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Lésions chroniques de l’appareil


locomoteur chez le sportif
P. Rochcongar

L’augmentation du nombre de pratiquants et la diversification des activités sportives conduisent à la


constatation d’un nombre plus élevé de traumatismes. Il importe de connaître les lésions spécifiques à
chaque pratique, le plus souvent de type surmenage. Cela nécessite une bonne connaissance du geste
sportif lui-même, et des contraintes engendrées par le sport en cause, en fonction de l’âge, du sexe et
du niveau de pratique. Seul un examen clinique complet permet de poser un diagnostic, de justifier des
éventuels examens complémentaires et, enfin, de proposer une conduite à tenir adaptée, tant d’un point
de vue thérapeutique que préventif.
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Mots-clés : Sport ; Appareil locomoteur ; Pathologie de surcharge ; Traumatismes

Plan La définition même du traumatisme pose question. La majo-


rité des études retiennent toute blessure ayant nécessité un arrêt
■ Introduction 1 du sport de plusieurs jours, ou l’absence de participation à une
compétition. Plus récemment, il a été proposé de classer les bles-
■ Généralités 1 sures en trois niveaux [4] : atteinte physique n’entraînant pas de
Fréquence des lésions 1 consultation médicale ou un arrêt du sport ; blessure ayant néces-
Mécanismes lésionnels 2 sité une prise en charge médicale ; blessure ayant entraîné un arrêt
Facteurs favorisants 2 des activités physiques et sportives.
■ Classification des lésions 3 Deux grands types de lésions doivent être distingués. Les
Membre supérieur 3 lésions aiguës, souvent sans spécificité, qui conduisent ou non
Rachis 4 à la prise en charge dans les services d’urgence et, éventuelle-
Bassin 5 ment, à une hospitalisation (ce sont celles répertoriées dans les
Membre inférieur 5 enquêtes de la Caisse nationale d’assurance maladie [CNAM] et
■ Conclusion 8 de l’Institut de veille sanitaire [InVS]) [5, 6] et les lésions chroniques
d’hyperutilisation très spécifiques du geste sportif (overuse syn-
drome), qui sont de véritables technopathies, et qui conduisent
le plus souvent à un simple arrêt, total ou partiel, des activités
 Introduction physiques.
Dans le cadre de ce travail, nous n’aborderons que les lésions
Au cours des dernières années, de nombreuses publications chroniques qui ont fait l’objet d’un très grand nombre de publi-
scientifiques ont confirmé la place de l’activité physique, et donc cations. C’est pourquoi il nous est apparu plus utile d’insister sur
du sport, comme facteur de prévention primaire et secondaire les points particuliers concernant l’examen clinique, la fréquence
dans de nombreuses pathologies [1] . Cela concerne les maladies et les mécanismes responsables, permettant d’aborder la préven-
cardiovasculaires et métaboliques, mais aussi les cancers, les tion, suivant en cela le schéma d’examen proposé par Bahr [7]
pathologies neurologiques et l’appareil locomoteur [2] . Parallèle- (Fig. 1). Nous traiterons ensuite des différents types de lésions et
ment, l’engouement pour les activités physiques au cours de ces indiquerons quelques exemples spécifiques de cette pathologie.
dernières années s’est traduit par l’augmentation constante du
nombre de pratiquants et la diversification des activités sportives.
Si les bienfaits du sport sont donc reconnus, il n’en reste pas moins
que celui-ci est aussi pourvoyeur de traumatismes de l’appareil  Généralités
locomoteur.
L’incidence et la prévalence des blessures liées au sport restent Fréquence des lésions
incomplètement évaluées car la méthodologie des enquêtes doit
tenir compte du pays dans lequel elles ont été réalisées (habitudes Selon les protocoles, les chiffres sont éminemment variables.
sociales), de la durée de l’étude, du type de sol et matériel utilisés, L’incidence est très élevée pour de nombreux sports individuels
mais aussi du nombre de sujets, du sexe, de l’âge, du niveau de comme le badminton (épaule, rachis et muscles de la cuisse [8] ),
pratique et du mode de recueil des données (enquête, étude de l’escalade [9] , le ski de fond [10] ou le cyclisme (principalement le
dossier, etc.), et enfin des antécédents traumatiques du sujet [3] . genou [11] ).

EMC - Appareil locomoteur 1


Volume 9 > n◦ 1 > janvier 2014
http://dx.doi.org/10.1016/S0246-0521(13)59646-X
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Exposition à des facteurs Figure 1. Prise en charge d’une blessure liée au sport selon
de risque extrinsèques Bahr [7] .
Événement
déclenchant
Âge

Souplesse
Athlète Athlète
Blessure
Blessure prédisposé sensible
antérieure

Morphologie

Facteurs de risque à distance de Mécanisme de la blessure


la blessure proche de la survenue

La course à pied a été largement étudiée et les chiffres n’ont pas Sexe
varié depuis une décennie. L’incidence sur une année va de 24 à Il est bien établi, chez la femme, que l’entraînement intensif
plus de 50 % de taux de blessés. Un tiers des coureurs de fond pré- dans certaines disciplines (danse, gymnastique sportive, course
sentent une pathologie microtraumatique au cours d’une année à pied) conduit à des perturbations hormonales fréquentes,
d’entraînement [12] . La pathologie est essentiellement représentée non retrouvées dans d’autres sports [24] . On a ainsi montré que
par des tendinopathies et des syndromes fémoropatellaires, mais l’aménorrhée s’accompagnait d’une augmentation du nombre des
aussi des fractures de fatigue [13] . fractures de stress [13] .
Certains sports considérés comme peu traumatisants comme la Dans d’autres disciplines, sports collectifs notamment, on
natation sont toutefois pourvoyeurs de technopathies de l’épaule relève chez la femme un pourcentage plus élevé de lésions liga-
chez les compétiteurs [14] , mais aussi les amateurs où on trouve un mentaires de la cheville et du ligament croisé antérieur (LCAE) du
taux de blessures de surmenage élevé de 21 % pour les femmes genou. Cela a conduit à proposer des programmes spécifiques de
et 6,5 % pour les hommes, supérieur à d’autres sports comme le prévention, qui ont montré leur efficacité [25] .
basket, le water-polo et le tennis [15] .
Anomalies du morphotype
Elles sont souvent évoquées et représentent un facteur favori-
Mécanismes lésionnels sant [12] . Pour certaines pathologies, la relation lésion–morpho-
type n’est guère discutée. C’est le cas de l’association genu varum
Ils sont à mettre en relation avec le geste lui-même, par ou torsion fémorale interne et tendinopathie du tenseur du fascia
augmentation des contraintes (expliquant par exemple les frac- lata, périostite tibiale et arrière-pied pronateur. Mais très souvent,
tures de fatigue), compression excessive (lésions cartilagineuses, les données de la littérature sont contradictoires [26] . L’examen sta-
syndromes canalaires, pathologie vasculaire), traction (tendino- tique doit, si possible, être complété par un examen dynamique.
pathie, ostéochondrose), frottements à répétition (tendinopathie, C’est ainsi qu’il a pu être montré une bonne corrélation entre
atteinte cartilagineuse, atteinte nerveuse tronculaire) [16] . l’hyperpronation dynamique et la périostite tibiale, la dorsiflexion
de cheville augmentée et la faciite plantaire des coureurs à pied.
De même, l’enregistrement cinématographique de certains gestes
Facteurs favorisants peut être une aide précieuse à la compréhension des mécanismes
responsables de la pathologie [27] .
Ils doivent être systématiquement recherchés au cours de
Souplesse
l’examen clinique, les causes étant toujours multifactorielles.
La souplesse, ou plus précisément la perte de souplesse, a été
fréquemment incriminée. Lors de la poussée de croissance, c’est
Facteurs intrinsèques certainement un des facteurs favorisant l’aggravation des ostéo-
chondroses par traction. De même, une raideur du quadriceps,
Âge ou des ischiojambiers, peut en partie expliquer une pathologie
De nombreuses études confirment l’augmentation des lésions de l’appareil extenseur du genou. Mais ce facteur ne peut seul
chroniques avec l’âge [17] . être incriminé. Certaines disciplines sportives comme la danse
Les lésions chez l’adolescent sont avant tout de type ostéo- demandent une grande souplesse musculotendineuse et articu-
chondrose [18] ; elles ne concernent que très rarement les muscles, laire, et sont pourtant pourvoyeuses de lésions musculaires [28] .
les tendons et les ligaments. C’est dire l’importance à cet âge
des radiographies standards ou de l’échographie, en complé- Déséquilibres musculaires
ment de l’examen clinique. Cela explique que les traumatismes Ils concernent soit le déficit d’un groupe musculaire par rapport
décrits chez les adolescents sont plus fréquemment retrouvés à au côté opposé, soit un déséquilibre entre les groupes agonistes
l’entraînement, notamment pour le football [19] , la gymnastique, et antagonistes. Ce facteur a pris une place importante depuis
le base-ball, le badminton et le volley-ball [20] . l’avènement de l’exploration de la force musculaire par dyna-
Pour les sujets plus âgés, la question est celle de l’atteinte du mométrie isocinétique, en mode concentrique, excentrique ou
cartilage et du risque de décompensation arthrosique. Il semble mixte [29] .
que la pratique sportive intensive, en dehors de toute séquelle Les déficits de force par rapport au côté controlatéral peuvent
de traumatisme aigu, soit responsable de l’apparition plus rapide être le reflet d’une pathologie sous-jacente ou, à l’inverse, être
de signes radiologiques d’atteinte cartilagineuse ; mais cela ne responsables de cette pathologie. Une souffrance de l’appareil
conduit pas toujours à des plaintes cliniques plus importantes, extenseur du genou peut entraîner une diminution de la force du
selon les niveaux [21] . Le problème majeur, lorsque la blessure est quadriceps (c’est le cas de certains syndromes fémoropatellaires)
installée, concerne le respect des temps de cicatrisation difficiles ou être partiellement due à un déficit de force (tendinopathie
à faire respecter, alors qu’il est démontré, pour les footballeurs de rotulienne par exemple). Ce déficit doit toujours être chiffré ; un
haut niveau notamment, que le risque de récidive dans l’année écart entre 10 et 20 % doit être considéré comme suspect, et très
qui suit, pour une blessure identique, est multiplié par deux ou probablement anormal au-delà de 20 % [30] . Les déficits consta-
trois [22, 23] . tés peuvent, par ailleurs, être le reflet d’une séquelle d’accident

2 EMC - Appareil locomoteur


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musculaire, notamment des ischiojambiers. Cela justifie, dans un une baisse des performances physiques malgré la poursuite, voire
but de prévention, les programmes de renforcement musculaire l’augmentation, de la quantité d’entraînement. Ce syndrome
en début de saison [31] . Il reste toutefois qu’il n’y a pas toujours de redoutable, difficile à mettre en évidence, et donc à traiter, peut
corrélation entre les résultats des mesures de force et la récidive [32] . se révéler au début par des blessures [44] . Des épreuves d’effort
Les déséquilibres entre agonistes et antagonistes sont donc sou- mettent en évidence une baisse de la performance mais, surtout,
vent évoqués comme facteurs potentiels de traumatismes. Les une moindre production d’acide lactique et une élévation de la
résultats sont pour le moins contradictoires. Les études sont ren- consommation d’oxygène pour un niveau identique d’exercice.
dues difficiles par le fait qu’il existe des différences entre sujets On retrouve souvent des signes en faveur d’une moins bonne
de même âge et de même niveau de pratique en rapport avec la récupération. À l’inverse, les paramètres biologiques comme
spécialité sportive. On sait par ailleurs que les valeurs varient dans l’élévation des créatines phophokinases (CPK) sont rarement uti-
le temps en fonction de l’âge pour une même discipline [33] . lisables. À ce jour, ce sont les questionnaires de surentraînement
Se pose donc la question de savoir si ces déséquilibres (expri- qui permettent le meilleur dépistage [45] .
més par rapport à des groupes témoins sédentaires appariés en Il faut, dans le même ordre d’idée, chercher d’éventuelles erreurs
âge) peuvent être responsables de la pathologie, ou s’ils sont le diététiques [46] comme les apports insuffisants en sucres lents
simple résultat de l’entraînement. Dans le cas des fléchisseurs nécessaires à la recharge glycogénique du muscle. Les apports
et extenseurs du genou, on peut très probablement répondre caloriques doivent être modulés en fonction de l’intensité de
par la deuxième proposition ; pour l’épaule, le problème est plus l’entraînement et des compétitions. Les apports hydriques insuffi-
complexe et le développement préférentiel des rotateurs médiaux sants peuvent aussi être une cause indirecte de lésions musculaires
par rapport aux rotateurs latéraux reste discuté comme facteur ou tendineuses (il faut rappeler la nécessité d’une réhydratation
responsable de certaines pathologies [34] . Toutefois, il ne peut à lui régulière au cours de l’effort et après les exercices). Ces apports
seul expliquer certaines pathologies, comme les instabilités [35] . devront être augmentés dans des conditions particulières (forte
Facteurs génétiques chaleur, exercices en altitude par exemple).
Des études récentes amènent à suspecter certains profils
génétiques [36] (gène COL1A1) comme facteurs favorisant des ten- Aspects matériels
dinopathies, ou atteintes capsuloligamentaires de l’épaule et du Le matériel utilisé est fréquemment mis en cause. L’exemple
genou. le plus parlant est celui de la raquette de tennis impliquée dans
le déclenchement de certaines épicondylalgies latérales chez le
Facteurs extrinsèques joueur de niveau moyen ou faible [47] .
La chaussure, quelle que soit la spécialité sportive, a beau-
Niveau de pratique coup évolué dans sa conception. L’apparition des chaussures de
Plus le niveau s’élève et plus la pathologie spécifique se déve- ski alpin à tiges hautes a entraîné une diminution spectaculaire
loppe. Ainsi, chez le golfeur professionnel, cette pathologie de la pathologie de la cheville et du pied, mais parallèlement a
représente près de 80 % des lésions alors qu’elle est inférieure à entraîné une augmentation des traumatismes du genou [48] . Les
30 % pour un groupe amateur contrôle. Chez ces derniers, on chaussures du coureur à pied sont elles aussi de plus en plus
retrouve des durées de jeux excessives conduisant à la fatigue, des sophistiquées. Cela a conduit à une modification de l’incidence
erreurs techniques comme causes principales des lésions [37] . des microtraumatismes. On sait par ailleurs que le risque de bles-
L’âge entre en ligne de compte. Il a été montré que chez des sure est directement lié à l’usure de la chaussure. Toutefois, tous
footballeurs de moins de 18 ans, le risque de blessure était nette- les problèmes sont loin d’être résolus pour proposer la chaussure
ment supérieur chez les plus jeunes, garçons ou filles, comparé à idéale, adaptée à la morphologie et à la dynamique du pied, fac-
des adultes de même niveau de pratique [38] . teur éminemment variable en fonction des sujets [40] . En d’autres
Aspects physiologiques de l’exercice physique [39] termes, tout changement de chaussures peut être un facteur de
risque supplémentaire.
L’échauffement négligé ou mal réalisé est un facteur reconnu
Même si cela concerne les macrotraumatismes, il est important
de déclenchement des lésions. Il est par exemple responsable
de rappeler l’efficacité des protections. Cela est confirmé pour le
de près de 10 % des traumatismes des golfeurs amateurs [37] .
cyclisme (port du casque) [49] . Le taux de blessures dues au ski alpin
L’échauffement doit consister en exercices physiques globaux et
a fortement diminué, grâce à l’amélioration des équipements (ski
analytiques en relation avec la discipline pratiquée et a pour but
et chaussures). On trouve les mêmes résultats pour le snowboard
premier la montée en température du muscle strié squelettique.
et le patinage de vitesse (protection des genoux, des poignets et des
Les massages et autres techniques de protection (vêtements syn-
coudes notamment) [48] . De même, chez les rugbymen, le port de
thétiques, gants, etc.) peuvent être des adjuvants utiles par temps
protège-dents, du casque sont efficaces vis-à-vis des traumatismes
froid mais ne sont jamais suffisants à eux seuls.
faciaux et traumatismes crâniens [50] .
L’échauffement doit s’accompagner d’étirements. Paradoxale-
Les sols : on a souvent incriminé, à tort semble-t-il, les sols durs
ment, les études bien conduites mettant en évidence le rôle
type macadam pour le coureur à pied. Il semble plus que ce soit
préventif des étirements sont peu nombreuses. Il faut insister sur
le changement de sols qui soit le facteur de risque principal [12] .
la spécificité des étirements en fonction des muscles et articula-
Cette notion est retrouvée pour les sports collectifs. L’incidence
tions sollicités préférentiellement au cours de l’exercice. Ceux-ci
des blessures n’est pas plus grande si l’on s’entraîne sur gazon
doivent s’intégrer dans un programme plus vaste de prévention,
naturel ou artificiel de dernière génération [51] .
notamment lors des phases de préparation [40, 41] . Cela a notam-
ment été confirmé auprès chez des hockeyeurs sur glace de haut
niveau [42] .
Modalités d’entraînement  Classification des lésions
L’augmentation de la quantité d’entraînement, surtout si celle-
ci est brutale, est un facteur de risque. Ainsi, pour les coureurs Membre supérieur
à pied, le risque augmente au-delà de 35 à 40 km/semaine [12] .
L’intensité est aussi un facteur à prendre en compte. Les exer-
Épaule
cices intermittents, avec récupération incomplète, sont souvent Une approche plus fine de l’examen clinique, associée à la
responsables d’accidents musculaires ou tendineux. connaissance du geste sportif, à l’apport de l’imagerie, voire de
Quant à la compétition elle-même, elle est responsable d’un l’arthroscopie, ont permis de démembrer un certain nombre de
nombre plus élevé de traumatismes aigus que de microtrauma- syndromes et ainsi d’améliorer la prise en charge thérapeutique
tismes. La répétition des compétitions de haut niveau est un et la prévention.
facteur favorisant des blessures [43] . Nous ne traiterons pas des luxations ou séquelles de luxation [52] ,
C’est dans ce cadre qu’il est indispensable de chercher un des lésions du bourrelet [53] , ni de la pathologie de la coiffe des
éventuel syndrome de surentraînement, qu’on peut définir par rotateurs.

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La pathologie microtraumatique de l’épaule est fréquente dans Dans la plupart des cas, le traitement reste médical, associant
certaines disciplines. Les sports de lancer (base-ball, volley-ball, repos, massages transverses profonds des tendons, associés aux
hand-ball, javelot, football américain, tennis) mettent en jeu une étirements. Les ondes de choc extracorporelles peuvent trouver
véritable chaîne cinétique au niveau du membre supérieur. La une indication. Les infiltrations doivent être discutées et n’ont
vitesse du lancer de l’engin dépend de la qualité du geste mais aussi fait leur preuve qu’à court terme dans le traitement des épi-
de la vitesse propre de l’articulation (près de 7000◦ par seconde condylalgies latérales d’origine tendineuses. Mais surtout il faut
pour le lancer de base-ball par exemple [54] ). Cela entraîne des toujours inclure la notion de prévention (échauffement, maté-
contraintes maximales lors de l’armer, responsables de lésions riel adapté et correction éventuelle du geste technique). Ce n’est
intra-articulaires. Puis, à la fin du geste, un travail explosif des qu’en cas d’échec qu’on envisage à la demande un traitement
muscles rotateurs médiaux doit s’accompagner d’un travail en chirurgical qui doit alors traiter toutes les lésions (tendineuses,
contraction excentrique des rotateurs latéraux qui jouent alors intra-articulaires, voire nerveuses).
un rôle freinateur. Tout geste mal programmé peut être respon-
sable au moins en partie d’une pathologie de surmenage à type de
conflit ou de lésion par traction des nerfs suprascapulaire ou du Main
nerf thoracique long. Il faut à nouveau insister sur la qualité de l’examen clinique qui
Les mécanismes sont différents pour la natation. C’est plus guide éventuellement la demande d’examens complémentaires.
la répétition du geste que la vitesse qui est en cause, avec une En effet, en dehors des séquelles de traumatismes aigus (luxa-
sollicitation préférentielle des muscles rotateurs médiaux. Ces dés- tion, fracture, voire entorse) [59] , la pathologie de la main est le
équilibres entre les divers groupes musculaires représentent des plus souvent microtraumatique et concerne tant les structures
facteurs favorisant des microtraumatismes [14] . ligamentaires que les tendons, les artères et les nerfs.
Pour d’autres spécialités, on retrouve la notion de microtrau- Le geste sportif est donc soit responsable de la pathologie, soit
matismes directs. C’est le cas de l’entrée dans l’eau du plongeur. révélateur d’une anomalie sous-jacente.
On peut rapprocher de ce tableau les lésions liées à d’éventuels Selon les disciplines, les lésions rencontrées sont variées et
chocs (tir contré du handballeur par exemple). diverses. La boxe est pourvoyeuse de lésions ostéoligamentaires
C’est dire l’importance de l’examen clinique. L’interrogatoire et de luxations des os du carpe. Les sports de ballon et l’escrime
révélant les mécanismes déclenchant de la douleur, le testing d’entorses et luxations des doigts, de fractures de l’os naviculaire
analytique [55] , devra rechercher une lésion musculaire ou ten- et des métacarpiens. Les fractures de fatigue de l’apophyse unci-
dineuse rarement isolée, une amyotrophie souvent discrète des forme de l’hammatum touchent les golfeurs ou tennismen. Le
fosses supra- et infraépineuses, reflet de l’atteinte du nerf supras- skieur est avant tout concerné par l’entorse métacarpophalan-
capulaire, un décollement de l’omoplate en rapport avec une gienne du pouce. Les gymnastes peuvent constituer des tableaux
souffrance du nerf thoracique long [3] . Cet examen est complété d’impaction radiocarpienne pouvant fréquemment conduire à
par les manœuvres dynamiques passives ou actives permettant de des lésions du cartilage épiphysaire chez l’adolescent [60] mais
retrouver les diverses formes de conflit (tests de Neer, Jobe, Ger- aussi, plus rarement, au syndrome du nerf interosseux postérieur
ber, Hawkins, etc.). On connaît toutefois la faible spécificité de ces distal. Les grimpeurs sont confrontés à des tableaux de ténosy-
tests [56] . novites et à une pathologie des poulies digitales. Les spécialistes
La prescription d’examens complémentaires dépend étroite- de pelote basque présentent des kystes et hygromas responsables
ment de l’examen clinique. L’électromyogramme est indiqué d’atteintes neurologiques, des tableaux de microangiopathie, de
dans le cas d’une suspicion d’atteinte du nerf suprascapulaire. fréquentes arthroses digitales. Ces microtaumatismes vasculaires
L’échographie permet d’analyser la structure musculaire et ten- ont récemment été décrits chez les volleyeurs et doivent faire
dineuse [57] . L’arthrotomodensitométrie (arthro-TDM), l’imagerie l’objet d’une recherche systématique. Enfin, les cyclistes sont
par résonance magnétique (IRM), voire l’arthro-IRM explorent à concernés en premier lieu par les syndromes canalaires (nerf
la fois les parties molles et le bourrelet glénoïdal. Plus rarement, médian, nerf ulnaire).
une scintigraphie osseuse permet de diagnostiquer une fracture de Dans la majorité des cas, ces pathologies sont liées à la répétition
fatigue (clavicule pour l’haltérophile, coracoïde, humérus au cours du geste, à la modification de la technique, à un matériel inadapté,
de la pratique du tennis, du base-ball ou du lancer de javelot, grill voire à un simple changement de conditions d’entraînement.
costal pour les pilotes de karting). Ces facteurs seront donc systématiquement cherchés dans le but
Ce n’est qu’après ce bilan qu’une décision thérapeutique peut d’améliorer la prévention.
être prise. En tout état de cause il est toujours nécessaire d’insister
sur la prévention, à savoir le maintien des amplitudes articulaires
et l’entretien de la souplesse ainsi que de la force des différents
groupes musculaires, qui peuvent être utilement évalués en mode Rachis
isocinétique.
Lésions du rachis cervical
Les lésions du rachis cervical, microtraumatiques, peuvent
Coude prendre la forme de cervicalgies banales, et plus tard d’une décom-
C’est une articulation plus particulièrement sollicitée par la pensation arthrosique. Elles sont trouvées chez les footballeurs,
gymnastique, la lutte, le base-ball, le lancer de javelot, et bien basketteurs et surtout rugbymen et footballeurs américains ; mais
sûr le tennis. aussi au cours de la pratique du plongeon, de l’aviation et des
Comme pour l’épaule, les lésions rencontrées sont directe- sports mécaniques.
ment dépendantes du geste sportif. Ainsi, la gymnastique est plus Si ces tableaux ne présentent pas de particularités cliniques,
fréquemment responsable d’une pathologie intra-articulaire, le on devra toujours garder en mémoire le risque éventuel de
tennis d’une pathologie mixte du compartiment latéral, les sports complications neurologiques dramatiques par atteinte du seg-
de lancer d’une pathologie du compartiment médial liée à des ment mobile rachidien chez des sportifs très musclés et trop
mouvements en valgus (à type de traction) pouvant évoluer secon- souvent habitués à souffrir de cervicalgies à répétition. C’est dire
dairement vers une atteinte du compartiment latéral (lésion en l’importance d’un examen clinique complet, complété par un
compression). bilan d’imagerie de qualité incluant, si nécessaire, la prescription
L’examen clinique doit chercher des signes de souffrance de clichés dynamiques et la prise en charge au moindre doute par
intra-articulaire (déficit angulaire), une atteinte musculaire ou des équipes spécialisées.
tendineuse et/ou un syndrome canalaire associé [58] . Comme pour les autres articulations déjà étudiées, il faut
Les examens complémentaires se discutent en fonction de la s’intéresser à la prévention des lésions en améliorant le matériel,
clinique. De peu d’intérêt pour les lésions tendineuses isolées du en insistant sur le renforcement musculaire, voire en modifiant les
compartiment latéral, ils permettent la recherche de calcifications règlements fédéraux. L’exemple le plus parlant concerne le rugby
au niveau du compartiment médial (radiographie, échographie) avec la suppression des empilements et à la modification des règles
ou de lésions ostéochondrales intra-articulaires (TDM ou IRM). d’entrée en mêlée et du plaquage [61, 62] .

4 EMC - Appareil locomoteur


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Lésions du rachis lombaire Cuisse


Le rachis lombaire représente à lui seul pour certaines disci- Les lésions concernent en premier lieu les muscles striés sque-
plines sportives plus de 10 % des motifs de consultation sous la lettiques. Elles surviennent dans deux circonstances principales :
forme de lombalgies aiguës ou chroniques, plus rarement de lom- choc direct ou mécanisme intrinsèque (cas le plus fréquent),
bosciatalgies. incluant une notion de contraction excentrique.
Les causes doivent être systématiquement recherchées : rare- Le risque majeur des chocs directs (football, rugby, chute de
ment une hernie discale pure, plus souvent une souffrance moto) est représenté par l’apparition d’un hématome du muscle
musculaire, un dérangement intervertébral articulaire postérieur, vaste intermédiaire dont l’évolution vers la myosite ossifiante peut
une lyse isthmique et, chez l’adolescent, une dystrophie épiphy- être rapide. C’est dire l’importance dans ce cas d’un bilan écho-
saire de croissance. graphique et d’une prise en charge thérapeutique précoce.
Le geste sportif peut favoriser cette pathologie par des mou- Les lésions intrinsèques sont éminemment variables selon
vements d’hyperextension (gymnastique sportive, gymnastique la discipline. Quasiment inexistantes chez le basketteur, elles
rythmique et sportive, danse), en rotation (lancers, frappe de représentent plus de 20 % des accidents du football (avec une
balle), ou en compression (haltérophilie). De façon indirecte, la nette augmentation des lésions des ischiojambiers [22] ). En ce qui
raideur du muscle iliopsoas retrouvée dans certaines spécialités concerne l’athlétisme, ce sont surtout les disciplines de sauts et
sportives (notamment les sports collectifs) peut entraîner une de vitesse qui sont concernées, et plus particulièrement les ischio-
hyperlordose secondaire, facteur favorisant de la lombalgie. jambiers avec les risques de séquelle, notamment de fibrose parfois
La question reste posée de la fréquence des lombalgies liées à la difficile à traiter.
pratique sportive. Chez l’adolescent, on sait qu’il n’y a pas de diffé- L’exercice physique est aussi parfois révélateur de maladies neu-
rence entre garçon et fille, sportif ou non. En revanche, l’incidence romusculaires, sous la forme de crampes et de fatigabilité. Ce
de la lyse isthmique est plus élevée dans certains sports comme la tableau doit être bien connu [71] , permettant de dépister parfois des
gymnastique, le plongeon et l’haltérophilie. déficits enzymatiques contre-indiquant l’activité physique inten-
Ce dernier tableau mérite une attention particulière [63] . Il faut sive. Les épreuves d’effort programmées avant des examens lourds
insister sur le tableau de lumbago aigu ou subaigu, déclenché par (biopsie musculaire) permettent une approche de ces maladies en
l’exercice et reflet, chez l’adolescent, d’une probable fracture de évaluant les capacités aérobies et en dosant certains paramètres
fatigue de l’isthme. Le diagnostic, au tout début, peut être difficile, biologiques. Une élévation précoce de la lactatémie suggère une
même sur des radiographies de trois quarts de qualité. La tomos- éventuelle atteinte mitochondriale. L’absence ou la faible produc-
cintigraphie osseuse, voire l’IRM, sont alors les examens de choix tion d’acide lactique à l’effort maximal suggère une glycogénose.
complétés éventuellement par un examen tomodensitométrique L’élévation franche des CPK est souvent trouvée (en veillant à ce
pour mettre rapidement en place un traitement médical (repos, qu’aucun exercice intense n’ait été réalisé dans les 48 heures pré-
immobilisation par corset) et éviter le risque de complications. cédentes), en dehors de toute notion de traumatisme musculaire.
Ces tableaux devront être différenciés des douleurs posteffort,
banales, déclenchées notamment par les exercices excentriques,
Bassin en phase de reprise [72] .
En dehors de la pathologie musculaire, il faut penser à élimi-
Le tableau clinique de loin le plus fréquent reste celui de ner systématiquement un syndrome canalaire (nerf cutané latéral
la pathologie puboabdominale [64] , qui concerne presque exclu- de la cuisse, nerf grand abdominogénital, nerf obturateur [58, 73] ).
sivement les hommes. Il ne faut pas omettre d’examiner Le diagnostic est clinique [74] , les examens électrophysiologiques
systématiquement, outre les hanches [65] , les articulations sacro- étant très souvent négatifs.
iliaques. Ces dernières, peu mobiles, très étroitement liées à la Enfin, on connaît une cause vasculaire fréquente de douleurs
biomécanique du rachis lombaire et de la symphyse pubienne, de cuisse, l’endofibrose iliaque externe [75] . Décrite chez le cycliste
sont soumises à des contraintes importantes et répétées, sus- de haut niveau, elle a été aussi observée chez des coureurs de
ceptibles d’entraîner une symptomatologie aiguë (fracture de fond et des triathlètes. Ce tableau se résume à une douleur de
fatigue) ou chronique. Le plus souvent, ce sont les examens cuisse déclenchée par l’exercice intense, prenant parfois la forme
complémentaires qui permettront de confirmer le diagnostic de pseudocrampes, avec une impression de gonflement et de fai-
(scintigraphie osseuse et surtout IRM). blesse de tout le membre inférieur. Tous ces signes disparaissent
rapidement si l’exercice diminue en intensité. Le diagnostic doit
toujours être confirmé par un examen Doppler artériel. Celui-ci,
normal au repos, n’est pathologique que s’il est réalisé immédiate-
Membre inférieur ment après un test sur ergocycle déclenchant la symptomatologie
Les lésions sont tout aussi variées, mais plus fréquentes qu’au douloureuse. Seul le traitement chirurgical adapté aux lésions et
membre supérieur. à l’âge permettra la guérison.

Genou [76]
Hanche
Cette articulation est fréquemment atteinte, qu’il s’agisse de
La pratique sportive intensive est un facteur reconnu d’arthrose l’appareil extenseur des structures méniscoligamentaires, cartila-
précoce s’il existe des anomalies morphologiques préexis- gineuses ou des tendons.
tantes [66] . On connaît la place importante, prise ces dernières
années, de la recherche des conflits antérieurs [67] , et les liens Appareil extenseur
fréquents entre la pathologie de hanche et la pathologie puboab- Le syndrome fémoropatellaire représente le motif le plus fré-
dominale [68] . Toute coxopathie du sujet jeune devra donc quent de consultation avant 20 ans. Le sport n’est qu’un des
conduire à un bilan clinique et radiologique complet et interprété éléments révélateurs de la symptomatologie en relation avec
en fonction de la pratique sportive (danse, sports collectifs, sports des anomalies morphotypiques (genu valgum, génu récurvatum,
de combat). patella alta, patella baja). Toute la difficulté consiste à adapter
Les activités physiques sont aussi le mode de révélation le l’activité sportive au handicap réel ou supposé en tenant compte
plus fréquent des hanches à ressaut [69] . Cette pathologie extra- du contexte psychologique – la symptomatologie alléguée n’étant
articulaire, plus fréquente chez la femme, et notamment la pas toujours corrélée aux constatations cliniques et paracli-
danseuse, n’est à prendre en compte que si elle s’accompagne niques. À l’inverse, il faut savoir dépister de véritables instabilités,
de phénomènes douloureux. Elle doit alors être bien différen- heureusement plus rares, minorées par des jeunes sportifs très
ciée des autres causes éventuelles de ressauts intra-articulaires motivés [77] .
(lésion ostéochondrale, lésion du bourrelet, etc.), des ressauts Un syndrome fémoropatellaire banal de l’adolescent sans signe
externes (tractus idiotibial, grand fessier) ou postérieurs (tendon radiologique est exceptionnellement un motif de dispense des
du biceps) [70] . activités physiques. Le plus souvent, cette symptomatologie

EMC - Appareil locomoteur 5


15-920-B-10  Lésions chroniques de l’appareil locomoteur chez le sportif

s’estompe en fin de croissance. En revanche, on peut discuter cer- risque lésionnel. Leur efficacité n’est nullement prouvée, et cela
taines pratiques sportives à risque (sports avec pivot, impulsions) quel que soit le type d’orthèse, en postopératoire [88] . Elles peuvent
lorsqu’il existe une réelle instabilité. éviter l’instabilité chez des patients non opérés.
La tendinopathie quadricipitale est rare et de diagnostic et trai-
Tendinopathies [89]
tement faciles. Elle rentre dans le cadre du genou du sauteur
(jumper’s knee), au basket-ball, volley-ball et saut en hauteur. Elle Elles concernent en premier lieu les coureurs à pied, les cyclistes
peut être isolée chez le cycliste et ne doit pas être confondue avec et les triathlètes.
une éventuelle fracture de fatigue de la patella retrouvée chez les La tendinite de la patte d’oie est quasiment inexistante chez
skieurs de fond ou les coureurs à pied. le sportif, en dehors de tout programme de rééducation inten-
La tendinopathie du ligament patellaire est l’apanage des sports sive. Un tableau douloureux du compartiment médian doit donc
d’impulsion et atteint son pic de fréquence entre 15 et 25 ans. avant tout faire évoquer une pathologie méniscoligamentaire ou
Les douleurs doivent être évaluées en rapport avec l’exercice ostéocartilagineuse.
physique, selon la classification de Feretti [78] . Aux stades I et II, Pour la tendinite du biceps fémoral, l’échographie doit être
le traitement médical donne le plus souvent d’excellents résul- conseillée pour mieux appréhender le type exact de lésion, ainsi
tats [79] . Au stade III, les résultats sont beaucoup plus décevants, que les variations anatomiques qui sont loin d’être exception-
correspondant à des lésions dégénératives à l’échographie et à nelles.
l’IRM retrouvées le plus souvent au tiers supérieur du tendon. La tendinite du tenseur du facia lata est, elle, plus fréquente
On doit alors envisager, pour des sportifs confirmés et motivés, et touche notamment les coureurs à pied [90] . Il s’agit d’une dou-
l’indication chirurgicale. leur du compartiment latéral déclenchée par les mouvements
répétés de flexion–extension (syndrome dit de « l’essuie-glace »).
Structures méniscoligamentaires [80, 81] C’est une pathologie typique de friction. Le diagnostic reste cli-
Lésions méniscales. Les lésions méniscales isolées ne pré- nique, les examens complémentaires (échographie, voire IRM)
sentent pas de spécificité en pratique sportive. Il faut toutefois n’arrivent qu’en complément éventuel à la recherche d’une bur-
insister sur les risques postopératoires de sidération du quadriceps, site. Outre les anomalies du morphotype (genu varum, torsion
en relation avec la douleur et susceptible d’entraîner une perte fémorale interne, inégalité de longueur des membres inférieurs),
de force rapide dans les premiers jours. C’est dire l’importance on reconnaît comme facteur favorisant un kilométrage excessif
d’un programme précoce associant lutte contre la douleur puis associé à une moindre expérience de la course à pied. Le traitement
rééducation secondaire. est avant tout médical, en associant systématiquement la correc-
Lésions ligamentaires. Ce sont les lésions ligamentaires qui tion des facteurs de risque, et très rarement chirurgical (résection
ont fait l’objet du plus grand nombre de publications. Les connais- partielle, postérieure, de la bandelette).
sances sur la cicatrisation ligamentaire périphérique et l’effet La tendinite du poplité est plus rare et rentre dans le cadre des
délétère de l’immobilisation prolongée ont beaucoup évolué [82] . atteintes postérolatérales, de diagnostic difficile [91] .
Nous nous contenterons ici d’aborder des points plus spécifiques
à la pratique sportive concernant la lésion la plus fréquente, à Segment jambier
savoir le ligament croisé antéroexterne. Les douleurs de jambe révélées par la pratique sportive sont un
Toutes les activités classées comme pivot-contact (football, motif fréquent de consultation [92] . On doit différencier plusieurs
rugby, hand-ball, basket-ball, football américain, etc.) sont les plus étiologies.
concernées, mais le risque et le mécanisme de rupture évoluent
en fonction de l’âge et du niveau de pratique [83] . Néanmoins, Tendon calcanéen [79]
toutes les disciplines nécessitant l’utilisation des membres infé- C’est le tendon le plus fréquemment atteint en tout premier lieu
rieurs peuvent être touchées, comme le judo par exemple [84] et le chez les coureurs à pieds. Le tableau clinique doit être démembré,
ski alpin (quel que soit le niveau de pratique). complété par l’imagerie (avant tout l’échographie), le traitement
Chez l’adolescent, avant fermeture des cartilages de croissance, et la guérison, étant directement dépendants de l’importance des
les lésions sont plus rares mais toutefois en nette augmentation et lésions [93] . La rupture du tendon d’Achille est principalement
concernent avant tout les activités de la vie courante et des sports rencontrée après 35 ans, mais le risque semble toutefois être beau-
comme le skate-board, la gymnastique, le VTT et le ski [85] . Cela coup plus important dès l’âge de 20 ans dans certaines disciplines
pose de difficiles questions quant à la conduite à tenir (traitement sollicitant préférentiellement les impulsions (saut en hauteur,
fonctionnel ou plus rarement traitement chirurgical d’emblée en gymnastique, sports acrobatiques).
respectant les cartilages de croissance) [86] , cela d’autant plus que
Accidents musculaires
les lésions méniscales sont plus fréquentes comparé à des adultes
jeunes. Ce sont les lésions basses du gastrocnémien médial qui sont les
Chez l’adulte, le traitement lui-même fait encore l’objet de plus fréquentes, observées principalement après 30 ans chez les
discussions : il doit dépendre de l’âge et du niveau de pra- coureurs à pied, mais aussi en sport collectif, et chez les joueurs
tique. Les indications, ainsi que les limites de la chirurgie, de tennis. La cicatrisation est parfois difficile, s’accompagnant
ont été récemment revues par la Haute Autorité de santé de douleurs résiduelles si les temps de cicatrisation n’ont pas été
(HAS) [87] . respectés.
L’instabilité est le symptôme majeur à différencier de la laxité. Syndromes de loge chronique
L’adulte jeune, pratiquant des sports de pivot-contact, et a for- Bien qu’aussi décrits à d’autres segments de membre (en
tiori professionnel, doit à notre avis bénéficier d’un traitement particulier l’avant-bras pour les spécialistes de planche à voile
chirurgical dès que le genou est sec et peu douloureux. Il n’en ou de motocross), ils concernent en premier lieu le segment
est certainement pas de même du sportif occasionnel qui doit jambier (loge antérolatérale et, plus rarement, loge postérieure
d’abord bénéficier d’un traitement conservateur bien conduit ; profonde) [94] . Cette pathologie est rencontrée chez les coureurs
ce qui ne signifie en aucun cas une abstention thérapeutique de fond, les marcheurs, les spécialistes de patin sur roulettes
coupable. principalement. Le mode d’apparition est le plus souvent pro-
Reste un point important à éclaircir, à savoir la lésion méniscale gressif. Le diagnostic doit toujours être confirmé par la mesure
associée. Si certaines atteintes ont un potentiel de cicatrisation des pressions intramusculaires, au repos et après un exer-
indiscutable, il n’apparaît pas logique de poser l’indication d’une cice ayant déclenché la symptomatologie. Le traitement est
ménisectomie sans réparation du pivot central. On sait qu’à chirurgical.
moyen et à long terme les risques d’évolution vers l’arthrose sont
alors beaucoup plus importants. Muscles surnuméraires et faisceaux musculaires accessoires
Devant l’augmentation de la fréquence de ces lésions, Connus depuis très longtemps des anatomistes, ils peuvent, lors
l’indication des orthèses est discutée. D’emblée il faut souligner de la pratique sportive, se révéler sous la forme d’un syndrome
la difficulté à mener des études scientifiquement indiscutables : il douloureux d’effort à type de lourdeur, voire de pseudocrampes,
n’existe pas de preuve du rôle préventif de ces orthèses vis-à-vis du et plus rarement d’un tableau de claudication intermittente. Au

6 EMC - Appareil locomoteur


Lésions chroniques de l’appareil locomoteur chez le sportif  15-920-B-10

segment jambier on reconnaît le soléaire accessoire ; mais d’autres ment chez le footballeur et la danseuse. Le syndrome du carrefour
muscles peuvent être concernés (fibulaires, tibial antérieur, gas- antérieur se manifeste par des douleurs aiguës lors d’un mouve-
trocnémien médial). Au creux poplité il faut rechercher l’existence ment d’hyperextension. Le syndrome postérieur est déclenché par
d’un muscle semimembraneux. des mouvements en flexion plantaire dynamique et correspond à
Le diagnostic clinique est confirmé par l’échographie et surtout un traumatisme du tubercule postérolatéral du talus. Il est sou-
l’IRM comparatives. Le seul traitement efficace, surtout en cas de vent associé chez la danseuse à une tendinite du long fléchisseur
compression neurologique ou vasculaire, consiste au minimum de l’hallux. La radiographie confirmera la lésion mais devra tou-
en une fasciotomie, et, le plus souvent, en l’excision du faisceau jours être interprétée en fonction du tableau clinique. Dans tous
responsable de la pathologie. les cas ces syndromes régressent le plus souvent grâce au repos
sportif associé au traitement anti-inflammatoire et à la kinésithé-
Fractures de fatigue
rapie ; en cas d’échec, on propose un traitement par infiltrations
Elles peuvent intéresser tous les os, en fonction de la discipline, et, beaucoup plus rarement, un traitement chirurgical.
mais avec une plus grande fréquence au segment jambier et sur-
tout au tibia [13] . Ce sont, en premier, les sportifs d’endurance Lésions tendineuses
qui sont touchés. Le diagnostic sera précocement confirmé par Elles concernent tout d’abord l’atteinte des tendons fibu-
l’IRM ou la scintigraphie au technétium 99 m, qui aident à préci- laires [99] , observée dans de nombreuses disciplines sportives. Les
ser la durée de l’arrêt [95] . Il faut toutefois rappeler que les foyers lésions du tibial postérieur, et notamment les ruptures partielles,
d’hyperfixation, en dehors de tout contexte pathologique, sont sont plus rares mais doivent être parfaitement connues. Le tableau
fréquents chez le sportif. clinique peut survenir sur un mode aigu ou subaigu lors d’un
Périostite tibiale mouvement en flexion dorsale et éversion, mais le plus souvent
de façon plus insidieuse. Le diagnostic clinique est confirmé par
Douleur médiane du tiers moyen–tiers inférieur du tibia, elle
l’IRM. Le traitement médical reste très décevant chez le sportif,
correspond à une pathologie d’insertion des muscles fléchis-
même en cas de rupture partielle, et c’est donc le traitement chi-
seurs plantaires. Déclenchée par l’exercice physique, calmée
rurgical qui doit, à notre avis, être recommandé.
par le repos et favorisée par un arrière-pied pronateur, elle
se limite à un tableau douloureux, retrouvé à la palpation.
Le traitement associant la diminution des activités physiques, Pied [100]
les anti-inflammatoires non stéroïdiens et la correction des Atteintes de l’aponévrose plantaire
troubles morphotypiques de l’arrière-pied donne le plus souvent
Elles s’observent dans tous les sports mais principalement dans
d’excellents résultats.
la course à pied et sont favorisées par l’arrière-pied supinateur. Il
Pathologie vasculaire [75] faut différencier la pathologie d’insertion sur le calcanéum (myo-
Elle est fréquemment en relation avec un faisceau surnuméraire aponévrosite plantaire) de la fasciite plantaire elle-même (douleur
ou un trajet anormal du vaisseau. Exceptionnellement, on note en regard de l’arche interne), voire de la rupture de l’aponévrose.
le tableau typique du syndrome du soléaire s’accompagnant de Si le diagnostic est avant tout clinique et le traitement médical,
lourdeurs, voire d’œdème du mollet, déclenché par l’exercice et l’IRM peut être d’une grande utilité avant une éventuelle décision
correspondant à une compression veineuse au niveau de l’arcade. chirurgicale, qui ne sera prise, en tout état de cause, qu’après au
Le syndrome de l’artère poplitée piégée est l’apanage du spor- moins trois mois d’un traitement médical bien conduit.
tif jeune et le tableau est celui d’une claudication intermittente
d’effort. L’examen Doppler artériel dynamique, secondairement Atteintes ostéoligamentaires
complété par une angio-IRM, confirme les diagnostics. Là encore, Elles sont fréquentes mais ne présentent guère de spécificité
le traitement ne peut être que chirurgical, levant l’obstacle anato- diagnostique et thérapeutique.
mique. Entorses des articulations médiotarsiennes et notamment
de Lisfranc. Elles sont rencontrées chez les footballeurs (méca-
Cheville nisme de choc direct, lors d’un shoot contré). Le risque de douleurs
séquellaires est potentiellement très élevé. Le bilan radiogra-
C’est avec le genou l’articulation la plus fréquemment atteinte. phique sera donc systématique, explorant l’interligne articulaire.
Entorse de cheville [96] Ce type de lésion doit être traité comme toute entorse et ne pas être
confondu avec un simple traumatisme banal, sous peine d’une
Il s’agit avant tout des entorses du compartiment latéral, mais
évolution chronique aléatoire.
il ne faut toutefois pas négliger la recherche de lésions plus
Fractures de fatigue. Les sésamoïdes et les métatarsiens
rares (entorses antérieures, médiales, sous-taliennes). L’examen
peuvent être atteints lors de la pratique de la course à pied, de la
clinique et la conduite à tenir sont maintenant parfaitement codi-
danse et des sauts, les os du tarse lors de la course et notamment le
fiés. Ce sont surtout les sports collectifs qui sont concernés : en
sprint pour l’os naviculaire [13] . Pour ce dernier tableau on connaît
tout premier lieu le basket-ball [84] et le volley-ball, mais aussi le
le retard des images radiographiques. Ces fractures de fatigue sont
football, discipline pour laquel le tackle est responsable de nom-
favorisées par des anomalies morphologiques et les synostoses
breuses entorses.
qui seront suspectées par l’examen clinique et confirmées par les
Il faut insister sur la prise en charge du premier accident, la
radiographies et, surtout, le scanner.
récidive faisant le lit de l’instabilité et des lésions associées.
Concernant le rôle des strappings, voire des orthèses dans la pré-
vention des entorses, des études récentes sont en faveur de cette
technique [97] . Par ailleurs, l’effet semble positif sur la récidive, tout
au moins quant à la fréquence. “ Points essentiels
Fausses entorses de cheville
Sous ce terme nous avons regroupé un certain nombre • L’examen clinique est indissociable de la connaissance
de lésions qui devront être systématiquement évoquées dans du geste sportif lui-même.
le cadre du diagnostic différentiel. Si on suspecte un kyste • Les examens complémentaires doivent toujours être jus-
muqueux, une nécrose partielle, une fracture ostéochondrale tifiés et jamais envisagés en première intension.
ou une ostéochondrite, la radiographie standard peut être prise • Le schéma thérapeutique doit tenir compte de l’âge, du
en défaut. La scintigraphie osseuse est un bon examen de
débrouillage à la recherche d’un foyer d’hyperfixation localisé.
sexe et du niveau de pratique.
C’est l’arthroscanner ou, mieux, l’IRM, qui permettent de confir-
• La prévention reste le point essentiel de la prise en
mer le diagnostic [98] . charge, en particulier des pathologies microtraumatiques
Les syndromes du carrefour antérieur ou postérieur (souvent et de surcharge.
associés) représentent une autre étiologie à rechercher notam-

EMC - Appareil locomoteur 7


15-920-B-10  Lésions chroniques de l’appareil locomoteur chez le sportif

Pathologie du premier rayon. La pathologie du premier [21] Kujala UM, Marti P, Kaprio J, Hernelahiti M, Tikkanen H, Sarna
rayon, et, tout particulièrement, de la première métatarsophalan- S. Occurrence of chronic disease in former top-level athletes.
gienne, est favorisée par la frappe de balle et les traumatismes Predominance of benefits, risks or selection effects. Sports Med
directs chez le footballeur. Elle est aussi retrouvée chez les dan- 2003;33:553–61.
seuses, soit sous la forme d’une hypermobilité, soit sous la forme [22] Rochcongar P, Bryand F, Bucher D, Ferret JM, Eberhard D, et al. Étude
d’un hallux rigidus. épidémiologique du risque traumatique des footballeurs français de
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La prise en charge du traumatisme sportif doit être complète. [25] Renstrom P, Ljungqvist A, Arendt E, Beynnon B, Fukubayashi T,
Le diagnostic est avant tout clinique et conforté si besoin par Garret W, et al. Non-contact ACL injuries in female athletes: an inter-
d’autres examens (le plus souvent d’imagerie) réalisés en fonction national Olympic committee current concepts statement. Br J Sports
de la pathologie. Le diagnostic posé, le traitement, le plus sou- Med 2008;42:394–412.
vent médical de première intention doit toujours tenir compte de [26] Rivickas LS. Anatomical factors associated with overuse injuries.
la spécificité du geste sportif ; cela dans le but de corriger les ano- Sports Med 1997;24:132–46.
malies éventuelles (réalisation du geste, matériel, entraînement) [27] Krosshaug T, Andersen TE, Olsen OE, Myklebust G, Bahr R. Research
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P. Rochcongar (pierre.rochcongar@chu-rennes.fr).
Service de médecine du sport, CHU de Pontchaillou, rue Henri-Le-Guilloux, 35033 Rennes cedex 9, France.

Toute référence à cet article doit porter la mention : Rochcongar P. Lésions chroniques de l’appareil locomoteur chez le sportif. EMC - Appareil locomoteur
2014;9(1):1-10 [Article 15-920-B-10].

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