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Chapitre 5

Problèmes d'Instabilité des Pièces Comprimées


- Flambement Simple -

5.1 Généralités
L'étude des phénomènes d'instabilité élastique est particulièrement importante en
construction métallique, car ils sont très fréquents du fait de l'utilisation d'éléments minces et de
grand élancement.
Ces phénomènes d'instabilité affectent les zones comprimées des pièces. Ils peuvent se présenter
sous trois types qui sont:
 le flambement, qui affecte des barres simplement comprimées (flambement simple) ou
comprimées et fléchies (flambement avec flexion) ;
 le déversement, qui affecte les semelles comprimées des pièces fléchies ;
 le voilement, qui affecte les âmes des pièces fléchies.

Le flambement simple
Une pièce est dite soumise à la compression simple lorsque la résultante des forces extérieures
se réduit à une force concentrée de compression appliquée au centre de gravité de la section. Le
flambement est le mode de ruine prépondérant et le plus dangereux des composants comprimés. Il
se traduit par une déformation de flexion brutale du composant à partir d’un niveau donné de
l’effort de compression.

Exemples d'applications Palée de stabilité

a) Poteaux / palées de stabilité


 Les poteaux P1 et P4 sont soumis
à la compression simple due à G et Q.
 Les poteaux P2 et P3 sont soumis
à la compression simple due à G ,Q , E (ouW).
 Les diagonales des palées sont soumises
à des efforts de traction et de compression qui
proviennent des efforts horizontaux E (ou W). P1 P2 P3 P4

b) Les éléments fermes :


Tels que les poutres à treillis ou les éléments (diagonales, montants, membrures sup. et inf.) sont
soumis à des efforts de traction et de compression.

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Chapitre 5 Instabilité des pièces comprimées : flambement simple

Poutre à treillis

5.2 Aspect théorique du flambement simple


Le flambement simple affecte les pièces soumises à la compression simple. Son étude est due
à Euler. Ce dernier a été le premier au XVIIIe siècle à formaliser le problème et à déterminer la
valeur frontière de N qui sépare les deux régimes de comportement du poteau. Cette valeur est
appelée charge critique d’Euler donnée par l’expression :

 2 EI E : module d’Young
N cr  2
avec I : moment d’inertie de l’élément
Lf Lf : longueur de flambement de l’élément

N cr
A la force critique d'Euler Ncr correspond une contrainte critique  cr 
A
A étant la section droite de la poutre, qui s'écrit encore:

2 E I 2 E 2 I
 cr  2
 2i avec i : rayon de giration
Lf A Lf A
Lf 2E
Si  l’élancement   cr 
i 2

 Longueur de flambement Lf :

C'est la longueur (distance) comprise entre deux points d'inflexion de la déformée (points de
moments nuls) ou deux articulations ou un point d'inflexion et une articulation. L'encastrement est
supposé comme miroir.
Pour la détermination de la longueur de flambement, on suppose que la pièce est soumise à un
chargement uniformément réparti.
Eléments isolés

Lf = L0 Lf = 2 L0

L0
L0

Lf = 0,5 L0 Lf = 0,7 L0

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Chapitre 5 Instabilité des pièces comprimées : flambement simple

 Plan de flambement

Le plan de flambement est en fonction d’un paramètre adimensionnel à savoir l’élancement


. On donne :
 L fy  Iy
 y  i y 
L  iy I A
 f   avec i rayon de giration  
i  z  L fz A i  z I
 iz  z A
Si z > y  le plan de flambement est le plan y-y.
C’est l’élancement qui définit le plan de flambement.

Insuffisance dans la théorie d’Euler : Des essais effectués sur des profils réels montrent que le
flambement se produit toujours pour des charges inferieures à la charge critique d’Euler. Ce
résultat s’explique par la présence d’imperfections géométriques et de contraintes résiduelles
résultant du processus de fabrication et de montage.

5.3 Formules de vérification au flambement simple selon l’EC3


Selon l’EUROCODE 3, pour les sections de classe 1, 2 et 3, l’effort de compression NSd doit
rester inferieur ou égal à l’effort résistant NRd. On a :

fy
N Sd  N Rd  .A.
 M1
avec :
 A section transversale de l’élément considéré
 fy limite élastique de l’acier
 M1 coefficient de sécurité égal à 1,1
  coefficient de réduction pour le mode de flambement à considérer.

5.3.1 Classe des profilés usuels en compression simple

a) Sections en I, H ou U
c c
tf
Classe 1 Classe 2 Classe 3
tf
tw Ame : d/tw 33 38 42
tw
d d Semelle : c/tf 9 10 14

235
avec :  
fy
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Chapitre 5 Instabilité des pièces comprimées : flambement simple

h t
b) Sections en cornière t c) Sections tubulaires
d
b
h
 t  15

 b  h   11,5 t h
Classe 1 Classe 2 Classe 3
 2t d/t ≤ 502 d/t ≤ 702 d/t ≤ 902

5.3.2 Coefficient de réduction 

La contrainte critique d’Euler cr est égale à la limite élastique fy pour une valeur particulière de 
dénoté 1. On a :
2E E
fy  ; pour l' acier S235 ( f y  2350 daN/cm 2 )  1    93,9
1
2
fy

En divisant membre à membre la contrainte cr et fy, on obtient le coefficient de réduction


théorique :
2E

  cr  2
2 1
 2
fy  E 
1
2


Où :  désigne l’élancement réduit de l’élément dans le plan de flambement
1
Les différents essais réalisés sous l’égide du CECM (convention Européenne de la Construction
Métallique) pour l’EC3 montrent que la contrainte critique réelle est nettement plus faible que
celle donnée par Euler.
Conformément à l’EC3, le coefficient de réduction  est donné par la formule suivante :

1
 avec 1
2
   2

   S235 : 1  93.9
   E 
avec :  où 1    Acier  S275 : 1  86.8
 
1

 
 2 fy  S355 :   76.4
  0,5 1     0,2    1

 L fy  y
 y   y 
1  y
  min   y ;  z ; 1 
 iy 
et        
   L fz    z  z
 z  z 1
 iz
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Chapitre 5 Instabilité des pièces comprimées : flambement simple

 : facteur d’imperfection donné en fonction de la courbe de flambement par le tableau suivant :

Courbe de flambement a b c d

Facteur d’imperfection  0,21 0,34 0,49 0,76

Selon l’EC3, la courbe de flambement dépend de l’axe de flambement ainsi que les
caractéristiques dimensionnelles des profilés. Son choix est fait selon le tableau ci-après.

Tableau 1 : Choix de la courbe de flambement correspondant à une section

Section Limites Axe de Courbe de


flambement flambement
Sections en I ou H laminées h/b > 1,2 :
z tf  40 mm y–y a
z–z b
y y 40 mm < tf < 100 mm y–y b
h
z–z c
h/b  1,2 :
z tf 100 mm y–y b
b z–z c
tf > 100 mm y–y d
z–z d
Section en I soudées
tf z
tf  40 mm y–y b
z–z c
y y
tf > 40 mm y–y c
z–z d
z
Sections en U , L , T
et sections pleines

Quel qu’il soit c

Sections creuses

Laminées à chaud Quel qu’il soit a

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Chapitre 5 Instabilité des pièces comprimées : flambement simple

Plus rapidement,  peut être obtenu en fonction de l’élancement réduit  , au moyen du tableau
suivant :
Tableau 2 : Valeurs du coefficient de réduction  en fonction de l’élancement réduit 
Valeurs de  pour la courbe de flambement

a b c d
0,2 1,0000 1,0000 1,0000 1,0000
0,3 0,9775 0,9641 0,9491 0,9235
0,4 0,9528 0,9261 0,8973 0,8504
0,5 0,9243 0,8842 0,8430 0,7793
0,6 0,8900 0,8371 0,7854 0,7100
0,7 0,8477 0,7837 0,7247 0,6431
0,8 0,7957 0,7245 0,6622 0,5797
0,9 0,7339 0,6612 0,5998 0,5208
1,0 0,6656 0,5970 0,5399 0,4671
1,1 0,5960 0,5352 0,4842 0,4189
1,2 0,5300 0,4781 0,4338 0,3762
1,3 0,4703 0,4269 0,3888 0,3385
1,4 0,4179 0,3817 0,3492 0,3055
1,5 0,3724 0,3422 0,3145 0,2766
1,6 0,3332 0,3079 0,2842 0,2512
1,7 0,2994 0,2781 0,2577 0,2289
1,8 0,2702 0,2521 0,2345 0,2093
1,9 0,2449 0,2294 0,2141 0,1920
2,0 0,2229 0,2095 0,1962 0,1766
2,1 0,2036 0,1920 0,1803 0,1630
2,2 0,1867 0,1765 0,1662 0,1508
2,3 0,1717 0,1628 0,1537 0,1399
2,4 0,1585 0,1506 0,1425 0,1302
2,5 0,1467 0,1397 0,1325 0,1214
2,6 0,1362 0,1299 0,1234 0,1134
2,7 0,1267 0,1211 0,1153 0,1062
2,8 0,1182 0,1132 0,1079 0,0997
2,9 0,1105 0,1060 0,1012 0,0937
3,0 0,1036 0,0994 0,0951 0,0882

1
0,9
0,8 a Instabilité
b Elastique
0,7 c (Euler)
0,6 d
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0 
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2 1,4 1,6 1,8 2

Figure 1 : Courbes de  en fonction de 


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Chapitre 5 Instabilité des pièces comprimées : flambement simple

5.4 Dimensionnement des pièces soumises au flambement simple


5.4.1 Poteaux : travaillant à la compression simple
 On choisit  = 60  80    0,6  0,8
 On détermine  (d’après la formule ou le tableau © )
 .N
 On calcule A  M1 Sd  on choisit le profilé
.f y
fy
 On vérifie N Sd  .A.
 M1

5.4.2 Les barres de fermes :


 Longueur de flambement :
- Dans le plan de la ferme Lf = 0,9 L0
- Dans le plan perpendiculaire au plan de la ferme Lf = L0

 Elancement limite  lim

L’élément Compression Traction


membrure et diagonale 120 200
prés de l’appui

autres barres 150 350

 Dimensionnement et vérifications
- On choisit  = 80  100    0,8  1
- On détermine  (d’après la formule ou le tableau)
 M1 .N Sd
- On calcule A   on choisit le profilé
.f y

fy
- On vérifie N Sd  .A. et   lim
 M1

5.4.3 Les barres de contreventement :


 Longueur de flambement :
- Dans le plan de la ferme Lf = 0,9 L0
- Dans le plan perpendiculaire au plan de la ferme Lf = L0

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Chapitre 5 Instabilité des pièces comprimées : flambement simple

 Elancement limite  lim

L’élément Compression Traction

 130 350

 Dimensionnement et vérifications
Lf
- On calcule i  on choisi le profilé
 lim
fy Lf
- On vérifie N Sd  .A. et    lim
 M1 i

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