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4-090-B-05

Encyclopédie Médico-Chirurgicale 4-090-B-05

Neuro-imagerie.
Indications et principaux résultats
C Adamsbaum
H Antoun
G Lalande
Résumé. – Cet article décrit les indications des différentes méthodes d’exploration en neuro-imagerie
G Kalifa
quotidienne. Bien que l’examen le plus performant soit l’imagerie par résonance magnétique (IRM), il persiste
des indications de tomodensitométrie (urgences notamment traumatiques, détection de calcifications).
L’échographie transfontanellaire (ETF) reste l’examen de première intention chez le prématuré.
À l’étage médullaire, l’IRM est l’examen de choix pour l’exploration de la moelle épinière, parfois complétée
d’un scanner qui permet l’étude du rachis.
Cet article n’aborde pas les méthodes fonctionnelles ou quantitatives (IRM fonctionnelle, spectroscopie).
© 2003 Editions Scientifiques et Médicales Elsevier SAS. Tous droits réservés.

Mots-clés : ETF pédiatrique, IRM pédiatrique, tomodensitométrie pédiatrique, neuro-imagerie pédiatrique.

Introduction – son innocuité : cet examen n’est jamais v e n t r i c u l a i r e ( fi g 3 ) . L a d i l a t a t i o n


effectué sous sédation ; ventriculaire, très fréquente, surveillée par
La neuro-imagerie anatomique est – sa simplicité, avec accessibilité au lit du le p é r im è t re c r â n ie n e t l’ E T F, p e u t
actuellement dominée par l’imagerie par malade notamment en réanimation ; s’accentuer et évoluer vers une
résonance magnétique (IRM). Cette hydrocéphalie.
technique reste globalement d’accès difficile – son faible coût.
Les lésions parenchymateuses sont le plus
et représente un examen lourd chez les Les examens peuvent être répétés, ce qui est souvent unilatérales, au contact d’un
enfants non coopérants, avant 4 ou 5 ans, bien adapté au nouveau-né, en particulier ventricule latéral, et doivent être distinguées
une tranche d’âge dans laquelle une au prématuré. L’ETF est limitée par la taille
des lésions de leucomalacie périventriculaire
sédation est le plus souvent nécessaire. de la fontanelle et, en pratique, l’examen est
(LPV) décrites ci-après.
Il est donc indispensable de bien en possible jusque vers 4 à 6 mois.
connaître les indications, notamment par Il s’agit de l’examen de référence et de
rapport à celles de l’échographie première intention chez le prématuré : en ¶ Leucomalacie périventriculaire
transfontanellaire (ETF) et du scanner. effet, outre la simplicité et l’innocuité de du prématuré
Les radiographies du crâne ne sont l’ETF, la pathologie du prématuré est
La LPV est une nécrose ischémique de la
quasiment plus utilisées en dehors de essentiellement ventriculaire ou
l’étude strictement osseuse : craniosténose, périventriculaire, et se prête donc très bien à substance blanche périventriculaire ; elle est
recherche de maladie osseuse la voie d’abord transfontanellaire (fig 1). très spécifique du prématuré, et touche
constitutionnelle. exceptionnellement le nouveau-né à terme.
L’atteinte est fréquemment bilatérale
Les principales indications, limites et contre- ¶ Lésions hémorragiques
antérieure et/ou postérieure.
indications des différentes techniques sont du prématuré
résumées dans le tableau I. Leur fréquence et leur gravité incitent à
L’hémorragie sous-épendymaire se traduit par pratiquer un diagnostic échographique de
une image hyperéchogène arrondie, située ces lésions chez tout prématuré en
Encéphale [3, 7] au niveau de la tête du noyau caudé, dans réanimation.
la matrice germinale, en avant du trou de
Monro. Elle bombe sous la cavité Initialement, les lésions sont hyperécho-
ÉCHOGRAPHIE ventriculaire, en frontal et en sagittal (fig 2). gènes, parfois difficiles à reconnaître chez le
[2, 6, 15]
TRANSFONTANELLAIRE L’hémorragie évolue progressivement vers prématuré dont la substance blanche a
L’ETF présente trois avantages majeurs : la lyse, donnant un aspect en « cocarde », spontanément un haut degré d’échogénicité :
qui disparaît en quelques semaines. Le la LPV est évoquée si l’échogénicité est
pronostic de l’hémorragie sous- asymétrique au niveau des deux
épendymaire isolée est bon, vers la guérison hémisphères, et si l’on retrouve un aspect
Catherine Adamsbaum : Professeur des Universités, praticien sans séquelle. plus hétérogène avec présence de petites
hospitalier.
Guy Lalande : Attaché. L’hémorragie intraventriculaire est secondaire lésions hémorragiques associées. Surtout,
Gabriel Kalifa : Professeur des Universités, praticien hospitalier. apparaissent petit à petit des petites cavités
Service de radiopédiatrie, hôpital St Vincent de Paul, 82, avenue le plus souvent à la rupture intraventricu-
Denfert-Rochereau, 75674 Paris cedex 14, France. laire d’une hémorragie sous-épendymaire. au sein de ces foyers leucomalaciques (fig 4).
Hanane Antoun : Praticien hospitalier.
Service de radiologie, centre hospitalier Louise Michel, 91000 Evry,
On observe l’échogénicité des caillots accolés Le délai de survenue varie de 2 à
France. au plexus, occupant en partie la lumière 3 semaines. Ces cavités disparaissent ensuite

Toute référence à cet article doit porter la mention : Adamsbaum C, Antoun H, Lalande G et Kalifa G. Neuro-imagerie. Indications et principaux résultats. Encycl Méd Chir (Editions Scientifiques et Médicales Elsevier SAS, Paris, tous
droits réservés), Pédiatrie, 4-090-B-05, 2003, 17 p.
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Tableau I. – Récapitulatif des différentes techniques de neuro-imagerie.


Douleurs Coûts et durée
Technique Principes Risques Contre-indications Accessibilité Points faibles Indications
et pénibilité de l’examen

Radiographie Rayons X Irradiation Grossesse (relatif) Facile Faible ou nulle 30 à 50 i En recul Inutile Étude de la voûte :
Quelques minutes pour le contenu craniosténose, Sil-
verman (fracture),
maladies osseuses
constitutionnelles

Échographie Ultrasons Facile Nulle 50 i Air Cerveau du


10-15 minutes Corticales osseuses prématuré+++
(nécessite une fon- Moelle épinière
tanelle ouverte) chez le nouveau-né

TDM Rayons X Irradiation Grossesse (relatif) Moyenne Faible (injection IV) 150 i Toujours inférieure Traumatisme (air,
Contraste IV Sédation parfois 15-20 minutes à l’IRM sauf fracture ou
(allergie, insuffi- nécessaire urgences (accès embarrure)
sance rénale) plus facile) et Encéphale
recherche de calcifi-
cations

IRM Propriétés électro- Matériel ferroma- Difficile Sédation si enfant 500 i Traumatisme (air, Encéphale.
magnétiques des gnétique mobili- non coopérant 20-30 minutes fracture). Moelle épinière
protons sable (intraocu- Calcifications
laire), pacemaker,
clips... Claustro-
phobie (relatif)

TDM : tomodensitométrie ; IRM : imagerie par résonance magnétique ; IV : intraveineux.

1 Voie d’abord transfonta-


nellaire.

*
A

*
B
3 Hémorragie intraventriculaire bilatérale grade III.
A. Coupe coronale : dilatation ventriculaire avec
gros plexus choroïdes.
B. Coupe sagittale paramédiane : plexus choroïde
hypertrophié, hétérogène au sein du ventricule laté-
ral, dilaté.
*
A *
B
Le scanner n’a quasiment aucune place dans
2 Hémorragie sous-épendymaire bilatérale. la pathologie du prématuré.
A. Coupe coronale : images hyperéchogènes arrondies situées en avant du trou de Monro et saillant dans les cor-
nes frontales des ventricules latéraux.
L’IRM peut intervenir secondairement à
B. Coupe sagittale : zone hyperéchogène ovalaire dans le sillon thalamocaudé, discrètement hétérogène avec début deux niveaux :
de cavitation. – soit au début, en cas de lésion atypique en
échographie : lésion hyperéchogène non
spontanément, mais la nécrose parenchyma- niveau du carrefour ventriculaire, associé à cavitaire, lésion asymétrique, ou lésion
teuse est définitive, et il persiste un aspect une perte de volume du parenchyme sous-corticale ;
irrégulier, festonné, souvent visible au cérébral. – soit à distance, au stade de séquelles.

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Pédiatrie Neuro-imagerie. Indications et principaux résultats 4-090-B-05

4 Leucomalacie périventriculaire (LPV).


A. Coupe postérieure : hyperéchogénicité
en « motte », hétérogène, asymétrique de
la substance blanche périventriculaire.
B. Coupes parasagittales, latérale et pas-
sant par le ventricule latéral : lésions évo-
luées de LPV avec cavitation majeure de la
substance blanche périventriculaire.

*
A *
B

¶ Embryofœtopathies Schématiquement, l’échographie peut


facilement détecter les malformations de la
Actuellement, l’infection à cytomégalovirus
(CMV) prédomine (du fait de la prévention ligne médiane, mais il est beaucoup plus
de la toxoplasmose). L’échographie permet difficile de détecter des anomalies corticales,
de détecter : sauf quand elles sont majeures.

– des calcifications intraparenchymateuses L’agénésie calleuse peut être totale ou


sous la forme d’échos très marqués avec ou partielle ; il existe une ascension du
sans cône d’ombre, de topographie IIIe ventricule au contact de la scissure
périventriculaire ; interhémisphérique, un écartement anormal
des ventricules latéraux. Les cornes
– des kystes sous-épendymaires dans le
occipitales sont souvent dilatées, alors que
sillon thalamocaudé, témoins d’une
l e s c o r n e s f r o n t a l e s s o n t e ffi l é e s
germinolyse, non spécifique, sans valeur
(colpocéphalie) et les sillons médians
pathologique à elle seule (fig 6B) ;
p r é s e n t e n t u n e d i s p o s i t i o n r a d i a i re
– des images en « candélabre » au niveau caractéristique (fig 7).
5 Encéphalomalacie multikystique. Coupe coronale des noyaux gris centraux, suggérant une
artérite inflammatoire, également non L’absence de septum, dans le cadre d’une
postérieure : le parenchyme cérébral est remplacé par des
cavités liquidiennes cloisonnées. spécifique, sans aucune valeur pronostique agénésie septale ou d’une holopro-
(fig 6B). sencéphalie, peut facilement être détectée en
Chez le nouveau-né à terme, les lésions L’échographie permet ainsi d’évoquer la échographie (fig 8).
hémorragiques sont rares. contamination cérébrale, mais l’IRM est L’anévrysme de l’ampoule de Galien, rare,
Les lésions ischémiques sont souvent indispensable pour un bilan exhaustif des est bien démontré par une ETF avec doppler.
périphériques, corticales et sous-corticales, lésions.
de type accident vasculaire systématisé ; ¶ Macrocranie
l’échographie est moins contributive, sauf si ¶ Infections bactériennes
le territoire atteint est proche de la fontanelle Elles peuvent aussi bénéficier d’échogra- L’échographie est utile dans le bilan d’une
(cortex parasagittal, par exemple). phies qui peuvent montrer des collections macrocranie : elle permet de vérifier le
Un scanner ou surtout une IRM sont sous-durales, des ventriculites avec des volume des ventricules et l’existence ou non
indiqués. échos anormaux dans la lumière d’une dilatation des espaces
À tout âge, l’échographie transfontanellaire ventriculaire. Les ventricules sont dilatés et sous-arachnoïdiens.
peut mettre en évidence d’autres lésions. leur paroi est épaissie. Des abcès peuvent
survenir.
¶ Encéphalomalacie multikystique SCANNER [3, 7]

Il s’agit de lésions d’ischémie cérébrale très


¶ Malformations cérébrales Le scanner a pour inconvénient d’être une
destructrices, de très sombre pronostic, L’échographie peut constituer un examen de technique irradiante ; il s’agit cependant
survenant à la période prénatale tardive. Les débrouillage ; l’IRM est de toute façon d’une technique plus rapide de réalisation,
hémisphères sont détruits et font place à des indiquée pour faire le bilan complet de la plus aisément accessible et moins coûteuse
cavités liquidiennes (fig 5). malformation. que l’IRM.

6 Embryofœtopathie.
A. Coupe sagittale passant par les noyaux gris centraux :
images hyperéchogènes et linéaires en « candélabre », tha-
lamiques, caractéristiques de l’artérite thalamostriée, non
spécifique, sans valeur pronostique.
B. Coupe sagittale : image kystique dans le sillon thalamo-
caudé correspondant à une zone de germinolyse.

*
A
*
B

3
4-090-B-05 Neuro-imagerie. Indications et principaux résultats Pédiatrie

limiter le nombre de sédations chez l’enfant.


Bien que le rapport coût/efficacité soit bon,
l’examen de choix dans l’exploration de
l’encéphale est actuellement l’IRM.

IMAGERIE PAR RÉSONANCE


MAGNÉTIQUE [3]
Cette technique non irradiante permet
d’obtenir une résolution anatomique
actuellement inégalable. Les coupes dans les
trois plans de l’espace et les reconstructions
permettent d’explorer l’ensemble de
l’encéphale, et la distinction entre substance
*
A *
B grise et substance blanche est très nette.
Certes, elle connaît quelques contre-
7 Agénésie du corps calleux. indications : la présence de corps étrangers
A. Coupe sagittale médiane : le corps calleux n’est pas visible, les sillons corticaux internes ont une disposition métalliques, d’un pacemaker cardiaque, mais
radiaire.
ces phénomènes sont rares chez l’enfant.
B. Coupe coronale : ascension du V3 et écartement des cornes frontales.
Chez l’enfant, l’injection de produit
paramagnétique est rarement nécessaire ;
polytraumatisé, la détection de fractures et
elle est surtout utilisée pour apprécier les
de pneumencéphalie, non visibles en IRM
limites d’un processus tumoral.
(du fait de l’absence de proton et donc de
signal de résonance). Le temps d’examen est un peu plus long
que pour le scanner, et justifie donc une
Le scanner reste un excellent examen de sédation chez les enfants non coopérants.
p re m i è re i n t e n t i o n d a n s l ’ é t u d e d e L’examen IRM est basé sur l’acquisition de
l’encéphale. Il permet de déceler la plupart séquences (pondérées en T1, T2, diffusion,
des lésions qui justifient une orientation FLAIR…) offrant un contraste différent,
neurochirurgicale. L’injection intraveineuse schématiquement, selon la composition en
de produit iodé est de plus en plus rarement eau et graisse des tissus. Ainsi, la myéline
pratiquée du fait du développement de mature offre un contraste de type graisseux ;
l’IRM. Actuellement, le rehaussement en revanche, l’enfant, avant 2 ans, et surtout
vasculaire est recherché dans la mesure du avant 6 mois, a une myélinisation pauvre et
possible en IRM, par une injection le comportement de la substance blanche
intraveineuse de produit paramagnétique, est plus proche de celui des structures
beaucoup moins allergisant que les produits aqueuses.
8 Holoprosencéphalie lobaire. Coupe coronale : aspect
de ventricule unique avec thalamus fusionné et scissure iodés.
L’angio-IRM, basée sur les propriétés
interhémisphérique absente. Les limites du scanner tiennent à la électromagnétiques des protons
mauvaise discrimination entre densités intravasculaires mobiles (sans aucune
Il reste actuellement supérieur à l’IRM : voisines, notamment dans la pathologie de injection de produit de contraste), a
la substance blanche. Il est gêné par les considérablement réduit les indications de
– pour la recherche de calcifications artefacts d’origine osseuse, notamment au l’artériographie qui avaient déjà nettement
(sclérose tubéreuse de Bourneville, par niveau de la base du crâne, de la fosse diminué (cf fig 29).
exemple) (cf fig 18, 19, 24) ; postérieure et des fosses temporales. Des méthodes fonctionnelles, telles que la
– pour la traumatologie d’urgence : il Les machines actuelles permettent des spectroscopie in vivo par résonance
permet une meilleure surveillance d’un explorations très courtes, et autorisent à magnétique et l’IRM fonctionnelle, sont en

*
A *
B *
C

9 Anomalie de fermeture : méningocèle. Coupes sagittale T1 (A) et axiale T2 (B), coupe tomodensitométrique (C) : formation arrondie occipitale haute médiane, extracérébrale,
bien limitée, de signal liquidien, attirant la tente du cervelet.

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Pédiatrie Neuro-imagerie. Indications et principaux résultats 4-090-B-05

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10 Agénésie complète du corps calleux.


A. Coupes sagittale, coronale et axiale médianes T1 : corps calleux absent, disposition radiaire des sillons. Écartement des cor-
nes frontales et ascension du V3. Aspect parallélisé et dilaté des carrefours ventriculaires (colpocéphalie), signe indirect de l’agé-
nésie calleuse.
B. Coupes sagittale, coronale et axiale T1, chez un autre enfant : agénésie du corps calleux associée à un kyste interhémisphéri-
que antérieur.

"
B3

plein essor notamment dans l’exploration d’une anomalie de fermeture du tube parallèles et souvent dilatés en arrière), mais
des fonctions supérieures et dans les bilans neural : encéphalocèle ou méningocèle l’IRM montre très bien les signes directs sur
préopératoires. (fig 9). la coupe médiane (fig 10). Elle détecte
Les indications de l’IRM encéphalique sont Le scanner peut être utile en complément, surtout les malformations associées qui
actuellement très larges. Sa seule limite est pour apprécier le defect osseux, avant la participent à la gravité pronostique.
la détection de calcifications (qui peut chirurgie. L’agénésie septale est très bien vue en IRM
justifier un scanner sans injection de produit avec présence d’un ventricule unique. Il est
Anomalies de la ligne médiane
de contraste, secondairement). important de rechercher les anomalies
L’agénésie du corps calleux (agénésie associées de la région hypothalamohypo-
¶ Malformations cérébrales [3, 8, 13] commissurale) est une des malformations les
physaire avec tige pituitaire absente ou
plus fréquentes. Complète ou partielle, elle
Un grand nombre de ces malformations interrompue, posthypophyse (hypersignal
peut associer d’autres malformations
cérébrales peut être détecté sur une IRM caractéristique) absente ou ectopique (fig 11),
(anomalies cérébelleuses, hétérotopies de la
prénatale effectuée in utero ; l’évaluation du substance grise, anomalies oculaires…) que et surtout pont interhémisphérique anormal
pronostic devient donc cruciale dans ce l’IRM peut détecter. témoignant d’une holoprosencéphalie (fig 8).
contexte. Le tableau clinique est très varié, allant de
rares formes totalement asymptomatiques à Anomalies du cortex cérébral [3]
Anomalies de fermeture [3]
une présentation très sévère. Elles ont particulièrement bénéficié de
Toute tuméfaction médiane chez l’enfant, En scanner, on peut évoquer le diagnostic l’avènement de l’IRM. Elles se révèlent le
située au niveau du cuir chevelu, doit s u r l e s s i g n e s i n d i re c t s c l a s s i q u e s plus souvent par un retard psychomoteur,
bénéficier d’une IRM, dans l’hypothèse (écartement des ventricules latéraux ; associé à des crises convulsives.

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4-090-B-05 Neuro-imagerie. Indications et principaux résultats Pédiatrie

fleur », mais non épaissi. L’atteinte peut


être diffuse ou localisée ; les lésions sont
souvent associées à des fentes
(schizencéphalies) d’épaisseur variable, qui
peuvent joindre la corticalité jusqu’à la
lumière ventriculaire. La fente est bordée
par de la substance grise ;

– les hémimégalencéphalies et les dysplasies


corticales focales.
Dans les hémimégalencéphalies, un
hémisphère cérébral est augmenté de taille
comme son ventricule homolatéral.
L’architecture est bouleversée, le ruban
cortical est épaissi, irrégulier, et la substance
*
A *
B blanche est le siège d’anomalies de signal
11 Dysplasie septo-optique et anomalies hypophysaires.
(fig 13).
A. Coupe coronale antérieure T1 : aspect de ventricule unique et septum absent. Les dysplasies corticales sont donc des
B. Coupe sagittale médiane T1 : orientation très horizontale du trigone, signe indirect d’agénésie septale. Chiasma formes localisées, avec irrégularités du
très fin, tige pituitaire interrompue avec posthypophyse ectopique (son hypersignal est en situation haute en ar- cortex et anomalies fréquentes du signal de
rière du chiasma), et antéhypophyse de petite taille.
la substance blanche en regard.
On peut distinguer : sylviennes sont souvent ouvertes et les Certaines dysplasies corticales sont très
ventricules sont élargis, la substance blanche d iffi c i l e s à d i s t i n g u e r d e s t u m e u r s
– les lissencéphalies (origine génétique, liées astrocytaires.
est réduite (fig 12). On en rapproche les
à l’X ou Lis 1) où le cortex est épaissi, les
hétérotopies laminaires ; Les hétérotopies de substance grise
sillons corticaux sont peu marqués, la limite
avec la substance blanche a perdu ses – les polymicrogyries où le cortex est nodulaires sous-épendymaires peuvent être
indentations habituelles, les vallées irrégulier, découpé, parfois en « chou- bien tolérées cliniquement.

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12 Lissencéphalie.
A. Coupe tomodensitométrique : cortex épaissi, sillons corticaux peu visibles et B. Coupes d’imagerie par résonance magnétique axiale et sagittale T1 : on retrouve le
substance blanche sans indentation habituelle dans le cortex. Vallées sylviennes même aspect de cortex épaissi mal giré. La différenciation blanc/gris est bien visible.
mal orientées, larges, entourées de cortex anormal.

13 Hémimégalencéphalie chez un nourrisson. Coupe coronale T2 : augmentation de vo-


lume de l’hémisphère gauche et du ventricule latéral gauche, avec ruban cortical épaissi et
anomalies de signal de la substance blanche (myélinisation pauvre à droite du fait du jeune
âge de l’enfant).

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Pédiatrie Neuro-imagerie. Indications et principaux résultats 4-090-B-05

*
C

14 Malformation de Chiari I et cavité hydro-


syringomyélique cervicale : descente des amyg-
dales cérébelleuses dans le trou occipital, asso-
ciée à une cavité hydrosyringomyélique.
A. Coupe sagittale.
B. Coupe coronale.
C. Coupe axiale T1.

*
A *
B

Kystes arachnoïdiens 15 Dandy-Walker. Coupe sagittale T1 : élargis-


sement de la fosse postérieure avec dilatation kys-
Malformations fréquentes, ils sont le plus
tique du V4 et agénésie vermienne partielle.
souvent asymptomatiques ou révélés par
des crises convulsives. Certains kystes
peuvent être soufflants et donner un
amincissement de la voûte en regard. Les
kystes suprasellaires se révèlent par une
hydrocéphalie et des signes endocriniens,
ceux de la fosse postérieure peuvent être à
l’origine d’une hydrocéphalie.
Ces kystes sont à distinguer des cavités
porencéphaliques secondaires à des
accidents ischémiques, avec destruction du
parenchyme cérébral.

Malformations de la fosse postérieure [1]


On distingue les anomalies de Chiari qui
sont en fait des anomalies de fermeture, les
malformations kystiques et les anomalies
non kystiques du cervelet.

• Anomalies de Chiari grossesse possibles en France, la fréquence cérébral. Il faut aussi apprécier la dilatation
des malformations de Chiari de type 2 a ventriculaire sus-jacente et les anomalies
La malformation de Chiari type 1 se traduit considérablement diminué. sustentorielles associées.
par une position basse des amygdales Les anomalies de Chiari peuvent être Les simples poches arachnoïdiennes
cérébelleuses qui dépassent de plus de 5 mm associées, au-dessus, à une hydrocéphalie et, rétrocérébelleuses (poches dites de Blake)
la ligne du trou occipital. Le IVe ventricule, en aval, à une syringomyélie cervicale ou consistent en une simple expansion de
le vermis et la jonction bulbomédullaire sont plus étendue (fig 14), ce qui justifie l’espace liquidien rétrocérébelleux ; le vermis
le plus souvent en place. La grande citerne l’exploration exhaustive de l’ensemble du est intact, parfois un peu comprimé.
est très réduite, traduisant l’inadéquation cordon médullaire.
contenant/contenu. La jonction cranio-
occipitale peut être malformée, avec • Malformations cérébelleuses sans poche
• Malformations kystiques kystique (fig 16)
impressions basilaires, occipitalisation de
l’atlas, anomalies de Klippel-Feil : ces Ce groupe comprend l’anomalie de Dandy- Ces malformations, tout aussi importantes
anomalies osseuses sont mieux étudiées sur Walker, le Dandy-Walker « variant », ainsi que les précédentes en termes de pronostic
des radiographies et surtout en que les poches kystiques rétrocérébelleuses. neurologique, sont surtout connues depuis
tomodensitométrie. Le complexe de Dandy-Walker associe une la généralisation de l’IRM, car l’attention
La malformation de Chiari type 2 comporte dilatation kystique du IVe ventricule, une n’est pas d’emblée attirée vers la fosse
une ectopie du bulbe, du V4 et du cervelet, agénésie partielle ou complète du vermis, et postérieure du fait de l’absence de kyste.
associée à une myéloméningocèle. Le un élargissement de la fosse postérieure Il peut s’agir d’agénésie plus souvent
diagnostic prénatal de cette malformation est (fig 15). partielle que complète du vermis
actuellement possible en échographie ; ainsi, L’élément important est de déterminer le cérébelleux, mais également de dysplasie du
du fait des interruptions médicales de degré d’atteinte du cervelet et du tronc vermis ou des hémisphères.

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4-090-B-05 Neuro-imagerie. Indications et principaux résultats Pédiatrie

*
B *
C

*
A

16 Agénésie vermienne partielle. B. Coupe coronale, signe de la « fesse » avec adossement des deux hémisphères cérébel-
A. Coupe sagittale médiane : aspect non reconnaissable du vermis, hémisphères cé- leux.
rébelleux occupant l’espace médian (volume partiel). C. Coupe axiale : signe de « l’ombrelle » avec déformation de la paroi postérieure du V4.

17 Neurofibromatose (NF1).
A. Coupe sagittale médiane :
processus tumoral suprasel-
laire centré sur le chiasma
(gliome).
B. Coupe axiale T2 : multi-
ples hypersignaux nodulai-
res, sans effet de masse, si-
tués dans les noyaux gris
centraux, correspondant à
des lésions hamartomateuses
(objet brillant non identifié :
OBNI).

*
A

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Le diagnostic différentiel concerne surtout abandonnés de façon consensuelle [4, 5, 11, 14, comme critères diagnostiques d’appoint de
les maladies acquises du cervelet : atrophie , la seule restriction est l’IRM cérébrale
17]
la NF1, surtout chez les petits enfants où le
cérébelleuse portant à la fois sur le vermis et proposée au moment du diagnostic, surtout diagnostic peut être difficile [12].
sur les hémisphères. chez les enfants ne pouvant bénéficier d’un Enfin, il faut signaler l’existence des lésions
examen ophtalmologique complet du fait de artérielles de type anévrismes dans la NF
¶ Syndromes neurocutanés leur jeune âge. La lésion peut s’étendre sur (dysplasie vasculaire).
et phacomatoses [3, 13] tout ou une partie des voies optiques, des
nerfs optiques au chiasma. Elle est très bien Sclérose tubéreuse de Bourneville [5]
Neurofibromatose de type 1 (NF1) [11, 12, 14, 17] vue en IRM dans les trois plans de l’espace.
Transmise sur le mode dominant, mais
C’est la phacomatose la plus fréquente chez Certains de ces gliomes seront l’objet d’une résultant dans plus de 60 % des cas de
l’enfant. L’anomalie siège sur le simple surveillance régulière sans autre mutations récentes, la maladie se traduit par
chromosome 17 avec une transmission geste thérapeutique. des signes cutanés (taches achromiques,
dominante. Le diagnostic repose sur la Parmi les autres tumeurs, il faut citer celles adénomes sébacés, fibromes sous-cutanés,
présence de taches cutanées et de nodules du tronc cérébral, les rares tumeurs taches « peau de chagrin »). Les signes
i r i d i e n s d e L i s c h e t s u r l e s a u t re s hémisphériques ; les méningiomes et les neurologiques comprennent convulsions et
localisations de la maladie, tumorales ou neurinomes de la VIIIe paire crânienne se retard psychomoteur variable.
dysplasiques. Le sphénoïde est l’os le plus voient davantage dans la NF2.. TDM et IRM sont complémentaires et non
souvent atteint, déformé, agrandi. Les IRM, notamment dans les séquences concurrentielles dans cette affection, mais
Parmi les tumeurs, le gliome des voies longues, montrent de manière quasi l’IRM demeure l’examen de choix, même si
optiques est le plus fréquent, observé chez constante, dans les NF1 de l’enfant, des le scanner peut montrer des calcifications.
15 à 20 % des enfants atteints de NF1. Le images d’hypersignal de la substance On y retrouve les nodules sous-
diagnostic se fait dans la première décennie, blanche, appelées objets brillants non épendymaires, plus ou moins calcifiés, les
en général avant 7 ans. Dans les deux tiers identifiés (OBNI), qui apparaissent vers tubers correspondant à des dysplasies
des cas, la lésion est asymptomatique et 2-3 ans et qui disparaissent progressivement corticales et sous-corticales, hypodenses au
découverte lors du bilan systématique. En avec l’âge. Elles siègent volontiers au niveau scanner et en hypersignal T2 en IRM (fig 18).
effet, bien que les examens complémentaires des noyaux gris centraux sus- et sous- Dans de rares cas, ces lésions sous-
systématiques soient actuellement tentoriels (fig 17). Ces OBNI sont proposés épendymaires peuvent se transformer en

8
Pédiatrie Neuro-imagerie. Indications et principaux résultats 4-090-B-05

18 Sclérose tubéreuse de Bourneville.


A. Tomodensitométrie : nodules sous-
épendymaires calcifiés.
B. Coupe axiale T2 : multiples hypersignaux
corticaux diffus correspondant aux tubers,
dont un pariétal gauche calcifié (hyposignal).
C. Coupe axiale T1 : nodules sous-
épendymaires visibles sur les parois des ven-
tricules latéraux.

*
A *
B *
C

19 Maladie de Sturge-Weber. Angiome facial droit.


A. Coupes axiale et coronale T1 avec injection de gadolinium : asymétrie de la
taille des plexus choroïdes avec hypertrophie du plexus droit (du côté de l’an-
giome facial) et prise de contraste piale, temporo-occipitale droite.
B. Coupe axiale T2 : asymétrie du signal de la substance blanche.
C. Coupe tomodensitométrique sans injection de produit de contraste : calcifi-
cations giriformes frontales droites, associées à une hémiatrophie globale de l’hé-
misphère droit. Les calcifications ne sont pas visibles sur l’imagerie par réso-
nance magnétique.

"
A1 "
A2

*
B *
C

tumeurs astrocytaires, responsables d’une de l’angiome, une prise de contraste répétés, un changement de comportement,
hydrocéphalie par blocage des trous de l e p t o m é n i n g é e e t u n e h y p e r t ro p h i e un trouble de la croissance ou de la vision.
M o n ro . C e t t e p o s s i b i l i t é j u s t i fi e l a homolatérale du plexus choroïde.
surveillance régulière de leur volume. Progressivement apparaissent les signes Tumeurs de la fosse postérieure [9]
d’atrophie homolatérale avec, en scanner, de Les tumeurs cérébelleuses se présentent avec
Maladie de Sturge-Weber (fig 19) fines calcifications corticales, giriformes, des signes d’hémorragie intracrânienne
Cette phacomatose associe un angiome homolatérales à l’angiome [4, 5]. (HIC), un syndrome cérébelleux, parfois
trigéminé « lie de vin » plan, et un angiome Le dépistage d’angiome pial chez un enfant une atteinte des voies longues. On observe
pial. Les manifestations cliniques associent présentant un angiome cutané suspect se fait surtout des médulloblastomes, des
convulsions, retard mental et hémiplégie. Le actuellement par une IRM avec injection de astrocytomes et des épendymomes. Si le
diagnostic, évoqué dès la naissance du fait gadolinium dans le 1er mois de vie. scanner suffit au diagnostic, l’IRM est
de l’angiome facial, repose actuellement sur indispensable pour le bilan topographique
l’IRM. Aucune origine génétique n’est préopératoire. Les rapports avec le tronc
¶ Tumeurs cérébrales [3, 9, 10]
connue. cérébral sont fondamentaux.
En IRM, on cherche une anomalie de signal Ce sont les tumeurs solides les plus Le médulloblastome est une tumeur
de la substance blanche constatée dans les fréquentes chez l’enfant, et ce diagnostic doit d’évolution rapide, plutôt du jeune enfant,
premières semaines de vie, dans le territoire être soupçonné devant des vomissements siégeant dans le vermis cérébelleux, solide

9
4-090-B-05 Neuro-imagerie. Indications et principaux résultats Pédiatrie

*
A "
B1 "
B2

20 Médulloblastome.
A. Coupe axiale tomodensitométrique sans injection : processus tumoral de la fosse postérieure, si-
tué en arrière du tronc cérébral, hétérogène, contenant des calcifications.
B. Coupes sagittale T1 avant et après injection de gadolinium et axiale T2 : la tumeur est hétéro-
gène, solide, se rehaussant après injection de gadolinium. Cette lésion siège dans le vermis, refoule le
tronc cérébral en avant, le V4 n’est plus visible. Elle est à l’origine d’une dilatation triventriculaire.
L’épendymome peut présenter un aspect similaire en imagerie. L’imagerie par résonance magnéti-
que est indispensable pour apprécier les rapports de la tumeur avec le tronc cérébral.

"
B3

mais parfois à composante kystique chez le tumeurs astrocytaires de grades différents, grande majorité des cas une triple
petit. Les calcifications sont rares. L’IRM souvent bénignes, parfois kystiques, avec ou composition faite de calcifications, d’un
montre bien l’extension, l’importance de la sans prise de contraste, corticales, à l’origine kyste et d’une partie charnue. Il est associé
composante charnue, et il est de règle de crises convulsives. D’autres types de façon variable à des troubles de la
d’effectuer une exploration complète de histologiques sont possibles (épendymomes, croissance (cassure de la courbe de
l’encéphale et du névraxe, à la recherche de oligodendrogliomes, gliobastomes…). Les c ro i s s a n c e ) , d e l a v i s i o n , e t à u n e
métastases (fig 20). méningiomes et méningiosarcomes sont hypertension intracrânienne, mais jamais à
L’astrocytome cérébelleux se voit un peu plus beaucoup plus rares chez l’enfant. une puberté précoce. L’examen de choix est
tard, la composante kystique est en général Là encore, l’examen de choix est l’IRM l’IRM qui précise les caractères de cette
importante et la partie solide prend le montrant l’effet de masse parfois discret et tumeur, son siège, son extension, permettant
contraste ; il peut contenir des calcifications. l’extension de la lésion. Le signal n’est pas ainsi de poser l’indication opératoire et
L’épendymome de la fosse postérieure est plutôt spécifique. Le principal diagnostic différentiel d’orienter la voie d’abord chirurgicale. Le
une tumeur solide implantée sur le plancher est constitué par les malformations, scanner peut être intéressant pour montrer
du V4, d’étendue variable, bénigne ou notamment les dysplasies corticales. de petites calcifications (fig 24).
maligne, et impose de faire un bilan complet Le gliome du chiasma est associé dans plus de
d’extension sur tout le névraxe. Tumeurs de la région pinéale
la moitié des cas à une neurofibromatose
Les tumeurs du tronc cérébral gardent dans Elles se voient surtout chez le grand enfant, révélée par des troubles visuels ou
l’ensemble un mauvais pronostic. Révélées incluant dysgerminome, pinéalome, endocriniens, ou des signes d’HIC. Il est
par une atteinte des paires crâniennes et des pinéaloblastome et autres tératomes. Le particulièrement bien mis en évidence par
voies longues, il s’agit le plus souvent de mode de révélation est le plus souvent une l’IRM, qui montre l’extension péritumorale.
lésions gliales dont le siège rend l’exérèse HIC, parfois un syndrome de Parinaud
L’hamartome du tuber cinereum se révèle par
très difficile, voire impossible. L’IRM est (paralysie de la verticalité) ou des signes
une puberté précoce. Il se présente sous
indispensable pour le diagnostic et la endocriniens. Le diagnostic, très orienté par
forme d’une masse située entre le chiasma
surveillance des traitements (radiothérapie, l’IRM qui montre cette tumeur de taille
et les tubercules quadrijumeaux et appendue
chimiothérapies). Le signal est variable, la variable de la région pinéale, peut être aidé
au plancher du V3. Cette masse,
composante kystique possible, la prise de par l’étude de la cytologie du liquide
correspondant plus à une malformation qu’à
contraste parfois importante. En scanner, ces céphalorachidien (LCR) et le bilan
une tumeur, est caractérisée par son signal
tumeurs donnent en général de gros troncs biologique à la recherche de différents
identique au parenchyme cérébral, et par sa
hypodenses (fig 21). marqueurs (fig 23).
stabilité (fig 25).
Tumeurs hémisphériques (fig 22) Tumeurs de la région sellaire
et du IIIe ventricule ¶ Pathologie infectieuse
Elles se manifestent volontiers par des
convulsions et des signes neurologiques Le craniopharyngiome est une tumeur Dans les infections intracrâniennes, l’apport
focaux. On y trouve essentiellement des bénigne, hétérogène, présentant dans la de l’imagerie concerne le diagnostic

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Pédiatrie Neuro-imagerie. Indications et principaux résultats 4-090-B-05

21 Gliome du tronc cérébral.


A. Tomodensitométrie sans injection : aspect de gros tronc cé-
rébral hypodense avec déformation du V4.
B. Coupe sagittale T1 après injection de gadolinium.
C. Coupe coronale T2. Processus occupant dans le tronc céré-
bral, en hyposignal T1, discrètement hétérogène, ne se modi-
fiant pas après injection de gadolinium, en hypersignal franc
T2, élargissant la protubérance et s’étendant vers les pédoncu-
les cérébraux, en particulier à droite.

*
A

*
B

*
C

(suppurations, méningite tuberculeuse ou Méningites ischémiques et une hydrocéphalie évolutive.


encéphalite herpétique), et les complications L ’ i n fi l t r a t i o n c i s t e r n a l e s e c a l c i fi e
Les méningites néonatales sont particulières
(empyèmes, hydrocéphalie). progressivement.
par leur gravité, due au terrain
immunologique fragile du nouveau-né, et Dans les miliaires tuberculeuses, de petits
Suppurations intracrâniennes par les germes inhabituels observés nodules multiples et diffus intracérébraux
(Streptococcus B, Proteus, Escherichia coli, peuvent être observés. Ces nodules
Les suppurations intracrâniennes peuvent Enterobacter, Listeria, etc). Dans notre série, disparaissent sous traitement, parfois en se
être localisées dans le cerveau ou dans les nous avons observé des lésions ischémiques calcifiant.
espaces sous-dural ou épidural. et/ou des abcès cérébraux dans plus de la Les tuberculomes sont rares et peuvent avoir
Les abcès cérébraux siègent le plus souvent moitié des cas, et une hydrocéphalie des aspects variés : masse calcifiée, tumeur
évolutive dans presque la moitié des cas. maligne.
à la jonction entre les substances blanche et
Les complications doivent bénéficier d’un
grise. Leurs causes les plus fréquentes sont
scanner ou d’une IRM selon l’état de Encéphalites virales
les cardiopathies cyanogènes, les bronchites
l’enfant.
chroniques, la mucoviscidose et les On distingue les encéphalites nécrosantes,
syndromes immunodépressifs. Leurs signes Les méningites de l’enfance ont le plus comme l’encéphalite herpétique, et les
souvent une évolution moins grave et leucoencéphalites dues à une réaction
cliniques comportent le plus souvent des
justifient une IRM dans les formes graves antigène-anticorps.
céphalées, des convulsions et des signes
avec coma, convulsions prolongées, signes
n e u ro l o g i q u e s f o c a u x . L ’ I R M e t l a L’encéphalite herpétique est l’encéphalite
focaux (méningoencéphalites) et les
scanographie avec contraste montrent l’abcès méningites récidivantes. nécrosante la plus fréquente en Europe. Le
à la phase d’état comme une masse arrondie, virus de type Il est rare, et il provoque la
hypodense, prenant le contraste en Tuberculose intracrânienne fœtopathie et l’encéphalite néonatale ; le
périphérie, et entourée d’un halo d’œdème virus de type 1 atteint l’enfant avec, surtout,
hypodense (fig 26). Elle est actuellement très rare en France. Elle des convulsions prolongées dans un climat
peut prendre trois formes : la méningite fébrile. La scanographie et l’IRM montrent
Les abcès sous-duraux longent la voûte et la tuberculeuse, les granulomes multiples lors des foyers nécrotiques d’aspect œdémateux
faux, et présentent souvent des poches d’une miliaire et le tuberculome. et hémorragique, prédominant dans les
multiples. Les abcès épiduraux, rares, ont Dans la méningite tuberculeuse, la lobes temporaux, et évoluant progressi-
classiquement une forme en lentille scanographie et surtout l’IRM avec injection vement vers la destruction (fig 27). Le
biconvexe et siègent contre la voûte. Ils sont intraveineuse de produit de contraste diagnostic est confirmé par le dosage de
dus à des infections locorégionales dans la permettent souvent un diagnostic précoce en l’interféron puis des anticorps dans le LCR.
plupart des cas. montrant l’infiltration cisternale, des lésions Inversement, toute anomalie temporale dans

11
4-090-B-05 Neuro-imagerie. Indications et principaux résultats Pédiatrie

*
B
*
A *
C

22 Astrocytome thalamique : lésion thalamique droite bien limitée, en hyposignal T1, A. Coupe sagittale T1.
hypersignal T2, se rehaussant de façon hétérogène après injection de gadolinium, exer- B. Coupes coronale après injection intraveineuse de produit de contraste.
çant un effet de masse sur la ligne médiane et le V3, à l’origine d’une dilatation des ven- C. Coupe axiale T2.
tricules latéraux.

*
A "
B1 "
B2
23 Tumeur germinale de la région pinéale : masse pinéale ovalaire en hyposignal hé- A. Coupe coronale T1 avant injection de gadolinium.
térogène T1, se rehaussant de façon intense et hétérogène après injection de gadolinium, B. Coupes sagittale et coronale T1 après injection.
bien limitée, envahissant la lame tectale et comprimant l’aqueduc de Sylvius, à l’ori-
gine d’une hydrocéphalie modérée.

un contexte neurologique fébrile doit faire – la cysticercose, où les lésions sont souvent ¶ Pathologie vasculaire [13]
évoquer de principe l’encéphalite multiples, de petite taille, prenant le
herpétique. contraste. L’IRM est indispensable au stade Lésions ischémiques prénatales
La fœtopathie par le virus des inclusions aigu ; elles se calcifient spontanément, plus
cytomégaliques se manifeste en scanographie rapidement sous traitement et deviennent Elles sont très fréquentes et responsables de
par des lésions destructives cérébrales avec visibles en scanner. malformations diverses : porencéphalie
une atrophie et une dilatation ventriculaire, communiquant ou non avec la filière
porencéphalie et polymicrogyries, et de fines ventriculaire, schizencéphalie, bordée de
¶ Pathologie inflammatoire cortex anormal polymicrogyrique. Les
calcifications sous-épendymaires.
Les leucoencéphalites peuvent avoir une formes extrêmes conduisent à une
Elle est représentée par la sclérose en
imagerie (scanner, IRM) normale. Dans les destruction complète du cerveau
plaques (SEP) et les leucoencéphalites aiguës
formes graves, peuvent apparaître de vastes (hydranencéphalie).
disséminées.
zones de signal anormal (hyper T2) dans la Ces anomalies sont détectables au scanner,
substance blanche. Dans certaines Dans la forme classique, il s’agit de mais l’IRM reste l’examen de choix car elle
leucoencéphalites, comme celle à signes neurologiques focaux, multiples, permet, au mieux le bilan de la
Mycoplasma pneumoniae, des zones évoluant par poussées régressives. malformation, l’étude des malformations
probablement œdémateuses focales, labiles, L’IRM est l’examen de choix, montrant associées, l’évaluation du pronostic et d’un
peuvent être observées dans la substance avec une grande fiabilité les plaques éventuel conseil génétique.
blanche. récentes et anciennes, sous forme de
zones avec signal élevé en T2. Des Lésions ischémiques et hémorragiques
Parasitoses périnatales
plaques volumineuses peuvent exercer
Les parasitoses avec localisation cérébrale un effet de masse. Elles siègent dans la Il faut distinguer le contexte du prématuré
sont essentiellement de deux types en substance blanche périventriculaire, mais et celui du nouveau-né à terme, car la
Europe : peuvent être observées dans les nerfs stratégie des examens d’imagerie n’est pas
– le kyste hydatique : vaste masse optiques, le tronc cérébral ou le cervelet tout à fait superposable dans les deux cas
liquidienne arrondie en scanner et en IRM ; et la moelle. (cf supra).

12
Pédiatrie Neuro-imagerie. Indications et principaux résultats 4-090-B-05

*
B "
C1 "
C2

*
A

24 Craniopharyngiome : masse intra- et suprasellaire, en hyposignal homogène T1, hypersi-


gnal T2, avec rehaussement périphérique, composante kystique prédominante ; les calcifications
sont plus difficiles à voir. Le chiasma est refoulé vers le haut.
A. Coupe tomodensitométrique sans injection d’iode : processus occupant intra- et supra-
sellaire, hypodense, avec calcifications périphériques.
B. Coupe sagittale T1 avant injection de gadolinium.
C. Coupes sagittale et coronale T1 après injection.
D. Coupes axiales densité de protons et T2.

*
D

25 Hamartome du tuber cinereum chez une fillette de


7ans dans un contexte de puberté précoce. Coupe sagit- *
A *
B
tale T1 : image typique arrondie, bien régulière, située
dans la région du tuber cinereum entre le chiasma et les 26 Abcès multiples à Proteus.
tubercules mamillaires, en isosignal par rapport au pa- A. Coupe tomodensitométrique (TDM) avant injection : multiples lésions arrondies hypodenses entourées d’un
renchyme cérébral, ne se rehaussant pas après injection important œdème avec effet de masse sur la ligne médiane.
de gadolinium et qui sera stable sur les examens ulté- B. Coupe TDM après injection : rehaussement périphérique des collections.
rieurs de surveillance.
en évidence en imagerie. L’échographie peut (hémiplégie, aphasie…). Le scanner montre
Chez le prématuré, l’échographie est l’examen montrer un aspect hyperéchogène des l’accident ischémique sous la forme d’une
de référence, à la recherche de lésions noyaux gris. Le scanner est en général peu hypodensité. L’IRM est indispensable ; elle
hémorragiques et surtout de leucomalacie parlant. L’IRM est le meilleur examen à p e r m e t d e f a i re l e d i a g n o s t i c p l u s
périventriculaire. Le scanner n’a quasiment partir de j2-j3, pour apprécier les lésions précocement si le scanner est négatif ; elle
pas de place. L’IRM n’est recommandée que anoxo-ischémiques (fig 28). permet le bilan des lésions, surtout l’angio-
si l’état de l’enfant permet le transport (en Le nouveau-né à terme peut également IRM (ne nécessitant pas d’injection de
particulier l’état respiratoire), dans les cas p r é s e n t e r d e s a c c i d e n t s v a s c u l a i re s produit de contraste) afin de vérifier le
de lésions atypiques : asymétriques, non ischémiques localisés qui, bien que polygone de Willis et ses branches de
cavitaires ou sous-corticales. L’IRM permet détectables en échographie et en scanner, division. Une des lésions les plus fréquentes
alors de déterminer l’extension des lésions, sont beaucoup mieux visibles en IRM. est l’atteinte du segment M1 de l’artère
et aide à évaluer le pronostic neurologique. Chez l’enfant plus grand, on peut également sylvienne (segment horizontal) au décours
Chez le nouveau né à terme, les lésions anoxo- observer des accidents vasculaires localisés, d’une maladie infectieuse avec, au premier
ischémiques globales sont difficiles à mettre se traduisant par un signe neurologique aigu plan, la varicelle (fig 29).

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4-090-B-05 Neuro-imagerie. Indications et principaux résultats Pédiatrie

27 Encéphalite herpétique.
A. Tomodensitométrie sans injec-
tion : lésion spontanément hyper-
dense hémorragique bitemporoparié-
tale entourée d’une hypodensité
œdémateuse.
B. Imagerie par résonance magnéti-
que coronale T1 chez un autre en-
fant. Atrophie temporale droite sé-
quellaire.

*
A "
B1 "
B2

28 Encéphalomalacie
multikystique dans un
contexte de souffrance pé-
rinatale (j12). Trois plans
T1 en imagerie par réso-
nance magnétique : aspect
de nécrose corticale en
hyposignal T1.

29 Accident ischémique capsulolenticulaire


droit.
A. Coupe tomodensitométrique injectée :
hypodensité lenticulaire droite avec dis-
cret effet de masse sur la corne frontale
droite sans prise de contraste.
B. Imagerie par résonance magnétique
axiale T2 réalisée 6 mois plus tard : hyper-
signal capsulolenticulaire droit bien li-
mité avec dilatation de la corne frontale.
C. Angiographie par résonance magnéti-
que : images de sténoses multiples irrégu-
lières au niveau de l’artère sylvienne
droite (segment horizontal M1).

*
A *
B *
C

Malformations vasculaires montre une plage de signal élevé, entourée ou non, confluent, de la distribution, de
d’un liseré d’hyposignal caractéristique l’atteinte de certains noyaux, certains
Il peut s’agir de malformations
(fig 30). L’artériographie est inutile. faisceaux, de l’extension à la substance grise.
artérioveineuses ou de malformations
artérielles. L’IRM et l’angio-IRM suffisent au Il faut rappeler l’évolution de la
diagnostic positif. l’artériographie reste ¶ Pathologie métabolique myélinisation chez l’enfant. Celle-ci suit une
souvent indispensable pour définir les et dégénérative (fig 31, 32) [3, 16] chronologie précise depuis le dernier
artères afférentes et les veines de drainage, Dans ce domaine, l’imagerie de choix est semestre de la vie fœtale jusque
et orienter le geste thérapeutique. indéniablement l’IRM. La base sémiologique schématiquement la fin de la 2e année, avec
Les hémangiomes caverneux, ou est la modification du contenu en eau de la une progression craniocaudale et centrifuge.
cavernomes, sont plus des tumeurs d’origine substance blanche ou de la substance grise, À la naissance à terme, sont myélinisés les
vasculaire que des malformations. Ils et donc l’évolution du signal. Pratiquement faisceaux corticospinaux du tronc cérébral,
donnent le plus souvent des convulsions dans toutes les anomalies, on note un les pédoncules cérébelleux, les bras
partielles isolées ; les complications hyposignal T1 et un hypersignal T2. La postérieurs des capsules internes et les
hémorragiques sont rares. La scanographie discussion diagnostique dépend de la radiations optiques. Le corps calleux se
montre les calcifications fréquentes. L’IRM topographie des lésions, du caractère limité myélinise d’arrière en avant pour avoir son

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Pédiatrie Neuro-imagerie. Indications et principaux résultats 4-090-B-05

"
B1 "
B2

*
A *
C

30 Cavernome : lésion de signal hétérogène avec hyposignal T1 et T2, bien limitée, ne B. Coupe coronale T1 avant et après injection de gadolinium.
se modifiant pas après injection de gadolinium. C. Coupe axiale T2.
A. Tomodensitométrie : lésion calcifiée cortico-sous-corticale prérolandique gauche.

*
A *
B *
C

31 Adrénoleucodystrophie chez un garçon de 9 ans. Atteinte du splénium du corps A. Imagerie par résonance magnétique (IRM) sagittale T1.
calleux qui est en hyposignal T1 et hypersignal T2, associée à une atteinte diffuse (hy- B. Coupes IRM axiales densité de protons et T2.
posignal T1, hyper T2) en plage de la substance blanche pariéto-occipitale, de façon bi- C. Coupe IRM axiale T1.
latérale et symétrique, s’étendant dans les fibres en U et vers les bras postérieurs des
capsules internes.

L’examen de choix reste le scanner dans la pathologie traumatique.


Les radiographies du crâne n’ont aucun intérêt dans l’urgence, leur seule justification serait d’apprécier une
éventuelle fracture évolutive. Leur pratique en urgence donne une fausse sécurité, et ne permet en rien de préjuger de
l’état du contenu. Dans ces conditions, au moindre doute clinique il est justifié de faire un scanner dans l’urgence, à
la recherche de collections ou de lésions parenchymateuses : chez l’enfant, on retrouve beaucoup plus souvent des
hématomes sous-duraux qu’extraduraux. Image hyperdense, décollant le cerveau de la voûte, l’hématome extradural
donne un aspect de lentille biconvexe contre la voûte (fig 33). Il faut rechercher aussi des signes d’hémorragie
intraparenchymateuse ou des signes de contusion cérébrale, avec plages d’hypodensité plus ou moins hétérogènes. Il
est fréquent aussi d’observer des signes d’œdème cérébral (perte de visibilité des ventricules, des sillons et surtout
dédifférenciation blanc-gris).

aspect quasi normal vers 6 mois. Le signal et un scanner normal, il est justifié de faire, classique de dire que près d’un enfant sur
de la substance blanche rejoint celui de même rapidement, une IRM à la recherche cinq victimes de sévices décède des suites
l’adulte vers l’âge de 8-10 mois en T1, et de lésions de la convexité ou des d’un traumatisme crânien.
seulement vers 2 ans en T2. c o m m i s s u re s , v o i re d e s l é s i o n s d e
Le diagnostic étiologique précis des cisaillement.
différentes anomalies de la substance Au stade séquellaire, l’IRM montre le mieux
Pathologie médullaire [3]

blanche repose sur le contexte clinique,


les images de contusion, d’atrophie et les C’est le domaine de choix de l’IRM. La
biologique et génétique (fig 31).
collections sous-durales chroniques. compression médullaire constitue la seule
Il existe des maladies touchant à la fois le
blanc et le gris, dominées notamment par Il faut toujours avoir l’arrière-pensée, chez urgence absolue en IRM.
les mitochondriopathies (fig 32). l’enfant, devant un hématome sous-dural Dans certains cas, l’échographie (dans le 1er
inexpliqué, de la possibilité de sévices, et la mois de vie) peut apporter des
¶ Traumatismes crâniens découverte d’un hématome sous-dural dans renseignements très utiles sur l’état de la
Dans les cas difficiles, lorsqu’il existe une ces conditions doit conduire à la réalisation moelle, notamment dans les dysraphismes ;
dissociation importante entre l’état clinique de radiographies du squelette. Il est l’IRM est faite devant la moindre anomalie.

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4-090-B-05 Neuro-imagerie. Indications et principaux résultats Pédiatrie

LÉSIONS MALFORMATIVES
La myéloméningocèle est actuellement très
rare du fait du diagnostic prénatal qui peut
être fait précocement en échographie. Cette
malformation est presque toujours associée
à des malformations cérébrales
(malformations de Chiari).
Les lipomes sont souvent palpables sous la
peau, et se révèlent par l’apparition
progressive de troubles de la marche ou de
la miction. L’IRM montre bien le lipome qui
présente un signal spécifique (fig 34).
Le sinus dermique se présente comme un
petit pertuis entouré d’une zone de
pigmentation cutanée anormale en regard
des apophyses épineuses. Pour des raisons
septiques, la ponction lombaire est
32 Maladie mitochondriale. Coupe axiale T2 : hyper- 33 Hématome extradural. Hyperdensité spontanée bi-
signal marqué des noyaux lenticulaires. convexe pariétale gauche exerçant un effet de masse sur la
absolument contre-indiquée dans son
ligne médiane et le ventricule latéral. voisinage. L’IRM peut montrer le trajet
fistuleux et des anomalies spinales. L’IRM
Les radiographies du rachis, éventuellement l’étude de l’étui osseux (fractures, tumeurs montre également la moelle, bas attachée
complétées d’un scanner, sont utiles pour osseuses…). (fig 34)

34 Malformation de Chiari 1 et spina lipome. Coupes IRM sagittale médiane (A) sur
le rachis lombaire et axiale T1 (B) : le cône terminal est en situation basse en arrière de
L3 avec une image de lipome postérieur en hypersignal T1, communiquant par un fin
pertuis avec le lipome lombaire sous-cutané (B).

*
B

*
A

"
A1 "
A2 "
A3 *
B

35 Tumeur médullaire (astrocytome). Lésion étendue de C1 à D11. Moelle augmen- A. Imagerie par résonance magnétique (IRM), coupes sagittales dorsales T1 avant et
tée de calibre en hyposignal T1, hypersignal T2 hétérogène se rehaussant de façon in- après injection de gadolinium.
tense après injection de gadolinium au niveau dorsal et du cône, la prise de contraste B. Coupe IRM sagittale T1 après injection de gadolinium et T2 sur la moelle cervicale.
est plus hétérogène à l’étage cervical.

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Pédiatrie Neuro-imagerie. Indications et principaux résultats 4-090-B-05

LÉSIONS TRAUMATIQUES les lésions médullaires et discales par l’épendymoblastome et des tumeurs
l’IRM. pinéales malignes. Elles doivent être
Les lésions traumatiques de la période
recherchées systématiquement par IRM avec
néonatale sont en général liées à des
contraste.
présentations dystociques et à des LÉSIONS TUMORALES
accouchements difficiles. Il peut en résulter Elles correspondent le plus souvent à des
des arrachements du plexus brachial qui astrocytomes et à des épendymomes. L’IRM MALFORMATIONS VASCULAIRES
sont mieux vus à la myélographie, et montre l’élargissement médullaire et des Elles sont rares, révélées soit par une
même, rarement, une rupture médullaire. anomalies de signal, rarement une prise de hémorragie, soit par des signes
Chez l’enfant plus âgé, les fractures contraste nette (fig 35). médullaires. L’IRM permet de suspecter
vertébrales post-traumatiques sont le Les métastases intraspinales sont le fait le diagnostic, qui est confirmé par
mieux explorées par la scanographie, et essentiellement du médulloblastome, de l’artériographie.

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