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I - Le rapport aux données en sociologie

La réalité sociale est si complexe qu’il est impossible de la saisir dans son entièreté. C’est
pourquoi le sociologue doit bien délimiter son objet en précisant le cadre à travers lequel il
l’observe : il va définir des concepts, élaborer une problématique et des hypothèses qui
viendront guider sa démarche, puis déterminer la ou les méthodes de recherche qu’il va
employer afin de répondre à la question qu’il a soulevée.

Pour mener son enquête, il va mobiliser des informations procédant de l’univers social – les
données – qu’il tâchera d’analyser. Cependant, ces données ne lui sont pas directement
accessibles. Elles sont en effet le fruit d’un montage intellectuel qui répond à une certaine
représentation de la réalité. Pour reprendre les mots de G. Bachelard, la sociologie « ne
correspond pas à un monde à décrire, elle correspond à un monde à construire. »

Les données sont donc construites. Ce peut-être le chercheur lui-même qui s’attèle à leur
production : il va centrer son travail sur une parcelle de la réalité étudiée, en sélectionnant des
lieux, des événements ou des individus particuliers. Par ailleurs, ces choix sont souvent faits
vis-à-vis de la littérature scientifique, donc des études connexes antérieures. Il se peut donc
aussi qu’il utilise des données préexistantes, élaborées par d’autres sociologues ou par des
instituts spécialisés – des organismes publics ou la presse par exemple.

Dans tous les cas, les informations dont le sociologue dispose relèvent d’un point de vue
parmi d’autres et d’un objectif déterminé. Par conséquent, il convient de retracer le chemin de
production de ces données pour tenter de neutraliser les biais qu’il peut comporter. Le
chercheur doit finalement s’armer d’instruments critiques vis-à-vis des travaux auxquels il se
réfère, mais également de sa propre construction intellectuelle.

II – Le choix des méthodes de recherche en sociologie

Le choix pour telle ou telle méthode de recherche dépend de l’objet d’étude.

Le questionnaire est l’outil le plus adapté si l’on souhaite observer de grandes régularités. En
effet, il permet d’avoir une vue d’ensemble sur un phénomène particulier. Par définition, c’est
donc la quantité de cas étudiés qui fait la force de ce procédé. En mettant cette multitude de
situations individuelles sur le même plan, il permet dégager certaines caractéristiques et d’en

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mesurer l’importance par un traitement statistique. L’approche quantitative s’inscrit
finalement dans une logique explicative, l’idée étant de mettre en lumière une corrélation ou
mieux, un lien de causalité, entre les variables qui sont étudiées.

L’approche qualitative suit plutôt une logique compréhensive, en ce qu’elle vise à saisir les
pratiques, les motivations, les significations ou les ressentis qui sous-tendent un phénomène
social. L’observation permet d’étudier la manière dont les choses se passent dans leur
globalité, et les entretiens offrent des points de vue individuels sur ces choses. Plutôt que de
comptabiliser le plus de cas possible, on va donc limiter l’étude à un nombre restreint de
situations pour tâcher d’embrasser la profondeur des situations. Il s’agit finalement de prendre
en compte les spécificités de chaque cas – le contexte, la culture, l’histoire, la perception… –
pour tenter de les comparer les uns aux autres.

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