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VALÈRE D.

SOMÉ

OUALLIAN NOAGA
ET

LA RÉVOLUTION BURLINABÈ

(CE QUE LA JEUNE GÉNÉRATION DOIT SAVOIR)


PROLOGUE

Lorsque j‘ai vu les prestations de Oualian Noaga Jean-Baptiste à la Télévision nationale au cours
de l‘émission « Actu 7 » du dimanche 6 février 2011, je suis resté stupéfait.
Stupéfait devant tant de témérité à vouloir réécrire l‘histoire du mouvement révolutionnaire en se
taillant une place privilégiée.
Stupéfait devant cette propension au mensonge.
Malgré le poids de l‘âge l‘individu est resté égal à lui-même. Il excelle dans la perversion du vrai.
Nous savions que durant des années en apartheid, il abusait des jeunes générations, en réécrivant
l‘histoire du mouvement à son goût, se mettant en avant comme ayant été le maître à penser de toute
la génération de militant ayant évolué au sein de l‘UGEN et de la FEANF entre 1968- à 1979.
Nous avons jusqu‘ici encaissé tous ses mensonges assortis de sentences pompeuses, sans broncher..
Une moue dégoutée, et par autre chose, c‘est tout, pensions-nous, ce que méritaient les balivernes
de ces messieurs.
Je me rends comptes combien nous nous sommes trompés, en sous-estimant le mal que l‘individu de
« génie » pouvait causer au sein de la jeune génération. Et Dieu sait combien de militants de cette
jeune génération ont été fourvoyés par le verbiage mensonger de ce mégalomane indécrottable.
C‘est encouragé par ce silence, que nous avons voulu méprisant, qu‘il a eu l‘outrecuidance de
s‘amener sur le plateau de notre télévision nationale, la chaîne « au cœur des grands évènements »
ou encore la chaîne « du plaisir partagé ».
Si l‘évènement était de taille (car il faut vraiment avoir du toupet, pour venir devant tous les télé-
spectateurs du Burkina Faso » étaler tant d‘insanités et de pitreries pour amuser la galerie), le plaisir
n‘a pu être partagé, par nombre de télé-spectateurs. Et je suis de ceux-là.
Si mes « amis » du P―CR‖V, préfèrent garder le silence (clandestinité oblige), nous de l‘ULC rien ne
ne nous autorise une telle attitude qui encourage les renégats du genre de Oualian, à se faire
passer pour le « génie de tous les temps » du mouvement révolutionnaire national.
C‘est pourquoi réagissant au nom de mes anciens camarades de l‘ULC, j‘ai pris sur moi de rendre
public, un document interne inédit jusqu‘aujourd‘hui et intitulé « Le chemin parcouru ».
Ce faisant je n‘ai pas craint de dévoiler les identités de mes camarades qui ont été des acteurs de
la « lutte idéologique » que nous avons livrée contre Oualian et son acolyte Somé Baza.
Mes camarades et moi, nous n‘avons pas besoin de nous cacher. Il y a belle lurette que nous
sommes sortis de la clandestinité pour agir à visages découverts en participant activement aux luttes
menées, sous les régimes du Conseil national de la révolution ou/et du Front populaire.
Le contenu de ce document est d‘une étonnante actualité. Il prouve à prouve à suffisance, même
pour les incrédules, que Oualian Noaga Jean-Baptiste n‘a pas été, n‘a pas pu être le « maître à
penser » qu‘il prétend avoir été pour nous autres qui avons évolué à l‘ULC.
Ce n‘est pas que je refuse d‘avoir bénéficié des enseignements de quelques maîtres en matière de
formation politique et idéologique. Loin de moi une telle ingratitude. Au nombre de ceux qui ont
contribué à ma formation, Oualian n‘y figure pas.
Je n‘ai jamais caché d‘avoir bénéficié de l‘encadrement des aînés comme Soumane Touré et feu
Léon Médah.
Pour nous qui l‘avons côtoyé un tant soit peu, nous sommes irrémédiablement convaincus que la
schizophrénie (mal dont une des manifestations est l‘‗enferment sur soi, sur son ego) qui l‘habite est
désormais inguérissable.
À force de se raconter des mensonges, il en est par s‘en convaincre. Sinon un homme normal
n‘aurait pas eu le front de venir devant un public aussi large se livrer à une telle falsification de faits
historiques, alors que les acteurs de cette tranche de l‘Histoire sont encore vivants et présents sur la
scène politique nationale.
Je n‘ai pas l‘intention de suivre point par point, monsieur Oualian dans toutes les questions qu‘il a
eu à aborder lors de la fameuse émission.
Je me limite à quelques courts échantillons tirés de ses élucubrations, surtout les passages où il nous
interpelle. L‘on comprendra que l‘on ne peut ouvrir plusieurs fronts à la fois.

Revenons donc à notre bonhomme.


Il n‘a pas craint de dénoncer publiquement certaines personnes qui se refusent obstinément à
s‘identifier comme communistes (ce qui dans notre milieu est condamnable et l‘individu qui s‘adonne à
de telles pratiques est tout simplement appelé « zoubatov »). Aussi, qu‘on ne s‘étonne pas que je
prenne sur moi la responsabilité de rendre public aujourd‘hui ce document interne du Groupe « Le
prolétaire » devenu, après éjection de Oualian Noaga Jean-Baptiste et de son acolyte, Somé Baza
(plus connu sous le diminutif de Baza), l‘ULC (Union de lutte communiste) puis ULC-R(reconstruite).
Il se proclame communiste. Si ce bonhomme est un communiste, alors, je suis le Dalaï-Lama en
personne.

En prenant la peine de parcourir « Le chemin parcouru », le lecteur se convaincra, que toute la


ligne national-populiste que nous avons combattue et tenté de redresser, dans le cadre du
Mouvement du 21 juin (M.21) et de l‘ULC est principalement le fait du sieur Oualian.
Nous avons même essayé, mais sans succès de réformer notre prétendu maître, tant il était pétri
jusqu‘à la moelle des conceptions national-populistes.
Comment pouvait-il, lui Oualian être notre « maître à penser » ?
Qu‘il ait la tête pleine, cela n‘est pas en cause. Mais qu‘il l‘ait bien faite est une autre manche. Le
cafouillis causé dans sa tête par des lectures mal digérées, l‘a empêché à jamais de pouvoir réfléchir
et d‗élaborer une ligne politique et idéologique cohérente et conséquente.
S‘il s‘agit, dans un verbiage intarissable, pérorant devant ses nouvelles recrues (néophytes
ignorants), de rappeler qu‘en 1914, lors du nième plénum de la nième session du Comité central du
Bureau politique du Parti communiste (bolchevik)— PC(b), que Piatakov s‘était opposé à Lénine sur
une question en débat, alors là, l‘individu est imbattable.
Mais qu‘il s‘agisse de dire si oui ou non la Haute-Volta a acquis son indépendance politique en
1960, voilà le « maître » qui s‘empêtre dans ses idées, qui s‘embrouille dans des contradictions
inextricables. Il faut l‘intervention des « élèves » pour débrouiller la confusion qui règne dans sa tête.
Or, qui ne sait pas appréhender la question de l‘indépendance politique ne saurait poser
correctement la question nationale dans toutes ses implications (Définition de l‘étape de lutte en
termes de RDP (ULC) et non de RNDP (P―CR‖V) ou de RPLN (PAI-LIPAD), solution de la question
paysanne, la question des minorités nationales, etc..).
Jamais, au grand jamais, nous n‘avons soutenu que des révolutionnaires burkinabè doivent choisir
leur patrie au bord de la Seine, se prélassant loin des dures réalités de notre pays, et agissant pour
leur seul bien-être, sans attache avec le mouvement révolutionnaire et patriotique de leur pays
d‘origine.
Bien au contraire, nous avons toujours nôtre cette indication de Marx, à savoir :

« La lutte du prolétariat contre la bourgeoisie, bien qu‘elle ne soit pas,


quant au fond, une lutte nationale, en revêt cependant tout d‘abord la
forme. Il va sans dire que le prolétariat de chaque pays doit en finir,
avant tout, avec sa propre bourgeoisie. »

C‘est ici, au Burkina Faso que se passe la lutte concrète contre l‘impérialisme international
(notamment français, comme on aimait à le dire à l‘époque). C‘est en luttant contre les alliés
nationaux (voici une notion que nous avons introduite à la place de celle de « valets locaux », notion
polémique et non scientifique, politiquement parlant) que l‘on porte atteinte aux intérêts de
l‘impérialisme dans notre pays.

Lorsque Oualian affirme à la Télé, sans aucune gêne, que c‘est lui qui nous a instruits d‘adopter le
concept de « l‘indépendance politique », la définition de notre révolution en termes de RDP, il ment.
Il ment sans même frétiller des paupières. Quelle outrecuidance, lorsqu‘on sait que c‘est à coup de
forceps que nous avons expurgé des replis poussiéreux de son cerveau toutes les conceptions

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national-populistes pour l‘amener à admettre les concepts d‘indépendances politiques, de RDP, à se
rallier au fait que les mots d‘ordre d‘ « intégration aux masses », de « Front démocratique » lancés
par l‘UGEV sont des mots d‘ordre aventuristes et par conséquent dépassant les attributions d‘un
mouvement étudiant se posant en avant-garde. En en somme, lorsqu‘on sait, que ce fut par un
accouchement douloureux que nous l‘avons amené, en son corps défendant pourrait-on dire, à se
départir de toutes les conceptions national-populistes dont il a été le géniteur, le père idéologique,
le concepteur en chef. La reconversion ne fut pas du tout aisée, car il s‘est agi d‘une mue totale que
l‘on exigea de lui.
Il faut signaler que depuis la publication du « Prolétaire » numéro 0, à l‘amendement duquel, il a
quand même pris part, nous n‘avons plus commercé avec Oualian et son compère Baza.
Or, tout le fondement idéologique, toute l‘orientation politique, en sommes les fonds baptismaux
de notre action ont été jetés par les numéros du « Prolétaire » qui parurent après leur expulsion (lui
et son acolyte) de nos rangs.
Notre collaboration s‘est arrêtée au seul et unique numéro 0 du « Prolétaire », dans le cadre du
Groupe « Le Prolétaire ». Les « deux vieux », ainsi que les avions nommés, n‘ont donc aucune part à
l‘héritage de l‘ULC (malgré le fait que Oualian s‘en réclame à la Télé) et de l‘ULC-R.
Les dits maîtres (Oualian et Baza) ont passé tout leur temps à faire main basse (une véritable
OPA) sur les écrits de leurs « élèves » (le lecteur s‘en convaincra par la lecture de « Le chemin
parcouru », texte qui est l‘objet central de la présente publication), de la supercherie.
Qu‘est-ce donc, si ce n‘est un aveu d‘impuissance, lorsque les « maîtres » se voient réduits à
s‘approprier malhonnêtement le travail de leurs « élèves ». C‘est vraiment le lieu de dire que l‘élève
a dépassé le maître.

« Le chemin parcouru », est un document interne au Groupe, qui a été largement diffusé au sein du
Groupe « Le Prolétaire », dans toutes les cellules en France, à Dakar, en Russie et au Pays.
Nombreux sont donc les acteurs de la scène politique nationale, issus du « fameux groupuscule
communiste » qu‘est l‘ULC (selon déclamation prétentieuse du journaliste d‘ « Actu 7 », qui a eu la
difficile besogne de manager Oualian), qui sont issus de nos rangs (et Dieu seul sait qu‘ils y sont en
quantité et en qualité et non comme des figurants), qui peuvent attester de son authenticité.
C‘était notre plaidoyer auprès de nos « camarades de parti », pour montrer, comment nous
sommes venus trouver Oualian dans un désarroi idéologique total (au bord du suicide même) après
avoir été chassé de la direction de l‘O―C‖V, mis au banc, comme un élément dégénéré révisionniste
(défenseur de la « Théorie des trois mondes » et de la maxime dénuée de principe selon laquelle
« Qu’importe qu’un chat soit gris ou noir, pourvu qu’il attrape la souris », et autres théories
révisionnistes kroutchéviennes), et contraint de faire trois autocritiques écrites (dont les copies sont en
notre possession), auxquelles ceux de l‘O―C‖V n‘ont pas daigné donner une suite, abandonnant
l‘individu mal repenti à son triste sort, en proie avec sa conscience de renégat démasqué et honni.
Ce texte intitulé « Le chemin parcouru », qui fait l‘historique de notre Organisation, établit
clairement « qui est qui ? », « qui a fait quoi ? » et « pourquoi ?»). Tous ceux qui militaient à
l‘époque au sein du Groupe en ont pris connaissance et doivent détenir par devers-eux, un
exemplaire1.
C‘était, pour des organisations comme la nôtre, se voulant clandestines, la forme de publicité
autour des divergences qui peuvent opposer leurs membres.
Ce texte retrace donc le désarroi idéologique et moral dans lequel était plongé Oualian, après sa
déchéance et comment nous l‘avons « ressuscité », avec quelle ténacité nous lui avons redonné
confiance et avec quelles difficultés nous sommes parvenus à le doper pour l‘engager de nouveau
dans le combat révolutionnaire à nos côtés, incrédules et convaincus que nous étions, qu‘il avait
encore quelques contributions positives à donner à la lutte de notre peuple.
Ce qui vaut pour Oualian, vaut aussi pour Baza.
Comme nous nous sommes royalement fourvoyés sur le compte de ces « deux vieux » !

1 . C‘est le lieu de demander à celui de mes ex-camarades qui conserverait encore une copie de ce document de bien vouloir
me le communiquer afin de me permettre de compléter, les parties de mon exemplaire qui ont été rongées par les souris.
Merci d‘avance. Oualian est concernée par cette invite, puiqu‘ils (lui et son compère) en avaient été « ampliataires ».

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Aussitôt mis en selle, voilà leur naturel qui revient au galop. Les mêmes causes produisant les
mêmes effets, nous les avons (au sein du Groupe), à « l‘unanimité moins une voix », mis de côté et
avons poursuivi notre chemin, abandonnant ces « compagnons de route » à leur dégénérescence.
Oualian Noaga Jean-Baptiste n‘a pas démissionné de l‘O―C‖V. Il en a été chassé comme un
révisionniste dégénéré. Il a ensuite tenté de faire une OPA sur le Groupe « Le Prolétaire », après
que nous lui avons tendu la perche, et de par ses intrigues (sachez, comme dirait l‘autre, que le
bonhomme n‘est pas qu‘intrigant, il est l‘intrigue personnifiée), nous l‘avons aussi chassé, pensant
l‘avoir définitivement rangé dans le lot de ce que nous avons appelé à l‘époque, « les curiosités pré-
révolutionnaires », tout juste bons pour le musée national de l‘Histoire.
Nous sommes allés trop vite en besogne ! Voilà qu‘il a repris du service.
Mais nous allons œuvrer à l‘envoyer là où sa place l‘attend.
Aussitôt, après l‘avènement de la Révolution du 4 août, sur ma recommandation (Dondassé Talata
Eugène m‘est témoin), Thomas Sankara le fit venir. En faisant une telle recommandation, j‘avais en
tête, en mémoire de ses années de militantisme, qu‘on lui confie la gestion des Archives nationales,
étant documentaliste de formation.
Une fois encore, je dois avouer, que je me suis de nouveau fourvoyé sur le compte de l‘intrigant
personnage.
Dès sa première entrevue avec le Président Thomas Sankara (c‘était au Conseil de l‘Entente où ce
dernier avait élu ses bureaux), tels furent ses propos :
« Je tiens à dire que je ne suis pas venu pour être ministre ! »
L‘infatué personnage ! Tout comme si on l‘avait fait venir pour ça !
Dans sa lancée, se croyant le « prophète » appelé, il déclara, s‘adressant à Thomas Sankara qui
n‘avait pas encore dit un mot, même de bienvenue :
« J‘ai un préalable : Il faut que tu te débarrasses de Valère Somé et autres mystiques…, de ton
entourage, car j‘ai mobilisé derrière moi un tas de militants prêts à rallier la Révolution ».
Me voilà bien servi : je n‘ai pas dit que je peux… !
Lorsque nous l‘avons fait venir, le bonhomme ne pouvait se départir de ses tendances à semer la
zizanie là où il met pieds.
Il entreprendra même d‘opposer, par des propos que me garde de rappeler ici, le numéro deux
au numéro un de la Révolution.
Nous avions par notre méprise fait rentrer le ver dans le fruit.
Lorsqu‘il déclare que son passeport lui a été confisqué, parce qu‘il aurait, un certain jour à 3 h du
matin, en présence de Pierre Ouédraogo, porté la contradiction à Thomas Sankara, ce ne peut
qu‘être qu‘affabulations, délire d‘un mégalomane en quête de renommée.
Si seulement Pierre Ouédraogo pouvait témoigner !
L‘individu ment sans vergogne pour se mettre en valeur. Pendant qu‘on a confisqué son passeport,
il n‘a pas pour autant déserté les rangs des CDR de Paris, qu‘il déroutait par ses théorisations
fumeuses, fruits de ses lectures mal digérées.
Se faisant passer pour avoir été notre « maître à penser », il attirait vers lui, les jeunes empressés
d‘aller à la source du savoir. Mamadou Traoré connu pour avoir longtemps secondé le Secrétaire
général national des CDR, aujourd‘hui grand avocat de son État, en sait quelque chose et pourra
vous en dire long au sujet de ce prophète désœuvré en quête perpétuelle de jeunes néophytes
disposés à se faire dévoyer.
Pour revenir à la fable de son passeport confisqué, on se souvient encore de cette CDR de Paris
qui n‘avait pas la langue dans sa poche, Germaine Pitroïpa, qui tint tête publiquement, à la Maison
du peuple, au Président Thomas Sankara, prenant à contrepied son discours. A-t-elle encouru un
courroux quelconque de la part du camarade Président ? Bien au contraire, elle fut nommée Haut-
Commissaire du Kouritenga.
C‘est dire donc : à beau mentir celui qui est certain qu‘aucun témoignage ne peut venir le
contredire !

Jusqu‘aujourd‘hui, nos deux « maitres » sont restés sans réaction vis-à-vis de notre texte ( « Le
chemin parcouru », qui est un document qui invitait nos deux « vieux » à soutenir la fameuse « lutte
idéologique ») qu‘ils affectionnaient évoquer, à tout propos et hors de propos. Quand la « lutte
idéologique » vint, elle cessa faute de lutteurs. Ils désertèrent l‘arène. Ils avaient le droit et même le

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devoir, de par les principes organisationnels du Groupe, de soutenir cette lutte idéologique. Le
pouvaient-ils ?
Ce sont des gens qui excellent dans les manœuvres sordides, les intrigues montées de toutes pièces
sur la base de calomnies mensongères.

J‘ai trouvé indispensable d‘introduire « Le chemin parcouru » par ce prologue, afin de situer le
lecteur.
« Le chemin parcouru », est un document à verser dans le domaine public pour servir à ceux qui
veulent écrire l‘histoire de notre peuple, l‘histoire vraie et non l‘histoire taillée sur mesure pour faire
une place imméritée à des mégalomanes non repentis.
Il faut empêcher les charlatans de tout acabit de continuer à pêcher en eaux troubles.
L‘histoire du mouvement étudiant de notre pays reste à écrire. Je me propose de livrer bientôt
dans un ouvrage à paraître, ma contribution à la connaissance de cette histoire.

Je prie le lecteur de pardonner la véhémence de mes propos, mais il n‘y a pas d‘autres moyens de
commercer avec les falsificateurs de l‘histoire.
Ma gratitude va à ceux des lecteurs qui trouveront un intérêt politique et historique à cette
publication et qui œuvreront librement et gratuitement à sa large diffusion.
La jeune génération doit savoir, pour agir avec conscience et échapper aux pièges et autres
machinations des falsificateurs sans vergogne de l‘histoire.

« Dandin tu l‘auras voulu ! »

Ouagadougou, ce jour 7 février 2011

Dr Valère D. SOMÉ

E-mail : valere.some@yahoo.fr

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LE C H E M I N P A R C O U R U

(Extrait du numéro spécial de l‘Organe


interne du Groupe « Le Prolétaire »
INTRODUCTION

Depuis la parution du numéro 0 du « Prolétaire », l‘organisation est tombée dans une léthargie.
Jusqu‘à présent le second numéro du journal qui devait suivre le premier, et qui est tant attendu aussi
bien par les militants de notre organisation que par notre public, est loin de voir le jour.
Cette situation amène certainement les cellules, les militants à se poser des questions légitimes :
qu‘est-ce qui se passe au niveau des organes dirigeants ?
En effet, qu‘est-ce qui se passe au niveau des organes dirigeants et qui est-ce qui explique cette
discontinuité dans notre action révolutionnaire ?
Il se passe qu‘au niveau des organes dirigeants ça ne va pas. Il se passe que le Comité provisoire
d‘organisation (CPO) n‘est qu‘un comité d‘organisation que de nom, et de ce fait ne peut assurer la
direction idéologique, politique et pratique de notre organisation. Pourquoi cela ?
C‘est ce que nous nous proposons d‘expliquer aux yeux de l‘ensemble de l‘organisation.
Nous inspirant des principes et normes organisationnels qui président à la vie des organisations
comme les nôtres, qui se veulent marxistes-léninistes, nous estimons qu‘il est de notre devoir de ne pas
« celer » à l‘organisation, des problèmes sérieux qui touchent de prêt à sa survie. Comme le dit
Lénine, « Seule une large publicité redresse toutes les déviations rigides, unilatérales, capricieuses ;
elle seule tire de l‘ « opposition » parfois inepte et ridicule des « groupuscules », la matière utile,
indispensable, qui permet de s‘éduquer dans l‘esprit de Parti. »
Mais pour comprendre la situation actuelle, pour permettre à tous les militants de notre
organisation d‘être juges de cette situation, il est indispensable pour cela, de décrire le chemin
parcouru jusque-là.
D‘où sommes-nous partis ? Où allions-nous ? Comment sommes-nous arrivés là ?
Tout cela est nécessaire, pour répondre à la question de comment poursuivre le parcours, en
sortant de cette situation de léthargie?

1. D’OÙ SOMMES –NOUS PARTIS ?


1.1. LE NOYAU DES QUATRE

Toute organisation, toute force politique, avant qu‘elle ne se forme une physionomie (politique
s‘entend) a des initiateurs. Le plan de cette physionomie a été au préalable conçu par quelques
individus avant d‘être le plan d‘un groupe d‘hommes qui lui donne sa physionomie.
Notre groupe non plus, n‘a pas échappé à ce processus. Notre groupe s‘est constitué à partir d‘une
scission opérée au sein de l‘O"C"V (Organisation « communiste » voltaïque). Cela avait été indiqué,
certes de façon brève, dans le premier numéro de l‘Organe interne (OI)
Au sein de cette organisation, déjà au mois d‘avril 1978, quatre camarades prirent conscience de
l‘ampleur des problèmes idéologiques qui minaient sérieusement cette organisation et qui
l‘empêchaient de se transformer en une organisation véritablement communiste. Il convient de citer le
nom de ces quatre camarades. Il s‘agit des camarades : Sô-Fù-Mion2, Don-Donis 3, Bruno4 et X.
Ces quatre camarades étaient partis des constatations suivantes, pour fonder leur action future :
L‘O"C"V est une organisation au sein de laquelle prédomine sans partage, l‘idéologie petite
bourgeoisie, étrangère à l‘idéologie prolétarienne. Et cela se manifestait de la façon suivante :
I°- S‘en prenant au 1er responsable de l‘époque (ne pas confondre avec l‘ancien Ier responsable,
démis par voie de putsch), les quatre camarades le caractérisaient comme « un cacique » petit-
bourgeois qui n‘a pas hésité à s‘entourer d‘une véritable mystique, tout en qualifiant les autres de

2 -Pseudonyme de Charles Salvi SOMÉ.


3 - pseudonyme de Valère D. SOMÉ
4 - pseudonyme Basile Laetare GUISSOU

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contre-révolutionnaires ,ceci dans le but de mieux exciter le fanatisme, bâillonnant la critique et faire
taire la vigilance révolutionnaire contre son pouvoir discrétionnaire de cacique. »
Ainsi dans l‘organisation, s‘était instaurée une atmosphère de coterie, de conflits personnels, alors
que doit exister une solide camaraderie communiste.
A la place des discussions saines à l‘intérieur des structures de l‘organisation, s‘étaient substitués les
« cancans » et autres chicanes.
Les attitudes du Ier responsables de l‘"O"CV ressemblaient à des attitudes de petits chefs
(« cacique ») qui parlent beaucoup, mais travaillent peu. »

2°- Le radicalisme aventurier et gauchiste de la petite bourgeoisie. Des années et des années de
pratiques sectaires de l‘O"C"V dominée par l‘idéologie petite-bourgeoise ont conduit au règne
absolu des « caciques petits-bourgeois » et ont déformé de nombreux militants et introduit chez eux,
le vice du dénigrement dans les couloirs, le goût de la parade, l‘impatience dans le travail communiste,
qui demande de la patience et de la persévérance.
De la même manière que nous avons étouffé dans l‘œuf les révisionnistes du PAI, engageons une
lutte sans merci pour nettoyer des rangs du mouvement communiste voltaïque, la « phraséologie
révolutionnaire qui éprouve une résistance au travail de masse et à l‘application d‘une tactique
révolutionnaire, tendance qui exprime l‘incapacité des petits-bourgeois devant les tâches ardues de
la révolution.

3°- Abus de praticisme : cela entraîne le renforcement de l‘idéologie petite-bourgeoise. L‘abus du


praticisme et la multiplication des tâches pratiques sont une manière de fuir les débats politiques
sérieux (remplacement de ceux-ci par des généralités, des discussions théoriques qui n‘apportaient
rien à la formation idéologique et politique des militants). Cela entraîne chez les militants (ployant
sous le poids des tâches pratiques), l‘incapacité à penser par eux-mêmes, d‘où l‘indispensabilité des
« Bonzes ».
Cela conduit au constat du faible niveau idéologique et politique des militants, de leur
désintéressement à discuter politiquement des problèmes et remplacement par une tendance à vouloir
toujours « creuser » chez les autres pour y découvrir « les tares petites-bourgeoises » sous le poids
desquelles eux-mêmes ploient.
Cela conduit à un désintéressement pour l‘étude des documents (refus de faire étudier les
documents de l‘organisation), des classiques du marxisme-léninisme.
Tout cela égale la résistance radicale de la petite bourgeoisie à l‘idéologie prolétarienne.
Cette prééminence des tâches pratiques a montré un incroyable manque d’esprit pratique, de
capacité de réalisation, de capacité de conception.

4°- Manque d‘audace, routine étriquée très développée.

5°- Les comportements du « cacique » étaient connus de tous. Aucun n‘ignorait son action de
division (pour mieux asseoir son règne) et la constitution d‘une fraction pour « tomber » le 1er
responsable de l‘organisation. Cependant il n‘y eut aucune résistance devant ces activités antiparti et
anti-prolétariennes. Ce fut-là, une complaisance criminelle montrant à quel point, on avait su abuser
de la confiance aveugle des militants, développant un servilisme des plus puants ».

Toutes ces cinq (5) manifestations citées, sont contenues dans le compte-rendu d‘une des réunions
(fractionnelles) tenues par les quatre camarades. Nous tiendrons à la disposition de tout un chacun,
les originaux de ces comptes rendus de réunions des quatre.
Partant donc de ces cinq constatations, les quatre camarades se dégagèrent des tâches qu‘ils
intitulèrent, « les 5 démarcations » à savoir :
1°- rompre avec les idées et pratiques de l‘esprit de coterie petit-bourgeois et intégrer à
l‘organisation les anciens militants, mis à l‘écart injustement.
2°- coordonner les forces prolétariennes révolutionnaires et œuvrer à l‘unification en un centre
unique : le Parti communiste.
3°- ligne de démarcation nette entre nous et les révisionnistes modernes, ancien genre et nouveau
genre (tiers-mondiste).

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Sur le plan national, démasquer et anéantir les révisionnistes du PAI avec eux, deux lignes
antagoniques.

4° - rompre avec la direction petite-bourgeoise de l‘O"C"V. Démasquer les « caciques », les


« chefaillons » à la manque, aux yeux de l‘ensemble des véritables communistes de Haute-Volta .

Entre autres tâches mentionnées dans le compte rendu en question et qui ne sont pas clarifiées, il y
a:
- lutter contre la mentalité petite-bourgeoise des sectes, des caciques, des groupes d‘amitié, et du
radicalisme vain.
- barrer désormais la route à toute tentative de diversions entre camarades.
- incitation à une transformation radicale dans le comportement et l‘action de chaque communiste.
- processus de bolchévisation.

A la page 4 du compte-rendu, on peut lire ceci :


« Mettre l‘effort sur les points suivants, pour une véritable bolchévisation de l‘organisation :
1°- Discuter, assimiler et appliquer les décisions du comité de réorganisation.

2°- Rompre avec les séquelles de l‘empirisme et du praticisme laissées par l‘esprit de « cacique »
des éléments petits-bourgeois à la direction de l‘O"C"V.

3°- Enrayer le spontanéisme.

4°- Développer une vie organisationnelle régulière, une vie politique intense et une liaison aux
masses étroites.

5°- Nécessité de diriger organisationnellement les masses, car il n‘y a de liaison qu‘avec les masses
organisées.

6°- Apprendre à nous passer du confort, d‘une vie facile et tranquille : sobriété, modestie et
dignité.

7°- Éliminer les tendances et pratiques pernicieuses :


a) - Idées et pratiques des groupes, du caciquisme et de l‘amitié petite-bourgeoise. Plus de
mandarins qui entravent le centralisme démocratique et le principe de la direction collective,
bloquant les liaisons entre les divers organismes, se réservant le droit de donner des ordres
personnels en les faisant passer pour des « directives supérieures ». Quand ils (ces mandarins)
occupent les postes de 1er responsable, ils laissent libre cours à la leurs vices. Ils transmettent aux
organismes que ce qu‘ils jugent nécessaire et quand ils veulent bien le faire.

Ils ne payent pas leurs cotisations.


Mieux, hier ils sont anti-albanais (paraît que tous ceux qui sont partis en Albanie sont devenus des
« ultra-gauches » ), demain, ils sont plus albanais que les Albanais eux-mêmes (ils y ont fait à leur
tour un voyage et ils ne sont pas devenus pour autant des « ultra-gauches », mais des « ultra
albanais »). Ils sont toujours occupés, pris par les affaires et pourtant ils ne font rien. Ce sont des
spontanéistes et pourtant, ils sont les premiers à lancer ce qualificatif aux autres. Ils affichent toujours
des airs de grands seigneurs : il faut leur ôter ce voile.

b)- Tendance à encourager et entretenir la délation, la dissimulation et le servilisme.

c)- Tendance à confondre le sectarisme à la fermeté révolutionnaire prolétarienne.

d) Tendance spontanéiste contraire à l‘esprit qui consiste à travailler avec un plan minutieux
élaboré et approuvé collectivement et avec méthode.

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e)- Tendances libérales qui sont l‘expression achevée de l‘idéologie bourgeoise libérale.

f)- Tendances bureaucratiques créant une mentalité de fonctionnaires bureaucrates.

h)- Tendance de « conspirativisme ».


Sous prétexte de détecter les flics, on détourne l‘organisation de son action auprès des masses.
Entretien d‘une atmosphère de suspicions réciproques. Autant de choses qui contribuent à déstabiliser
les camarades honnêtes et sincères.

CONCLUSIONS

 Être communiste, n‘est pas un simple acte de foi. C‘est avant tout et par-dessus tout, une
transformation réelle et constante du comportement idéologique et de l‘élévation du niveau
politique.

 Être communiste c‘est mener sa vie avec les intérêts de l‘organisation et de la révolution ; c‘est
subordonner ses intérêts individuels aux intérêts supérieurs de l‘organisation. C‘est être un fidèle
serviteur du peuple, en sachant travailler avec lui, vivre avec lui et lutter avec lui.

 Être communiste, c‘est se porter aux devants des difficultés.

 Être communiste, c‘est être honnête et sincère vis à vis de l‘organisation et vis-à-vis de ses
camarades de lutte, c‘est tenir le mensonge en honte, c‘est haïr l‘hypocrisie.

 Être communiste, ce n‘est pas une proclamation solennelle ; ce n‘est pas l‘attitude d‘un moment,
c‘est l‘être à tous les moments, pour la vie entière ; c‘est un choix quotidien.

Voilà ce que reflète le compte-rendu de cette réunion des 4. Nous avons tenu à produire sans
aucune modification, y compris toutes les insuffisances, le contenu de ce compte rendu. Ce qu‘il faut
dire avec honnêteté, c‘est que les 4 camarades se sont inspirés énormément des documents du PCP-R
(Parti communiste Portugais–reconstruit), pour cerner la nature des problèmes idéologiques posés au
sein de l‘O"C"V. Parfois même c‘est une reprise pure et simple de certains problèmes idéologiques
décrits dans les documents du PCP-R.
Ce qui est la preuve que le genre de problèmes que nous connaissons, ne nous est pas spécifique.
Pour nous résumer nous dirons que cette analyse brève des insuffisances idéologiques, constituait la
plate -forme idéologique à partir de laquelle, les 4 camarades allaient se fonder pour orienter leur
action future, en contactant des éléments susceptibles d‘être ralliés. En d‘autres termes, ils avaient
entamé résolument le travail de fraction. Dans ces contacts, c‘est ainsi que l‘ancien 1er responsable
de l‘O―C‖V (que nous appellerons, Kévin5) fut saisi et sollicité. Il faut avouer son ralliement à notre
cause, ne fut pas tâche aisée. Lors de la première entrevue au cours de laquelle le camarade Don-
Donis a été chargé par les 3 autres camarades d‘avoir avec lui, voilà le langage qu‘il a tenu après
avoir relaté en détail (pendant plus de 6 heures) la mésaventure qui lui est arrivée :

« je ne suis pas encore arrivé à la conviction que l‘O―C‖V est foutue ;


sinon j‘aurais déclenché une action parallèle. Et puis pour moi, je pense
que mon rôle historique est terminé. Je me contenterai de donner, en étant
à l‘écart, ma contribution d‘une manière ou d‘une autre ».

Devant de tels propos, le camarade Don-Donis n‘a pas manqué de déclarer que ce sont des
attitudes capitulardes et que de telles attitudes ne sont pas concevables au regard de la question de
la révolution dans notre pays qui est en cause.
Puis il s‘est acharné à le convaincre de la possibilité pour lui de continuer dans la lutte qui est la
nôtre. À l‘issu de cette première rencontre, Kevin demanda un temps de réflexion ; ce qui lui fut

5 - Pseudonyme de Noaga Jean-Baptiste OUALIAN

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accordé, mais toute fois avec la précision suivante à savoir : « qu‘avec lui ou sans lui, nous, nous
étions décidés à aller à contre-courant, du courant opportuniste petit-bourgeois prédominant au sein
de l‘O―C‖V.
Il est vrai qu‘en ce moment nous n‘avions pas une idée suffisamment claire de comment nous irons à
contre-courant. A ce niveau, nous avions une position confuse. Nous préconisions, en même temps que
nous mènerons la lutte à l‘intérieur de l‘"O"CV, mener un travail d‘organisation à l‘extérieur.
Il est à noter que c‘est seulement après la première entrevue avec le camarade Kevin (ancien 1er
responsable de l‘O―C‖V) que nous avons contacté le camarade ROBIN6 qui n‘éprouvera d‘ailleurs,
quant au principe, aucune difficulté à se joindre à nous. Lors de la première entrevue avec Kevin, il
lui a été aussi signifié, le fait que nous souhaiterions rencontrer le camarade Igor7, un des anciens de
l‘O―C‖V et que nous considérons comme avoir été mis injustement à l‘écart, et cela sans aucun débat.
C‘est après ces quelques contacts, qu‘au sein de l‘O―C‖V s‘est posé (début mai 1978) le problème
de la « Directive » (la fameuse directive) qui posait comme tâche immédiate, la création du Parti (en
fait la simple transformation de l‘O"C"V en Parti), pour les vacances 1978. La façon dont cette
directive posait la question de la création du parti ne nous laissait aucun choix, pour mener la lutte
idéologique à l‘intérieure de l‘O“C”V. Ainsi selon cette « Directive centrale », seuls sont des
marxistes-léninistes, les éléments qui seront d‘accord avec la vision subjective et volontariste qui y est
contenue; seront considérés comme « révisionnistes », comme « des petits bourgeois jusque dans
l‘âme », qu‘il faudra exclure, tous ceux qui iront à l‘encontre de cette directive centrale. Puis la
directive, terminait en invitant tout un chacun à répondre par un « Oui » ou par un « Non », s‘il est
d‘accord ou non avec cette « tâche immédiate » de création du Parti prévu pour les vacances 1978.
Pour nous les quatre (4), la question du « Que faire ? » se posait avec force.
Comment concevoir sans trahir nos convictions idéologiques, le fait que l‘O―C‖V au sein de laquelle
prédomine de façon totale, l‘idéologie petite-bourgeoise se transforme dans ces conditions, en un
parti communiste ?
Comment mener notre lutte, pour montrer que sans avoir atteint une stabilité idéologique certaine,
on ne saurait passer à la transformation de l‘O―C‖V en un Parti de toute la classe ouvrière ; par
principe, nous ne trouvions, à part le manque de stabilité idéologique, l‘absence de dirigeants
idéologiquement stables, aucun autre inconvénient à ce que le Parti se crée pendant les vacances.
Voilà comment à notre niveau, avec toutes nos insuffisances, le problème se posait.
Outre le fait qu‘au sein de l‘O―C‖V, il n‘y avait pas d‘organe interne à travers lequel, nous
pouvions exprimer nos points de vue à toute l‘organisation, les faisant dépasser ainsi le cadre étroit
des cellules au sein desquelles le suivisme était à son paroxysme ; outre ce fait donc, il y avait le
danger certain de nous faire isoler un à un, et nous éjecter de l‘organisation comme de vulgaires
antiparti, comme des « compagnons de route » petits-bourgeois. Tenaillés donc par ce souci, au
niveau des « quatre», nous avons arrêté un texte en commun que voici :

« APPEL AUX COMMUNISTES VOLTAIQUES


(Deux tendances au sein du mouvement communiste voltaïque)

Introduction
Le prolétariat international est à la veille d‘une lutte décisive. Nous continuons de vivre sous
l‘époque de l‘impérialisme et des révolutions prolétariennes. Tout le système capitaliste (y compris les
pays révisionnistes social-impérialistes) est secoué dans le plus profond de leur fondement, par une
crise économique sans précédent. Cela s‘explique d‘une part, par le fait que le système capitaliste
de par sa nature est et sera toujours en prise à des crises profondes avec leurs cortèges de
malheurs. D‘autre part, par le fait que les masses populaires de par le monde assènent des rudes
coups aux intérêts économiques du monde capitaliste impérialiste, confirmant le fait qu‘aujourd‘hui
dans le monde, la tendance principale est à la révolution.
Dans tous les pays capitalistes impérialistes, on assiste à la montée grandissante du fascisme. La
bourgeoisie se prépare fébrilement pour museler les peuples et les contraindre à la soumission. En
outre, la rivalité des deux superpuissances, l‘impérialisme US et le social-impérialisme soviétique, fait
6 .Pseudonyme de Bonaventure KABRÉ.
7 - Pseudonyme de Bazanasuon SOMÉ

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planer sur les peuples du monde, le danger d‘une troisième guerre mondiale. Tout cela rend
incontestablement, cette vérité selon laquelle : aujourd‘hui, dans le monde, la révolution n‘est plus une
simple aspiration et une perspective, mais un problème posé et à résoudre : ou la révolution conjure
la guerre ou la guerre provoque la révolution. Ce sont les deux issues possibles.
C‘est pourquoi dans les pays où il y a un mouvement ouvrier conscient, la classe ouvrière doit
s‘apprêter à livrer une série de batailles décisives, les armes à la main. Il est plus que jamais
impérieux, pour ce faire, qu‘elle se dote d‘une solide et puissante organisation révolutionnaire afin
d‘assumer sa mission historique, celle de son émancipation et de l‘émancipation de l‘humanité entière.
Toute hésitation, toute perte de temps est une perte de temps précieuse, qui coûtera très cher aux
peuples.
Dans tous les pays où la classe ouvrière reste inorganisée, il importe aux communistes d‘œuvrer à
la naissance d‘authentique parti marxiste-léniniste, se démarquant résolument du révisionnisme
moderne ancien genre (Kroutchévien) comme nouveau genre (tiers-mondiste), et demeurer la fraction
la plus consciente, la plus combative et partant la plus révolutionnaire. La tâche des communistes est
d‘organiser toute la classe ouvrière et le peuple sous la direction d‘une avant-garde communiste.
Pour nous communistes voltaïques, la nécessité d‘un parti communiste est une nécessité impérieuse.
Nous, nous devons de l‘envisager comme la tâche stratégique immédiate. Mais il nous faut un Parti
Communiste authentique, qui répudie l‘opportunisme de toute nuance, allant du révisionnisme sous
toutes ses couleurs (Kroutchéviens comme tiers-mondiste) à toutes les tendances propres à la petite
bourgeoisie ; cela est d‘une importance particulière, « car un parti communiste n‘est pas seulement
nécessaire avant et pendant la révolution, mais après celle-ci ». Les expériences amères du PCUS, et
du PCC, sont une leçon sérieuse pour le prolétariat international. Cette nécessité ne peut prendre fin
qu‘avec la disparition des classes sociales. C‘est en raison de toutes ces considérations, qu‘à la veille
de la création du premier parti communiste voltaïque, il importe à tous les marxistes-léninistes
authentiques de notre pays d‘être attentifs et vigilants.
Ce pour lequel, de nombreux communistes ont œuvré va voir le jour. C‘est le couronnement de tant
d‘années de labeurs, de durs sacrifices et de beaucoup d‘abnégation.
On serait tenté de crier : victoire ! Mais hélas ! De nouveaux combats pointent à l‘horizon. Mais en
véritables communistes, ne reculant devant aucune difficulté, nous oserons assumer nos devoirs et nos
responsabilités pour que ce Parti soit l‘authentique Parti de la classe ouvrière voltaïque.
Des arrivistes petits-bourgeois, usant des méthodes des plus viles, dignes d‘éléments bourgeois et
petits-bourgeois, veulent anéantir l‘effort de tant d‘années consenti à la juste cause de la classe
ouvrière et du peuple voltaïque. C‘est pour lutter contre ces éléments petits-bourgeois, que nous
communiste authentiques, sommes constitués en un noyau ferme et uni et avons pris la ferme décision,
et l‘engament irrévocable, de venir à bout de ces arrivistes petits-bourgeois, et sauvegarder
l‘authenticité du parti de la classe ouvrière. Nous avons été confrontés au dilemme suivant : ayant
acquis la ferme conviction que la direction actuelle ne représente aucunement l‘intérêt du prolétariat,
devons-nous dès cet instant opérer une scission ou continuer de rester dans le parti pour y mener une
lutte décisive ?
Nous avons opté pour le deuxième terme du dilemme, et cela pour deux raisons essentielles :
I°) Nous pensons et croyons à la justesse, sur les points essentiels, du document issu de la 1re
Conférence nationale (septembre 1977), Conférence au cours de laquelle notre groupe a pris la
dénomination d‘O―C‖V (Organisation « communiste » voltaïque)
2°) Nous pensons et croyons à la nécessité impérieuse d‘un parti communiste, qui naîtra sur la base
de la ligne fondamentale issue de la 1ère Conférence nationale. La création d‘un tel Parti, ne peut
être remise à des lendemains lointains ; elle aura le mérite, celui d‘avoir planté sur notre sol, le
drapeau rouge, le drapeau de la classe ouvrière, le drapeau de la libération de notre pays et du
socialisme comme voie de transition vers le communisme.
Une fois que ce drapeau, qui est l‘œuvre de tous les membres de l‘O―C‖V, flottera sous les cieux
de notre pays, il ne serait plus l‘apanage de tel groupe ou tel autre, mais le drapeau de la classe
ouvrière voltaïque.
C‘est pourquoi, nous sommes décidés à mener la lutte de l‘intérieur, en sachant que cette lutte sera
une lutte entre deux lignes s‘excluant mutuellement, car au sein du Parti de la classe ouvrière, il ne
peut et ne doit exister qu‘une seule ligne, celle du marxisme-léninisme authentique, léguée par
Marx, Engels, Lénine et Staline.

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Nous mènerons cette lutte jusqu‘à ce que les éléments étrangers à la cause de la classe ouvrière,
soient extirpés de nos rangs. Cette lutte sera dure, car l‘appareil de l‘organisation est aux mains de
ces éléments étrangers qui l‘utiliseront certainement pour nous écarter ; alors et alors seulement, nous
constituerons à part le véritable Parti communiste. Quoiqu‘il advienne, cette lutte est indispensable
pour rallier tous les camarades sincères dupés par ces éléments petits-bourgeois, étrangers à la
classe ouvrière et à son idéologie, le marxisme-léninisme, et pour isoler ces derniers.
C‘est une tâche difficile, mais exaltante, et nous l‘avons entreprise. Nous sommes optimistes quant à
son issu, car nous tenons fermement aux positions véritablement marxistes-léninistes.

1. Le chemin parcouru jusque-là

(Cette partie, n’a pas été développée ; certainement nous l’avions laissé provisoirement, en comptant
sur l’expérience des camarades anciens que nous désirons ralliés à notre cause)

2. Deux tendances au sein de l’O“C”V (du mouvement communiste voltaïque)

Une tendance commence à poindre sous forme d‘erreurs larvées, se produisant ça et là, petit à
petit, mais sûrement, elle finit par ce consolider,

« car, comme le dit Lénine, pour profiter de l‘expérience du mouvement


et en tirer des leçons pratiques, il faut se rendre compte jusqu‘au bout, des
causes et de l‘importance de tel ou tel défaut. » O.C. : T.5, p.384) ;
et Lénine poursuit :
« Du moment que les tâches étaient bien posées, du moment qu‘on avait
assez d‘énergie pour essayer à nouveau de les accomplir, les insuccès
momentanés n‘étaient que demi-mal.
L‘expérience révolutionnaire et l‘habilité organisatrice sont choses qui
s‘acquièrent. Il suffit que l‘on veuille cultiver en soi les qualités requises !
Il suffit qu‘on prenne conscience de ses défauts, ce qui en matière
révolutionnaire, est plus que corriger à moitié. Mais le demi-mal, devient
un mal véritable quand cette conscience commença à s‘obscurcir (elle était
pourtant très vive) quand apparurent des gens (…) prêts à ériger ces
défauts en vertus et tendant même de justifier théoriquement leur idolâtrie,
leur culte du spontané. Il est temps de faire le bilan de cette tendance … »
(souligné par nous, LÉNINE : O.C. : T.5, p. 385).

En effet, il est temps de faire le bilan de cette tendance. Pour l‘essentiel, ces pratiques pernicieuses
qui allaient finir par miner toute la vie de l‘organisation, relèvent des séquelles des pratiques
héritées au sein du PAI révisionniste. A cet effet il faut dire, qu‘une profonde leçon n‘a pas été tirée
de cette rupture d‘avec le révisionnisme matérialisé par le PAI. On le comprendra plus aisément
quand on saura que de bout en bout, du tout au tout, au sein de l‘organisation, la conscience a été
toujours écrasée par la spontanéité, et cela de façon spontanée.
Le spontanéisme en plein, voilà ce dans quoi toute l‘organisation a toujours baigné. Or qu‘est-ce
que le spontanéisme, sinon l‘opportunisme le plus plat !
Et c‘est par là qu‘il faut partir, si nous voulons cerner correctement cette tendance.

2.1. Idolâtrie ou culte du spontané

LÉNINE disait que :

« … tout culte de la spontanéité du mouvement ouvrier, tout


amoindrissement du rôle de l‘ « élément conscient », du rôle de la social-
démocratie, signifie par la même – qu‘on le veuille ou non, cela n‘y fait
absolument rien – un renforcement de l‘influence de l‘idéologie bourgeoise
sur les ouvriers » (O. C. : T.5, P.389)

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Outre le fait que le travail scientifique, selon un plan élaboré, adopté collectivement faisait
défaut, examinons dans la pratique, la façon dont s‘est manifesté le culte du spontané.

2.1.1. Les communistes voltaïques et le mouvement étudiant

Pendant très longtemps, les communistes ont trouvé dans le mouvement étudiant, le baobab
derrière lequel ils se tenaient cachés pour porter des coups aux gouvernements néo-coloniaux de
notre pays et à toute la réaction. Que le mouvement étudiant ait constitué à un moment donné, le
maillon fondamental avec lequel ils devaient tirer toute la chaîne vers eux, ce n‘est pas cela qui est
mis en cause.
Mais on finit par prendre plaisir à la facilité, à prendre le mouvement étudiant pour le tout. On
aurait pu depuis fort longtemps, par la diffusion d‘un organe communiste, développer un courant
communiste dans le pays. Mais non ! On est toujours resté dans l‘attentisme, attendant, on ne sait
quoi !
Le mouvement étudiant, l‘organe des étudiants, étaient utilisés pour diffuser le programme, les
idées des communistes, avec les limites qu‘une organisation de masse connaît. Mieux, au lieu
d‘amener, en tant qu‘élément d‘avant-garde au sein d‘une organisation de masse, les étudiants à
accepter de façon consciente la direction de la classe ouvrière, on s‘est acharné à tirer le mouvement
en arrière, sous le prétexte erroné, des limites du mouvement étudiant, etc.
Quand bien même cette erreur fut perçue, on trouvera des prétextes pour ne pas la corriger. Et les
camarades qui voulaient de ce fait, qu‘une rectification soit portée, furent accusés d‘ « ultra-
gauche » (Ce faisant on se plaçait soi-même à l‘ultra droite). Entre autres erreurs, il y a le fait de
faire assumer des mots d‘ordre au mouvement étudiant (UGEV), des mots d‘ordre du genre « Front
démocratique », alors qu‘il ne pouvait contrôler son application.
Et nous passons !

2.1.2. Le putsch contre le 1er responsable de toute la fraction scolaire du groupe en France

Sous le couvert de luttes idéologiques, on cherche à assouvir la soif du pouvoir personnel.


L‘impatience de vouloir jouer un rôle dans l‘Histoire, prit le pas sur les sentiments et les pratiques
vraiment prolétariens.
On eut recours à la calomnie ou au mensonge. On constitua une véritable fraction, aux dépens du
respect des normes organisationnelles, pour réaliser les noirs desseins. Le comble, c‘est que tout se
passa, dans les couloirs, partout sauf au sein de l‘organisation marxiste-léniniste, même pas au sein
de l‘organisation de masse anti-impérialiste qu‘est l‘AEVF. Et toute farce fut dénommée, « lutte
idéologique ».
Laissons de côté, la violation des normes organisationnelles, et examinons de plus près, cette lutte
idéologique, qui a abouti à la chute du 1er responsable de l‘organisation, l‘un des membres parmi les
4 cofondateurs de l‘O―C‖V.
Entre parenthèses, le chef d‘orchestre de toute cette mascarade, est très loin d‘être un des 3 autres
cofondateurs de l‘ancien groupe.
Que lui reprochait-on ? On lui reprochait d‘avoir soutenu et défendu la « théorie des 3 mondes ».
Et cela, il paraîtrait qu‘il l‘a fait lors des entretiens privés avec des éléments qui sont sensés ne pas le
savoir organisé. Mais malgré tout, le jour où pour la première fois, la question de la « théorie des 3
mondes » s‘est posée au niveau de la direction, il y eut l‘unanimité quant au fait que c‘est là une
théorie anti-léniniste, révisionniste [c‘était là la version dont nous nous sommes laissés convaincre par
Kévin]. Donc au niveau de l‘O―C‖V, il n‘y eut pas de divergence autour de cette théorie anti-léniniste.
Et pourtant c‘est ce qui fut saisi par son coresponsable (ils étaient deux à la direction), c‘est-à-dire
celui-là même qui orchestra la mascarade, donc quand il fut saisi par ce dernier sur le fait que
certains camarades lui reprochaient d‘avoir défendu la « théorie des 3 Mondes », il fut très surpris. Il
finit par reconnaître néanmoins que s‘il n‘avait pas défendu de façon explicite la théorie des 3
mondes, son appréciation sur la nouvelle direction chinoise (HUA KUO FENG et autres), et la défense du
bastion qu‘est la Chine (et cela personne ne le mettait en cause en ce moment-là) visait objectivement
à protéger cette théorie. Et c‘est ainsi qu‘il entreprit de lui-même la démarche auprès de ces

- 14 -
quelques camarades « pour rectifier le tir », car si de par ses prises de position, les camarades ont
vu là une caution à la « théorie des 3 Mondes », il fallait les revoir pour leur dire que, quand bien
même cela avait été perçu ainsi, cela constituait un point de vue erroné de sa part. Mais puisque tout
avait été orchestré, sa démarche fut interprétée comme une façon de fuir les critiques. Voilà tout.
Voilà la lutte idéologique menée autour de cette théorie des 3 mondes, d‘où il est sorti des tenants
du « NCO » en notre sein.
La fraction constituée organisa spontanément un débat de masse en dehors de l‘organisation pour
régler le compte au « révisionniste défenseur de la théorie des 3 mondes ». Et l‘affaire fut dans le
sac.
Voilà la manière dont les grands problèmes sont traités dans notre organisation. Et l‘on veut que
tout le monde cautionne de telles pratiques spontanéistes, échafaudées sur la base d‘imaginations
tendancieuses dans le but de visées sinistres et égoïstes.
Tous les militants sincères qui veulent un tant soit peu, faire un effort d‘objectivité dans les
réflexions, ne peuvent que se désolidariser de telles manœuvres. Pour notre part, nous estimons que
dans le cas favorable (aux fractionnistes) où le camarade 1er responsable, aurait défendu la
« théorie des 3 mondes », nous ne voyons pas où se trouve le mal, dans la mesure où, quand la
discussion a été portée au sein de l‘organisation, il s‘est démarqué de cette théorie. Et mieux, il a
cherché à présenter son auto-critique (sur la base de la confusion consciemment entretenue) à ceux
d‘entre les camarades (qui sont sensés l‘ignoré organisé) qui lui reprochaient un tel fait. Mais que
voulez-vous ! Quand on cherche à abattre son chien, on l‘accuse de rage.
Nous passons, sur les autres arguments d‘accusations, car elles sont beaucoup plus risibles.
Voilà où la soif du pouvoir personnel peut conduire : au mépris des intérêts prolétariens. Ce que
cela traduit, c‘est le désir de jouer un rôle important (poste de direction) dans la lutte révolutionnaire,
et ce, au mépris de toutes autres considérations. Et ce sont ces petits chefaillons, ces « caciques » qui
sont aujourd‘hui à la direction de notre organisation.
Mais poursuivons, pour montrer leur vrai visage, d‘éléments petits-bourgeois, étrangers à la classe
ouvrière.
Notons en passant, que par de mêmes pratiques, le 2e cofondateur du groupe8 a été éliminé sans
un débat au sein de l‘organisation. Le 3e cofondateur lui aussi a été éjecté, sans aucun débat.
L‘arriviste petit cacique, s‘accommode aujourd‘hui avec le seul membre cofondateur du groupe qui
est entré au pays depuis fort longtemps. Mais une chose est sûre, l‘arriviste petit cacique, ne reculera
pas pour l‘éliminer lui aussi, afin d‘assouvir sa soif de pouvoir et agir en maître incontesté. Et tout
cela, s‘est passé sous nos yeux, sans qu‘aucune voix ne se soit levée.
On peut dire, que ce qui a amené l‘élimination des certains camarades n‘a pas été une lutte
déclarée de deux conceptions absolument opposée, ni la victoire de l‘une sur l‘autre, il n‘y a pas eu
une lutte idéologique sérieuse qui aurait permis d‘extirper les tendances petites-bourgeoises qui se
manifestent sous les formes les plus diverses. Cela aurait permis de corriger les méthodes de
direction erronées dans le travail de l‘organisation.
À défaut d‘une assimilation sérieuse de l‘idéologie de la classe ouvrière, l‘organisation dans son
ensemble ne sût pas opposer la résistance nécessaire à ces pratiques opportunistes, de petits
chefaillons. Les idées-bourgeoises et petites bourgeoises allaient avoir dès lors droit de cité au sein
de l‘organisation. L‘ère du caciquisme avait commencé pour l‘organisation.
Par des méthodes bourgeoises et petites-bourgeoises, certains camarades parvinrent à se
maintenir à la direction de l‘organisation, faisant du Parti « leur chose » et non la « chose » du
prolétariat. Qui ose critiquer est mis aussitôt aux bancs des accusés ; l‘étiquette de « NCO » ou de
« NCR», etc., lui est attribué au bon gré du moment.
Ainsi, l‘adoption d‘un document juste (sur ses points essentiels) lors de la 1re Conférence nationale
ne s‘est pas suivie de changements profonds sur les conceptions étrangères. Les caciques ou
chefaillons (chefs à la manque) allaient trouver dans la confiance aveugle des militants, dans le
servilisme, le terrain propice pour véhiculer et propager avec habileté leurs conceptions. »

Là s‘arrêtait, l‘ «Appel ».

8 . il s‘agit du camarade Igor, qui se trouve aujourd‘hui organisé avec nous.

- 15 -
Manifestement il n‘était pas terminé, et depuis lors, il demeura inachevé jusqu‘à ce que nous
entreprîmes de contacter les deux anciens camarades, cofondateurs de l‘ancien groupe.

L‘ « Appel » fut présenté au camarade Kevin qui poursuivait encore ses réflexions, à l‘issue de
laquelle, il devait se déterminer par rapport à nous. Quand il eut pris connaissance du contenu de
l‘ « Appel », il ne formula aucune critique. Mieux, il ne faisait qu‘acquiescer de la tête la partie
concernant le putsch qui a été opéré contre sa personne9.
C‘est dans la période, qu‘enfin nous réussîmes à entrer en contact avec le camarade Igor. Une fois
de plus Don-Donis fut chargé de représenter les autres camarades lors de cette rencontre, sur
laquelle nous fondions beaucoup d‘espoir. L‘entrevue fut occasionnée par l‘entremise de Kevin ; il prit
soin en prévenant le camarade Don-Donis de la disponibilité du camarade Igor à l‘entrevue, de dire
ceci :
— « maintenant c‘est à toi de jouer ; si tu sais te montrer convaincant, tant mieux ; d‘ores et déjà,
je te préviens que ce ne sera pas facile. »
Il est particulièrement important d‘insister sur cette rencontre avec Igor, puisqu‘elle influencera de
beaucoup sur le cours futur des évènements.
D‘entrée de jeu, Don-Donis lui tendit l‘ « Appel » ci-dessus reproduit et pendant qu‘il le survolait, se
mit à lui exposer tout le chemin parcouru jusque-là, et la façon dont nous comptions mener la lutte. Au
beau milieu de son intervention, il fut arrêté par Igor.

- IGOR : il paraît que tu as un problème de local ?

Joignant l‘acte à la parole, il tendit à Don-Donis une enveloppe contenant 2. 500 FF. Devant un tel
acte « spontané », Don-Donis était là tout ébahi et ne put poursuivre son « discours ». Il se contenta
de dire tout simplement ceci :
- DON-DONIS: Dans ce cas, tu es au courant de tout alors ! Il est donc inutile de continuer. Ce qui
serait intéressant c‘est de bénéficier de ton concours, dans la critique de notre projet.

- IGOR : Attention ! Il ne faut pas confondre deux choses ! J‘ai appris que tu as un problème de
local et je te porte mon concours. Ce qui ne te dispense pas de continuer à me tenir informé de votre
projet.
Et puis il y a une chose que je tiens à te dire : actuellement tu as élaboré un plan, que tu cherches à
soumettre à des camarades pour recueillir leur adhésion. S‘il se trouve que ces camarades sont
d‘accord avec ton plan, tant mieux ! Dans le cas contraire, tu les mets de côté et tu continues ton
chemin.

- DON-DONIS : Nous sommes assez jeunes, sans grande expérience. Nous avons beaucoup
d‘insuffisances théoriques, comme pratiques, de ce fait, quel que soit le plan que nous puissions
arrêter, il sera entaché de beaucoup d‘erreurs. C‘est pourquoi le concours de camarades
expérimentés comme vous, nous est nécessaire.

Sur cette réponse, sans se perdre dans des tergiversations interminables, ils décidèrent tous deux
de poursuivre l‘examen du projet. A la fin de l‘exposé fait par Don-Donis, Igor lui posa la même
question que lui avait déjà posée Kevin, lors d‘une de leur entrevue.
- IGOR : Quel est le problème subjectif qui t‘oppose au camarade X… [ de l‘O―C‖V ] 10 ? ».

Une fois de plus Don-Donis ne put retenir son étonnement face à une telle question. Il répondit
néanmoins.

9 . Cette partie reprenait en fait sa version des faits à laquelle nous avons crû aveuglément.
10 - Nous nous sentons l‘obligation de préserver l‘identité de ceux qui n‘étaient pas organisé avec nous. C‘est une question de
principe. Quant à X…, il s‘agit du « cacique » de l‘O―C‖V, dont nous avons longuement parlé dans le compte rendu de la
réunion des 4

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- DON- DONIS : Mais rien ! Mais absolument rien ! Le camarade Kevin m‘a posé la même question.
Mais je pense que vous faites fausse route, si vous pensez qu‘un camarade ne peut s‘opposer à X…,
que sur la base de problèmes subjectifs. Je pense quant à moi que les problèmes qui se posent, sont
des problèmes d‘ordre idéologiques qui sont un motif suffisant de détermination pour tout camarade
qui les perçoit.

Igor n‘insista pas outre mesure et poursuivit.

- IGOR : d‘après vous, qu‘est-ce qui justifie la création du Parti pendant ces vacances ? A mon avis,
si ce n‘est pas le désir de se partager les postes, je ne vois aucune raison objective. Ne pensez-vous
pas qu‘un journal de propagande communiste est beaucoup plus nécessaire ?

- DON-DONIS: J‘avoue, que les seuls inconvénients pour nous, s‘opposant à la création du Parti
pendant ces vacances, c‘est le manque de stabilité idéologique au sein de l‘organisation et l‘absence
de chefs idéologiquement stables qui mériteront la confiance indispensable de tous les militants.
Cette vision des choses ne nous a pas permis d‘examiner d‘autres perspectives. Ta suggestion est très
intéressante, et je vais la faire examiner par les autres camarades.

- IGOR : Je constate que dans l‘ « Appel », vous avez répudié le « pensée MAO-TSE-TOUNG ! En
citant les grands classiques, MARX, ENGELS, LÉNINE et STALINE, mention n‘est pas faite de MAO. A quoi
cela est-il dû ?.

Ce à quoi répondit Don-Donis très brièvement en ces termes :

- DON-DONIS: Selon nous, parler de « pensée de Mao-Tsé-Toung », cela pose le problème de notre
époque ; car aujourd‘hui en Chine, la « pensée Mao-Tsé-Toung » est présentée comme une étape
supérieure du marxisme-léninisme. Ne sommes-nous pas toujours à l‘époque de l‘impérialisme et des
révolutions prolétariennes ? Le Léninisme n‘est-il pas défini par Staline, comme le marxisme de
l‘époque de l‘impérialisme et des révolutions prolétariennes ? Or les Chinois présentent la « pensée
MAO-TSÉ-TOUNG » comme étant le marxisme-léninisme de l‘époque du l‘impérialisme, des révolutions
prolétariennes et des luttes de libération nationale. Tout comme si c‘était une époque différente de
l‘époque du Léninisme. Tout en considérant la « pensée MAO-TSÉ-TOUNG » comme étant l‘application
des principes du marxisme-léninisme en Chine, on ne saurait l‘ériger en pensée universelle ».

Ce point demeurera entre eux, un véritable point d‘achoppement. Ce n‘est seulement que le
lendemain, par suite de longs débats, qu‘Igor consentit à faire un « compromis » en n‘en faisant pas
un problème de principe qui puisse nous empêcher de nous unir.
Lors de cette entrevue, le camarade Igor a tenu à nous faire la recommandation suivante :

- IGOR : Dans le travail de réorganisation que vous entreprendrez, il ne faudrait jamais commettre
l‘erreur de re-confier un poste de responsabilité à Kévin, car j‘estime qu‘il est trop imbibé par
l‘idéologie prédominante au sein de l‘O―C‖V

Cela est très important à retenir, surtout eut égard à la suite des évènements.
Ce fut là le contenu essentiel de l‘entrevue avec Igor, qui donna son adhésion pleine et entière à
notre projet. C‘est aussitôt après son départ, que Kévin finit par donner son adhésion et ce, après
plus de trois semaines de réflexions.
Au niveau des 4 camarades, nous nous retrouvâmes pour adopter le projet du journal de
propagande communiste. Puis nous estimâmes nécessaire de briser notre noyau de départ, afin de
nous joindre les camarades Kévin, Igor et Robin11.
Ainsi, l‘idée de la constitution d‘un Comité provisoire d‘organisation fut retenue. Il se compose
comme suit :
- 1er responsable : Bruno

11 . En fait seul Robin sera membre coopté au sein du CPO, en attendu la cooptation de Georges.

- 17 -
- Les deux autres responsables (dont les attributions précises n‘ont pas été définies) furent Robin12
et Don-Donis.
Ainsi, une première étape venait d‘être franchie. Mais avant de clore cette étape, il convient de
faire remarquer que c‘est aussitôt après la mise sur pied du CPO, que nous rentrâmes en contact
avec le camarade Georges13 avec lequel nous fûmes tout de suite en parfait accord idéologique et
politique.
La mise sur pied du CPO, allait nous amener à développer plus en avant le travail d‘organisation
entamé depuis longtemps en multipliant les cellules, à Paris, dans les autres villes de France, à Dakar,
en Russie et au Pays.

1. 2. LE GROUPE DES HUIT

Le noyau des « quatre » s‘est autodissout pour se joindre les camarades susmentionnés. Dorénavant
toutes les consultations se faisaient loyalement (du moins à notre niveau) au niveau de ces 8
camarades14 qui sont :
- Les membres du 1er noyau des « quatre » ;
- Les quatre autres camarades : Kevin, Igor, Robin et Georges.

L‘idée de la publication d‘un journal ayant été retenue, il fallait s‘y atteler. La proposition
d‘élaboration d‘un projet du contenu du journal, fut faite à Kévin. Cette proposition reposait sur les
considérations suivantes :
1°- nous nous sous-estimons et pensions ne pas être à la hauteur de la tâche.
2°- nous pensions que le camarade Kévin, du fait de ses « capacités théoriques » et de sa « haute
expérience » (ayant été premier responsable de l‘ancien groupe) serait à la hauteur de la tâche.

Devant la proposition, il se déclina et avança des arguments qui étaient quand même assez
convaincants. Selon lui, c‘est en forgeant qu‘on devient forgeron ; c‘est seulement en nous lançant à
l‘œuvre que nous réussirons à surmonter nos insuffisances théoriques et pratiques. En outre, de par
son expérience au sein de l‘O―C‖V, il ne voulait plus être cet homme indispensable. Devant de tels
arguments, nous ne pouvions que nous plier.
Le camarade Don-Donis se proposa de se mettre à l‘œuvre et au bout d‘une semaine un projet du
contenu du journal fut présenté au niveau du CPO.
Ce qu‘il convient de dire, ce 1er projet n‘a pas eu la prétention d‘être une œuvre originale, mais il
était un essai d‘interprétation et d‘application des principes du marxisme-léninisme. Au mieux, on ne
pouvait le juger que comme étant le travail d‘un bon d‘élève assez studieux.
Après l‘audition du projet, les camarades du CPO (Bruno et Robin) prirent des notes et
demandèrent un temps de réflexion afin de pouvoir mieux apporter leur contribution. La procédure
suivie, visait à faire adopter ce 1er projet par tout le CPO et de le faire adopter comme projet de
travail de tout le CPO. Mais le journal devant être publié au plutôt, eu égard à l‘objectif fixé, on ne
pouvait épuiser toutes les procédures. Ainsi, Don-Donis en fit une photocopie qu‘il expédia au
camarade Igor. Le camarade Kévin étant sur place, le manuscrit lui fut transmis directement pour
qu‘il le lise et l‘annote par ses amendements. Il le renvoya, avec seulement quelques annotations de
forme.
Entre temps, des discussions eurent lieu entre les camarades du CPO pour arrêter le nom du
journal.
Au cours de ces discussions, il ressortit deux propositions que nous avons d‘ailleurs soumises à
l‘ensemble des cellules :
- « L‘étincelle » (proposition de Bruno)
- « Combat communiste » (proposition de Robin)
12 - Pseudonyme de Bonaventure KABRÉ
13 - Pseudonyme de Aboubacar Nass TOGUIENI
14 . En réalité entre les memebres CPO (les quatres camarades) plus les deux « vieux)

- 18 -
Lors des discussions, Bruno avait soulevé aussi la question d‘examiner la possibilité de transcrire le
journal en langues nationales. Ce auquel Don-Donis s‘est opposé en disant que c‘est là, vouloir mettre
les charrues avant les bœufs et que cela ne constituait pas un problème à l‘heure actuelle. Ainsi, la
discussion fut close.
Tous ces petits faits pour une «chronique », sont d‘une importance réelle et les camarades sont
invités à les avoir présents à l‘esprit pour la compréhension ultérieure des évènements.
Lorsque le camarade Kévin fut informé de ces deux propositions quant au nom du journal, il les
rejeta toutes.

- KÉVIN :
- « Étincelle » : c‘est un nom qui recèle de la prétention ; c‘est vouloir se comparer à LÉNINE et à son
organisation, en outre les adversaires pourraient nous tourner en ridicule.
- « Combat communiste » : c‘est là aussi, une surestimation de notre groupe qui n‘a pas encore
atteint le stade d‘une organisation de lutte ; car selon lui, l‘organisation communiste évolue de la
façon suivante : noyau, groupe organisation ou union et parti.

Ce sont autant de raisons qui l‘ont amené à rejeter toutes les deux propositions et à proposer la
dénomination « Le Prolétaire ».
Son argumentation justifiant la proposition fut la suivante : Non seulement elle a l‘avantage (la
dénomination « Le Prolétaire ») de ne prêter aucun flanc à la risée des adversaires, mais aussi, elle
répond à l‘objectif visé à savoir que nous nous adressons en premier lieu aux prolétaires.
Nous n‘élevâmes aucune objection à cette proposition. Nous ne pouvions d‘ailleurs pas avoir des
velléités à objecter quoi que ce soit, eu égard aux considérations démesurées que nous vouons à ce
camarade. Sur ce dernier point, nous y reviendrons plus longuement.
Nous adoptâmes donc « Le Prolétaire » comme nom du journal et nous entreprîmes d‘élaborer la
maquette du journal. Un de nos camarades fut saisi à cet effet avec des indications bien précises.
Plus haut, nous disions, que la photocopie du projet avait été expédiée au camarade Igor. Il est
plus exact de dire que c‘est le camarade Don-Donis qui s‘est déplacé en personne en amenant avec
lui, la photocopie et la maquette du journal pour le voir. C‘est ainsi qu‘il lui remit la photocopie et lui
soumit la maquette pour recueillir ses observations.

A propos de la maquette, il n‘émit aucune observation, elle le satisfaisait. Quant texte du projet, il
se réservera le droit, après lecture, de faire à parvenir Don-Donis, ses observations. Ce qui ne fut
jamais fait.
C‘est au cours de ce bref séjour auprès du camarade Igor, qu‘il y eut un incident, qui recevra
l‘appellation de l « incident de Lyon ».

Quel est cet incident de Lyon ?


A l‘arrivée de Don-Donis à Lyon, il fut hébergé avec le camarade IGOR chez la « copine » de ce
dernier que nous désignerons sous le nom d‘Yvette. Igor, travaillant, avait laissé seuls Yvette et Don-
Donis. Sur la demande de ce dernier, Yvette le conduisit (en voiture) à la cité universitaire où il
désirait rencontrer certains camarades. C‘est au cours du parcours que Don-Donis se hasarda
indiscrètement à poser la question suivante :

- DON-DONIS : Au fait ! Est-ce qu‘il arrive à Igor de te parler de sa famille » ?

Le camarade Igor, est l‘un de ces camarades que nous tenions beaucoup en considération (ils
étaient, lui et Kévin, ce que nous appellerons sans honte aucune, un idéal révolutionnaire pour nous)
parce qu‘ayant tout sacrifié (y compris leur famille) pour se vouer entièrement à la cause (c‘est ce
que nous pensions à l‘époque). Aussi Don-Donis était très intéressé de savoir comment ce camarade
arrivait sans fléchir à surmonter la situation. D‘où sa question indiscrète.

- YVETTE : pourquoi une telle question ?

- 19 -
- Don-Donis : par simple curiosité.

- YVETTE : pourquoi ne pas le demander à Igor lui-même ?

Notre camarade avoua qu‘une telle réponse l‘a fait « rougir ». Donc tout honteux et tout confus, il
fit son autocritique, en lui disant qu‘elle avait parfaitement raison de répondre ainsi et que c‘est ainsi
que lui, il aurait procédé. Le camarade avait fait là une gaffe, à ne pas en douter, surtout qu‘Igor lui
avait dit qu‘entre Yvette et lui ce n‘était rien que des « rapports de sexe » (sic !) et qu‘il avait pris
toutes les mesures, pour qu‘elle ne s‘immisce pas dans sa vie privée et autres activités. De ce point de
vue le camarade, réalisait l‘ampleur de la « gaffe » commise. Mais il était loin de se douter qu‘une
telle erreur, allait influer dorénavant sur tout le cours des évènements.
Le soir, de retour de la cité universitaire où Yvette l‘avait déposé, Don-Donis trouva Yvette et Igor
accoudés sur la table l‘air un peu morose.

- DON-DONIS : Qu‘est-ce que vous avez ? demanda-t-il, on dirait que vous êtes abattus ».
En effet, il avait constaté que l‘entrain jovial coutumier à Igor, ce jour-là s‘était dissipé. Il était loin
de se douter que cela avait trait à l‘incident de tout à l‘heure avec Yvette.

Don-Donis, ne se souvient plus d‘ailleurs de la réponse d‘Igor. Aussitôt après sa question posée,
Don-Donis venait de se rendre compte qu‘il avait oublié la clé de l‘appartement à la cité
universitaire et ils s‘apprêtèrent tous les trois à y retourner. Cette journée s‘écoula ainsi, sans grand
dommage. Tout au cours du restant de son séjour, Don-Donis affirma n‘avoir jamais remarqué de
changement notable dans ses rapports avec Yvette. C‘était les mêmes discussions acharnées, la
même attention à son égard. On lui aurait demandé son appréciation par rapport à Yvette, qu‘il
aurait répondu sans hésitation, qu‘elle était positive (son appréciation)
C‘est le jour de son retour, assis avec Igor dans le métro en plein milieu d‘une conversation que le
camarade Igor ramena le sujet.

- IGOR : « Au fait ! Il paraît que tu as posé une question à Yvette ? ».

Don-Donis sans le laisser poursuivre, tout en ayant la tête basse, tout comme un enfant pris en
faute, reconnut en effet son indiscrétion. Il ajouta qu‘il s ‗était rendu compte de la « gaffe » commise,
après que la question lui ait échappée des lèvres ; et qu‘à ce sujet d‘ailleurs il avait présenté son
autocritique à Yvette.

- IGOR : Ah toujours est-il, qu‘elle affirme que depuis lors le courant ne passe plus entre toi et elle,
car elle t‘a assimilé à tous ces gens qui me dénigrent ici.

DON-DONIS: Ah bon ! je ne comprends pas ? Je ne vois pas le rapport entre ces gens et moi qui suis
ton camarade ? Et puis de toute façon, j‘espère que toi au moins tu comprends le souci qui m‘animait
en posant une telle question ? Ce n‘est pas que je ne pouvais pas te la poser directement à toi ! Mais
seulement, j‘ai tenu compte du fait que je risquais d‘éveiller en toi, de vieux souvenirs désagréables !
C‘est uniquement la raison qui explique la « gaffe » commise auprès d‘Yvette.

IGOR : Bien sûr ! À mon niveau, cela ne constitue pas un problème, car j‘ai pleinement confiance en
toi.

Quand les deux camarades se séparèrent à la gare, Don-Donis restait longtemps pensif même
dans le train. Pendant plus de 2 heures de voyage, il resta assis toujours pensif. Ces pensées,
l‘amenèrent à revivre le film des évènements et c‘est là que l‘attitude d‘abattement observé l‘autre
soir, lui vint à l‘esprit. Est-ce cela qui était à la base de l‘abattement du camarade ? Cela le troubla
énormément. Il serait vraiment dommage qu‘à partir d‘un tel fait, un camarade qu‘il tenait en haute
estime en arrive à douter un tant soit peu de lui. Avant de mettre fin à ses réflexions sur la question,
il se promit intérieurement de revenir sur la question avec le camarade Igor, pour savoir si son
abattement de l‘autre soir était dû à cet incident, auquel cas, lui faire un certain nombre de critiques.

- 20 -
Il convient de mettre en relief cet autre fait, lors du séjour du camarade Don-Donis à Lyon : un jour
dans un entretien à deux, Igor lui tint le langage suivant :

- IGOR : Il me semble, que vous vous plaignez beaucoup à Paris, de l‘inactivisme du camarade
KÉVIN ? Je pense qu‘il faut savoir comprendre le fait qu‘il ne s‘est pas encore remis du traumatisme
subi au sein de l‘O―C‖V. Ce qui nécessite, qu‘il faille aller avec lui doucement.

- DON-DONIS : A mon niveau, cela n‘a jamais constitué un problème. Le fait que Kévin ne s‘y met
pas avec ardeur ne m‘a jamais posé de problème particulier et je n‘ai jamais eu à me plaindre de
ce fait.

Voilà aussi, un fait que chacun se doit de garder à l‘esprit pour comprendre la suite des
évènements.

Dès son retour à Paris, le camarade Don-Donis s‘acharna à améliorer dans sa forme le 1er projet.
Ainsi un deuxième projet de loin meilleur dans la forme au premier, fut élaboré (aucune photocopie
de ce deuxième projet ne fut faite). C‗est ce deuxième projet qui fut soumis au camarade Georges,
lors d‘un de ces passages à Paris. Deux autres camarades de Dijon (les camarades Yiri15 et Sami16)
en prirent connaissance. Cela avait été jugé nécessaire par le camarade Don-Donis, puisque ces
deux camarades étaient en partance pour Ouagadougou pour les vacances.
Ce deuxième projet leur fut présenté de façon impersonnelle, comme étant un projet du CPO. Cela
aussi est très important pour la suite des évènements. En soumettant ces différents projets (1er et 2è )
aux camarades, le camarade Don-Donis visait à recueillir le plus de critiques possible, le plus de
suggestions possible, afin que l‘œuvre finale soit une œuvre réussie, une œuvre collective.

A son retour à Paris, le camarade Don-Donis, devait inviter le camarade Bruno à se rendre à Lyon
pour éclaircir un problème de structure qu‘il avait mis sur pied là-bas. Les camarades Igor et autres
se demandaient à quel niveau, cette structure avait été mise sur pied, est-ce une cellule de
l‘organisation, où est-ce un cercle d‘étude m-l ?
Le camarade Bruno devait se rendre sur les lieux, pour éclaircir ce problème de structure. C‘est lors
d‘une réunion du CPO, que le problème fut posé. Puisqu‘on était en train d‘examiner les modalités du
voyage du camarade Bruno, Don-Donis relata aux membres du CPO, l‘incident de Lyon qu‘il avait
vécu. Il en tira la conclusion suivante :

- DON-DONIS : Selon moi, cette fille vise à brouiller les rapports entre camarades, dans le but de
conserver son homme à elle seule, ce qui est normal pour une fille de ce genre. Mais de toute façon,
c‘est peine perdue, car j‘ai pleinement confiance en la vigilance du camarade.
Ce n‘est pas un camarade qui a su sacrifier sa famille, qui se laissera embourber par une fille.

Il mit donc en garde le camarade Bruno, contre les erreurs que lui-même a eu à commettre auprès
d‘Yvette. Il pensait en agissant ainsi, avoir fait son devoir de camarade. Cela aussi, les camarades
se doivent de l‘avoir en tête pour comprendre la suite des évènements ultérieurs.
Ainsi, le camarade Bruno effectua son voyage et en revint sans avoir à son compte un incident
quelconque.
Toujours dans le sens de l‘amélioration du projet du contenu du journal, Don-Donis en arriva à ne
pas être satisfait de l‘analyse de la situation nationale, surtout dans sa partie actuelle (période
électorale, etc..
Notons, qu‘au cours de cette période, nous avions constaté avec joie que le camarade Kévin était
devenu plus actif. Maintenant on le voyait plus souvent, s‘intéressant à l‘évolution des choses. Ce
constat nous amenait à dire qui voulait nous entendre, ceci : « le camarade Kevin, s‘est enfin
retrouvé. Il est redevenu lui-même. »
Mais vu le cours des évènements actuels, nous nous posons des questions légitimes, quant à ce réveil
brusque et soudain. N‘est-ce pas dû au fait que maintenant avec la maquette déjà faite, le projet

15 . Yiri ; pseudonyme de Guillaume Sessouma


16 . Sami : pseudonyme de Poda Train.

- 21 -
déjà écrit, etc., Kévin s‘est rendu compte que cette œuvre innocente qu‘il méprisait, avait pris une
physionomie qui présageait son caractère grandiose ? N‘est-ce pas dû au fait qu‘il se rendait
compte que le train était en marche et qu‘il allait partir sans lui, s‘il continuait de rester à la traîne ?
Parce qu‘effectivement, tous les jours, Kevin était là, distribuant les directives par-ci, donnant des
recommandations par-là, etc…
« Il faut faire ceci, il faut faire cela. Ah ! Non, ce n‘est pas comme cela ! C‘est du spontanéisme !
Etc., etc. »
Face à tout cela, nous étions loin de nous formaliser. La seule chose qui nous réjouissait ; c‘est qu‘il
se soit enfin retrouvé, qu‘il soit redevenu lui-même. Nous étions prêts à nous plier en 4, pour lui faire
plaisir, pourvu qu‘il se retrouve, car nous pensions et croyions que la révolution en Haute-Volta avait
toujours besoin de lui, qu‘il n‘avait pas « fini de jouer son rôle historique ».
Donc, Kevin et Don-Donis ont convenu d‘une séance de travail pour améliorer l‘analyse de la
situation nationale. Comme toujours, sur chaque point (presque) de l‘avis de Don-Donis, il menait des
discussions acharnées avant de se mettre d‘accord. Don-Donis était chargé de formuler les idées sur
lesquelles ils étaient arrivés en accord, et de lui soumettre pour approbation. C‘est ainsi que les deux
camarades ont travaillé ensemble pour arrêter l‘analyse finale de la situation nationale contenue
dans le projet. D‘ailleurs, le camarade Don-Donis se chargea par la suite d‘améliorer la formulation.
Vraiment ! Les camarades doivent être ennuyés par tous ces petits détails. Nous les comprenons. De
même que nous sommes persuadés que les camarades nous comprendront lorsqu‘ils auront pris
connaissance des évènements ultérieurs survenus. Ce sont justement, ces petits détails, si on n‘y prend
garde, si on ne les résout pas correctement, qui minent et finissent par déduire une organisation.
Ainsi nous sollicitons de la part des camarades qui nous lirons, encore d‘effort et beaucoup plus de
patience.
Après que la séance de travail soit terminée, les deux camarades ont entamé une conversation sur
des sujets divers. C‘est ainsi que KEVIN, dans une de ses « généralités » (il adore les « généralités »)
affirma ceci :
— « J‘estime que pour de réels rapports de camaraderie, les camarades se doivent d‘être francs
les uns avec les autres. Ils doivent éviter de critiquer les camarades derrière leur dos, etc. Ainsi,
j‘estime qu‘un camarade s‘il a quelque chose à me reprocher, qu‘il me le fasse directement, au lieu
d‘entretenir des propos malveillants à mon endroit et derrière mon dos ».

Avec une telle « généralité » le camarade Don-Donis ne pouvait pas ne pas être en accord
fondamental. Sur les généralités, on peut mettre en accord le + et le -, la « montagne » et la
« plaine » ; On peut unir les contraires. Cela c‘est sûr. C‘est maintenant dans l‘application concrète
que se révèle le caractère formel des accords établis sur la base des généralités ; c‘est sur le terrain
concret, que les contraires se manifestent avec force.
Aussi, le camarade Kevin, fut invité à descendre du sommet des généralités, et à poser les
problèmes beaucoup plus concrètement. Parce que la référence à certaines « généralités n‘est utile
et nécessaire que si l‘on cherche à appréhender correctement un problème concret. »

- DON-DONIS : En mentionnant cela, quel problème vises-tu ? Aurais-tu appris que j‘ai tenu des
propos malveillants à ton endroit ?

KEVIN faisait certainement allusion aux propos tenus par Igor à Don-Donis à Lyon.
Face à une telle question directe de Don-Donis, Kévin affirma énergiquement, qu‘il n‘y avait rien
de tel, le concernant. Il a simplement soulevé cette question, surtout eu égard à son expérience au
sein de l‘O―C‖V. Ainsi par exemple, il lui serait difficile sinon impossible de s‘organiser avec des
éléments qui au sein de l‘O―C‖V ont contribué à sa destitution. Il faudra que lui Kevin, ait des
discussions profondes avec ces camarades, et qu‘au sein de toute l‘organisation des enseignements
sérieux soient tirés.
Voilà des choses sur lesquelles, Don-Donis n‘avait rien à redire, car il est évident qu‘on ne peut
redémarrer (Cf. la plate-forme idéologique des quatre) sur des bases saines, sans avoir examiné
réellement ce dont on veut se démarquer.
Pour en revenir à la question concrète, le camarade Don-Donis a tenu à dire ceci :

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— « De toute façon, les principes que tu viens de soulever, j‘ai toujours fait l‘effort de fonder mon
action dessus. Je me suis efforcé toujours de me départir de ces pratiques pernicieuses. Et cela
d‘ailleurs constitue un de mes premiers points de rupture avec l‘O―C‖V. De toute façon tu peux être
certain d‘une chose, le jour où j‘aurais à te reprocher une chose, je n‘hésiterai pas à le faire vis-à-vis.
C‘est peut-être toi qui risques d‘avoir à t‘en formaliser ».

Chemin faisant, se rendant tous les deux au domicile de Kevin qui était le plus proche ( il se faisait
tard et le métro avait cessé de fonctionner), les deux camarades poursuivirent leur conversation qui
du point de vue de Don-Donis, s‘inscrivaient dans le cadre d‘une connaissance réciproque.
Et c‘est toujours dans le cadre des critiques que les camarades se devaient de se faire vis-à-vis et
non dans le dos des uns et des autres, que le camarade Don-Donis a fait état de l‘incident de Lyon,
pour dire ceci : j‘attends de voir Igor pour lui faire un certain nombre de critiques, parce que bien
qu‘il se refuse à dire qu‘il ne fait aucun cas de l‘incident, son abattement de la soirée en question,
prouve quand même qu‘il a été plus ou moins touché par l‘incident. Et c‘est sur ce point que j‘aimerai
discuter avec lui. Quant à Yvette, j‘estime qu‘elle est dangereuse, car le but recherché par elle s‘est
de brouiller des rapports excellents entre camarades. »
Kevin tout en accord avec Don-Donis quant à la nécessité qu‘il en discute avec Igor, a tenu à attirer
son attention quant au risque de subjectivisation par rapport à Yvette. Ce que Don-Donis, convient
de retenir comme point de réflexion.
Ce sont là, les menus et petits détails survenus depuis la constitution (en fait) du groupe des huit (8).

Un des aspects qu‘il faut aussi mettre en relief, pour clore cette page de chroniques, c‘est l‘attitude
du camarade Robin qui rapportait à Kevin, tout ce que nous disions et faisions au sein du CPO. De
telles pratiques d‘intermédiaires, de messagers, de colporteurs, désagrègent les bons rapports entre
ceux auprès de qui on joue le rôle de courroie de transmission. C‘est en cela qu‘il important de
porter à la connaissance de tous, une réflexion que le camarade Don-Donis a eu à émettre lors d‘une
discussion à bâton rompu (c‘est à dire hors propos de la réunion) entre les camarades du CPO .
Un point avait retenu notre attention à tous les trois (3), chaque fois que l‘on discutait avec l‘un ou
l‘autre des deux camarades Igor et Kevin, chacun tenait les mêmes propos :
— « j‘ai été le premier à prendre conscience du fait que le PAI est un Parti révisionniste et de la
nécessité de rompre avec lui.
J‘ai été le premier, lorsque nous nous sommes réunis pour créer l‘ancien groupe sur la base de la
pensée MAO-TSÉ-TOUNG,…
J‘ai été le premier à souligner la nécessité de prendre le mouvement étudiant comme maillon
principal.
C‘est moi qui le premier a- rejeté le programme de gouvernement proposé par le PAI, comme un
programme anti-marxiste, réformiste.
C‘est moi qui le premier, etc., etc., etc., et encore etc.. »

Chacun d‘entre nous de par sa propre expérience avait eu à constater cela.


Sans observer une attitude de principe (et c‘est là son erreur) consistant à mépriser ces propos
propres aux mégalomanes, Don-Donis est entré de plain-pied dans le jeu et a tranché la question en
faveur d‘Igor. Il a estimé que c‘est Igor qui disait vrai et que c‘est Kévin qui disait faux. Dire cela en
présence de Robin, c‘est comme si de fait cela avait été dit devant Kevin (d‘ailleurs, cela aurait été
mieux, puisque ça nous aurait donné l‘occasion de nous expliquer).
Cela aussi est un fait à ne pas négliger, car il importe pour KEVIN, dans sa lutte pour asseoir son
influence de savoir quels sont les éléments qui lui sont acquis, et quels sont les éléments qui ne lui sont
pas acquis.
L‘idée d‘une lutte d‘influence entre un d‘entre nous (ceux que nous appellerons les « jeunes ») avec
l‘un quelconque des deux camarades (ceux que nous appellerons les « vieux ») était loin d‘effleurer
notre esprit. S‘il devait survenir une lutte d‘influence, cela ne pouvait l‘être qu‘entre les deux
« vieux ». Nous n‘avons jamais éprouvé le désir de contester leur influence sur nous.
Mieux, nous avons tout mis en marche pour, pourrait-on dire, conquérir notre mise sous tutelle.
Enfin, avant de clore ce chapitre roman, il est bon de relater les nombreuses discussions bilatérales
qu‘il y a eu entre Kevin et Don-Donis.

- 23 -
Le tenant pour un camarade théoriquement de loin mieux armé que nous le sommes, nous
n‘émettions aucune réflexion sans lui soumettre pour approbation.
Ainsi, Don-Donis a eu des discussions souvent très acharnées (ne se laissant pas intimider par les
coups de citations de Lénine, il s‘est vu obligé un jour de dire ceci à Kevin : Lénine en personne peut
me dire une chose que je n‘admettrais que si et seulement s‘il arrive à me convaincre par une
sérieuse argumentation) sur les points suivants :

1°. La dénonciation par l’AEVF et de la FEANF de l’Union soviétique en terme de social-


impérialisme
Vous allez être étonnés de savoir que celui qui en 1974, a été le premier a posé la nécessité de
cette dénonciation, est le même qui, en 1978, manifeste des oppositions à cette dénonciation. Ainsi
sont les menteurs ! Leur mémoire finit par leur faire défaut.
Toujours est-il que c‘est à la suite d‘une discussion acharnée qu‘il finit par admettre la dénonciation
en termes de social-impérialisme. Pour lui, la caractérisation en termes de superpuissance
impérialiste, était la limite au-delà de laquelle le mouvement étudiant ne pouvait aller.

2°. Sur le « Front démocratique »


Pour lui le mot d‘ordre de « Front démocratique » (FD), n‘est erroné que seulement dans la mesure
où l‘on a cherché à l‘actualiser. Sinon à l‘époque, la situation dans laquelle, il a été formulé, confère
au mot d‘ordre sa justesse. Il n‘a pas hésité à aller chercher chez LÉNINE (Pauvre LÉNINE ! il a semé des
puces, pour récolter des dragons) une citation pour justifier le mot d‘ordre. Et cette citation, la voici :

« Mais un marxiste doit, pour juger une situation se fonder sur le réel et
non sur le possible ». (Voir LÉNINE, lettre sur la tactique, O.C. : T.24, p.36).

Dans le cas concret [car c‘est le même LÉNINE qui dit que : « Pas de vérité abstraite, la vérité est
toujours concrète », (O.C. : T.7, p.387.) . Ou encore : « il faut analyser les questions concrètes de la
façon la plus concrète » - (O.C. : T.7, p.392)] qui nous intéresse, cela veut dire que nous ne pouvons,
sur la base du fait que le « Front démocratique » sera récupéré par la bourgeoisie, pour nous
refuser de le lancer.
Voilà ce qu‘on appelle citer LÉNINE pour combattre LÉNINE. En effet, on ne juge pas un mot d‘ordre
quant à la possibilité qu‘il y a pour la bourgeoisie de la récupérer, mais une chose est sûre et
certaine, à défaut d‘avoir des capacités pour veiller à l‘application d‘un mot d‘ordre, on crée non
une possibilité, mais une réalité pour la bourgeoisie de pouvoir le récupérer et c‘est le cas du mot
d‘ordre de « FD.» lancé par l‘O―C‖V, à travers l‘UGEV.

3°. La question de l’indépendance politique et de la Révolution nationale démocratique et


populaire
A ce niveau, lorsque la question a été soulevée, il convient de dire, qu‘il n‘y a pas eu de
divergence, mais seulement Kevin a prétendu que depuis longtemps il en était conscient et l‘avait
même soulevée au sein de la direction de l‘O―C‖V. Et que c‘est son coresponsable (celui que nous
appelons le cacique de l‘O―C‖V et maintenant du P―CR‖V.) qui s‘y est opposé. Alors face à
l‘opposition de ce dernier il n‘a pas insisté outre mesure.
Don-Donis n‘a pas pu retenir son indignation face à un tel manque de fermeté (s‘il est vrai,
effectivement qu‘il en avait eu conscience et avait réellement soulevé la question) devant des
questions de fond, relevant même de problèmes principes. Il ne pouvait en effet comprendre, qu‘en
tant que 1er responsable, il se laisse bloquer par le 2è responsable sur des problèmes de fond.
Face à un désaccord de principe au sommet, il est absolument indispensable de saisir la base, à
moins qu‘au niveau de la direction ce soit l‘esprit de coterie qui prévalait sur les rapports de
camaraderie basés sur les principes révolutionnaires.

C‘est le lieu de souligner aussi, qu‘à propos de maints problèmes posés par la direction de
l‘O―C‖V, dont le camarade Kevin était le 1er responsable, ce dernier a tendance à se blanchir
chaque fois et à remettre tout sur la responsabilité de l‘autre.

- 24 -
Nous vous épargnons les autres détails, qui ont jalonné cette période et conduit toute l‘organisation
au bord de la scission et « quand les deux parties refusent de travailler ensemble, la scission est
alors effective », (O.C., T.7 p.167).
Nous disons au bord de la scission puis qu‘aujourd‘hui les camarades Igor, Kévin et Robin ont
constitué une fraction et se livrent à un travail de désorganisation.
Mais poursuivons. Cet article justement a pour but de dévoiler leurs menées liquidatrices et à les
contraindre à assumer la véritable lutte idéologique au sein de l‘organisation que de se livrer à des
activités « extra idéologiques », à des pratiques « antiparti ».
Eh ! bien camarades fractionnistes, racontons tout, sans rien dissimuler, comment les choses se sont
passées.

Répétant LÉNINE, voilà ce à quoi nous vous invitons :

« si votre attitude a été provoquée par telle ou telle divergence de vue


entre vous et nous, nous estimerions très utile pour l‘organisation, que ces
divergences soient « exposées de façon circonstanciée. Nous souhaiterions
fort que le caractère et la profondeur de ces divergences soient élucidés
au plus vite devant toute l‘organisation ».

Tout comme LÉNINE il nous « semble qu‘en dehors » de l‘organisation, en dehors des structures, « les
rumeurs et les racontars sont indécents et indignes sur les qualités et les actes des personnes (car ces
actes dans les 99 cas sur 100 constituent un secret d‘organisation, que l‘on ne relève que devant
l‘instance supérieures du Parti). » « Mener la lutte » en dehors de l‘organisation « au moyen de ces
racontars reviendrait » selon nous à œuvrer à coup de calomnies .
Nous sommes en accord fondamental avec le point de vue de LÉNINE, qui consiste à

« ne pas celer au Parti les sujets nouveaux et croissants de la scission ;


ne rien celer des circonstances et des évènements qui sont ces sujets. Bien
plus : ne pas les celer au Parti mais encore, dans la mesure du possible au
grand public.
Quand je dis « dans la mesure du possible », je songe à ces choses qu‘il
importe de celer en raison des nécessités de l‘action clandestine, mais
dans nos dissensions les considérations de ce genre jouent un rôle
absolument négligeable. Une large publicité est le moyen le plus certain,
l‘unique moyen sûr d‘éviter les scissions que l‘on peut éviter, de réduire au
minimum le dommage que peuvent causer celles devenues inévitables »
(LÉNINE – lettres à la rédaction de l‘Iskra – O. C. : T.7 p.115-116).
Une organisation comme la nôtre, est comme un orchestre et dans un tel
orchestre « il nous faut acquérir de l‘expérience afin d‘y distribuer
rationnellement les rôles : donner à l‘un le violon sentimental, à l‘autre la
contrebasse grondante, à un troisième la baguette du chef d‘orchestre.
« LÉNINE. O. C. : T.7, p.117)

Toujours nous référant à LÉNINE (nous sommes toujours et pour longtemps des élèves et nous ne
pouvons que nous appuyer sur nos maîtres en la matière).
Nous dirons :
« que tous et que chacun soient juges de nos « querelles et disputent » à
propos de toute « note » attaquée trop brusquement au gré des uns,
fausse selon les autres, manquée de l‘avis du troisième. Ce n‘est qu‘après
de nombreuses et franches discussions de ce genre que pourra se
constituer chez nous un collège de dirigeants réellement à l‘unisson ».
« Ce n‘est qu‘alors que notre « état-major » s‘appuiera effectivement
sur la bonne volonté consciente d‘une armée qui le suivra tout en le
guidant ! « (O.C. : T.7 p.118)

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Il est temps de mettre fin à ce travail désorganisateur de notre organisation. Que tous ceux qui
prennent à cœur les destinées de notre organisation y songent et soient prêts à la défendre contre
tout intrigant, tout liquidateur.

3°. La constitution d’un noyau directeur


Cela faisait plus d‘un mois que le 1er projet du contenu du journal était achevé. Il fallait en fait se
décider à arrêter un texte final. C‘est aussi qu‘au niveau du CPO, eût égard à l‘importance de la
question, nous avons jugé indispensable de joindre à nous un certain nombre de camarades, pour
l‘adoption finale du texte. Vous sous en doutez, ce fut les mêmes camarades que nous avons toujours
consultés à propos de tout. D‘où en plus des 3 membres du CPO. (Bruno, Robin et Don-Donis),
s‘étaient joints à nous les 3 camarades suivants : Kevin, Igor et Georges. Le camarade Sô-Fù-Mion,
aussitôt après le déclenchement de la lettre ouverte au niveau de masse (Appel du M.21) était
rentré définitivement au pays. Le camarade X..., pour certaines raisons, était absent à la réunion
convoquée autour de cette question.
D‘entrée de jeu, après que le camarade Bruno ait précisé le motif de cette réunion, le camarade
Igor demanda la parole :
— D‘ailleurs, je me demande à quel titre les autres camarades et moi qui ne faisons pas partie du
CPO, sont là ?

Il fut répondu, que c‘est dans le cadre des consultations que nous avons toujours eues avec eux que
nous avons jugé, pour l‘examen et l‘adoption du texte final, les joindre à nous.
Cela ne pouvait satisfaire Kevin qui enchaîna, pour montrer la nécessité qu‘il y a de définir leur
statut, et qu‘en ce sens il propose la constitution d‘un Noyau directeur (ND) composé des camarades
ici présents. Ce noyau sera en fait le centre dirigeant du groupe.
Il convient de signaler que quelques jours avant la tenue de cette réunion, le camarade Kevin avait
eu de façon bilatérale avec Don-Donis à soulever le problème du Noyau directeur, qui pour ce
dernier, apparaissait comme quelque chose de nouveau dans les structures d‘une organisation comme
les nôtres. Ne sachant donc, ce que c‘est que ce noyau directeur, Don-Donis n‘était pas donc à même
d‘émettre quelque avis que ce soit. Aussi s‘est-il contenté de l‘inviter à rencontrer tout le CPO, pour
nous exposer cette idée du ND. À la réunion prévue pour cela, le camarade Kevin fut absent.
Donc, le jour de la réunion de l‘adoption des textes définitifs du journal, après avoir défini en quoi
consistait son idée du ND, chacun fut invité à donner son avis. Chacun eut à se prononcer
favorablement par rapport à cette idée.
Les motifs qui ont prévalu à notre adhésion de principe à cette idée, étaient les suivants : depuis le
début de notre action, nous (les quatre) nous avons été animés du souci, de ne pas nous mettre en
avant ou de laisser paraître ainsi.
Dans tous les cas, même au niveau du CPO, nous ( Bruno et Don-Donis) ne voulions pas, que par nos
attitudes et nos comportements, on arrive à penser que ce qui nous animait, était les postes de
direction.
Or, face à une telle proposition, étant au niveau du CPO, toute opposition de notre part à la
constitution d‘un tel noyau directeur, sera à coup sûr interprétée dans le sens que nous redoutons.
Notre attitude de principe, consistant donc à dire : faisons l‘expérience pour voir.
N‘ayant rencontré aucune objection, à son idée de noyau directeur, le camarade KEVIN enhardi,
avança encore d‘un pas dans sa proposition. En effet il proposa, que cette réunion-ci, se transforme
en une Conférence de cadre qui décidera de la naissance effective du groupe le « prolétaire ».
Comment encore refuser une telle proposition anachronique (le groupe existait bien avant, et avait
été mis en marche par le noyau des 4) sans autant amener les camarades à penser que ce sont nos
personnes que nous désirons mettre en avant ! D‘autres personnes étaient mieux placées que nous
(Bruno et Don-Donis) qui étions parmi les quatre (4) premiers initiateurs.
D‘ailleurs, se rendant compte de l‘anachronisme de sa proposition, le camarade Kévin, se hâta
d‘ajouter ceci : « quitte à antidater l‘acte de fondation »
Une fois de plus nous (Bruno et Don-Donis) fîmes la concession. De concession en concession, nous
étions loin de nous douter que Kévin avait déjà entrepris sa course pour l‘hégémonisme sur le
groupe. Il avait sur son parcourt deux obstacles : le camarade Igor, qu‘il n‘avait pas bien cerné
encore et le camarade Don-Donis qu‘il avait vite fait d‘indexer comme un rival à isoler.

- 26 -
La suite des évènements montrera bien que ce ne sont pas là des affirmations gratuites. Nous
avons déjà produit, des éléments mettant à nu la mégalomanie de ces deux anciens camarades, et
qui sont la preuve d‘une certaine rivalité consistant à se faire prévaloir, à se mettre en avant. Le
camarade Kévin, dans le Noyau directeur (en constitution) avait évalué ses forces de la façon
suivante : en plus lui, il pouvait compter avec raison sur l‘appui inconditionnel de Robin et à tort sur le
camarade George.
En effet, ce qui caractérise le camarade Robin, c‘est une forme de servilité auprès de Kévin.
Nous avons dit, qu‘il a compté à tort sur George, parce que ce dernier, fait partie du lot de
camarades, dont on dit qu‘ils savent faire preuve d‘autonomie de pensée et d‘analyse, qu‘ils savent
penser avec leur propre tête.
Toujours dans ces calculs hégémoniques, Kevin, en est arrivé à indexer Don-Donis comme l‘obstacle
le plus dangereux de l‘heure, qu‘il faut s‘acharner à isoler, quitte à s‘appuyer sur l‘autre hégémon,
qu‘est Igor. Et c‘est ce qui fut fait.
Mais poursuivons.
La réunion, se transforma donc en une Conférence de cadre qui décida de la naissance du groupe
avec la mention d‘antidater l‘acte de fondation. Toute la partie avait été menée et gagnée par
Kévin. Il a bénéficié, de cela, de notre innocence politique, qui nous amène à penser que tous les
camarades, il suffit qu‘ils se disent communistes, pour que dans la pratique ils le soient.
Notre innocence politique, nous amenait à penser, que de tels calculs égoïstes ne pouvaient être de
mise en notre sein, c‘est là pures illusions ! Et comme aime à dire le camarade Bruno, depuis un
certain temps : « l‘enfant qui ne s‘est pas brûlé, ne connaît pas le feu. »
Après l‘audition du projet, nous passâmes à la critique et aux amendements du texte. Notons en
passant, qu‘il n‘y eut aucune critique de fond. La plus part des amendements étaient des
amendements de forme, ou portaient sur tel ou tel point qui avait été omis (par exemple par rapport
à la IIe internationale).
Après cela, aucune appréciation positive du travail ne fut émise. Le camarade Robin, lors d‘une
suspension pour leur permettre lui et Bruno, de s‘absenter pour un temps, émit l‘avis suivant :
— « Ah ! En tout cas, la partie sur la situation nationale a été travaillée. »

Les camarades comprendront très aisément, pourquoi, c‘est seulement cette partie qui a retenu
l‘attention de Robin : Le maître Kévin a certainement dû lui dire qu‘il avait sa main dans cette partie
(sinon que toute la partie, était son œuvre). Pour quelqu‘un qui ne voit que par son maître, Robin ne
pouvait que voir, la partie sur la situation nationale qui avait été vraiment « travaillé ».

Camarades, ce ne sont pas là des mesquineries ; Vous comprenez l‘importance de ces menus
détails, tout au cours de l‘exposé.

Nous sommes maintenant à la suspension. Les camarades Bruno et Robin se sont absentés pour
d‘autres obligations. Pendant ce temps, le camarade Georges très fatigué, s‘est assoupi. Seul Kévin,
Igor et Don-Donis étaient en éveil ; ils envoyèrent ce dernier acheter du pain pour déjeuner (il était
10 heures du matin). A son retour, visiblement il était indésirable ; ils l‘envoyèrent de nouveau, aller
acheter du café, ce qu‘il fit. Tous ces va-et-vient, l‘avaient pris et leur avaient donné 45 minutes aux
environs. De retour, il se mit à asseoir l‘eau sur le feu, et réuni les verres pour les laver. Le camarade
Igor, s‘était déchaussé, et avait laissé ses chaussures traînant sous le lavabo ; en lavant les verres, un
geste maladroit de la part de Don-Donis projeta l‘eau sur ses chaussures; et c‘est le moment qu‘il
choisit pour lancer cette « plaisanterie » :
— « comment ! Tu étends la lutte politique jusqu‘à ce niveau ! ».

Don-Donis était loin de se douter qu‘à travers une telle plaisanterie, c‘était une flèche qui lui était
lancée. Ce à quoi, il répondit très naturellement et très innocemment :
— « étendre la lutte politique, encore faut-il qu‘elle existe ; alors qu‘à mon niveau, je ne suis pas
au courant de l‘existence d‘une lutte politique entre toi et moi. »

La plaisanterie (ou du moins ce qu‘il prenait pour telle) passa.


Il s‘affaissa à son tour sur la table et sombra dans un sommeil profond.

- 27 -
Au retour des camarades Bruno et Robin, la séance reprit .Très rapidement l‘ordre du jour fut
épuisé, et nous étions sur le point de lever la séance, lorsque le camarade Igor demanda la parole,
ce qui lui fut accordé.

- IGOR : Avant qu‘on lève la séance, il y a un point que je désire soumettre à l‘attention des
camarades. Dans la mesure où nous sommes organisés pour un but bien précis, il importe d‘éclaircir
un certain nombre de choses, sans lesquelles, on ne saurait développer de véritables rapports de
camaraderie. Le point que je vais soulever, c‘est par rapport au camarade Don-Donis, lors de son
passage à Lyon il y a eu un incident entre lui et ma « copine ». A ma grande surprise, le camarade
de retour ici, s‘est mis à développer sur mon compte des propos de dénigrement. Ainsi il affirme, que
je suis un faible, ce qui pose le problème de confiance entre camarades. Je pense que le camarade
s‘il avait des critiques à me faire, aurait dû me les porter vis-à-vis et non dans le dos… »

Don-Donis était là ébahi, écoutant ces accusations. Il n‘en revenait pas à ses oreilles ; il avait
l‘impression que ces accusations portaient sur un autre, sauf lui, du moins, il cherchait à se convaincre
qu‘il ne rêvait pas. Ainsi, l‘expression « étendre la lutte politique » jusqu‘à ce niveau, trouvait toute
sa véritable signification. Il en est de même des autres allusions que nous avons entendues tout au
cours de la réunion du genre: « les intellectuels sont ainsi ; une fois que tu leur apprends des choses,
tu deviens leur obstacle qu‘il faut qu‘ils te renversent pour s‘affirmer, selon la dialectique du maître
et de l‘esclave. »
Très rapidement dans sa tête, les idées s‘entrechoquaient, il essayait de comprendre la situation.
Pourquoi Kévin (il était sûr que c‘est lui) a-t-il fait cela ? Pourquoi cherche-t-il sur la base de
mensonges à opposer deux camarades ?
Quand Igor finit, Don-Donis demanda la parole et voulut parler, mais ce sont les larmes qui
couvrirent son visage. Depuis lors, il ne cessa de pleurer.
Néanmoins, il réussit à s‘exprimer. Il reprit les faits un à un ; il montra, qu‘en aucun moment il n‘a
tenu de propos de dénigrement à l‘endroit du camarade.
Il rappela à quels camarades, et dans quelles circonstances il a eu à parler de l‘incident de Lyon. Il
en avait parlé seulement à 3 camarades et dans des situations particulières, différentes :
— Les camarades Bruno et Robin d‘une part
— D‘autre part le camarade Kévin, à qui il avait dit qu‘il attendait voir le camarade Igor pour
discuter avec lui. Or, il n‘a pu voir le camarade à son arrivée qu‘à la réunion, où ils sont d‘ailleurs
arrivés en retard (lui et Kévin, certainement le temps, pour que Kévin fasse son sale travail
d‘intrigant). Donc, même animé de l‘intention de porter des critiques à Igor, il n‘a pas encore eu le
temps matériel de le voir. En outre dans ses discussions avec les 3 camarades en question, il défie
quiconque d‘avoir décelé dans ses propos, une volonté de dénigrer Igor.
Il invita tous les 3 camarades à prendre la parole et à relater les choses telles qu‘elles se sont
passées.
Kévin intervient pour dire qu‘il ne s‘agit pas de défendre la tête de quelqu‘un ici.
Faisant fi de ce que Kévin venait de dire, s‘adressant à lui, Don-Donis lui dit qu‘il ne comprenait
pas du tout l‘empressement qu‘il mit, pour le devancer auprès D‘Igor. Ceci d‘autant plus qu‘il lui avait
dit à lui Kévin, qu‘il se réservait le droit de le voir pour pouvoir discuter.

Pourquoi Kévin était-il un intrigant bonhomme ? Nous n‘avions pas encore perçu cet aspect
rebutant. Nous avions conscience de biens de ses insuffisances (refus de s‘auto critiquer, tendance à
vouloir se blanchir sur le dos du camarade X…, (coresponsable à la direction de l‘O―C‖V), la
mégalomanie, etc…), mais tout cela nous le pardonnions. Au cours de cette discussion autour de
l‘incident de Lyon, nous étions loin de nous douter, que Kévin, l‘intrigant avait mis déjà en marche son
plan diabolique pour isoler ce qu‘il tenait pour l‘obstacle principal dans sa course vers
l‘ « hégémonisme ». Ainsi, avait-il décidé dans son calcul égoïste, de s‘appuyer sur l‘autre hégémon.
Hélas ! La machine était déjà en marche, et désormais, rien ne pouvait l‘arrêter. Intrigues sur
intrigues, voilà les procédés que Kévin utilisait afin de pouvoir isoler Don-Donis au sein du Noyau
directeur. Il cherchait à faire passer ce dernier pour un « mauvais esprit », dont il fallait se
débarrasser ou tout au moins neutraliser.

- 28 -
Visiblement dans son intervention, Don-Donis cherchait à convaincre Igor de sa sincérité. Mais tout
cela était peine perdue. Igor marchait déjà dans le plan de Kévin.
Les autres camarades après lui, prirent la parole :

- ROBIN : De façon timorée, s‘est contenté de rappeler les circonstances dans lesquelles Don-Donis
les avait informés de l‘incident. Il avoua qu‘il n‘avait pas perçu dans les propos de celui-ci, un désir
de dénigrement et calomnie.

- BRUNO : D‘entrée de jeu, affirma tout haut, que n‘en déplaise à Kévin, lui allait défendre une
tête, parce qu‘il est inconcevable de prêter des intentions malhonnêtes à un camarade qui a toujours
fait preuve de sincérité. Il est étonné que ce soit ce camarade, de surcroît le camarade Igor. Faisant
un rappel historique, il affirma qu‘il y a seulement quelques mois ici, on (entendez par là, la direction
de l‘O―C‖V avec en tête, Kévin) laissait entendre à qui voulait, qu‘Igor était un élément dégénéré,
qu‘il était fini et se la « coulait douce » auprès d‘une petite Française.
Or lorsque Don-Donis est arrivé ici à Paris, quelle fut son attitude face à ces propos calomniateurs.
Il a dit que tant qu‘il n‘aurait pas vu Igor et entendre de sa bouche, le fait qu‘il soit fatigué et qu‘il
ne veuille plus lutter, il ne croirait pas à ces propos calomniateurs, car de son point de vue, il est
difficilement concevable, qu‘un camarade qui a tout sacrifié en arrive à se démobiliser pour une fille.

Bruno poursuivit pour relater les propos tenus concernant l‘incident de Lyon et fit ressortir le fait
que Don-Donis avait eu à affirmer qu‘il avait pleinement confiance à Igor, et qu‘il pense que ce n‘est
pas une fille qui allait le faire tomber. Il ne termina pas sans stigmatiser l‘entremetteur qui fut Kévin.

- GEORGES : Qui apprenait le problème pour la première fois, donna néanmoins sur la base de ce
qu‘il a entendu, une position de principe qui condamnait les procédés d‘entremetteurs entre deux
camarades.

- KÉVIN : S‘en prenant au fait que Don-Donis ait dit dans son intervention qu‘il n‘était pas encore
contaminé par les pratiques pernicieuses de dénigrement et autres chicanes, trouva que ce n‘est pas
juste et laissa sous-entendre que c‘est de l‘autosuffisance. Puis se perdit dans des «généralités» pour
finir par tirer des propositions (et non des déductions) logiques :
- Le fait de dire que la fille est dangereuse, veut dire que le camarade qui vit avec elle, ne mérite
pas confiance.
- La fille étant dangereuse, tout comme une superpuissance (sic) tout camarade qui s‘acoquine avec
elle, est un faible.

De ses propositions logiques, il en tire la déduction tout aussi logique, selon laquelle, Don-Donis a
voulu dire que le camarade Igor est un faible, ce qui pose le problème de confiance. Pour terminer,
il prétendit avoir vu Igor afin qu‘il vienne discuter avec Don-Donis, dans la mesure où il savait qu‘il
avait un problème entre ces deux camarades.

Ce fut là le premier tour d‘intervention sur la question.

Chacun peut se convaincre de cette façon d‘agir de la part de Kévin :

1°) Lorsque Don-Donis affirme que la fille était dangereuse, il n‘avait pas employé le mot
« dangereuse » dans le sens des deux superpuissances. Mieux il a dit, qu‘elle était dangereuse en ce
sens qu‘elle visait à brouiller les excellents rapports entre des camarades.

2°) Kévin n‘avait pas besoin de se hâter pour voir Igor, si tel était son désir d‘assainir les
problèmes ( ?) entre deux camarades (son désir réel, était plutôt de les aiguiser, et d‘en faire des
problèmes réels) puisqu‘il savait que Don-Donis avait pris la décision de voir Igor. S‘il en doutait, la
moindre des choses aurait été de laisser un peu de temps pour voir si Don-Donis allait le faire ou pas
(« wait and see »). Non ! L‘intrigant ne pouvait attendre. Il ne saurait rater une pareille occasion pour
« diviser et régner ».

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Face à tout ce qui vient d‘être relaté, Igor allait simplement se contenter de dire :

— « si c‘est comme ça, ça va. J‘avais craint que ce soit une instance supérieure qui a siégé sur mon
cas, car si cela s‘était passé ainsi, on retomberait dans les mêmes erreurs qu‘à l‘O―C‖V. »

Mais les cours des évènements ultérieurs allaient montrer que c‘était là des propos démagogiques,
et qu‘il avait vraiment mordu à l‘hameçon de Kévin.
Pour cette réunion, ce fut l‘essentiel de ce qui a été dit à propos de l‘incident de Lyon.
Mais depuis lors jusqu‘aujourd‘hui les rapports entre Don-Donis et Igor sont relâchés. Quand ce
dernier venait à Paris, il ne cherchait plus à voir le premier.
Avant d‘en finir avec cette 1ère réunion du Noyau directeur, il convient de noter certains points que
nous avons omis dans le récit. Aussitôt après l‘adoption du texte définitif du journal, on a passé à
l‘examen de tâches nouvelles :
— élaboration d‘un projet de programme
— bilan critique de l‘expérience du mouvement communiste voltaïque depuis le PAI en passant
par l‘O―C‖V jusqu‘à nos jours.
L‘examen de ces points et la distribution des tâches, avaient trouvé le camarade Don-Donis en
plein sommeil.
Lorsqu‘il se réveilla, le camarade Bruno qui dirigeait la réunion, lui fit le point : la tâche de
rédaction de l‘acte de fondation antidaté a été confiée à Georges ;
— La tâche d‘élaboration du projet de programme à Don-Donis ;
— Celle du bilan critique aux deux camarades Igor et Kévin.

Cette répartition ne convint pas à Don-Donis, parce que (comme il le dira par la suite) toujours
animé de la crainte qu‘on (les deux vieux) arrive à penser que nous voulons tout accaparer. Bruno
avait certainement eu à le proposer pour la tâche d‘élaboration du projet de programme, parce
qu‘il savait que depuis fort longtemps Don-Donis était en train de réunir des éléments (des
matériaux) pour cela. Ce faisant, il avait perdu à l‘esprit notre souci d‘éviter qu‘on en arrive à
penser que nous cherchons coûte que coûte à nous mettre en avant. C‘est pour cela qu‘il osa remettre
en cause la répartition (ce qui n‘est pas juste, car on ne peut dormir et venir après coup, tirer les
autres en arrière), en faisant la nouvelle proposition suivante :
Igor se chargera de l‘élaboration du projet de programme ; Kévin, du bilan critique.

Bruno, visiblement mécontent (car il tenait ces deux « vieux » pour incapables de s‘acquitter de ces
tâches. La suite des choses, montrera d‘ailleurs qu‘il avait raison.), demanda avec insistance, s‘il n‘y
avait pas d‘objection à cette proposition. Il n‘y eut aucune objection. La proposition de Don-Donis,
passa, ce qui est la preuve, que la 1ère proposition avait été adoptée, à-contre-cœur.
Il faut mentionner aussi, que lors de cette réunion, la nécessité d‘un Bulletin Intérieur fut retenue
unanimement. C‘est le camarade Bruno, qui l‘introduit, comme étant un point sur lequel les
camarades de Dakar avaient beaucoup insisté.
Un autre aspect de la réunion qu‘il convient aussi de mentionner ici.
Après le point de la constitution du Noyau directeur, un compte-rendu de tout ce qu‘on avait fait
jusqu‘à présent fut exigé. C‘est après ce compte-rendu, que notre stupéfaction fut grande.
Les deux « vieux » se sont acharnés surtout, Kévin, à montrer que tout ce que nous avons fait
jusque-là, relevait du spontanéisme, de l‘euphorie, etc., etc.. En un mot sur toute la ligne, c‘était du
mauvais travail. Kévin ira jusqu‘à dire, que c‘est le fait d‘avoir osé aller à contre-courant qui nous
grise ! De leurs points de vue, rien de positif à notre actif. Le passif était trop lourd. D‘où, bilan
négatif.
Vraiment nous étions ébahis et nous ne pûmes nous empêcher de relever un tel verdict de la part
de nos censeurs. Ce à quoi, Igor répondit, qu‘ils n‘étaient pas là, pour décerner des fleurs à qui que
ce soit. Nous, nous n‘avons pas demandé qu‘on nous décerne des fleurs, mais qu‘on soit animé, dans
toute analyse critique, d‘objectivité. Qu‘on ne tombe pas dans la métaphysique, dans l‘unilatéralité
des choses. L‘impression que nous avons eue, c‘était comme des réprimandes, rien que des

- 30 -
réprimandes, que les « maîtres » donnaient à leurs « élèves ». Malgré tout, nous ne nous sommes pas
formalisés. Cela, ne constituait pas un problème. Nous pardonnions encore de tels travers.

* *

A propos de l’article de Lénine « comment l’Iskra faillit s’éteindre « (voir O.C. T.4,
p. 345-362)

A la sortie de la réunion, Kévin tout confus cherchant (peut-être) à se racheter, insista pour que
Don-Donis et Bruno viennent chez lui pour manger. Ainsi, ils se retrouvèrent à quatre chez Kévin
(Robin aussi était là).
Tout au cours du repas, le camarade Don-Donis, très effondré, par ce qui venait de se passer avec
l‘incident de Lyon, n‘arrivait pas à retenir ses larmes. Cela mis tout le monde mal à l‘aise. On se hâta
de terminer le repas. Et c‘est pendant que Kévin raccompagnait Bruno et Don-Donis à la bouche du
métro que Don-Donis lui tint ce langage :
Vraiment camarade Kévin, je ne me pose énormément des questions. Je me demande si votre
attitude (Igor et toi) ne relève pas d‘une certaine déformation ?
Je n‘ai pas encore répondu à ces questions, mais je tiens à te dire que j‘ai été profondément déçu
par ton comportement. Je me demande ce que tu visais, en agissant comme tu l‘as fait ? Pour
comprendre mon état d‘âme actuel, je t‘invite à lire l‘article de LÉNINE, « comment l’Iskra a failli
s’étendre ».

- KÉVIN : Il faudra alors, qu‘on se revoie pour discuter après que je l‘aurais lu.

- DON-DONIS: je n‘y trouve aucun inconvénient.

Chemin faisant, les deux camarades venaient de rattraper Bruno, qui les avait devancés à la
bouche du métro.
Une fois Bruno et Don-Donis de retour chez eux, ils donnèrent libre cours à leurs indignations. Il se
trouvait que Bruno, était de loin beaucoup, plus indigné que Don-Donis ne l‘était. Seulement, lui avait
pu se contenir, pour ne pas fondre en larmes devant ces deux « vieux ». Maintenant plus rien ne le
retenait. Ces larmes n‘étaient pas la preuve d‘une faiblesse, aucunement. Ces larmes qui coulaient sur
le visage des deux camarades, loin d‘être une faiblesse, exprimaient une seule chose : à travers ces
larmes, c‘est l‘enfant qui disparaissait pour faire place à l‘homme qui naissait. A travers ces larmes,
c‘est l‘idéalisation des « vieux » camarades qui fondait pour laisser apparaître l‘amère réalité, pour
laisser apparaître leurs côtés rebutants.
C‘était dur, vraiment dur. Comme toute naissance, cette renaissance était douloureuse. Se rendant
compte, tout d‘un coup, que ce qu‘on tenait pour idéal, n‘en était pas un, il faut avouer que cela
secoue son homme.
Des sentiments divers nous tenaillaient. Nous étions furieux à l‘idée que nous nous sommes fait avoir
comme des enfants ; qu‘on nous a prit comme de vulgaires petits ambitieux, des strebers selon le
terme de LÉNINE.
Mais que dit Lénine, dans cet article ? En attendant que tout un chacun puisse le lire, nous allons
produire ici, quelques extraits très significatifs et qui présentent des similitudes remarquables avec la
situation que nous venons de vivre.

« Pourquoi étions-nous si indignés à l‘idée d‘une domination sans


partage de Plékhanov (indépendamment de la forme de cette

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domination) ?
Auparavant, nous avions toujours pensé que nous serions les rédacteurs,
et eux de très proches collaborateurs. C‘est ce que j‘avais proposé
formellement dès le début (encore en Russie). Arséniev ne voulait pas
recourir à une décision formelle et préférait agir « à l‘amiable » (ce qui,
disait-il, reviendrait au même). Je consentis. Mais nous étions tous deux
d‘accord pour estimer que c‘était à nous d‘être les rédacteurs, parce que
les « vieux » étaient intolérants à l‘excès, et aussi parce qu‘ils ne
pourraient pas s‘acquitter convenablement de ce lourd et ingrat travail de
rédaction : Seules ces considérations étaient décisives pour nous. Quant à
leur laisser la direction idéologique, nous en convenions volontiers. «
Laisser le travail effectif de rédaction aux moins vieux », il s‘en suivrait
des retards effrayants sinon l‘échec de toute notre entreprise ». Dans mon
récit de la façon dont failli s‘éteindre l‘Iskra, je me suis arrêté à notre
retour chez nous, le soir du dimanche 26 Août (…) . Dès que nous nous
trouvâmes seuls, en descendant du bateau, ce fut parmi nous comme un
déluge d‘expression indignée. C‘était plus fort que nous, l‘atmosphère trop
lourde se déchargeait en orage. Jusqu‘à une heure avancée, nous avons
parcouru de long en large, notre petit hameau. (…) Nous nous indignions
tout en marchant. Arséniev, je m‘en souviens, commença par dire qu‘il
considérait ses relations personnelles avec Plékhanov comme désormais
rompues pour toujours, et qu‘il ne les reprendrait jamais ; les relations
d‘affaires demeureront, mais personnellement entre moi et lui c‘est fortig
(fini). Sa façon d‘agir est si blessante qu‘elle nous oblige à le soupçonner
de très « vilaines » pensées à notre égard (c‘est dire qu‘il nous assimile
mentalement à des stréber = ambitieux, arrivistes). Il nous traite plus bas
que terre, etc… Je soutenais entièrement ces accusations. Ma « passion »
pour Plékhanov avait disparu comme par enchantement, et il m‘en restait
un dépit et une amertume incroyables. Jamais, jamais de ma vie, je n‘avais
eu le sentiment d‘avoir reçu un « coup de pied » aussi brutal. Or, c‘était
véritablement un coup de pied que nous avions reçu : on nous avait fait
peur comme à des gamins en nous disant que les grandes personnes nous
quitteraient et nous laisseraient seuls, et, après que nous avions lâchement
cédé ». (O.C., T4, P.351-352-353)

Arrêtons-nous un peu et faisons le point.


En effet, face à l‘attitude d‘intrigant de Kévin, toute notre « passion » pour lui avait disparu comme
par enchantement, et il nous en restait un dépit et une amertume incroyables. Jamais, jamais de notre
vie, nous n‘avions eu pour un homme, autant de respect sincère et de vénération.

« Mais puisqu‘un homme avec qui nous voulons collaborer étroitement


pour une œuvre commune, en relations intimes avec lui, puisque cet homme
use à l‘égard de camarades de pareilles manœuvres, il ne fait plus de
doute qu‘il est mauvais, qu‘il est dominé par des mobiles personnels
d‘amour-propre mesquin et de vanité, qu‘il n‘est pas sincère. Cette
découverte – c‘était pour nous une véritable découverte ! – nous fit l‘effet
de coup de foudre, car nous avions eu tous deux jusqu‘à alors une passion
pour PLÉKHANOV ».

Nous aussi, nous avions jusqu‘à alors une passion pour Kévin (et pour Igor aussi).

« Comme à une personne aimée, nous lui pardonnions tout, nous


formions les yeux sur tous ses défauts, nous tâchions de nous persuader
par tous les moyens que ces défauts n‘existaient pas, que c‘était des
bagatelles, que pour y attacher de l‘importance, il fallait ne pas
accorder une valeur suffisante aux principes. Et voilà que l‘évidence même
nous obligeait à reconnaître que ces « bagatelles » étaient capables de
rebuter les amis les plus dévoués et que la conviction qu‘il avait raison sur
le plan théorique ne pouvait absolument pas faire oublier ses côtés
rebutants. Notre indignation était à son comble : notre idéal était brisé et

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nous trouvions une extrême jouissance à le fouler aux pieds, comme une
idole renversée. Les accusations les plus violentes fusaient sans fin ».
(Ibid.,P. 354)
« Le rôle du pion entre les mains de cet homme ne nous sourit pas ; les
rapports amicaux, il ne les tolère pas, il ne les comprend pas. »(Ibid. )

« C‘était un véritable drame, une rupture définitive avec ce sur quoi,


nous avions jalousement veillé durant de longues années, comme sur un
enfant chéri, comme le but de toute vie. Et tout cela, parce que nous étions
jusque-là amoureux de PLÉKHANOV : Sans cette passion, si nous l’avions
considéré avec plus de sang-froid, avec une humeur plus égale, avec un peu
de recul, nous nous serions conduits autrement avec lui et nous n’aurions pas
subi un effondrement au sens littéral du mot, une telle «douche morale »,
selon la très juste expression D’ARSÉNIEV (souligné par nous). La leçon était
très dure, dure et blessante jusqu‘au dépit. De jeunes camarades «
faisaient la cour » à un aîné, mus par un amour immense envers lui, et il
apportait tout à coup dans cet amour une atmosphère d’intrigue. (souligné
par nous), il leur donnait le sentiment de n‘être pas des frères cadets, mais
des jobards qu‘on mène par le bout du nez ; des pions qu‘on peut
déplacer à son gré ; ou bien même de maladroits strébers qu‘il convient
d‘intimider un bon coup en leur tapant sur les doigts. Et cette jeunesse
amoureuse reçoit de l‘objet de son amour un enseignement : il faut
considérer tout homme « sans sentimentalité » ; en dissimulant à tout
hasard une pierre dans son sein. Voilà les paroles amères que nous
répétions sans fin ce soir-là. La soudaineté de l‘effondrement entraînait
naturellement aussi bien des exagérations, mais au fond ces paroles
amères étaient vraies. Aveuglés par notre passion, nous nous étions
conduits en somme comme des esclaves ; or être esclave est une chose
indigne, et la blessure que nous en ressortions était centuplée du fait que
c‘était « lui » personnellement, qui nous avait ouvert les yeux à nos
dépens… » (P.354-55)

Voilà des phrases qui adaptées à la situation que nous avons vécue et que nous vivons, expriment
mieux que toute chose, nos sentiments.
Les camarades Bruno et Don-Donis, de retour chez eux, avaient subi un tel effondrement que Don-
Donis voulu démissionner du CPO. Il proposa à Bruno, de démissionner ensemble du CPO, pour
laisser Kévin et autres Robin, toute la direction, puisque c‘est ce que Kévin visait avec toutes ses
intrigues. Ce fut Bruno, en sachant garder la tête froide, qui réussit à « déconvaincre » Don-Donis, de
ce projet insensé. Il lui montra le fait que, s‘il ne plaçait pas ses considérations personnelles (son
amour propre) au-dessus de tout, s‘il tenait à la survie de l‘organisation, il devait abandonner cette
idée de démission. Malgré le fait que les deux « vieux » nous prennent pour des « streber », dit-il, il
était convaincu que laisser la destinée de l‘organisation entre leurs mains, c‘était vouloir l‘échec de
toute notre entreprise.
Nous avons tenu à nous étendre sur cet article, vu l‘interprétation et l‘utilisation qui en ont été faites
par Kévin et Igor dans leur travail de sape de notre organisation. Pourtant de l‘invitation faite à
Kévin (et non à Igor) par Don-Donis, à lire cet article, nos intrigants (les deux « vieux ») ont voulu
faire voir dans cette invitation, la lutte d‘influence que Don-Donis a instaurée entre lui et Kévin (ou
Igor, selon que c‘est l‘un ou l‘autre qui cause). En invitant Kévin (et non Igor) à lire l‘article en question
selon ces deux « vieux », Don-Donis se prenait pour LÉNINE, Kévin ou Igor (selon le cas) serait
Plékhanov.
A ce sujet, nous tenons à dire ceci, de façon claire et nette : A supposer que Don-Donis se prenne
pour LÉNINE, nous ne voyons pas où est le mal ! ce que cela prouve, c‘est qu‘il prend LÉNINE comme
idéal (tout comme dans une moindre mesure certes, il a eu à idéaliser ces deux aînés) et le prenant
comme idéal, il œuvre et œuvrera à l‘atteindre dans ces capacités intellectuelles (sur le plan
théorique) et pratiques (sous l‘aspect organisateur) et surtout dans son intégrité idéologique (ce qui
fait énormément défaut à ces deux aînés). Cela tout militant qui se veut réellement révolutionnaire ne
peut que prendre LÉNINE et bien d‘autres éminents révolutionnaires, comme modèle. L’essentiel c’est
que dans cette ambition (si tant est qu‘on peut parler d‘ambition) on n’en arrive pas à placer sa

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personne au-dessus de l’organisation. L‘essentiel c‘est que l‘on ait toujours en tête l‘intérêt supérieur de
l‘organisation et de la cause prolétarienne.
Donc chers intrigants, c‘est là où il vous faut argumenter. Il vous faut argumenter, que dans la
pratique du camarade Don-Donis, il a mis sa personne en avant, au-dessus de l‘organisation. Cela
vous sera difficile ; mais vous concernant, c‘est tâche aisée. Prenez patience !

A propos de la lutte pour l‘influence au sein de l‘organisation, il convient de dire ceci : jusqu‘à ce
que nous nous rendions compte que vous (les aînés), vous êtes mauvais, cette idée n‘a jamais effleuré
un d‘entre nous (nous les jeunes), mais aujourd‘hui, pour contrer votre influence nocive sur
l‘organisation, n‘importe quel d‘entre nous consentira à assumer cette lutte pour l‘influence. Face à
des camarades comme vous, il est absolument nécessaire de lutter pour l‘influence. Tout camarade
qui perçoit votre véritable nature, et qui songe à la survie de l‘organisation, doit livrer une lutte pour
l‘influence contre votre influence destructrice.
Toujours, en élève de LÉNINE (que cela vous choque, c‘est votre affaire ! ) nous allons encore nous
référer à lui :

« toute l‘activité de l‘Iskra en tant que groupe particulier a été jusqu‘à


présent une lutte pour l‘influence, mais maintenant, il s‘agit de bien plus : il
s‘agit de faire passer cette influence dans les structures et non plus
seulement de lutter pour elle. La profondeur du fossé politique qui nous
sépare, le camarade Martov et moi ( s‘il se trouve des gens susceptibles
pour s‘identifier à Martov, c‘est leur affaire, pas la nôtre ! ), se manifeste
clairement dans le fait que Martov m‘accuse, alors que moi, je me félicite
d‘avoir voulu et de vouloir consacrer cette influence au moyen de
l‘organisation. Il s‘avère donc que nous parlons même des langages
différents.
A quoi bon tout le travail que nous avons fait, à quoi bon tous nos
efforts, si tout cela doit avoir pour couronnement la même vielle lutte pour
l‘influence et non l‘acquisition et la stabilisation définitive de cette
influence. » (O.C., T. 7, P. 337)

Chers intrigants, c‘est justement cela que nous vous reprochons. Que vous lutter pour la préséance
au sein de l‘organisation, il n‘y a rien de grave en cela, mais lutter pour la préséance, avec l‘aide
des intrigues, des calomnies, des mensonges, cela c‘est faire preuve de l‘absence d‘intégrité
idéologique à votre niveau. En arriver, dans cette lutte pour asseoir votre influence, à un travail
fractionnel de désorganisation, cela aucun camarade attaché à la survie de notre organisation, ne le
tolèrera. S‘il y a lutte pour l‘influence, elle doit se traduire dans les structures, et non en dehors par
des activités fractionnelles. Une chose est de lutter pour l‘influence, une autre est au nom de cette
lutte pour l‘influence, de recourir à des procédés « extra idéologiques », de recourir à la fausseté et
aux mensonges profonds. On ne saurait au nom de la lutte pour l‘influence, se livrer à un travail de
désorganisation. Or, c‘est là que vous en êtes arrivés : à un travail fractionnel, à un travail de
désorganisation. Et nous allons mettre fin à ce travail désorganisateur.

5°) CPO : Comité sans attribution aucune

Depuis la constitution « de jure » du noyau directeur (ND) (« de jure », puisque de « facto », il


existait bien avant par le système de consultation que nous avons établi) le CPO, s‘était purement et
simplement transformé en un comité d‘expédition (d‘exécution) des affaires courantes. Son rôle
résidait seulement en une caisse de résonance du ND. Le CPO ne pouvait prendre aucune décision,
en dehors du ND. Et comme le ND ne pouvait se réunir de façon régulière, eu égard à la dispersion
de ces éléments, et à la volonté manifeste des deux aînés de bloquer son fonctionnement;
l‘organisation ne pouvait être dirigée de façon effective. En maintes occasions chacun a dû sentir
l‘absence réelle d‘une direction idéologique et politique du Groupe. Nous y reviendrons. Mais
auparavant, parlons de la deuxième réunion et de la dernière jusqu‘au 10 février 1979 (date de
dénouement de la situation de blocage).

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Cette réunion tenue le 9 septembre 1978, devait se pencher entre autres, sur les points suivants :
— les informations sur les activités de vacances ;
— le contrôle des tâches arrêtées lors de la 1ère réunion ;
— les questions pratiques afférentes au journal (son acheminement au pays et sa diffusion).

Notons en passant, tout comme à la première réunion, Igor et Kevin ont accusé un retard (2
heures). Lorsque les raisons d‘un tel retard, leur furent demandées Igor affirme qu‘il prenait « sur lui
l‘entière responsabilité du retard. ». Kevin quant à lui, affirma l‘avoir « attendu pour lui faire à
manger. »

a) Informations sur les activités de vacances

Ce point concernait les contacts que nos camarades qui étaient rentrés pour les vacances ont pu
effectuer, les activités de vacances de l‘UGEV (conclusion du CA 78) et l‘état de la situation réelle au
niveau des différentes sections de l‘UGEV.
Ce qui mérite de retenir l‘attention de tout un chacun, dans cette rubrique, c‘est l‘information que
Don-Donis a demandée à Kévin, quant à une prétendue lettre qu‘il aurait envoyée à des «
camarades » de l‘O―C‖V et dont on se sert, tout comme ses trois (3) autocritiques, pour démobiliser
tous ceux qui cherchent à nous rallier au pays. Selon l‘information, un des responsables de l‘O―C‖V
(actuel P―CR‖V) aurait présenté la lettre en question aux camarades de Dakar, en vue de les
déstabiliser. A la vue de la lettre, les camarades de Dakar ont réagi de la manière suivante :

« si réellement cette lettre est du camarade Kévin et si comme vous le


dites, ce camarade était le 1er responsable de la l‘O―C‖V, cela prouve
jusqu‘à quel point toute l‘O―C‖V était pourrie de fond en comble. » (sic !)

Cela s‘appelle avoir le flair de classe (l‘instinct de classe). Ils avaient tapé dans le mil ! Et cette
seule lettre leur avait suffi pour tirer la conclusion à laquelle nous, nous avons abouti seulement après
plus de 5 mois de pratique avec cet aîné.
Devant une telle appréciation faite par les camarades de Dakar, à la vue de cette lettre, il était
indispensable que Kévin, nous livre le contenu de cette lettre, à tout le ND réuni. Il prétendit n‘avoir
pas sur lui, la copie de cette lettre, et promis de nous la présenter lors de la prochaine réunion.
Jusqu‘aujourd‘hui, le ND, n‘a pas encore pris connaissance du contenu exact de la lettre (peut-être à
cause du fait que depuis le 9 septembre, le ND ne s‘est jamais plus réuni ! )
Kévin n‘ayant donc pas la lettre sur lui, se contenta de nous résumer le contenu. Écoutons-le :
— « j‘ai été amené à écrire aux camarades sous l‘angle suivant :
1°) parce que ce sont des camarades qui m‘ont élu comme 1er responsable de l‘O―C‖V;
2°) parce que j‘ai discuté au préalable avec ces camarades qui considéraient cette affaire comme
une question de me sauver la tête ;
3°) parce que je visais à susciter des luttes internes à l‘O―C‖V.

Ceci dit, j‘ai écrit à trois (3) camarades et je n‘avais pas peur que ça circule au sein de l‘O―C‖V,
bien au contraire.
Quant au contenu de la lettre, la voici :
— « Maintenant je vois clair à des questions que je me posais. Il ressort des informations, que X..
(c‘est nous qui mettons le X.. à la place du nom véritable. — Le CPO) a constitué une fraction pour
me renverser et a promis des documents pour prouver que j‘ai dégénéré. Je ne regrette pas ce qui
est arrivé, puisque les positions que je défendais sont reprises par les « motionnaires ». La motion
prouve que ce n‘est pas moi, qui suis isolé des masses. Il ressort de cela, la possibilité de l‘apparition
d‘une nouvelle organisation et chaque camarade aura l‘occasion de faire un nouveau choix. A moins
que l‘O―C‖V, ne se débarrasse de ce contre-révolutionnaire, nationaliste, pseudomarxiste. »
N.B : la même lettre a été envoyée au camarade Y… et au camarade Z... »
(Selon les P.V de la réunion)

Voilà le contenu de la lettre que Kévin nous a livré.

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Posons-nous des questions : qu‘est-ce qui est arrivé, pour Kévin arrive à ne pas regretter ? Quelles
sont les positions qu‘il défendait et qui ont été reprises par les « motionnaires » ?
Nous-mêmes, sommes incapables de répondre à de telles questions, car au moment où la motion se
rédigeait, c‘était la période ou Kévin était introuvable

Aussitôt après que Kévin nous ait livré le contenu de la lettre, deux camarades s‘inscrivirent en liste,
pour des compléments d‘information.

- GEORGES : demanda la reprise des passages parlant de la motion et du « putsch ». A quelle


période cette lettre a-elle été écrite ?
Je ne comprends pas, dit-il, le besoin qu‘il y a eu de parler de « la possibilité de l‘apparition
d‘une nouvelle organisation ? »

- KÉVIN : à propos de la « possibilité d‘apparition d‘une nouvelle organisation » : on a toujours


voulu me taxer de fractionniste, ce à quoi j‘ai toujours dit que les pleurnicheries sur mon fractionnisme
ne me gênent pas, car une fois que j‘ai situé à qui j‘ai à faire, le reste n‘est qu‘une question de lutter
pour mes convictions. Il n‘y a que le petit-bourgeois qui se prend pour le nombril de la terre qui croît
que d‘autres ne peuvent pas s‘organiser sans lui.

Dans une des rencontres avec un de ces camarades à qui il a eu à écrire, Kévin prétend avoir dit :
— je n‘irai pas voir les responsables de l‘O―C‖V pour voir mon cas. Le camarade m‘avait dit qu‘au
pays ils avaient demandé qu‘on vienne me voir sur la base de mes autocritiques, j‘ai dit que je n‘en
ai que faire ; je ne cache pas mes convictions, mais je ne livre pas de secret organisationnel, la
masse des militants a mis le doigt sur la question, ce n‘est pas moi en tant qu‘individu qui a à me
plaindre de l‘isolement ; ils attaquent « la majorité » dans leur document du CA ; cela prouve que
ce sont des vrais bureaucrates »

Voilà ! Toutes ces généralités pour ne pas répondre aux questions essentielles qui ont été posées.
Le camarade Igor, quant à lui, laissant de côté la lettre, s‘adressa à Don-Donis en ces termes :

- IGOR : Don-Donis avait eu à parler d‘un point dans la lettre qui démoralise les militants ? « (avec
l‘air de dire que dans tout ce que nous venons d‘entendre qu‘est-ce qui constitue matière à
démoraliser).

- DON-DONIS: j‘ai dit qu‘un camarade a tenté d‘utiliser les autocritiques et la lettre de Kévin pour
déstabiliser certains camarades.

- BRUNO : quels sont les camarades auxquels le camarade Kévin a eu à écrire ?


- KÉVIN: X, Y , Z.

Chacun se devait d‘apprécier le contenu de la lettre.


Il est bon de reproduire ici, l‘appréciation que chaque camarade a donnée ; cela permettrait à
tout un chacun de voir comment des problèmes touchant à des questions de principes se résolvent au
sein de ce ND.
Par ordre d‘intervention:

- ROBIN : Mon souci porte sur l‘utilisation à des fins malhonnêtes qui pourrait être faite des
autocritiques et de la lettre. Ainsi, je pense qu‘un des éléments qu‘ils peuvent exploiter, c‘est le point
qui dit : « je ne regrette pas ce qui est arrivé, etc.. » et le point portant sur : « au niveau de masse
une majorité s‘est portée spontanément … »
Par rapport au premier point, on pourrait dire que tu ne regrettes pas les autocritiques faites entre
autres sur la « théorie des trois mondes ».
Par rapport au second point, dire que la motion a repris les positions que tu défendais, ou qu‘elle
a soulevé des points qui ont été reprochés à la direction pose un problème; on ne peut pas faire une
réponse publique, on se bat groupe contre groupe.

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Il faut, à mon avis, dégager des tâches en conséquence vis-à-vis des éléments déstabilisés par
cette lettre. Il faut donner une réponse conséquente par rapport à ces points.
Quant à la question de savoir, s‘il fallait que le camarade écrive la lettre ou pas, je n‘ai pas de
critiques à formuler dans la mesure où cela visait à susciter un débat de ligne au sein de l‘O―C‖V;

Ainsi parla Robin.

- GEORGES : Malgré la confiance politique, que nous avons les uns aux autres, il serait intéressant
d‘avoir la lettre sous les yeux.
Je pense qu‘il y a eu de grosses erreurs. Les propos dénotent d‘une insuffisance de vue critique de
la situation actuelle. L‘une des armes qu‘ils vont utiliser, est que, c‘est le camarade Kévin, qui est à la
base de notre regroupement. Il y a déjà un avant-goût dans l‘extrait du CA-78.
La mention de la motion, en relation avec les problèmes particuliers du camarade KÉVIN crée la
confusion.
Au niveau de masse, même si les gens perçoivent la nature opportuniste de droite de la ligne
prédominante, il y a un grand danger de laisser apparaître que c‘est le camarade qui a suscité
cette lutte. Ce n‘est pas du tout judicieux comme procédure. Le problème est un problème de fond.
De même le fait d‘avoir écrit à trois (3) camarades, n‘a pas été correct. Ce n‘est pas le principe
de la lettre que je condamne, car dans la mesure où cela est antérieur à la constitution du ND, le
camarade pouvait prendre des initiatives personnelles. Il fallait d‘abord voir la compréhension que
ces camarades ont des problèmes posés et de la lutte.
Personnellement je ne voyais pas au début, l‘aspect scission, mais celui de développer la lutte
interne.
Le fait d‘avoir introduit la question d‘organisation parallèle n‘est pas non plus judicieux, car les
camarades ont eu à livrer les lettres et l‘utilisation qu‘on fait tend à identifier l‘initiative qui est à la
base de notre regroupement à une seule personne : le camarade Kévin.
Le camarade Kévin aurait dû se contenter de susciter des points de réflexions devant amener ces
camarades à se poser davantage de questions.
Est-ce que les camarades à qui on a présenté ces lettres en vue de déstabilisation, sont organisés
avec nous ? Si oui, leur faire part de notre analyse critique et demander de leur part leurs
remarques critiques.

- DON-DONIS : La lettre pose beaucoup de problèmes. Je me réserve le droit d‘y revenir dessus lors
du point sur le bilan critique dont le camarade Kévin est chargé de nous présenter un projet écrit.

C‘est tout ce que Don-Donis s‘est contenté de dire et avec raison.


A ses dires il a estimé que si nous sommes réunis là « non pour nous adresser mutuellement
d‘agréables discours, ou échanger d‘affables politesses, mais pour créer un Parti », nous nous devons
de nous dire toute la vérité et rien que la vérité. Mais animé aussi du désir, que ses critiques ne
soient pas subjectivisées, il ne trouva de cadre idéal, que celui du bilan critique, pour les formuler.
Ce sont ces considérations qui ont été à la base de sa très brève intervention, dira-t-il.

Après Don-Donis, et en fin de liste, c‘est le camarade Igor qui vient.


Les camarades noteront ceci : c‘est une caractéristique d‘Igor, que d‘intervenir toujours en dernier ;
venant en dernier, il aime rester dans tout ce qui est « vague », « insaisissable », évitant « toujours
de poser les questions d’une manière claire et résolue : il recherche toujours la résultante, il a des
louvoiements de couleuvre entre deux points de vue qui s’excluent cherchant à « se mettre d’accord »
avec l’un aussi bien qu’avec l’autre, et réduisant (les) divergences à de légères modifications à des
doutes, à des vœux pieux et innocents, etc. » (Lénine) ; en un mot, c‘est l‘opportuniste par excellence.
Donc écoutons-le, et chaque fois qu‘il s‘agira de l‘entendre, ayez cette définition en tête :

- IGOR : Je commencerais par un détail, mais qui est de fond. De façon spontanée, nous avons voulu
prendre des initiatives personnelles, si ça continue, c‘est grave. Un petit détail : je pense que
provisoirement, nous sommes obligés d‘assumer les erreurs commises par des camarades qui prennent
des initiatives isolées. Sur le cas de Bruno, je n‘ai rien à dire, sur le cas de Kévin, je pense qu‘il faut

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plutôt insister sur les aspects positifs. Il n’a pas réussi à s’en tirer. (Souligné par nous — CPO). C‘est
parce qu‘on n‘a pas encore tiré toutes les leçons de l‘expérience passée. Par exemple sa tentative
de vouloir susciter des débats de ligne au sein de l‘O―C‖V.
Par exemple : au PAI, il y a eu des gens qui ont voulu susciter des débats de ligne. Il a continué
dans la voie de la facilité. Il était dans une situation où il se recherchait. Partant de là, il s‘agit de voir
en de ça de l‘erreur, de prendre des dispositions. Sur les dénigrements on n‘y peut rien. Il faut coûte
que coûte faire connaître nos positions ; ce qui est sûr, c‘est que dans la situation actuelle, on tire à
vue.

A chacun d‘apprécier !

Après toutes ces interventions, le camarade Kévin a trouvé nécessaire de répondre aux différentes
critiques en les rejetant presque toutes, en tout cas pour l‘essentiel. Si vous n‘avez jamais vu un
homme qui ne commet jamais d‘erreurs, en voilà un.
Depuis que nous le connaissons, nous ne l‘avons jamais surpris en train de dire, « Ah, Oui ! sur ce
point, je me suis trompé, j‘ai commis une erreur ». Tout le temps en train de se justifier, même quand il
s‘agit de critiquer les erreurs tant au niveau de masse (UGEV, AEVF ) qu‘au niveau de l‘O―C‖V.
Lorsqu‘il était encore 1er responsable, même à ce niveau, il est tout le temps en train de remettre
toutes les responsabilités sur X, qui s‘est opposé à...
Tous ceux d‘entre nous, qui aujourd‘hui ont eu à l‘approcher, peuvent en témoigner.
Laissons donc la parole à Kévin :

- KÉVIN : j‘aimerais noter deux faits :


- j‘apporterai le contenu exact de la lettre dans le but de voir, comment les autres vont l‘utiliser.
- Moi aussi, je pensais à l‘utilisation possible qu‘on pouvait en faire.
Ceci dit, il y a une partie des analyses de Georges, que je ne partage pas. Je n‘ai jamais été
effrayé par une organisation qui en arrive à limiter sa lutte à une question d‘individus. Toute
organisation qui met en avant des individualités, c‘est le signe de la dégénérescence [comme c’est
bien dit !] Autre chose, en mettant des individus en avant, cela permet de couvrir les autres [De mieux
en mieux, de généralités en généralités]. Ce point ne m‘inquiète pas. Cela montre jusqu‘à quel point ils
sont tombés dans une vision réactionnaire. Cela conduit au mépris des masses [mais, la question n’est
pas là, cher ami ! tu te perds dans des généralités ; pourquoi tu t’embrouilles ?]. La théorie des meneurs
n‘est propre qu‘aux réactionnaires. C‘est ce point que je voudrais qu‘on approfondisse, au lieu de
voir en cela, le problème d‘un individu [Non, camarade, tu ne vas pas nous divertir]. Mieux, cela
permet de mesurer la capacité idéologique de tout un chacun par rapport aux classes et à la lutte
des classes [ ça y est, si quelqu’un ne voit pas les choses ainsi , tel que Kévin voudrait qu’on le voit, il a
des insuffisance idéologiques. C’est vite dit.]
Un aspect délicat, c‘est celui que Robin a soulevé, sur le point qui disait ceci : « Les positions que
j‘assumais, etc… » [ça y est : le coq a fait l’éloge du coucou, parce que celui-ci fait l’éloge du coq ;
quoi de plus normal !]. J‘avais fait des autocritiques et maintenant je dis que je ne regrette pas. Sa
solution existe dans le sens suivant : pour tout élément d‘une certaine maturité idéologique, toute
autocritique d‘un camarade ne peut constituer un élément de sa condamnation. Si la conception
erronée de l‘autocritique demeure dans l‘esprit d‘un élément organisé, je m‘excuse, mais je ne peux
pas m‘organiser durablement avec lui. Il faut que ce soit bien vu. Sinon la tendance sera au
fractionnisme, chaque fois que l‘on discutera sur les erreurs et sur l‘autocritique [malheureusement,
c’est toi camarade qui n’a pas eu une juste compréhension des critiques, ce qui t’a poussé aujourd’hui à
des activités fractionnisme ; comme quoi, sur des généralités on peut créer l’unanimité de façade ! ]
En conclusion, il s‘agit d‘un affrontement idéologique. On ne peut rien contre les magouilles !... Il
faut plutôt voir les tactiques de l‘ennemi de classe, mises sur pied pour nous combattre. Il y a un
élément qui a été relevé à propos de l‘expérience du PAI. Mais le cas est un peu différent, parce
que c‘était là des éléments sincères qui se posaient des questions qu‘il fallait poser. J‘avais été le
premier [ Notez ! ] à demander que l‘on cherche à discuter avec des éléments honnêtes qui parlaient
d‘erreur envers un individu.
[Interruption par Igor].

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IGOR : Mais où est-ce que tu mets leur attachement avec l‘organisation ? Ne faisaient–ils pas aussi
de l‘organisation un fétiche? Où est la relation dialectique entre l‘organisation et l‘homme ?

KÉVIN : je n‘ai pas eu à examiner cet aspect. J‘ai eu à leur montrer des positions que je voulais
faire passer à leur niveau. Il s‘agit bel et bien d‘une lutte idéologique. Même si je dégénère, les
idées justes que j‘ai défendues seront reprises par d‘autres et ma cause vaincra. Le souci qui
m‘animait était de mettre fin à l‘aspect individualiste [on a même parfois envie de pouffer de rire,
surtout dans la logique de tout le raisonnement, cette phrase sonne faux].
J‘ai même vu cette lettre comme un piège dans lequel ils pourraient tomber [piège
d’individualisation ! ]
Une observation que je tiens à faire, c‘est que l‘O―C‖V est condamnée à effectuer un travail de
flic. Il ne faut pas négliger ce problème. Il faut voir les implications organisationnelles que cela
nécessite.
Ceci dit, des initiateurs peuvent déconner, on les remercie et on continue.
Même si des flics organisent les ouvriers, si vous pouvez vous y infiltrer et les tomber, vous les
remerciez et vous continuez ! cela entraînera une fusion.......……………-léniniste et groupe petit-
bourgeois …. éait…………………………….17

Ne pas perdre le temps dans « fallait-il faire ou non, mais voir ce qui peut être réparé.
Même dans la motion le problème des noms et adresses, ce n‘était pas à faire [ le médecin après
la mort ! ]; mais une période de tâtonnement nécessaire, il faut savoir tirer le trait d‘une façon
positive sur ces périodes- là. [Vous voyez ! quand il s’agit d’analyser une de ses erreurs, Kévin parle de
tirer un trait de façon positive. Mais souvenez-vous quand il s’est agi de juger notre action durant cette
période, c’est uniquement avec un trait négatif que cette période a été marquée.].

[suit un croquis commenté représentant l’égo de Kévin : dans la période, tout ce qui avait été fait sans
moi, n’est que bêtise, spontanéisme, etc..
Toutes les bêtises faites par moi, ne doivent pas être prises pour telles, mais positivement. C’est le
symbole de l’homme qui se croit au centre de l’univers.]

A la fin de l‘intervention de Kévin, Don-Donis demanda une « information » pour dire ceci :

- DON-DONIS : l‘objectif, c‘est voir les aspects négatifs et voir comment y pallier. Kévin pose mal le
problème en disant que ce sont les autocritiques qui déstabilisent les camarades. De toute façon,
j‘attends le point du bilan critique pour intervenir à fond.

Kévin intervient pour clore le point.

- KÉVIN: Mon intervention a valeur de position de principe.

Il aurait été plus juste de dire « mon intervention a valeur de position relevant de généralités ».

Après avoir pris connaissances de ce bref débat au sein du ND, les camarades conviendront avec
nous, que nous ne leur avons pas fait perdre leur temps, en retranscrivant intégralement (presque) le
contenu des différentes interventions. Ainsi, chacun pourra se convaincre de la façon dont les
questions idéologiques sont débattues et résolues au sein du ND.

b) Compte rendu du voyage en Albanie

En d‘autres circonstances, nous pourrons revenir sur ce voyage en Albanie de deux de nos
camarades. L‘aspect que nous désirons soulever en abordant ce point c‘est mettre en relief, la
conception du camarade Kévin par rapport à l‘organisation.

17 . Les pointillés sont les parties illisibles du document, que les souris ont rongé.

- 39 -
Du fait de ses relations avec un membre du comité central du PTA, nous l‘avions chargé de
remettre une lettre de recommandation aux deux camarades qui effectuaient le voyage. La lettre
consistait à faire un bref aperçu de la situation au sein de l‘O―C‖V et de la scission intervenue. En
outre, la lettre pouvait constituer une ouverture pour les deux camarades qui pourraient développer
dans les détails les sujets de divergences qui ont conduit à la scission.
Il serait important que le camarade Kévin, nous livre encore un exemplaire de cette lettre, car
cette lettre pose le même problème que la lettre envoyée aux pays à certains camarades. Qu‘est-ce
qui y était dit :

— « Moi Kévin, je n‘ai pas changé. Je reste un défenseur intransigeant de l‘Albanie. Seulement au
sein de l‘O―C‖V, on a opéré un « putsch » contre ma personne. »

Voilà, c‘était là, l‘essentiel du contenu de cette lettre. Comme chacun peut s‘en rendre compte, nulle
part il n‘est question de l‘organisation. C‘est la même chose que la première lettre que nous avons
examinée : rien que la mise en avant de l‘individu.
Nulle part, il n‘était fait mention même dans cette vision individualiste des trois (3) autocritiques
écrites faites par le camarade Kévin au sein de l‘O―C‖V. Ce qui est une faille certaine, car il est
certain, que les autres quand ils se présenteront devant les Albanais produiront ces trois autocritiques
comme pièce à conviction. On se souvient que lors de son intervention sur ce point, Don-Donis avait eu
à mentionner les points suivants :

— « la question des autocritiques doit être liée à celle du fractionnisme


dont le camarade a été accusé, car quelqu‘un qui cherche à faire une
fraction pour faire passer la théorie des 3 mondes, il est tout à fait normal
qu‘une fraction se constitue pour l‘écraser.
La question ainsi posée se retourne contre nous. »

En effet, telle que les choses se sont passées, il est d‘ores et déjà certain, que nous nous sommes
aliénés la sympathie des Albanais. A moins qu‘un travail de clarification soit effectué à ce niveau.
D‘ailleurs au niveau du ND, le camarade Kévin avait été chargé de rentrer en contact avec
l‘ambassade d‘Albanie, pour réparer l‘erreur.
Voilà un autre élément qui prouve bien ce que certains comptent faire de notre organisation.

c) Le point du bilan critique

Le projet de Bilan critique qui nous fut présenté par le camarade Kévin était un concentré de
généralités. Or, on ne pouvait tirer sérieusement des leçons positives, à partir de généralités, car
rien ne sert de venir coucher des généralités sur le papier, tout en étant sûr que dès le lendemain, on
les foulera aux pieds.
Nous reprenons ici l‘intervention de Don-Donis dans le débat, puisque c‘est dans cette rubrique qu‘il
avait réservé son appréciation de la lettre de Kévin.

Voilà le contenu de son intervention :

- DON-DONIS : je me suis inscrit en tête de liste afin d‘ouvrir les débats. D‘entrée de jeu je pense
qu‘il aurait fallu illustrer le bilan par des exemples concrets cela nous aurait mieux aidés à nous
stabiliser contrairement aux rappels de principes généraux. Il est indispensable de prendre des faits
concrets. L‘analyse théorique me satisfait, mais c‘est insuffisant. Je propose que le texte, après
amendements soit discuté dans les structures de base pour être critiqué et aussi pour permettre une
plus large diffusion.
Quant à certains aspects soulevés dans le texte, je suis d‘avis que nos rapports doivent être de
sincères rapports de camaraderie. On doit être des « frères de classe » et ne pas se ménager.
Igor, lors de la réunion passée a trouvé qu‘il ne fallait pas qu‘on se fasse des illusions car le
minimum qui nous réunit, c‘est l‘action commune que nous voulons mener, Non ! Je pense que ça
devrait être plus que cela. Nous aspirons tous à l‘idéal communiste. Notre union se fonde sur cet
idéal, ce qui est différent des rapports définis par un contrat quelconque temporaire.

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L‘autre jour, sur l‘incident de Lyon, des aspects ont été soulevés, quant à ce que devrait être de
véritables rapports de camaraderie. J‘avais eu à donner mon point de vue sur ce problème, sur cette
fille. Je pense que c‘est avec le camarade Igor que j‘entretiens des rapports de camaraderie et non
avec cette fille. Il faut savoir poser le problème dans leur contexte exact.
Généralement on élabore des principes justes pour que d‘autres les appliquent et soi-même on se
refuse à les appliquer. A l‘O―C‖V, c‘était le cas : là on parle de critique et d‘autocritique mais les
responsables sont les premiers à ne pas le faire. Les cotisations ? C‘est pareil : les responsables
étaient les premiers à ne pas les payer. A propos de cette expérience, Kévin est le mieux placé, il a
été le premier responsable et a participé à mettre un appareil bureautique sur pied qui s‘est
retourné contre lui. Il n‘y a pas de fumée sans feu. Je pense qu‘ici, nous sommes entre camarades, et
nous nous devons de dire les choses telles qu‘elles sont et non couvrir nos fautes.
Ainsi, camarade Kévin, n‘as-tu pas contribué à développer le servilisme ? Il y avait deux
responsables dont toi ; je ne suis pas d‘accord avec l‘attitude qui consiste à tout mettre sur le dos de
l‘autre. De même, les arguments du genre, « j‘ai proposé ça, ça n‘a pas passé ! », ne sont pas des
arguments. Si ça ne passe pas, il faut porter le problème à la base. Autrement dit, je pense que
Kévin a cautionné effectivement les pratiques pernicieuses qui se sont développées au sein de
l‘O―C‖V.
D‘ailleurs, il importe que tout un chacun examine sa pratique au sein de l‘O―C‖V.
Toi et Igor, vous êtes là aujourd‘hui ensemble. Or tout le monde sait que c‘est au moment où tu étais
le 1er responsable qu‘il a été mis à l‘écart. Mieux, c‘est par toi qu‘il fut mis à l‘écart. Où avez-vous
tiré les leçons ? Non ! il faut le faire ici, pour que tout un chacun voie clair.
Le problème de Mlle X…, qui a été un facteur de ton isolement ! Quelle leçon, en as-tu tirées ?
L‘autre jour, j‘ai eu à dire, que je n‘avais pas encore été contaminé par l‘atmosphère malsaine
d‘ici, tu t‘en es pris à moi pour voir là une certaine suffisance. Mais j‘avoue que lorsque j‘entends des
déclarations de la part de Igor, du genre : « les intellectuels sont ainsi faits, ils ont tendance à
renverser celui qui les a instruits », je suis suffoqué.
Mais dans le cas concret : qui a enseigné qui ? Je pense que c‘est à votre niveau qu‘il y a un
problème, qu‘il faut voir sérieusement.
Relevons certains faits incorrects :
- la critique faite du CPO, lors de la dernière réunion, sur tous les plans a été négative. Le fait
d‘avoir jugé notre travail en ces termes : « Ne pas être grisé par le fait d‘avoir osé aller à contre-
courant ». ;
- lorsque j‘ai eu à vous contacter tous les deux, vous m‘avez posé la question suivante : « Qu‘est-
ce qui t‘oppose au camarde X… ? »
Non ! je n‘individualise pas les problèmes. Rien ne m‘oppose à lui en tant qu‘individu. J‘ai cité des
cas concrets, portant sur les calomnies, les mensonges et autres chicanes qui ont été pour moi des
éléments qui m‘ont amené à faire preuve d‘esprit critique pour chercher à discuter avec toi et Igor.
Aujourd‘hui, il faut éviter de tomber dans l‘attitude, qui consiste à quitter une forme de servilisme
pour tomber dans une autre. Que chacun apprenne à penser par sa propre tête.
Maintenant, arrivons-en à la question de la « lettre ».
Ce qu‘il faut dire, c‘est que avant le passage à Paris, du camarade Y… (un des camarades à qui
la lettre a été adressée), le camarade Kévin n‘avait pas tranché encore un certain nombre de
problèmes. Après, dès qu‘il les eut tranchés, il écrit une lettre dans laquelle il dit ceci : « Dans la
mesure où moi Kévin, a eu la conviction qu‘un putsch a été organisé par X… contre moi, je décide
de la naissance d‘une organisation parallèle ».
C‘est historiquement faux, car l‘organisation était déjà en marche bien avant que Kévin ait tranché
ses questions. Ce que de telles déclarations prouvent : c‘est le « Moi » qui est mis en avant. Je pense
que c‘est la même erreur qui lui avait été reprochée (à tort ou à raison) au sein de l‘O―C‖V. Il y a
lieu que le camarade réfléchisse sérieusement à cet aspect de sa pratique. Et puis, il faut qu‘une
chose soit claire, on n‘est pas réuni ici, par le fait de la volonté d‘une et d‘une seule personne.

Voilà l‘essentiel de l‘intervention de Don-Donis.

Une telle intervention ne pouvait plaire à cet homme qui a désappris à entendre des critiques. En
effet lorsque Don-Donis a abordé le point de la lettre, en mettant à nu la mise du « Moi » en avant,

- 41 -
le camarade Kévin s‘est tiré tout d‘un coup de sa somnolence apparente, et tout en avalant un
comprimé de vitascorbol, déclara : « Ah ! il faut que je me réveille, car il y a une lutte. Il ne faut pas
que ça se passe sans moi ».
Voilà ! C‘est écœurant, même dégoûtant. Ainsi, pense-t-on intimider les camarades qui osent
critiquer. Qui est-ce qui a une mauvaise compréhension de la critique et de l‘autocritique. Que
deviendra l‘organisation, si toute critique est prise dans le sens d‘une lutte (entendez d‘influence) ?

Voilà ! C‘est cette incompréhension des rapports entre camarades, cette incompréhension de la
critique et de l‘autocritique qui vous a conduit à voir en certains des « rivaux », des « obstacles », à
isoler au sein du Noyau directeur. Et pour cela, vous n‘avez pas reculé devant l‘arme facile des
intrigues.
Mieux, aujourd‘hui, les intrigues ne vous suffisant plus, vous avez décidé de passer à un travail de
fraction.
Mais avant de passer à l‘examen de vos actes fractionnistes, examinons, le point du projet de
programme.

d) Projet de programme

En guise de projet de programme, le camarade Igor, nous a présenté un brouillon d‘idées confuses
sur les principes organisationnels.
Il fallait savoir critiquer et rejeter ce travail, sans froisser les susceptibilités. Notons en passant, que
ce travail a été une reprise en mauvais, d‘un projet de programme qui nous a été donné par une
organisation amie. Comme tout plagiat, il était mauvais. Voilà nos « maîtres » à l‘œuvre : il se
résigne à aller plagier d‘autres groupes ayant moins d‘expérience que nous..
Enfin bref ! Et avec ça on va vouloir s‘afficher en donneur de leçon à des intellectuels qui cherchent
par la suite à vous renverser.

Pour l‘essentiel, les différentes interventions sur le projet présenté par Igor, peuvent être résumées
en plus de 20 points retenus.

Critique de forme : On s‘attendait à la présentation d‘un projet de programme politique. Dans


notre compréhension, quand la proposition a été faite, c‘est ce que nous voyons. Or ce qui nous a été
présenté, ce n‘est ni moins, ni plus qu‘une ligne tactique et stratégique organisationnelle. Cela aussi, il
est nécessaire qu‘il soit critiqué et amendé, en vue d‘être publié dans l‘Organe interne de
l‘Organisation ; cela permettra d‘armer les militants, en les familiarisant avec les principes
organisationnels.
Ceci dit, outre le fait qu‘il y a trop de répétitions, des critiques ont été formulées à propos de
certains points soulevés dans le projet.
1° — « Le parti naîtra dans le feu de la lutte ». Et plus loin : « le parti se crée de bas en haut ».
[Et tout cela est dit, bien après que le contenu du «Prolétaire » numéro 0 ait recueilli l’adhésion de
tout un chacun. Cela fut critiqué comme étant là, la conception « étapiste », (« gradualiste ») par
excellence.]

2° – Le rôle historique du mouvement étudiant et la question du maillon principal.


« Un mouvement étudiant qui acquiert une importance historique. Ce rôle sera révolu dès
lors… »… « il joue un rôle d‘avant-garde » ; « avoir en main le mouvement étudiant comme maillon
principal pour impulser la lutte de ligne pour développer les idées anti-impérialistes dans le
mouvement démocratique national afin de faciliter le développement du marxisme-Léninisme . »
[C’est là une inversion des tâches]18.
- « Prendre pour base de notre action le Manifeste Communiste ».
[Non ! Le Manifeste ne dégage que des principes généraux.]
- « Deux lignes au sein de l‘organisation ».
[Non ! une seule ligne ; différences d’appréciation, oui ! Mais absolument unité politique sur les points
essentiels].

18 . Les crochets sont de nous. Ils contiennent nos commentaires.

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« Le journal doit refléter la lutte de classe dans notre pays ».
[Non ! le journal reflète la lutte de classe du Prolétariat].
- A propos du recrutement :
« Recrutement dans le milieu intellectuel et des travailleurs »
[Où est l’axe de classe ?]
- A propos de l‘étape : « lutte de libération nationale », « RNDP »
[ Non ! le point de vue du Prolétaire c’est :« R- AI-DP » ou « RDP » tout court. ]
- « Structures qui reflètent ce que vivent et ressentent les masses »
[Pas juste ! c’est du spontanéisme].

Ce sont là, quelques points relevés çà et là dans le projet présenté par Igor. Il n‘y a pas à dire, on
ne pouvait pas retenir un tel rapport.
Kévin quant à lui intervient en faisant état de sa santé qui s‘empirait. Néanmoins, il proposa :

- KEVIN : Pour le programme : ce n‘est pas une chose que l‘on élabore en une nuit. Il y a des termes,
sur lesquels il faut une entente.
Ce n‘est pas à n‘importe quelle phase qu‘il faut éditer un programme politique. Si on n‘est pas
d‘accord avec la conception de Staline [ ?], c‘est seulement au stade de transformation de
l‘organisation en parti, qu‘il faut parler de programme politique.
Après réflexion, je suis pour la formule qui consiste à ce que chacun de nous ait le texte en main
sur lequel il pourra faire ses amendements et annotations.
Ce n‘est pas ce soir qu‘il faut adopter un texte à ce sujet.
Je propose de passer aux points qui sont d‘une urgence immédiate.

Par rapport au programme politique et au moment de son élaboration, il y eut un débat. Au terme
du débat, tout le monde fut unanime à reconnaître, à part la contrainte de l‘absence de matériaux,
que le projet de programme pouvait être fait afin d‘être publié dans les prochains numéros à venir.

II LA LUTTE EXTRA-IDEOLOGIQUE A LA PLACE D’UNE VERITABLE LUTTE IDEOLOGIQUE

Si de hautes considérations animaient tout un chacun d‘entre nous, nous serions loin du mesquin
esprit de « querelles de préséances » et plus énergiquement nous aurions pu « faire en sorte que les
désaccords entre les membres » de l‘organisation « soient discutés posément et à fond, que ces
désaccords ne puissent paralyser notre travail, ne puissent apporter la désorganisation …. (LÉNINE).
C‘est animé par de telles considérations, que l‘on doit mener une lutte idéologique au sein de
l‘organisation. C‘est l‘absence de principes, le manque d‘intégrité idéologique, des considérations
étroitement individualistes, égoïstes, qui amènent un certain nombre de camarades, à préférer à la
lutte idéologique saine au sein des structures de l‘organisation, la lutte extra-idéologique : intrigues,
fausseté et mensonges grossiers, fractionnisme et travail de désorganisation.
C‘est à cela, qu‘en sont arrivés les deux « vieux ». Ils en sont arrivés à un travail de
désorganisation, de blocage systématique de l‘organisme central.
Et ce qui indigne le plus dans le travail de nos fractionnistes, c‘est la fausseté, le mensonge et la
falsification des sources et des causes réelles des divergences. C‘est pourquoi nous avons décidé de
tout éclaircir, tout jusque dans les menus détails. Rien ne doit rester dans le noir. Il faut que chaque
militant de l‘organisation soit au courant de l‘histoire de notre organisation, soit instruit des
problèmes les plus divers qui se sont posés au sein de l‘organisme dirigeant et qui sont les sources et
causes réelles de toutes les divergences à ce niveau. En agissant ainsi, nous visons à amener tout un
chacun, à prendre conscience de l‘action néfaste des éléments désorganisateurs. Pour l‘instant nous
avons su circonscrire l‘activité désorganisatrice au niveau de trois (3) éléments. Il n‘est pas exclu que
nos fractionnistes puissent avoir des échos quelque part, au sein de l‘organisation. La vigilance à
tous les niveaux est de mise, afin de savoir mener correctement une lutte idéologique contre de tels
camarades qui seront soit amenés à se corriger, soit contraints de se mettre eux- même en dehors de
l‘organisation.
Ce-là dit, passons à l‘examen des activités désorganisatrices de nos fractionnistes.

- 43 -
I° Les intrigues de Kévin

Une fois ayant déterminé celui qu‘il tenait pour obstacle n°1, voilà Kévin parti, pour entreprendre
une politique d‘isolement de ce dernier.
Il avait réussi à mettre de son côté les camarades Igor et Robin. C‘est d‘ailleurs avec ces deux
camarades qu‘il constituera sa fraction au sein du ND.
Mais cela ne lui suffisait pas pour asseoir sa préséance au sein de ce ND.
En outre, mieux l‘obstacle n° 1 sera isolé, mieux cela vaudra. Aussi décida-t-il de développer des
intrigues auprès des deux autres camarades membres du ND : Bruno et Georges. Désormais il ne
manquera aucune occasion pour aiguiser les contradictions entre ces deux camarades et le
camarade Don-Donis.

a) Auprès de Bruno
Il a d‘abord tenté de le rallier sur des bases du « tribalisme-grand Mossi ». Comment ?
Il est parti de la discussion qui avait plus ou moins opposé Don-Donis à Bruno, lors du choix de la
dénomination du journal. Le jour où la discussion eut lieu, étaient présents, en plus des deux
susnommés, les camarades Georges et Robin. Face à la proposition faite par Bruno, consistant à
adopter des dénominations nationales, Don-Donis, avait répondu que c‘était là vouloir mettre la
charrue avant les bœufs. Kévin était absent. Qui lui a rapporté la discussion ? Ce n‘est ni Georges ni
Bruno.
Toujours est-il que Kévin est venu trouver Bruno, pour lui tenir les propos suivants : (Notons, que cela
est très antérieur à la constitution du ND)

- KEVIN : Il paraît que tu as eu une discussion avec l‘autre, à propos de la dénomination du journal !
Ah ! c‘est là un gros problème que tu as soulevé là, car les minorités nationales ont toujours une
réaction épidermique lorsqu‘on aborde cette question. C‘était le cas aussi avec X... [l‘éternel souffre-
douleur de Kévin]. Je t‘invite à approfondir sérieusement la question. Il y a fort longtemps que moi je
m‘y penche.

Outre l‘aspect intrigant de la question, il importe que chacun y pense sérieusement. .Mais d‘ores et
déjà, il ressort de cette déclaration de Kévin, que ce n‘est pas d‘un point de vue marxiste-léniniste
qu‘il aborde la question, mais d‘un point de vue du « chauvinisme-grand-Mossi ».

2°) Le lendemain de la réunion, la même réunion lors de laquelle, Kévin a présenté son projet de
Bilan critique, il a rencontré Bruno à la librairie et lui a tenu le propos suivants :
— « Mais décidément l‘autre ! il est vraiment impossible. Mais qu‘est-ce qui lui a pris de te sonner
à la réunion comme il l‘a fait ! »

Sans le laisser continuer, Bruno le coupa net, et lui dit que cela avait été résolu à la réunion et qu‘il
ne trouvait pas la nécessité de revenir dessus, surtout dans ces conditions.
En effet, dans une intervention assez violente, Don-Donis avait eu à critiquer Bruno, lors de la
réunion. Ce qui fut réprouvé par tous les camarades sans exception, amenant Don-Donis a présenté
son autocritique.

Et dire qu‘une telle intrigue se produisit justement, un jour seulement après que Kévin soit venu à la
réunion du ND, exposer de beaux principes généraux, sur l‘attitude correcte à observer entre
camarades en rejetant les calomnies, et toute critique dans le dos des uns et des autres.
Ce qui est la preuve, que l‘on aime clamer haut, des principes élevés pour les autres, et non pour
soi-même.

3°) Lors de la désertion des militants signataires de la motion de l‘AG du 26 novembre convoquée
par le CE bureaucrate et la tenue de l‘AG de constitution autonome de la sous-section de Paris,
Bruno s‘était rendu chez Kévin, et en avait profité pour l‘informer de la tenue de cette AG de
constitution. Avant même que Bruno, ne finisse, Kévin l‘interrompit et déclare :

- 44 -
— « Bruno ! de toi quand même ça m‘étonne ! de l‘autre oui ! (entendez par là Don-Donis).
Etc… »

Puis dans des généralités passéistes (centré uniquement sur le passé) il s‘acharna à montrer que
c‘est là un acte scissionniste que nos camarades de Paris venaient de poser au sein de l‘AEVF.
Face à une ferme argumentation de Bruno, il recula en catastrophe, pour dire, qu‘il n‘avait pas vu
certains aspects que celui-ci venait de soulever.

Mais, l‘attitude des camarades de Paris est-elle un acte scissionniste ou pas ?


Il faudra que vous alliez lui poser vous-même la question.
A part la réserve qu‘il a émise, nous sommes incapables de vous dire quel est son point de vue
actuel sur la question.

b) Auprès de Georges :

A chaque fois que Georges venait sur Paris, il logeait chez Don-Donis, mais il ne manquait jamais,
d‘aller rendre visite à Kévin. Et à chaque visite, les propos de Kévin visaient ouvertement à faire
passer Don-Donis aux yeux de Georges comme un mauvais élément qu‘il fallait isoler. Pour cette fin,
il ne reculait pas devant l‘arme facile du mensonge. Le camarade Georges à chaque fois se
contentait de dire qu‘il allait réfléchir. De par ses observations personnelles, Georges n‘arrivait pas
à percevoir la matérialisation de ces calomnies dans le comportement Don-Donis. Mieux, tout
prouvait le contraire.
Lors d‘une de ses dernières visites rendues à Kévin, celui-ci en est arrivé à lui dire ceci :
« Désormais, je ne viendrais à une réunion du ND, que pour compter les hommes qui sont avec moi. »
(Sic ! )
Cela avait beaucoup choqué le camarade Georges ; mais cela ne lui a pas suffi pour conclure que
cet homme était mauvais, vraiment mauvais. Comme nous le disions plus haut, nous les jeunes, mus par
un amour immense vis-à-vis des « vieux », nous avions tendance à tout leur pardonner, à justifier
toutes leurs erreurs et insuffisances.
Georges néanmoins, une fois de retour dans sa ville de résidence, Nancy, adressa une lettre à
Don-Donis et une autre à Kévin, les deux lettres avaient le même contenu. Dans ces lettres, Georges
constatait la léthargie dans laquelle l‘organisation était plongée, il invitait tout un chacun à prendre
conscience de cet état de fait et à œuvrer pour la résolution correcte de cette situation de blocage
qui dure depuis plus de 5 mois. De par ses constatations, il semblerait qu‘il existe des problèmes
entre Don-Donis et Kévin. Il invitait les deux camarades à se voir, pour tenter d‘aborder entre eux
ces problèmes pour les aplanir.
Mais si les deux camarades estimaient cependant que les problèmes avaient atteint un stade de
contradictions antagoniques, il propose que les problème soient déballés et débattus à la prochaine
réunion du N.D.
Hélas ! La lettre arrivait trop tard, car depuis fort longtemps Kévin avait déjà entrepris son travail
de fraction.

2°) Le blocage du fonctionnement du ND et l’absence d’une direction effective de l’organisation :

Depuis la réunion du 9 septembre 1978 du noyau directeur jusqu‘au 10 février 1979, il n‘y a plus
eu de réunion. A chaque fois qu‘une date était arrêtée pour une réunion du ND, les deux camarades
(Kévin et Igor) étaient toujours absents où prétextaient une indisponibilité. Cela a traîné jusqu‘ à la
veille des congrès de décembre (congrès de l‘AEVF et de la FEANF)
A la réunion du samedi 18 novembre, les deux camarades étaient présents, mais il se trouvait que
les camarades Bruno et Georges s‘étaient rendus à une AG à Clermont, pour porter la contradiction
au CE bureaucrate qui s‘y trouvait. Les deux camarades escomptaient retourner le même jour à Paris
pour la réunion du ND. Ainsi, les autres camarades devaient s‘occuper de certaines tâches pratiques
(agrafage de journaux) jusqu‘à leur retour. Mais il se trouva que l‘AG de Clermont par sa durée
n‘avait pas permis aux deux camarades de revenir au plutôt. Ils arrivèrent le lendemain vers 9
heures du matin, pour voir que la réunion avait été reportée. En effet, aux environs de 6 heures du

- 45 -
matin, sur la proposition des camarades Igor et Kévin, les camarades présents décidèrent de lever la
réunion, sous le prétexte que la police rôdait aux alentours. Mais avant qu‘ils ne se séparent, Don-
Donis a eu à souligner la nécessité qu‘il y a, à défaut d‘une réunion du ND au complet, de trouver un
lieu sûr pour des échanges de vues sur la tenue des deux congrès à venir.
C‘est ainsi que les camarades Kévin, Igor, Robin et Don-Donis se trouvèrent dans un café des lieux
pour des échanges.
Ce fut Don-Donis qui prit la parole le premier, pour mettre en évidence, le fait qu‘à défaut des
réunions du ND, l‘organisation était privée d‘une direction effective. Cela était d‘autant plus
manifeste eût égard à l‘importance des deux congrès qui approchent et des problèmes sérieux qui
risqueraient de s‘y poser, entre autres le problème de la scission. C‘est vu l‘urgence de ces
problèmes, qu‘il a estimé, que les camarades ne devaient pas se quitter sans examiner la situation
ensemble, ceci, afin de permettre au CPO de jouer correctement son rôle de direction. L‘échange de
point de vue était indispensable, afin de permettre au CPO de s‘orienter correctement dans les
prises de décision qu‘il sera amené à faire. Aussi proposa-t-il que les camarades se prononcent
quant à une éventuelle exclusion de certains de nos camarades, au congrès de l‘AEVF. Tout examen
devant partir de l‘attitude première observée jusque-là, à savoir éviter d‘être les premiers à
proclamer la rupture organisationnelle. Tout examen devait aussi tenir compte du fait que nos
adversaires ont manifesté leur détermination à provoquer la scission tout en la rejetant sur nous.
C‘est sur ces considérations que Don-Donis, laissa la parole aux autres camarades.
Contrairement à ses habitudes, ce fut Igor qui intervint le premier, mais pour rester au niveau des
généralités :

- IGOR : Moi, je pense que cette question de la scission, doit être examinée en tenant compte de
notre objectif stratégique. Et puis, il faudra tenir compte du fait que la situation dans les autres villes
académiques, n‘est pas semblable à celle de Paris.

Mais alors, quelle attitude adopter, face à une éventuelle exclusion de certains de nos
camarades ? Comme chacun peut le constater, il y a là un silence.
Don-Donis, pensant s‘être mal fait comprendre, intervient une seconde fois pour situer le problème :

- DON-DONIS : Peut-être que je ne me suis pas fait bien comprendre ! Mais le problème qui se pose
est le suivant : Au congrès de l‘AEVF, il est presque certain que le CE bureaucrate, se tablant sur la
majorité mécanique, en arrive à vouloir exclure soit des camarades à nous, soit toute la sous-section
AEVF de Paris. Faudra-t-il appeler à une organisation parallèle de tous ceux qui se tiennent sur
notre ligne politique ou faudra-t-il faire fi de cette exclusion et demander à tous nos camarades et à
toutes les sections qui se battent sur nos positions de continuer de rester au sein de l‘AEVF afin d‘y
poursuivre la lutte de lignes ?

Cette fois-ci, le problème était posé de façon claire et résolue. Il fallait se prononcer. Personne ne
voulait intervenir.
Une fois de plus, Don-Donis se porta au-devant, pour livrer son point de vue qui se résume pour
l‘essentiel en ceci :

- DON-DONIS : A mon avis, je pense que par rapport aux deux éventualités, la question se pose en
ces termes : quelle est l‘éventualité qui présente beaucoup plus d‘avantages pour nous, et beaucoup
moins d‘inconvénients ?
1°) poursuivre la lutte de lignes, jusqu‘à démasquer complètement les opportunistes de droite.
2°) Arracher l‘immense majorité des étudiants voltaïques de l‘influence négative du P―CR‖V.
3°) faire triompher nos positions politiques et dégommer de la direction de l‘AEVF et de l‘UGEV,
les éléments du P―CR‖V.

Quels sont les obstacles sérieux qui se dressent devant la réalisation de ces objectifs ? A mon avis,
il y a les faits suivants :
1°) Nous avons en face de nous comme adversaires politiques des éléments petits-bourgeois, se
réclamant du marxisme-léninisme, et qui pour ce faire, s‘inspirent des principes contenus dans les

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classiques du Marxisme-léninisme. Ils sont d‘un opportunisme différent de celui du M―L‖N qui est un
parti libéral-réformiste.
2°) Leur vision et conception du mouvement étudiant, en tant que baobab, derrière lequel ils se
cachent pour tirer sur les réactionnaires.
Ainsi, l‘organe du mouvement étudiant le « Jeune-Volta » est depuis fort longtemps l‘organe
central de l‘O―C‖V et aujourd‘hui du P―CR‖V.
Ces considérations sont à la base du fait qu‘ils ne concevront jamais se soumettre loyalement à la
majorité. La situation à Paris, et la situation à l‘AEVO en sont un exemple patent.
Ils préfèreront toujours provoquer une scission, que d‘admettre d‘être battus majoritairement et se
démettre de la direction du mouvement étudiant. De fait la seconde éventualité que nous voulons
éviter en adoptant une telle attitude, se représentera un jour ou l‘autre à nous et cette fois-ci comme
seule et unique issue.
3°) Quelle importance accordons-nous aux étudiants ? De la découle l‘attitude qui consiste à
vouloir arracher coûte que coûte l‘immense majorité des étudiants, sinon l‘ensemble des étudiants de
l‘influence du P―CR‖V. Outre le fait qu‘il est impossible, tant que le P«CR»V existe en tant que force
politique, d‘empêcher qu‘il contrôle ne serait-ce qu‘une fraction des étudiants voltaïques, une telle
attitude relève des mêmes considérations qui consistent, pour les communistes, à dépenser toutes les
énergies dans le milieu étudiant.

4°) La situation aujourd‘hui au sein de l‘UGEV et tout particulièrement au sein de l‘AEVF est
fondamentalement différente de la situation des années passées où le M―L‖N dirigeait le
mouvement étudiant. En quoi ?
En ceci, que du temps du M―L‖N, il n‘y avait pas ce « monolithisme » de façade. La servilité des
militants presque inexistante, d‘où le bureaucratisme, s‘il existait ne pouvait avoir des assises solides.
Aujourd‘hui, c‘est tout à fait le contraire, et il ne faut pas sous-estimer la force du bureaucratisme
dans les conditions actuelles, avec son corolaire, ou plus exactement, son fondement, c'est-à-dire le
servilisme.
Du temps du M―L‖N, on n‘excluait pas à tour de bras sur la base de désaccord sur la ligne
politique. Quand est-ce que ces pratiques ont été instaurées ? C‘est avec la mainmise de l‘O―C‖V, sur
le mouvement étudiant.

5°) Il y a le risque d‘un étouffement de notre tendance politique : toute tendance politique qui ne
s‘exprime pas est vouée à une mort certaine. Mais on me répondra qu‘il y a « le Prolétaire ». Mais
soit ! Nous y reviendrons.
Nul ne peut nier, que le mouvement étudiant a été le facteur politique déterminant dans la faillite
du M―L‖N, et de l‘influence inexistante du PAI. Pourquoi ? Parce qu‘au sein du mouvement étudiant,
et à l‘extérieur, leurs tendances politiques ont été éliminées. Ces deux forces n‘avaient aucun écho de
masse à l‘extérieur. Aujourd‘hui, le PAI, tente de palier à cela. A travers la LIPAD, le PAI., est en
train d‘accroître son in fluence sur le mouvement démocratique national.

6°) Par rapport au travail de mobilisation autour de notre ligne politique que nos camarades, qui
resteront toujours dans le cadre de l‘AEVF, pourront effectuer, il y a lieu de croire que les résultats
ne seront pas meilleurs que ceux obtenus par un travail en étant à l‘extérieur. Pourquoi ? Parce
qu‘on le veut ou non, après l‗exclusion de ceux que l‘on considère comme « les meneurs », cela
renforcera la peur au niveau des éléments hésitants qui étaient susceptibles par un travail
d‘explication et de persuasion à aller à contre-courant. Une telle exclusion sans suite, sans réaction
de tous ceux qui partagent nos positions, sera la preuve à leurs yeux, de la force des bureaucrates,
contre lesquels toute opposition est vouée à l‘échec. Quant aux éléments les plus serviles (c'est-à-dire
la majorité des militants de l‘AEVF) aucun élargissement de leur horizon ne sera possible dans ces
conditions.
Il y a aussi le fait, qu‘il faut que de bonnes conditions soient réunies, pour permettre un travail de
persuasion en vue de l‘éveil des éléments serviles. Or, ce n‘est pas dans l‘atmosphère actuelle qui
prévaut au sein de l‘AEVF, où le subjectivisme a été développé à l‘excès, que cela sera possible.
Déjà dans certaines sous-sections comme Orléans, Strasbourg, les camarades qui se battent en
minorité sur nos positions sont frappés par des mesures d‘isolement, allant de la démarcation

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systématique, jusqu‘au refus du simple bonjour. Dans ces conditions, comment faire progresser la lutte
de lignes en notre faveur ? Et pendant ce temps, à l‘extérieur, ce sont les positions politiques du
P―CR‖V qui seront diffusées à travers le « jeune volta ».
Quant aux sections entières (Dijon, Caen, …) qui se tiennent sur nos positions, ce ne serait qu‘à
l‘occasion rare, des assises de l‘AEVF qu‘elles pourront confronter nos justes positions aux positions
opportunistes du P―CR‖V, afin de déstabiliser bon nombre de militants sur les positions opportunistes.
En outre, la situation à Paris est telle qu‘il est pratiquement impossible de dire à un « signataire »
non exclu, de retourner travailler coude à coude, dans les mêmes structures que les sectaires de
l‘AEVF.

7°) L‘argument qui consiste à dire, qu‘en moins de 6 mois nous avons obtenu des résultats
exceptionnels, et qu‘est-ce qu‘il en sera dans un an, deux ans, etc., est inconsistant parce que se
fondant sur une vision linéaire des choses. Car la progression fulgurante, de notre mouvement à un
moment donné atteindra une certaine stabilité relative; c‘est le temps, pour que tous ceux qui sont
susceptibles d‘être ralliés à nous, tous ceux qui ont su encore préserver une certaine autonomie
d‘analyse, puissent se réveiller. Après cela les deux camps, acquièrent chacun une stabilité relative,
ce qui deviendra déterminant en ce moment, ce sera la tactique juste ou erronée de tel ou tel camp.

8°) Or, au nombre des tactiques que nos adversaires pourraient être amenés à adopter, il faut
compter avec la récupération de nos points politiques. Une fois ces points récupérés, sur quels traits
nos camarades restés toujours au sein de l‘AEVF pourront se démarquer des opportunistes ? Pire, il
faudra compter avec le fait que nos camarades les plus actifs, seront tour à tour éjectés et ce, sans
grand bruit et sur la base non de la ligne politique qu‘ils défendent, mais sur la base de tout genre
de calomnies et de ragots de couloirs et autres mensonges et chicanes.
Quant à la récupération possible de nos positions, c‘est là une caractéristique particulière qui
distingue nos opportunistes à l‘heure actuelle des opportunistes du M―L‖N. Se réclamant du
marxisme-léninisme, ils essaient toujours de s‘agripper à la queue du mouvement communiste
international (MCI) se contentant de recopier platement et cyniquement les dernières résolutions des
partis communistes authentiques. C‘est pourquoi la mise à nu de leur opportunisme ne sera pas une
tâche aisée.
Ce sont autant de raisons qui m‘amènent à rejeter la première éventualité pour la seconde.

2è éventualité : partir de toute exclusion (ne serait-ce que d‘un seul des nôtres) pour lancer l‘appel
à une organisation parallèle :
J‘opte pour cette solution, en partant des éléments suivants :
1°) Il y a deux groupes politiques qui sont face à face. L‘un est prédominant au sein du mouvement
étudiant et utilise l‘organe du mouvement pour combattre les autres forces politiques existant au
pays.
Il s‘appuie sur une organisation de masse pour diffuser pleinement ses positions au sein du
Mouvement démocratique national (MDN). Ce qui contribue à accroî-

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[Manque page 61 – 62 du document original.]
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particulière on ne sera pas amené à dévier de cette ligne générale. Analyse concrète de la situation
concrète, analyse aussi guidée par la ligne générale : c‘est cela l‘axe sur lequel repose notre
activité.
Les problèmes qui se posent aujourd‘hui sur le front étudiant sont spécifiques. De la même manière,
que le mouvement étudiant en tant qu‘organisation de masse participant dans le Mouvement
démocratique national (MDN), dans la situation actuelle de notre pays, a une importance
particulière. Il serait erroné d‘adopter la même tactique aussi bien pour le mouvement étudiant que
pour le MDN.

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En nous dotant d‘une organisation de masse d‘étudiants, nous créons un cadre, où nos camarades
étudiants pourront acquérir l‘expérience de direction des organisations de masse. En outre, le cadre
étudiant est un champ de recrutement pour nous, des éléments les plus combatifs, les plus déterminés,
en vue de l‘élargissement de nos propres rangs.
Ce sont autant de raisons qui m‘amènent à dire qu‘aujourd‘hui, bien que ce soit nos adversaires qui
œuvrent à provoquer une scission, il serait erroné de penser que c‘est parce que la scission est la
tactique de l‘adversaire, que nous devons nous refuser d‘adopter l‘attitude contraire.

Ces points de vue développés par Don-Donis aux autres camarades, n‘étaient pas son seul point
de vue à lui. Lors d‘une discussion à quatre (Don-Donis, Bruno, Georges et Robin), il s‘est trouvé que
deux des camarades, Georges et Bruno, partageaient quant au fond cette analyse. Ce jour-là, seul
Robin était en contradiction avec cette analyse. Après une très longue discussion, ce dernier en était
arrivé à dire que ses arguments n‘étaient pas solides et qu‘il en concevait. Et pourtant, il ne s‘était
pas rallié aux points de vue défendus par les trois autres camarades.
Pour revenir donc à la réunion au café, il faut dire qu‘après l‘intervention ci-dessus produite de
Don-Donis, ce fut Robin qui intervint, pour développer ni plus ni moins les mêmes arguments qu‘il
avait convenu manquer de solidité.
Après Robin, ce fut le tour de Kévin de prendre la parole.

- KÉVIN : Je ne dissocie pas cette question de l‘attitude générale à observer lors du congrès face à
une éventuelle exclusion, de l‘attitude à observer face aux organisations de masse en général qui
découlerait d‘une ligne tactique et stratégique de notre groupe. Mais comme au niveau de notre
groupe, une telle ligne n‘a pas été tracée, je préfère m‘abstenir.

- DON-DONIS : il est certain que l‘élaboration d‘une ligne tactique et stratégique de notre groupe,
nous aurait facilité l‘approche de la question posée. Mais à défaut d‘une telle ligne, l‘on ne peut
néanmoins pas croiser les bras face à la situation. L‘élaboration de cette ligne n‘est pas pour un
avenir immédiat, bien que si le noyau directeur s‘était réuni régulièrement, nous aurions pu jeter
quelques axes de direction. Or le problème qui est posé, est une question concrète qui ne peut
attendre qu‘au niveau du groupe on puisse se doter de cette ligne. Il faut y trouver une solution
concrète.
Et puis je dois prévenir les camarades Igor et Kévin, qu‘à défaut de pouvoir réunir le noyau
directeur, nous avons au niveau du CPO, pris la décision d‘appeler toutes les cellules à réfléchir sur
la question et à donner leur point de vue

- KÉVIN : Ah, bon ! dans ce cas, j‘attendrai d‘être dans une structure pour donner mon point de vue.
De toute façon, le CPO n‘a qu‘à décider, nous apprécierons après.

Voilà le contenu de l‘entrevue à quatre, au café, après la réunion avortée du noyau directeur.
Comme tout un chacun peut se rendre compte, le CPO n‘a pas évolué dans ses points de vue. Ce
sont les mêmes avis d‘une part de Robin et de Don-Donis de l‘autre, qui ont été émis. Or cette
entrevue au café avait pour but, par les échanges de points de vue, d‘élargir la compréhension du
CPO, afin de lui éviter des prises de position erronée et qui seront irréparables. Parce que s‘il
arrivait que le CPO, dans son analyse en arrivait à appeler une organisation, et que si cette analyse
était erronée, il faut avouer que ce serait là une faute irréparable. Et face à cela, il y a des gens qui
se contentent de dire : « agissez, et nous apprécierons après ». Le médecin après la mort, en
somme !

Mais toutes ces attitudes camouflaient en fait déjà le travail de fraction entrepris par nos
désorganisateurs. Ils avaient une position : ils étaient contre le point de vue développé par Don-
Donis. Et pourtant, ils ont préféré se taire. Bien avant cette entrevue, ils avaient entrepris un travail
fractionniste. Depuis l‘AG du 26 novembre de l‘AEVEF, Igor était entré en contact avec les
camarades de Dijon, et à l‘aide de grossiers mensonges, voulait étendre la fraction jusqu‘à ce
niveau. Depuis cette date, ils (nos fractionnistes) avaient une position : ils étaient contre la scission,
tout comme si la question se posait en terme de : qui est pour, qui est contre la scission ?

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Igor à Dijon, avait eu à développer auprès des camarades que la désertion de l‘AG du 26
novembre 1978, était un acte scissionniste et de fait nous faisait assumer la responsabilité d‘une
scission éventuelle. Et que cela était le fait de deux éléments, à savoir Don-Donis et Bruno.

Enfin bref ! Nous reviendrons sur ce travail fractionniste entrepris auprès des camarades de Dijon.

3°) Sur les activités fractionnistes de nos organisateurs

« Mais toute petite divergence peut devenir grande et si on y insiste, si


on la place au premier plan, si on se met à en rechercher toutes les racines
et ramifications. Toute petite divergence peut prendre une importance
énorme si elle sert de point de départ à une volte-face vers certaines
conceptions erronées et si celles-ci, du fait de nouvelles divergences
complémentaires, se combinent avec des actes anarchistes conduisant le
Parti à la scission ». (Lénine : O.C. T.7, P.226)

C‘est ce qui arriva dans le cas présent qui nous concerne. Nos fractionnistes ne se sont pas
contentés de bloquer le fonctionnement du ND, faisant qu‘une direction effective manquait à la
bonne marche de l‘organisation. Outre cela, ils se sont lancés dans un travail de désorganisation,
avec pour armes, le mensonge, la falsification des faits et des chicanes de tout genre. En relatant le
travail de désorganisation entrepris par nos fractionnistes, chacun comprendra maintenant,
l‘importance des menus détails contenus dans cet exposé. Prenons les camarades un à un dans leurs
activités désorganisatrices, donc liquidatrices :

- KÉVIN :
Sa zone d‘activité est circonscrite à la ville de Paris, et encore à ce niveau, au niveau de quelques
camarades (au nombre de trois). Dans son travail fractionniste, il alla contacter des camarades qu‘il
est censé ignorer organisés pour leur parler des problèmes de l‘organisation. Il leur raconta que si ça
ne va pas au sein de l‘organisation, c‘est à cause de deux éléments (Don-Donis et Bruno) qui veulent
tout accaparer. Que ces deux éléments sont animés de l‘idéologie petite-bourgeoise, etc..
A un camarade il dit ceci : « Don-Donis tente de faire passer le contenu du 1er numéro du
« Prolétaire » comme son œuvre, ce qui est faux. Je suis même persuadé, que si les Albanais le lisent
ils y verront ma main ».
C‘est incroyable, mais vrai ! Il est difficilement inimaginable, qu‘un militant puisse tenir de tels
propos. Mais pour qui connaît la mégalomanie qui caractérise ce camarade, il n‘y a rien d‘étonnant.
Il en est de même, pour tous ceux (entre autres, les camarades de Dakar) qui ont eu à prendre
connaissance du contenu de la lettre qu‘il a eu à adresser à certains éléments de l‘O―C‖V.
Nous n‘allons pas nous étendre, pour mettre à nu les prétentions excessives de Kévin, quant à sa
« main » que les Albanais reconnaîtront à la lecture du « Prolétaire ». De même, il est inutile de nous
attarder quant à la calomnie vis-à-vis de Don-Donis. Les détails fournis dans tout l‘exposé
permettront à tout un chacun de se faire une idée précise.
A propos de la question de la scission, il a rejeté la responsabilité sur les deux camarades Don-
Donis et Bruno, qui « éprouvent un mépris pour les masses » et qui « veulent mettre leur personne en
avant ». Selon Kévin, la nécessité de nous organiser de façon parallèle, n‘explique que le désir de
ces deux camarades « de sauver leur propre tête ». Etc..
Enfin pour montrer en quoi, l‘attitude qui consiste à appeler à nous organiser de façon parallèle en
cas d‘exclusion est erronée, il a appelé les camarades à lire un article de Lénine contenu dans le
tome 20 des œuvres complètes : « Les populistes et les liquidateurs dans le mouvement syndical ».

A notre tour, nous invitons tous les camarades à lire cet article. Ainsi chacun pourra se convaincre
du fait que le camarade Kévin excelle dans l‘art de citer LÉNINE pour combattre LÉNINE. Cela ne date
pas d‘ailleurs d‘aujourd‘hui (Cf., le rapport de décembre 1975 de la sous-section AEVF de Paris, qui
est de son cru, que les droitiers de l‘AEVF ont aujourd‘hui exhumé pour desservir notre lutte).
Qu‘à retenu Kévin de la lecture de cet article ? Ce qu‘il a retiré de cet article hautement instructif,
le voici :
« Mais nous ne nous comportons pas comme l‘ont fait les populistes et les

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liquidateurs dès qu‘ils ont pu obtenir fortuitement la majorité dans tel ou
tel syndicat. Seuls les groupes faibles sans principes, perdent la tête à la
première « victoire » et s‘empressent, à la majorité d‘une dizaine de voix,
de « consolider » leur victoire. « Dans l‘émotion et dans la hâte », pour ne
pas manquer une chance heureuse, ils révisent d‘urgence leurs
« principes », oublient leur neutralisme et collent leur étiquette. Ce n‘est
pas le cas des marxistes. Ils ne sont pas des hôtes de hasard dans le
mouvement ouvrier. Ils savent que tôt ou tard, les syndicats adopteront tous
des positions marxistes. Ils sont persuadés que l’avenir appartient à leurs
idées, et ils ne forcent pas les évènements, ils ne mènent pas les syndicats à la
cravache, ils ne leur collent pas d’étiquettes, ils ne provoquent pas leur
scission (souligné par nous).
Ils poursuivent avec calme et assurance leur propagande marxiste.
Patiemment tirant argument des leçons de la vie, ils enseignent le
marxisme aux ouvriers.
Et aucune collusion de groupes sans principes ne pourra les détourner de
cette vie. »

C‘est cette citation qui a retenu l‘attention de Kévin et dont il recommande vivement la lecture aux
camarades, qu‘il cherche à aliéner.
De cette citation, il tire la conclusion suivante : Dans la mesure où nous sommes les authentiques
communistes au sein du syndicat d‘étudiants qu‘est l‘UGEV, dans la mesure où nous avons la juste
ligne, pourquoi nous précipiter pour « consolider » notre victoire, non ! cela est le fait de « groupes
faibles, sans principes » qui « perdent la tête à la première « victoire ». « Ce n‘est pas le cas des
marxistes » que nous sommes, nous devons poursuivre « avec calme et assurance » notre
propagande, car nous savons que, tôt ou tard, les syndicats adopteront tous des positions
marxistes », nous sommes persuadés que l‘avenir appartient » à nos idées justes. Alors, pourquoi
forcer les évènements ? Nous ne devons pas mener les syndicats « à la cravache », nous ne devons
pas leur coller une étiquette », encore moins provoquer « leur scission ».
Voilà l‘interprétation qu‘en fait Kévin et la vision qu‘il voulait faire partager par les camarades
auprès de qui il a entrepris résolument un travail de fraction.
Mais comme le dit LÉNINE lui-même :

« si l‘on considère, cette proposition dialectiquement, c'est-à-dire


relativement, concrètement sous toutes les faces, sans imiter ces virtuoses
de la littérature qui, même après de longues années, cueillent dans une
œuvre qui forme un tout, des phrases détachées pour en dénaturer le
sens » (T.20, P. 144).

Si l‘on considère donc dialectiquement cette proposition, Il apparaît clairement que Kévin a fait
une mauvaise utilisation de cette citation extraite de l‘article de LÉNINE. Il aurait fallu lier cette
citation à tout l‘article, et ainsi il apparaîtrait clairement, que tout ce qui est dit dans cette phrase
détachée de tout l‘article, ne nous est pas opposable, mais s‘applique adéquatement à nos
populistes et liquidateurs dont parle LÉNINE.
Quels sont ceux qui « s‘empressent, à la majorité d‘une dizaine de voix de consolider leur
victoire » ? C‘est justement nos populistes-liquidateurs qui se précipitent en partant de la majorité
mécanique obtenue au sein de l‘AEVF, pour consolider leur victoire en voulant évincer nos
camarades. Quels sont ceux qui « dans l‘émotion et dans la hâte, pour ne pas manquer une chance
heureuse » « révisent d‘urgence leurs principes, oublient leur neutralisme et collent leur étiquette » ?
C‘est bel et bien nos populistes-liquidateurs qui renient tous les principes jusqu‘alors admis par tous et
qui président à la survie du syndicat d‘étudiants qu‘est l‘UGEV. Ce sont eux qui collent une étiquette
à l‘UGEV, au nom du mot d‘ordre : « Une seule ligne au sein de l‘AEVF et de l‘UGEV. »
Ce sont nos populistes liquidateurs qui ont obligé l‘UGEV à adopter leur propre « plate-forme »,
le programme du P―CR‖V. Ce sont eux qui veulent faire de l‘UGEV une « filiale », une excroissance
du P―CR‖V.
Enfin, ce sont nos populistes-liquidateurs et non nous, qui veulent forcer les évènements, qui mènent
l‘AEVF et l‘UGEV à la cravache (et par ricochet la FEANF), qui œuvrent à provoquer la scission.

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C‘est donc à eux que s‘applique adéquatement la citation de LÉNINE et pas à nous.
Il aurait fallu que Kévin lise une page plus loin en arrière, pour se rendre compte, qu‘une telle
citation ne peut en aucun cas nous être opposable. En effet LÉNINE explique dans l‘article en question
le fait que les populistes et les liquidateurs les accusaient (eux les « Pravdistes ») d‘avoir des
prétentions excessives, d‘être des fractionnistes.
« En quoi consistent donc ces « prétentions » pravdistes ? », s‘interroge
LÉNINE. Ont-ils fermé les portes d‘un syndicat ou d‘une organisation à des
ouvriers qui avaient d‘autres conceptions politiques ?
Ont-ils collé une « étiquette » sur l‘un quelconque des syndicats ? Ont-ils
divisé quelque organisation ? Rien de tel ! Nos adversaires n‘ont pas pu
avancer le moindre fait, et ils ne le pourront pas. Ils qualifient de
« prétentions excessives » des Pravdistes le fait que ces derniers ne
veulent pas s‘associer à la politique petite-bourgeoise des populistes et
des liquidateurs, et qu‘à l‘intérieur du syndicat uni, tout en se soumettant
loyalement à la majorité des ouvriers, ils luttent pour faire valoir leurs
idées marxistes.
Les crimes qu‘on nous prête, nous n‘y étions pour rien. Ce sont justement
les populistes et les liquidateurs qui s‘en sont rendu coupables. Voici des
faits.
Il y a quelques années, les populistes avaient obtenu la majorité dans le
syndicat des cheminots. Cela s‘était produit parce qu‘ils avaient trouvé un
appui, non pas auprès des ouvriers, mais auprès des employés des
chemins de fer, ainsi que pour d‘autres raisons fortuites.
Qu‘ont fait les populistes ? Ils ont aussitôt « collé une étiquette » sur ce
syndicat, ils l‘ont obligé à adopter leur propre « plate-forme », ils ont
évincé les social-démocrates et les sans-parti, en les contraignant à
fonder, parallèlement, un autre syndicat ». (Lénine : O.C., T.20, P.143)

« Ils ont évincé les sociales-démocrates et les sans-parti, en les CONTRAIGNANT À FONDER,
parallèlement un autre syndicat. ».
C‘est clair, c‘est net. Cette toute petite phrase, Kévin ne l‘a pas lu. Il n‘a pas lue qu‘en évinçant, en
excluant les social-démocrates (les communistes de l‘époque), les populistes les ont contraint à
s‘organiser de façon parallèle. Mais c‘est justement, ce que nous, nous disons. Ce n‘est pas nous qui
provoquons la scission, en nous organisant parallèlement en cas d‘exclusion. Ce sont nos populistes
qui assumeront entièrement la responsabilité de la scission en cas d‘exclusion d‘un des nôtres. Ce sera
de leur part, comme le dit LÉNINE, « un exemple réel de « prétention excessive », et il poursuit :

« ils se sont hâtés de consolider une première victoire fortuite en collant


une étiquette. S‘ils ne le font pas dans d‘autres syndicats, ce n‘est pas
parce qu‘ils sont pleins de vertus, mais parce que leur influence est partout
extrêmement faible parmi les ouvriers. »
Il en va de même pour les liquidateurs. Quand le syndicat des métaux
fut entre leurs mains, ils en firent une filiale des liquidateurs.
Tels sont les faits. On parle de « prétentions excessives » des pravdistes,
lorsque ceux-ci cherchent à faire régler les problèmes par les ouvriers
eux-mêmes, à la majorité des voix. Si à l‘Assemblée Générale des
métallurgistes, 3000 personnes se prononcent pour les pravdistes et une
centaine ou deux pour les liquidateurs alliés aux populistes, nous devrions,
au nom d‘un soi-disant « non fractionnisme », accepter la parité entre
3000 et 200 ! C‘est ainsi que les liquidateurs et les populistes
comprennent le « non- fractionnisme ».

Puis suit, la fameuse citation, dont fait usage Kévin..


Ainsi, chacun pourra situer dans son contexte, ces phrases détachées et saisir leur pleine
signification. Quant à l‘utilisation faite par Kévin, cela s‘appelle : combattre LÉNINE, en citant LÉNINE.
Voilà pour l‘essentiel, ce qui concerne les activités individuelles fractionnistes de Kévin. Nous le
retrouverons, dans d‘autres manifestations désorganisatrices.

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— IGOR :
Nous avons été saisis par les camarades de Dijon, du travail fractionniste entrepris depuis le 27
novembre 1978 par Igor auprès d‘eux.
La désertion de l‘AG du 26 novembre par les camarades de Paris, fut le prétexte pour Igor,
d‘entreprendre son travail fractionniste. Tout comme Kévin, il rejeta la responsabilité sur les
camarades Bruno et Don-Donis. Il présenta ces camarades, comme étant animé de la volonté de
scission, afin de se constituer une troupe à eux, afin de jouer aux petits chefs. De Paris, il fit un saut
pour entretenir les camarades de Dijon des problèmes de l‘organisation (alors qu‘il était censé ne
pas savoir organisés). Il leur révéla l‘existence du Noyau directeur. Il fit état de certains « problèmes
sérieux que connaissait le N.D » et qui paralysaient la vie de toute l‘Organisation.
Quels étaient ces problèmes ?

1° - le camarade Don-Donis a instauré une lutte d‘influence entre eux (Igor et Don-Donis). Il a eu à
inviter lui Igor à lire l‘article de LÉNINE, « comment l‘Iskra faillit s‘éteindre ». Or dans cet article,
mention est faite de l‘existence de deux groupes qui se combattent, le groupe de LÉNINE et le groupe
de PLÉKHANOV. Ce faisant, Don-Donis se prendrait pour LÉNINE, et l‘identifierait lui, à PLÉKHANOV.
Comment s‘explique une telle lutte d‘influence ?
Selon toujours Igor, c‘est la dialectique du maître (lui Igor)et de l‘esclave (Don-Donis). C‘est
l‘intellectuel qui veut renverser son maître.
2° - A la question de savoir, pourquoi ne livraient- ils (lui et Kévin) pas une lutte idéologique contre
de « tels mauvais esprits », Igor rétorqua ceci : « cela est très délicat, car lors d‘une première
tentative, on a fait pleurer certains. Qu‘en serait-il, si nous déclenchons une véritable lutte
idéologique ? J‘ai peur que certains se suicident » (sic !).
A propos de certains qui ont eu à pleurer, Igor faisait allusion à l‘incident de Lyon.

3°- Le camarade Don-Donis, prétend avoir écrit entièrement le numéro 0 du « Prolétaire », ce qui
est faux (même accusation faite par Kévin). En outre, il a refusé d‘insérer l‘éditorial dans le journal,
parce que cet éditorial, ce n‘est pas lui qui a eu à le rédiger.
Il y a là une contradiction manifeste. C‘est ainsi que les menteurs se font prendre. A propos de
l‘éditorial, c‘est pure invention de la part de Igor. Le jour de l‘adoption du contenu du journal, c‘est
Don-Donis lui-même qui a proposé la nécessité d‘un éditorial. Il a demandé, qu‘un camarade se
propose pour la rédaction. Personne ne s‘est proposé. Tout au cours des discussions, on a manqué de
vigilance, et la question a été passée ainsi sous silence. Lors de la saisie du texte dont la tâche
revenait à Kévin et à Don-Donis (en fait, c‘est Don-Donis à lui seul qui a eu à exécuter la tâche)
aucun camarade n‘a eu à proposer un éditorial manuscrit. Ce qu‘on pourrait reprocher à Don-Donis,
c‘est de n‘avoir pas eu d‘initiative pour se charger de la rédaction de l‘éditorial. Mais en ce moment,
tout un chacun, membre du ND, est responsable de ce manque d‘initiative, de cette carence.

4°- A propos de la scission, la position des deux camarades Bruno et Don-Donis, relève de leur
vision du mouvement étudiant qu‘ils veulent prendre comme le maillon principal. Voilà comment on
renverse les rôles.
Dans l‘exposé, nous avons déjà eu à parler du «Projet de Programme » (en fait la ligne
organisationnelle) à 100% révisionniste qu‘Igor a eu à nous présenter au sein du ND. Dans ce
« Projet de Programme », parmi les multiples points erronés qui y sont développés, il y avait aussi le
point qui visait à considérer le mouvement étudiant comme maillon principal. Point de vue que nous
avons eu à combattre. Voilà comment Igor cherche à falsifier les faits.

5° - A propos du Bulletin intérieur (B.I)


Selon Igor, ce sont eux (Kévin et lui) qui se sont battus avec acharnement pour qu‘on retienne le
principe du B.I. Les autres (Bruno et Don-Donis, particulièrement) s‘y sont opposés.
Mais malheureusement pour le menteur, une semaine après son mensonge, l‘organe intérieur était
en circulation. Comme nous l‘affirmons dans l‘exposé, le principe du Bulletin intérieur avait été arrêté
unanimement lors de la 1ère réunion du ND. Par la suite avec le blocage du fonctionnement du N.D,
ce fut lors d‘une réunion avortée (justement à cause de l‘absence de Igor et de Kévin, que les autres
camarades décidèrent de la mise en marche du B.I.

- 53 -
6°- La remise du projet de « Bilan-critique » fait par Kévin, aux camarades de Dijon, comme étant
son travail à lui Igor.
Outre le fait que c‘est de la pure escroquerie (escroquerie du travail de son compère fractionniste,
ce qui prouve que dans cette union fractionniste, il y a aussi rivalité), il faut noter qu‘après la remise
de la photocopie du « Bilan-critique » à tout un chacun d‘entre nous, membre du ND, aucune
discussion n‘eût lieu, pour son adoption. De ce fait, ce travail en aucun cas, ne pouvait circuler hors du
ND. Même s‘il devait se faire, cela devait se faire conformément à ce qu‘on avait arrêté, c'est-à-dire
à travers le B.I. Maintenant qu‘une cellule de l‘organisation est entrée en possession du projet par le
fait de Igor, force nous est de le publier dès que possible dans le B.I, afin que toute l‘organisation en
prenne connaissance.

7°- L‘invitation faite aux camarades de Dijon, de venir à Lyon pour participer à un «mini-sommet »
tri-latéral regroupant Igor, Kévin et un représentant des camarades de Dijon.
Ce dernier acte, était le sommet des actes fractionnistes posés jusque-là. Les camardes de Dijon,
furent représentés effectivement à ce mini-sommet qui fut reporté à cause de l‘absence de Kévin,
retenu à Paris par un empêchement. Le « mini-sommet » devait se réunir autour de « certains
problèmes vitaux qui minent la vie de l‘organisation ». C‘est du retour de ce « mini-sommet avorté,
que les camarades de Dijon examinèrent la situation et eurent la conviction du caractère
fractionniste des activités de Igor. Ils décidèrent d‘en saisir le CPO.
Nous passons sur certaines calomnies déversées par Igor sur le compte des camarades Don-Donis
et Bruno. Elles sont tellement mesquines, que nous répugnons à les reproduire ici. Les autres
mesquineries produites dans cet exposé, ne sont rien à côté de celles dont nous venons de faire état.

— ROBIN
Ce dernier était en relation étroite avec les deux autres fractionnistes.
Volontairement, nous passons sous silence sa participation à ce travail fractionniste. Dans la suite
de l‘exposé, chacun comprendra le souci qui nous anime, en agissant ainsi.

4) – POUR UNE VÉRITABLE LUTTE IDÉOLOGIQUE

« La lutte des nuances dans le Parti est inévitable et nécessaire tant


qu‘elle ne conduit pas à l‘anarchie et à la scission, tant qu‘elle se poursuit
dans les limites approuvées, d‘un commun accord par tous les camarades
et membres du Parti » (LÉNINE: O.C., T.7, P. 363).

En effet, toute lutte qui ne s‘inspire pas de ce principe, mais qui se fonde sur d‘autres
considérations, ne mérite pas d‘être considérée comme une lutte idéologique mais comme une lutte
« extra-Idéologique ». Et des camarades qui choisissent pour cette dernière forme de lutte, n‘ont
aucune intégrité idéologique. Quelle que soit l‘idée qu‘ils se font d‘eux-mêmes, ils ne sont rien d‘autre
que de petits-bourgeois ne voulant pas ou n‘ayant pas su rompre avec la mentalité petite-
bourgeoise étrangère à l‘idéologie prolétarienne sur laquelle nous nous plaçons tous. Il ne suffit pas
de se proclamer communiste, pour l‘être en réalité, dussions-nous pour cela avoir à notre actif,
plusieurs années de militantisme dans le mouvement19…… Toute évolution de l‘individu dans
l‘assimilation de la science marxiste-léniniste s‘il ne s‘en suit pas une transformation profonde de
l‘individu, ne vaut absolument rien. Cela est même nuisible à la cause.

Avant d‘en arriver aux leçons que l‘on doit tirer de l‘activité de sape entreprise par ces deux
camarades, il convient d‘examiner les méthodes que nous avons essayé d‘employer pour mettre fin à
leur travail désorganisateur.

Aussitôt saisis, nous avons convoqué une réunion impérative du ND.

19 . Suite illisible. Les souris sont passées par là.

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Obligation était faite à chaque membre du ND d‘être présent à cette réunion prévue pour le 26-
27 janvier 1979, auquel cas les décisions qui seront prises par les membres présents engageront
ceux qui seront absents. A la date prévue, une fois de plus les deux camarades Kévin et Igor étaient
absents. La veille de la réunion, Igor par une lettre (postée à Paris) nous annonçait de son
indisponibilité à pouvoir participer à cette réunion. Il proposait à l‘ensemble du ND, la date du 10
février 1979.
Quant à Kévin, ce fut à la réunion que nous fûmes saisis par Robin, de son état maladif. Il disait ne
pas pouvoir être présent le 26 janvier, ce qui sous-entendait qu‘il viendrait le 27. Face à cette
situation, et à l‘importance des problèmes posés, les camarades présents, malgré le caractère
impératif de cette réunion, décidèrent d‘un commun accord, de retenir la proposition faite par Igor,
c'est-à-dire la date du 10 février. Des mesures furent prises pour prévenir les deux camarades à
temps. Notons qu‘à la date du 27 janvier, Igor était bel et bien à Paris. C‘est de retour de Paris,
qu‘il fit escale à Dijon, pour dire que la réunion du ND avait effectivement eu lieu, mais que nous
nous sommes attelés à examiner le rapport de l‘AG de la sous-section AEVF de Paris qui était très
long. Il fit le compte-rendu de l‘AG avec précision tout comme s‘il l‘y avait pris part. Il est inutile de
préciser que tout cela relève de la mythomanie.
A la réunion du 10 février, nous nous retrouvâmes une fois de plus à quatre, les deux camarades
étaient de nouveau absents. Cette fois-ci la réunion eut lieu.
La tactique des deux « Vieux » était très simple : se retirer et mettre Robin seul face à face avec
les autres camarades.
Nous fîmes comprendre à Robin qu‘il n‘était pas à même d‘assumer à la place des véritables
responsables, la lutte idéologique que nous allions déclencher. Nous lui fîmes comprendre, qu‘il
devait cesser de jouer le rôle du pion aux mains de ces deux « Vieux ». Nous prouvâmes qu‘il avait
été mêlé, certes dans une moindre mesure à ce travail fractionniste. Il finit par le reconnaître.
Ainsi de façon unanime, nous aboutîmes aux conclusions suivantes :
1°) C‘est bel et bien là un travail fractionniste, désorganisateur, en dernière analyse liquidateur de
notre groupe, entrepris par ces deux camarades.
2°) Dans ce travail, les deux camarades ont recouru à des méthodes de contenu et de caractère
profondément réactionnaires : mensonges, calomnies et autres falsifications des faits.
3°) La nécessité de dissoudre le ND, qui est une structure à caractère conspiratif et anti-léniniste.
4°) La suspension des deux camarades de l‘organisation jusqu‘à leur autocritique, avant leur
insertion dans des cellules de l‘organisation.
Une telle mesure, ne pouvant être considérée comme une sanction. La sanction n‘interviendra
qu‘après soumission de l‘affaire dans les cellules en vue d‘un large débat démocratique. A l‘issu d‘un
tel débat, chaque cellule devrait donner son appréciation et la nature de la sanction qu‘elle
préconise (mesure pouvant aller jusqu‘à l‘exclusion).
5°) La nécessité de saisir les deux camarades et de porter à leur connaissance les décisions
arrêtées, et leur intimer l‘ordre de se dessaisir de tous les documents de l‘organisation en leur
possession, car cela fait partie désormais du patrimoine de notre organisation, en dépit de leur
contenu révisionniste.

6°) Le présent rapport devrait être publié dans l‘Organe interne au nom du CPO.

7°) Quant au camarade Robin, il s‘engagea de lui-même à fournir au CPO, une auto-critique
écrite, et accepta de démissionner du CPO afin de faire la preuve de sa sincérité à la base.

Telles furent les conclusions de cette réunion du 10 février, qui vit la consolidation idéologique des
rapports entre les camarades présents. Cela est d‘une importance énorme, car il est indispensable
pour la bonne marche de notre organisation, d‘avoir un collège de responsables idéologiquement
unis et travaillant à leur stabilité et à la stabilisation de toute l‘organisation.

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III. NOUVELLES PERSPECTIVES.
1°- Quelques leçons
En attendant de pouvoir tirer des leçons beaucoup plus globales et beaucoup plus profondes, nous
vous livrons les quelques leçons que nous avons pu tirer à chaud de cette lutte idéologique que nous
avons menée au sein du Noyau directeur.

a) A propos du noyau-directeur

En liaison avec les grandes questions qui sont en débat au sein du MCI, la
constitution d'un "Noyau-directeur" occulte, ignoré du reste de l'organisation relève d'une conception
conspirativiste de l'organisation. Le parallèle de la constitution de ce "N.D." au sein de notre
organisation, avec l'existence d'un "Bureau Général" au sein du PCC, n'est pas sans intérêt.
De notre brève expérience, nous avons abouti à la conclusion, que c'est là une institution
bureaucratique, qui se chargeait de tout élaborer et de tout mettre en œuvre et ce, sans la
participation des autres structures. Il a contribué à ossifier notre organisation, à supprimer toute vie
interne d'activité.
C‘est un lieu privilégié où des « putschs » peuvent s'opérer et ce, à l'insu des militants de
l'organisation, tout comme à l‘O"C"V.
De telles instances, sont anti-léninistes, car l‘existence de toute instance supérieure quelconque doit
être portée à la connaissance de tous les membres de l'organisation. C'est ainsi que la base pourra
intervenir dans les discussions.

b) A propos des deux « vieux »


Ces deux, camarades sont à l'image de l‘O"C"V, qu‘ils ont édifiée.
Quant à Kévin tout particulièrement, au sein de l‘O"C"V, il a édifié une machine bureaucratique,
conspirative, huilée dans tous ces joints par l'idéologie petite-bourgeoise, qui lui a échappée à un
moment donné, pour être retournée contre lui.
Ces deux camarades, bien qu'en paroles prétendent se démarquer de l'idéologie petite-
bourgeoise de l‘O"C"V, en sont en fait réellement pétris jusque dans le plus profond d'« eux-mêmes.
Aujourd'hui, une chose est sûre, les pratiques pernicieuses des éléments du P"CR"V, que nous
reprouvons tous, s'ils y étaient encore, assis dans des fauteuils de direction (car c'est cela, leur
problème) ils les auraient cautionnées et en être même les champions défenseurs (cf. les mensonges,
les calomnies et autres chicanes, qu'ils ont développés contre des camarades avec lesquels ils sont
organisés. Qu'en serait-il, si rien ne les liait à ces camarades ? Imaginez un peu ! )
Ils ont voulu faire de notre organisation un « fac-similé » de l'ancienne organisation.

c) A propos de la période de léthargie apparente vécue depuis la parution du 1er numéro de


notre journal
Chacun doit se convaincre, que le temps perdu, n‘en est pas un en réalité. Si nous savons tirer
sérieusement profit de cette situation, il s‘avèrerait que cela était même indispensable, pour que nous
puissions poursuivre victorieusement notre chemin. Réjouissons-nous que cela se soit manifesté tôt.
C‘est l‘occasion pour nous de lancer un appel à tout un chacun, pour que nous cessons de nous sous-
estimer à cause de notre jeunesse et de notre inexpérience. La pratique commune avec ces deux
« vieux » nous a convaincus, que de l‘expérience, il nous en faut, mais que pour l‘acquérir, il n‘y a
pas de référence de révolutionnaire voltaïque auprès de qui, nous puissions nous instruire. Seule la
pratique de nos erreurs et insuffisances contribuera à faire de nous de véritables « bolcheviks ».
Déjà, bien que jeunes, de par nos capacités idéologiques, politiques, nous sommes le groupe
marxiste-léniniste le plus avancé de notre pays. Cela sans nous griser, doit nous amener à avoir
confiance en nous-mêmes et à savoir compter essentiellement sur nos propres forces. Nous sommes à
l‘avant-garde du peuple voltaïque. Nous sommes le détachement le plus avancé de la classe
ouvrière, idéologiquement et politiquement parlant. Il nous reste à traduire cette supériorité dans la
pratique de la lutte de classes qui se déroule dans notre pays.
Chacun doit se convaincre que ceux qui ont voulu se faire passer, qu‘on a voulu faire passer pour
« nos maîtres », n‘en étaient rien. Mieux, ils étaient sous tous les rapports (idéologique, politique et

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pratique) un véritable boulet à nos pieds, nous empêchant d‘avancer sérieusement dans notre lutte.
Plus vite nous trancherons ce boulet de nos pieds, et mieux cela vaudra pour nous.

2° - Comment poursuivre notre chemin après cet arrêt momentané ?

D‘ores et déjà, activons l‘étude dans les cellules en vue de la préparation d‘une assise nationale de
notre Groupe. Cette assise, devra voir notre Organisation dotée d‘un projet de programme (cette
fois un vrai), d‘un statut et d‘un règlement intérieur.
A cette fin, dans les prochains numéro (peut-être le tout prochain) de l‘Organe interne, nous
publierons un projet de programme, un projet des statuts et du règlement intérieur définitif de notre
organisation.
Toutes les cellules doivent préparer minutieusement cette assise nationale, car elle constituera une
étape décisive de la vie de notre Organisation.
A cet effet, des assises régionales doivent précéder la tenue de l‘assise nationale. Ainsi, il faudra
une assise en France regroupant toutes les cellules de France. Il en sera pour toutes les cellules en
Haute-Volta, en Russie, au Sénégal, etc…
Les membres responsables sur le sol national devront s‘occuper de la tâche de préparation
matérielle (locaux, ect..) et politique (conditions de sécurité absolue) de cette assise nationale.
D‘ores et déjà nous pouvons tracer les grands axes, autour desquels, se tiendra cette assise
nationale :

3° - Pour la convocation de la 1re Conférence nationale de l’organisation :


………………………………………………………………………………………………………
[La suite a été volontairement biffée, car n’apportant rien au sujet qui nous intéresse. — VDS]
………………………………………………………………………………………………………

Camarades,
Réveillons-nous et faisons preuve de beaucoup d‘initiatives.
A toute l‘Organisation, à tous les militants partout où ils se trouvent, nous disons ceci :
Ayez confiance en notre jeunesse, car l‘avenir appartient à la jeunesse. Mettons-nous à l‘étude et
participons activement à la lutte idéologique qui se mène à l‘heure actuelle pour édifier une
organisation véritablement communiste.

EN AVANT POUR CONTRER LE TRAVAIL

DÉSORGANISATEUR DES LIQUIDATEURS.

LA VICTOIRE EST À VOUS.

Le CPO

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