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Chapitre 16

Dérivation

Objectifs

– Définir la notion de dérivée, étudier les théorèmes généraux.


– Étudier les applications de cette notion (théorème de Rolle, accroissements finis, . . .).
– Définir la notion de classe d’une fonction.
– Établir un plan d’étude d’une fonction.
– Étendre la dérivation aux fonctions à valeurs complexes.

Sommaire
I) Dérivée première . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1) Théorème généraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2) Dérivabilité à gauche et à droite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
3) Dérivée d’une bijection réciproque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
II) Applications de la dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1) Théorème de Rolle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2) Les accroissements finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3) Sens de variation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
III) Étude d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1) Ensemble de définition, ensemble d’étude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2) Prolongements éventuels aux bords . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3) Continuité, dérivabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
4) Sens de variation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
5) Étude des branches infinies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
6) Représentation graphique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
IV) Dérivées successives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1) Classe d’une application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2) Formule de Leibniz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3) Classe d’une composée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
4) Classe d’une réciproque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
V) Extension aux fonctions à valeurs complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2) Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3) Classe d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
VI) Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

I) Dérivée première

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Dérivée première Chapitre 16 : Dérivation

D ÉFINITION 16.1
.
Soit f : I → R une fonction et soit t 0 ∈ I, on dit que f est dérivable en t 0 lorsque la fonction : t 7→
f (t ) − f (t 0 )
. . cas, cette limite est notée f 0 (t 0 ) et appelée nombre
admet une limite finie en t 0 . Si c’est le
t − t0
dérivé de f en t 0 . Lorsque f est dérivable en tout point de I on dit que f est dérivable sur I et la
df
fonction de I vers R qui à t associe f 0 (t ) est appelée dérivée de f sur I, on la note f 0 ou bien .
dt
L’ensemble des fonctions dérivables sur I est noté D(I, R). Si le plan est muni d’un repère orthonormé
et si f est dérivable en t 0 , la droite d’équation y = f 0 (t 0 )(x − t 0 ) + f (t 0 ) est appelée tangente à la courbe au
point d’abscisse t 0 . Si le taux d’accroissement de f en t 0 a une limite infinie et si f est continue en t 0 , alors
on dit que la courbe admet une tangente verticale au point d’abscisse t 0 , d’équation x = t 0 .

Définition équivalente : f est dérivable en t 0 et f 0 (t 0 ) = a ssi f (t ) = f (t 0 ) + a(t − t 0 ) + o (t − t 0 ).


t0

1) Théorème généraux

. THÉORÈME 16.1 (Dérivabilité et continuité)


. .
. Si f est dérivable en t 0 , alors f est continue en t 0 mais la réciproque est fausse.

. THÉORÈME 16.2 (Théorèmes généraux)


– Si f et g sont dérivables sur I et si α ∈ R alors les fonctions f + g , f × g et α f sont dérivables sur I
avec les formules :
– ( f + g )0 = f 0 + g 0 .
. – ( f × g )0 = f 0 × g + f × g 0 . .
0 0
– (α f ) = α f . ( )0
1 1 −f 0
– Si f est dérivable sur I et ne s’annule pas alors est dérivable sur et = 2 .
f f f
– Si f est dérivable sur I et si g est dérivable sur J avec Im( f ) ⊂ J, alors g ◦ f est dérivable sur I et
. (g ◦ f )0 = f 0 × [g 0 ◦ f ].

Du troisième point découlent les formules de dérivation usuelles :

Fonction Dérivée

sin(u) u 0 cos(u)

cos(u) −u 0 sin(u)
u0
tan(u) u 0 (1 + tan(u)2 ) =
cos(u)2
sh(u) u 0 ch(u)

ch(u) u 0 sh(u)
u0
th(u) u 0 (1 − th(u)2 ) =
ch(u)2
eu u0e u
u0
ln(|u|)
u
uα 0 α−1
αu u

Remarque : il découle des théorèmes généraux que pour les opérations usuelles sur les fonctions D(I, R) est
un anneau et un R-espace vectoriel.

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Dérivée première Chapitre 16 : Dérivation

2) Dérivabilité à gauche et à droite

D ÉFINITION 16.2
.
Soit f : I → R une fonction, et soit t 0 ∈ I :
– Si t 0 6= inf(I) : on dit que f est dérivable à gauche en t 0 lorsque le taux d’accroissement de f a une
limite finie à gauche en t 0 . Si c’est le cas, cette limite est notée f g0 (t 0 ) et la demi-droite d’équation

 y = f 0 (t 0 )(x − t 0 ) + f (t 0 )
g
. , est appelée demi-tangente
. à la courbe au point d’abscisse t 0 .

x 6 t0
– Si t 0 6= sup(I) : on dit que f est dérivable à droite en t 0 lorsque le taux d’accroissement de f a une
limite finie à droite en t 0 . Si c’est le cas, cette limite est notée f d0 (t 0 ) et la demi-droite d’équation

 y = f 0 (t 0 )(x − t 0 ) + f (t 0 )
d
, est appelée demi-tangente à la courbe au point d’abscisse t 0 .

x > t0

. THÉORÈME 16.3
. .
0 0
. f est dérivable en t 0 ssi f est dérivable à gauche et à droite en t 0 avec f g (t 0 ) = f d (t 0 ).

3) Dérivée d’une bijection réciproque

. THÉORÈME 16.4
Si f : I → R est une fonction continue strictement monotone, alors f induit une bijection de I sur
0
J = Im( f ). Soit y 0 = f (t 0 ) ∈ J (t 0 ∈ I), si f est dérivable
. en t 0 et si f (t 0 ) 6= 0, alors la bijection réciproque,
. 1 1
φ, est dérivable en y 0 et φ0 (y 0 ) = 0 = 0 . Si f est dérivable en t 0 et f 0 (t 0 ) = 0, alors φ
f (t 0 ) f ◦ φ(y 0 )
n’est pas dérivable en y 0 mais la courbe représentative de φ admet une tangente verticale au point
. d’abscisse y0.

Remarques :
– Si f : I → J est bijective, continue, dérivable et si f 0 ne s’annule pas sur I, alors d’après le théorème
précédent, f −1 est dérivable sur J et on a la formule :
( )0 1
f −1 = .
f f −1
0◦

– Si f n’est pas dérivable en t 0 mais si sa courbe a une tangente verticale en ce point, alors f −1 est
0
dérivable en y 0 = f (t 0 ) et f −1 (y 0 ) = 0 (car le taux d’accroissement de f en t 0 a une limite infinie en
t 0 ).
X Exemple(s):
(i) La fonction ln :]0; +∞[→ R est une fonction continue, strictement croissante, dérivable et sa dérivée ne
s’annule pas. Sa bijection réciproque, la fonction exponentielle, est donc dérivable sur R et :

1
∀ x ∈ R, exp(x)0 = = exp(x).
ln0 ◦ exp(x)

(ii) La fonction f : [−π/2; π/2] → [−1; 1] définie par f (x) = sin(x) est bijective, continue, dérivable et sa dérivée
( f 0 (x) = cos(x)) ne s’annule pas sur ] − π/2; π/2[, donc la bijection réciproque arcsin, est dérivable sur
] − π/2; π/2[ et :
1 1 1
arcsin0 (x) = 0 = =p .
f (arcsin(x)) cos(arcsin(x)) 1 − x2

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Applications de la dérivation Chapitre 16 : Dérivation

(iii) La fonction f : [0; π] → [−1; 1] définie par f (x) = cos(x) est bijective, continue, dérivable et sa dérivée
( f 0 (x) = − sin(x)) ne s’annule pas sur ]0; π[, donc la bijection réciproque arccos, est dérivable sur ] − 1; 1[
et :
1 −1 −1
arccos0 (x) = 0 = =p .
f (arccos(x)) sin(arccos(x)) 1 − x2
Par contre la fonction arccos n’est pas dérivable en ±1 (une tangente verticale en ces points).
(iv) La fonction f :] − π/2; π/2[→ R définie par f (x) = tan(x) est bijective, continue, dérivable et sa dérivée
( f 0 (x) = 1 + tan(x)2 ) ne s’annule pas, donc la bijection réciproque arctan, est dérivable sur R et :
1 1 1
arctan0 (x) = 0 (arctan(x))
= = .
f 1 + tan2 (arctan(x)) 1 + x2

II) Applications de la dérivation


1) Théorème de Rolle
Proposition : Soit f : [a; b] → R dérivable sur ]a; b[ et soit t 0 ∈]a; b[. Si f admet un extremum local en t 0 ,
alors f 0 (t 0 ) = 0.
. Dans la preuve ci-dessus, il est essentiel que t ne soit pas une borne de l’intervalle.
0

. THÉORÈME 16.5 (de Rolle1 )


. .
Si f : [a; b] → R est continue sur [a; b], dérivable sur ]a; b[ et si f (a) = f (b), alors il existe c ∈
0
. ]a; b[, f (c) = 0.

2) Les accroissements finis

. THÉORÈME 16.6 (égalité de accroissements finis)


. Si f : [a; b] → R est continue sur [a; b] et dérivable
. sur ]a; b[ alors :

. ∃c ∈]a; b[, f (b) − f (a) = (b − a) f 0 (c).

Autres formulations :
– En posant h = b − a, si f est continue sur [a; a + h] et dérivable sur ]a; a + h[, alors il existe c ∈]a; a +
h[, f (a + h) − f (a) = h f 0 (c), ou encore, il existe θ ∈]0; 1[, f (a + h) − f (a) = h f 0 (a + θh) (en posant θ =
c −a
).
h
f (b) − f (a)
– L’égalité s’écrit aussi : f 0 (c) = , ce qui signifie géométriquement qu’il existe un point de la
b−a
courbe (d’abscisse c) où la tangente est parallèle à la corde définie par le point d’abscisse a et le point
d’abscisse b.

. THÉORÈME 16.7 (inégalité des accroissements finis)


Si f : [a; b] → R est continue sur [a; b], dérivable sur ]a; b[ et s’il existe deux réels m et M tels que :
. .
∀ x ∈]a; b[, m 6 f 0 (x) 6 M, alors :

. m(b − a) 6 f (b) − f (a) 6 M(b − a).

Remarque : Si ∀ t ∈]a; b[, | f 0 (t )| 6 M, alors | f (b) − f (a)| 6 M(b − a), et plus généralement :

∀ x, y ∈ [a; b], | f (x) − f (y)| 6 M|x − y|

En particulier, la fonction f est M-lipschitzienne.

1 ROLLE Michel (1652 – 1719) : mathématicien français.

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Étude d’une fonction Chapitre 16 : Dérivation

. THÉORÈME 16.8 (limite de la dérivée)


. .
Soit f : [a; b] → R une fonction continue sur [a; b] et dérivable sur [a; b[. Si f 0 admet une limite finie `
0
. en b , alors f est dérivable en b et f (b) = `.

Remarques :
– On a un résultat analogue pour f : [a; b] → R continue sur [a; b], dérivable sur ]a; b], avec lim f 0 (t ) =
t →a
` ∈ R.
– Si ` = ±∞, alors f n’est pas dérivable en b, mais il y a une tangente verticale.

3) Sens de variation

. THÉORÈME 16.9

Soit f : I → R une fonction continue sur l’intervalle I, et dérivable sur I privé des ses bornes (noté I,
intérieur de I), on a les résultats suivants :

– f est croissante ssi ∀ t ∈I, f 0 (t ) > 0.

. – f est décroissante ssi ∀ t ∈I, f 0 (t ) 6 0. .

0
– f est constante ssi ∀ t ∈I, f (t ) = 0.

– f est strictement croissante ssi ∀ t ∈I, f 0 (t ) > 0 et il n’existe aucun intervalle ouvert non vide inclus
dans I sur lequel f 0 est constamment nulle.

– f est strictement décroissante ssi ∀ t ∈I, f 0 (t ) 6 0 et il n’existe aucun intervalle ouvert non vide
. inclus dans I sur lequel f 0 est constamment nulle.

. Ce théorème est faux si I n’est pas intervalle.

III) Étude d’une fonction


1) Ensemble de définition, ensemble d’étude
– D f est l’ensemble des réels de l’ensemble de départ ayant une image par f .
– Si D f est symétrique par rapport à un réel a, il se peut que la courbe de f présente une symétrie :
– un axe d’équation x = a lorsque ∀ x ∈ D f , f (2a − x) = f (x).
– un centre de symétrie de coordonnées (a, b) lorsque ∀ x ∈ D f , f (2a − x) = 2b − f (x).
Dans les deux cas, on peut restreindre l’étude à D f ∩ [a; +∞[.
– S’il existe un réel T > 0 tel que : ∀ x ∈ D f , x ± T ∈ D f , f (x + T) = f (x), alors f est T-périodique. On peut
restreindre l’étude à un intervalle de longueur une période : D f ∩ [a; a + T[ (a peut être quelconque),
on complète ensuite la courbe avec les translations de vecteurs nT→ −ı , n ∈ Z.

2) Prolongements éventuels aux bords


Il se peut que f admette un prolongement par continuité aux bornes (finies) de D f . C’est un calcul de
limite, si celle-ci existe dans R, alors il y a un prolongement. Si celle-ci est infinie, alors il y a une asymptote
verticale.
S’il y a un prolongement, on étudie la fonction prolongée, ce qui change l’ensemble de définition.

3) Continuité, dérivabilité
– On cherche à appliquer les théorèmes généraux, pour cela il faut regarder comment est faite la fonc-
tion (somme, produit, composée...).

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Étude d’une fonction Chapitre 16 : Dérivation

– Il reste parfois des points où ces théorèmes ne s’appliquent pas, on étudie alors la continuité en reve-
nant à la définition (calcul de limite). S’il y a continuité, alors on étudie s’il y a dérivabilité en ce même
point, il y a plusieurs méthodes : le théorème sur la limite de la dérivée, ou la définition.

4) Sens de variation
On rappelle que le théorème qui donne le sens de variation en fonction du signe de la dérivée, n’est
valable que sur un intervalle.
– On peut parfois éviter l’étude du signe de la dérivée : sens de variation d’une somme, d’une composée,
p
d’un produit... Par exemple, les fonctions ln(u), u, e u ont le même sens de variation que u.
– Lorsqu’on ne peut pas faire autrement, on étudie le signe de la dérivée (sur un intervalle).
– Les résultats sont consignés dans le tableau des variations, où doivent figurer :
– l’ensemble d’étude,
– les valeurs particulières qui sont intervenues dans l’étude de la continuité, la dérivabilité et l’étude
du signe de la dérivée,
– le signe de la dérivée (si on est passé par là),
– les limites aux bornes de l’ensemble d’étude.

5) Étude des branches infinies


C f désigne la courbe de f dans un repère orthogonal.

– Si x 0 est un réel de D f ou une borne et si f a une limite infinie en x 0 , alors on dit que C f admet une
asymptote verticale d’équation x = x 0 .
– Si ∞ est une borne de D f , et si lim f = ` ∈ R, alors on dit que C f admet une asymptote horizontale

d’équation y = `.
f (x)
– Si ∞ est une borne de D f , et si lim f = ∞, alors on étudie le rapport :
∞ x
f (x)
– Si lim = ∞ : on dit que C f admet une branche parabolique dans la direction de l’axe Oy .
∞ x
f (x)
– Si lim = 0 : on dit que C f admet une branche parabolique dans la direction de l’axe Ox .
∞ x
f (x)
– Si n’a pas de limite en ∞, alors on ne dit rien .
x
f (x)
– Si lim = a ∈ R∗ : alors on étudie la différence f (x) − ax :
∞ x
– Si lim f (x) − ax = b ∈ R : alors on dit que C f admet une asymptote d’équation y = ax + b, ce qui

équivaut à lim f (x) − ax − b = 0. La position courbe-asymptote se détermine en étudiant le signe

de l’expression f (x) − ax − b .
– Si lim f (x)−ax = ∞ : alors on dit que C f admet une branche parabolique dans la direction y = ax

.
– Si f (x) − ax n’a pas de limite en ∞ : alors on dit que C f admet une branche infinie dans la direc-
tion asymptotique y = ax .

D ÉFINITION 16.3
. . de ∞, on dit que C et C sont asymptotes en ∞
. Si f et g sont deux fonctions définies au voisinage f g
lorsque lim f (x) − g (x) = 0.
x→∞

6) Représentation graphique
– On commence par placer : les asymptotes, les tangentes remarquables, les points particuliers (angu-
leux, de rebroussement, d’intersection avec les axes...),
– On donne ensuite l’allure de la courbe d’après le tableau de variation. Il est parfois nécessaire d’étu-
dier la position de la courbe par rapport à certaines tangentes ou asymptotes.

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Dérivées successives Chapitre 16 : Dérivation

IV) Dérivées successives


1) Classe d’une application

D ÉFINITION 16.4
.
Soit f : I → R une fonction et soit n ∈ N∗ . On dit que f est de classe C n sur I lorsque f est n fois
. .
dérivable sur I et que la dérivée n -ième de f est continue sur I. L’ensemble des fonctions de classe C n
dn f
sur I est noté C n (I, R). La dérivée n -ième de f est notée f (n) où n
. Par convention, on pose f (0) = f ,
( )0 d t
on a alors ∀ n ∈ N, f (n+1) = f (n) .
Remarques :
– C n+1 (I, R) ⊂ C n (I, R).
– Si f ∈ C n (I, R) avec n > 1, alors ∀ k ∈ [[0..n]], f (k) ∈ C n−k (I, R).

D ÉFINITION 16.5
.
. Lorsque f est de classe C n pour tout entier n , .on dit que f est de classe C ∞ , l’ensemble des ces
∩ n
fonctions est noté C ∞ (I, R), et on a donc C ∞ (I, R) = C (I, R).
n∈N

Remarques :
– ∀ n ∈ N, C ∞ (I, R) ⊂ C n (I, R).
– Dire que f est C ∞ sur I revient à dire que f est dérivable autant de fois que l’on veut (infiniment
∩ n
dérivable), autrement dit C ∞ (I, R) = D (I, R).
n∈N

2) Formule de Leibniz

. THÉORÈME 16.10 (généraux)


Si f et g sont de classe C n sur I alors :
. – f + g est de classe C n sur I et ( f + g )(n) = f (n) +
. g (n) .
– ∀λ ∈ R, λ. f est de classe C sur I et (λ. f ) = λ. f (n) .
n (n)
( )(n) ∑n
– f × g est de classe C n sur I et on a la formule (de Leibniz) : f × g = Ckn f (k) × g (n−k) .
. k=0

. THÉORÈME 16.11
. .
n
. ∀ n ∈ N ∪ {+∞}, C (I, R) est un R-espace vectoriel et un anneau.

3) Classe d’une composée

. THÉORÈME 16.12
. .
Soient f : I → R et g : J → R deux fonctions de classe C n avec Im( f ) ⊂ J, alors g ◦ f est de classe C n sur

. I. En particulier, si f et g sont C alors g ◦ f aussi.

Remarques :
– La fonction inverse g : x 7→ 1/x est C ∞ sur R∗ , si f : I → R est une fonction de classe C n qui ne
1
s’annule, alors la composée, i.e. la fonction , est de classe C n (même si n = ∞).
f

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Extension aux fonctions à valeurs complexes Chapitre 16 : Dérivation

– On retrouve donc les mêmes théorèmes généraux que pour la continuité et la dérivabilité.

4) Classe d’une réciproque

. THÉORÈME 16.13
. .
Soit f : I → J une bijection de I sur J = Im( f ), de classe C n avec n ∈ N∗ ∪ {∞}. Si f 0 ne s’annule pas sur
−1 n
. I, alors la bijection réciproque f est de classe C sur J (i.e. de même classe que f ).

X Exemple(s):
(i) Les fonctions arcsin et arccos sont de classe C ∞ sur ] − 1; 1[.
(ii) La fonction arctan est de classe C ∞ sur R.

V) Extension aux fonctions à valeurs complexes


1) Définition
Celle-ci a déjà été donnée dans le chapitre sur les équations différentielles, rappelons la cependant :

D ÉFINITION 16.6
.
. Soit f : I → C une fonction, soit u = Re( f ) et v = Im(
. f ), on dira que f est dérivable en t 0 ∈ I lorsque u
et v sont dérivables en t 0 . Si tel est le cas, on pose f 0 (t 0 ) = u 0 (t 0 ) + i v 0 (t 0 ). On a alors Re( f 0 ) = Re( f )0 et
Im( f 0 ) = Im( f )0 . L’ensemble des fonctions dérivables sur I est noté D(I, C).

2) Propriétés

. THÉORÈME 16.14 (caractérisation)


. . f (t ) − f (t 0 )
La fonction f : I → C est dérivable en t 0 ∈ I ssi la fonction t 7→ définie sur I \ {t 0 } admet
t − t0
0
. une limite finie (dans C) en t 0 . Si celle-ci existe, elle est égale à f (t 0 ).

Comme dans la définition on se ramène aux fonctions à valeurs réelles, on peut déduire les propriétés
des fonctions dérivables à valeurs complexes :
– On retrouve les mêmes théorèmes généraux, à savoir :
– Toute fonction f : I → C dérivable est continue (réciproque fausse).
– Si f , g : I → C sont dérivables, alors f + g , f × g et λ f (λ ∈ C) sont dérivables avec les formules :
( f + g )0 = f 0 + g 0 , ( f × g )0 = f 0 × g + f × g 0 , (λ f )0 = λ f 0 .
1 g0
– Si g : I → C est dérivable et ne s’annule pas, alors 1/g est dérivable sur I et ( )0 = − 2 . On en déduit
( )0 g g
f f 0 ×g − f ×g0
que si f est également dérivable sur I alors = .
g g2
– Si f : I → R et g : J → C sont dérivables avec Im( f ) ⊂ J, alors g ◦ f est dérivable sur I et (g ◦ f )0 =
f 0 ×g0 ◦ f .
– Cependant, le théorème de Rolle n’est plus valable. Par conséquent l’égalité des accroissements finis
n’est plus valable non plus, mais on conserve les inégalités.

. THÉORÈME 16.15 (inégalité des accroissements finis généralisée)


. Si f : I → C est continue sur [a; b], dérivable sur. ]a; b[, si g : [a; b] → R est une continue sur [a; b] et
0 0
. dérivable sur ]a; b[,et si ∀ t ∈]a; b[, | f (t )| 6 g (t ), alors : | f (b) − f (a)| 6 |g (b) − g (a)|.

Remarque :

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Exercices Chapitre 16 : Dérivation

– Si ∀ t ∈]a; b[, | f 0 (t )| 6 M, alors en prenant la fonction g (t ) = Mt , et en appliquant le théorème ci-


dessus, on obtient :
| f (b) − f (a)| 6 M|b − a|.
– Sous les mêmes hypothèses du théorème, on a ∀x, y ∈ [a; b], | f (x) − f (y)| 6 |g (x) − g (y)|.

3) Classe d’une fonction


On donne la même définition avec les mêmes notations que pour les fonctions à valeurs réelles, à savoir :
f : I → C est de classe C n ssi f est n fois dérivable et f (n) est continue sur I, ce qui revient à dire que les
parties réelle et imaginaire de f sont de classe C n . L’ensemble des fonctions de classe C n sur I est noté
∩ n
C n (I, C), et on pose C ∞ (I, C) = C (I, C) : ensemble des fonctions de classe C ∞ .
n∈N
On retrouve les mêmes théorèmes généraux : C n (I, C) est une C-algèbre (n ∈ N ∪ {∞}). La formule de
Leibniz reste valable, et la composée de deux fonctions de classe C n est également de classe C n .

VI) Exercices
F Exercice 16.1
x f (a) − a f (x)
Soit f une fonction dérivable en a, calculer : lim .
x→a x −a

F Exercice 16.2
On considère la fonction f (x) = x n (1− x)n sur [0; 1] ; Montrer que la dérivée n-ième de f s’annule au
moins n fois dans ]0; 1[.

F Exercice 16.3
Soit f une fonction continue sur [a; b] et n fois dérivable sur ]a; b[, on suppose que f s’annule en n
points : x 1 , . . . , x n (n > 1). Montrer que ∀ x ∈ [a; b], ∃ c x ∈]a; b[ tel que :

(x − x 1 ) · · · (x − x n ) (n)
f (x) = f (c x ).
n!

F Exercice 16.4
Soit f une fonction de classe C 2 sur [a; b].
a) Montrer que ∀ x ∈ [a; b], ∃ c x ∈]a; b[ tel que :

f (b) − f (a) (x − a)(x − b) 00


f (x) − f (a) − (x − a) = f (c x ).
b−a 2

Donner une interprétation graphique lorsque f 00 > 0.


b) Soit g une autre fonction de classe C 2 sur [a; b] et telle que f (a) = g (a), g (b) = f (b). On sup-
pose en outre que ∀ x ∈ [a; b], f 00 (x) 6 g 00 (x), montrer que ∀ x ∈ [a; b], g (x) 6 f (x).

F Exercice 16.5
Soit f une fonction de classe C 1 sur [a; b] et deux fois dérivable sur ]a; b[.
a) On suppose que f 00 > 0 sur ]a; b[. Montrer qu’en tout point de [a; b] la courbe de f est au-
dessus de la tangente (on dit que f est convexe).
b) Réciproquement, montrer que si en tout point de [a; b] la courbe de f est au-dessus de la
tangente, alors f 00 > 0 (on cherchera à montrer que f 0 est croissante).

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Exercices Chapitre 16 : Dérivation

F Exercice 16.6
Théorème de Rolle à l’infini :
a) Soit f : [a; +∞[→ R une fonction continue, dérivable sur ]a; +∞[ telle que f (a) = lim f (x).
x→+∞
Montrer qu’il existe c > a tel que f 0 (c) = 0.
b) Si f est dérivable sur R avec lim f = lim f , montrer qu’il existe c ∈ R tel que f 0 (c) = 0.
−∞ +∞

F Exercice 16.7
Soit f une fonction n fois dérivable sur un intervalle I, calculer la dérivée n-ième de la fonction
g n (x) = x n−1 f (1/x). Appliquer le résultat aux fonctions : f (x) = exp(x) et f (x) = ln(1 + x).

F Exercice 16.8

 exp(−1/x 2 ) si x 6= 0
a) Montrer que la fonction f définie par : f (x) = est de classe C ∞ sur

0 si x = 0
R.
p
b) Calculer la dérivée n-ième de la fonction f (x) = sin(x) exp(x 3).
2x
c) Calculer la dérivée n-ième sur R \ {±1} de la fonction f (x) = .
1 − x2

n ( )2
d) Soit f (x) = (x 2 − 1)n , en calculant f (n) (0) de deux façons, simplifier (−1)k Ckn .
k=0

F Exercice 16.9
Théorème de Darboux :
a) Soit f une fonction continue et dérivable sur I, on suppose qu’il existe a, b ∈ I tels que
f 0 (a) f 0 (b) < 0. Montrer que f n’est pas injective, en déduire que f 0 s’annule.
b) Soit f une fonction continue et dérivable sur I, soient α, β ∈ Im( f 0 ) avec α < β, montrer que
pour tout réel γ ∈]α; β[ il existe un réel c ∈ I tel que f 0 (c) = γ. Énoncer le théorème ainsi dé-
montré.

F Exercice 16.10
a) Déterminer les fonctions f dérivables en 0 et telles que : ∀ x ∈ R, f (2x) = 2 f (x).
b) Déterminer toutes les fonctions f : [0; 1] → [0; 1] dérivables et telles que f ◦ f = f .

F Exercice 16.11
À l’aide des accroissements finis, étudier la nature des deux suites :

∑n 1 ∑n 1
un = et v n = .
k=1 k k=2 k ln(k)

On donnera un équivalent.

F Exercice 16.12
¯ ¯
¯ 1 ¯¯x
¯
Étudier les fonctions : f (x) = ¯1 + ¯ g (x) = (1 + tan(x))sin(x) h(x) = |x ln(|x|)|.
x

F Exercice 16.13
∫y
Montrer que ∀ x ∈ R, ∃! y ∈ R, exp(t 2 ) d t = 1. On pose y = f (x). Faire l’étude complète de la fonc-
x
tion f , montrer que C f présente un axe de symétrie.

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