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Frédérique HELIAS CNAM CCE001 – 3.

Techniques de prises de notes synthétiques et efficaces

3. TECHNIQUES DE PRISES DE NOTES SYNTHETIQUES ET EFFICACES

3.1. En pratique

3.1.1. Pourquoi prendre des notes ?

Les situations dans lesquelles les individus sont conduits à prendre des notes sont très fréquentes et
très variées. On prend des notes pour :

Organiser son quotidien, récupérer une recette à la radio, noter une référence intéressante ;
Lors d’un cours, d’une conférence afin de les travailler plus tard dans le cadre d’un projet
professionnel ou de la révision d’un examen ;
Pendant un entretien pour enquêter, évaluer une situation de travail ;
Pendant une réunion en entreprise pour en faire le compte rendu ;
Dans des documents pour préparer un exposé technique ;
Pour écrire un rapport, un essai, etc. ;
En vue d’une présentation, d’un exposé, d’une réunion, etc.

Les notes ne constituent pas une fin en soi, elles sont souvent une structure intermédiaire entre :
- un produit (un texte, un dossier, un livre, une conférence, un cours, une réunion, etc.)
- et une production écrite (compte rendu, mémoire, procès verbal) ou une production orale (exposé,
conférence, réunion…).

Les notes sont utiles pour :

1) Mémoriser le message/ certaines informations : les capacités de mémorisation de chacun sont


limitées et l’on risque de ne retenir qu’une information incomplète et/ou inutile et/ou déformée. La
vitesse d’émission de la parole est plus importante (120/150 mots/min environ) que la vitesse de
réception (80 mots/min environ) et surtout de rédaction (27 mots/min). On ne retient que 10% de ce
qu’on lit, 20% de ce qu’on entend, 30% de ce qu’on voit, 50% de ce qu’on voit et écoute en même
temps, 80% de ce que nous disons... La prise de notes permet de laisser une trace écrite d’informations
que l’on ne reçoit qu’une fois : c’est « la mémoire de papier » selon l’expression de Montaigne. Le fait
de l’écrire permet de mémoriser.

2) Comprendre une information utilisable : la prise de notes conserve l’essentiel : elle oblige à faire un
tri dans les informations reçues. Sélectionner suppose donc de comprendre ce qui est raconté et facilite
la compréhension. Cette étape réalisée, l’information que l’on note est en somme déjà traitée et du
coup immédiatement utilisable pour une exploitation ultérieure.

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3) Exploiter et restituer : s’en servir ultérieurement sans avoir à retourner à l’original (pour faire un
compte-rendu, un résumé, préparer un papier, pour mémoriser une lecture). La prise de notes est
particulièrement vitale pour certaines professions dont le rôle est justement de collecter l’information
pour la transmettre à son destinataire (travail de secrétariat par exemple).

On distingue les notes d’écoute prises à partir d’une situation orale et les notes de lecture prises à
partir d’un support écrit.

Les notes à partir d’un support oral sont prises au moment où quelqu’un parle (cours, conférence,
stage, réunion, etc.). Cela comprend plusieurs difficultés :

l’orateur parle sans s’arrêter, il n’expose pas son plan, il ne répète pas, il passe du coq à l’âne...
la prise de notes mobilise simultanément plusieurs (deux voire trois) activités langagières
fondamentales qui permettent d’échanger des informations complexes : on doit en effet
simultanément écouter, écrire et (se re-)lire.

La prise de notes d’écoute impose alors d’activer en parallèle :

1) L’écoute, afin de comprendre ce qui est dit par le ou les protagonistes ;


2) L’écriture, afin de transcrire l’essentiel, ce qui doit être conservé sur papier ;
3) La lecture pour contrôler si ce qui est en train d’être écrit est conforme à ce qui est dit.
La prise de notes n’est pas une activité passive : c’est tout le contraire, elle réclame une attention et
une concentration puissantes. La prise de notes est une opération de haute volée qui aiguise un grand
nombre de facultés intellectuelles. C’est une activité mentale intense et un exercice se réalise à chaud.

3.1.2. Phase de préparation : pour gagner en confort et en efficacité

3.1.2.1. Préparation matérielle

selon les personnes : un cahier « spécial prise de notes » qui vous suit partout / des feuilles-fiches :
très pratique pour intercaler des mises à jour. Evitez les feuilles volantes ;
stylos qui fonctionnent, crayon à papier taillé, réserve de mines pour critérium, fluos ;
s’asseoir devant ou à portée de tous les intervenants ;
noter toujours le sujet : titre, référence, date, numéro d’archivage ;
repérer le plan/ l’ordre du jour/ l’ordre des questions : c’est le plan qu’on va suivre et qu’on va
reprendre, met en évidence la structure du propos ;
certains écrivent sur l’ordinateur : préparer vos documents à l’avance, toujours sur le même
principe, déjà rangés dans le dossier adéquat.

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3.1.2.2. Préparation psychologique

A côté de la concentration indispensable, le noteur peut se poser deux grandes questions :

1) qu’est-ce que j’attends de l’écoute/ de la lecture ?

2) quelles sont les réponses que je cherche et sur lesquelles je dois porter mon attention ?

Ces deux questions l’aideront à identifier les contraintes et à fixer son objectif pour sa prise de notes.

3.1.3. Ecoute active

3.1.3.1. Bien écouter

Se mettre dans les dispositions de l’écoute en étant prêt à recevoir ce que dit l’autre, en étant prêt à
comprendre sa pensée (comprendre ne veut pas dire accepter).

3.1.3.2. Se faire confiance et se concentrer

De peur de manquer une information importante, beaucoup de personnes ont tendance à vouloir tout
noter (quitte à prendre des notes incomplètes). Il faut éviter de s’emballer, la prise de notes est une
course de fond : plus on note, moins on écoute et plus on s’épuise.

Il est préférable d’attendre d’avoir saisi l’ensemble du point développé avant de noter. Il est en effet
important de disposer d’une vue d’ensemble d’un propos pour le comprendre a minima et donc pour
l’exploiter en prise de notes. Si l’idée n’est pas bien captée, la transcription risque d’être
incompréhensible et donc inexploitable au final.

3.2. Techniques d’écriture

3.2.1. Noter peu, noter utile

Rappelons une évidence : prendre des notes ne consiste pas à écrire tout ce que dit l’orateur ; si tel
était le cas il faudrait apprendre la sténographie. Il est donc illusoire de tout noter : une prise de notes
intégrale nécessiterait ensuite un gros travail par la suite de traitement des informations.

Il est par conséquent préférable de se livrer, dès la prise de notes, à un travail de tri pour sélectionner
les informations utiles à noter. Les questions de la phase de préparation aident à départager
l’important/l’essentiel de l’accessoire.

La distinction essentiel/ accessoire n’est pas toujours évidente à faire.

Qu’est-ce que l’essentiel ? C’est tout ce qui concerne directement votre sujet/ objectif.
Qu’est-ce que l’accessoire ? C’est l’ensemble des informations périphériques, c’est-à-dire
celles qui tournent autour de votre sujet/ objectif sans avoir de relation directe avec lui.

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Vous devez à chaque fois définir très précisément l’objectif de votre prise de notes en ayant sans cesse
cette question à l’esprit : « Est-ce que cette information a un rapport avec mon objectif ? ».

3.2.2. Suppressions, remplacements, signes et abréviations

3.2.2.1. Suppressions de certains mots

Tout ce qui n’est pas indispensable à la compréhension ne doit pas être noté : articles, verbe « être »,
digression, etc. Tous les mots prononcés ou écrits dans un document ne se valent pas. Certains sont
peu informatifs, d’autres beaucoup plus. En français, les mots outils comme les articles, les pronoms,
les conjonctions et les prépositions représentent 50% des termes. L’autre moitié est constituée par les
mots pleins, c’est-à-dire les substantifs, les verbes, les adjectifs et les adverbes. Il est utile de
supprimer les mots grammaticaux et les mots fréquents comme les articles car ils sont peu informatifs.

Toutefois, il est indispensable de conserver les mots organisateurs comme les connecteurs (cf. 3.2.3.
de ce chapitre). Ils sont souvent courts, mais restent essentiels pour structurer les informations.

3.2.2.2. Remplacements

 Une prise de notes efficace retient, en « mots clés », les noms, les porteurs de l’idée. Les longues
phrases sont bannies. Seront éliminés tant les sujets que les verbes conjugués :

Oral : Nous avons organisé une réunion d’information destinées aux salariés.
Ecrit (en prise de notes) : Réunion d’information organisée pour salariés.
Il est primordial de repérer, lors de l’écoute, le nom, point où se centralisent les résultats de tous les
actes passés ou présents.

 Quand il s’agira de retenir des actions futures à entreprendre, c’est le verbe à l’infinitif qui guidera
la prise de notes :

Oral : Il faut organiser une réunion d’information destinée aux salariés.


Ecrit (en prise de notes) : Organiser réunion d’information pour salariés.
 Dans le cas d’une proposition, le nom sera placé en tête de phrase. Il sera alors suivi du verbe à
l’infinitif (c’est ce qu’on appelle la nominalisation) :

Oral : Il serait souhaitable d’organiser, vue la conjoncture actuelle, une réunion


d’information destinée aux salariés.
Ecrit (en prise de notes) : Nécessité d’organiser réunion d’information pour salariés.
 Utilisation de l’hyperonyme (« nom générique », étiquette générale à un groupe de noms qui ont en
commun une même idée, désigne une catégorie complète d’êtres ou de choses) :

agents, gendarmes, CRS = force publique


poète, romancier, dramaturge = écrivain

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homme, femme, enfant, adulte = personne


oiseau, poisson, reptile, insecte = animal
arbre, fleur, fruit = plante
repas, cuisine, ingrédient, boisson, plat = nourriture
3.2.2.3. Signes et abréviations

c’est-à-dire => càd travail => W combien => cb


quelque chose => qqch philosophie => φ longtemps => lgtps
quelque => qq psychologie => Ψ beaucoup => bp/bcp
quelqu’un => qq’un développement => dev devant => dvt
tout => tt introduction => intro épargne => E
nous => ns conclusion => ccl capital => K
vous => vs fonction => Y investissement => i
exemple => ex exportations => X importations => M

aboutit à, entraîne, provoque, va à, devient, conséquence


vient de, a pour origine, est issu de, cause
Equivalent à, cause et conséquence interagissent
 en bas, voir plus bas
 en haut, voir plus haut
 à l’origine, au début
 augmente, croît, monte, progresse positivement
 diminue, décroît, descend, progresse négativement
varie, instable
∑ somme, totalité
Ø rien, vide, désert, absence
≠ différent, n’est pas
= équivaut à, égale, est,
≈ ressemble, n’est pas tout à fait pareil à, à peu près, environ
> est supérieur à, vaut mieux que, l’emporte sur
< est inférieur à, vaut moins que, est écrasé par
il existe, on trouve, il y a quelques
Є fait partie de, est de la famille de, appartient à
ne fait pas partie de, est étranger à, n’est pas à
p/r par rapport à
ε il y a un peu, en petite quantité
+ et, s’ajoute à
± plus ou moins, environ, à peu près
♂ homme, masculin, mâle
♀ femme, féminin, femelle
… etc.
Δ variation
x multiplié
/!\ Attention (piège ou important)
/ Divisé par

Le style de la prise de notes est télégraphique et écarte toutes les phrases. L’objectif est d’éliminer la
redondance afin que la pensée soit parfaitement centrée sur les contenus. Seules sont retenues les idées
forces au détriment des informations complémentaires et des exemples d’appui. La phrase adopte à
son niveau la même logique d’élimination du superflu. Le style retranscrit va donc perdre son liant, sa
musique et sa fluidité.

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3.2.3. Structuration des notes selon l’organisation logique

La prise de notes doit suivre la structure du discours. Des indices matériels permettent de saisir cette
organisation.

L’intonation est le procédé le plus souvent employé pour montrer à un auditoire la construction du
discours. Un accent d’insistance, une répétition signalent un point important en le mettant en relief.
Les articulations et les transitions sont souvent signalées par de courtes phrases/ locutions ou un
silence. Le jeu de scène de l’orateur peut également guider l’auditoire dans le discours.

Pour comprendre la cohérence du discours, il faut porter une attention particulière aux étapes de
raisonnement visibles matériellement par :

le plan souvent annoncé, puis rappelé (en particulier durant un cours) ;


les opérations qui déterminent la succession des idées (explications, opposition, comparaison) ;
les repères logiques qui sont explicitement structurants :

- formules introductives : commençons par, d’abord, avant tout, le point de départ doit être...
- premier terme d’une énumération : en premier lieu, d'une part, la première remarque porte sur...
- préparation d'une opposition : certes, s’il est vrai que, il se peut que...
- insertion d'une illustration : par exemple, examinons le cas de...
- annonces diverses : sait-on que, je précise que, reste le fait que...
Les articulations de liaison marquent un lien entre ce qui précède et ce qui suit :

- addition : et, puis, aussi, également, en outre, passons à présent à, venons en à, après avoir
considéré, en second lieu, ensuite, d’autre part...
- insistance : même, à plus forte raison, d’autant plus que, de plus, non seulement mais...
- causes (raison) : car, en effet...
- conséquence : donc, ainsi, par conséquent, c’est pourquoi...
- opposition : mais, cependant, toutefois, pourtant, au contraire, néanmoins, en revanche...
- confirmation avec changement de point de vue : d’ailleurs, du reste, aussi bien...
Les articulations de rappel renvoient à ce qui a déjà été exprimé : ainsi, de même, de là, d’où, pour
cela, n’en restons pas à ce stade, ce n’est qu'un premier point...

Les articulations de terminaison signifient le terme d’un développement, la fin d'une énumération, la
conclusion : enfin, donc, en résumé, en définitive, pour conclure...

Ces mots-outils sont des indices qui éclairent les relations logiques. Outre ces mots-outils, les mots-
clés fortement chargés de sens renvoient à l’idée principale et donc habituellement au message
essentiel. Leur repérage et leur mise en relation sont une aide importante dans l’activité de prises de
notes.

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3.2.4. Phase de relecture

Il est essentiel de mettre ses notes au point et au propre tout de suite après l’écoute/ la lecture : passé
le délai des 24h, on oublie 50% de ce qu’on a entendu, d’où la nécessité de se relire rapidement pour :

- compléter les blancs


- rectifier les mots/ abréviations erronés ou incertains
- réécrire les passages peu lisibles
- structurer : dégager les titres/ sous-titres, créer les titres manquants
- mettre en évidence l’essentiel : surligner les éléments importants.

3.3. Méthodes de prises de notes

Il y a trois grands types de méthodes de transcription des idées : la méthode linéaire, la méthode
planifiante/ logique et la méthode des mots-clés.

3.3.1. La méthode linéaire


Elle consiste à transcrire mot pour mot ce que l’on entend. Le noteur linéarise le discours et recopie
l’ensemble du texte (sténographie). Les raisons pour lesquelles le noteur recourt volontiers à cette
méthode sont liées au sentiment de sécurité qu’elle semble favoriser. Elle permet aussi de capitaliser le
plus possible d’informations. La méthode linéaire paraît avantageuse pour les notes fidèles et
complètes qu’elle procure. Toutefois, lorsqu’il transcrit, le noteur fournit un réel effort attentionnel et
l’importante fatigue physique (main, dos) provoque fréquemment des relâchements de l’attention. Ces
abandons peuvent faire perdre le fil du discours. Cette méthode concerne uniquement les greffiers.

3.3.2. La méthode planifiante/ logique


Dans le cadre de cette méthode, l’usage de titres et de sous-titres constitue une charpente capitale. Le
procédé le plus efficace de mise en hiérarchie de l’information et de gestion des titres et des sous-titres
est la numération appelée « numérotation scientifique ». Pour l’appliquer, il faut employer des
chiffres, voire des lettres :
1)
1.1.
1.1.1.
1.1.2.
1.1.3.
1.2.
1.2.1.
1.2.2.
1.2.3.

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1.3.
1.3.1.
1.3.2.
1.3.3.
2)
2.1.
2.2.
2.3.
3)
3.1.
3.2.
3.3.

L’objectif est de reproduire le plan du discours en dégageant d’abord l’idée directrice (identifiée par le
premier chiffre), en notant ensuite les idées principales (identifiées par les 2 chiffres) et en retenant,
pour terminer, les idées secondaires (identifiées par 3 chiffres), les arguments, exemples ou détails.
En utilisant cette méthode, le noteur a comme objectif prioritaire d’élaborer, simultanément à son
activité de transcription, une mise en forme organisée de l’information. Il est donc obligé de
comprendre et d’analyser les informations qu’il écoute. Cette ambition doit bien entendu concorder
avec la façon d’exposer de l’orateur. Certaines conférences, en raison de leur contenu et/ ou de la
personnalité de leur orateur, sont difficiles à noter avec ce type de méthode trop structurante.
L’objectif du noteur est aussi d’écrémer le moins possible les informations. Mais la méthode planifiée
exige une vigilance très coûteuse en ressources attentionnelles car le noteur doit suivre la mise en
structure tout en contrôlant la cohérence de l’ensemble et la bonne insertion de chaque détail.

3.3.3. La méthode des mots-clés

Prendre des notes consiste à abréger. Ce resserrement de l’information peut être opéré de façon
drastique en réduisant les informations à quelques concepts majeurs. Ce concept s’appelle la méthode
des mots-clés. Ils sont souvent directement puisés dans le discours d’origine. Lorsque la prise de notes
est envisagée comme une traduction en mots-clés de ce qui est entendu ou lu, le souci prioritaire est de
réduire le plus possible la mise en forme lexico-syntaxique des informations. Les raisons pour
lesquelles le noteur peut recourir volontiers à cette méthode sont diverses. L’objectif prioritaire n’est
pas de produire des notes fidèles. C’est le cas si, par exemple, l’orateur s’engage dans un cours peu
structuré ou s’il s’agit d’une réunion très animée où les échanges se font de façon un peu désordonnée.

Il existe deux grandes manières de mettre en œuvre la méthode des mots-clés :

3.3.3.1. En tableaux ou en grilles

 Tableaux à 3 colonnes :

Thème de la Réponse Commentaire


question

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Sujet Décisions Qui fait

Ordre du jour Contexte/Propositions/Décisions Suite à donner


Thème abordé

Colonne de gauche : titre ou thème du point abordé.


Colonne du milieu (colonne la plus large) : reprend trois aspects : 1) bref résumé du contexte/
informations contextuelles du point précis traité, résumé du problème/ bilan/ besoin ; 2) propositions
émises et 3) décisions prises.
Colonne de droite : actions à réaliser et le nom des responsables de celles-ci, éventuellement les dates
butoirs. Mots clés centrés sur des verbes à l’infinitif.

 Méthode SPRI :

Situation Problème/Problématique Résolution Informations


Faits, contexte du Problème(s) posé(s) : Solutions de principe, Informations pour les solutions :
problème ou de la idéologique, politique, législatives ou démarches de projet (techniques,
question, enjeu(x), économique, social, réglementaires. moyens...), ex. concrets, retours
intérêt(s)... culturel, technique... d’expériences (difficultés
rencontrées et conditions de
réussite)
Suivi et évaluation
Le modèle SPRI repose sur la distinction de quatre étapes dans une démarche intellectuelle:
La prise en compte de la situation (S) : on constate des faits ;
L’énoncé précis du problème (P) : on pose le problème ;
L’adoption d’une résolution de principe (R) : on recherche différentes solutions possibles pour
résoudre ce problème ;
Les informations (I) sur l’application pratique de la résolution : la meilleure solution au problème
ayant été déterminée, on définit la façon dont on doit la mettre en pratique.
Cette méthode, pour complexe qu’elle semble à appliquer, est très efficace dans les entretiens ou les
réunions qui portent sur la résolution d’un problème précis. Son utilisation, au début, demande
beaucoup d’attention.

Les grilles sont à adapter par chaque noteur en fonction des contextes, de l’organisation, des propos et
des besoins. On peut par exemple trouver :

 Réunion « étude de problème » :

Constats Causes Propositions de Décisions : plan


(faits, opinions) solutions d’action

 Réunion « à échanges » :

Points clés Qui Notes Actions/ Questions

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3.3.3.2. Méthode arborescente - Schéma heuristique/ « mind mapping » - carte mentale

Source : http://sostice.upmf-grenoble.fr/reel/co/Module_reel_26.html

Il s’agit de noter, de façon schématique, par association d’idées. Au centre de la page (format
paysage), l’idée principale ou le thème dominant trône. Tout autour, se greffe une constellation d’idées
qui s’y rattachent. Les concepts ou les mots clés se ramifient du simple au complexe. Les mots-clés
sont judicieusement choisis car ils doivent évoquer des images spécifiques, porteuses de sens.

3.3.4. Pour les notes de lecture

Pour les notes de lecture, on dispose de plus de temps, on peut revenir en arrière et la structure du
discours qui est graphiquement visible (titres, alinéas, paragraphes, mots de liaison, etc.).

 La prise de notes par phrases-formules :

Les notes sont prises sous forme de phrases courtes et numérotées. Excellent pour mémoriser, cette
méthode développe l’esprit d’analyse. L’usage des abréviations favorise un gain de temps certain.

 Par feuillets superposés 1/3 ; 2/3 ; 3/3 :

Les feuilles sont partagées en deux verticalement au tiers de leur largeur et numérotées. On prend les
notes dans la colonne de droite et à la relecture, on donne à chaque paragraphe un sous-titre. La suite
des sous-titres constitue un résumé des notes. Excellent pour réviser, les sous-titres pouvant être
transformés en questions et permettant des révisions dans l’ordre logique du texte ou par points.

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Sous-titre, idées clés (prise de notes dans cette partie)

 La prise de notes fonctionnelle :

La page est divisée en trois colonnes. Dans la première, les mots-clés, la deuxième, les données et
connaissances, la troisième, l’avis personnel, l’analyse. Méthode qui s’applique bien à un chapitre de
manuel, un polycopié, un texte, un article.
Mots-clés Données et connaissances Avis personnel

A l’oral ou à l’écrit, la prise de notes exige la même capacité de concentration, d’analyse et de


synthèse. La prise de notes est d’autant mieux réussie que le noteur analyse le contexte dans lequel il
la réalise et définit au mieux son objectif. Il est par conséquent inutile de donner aux noteurs des
conseils de « bon sens » ou de prescrire une méthode plutôt qu’une autre pour accroitre
immédiatement les performances en prise de notes. Il est bien plus important de prendre conscience
des avantages et des inconvénients de chaque méthode afin d’adopter, en totalité ou en partie, celle qui
leur semble la plus appropriée au travail que le noteur est appelé à accomplir.

3.4. Conseils

 Pour visualiser l’ensemble des notes, n’écrivez qu’au recto. Cela permet aussi de gagner du temps,
de ne pas avoir à tourner les feuilles au moment de la restitution ;
 Laissez une marge suffisante (à droite ou à gauche) pour pouvoir ajouter des informations ;
 Numérotez vos pages de notes et marquez systématiquement les références (date de la réunion,
code archivage, titre de l’ouvrage, etc.) ;
 Chaque nouveau thème/ chapitre doit commencer sur une nouvelle feuille/ ligne (même si la
dernière page écrite ne comporte qu’une ligne) ;
 Pour faciliter la relecture des notes (pour soi et autrui), il faut aérer la mise en page :
 Un paragraphe par idée ou raisonnement ; une idée ou raisonnement par paragraphe ;
 Il est recommandé de surligner les notes : le surlignage n’est efficace que s’il est réduit au
minimum (surligner l’ensemble des notes n’a aucun intérêt). Considérez qu’il ne faut pas surligner
plus de 10% du texte. Surlignez les informations importantes, les décisions, les délais par
exemple... ;
 Vous pouvez utiliser plusieurs couleurs et leur attribuer un code : il est préférable de conserver ce
code identique pour chacune des rubriques ;
 Et surtout... Entraînez-vous !

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