais qui a énoncé sa célèbre formule en 1715.

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Exercices Chapitre 15 : Polynômes

Or, il est facile de montrer que Q(k) = P (k) (X + a), par conséquent Q g g
(k) (0) = P (k) (a), et comme P = Q(X − a),

on obtient :
X Pg (k) (a)
P= (X − a)k .
k k!

. THÉORÈME 15.15
. P Pg
(k) (a) .
Si P ∈ K[X] et a ∈ K, alors : P = (X − a)k . C’est la formule de TAYLOR pour le polynôme P en
k k!
. a.

Applications :
a) Division euclidienne d’un polynôme P par (X − a)n : d’après la formule de TAYLOR en a appliquée à P,
on a :

X Pg
(k) (a)
P = (X − a)k
k k!
X Pg(k) (a) X Pg(k) (a)
= (X − a)k + (X − a)k
k >n k! k<n k!
X Pg(k) (a) X Pg(k) (a)
= (X − a)n × (X − a)k−n + (X − a)k ,
k >n k! k<n k!

P Pg (k) (a)
comme deg( (X − a)k ) < n, on en déduit que le quotient Q et le reste R dans la division
k<n k!
euclidienne par (X − a)n sont :

X Pg(k) (a) X Pg(k) (a)


Q= (X − a)k−n et R = (X − a)k .
k >n k! k<n k!

b) Calcul de la multiplicité d’une racine : a ∈ K est une racine de P de multiplicité m(> 1) ssi :

∀ k ∈ [[0..m − 1]], Pg ‚
(k) (a) = 0 et P (m) (a) 6= 0.

V) Exercices
F Exercice 15.1
Factoriser dans R[X] les polynômes suivants :

X 6 + 1; X 4 + 1; X 4 − 2X 2 + 3; X 4 + 5X 2 + 3; X 8 + X 4 + 1; X 9 + X 6 + X 3 + 1.

F Exercice 15.2
Soit P = X 5 − 2X 4 − X 3 + 2X 2 + X − 2 et Q = X 3 − 2X 2 − 3X + 6. Factoriser P et Q sachant qu’ils ont une
racine commune.

F Exercice 15.3
a) Soit P = X 3 + pX + q ∈ C[X], montrer que l’on peut trouver u, v ∈ C tels que a = u + v soit racine
p
de P avec uv = − .
3
b) Application : déterminer les racines de X 3 − 3X + 1.

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Exercices Chapitre 15 : Polynômes

F Exercice 15.4
Q
n k
On considère le polynôme Pn défini par : Pn = (1 + X 2 ). Simplifier (1 − X) × Pn , en déduire l’ex-
k=0
pression développée de Pn .

F Exercice 15.5
Soit P ∈ K[X], montrer que P est pair (i.e. P(−X) = P) ssi les coefficients de P d’indices impairs sont
nuls. Montrer que P est impair (i.e. P(−X) = −P) ssi les coefficients d’indices pairs sont nuls.

F Exercice 15.6
a) Soient α, β ∈ K, distincts, soit P ∈ K[X], calculer le reste dans la division euclidienne de P par
(X − α)(X − β), puis par (X − α)2 .
b) Calculer le quotient et le reste dans la division euclidienne de (X−1)n+2 −(X+2)n −2 par (X−1)n .

F Exercice 15.7
Soient a 0 , . . . , a n n + 1 éléments distincts de K, et P ∈ K[X] :
a) Montrer qu’il existe un unique polynôme R de degré 6 n tel que R(a e k ) = P(a
e k ) pour k ∈ [[0..n]].
n+1
Calculer R lorsque deg(P) < n + 1 et lorsque P = X .
Q X − ai
n
b) Pour k compris entre 0 et n, on pose : Lk = . Calculer deg(Lk ) et montrer que
i =0,i 6=k a k − a i
Pn
Lk (a j ) = δk, j . En déduire le polynôme R pour P quelconque. Calculer Lk .
k=0

F Exercice 15.8
a) Montrer que dans R[X], X 2 − X + 1|(X − 1)n+2 + X 2n+1 .
b) Montrer que dans R[X], X 3 − 3X 2 + 3X − 1|X 2n+1 − (2n + 1)X n+1 + (2n + 1)X n − 1.
c) Soient n et m deux entiers positifs, montrer que si n|m alors X n − 1|X m − 1.
d) Montrer que X 2 − 2 cos(θ)X + 1| cos((n − 1)θ)X n+1 − cos(nθ)X n − cos(θ)X + 1, dans R[X].
e) Soient P, Q ∈ R[X], montrer que si P|Q dans C[X], alors P|Q dans R[X].
f) Soit P ∈ K[X], montrer que P − X|P(P) − P, en déduire que P − X|P(P) − X.

F Exercice 15.9
Calculer la multiplicité de 1 dans les polynômes suivants :
a) X 2n − nX n+1 + nX n−1 − 1.
b) X 2n+1 − (2n + 1)X n+1 + (2n + 1)X n − 1.

F Exercice 15.10
a) Déterminer tous les polynômes P de degré n tels que P(X 2 ) = P 2 (poser P = a n X n + Q où
deg(Q) < n).
b) Déterminer tous les polynômes P, Q, R de R[X] qui vérifient : P 2 − XQ2 = XR2 .
c) Déterminer les polynômes P ∈ C[X] qui vérifient : P 0 |P.

F Exercice 15.11
Soit s, p ∈ C avec p 6= 0. A quelle(s) condition(s) les racines de X 2 − sX + p ont-elles le même argu-
ment ?

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Exercices Chapitre 15 : Polynômes

F Exercice 15.12
a) Montrer qu’il existe un unique polynôme Tn ∈ R[X] de degré au plus n tel que :

∀ x ∈ R, Tn (cos(x)) = cos(nx).

b) Calculer T0 , T1 , T2 , T3 . Calculer Tn (0) et le coefficient dominant de Tn .


c) Étudier la parité de Tn . Montrer que Tn admet n racines dans [−1; 1]. Calculer leur produit.
1
d) Démontrer la relation : ∀ n > 1, Tn+1 = XTn + (X 2 − 1)Tn0 . Calculer T4 .
n
e) Démontrer la relation : ∀ n ∈ N, Tn+2 = 2XTn+1 − Tn .

F Exercice 15.13
P
n ¡ ¢2
a) Soit S n = (−1)k Ckn , soit P = (1 − X)n et Q = (1 + X)n . Calculer le coefficient de X n dans le
k=0
produit P × Q, en déduire une simplification de S n .
Pn ¡ ¢2 P
p
p−k
b) En s’inspirant d’une même démarche, simplifier : Ckn ; Ckn Cm .
k=0 k=0

F Exercice 15.14
Soit P ∈ R[X] tel que ∀ x ∈ R, P(x) > 0. Soit n = deg(P), et Q = P + P 0 + · · · + P (n) . Montrer que ∀ x ∈
R, Q(x) > 0.

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