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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’enseignement Supérieur et de La Recherche Scientifique


Université Batna2 Mustafa Ben Boulaid

Faculté des sciences et technologie


Département de mécanique
Mémoire de fin de cycle
En vue de l’obtention du Diplôme de licence
Licence : Énergétique
THÉME

Réalisée par : Encadré par :


BENDJERAD ABD ERRAOUF DR.MADANI HAKIM
BOULEBBINA AYMEN
LEGHDIRE HOUSSEM
GHECHAM ALI
CHAIRA ABDENNACER

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Index :
I. Introduction
II. C’est quoi la biomasse ?
III. Avantages et désavantages
IV. Développement durable
V. Accroitre les rendements
VI. Réduire les pertes
VII. Potentiel de la biomasse
VIII. Diversité des opportunités
IX. Application de la biomasse
X. Changement climatique et qualité de l’air
XI. Analyse du cycle de vie
XII. Ecosystème et biodiversité
XIII. Santé et qualité de vie
XIV. Aménagement du territoire
XV. Economie régionale
XVI. Acceptabilité sociale
XVII. La biomasse : un veste chantier pour la chimie
XVIII. Quelques exemples de biomasses mobilisables
XIX. Conclusion

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I. Introduction :
En abordant la biomasse en tant que matière renouvelable pour l’énergie, un point important
à savoir est que l’enjeu de la biomasse est principalement de fournir de la matière alimentaire
pour la population. Ce point clé est essentiel pour comprendre les évolutions au cours des
âges, et surtout à venir, concernant cette matière première. Il faut de plus noter que le déve-
loppement de l’utilisation de la biomasse comme matière première énergétique dans des
usages diversifiés est récent, et que les thématiques qui y sont liées n’ont pas encore atteint
leur maturité industrielle.

II. C’est quoi la biomasse ?


Le terme biomasse comprend une grande diversité de matières organiques, d’origine végé-
tale ou animale, parfois insoupçonnées. La plupart sont en fin de vie et peuvent être transfor-
mées pour produire de l’électricité, de la chaleur ou du carburant. Il s’agit d’un gisement
d’énergie local, renouvelable et propre. Une exploitation durable et équilibrée des gisements
de biomasse (tout en préservant la durabilité des ressources) contribue considérablement à la
réduction des émissions de gaz à effet de serre et au développement pérenne d’une écono-
mie locale.

III. Avantages et désavantages


1. Avantages :
• Coûts d’investissement de la biomasse forestière relativement faibles et stables.
• Source d’énergie continue, contrairement à l’éolien ou au solaire photovoltaïque.
• Densité énergétique moindre que celle des combustibles fossiles.
• Exploitation à grande échelle coûteuse, en raison de la dispersion de la ressource sur le
territoire.
• Nécessité d’implanter les centrales de cogénération à la biomasse près de la ressource ou
près des lignes de transport d’électricité.
• Complexité de la valorisation de la biomasse urbaine, notamment en raison de la diversité
des déchets. Nécessite des activités de triage, l’utilisation de différentes technologies de
traitement
• Énergie renouvelable
• Disponible toute l’année
• Technologie bien maîtrisée
• Valorisation des déchets

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2. Désavantages :
• Installation à durée limitée (20-30 ans)
• Ressources limitées (s’il y a surexploitation
• La culture à but énergétique est parfois préférée aux objectifs alimentaires
• Le chauffage à bois dégage du CO2 dans l’atmosphère (microparticules)

IV. Développement durable :


Voici les principaux enjeux associés à la production d’électricité à partir de la biomasse
forestière :
• Valorisation de déchets de bois industriels qui autrement seraient enfouis.
• Perte de biodiversité et appauvrissement des sols, si une quantité insuffisante de résidus
de coupe sont laissés sur place
• Émission de contaminants atmosphériques lors de la combustion et du transport de la
biomasse (augmentation du transport routier pour les résidus de coupe).
• Impacts reliés à l’entreposage de la biomasse : lixiviation de contaminants, nuisances vi-
suelle et olfactive.
• Production de résidus ultimes (par exemple, cendres de bois) parfois difficiles à valoriser,
en raison de la présence de métaux.

V. Accroitre les rendements :


Un autre facteur important sur lequel il est possible d’agir est l’accroissement des rende-
ments. La Figure 1 montre l’évolution mondiale de rendements pour différentes cultures sur
les 45 dernières années. La betterave n’est pas reportée sur ce graphique, car cette culture
est spécifique à l’Europe. Elle a pourtant connu une croissance extraordinaire sur les 15-20
dernières années avec un accroissement par 4 de la production, une multiplication par 4 des
rendements, tout en ayant diminué par 4 l’utilisation d’intrants.

Ces éléments factuels démontrent la nécessité de prendre en compte des spécificités locales
et, par conséquent, les solutions tendant vers la transition énergétique passeront effective-
ment par un mix, adapté aux logiques et stratégies territoriales. Il s’agit réellement d’un atout
que de disposer de filières de productions végétales performantes et dans cet exemple la cul-
ture de betterave présente des marges de progrès. La quantité de sucre obtenue par hectare
et par an est supérieure à la production de la canne à sucre, qui demande deux récoltes par
an. La canne à sucre conserve cependant le leadership au niveau mondial. On observe globa-
lement depuis quelques années une stagnation des rendements des productions végétales au
niveau mondial, probablement en raison de certains aléas climatiques survenus ces dernières
années, zone par zone. L’accroissement des rendements est un des grands enjeux pour les se-

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menciers, la recherche et le développement agricole, les producteurs et les organismes agri-
coles. La sélection variétale, la mise en place de nouvelles techniques agronomiques, l’adapta-
tion au changement climatique nécessiteront des efforts considérables dans les prochaines
années.

Figure 1
Augmentation du rendement de production à l’hectare pour une gamme d’aliments de base
et de plantes à fibres, entre 1961 et 2005. Remarque : depuis 2005, on voit une tendance au
tassement. Source : FAOSTAT, 2007

VI. Réduire les pertes :

L’agriculture produit 4 600 kilocalories par être humain et par jour sur la planète. Mais dès la
récolte, des pertes de matières interviennent au niveau de la collecte, du transport et du
stockage, qui contribuent à réduire cette disponibilité énergétique de 600 kilocalories
(Figure 2). La production de protéines
animales (régime carné) consomme environ 1 700 kilocalories sous forme d’aliments végé-
taux et restitue pour l’alimentation humaine de l’ordre de 500 kilocalories. Dans les pays dé-
veloppés, s’ajoute une perte supplémentaire due à la distribution et à la consommation. Le
résultat net est qu’il reste 2 000 kilocalories disponibles sur les 4 600 produites au départ
(Figure 2). On dispose donc d’un potentiel très conséquent d’économie : en récupérant 1 500
kilocalories sur les 2 600 perdues, un grand pas serait fait vers l’amélioration de notre capa-
cité à nourrir la planète.

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Figure 2

Pertes d’énergie, conversions et gaspillages dans la chaîne alimentaire, du champ à nos repas !
Source : Smil (2000). Illustration : Britt-Louise Andersson, SIWI

VII. Potentiel de la biomasse :

En 2009, la biomasse exploitée dans le monde représente une énergie primaire de 27,5 EJ/an
(7 639 TWh/an). Elle sert surtout à produire de la chaleur, mais génère néanmoins 158
TWh/an d’électricité. Le Canada occupe le 7e rang parmi les 20 pays dont la production
d’énergie primaire et d’électricité à partir de la biomasse forestière est la plus élevée dans le
monde. En 2011, au Québec, le potentiel de la biomasse forestière, agroalimentaire et
urbaine est estimé à 19,5 millions de tonnes de matière sèche. Cela équivaut à une énergie
thermique brute de 334 PJ/an (93 TWh/an). Au total, 42 % de cette énergie est déjà mise en
valeur. La biomasse forestière est la catégorie la plus valo risée où seuls les résidus de coupe
recèlent toujours un important potentiel à exploiter. Quant à la biomasse agroalimentaire et
urbaine, elle ne fait pas encore l’objet d’une valorisation énergétique intensive, à l’exception
des huiles de friture

Figure 3 Potentiel d’optimisation des


sols. 500 millions d’hectares (+ 39 %)
sont potentiellement transformables
en cultures, avec une bonne gestion
de l’eau, des fertilisants et une crois-
sance modérée des rendements, tout
en préservant les zones naturelles et
les forêts. Source : Agrimonde (2010),
scénario 1 (système alimentaire et
agricole durable

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Le premier facteur sur lequel on peut agir est l’optimisation de l’occupation des sols. Actuelle-
ment, les cultures, représentées en jaune sur la Figure 3 , n’occupent que 1 513 millions
d’hectares, la majorité des terres arables étant occupée par la forêt et les pâturages.
En préservant les surfaces forestières, on dispose néanmoins d’un potentiel considérable en
pâturages (3 340 millions d’hectares) sur lequel on pourrait prélever d’ici 2050, 500 millions
d’hectares qui seraient transformés en cultures, en intégrant un mode de gestion minimisant
les émissions de gaz à effet de serre

VIII. Diversité des opportunités :

La diversité qui caractérise la biomasse et ses technologies rend les filières des bioénergies
souvent complexes mais renforce leur haut potentiel de développement…

Sur le plan énergétique : complémentarité et stabilité


Grâce à une production stable et son caractère stockable, l’énergie produite à partir de la bio-
masse (dont l’électricité et la chaleur) est complémentaire aux autres sources d’énergie re-
nouvelable intermittentes (comme l’éolien ou le photovoltaïque). Elle occupe dès lors une
place cruciale dans un bouquet énergétique renouvelable permettant d’améliorer notre indé-
pendance énergétique.
Sur le plan environnemental : équilibre naturel et cycle de vie
Nos besoins en énergie sont devenus vitaux, tout comme l’est l’exploitation durable de nos
ressources naturelles. Le développement des bioénergies permet de concilier les deux : une
production énergétique locale via la valorisation de matières organiques recyclables. Une fois
transformées, certaines matières retournent à la terre sous forme de fertilisants. Ceci permet
de diminuer le recours aux engrais de synthèse dont la fabrication est fortement dépendante
des ressources fossiles. C'est le cas notamment de la biométhanisation qui produit, en plus du
biogaz, du digestat qui est utilisé comme fertilisant naturel. Cette technologie présente ainsi
une double valeur ajoutée et constitue un parfait exemple de l’économie circulaire .
Sur le plan socio-économique : nouveaux débouchés et emplois
L’essor des filières dans les bioénergies offre des opportunités de développement à toute une
chaîne d’acteurs économiques locaux. Elle permet notamment la diversification de l’activité
agricole en offrant des alternatives et en réduisant la dépendance par rapport à un seul
secteur (ex. l’agro-alimentaire).
La valorisation du biogaz peut également constituer une source de revenus supplémentaires
pour les agriculteurs ou toute entreprise industrielle, leur assurant de surcroît une plus
grande autonomie énergétique grâce à l’énergie autoproduite.
Une cartographie, réalisée par le cluster Tweed, répertorie ainsi plus de 1.060 emplois dans le
secteur de la biomasse en Wallonie. Grâce au biogaz, de nombreux emplois peuvent être
créés en zones rurales.
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IX. Application de la biomasse :

les performances énergétiques et environnementales des installations industrielles de com-


bustion
Par Christophe PASCUAL, Responsable de programme à CYLERGIE - centre de recherche de
COFELY

Les usages du bois énergie « à dimension industrielle » se développent depuis les années
2000 grâce à des mesures gouvernementales incitatives. De nombreuses installations voient
le jour chaque année notamment pour produire de la chaleur pour des usages de chauffage
ou pour des process industriels. Ces installations ont des tailles très variables mais elles ont en
commun d’avoir un fonctionnement automatique, d’utiliser des combustibles convocables, de
disposer de dispositifs de régulation de la combustion. Ces installations sont performantes,
elles font l’objet de procédures d’exploitation adaptées par un personnel qualifié, ce qui ga-
rantit le maintien de leurs performances dans le temps. Les émissions dans l’atmosphère de
ces chaudières sont maîtrisées grâce à des dispositifs de filtration efficaces. Malgré tout,
quelques voies de progrès subsistent pour améliorer encore leurs performances et répondre

Electricité et cogénération :

Par Etienne LEBAS, Président de COGEBIO

La production électrique à partir de biomasse, encore peu développée en France, se déve-


loppe fortement depuis quelques années chez nos voisins européens. Les technologies utili-
sées actuellement sont pour l’essentiel les turbines à vapeur et les cycles organiques de Ran-
kine (ORC). De nouvelles technologies émergent également pour la cogénération de petite
puissance telles que la gazéification, le moteur Stirling ou encore la turbine à air chaud. Nous
verrons que « petite puissance » ne rime pas forcément avec « faible rendement » et qu’il est
possible de concevoir des systèmes de cogénération performants et non polluants à des puis-
sances inférieures à 500 kWe

Gaz verts : une opportunité pour développer de manière innovante la valorisation de la bio-
masse en énergie

Par Marc PERRIN, Responsable Programme R&D Gazéification Biomasse / Head Manager R&D
Programm Biomass Gasification à GDF

Direction de la Recherche et de l'Innovation / Research and Innovation Division CRIGEN

Une fois gazéifiée, la biomasse lignocellulosique peut être valorisée de différentes manières,
en fonction d'un optimum technico-économique, environnemental et sociétal. Ainsi, si la pro-
duction d'électricité de base et de chaleur à différents niveaux de température est nécessaire,
le gaz de synthèse peut être valorisé dans un moteur. Si les besoins sont ceux d’un procédé

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industriel utilisant le transfert direct de l'enthalpie de gaz de combustion au contact d'un pro-
duit final, le gaz de synthèse peut se substituer à des combustibles fossiles. Si les besoins sont
ceux d'une utilisation dans les équipements existants valorisant le gaz naturel, alors la trans-
formation du gaz de synthèse en biométhane de 2e génération permet de convertir la bio-
masse au plus près de la ressource pour la transporter vers les lieux d'usage final grâce aux
réseaux de gaz existants, de distribution ou de transport. Parmi ces usages, la mobilité du-
rable (biocarburants 2G) n'est pas oubliée par le projet GAYA qui vise à développer une filière
énergétique performante, rentable et écoresponsable, de production de biométhane de deu-
xième génération à partir de ressources lignocellulosiques.

Bioéthanol

Par Frédéric MONOT, Chef du Département Biotechnologies chez IFPEN (IFP Energies nou-
velles)

Pour contribuer à diversifier les sources d'énergie dans les transports – lesquels dépendent à
95 % du pétrole – et réduire les émissions de gaz à effet de serre, les biocarburants offrent un
potentiel intéressant car ils sont directement utilisables dans les moteurs actuels. D'ores et
déjà disponibles, les biocarburants dits de 1ere génération produits à partir de matières pre-
mières agricoles (sucre de la canne et des betteraves, graines des céréales et des oléagineux)
constituent un premier élément de réponse. Mais au-delà d'un certain seuil, leur développe-
ment se heurte à la concurrence avec l'alimentaire.

L'éthanol est le premier biocarburant produit dans le monde, très majoritairement aux Etats
Unis et au Brésil. Pour compléter l'offre actuelle, de nouvelles filières, qui ne sont pas en com-
pétition directe avec les usages alimentaires, se dégagent actuellement. Les biocarburants de
2e générations obtenues à partir de la matière lignocellulosique (résidus de bois, pailles de
céréales, déchets forestiers) apparaissent comme une voie prometteuse.

En utilisant la plante entière et en valorisant l'ensemble des constituants du végétal, l'éthanol


de 2em génération permet d'augmenter les ressources disponibles pour produire un carbu-
rant de type essence à partir de la biomasse. IFP Energies nouvelles travaille depuis plus de 20
ans sur des procédés de production de biocarburants et étudie l'impact de leur utilisation
dans les moteurs et sur l'environnement. Il est un acteur du projet FUTUROL qui vise à pro-
duire demain de l'éthanol à partir de pailles et de bois.

Le biodiesel

Par Julien ROUSSEAU, Responsable Projets Bioénergies chez SOFIPROTEOL

Après un rappel des définitions de 1ère, 2ème et 3ème génération, une attention particulière
sera portée aux EMAG (Esters Méthyliques d’Acides Gras).

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Energie de la biomasse et application : (figure 4)

X. Changement climatique et qualité de l’air :


L’atmosphère. Au contraire, le CO2 produit par la combustion d’énergies fossiles et rejeté
dans l’atmosphère contribue à l’effet de serre, puisqu’il est issu du carbone des matières fos-
siles extraites de l’écorce terrestre. Les émissions atmosphériques font l’objet de règlements
édictés par diverses instances, qui encadrent l’utilisation de la biomasse. Pour le chauffage au
bois par exemple, la Ville de Montréal interdit l’installation d’un foyer ou d’un poêle à bois
non certifiés et consommant d’autres combustibles que les granules de bois, le gaz naturel et
le propane. La Communauté métropolitaine de Montréal, pour sa part, autorise l’usage du
bois vierge seulement.

XI. Analyse du cycle de vie :


Sur la base du cycle de vie, les impacts environnementaux de la filière de la biomasse sont en
général légèrement supérieurs à ceux des autres filières d’énergie renouvelable, mais nette-
ment inférieurs à ceux des filières thermiques à combustibles fossiles. Au final, ils sont
moindres en raison du rendement supérieur de la production combinée de chaleur et d’élec-
tricité et de la valorisation des déchets de bois industriels, qui autrement seraient enfouis.
Rapport complet de la Comparaison des filières de production d’électricité et des bouquets
d’énergie électrique.

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XII. Ecosystème et biodiversité :
La récolte de la biomasse sur les parterres de coupe doit être encadrée afin de permettre le
maintien de la biodiversité et de la productivité des forêts ainsi que la protection des sols fo-
restiers et de la qualité de l’eau.

Les résidus de coupe jouent un rôle important dans les écosystèmes forestiers. Comme de
l’engrais, ils contribuent à l’enrichissement des sols ou à la régularisation de l’acidité. Leur re-
trait à des fins énergétiques pourrait avoir un impact appréciable sur le renouvellement des
peuplements forestiers sensibles, comme le pin gris sur sable grossier.

XIII. Santé et qualité de vie :


La combustion de la biomasse forestière peut nuire à la santé, en raison de la formation de
smog due aux émissions de particules fines dans l’atmosphère. La combustion de la biomasse
urbaine, pour sa part, peut générer des émissions de métaux et autres polluants susceptibles
de nuire aussi à la santé ainsi qu’à l’environnement. L’exploitation locale ou régionale de la
biomasse entraîne une diminution du transport de matière première. Les impacts sur la santé
et sur l’environnement en sont réduits d’autant.

XIV. Aménagement du territoire :


Les activités de valorisation énergétique requièrent la mise en place d’infrastructures qui peu-
vent s’intégrer facilement dans des zones industrielles. Leur présence entraîne tout de même
une augmentation du trafic routier. La valorisation de la biomasse, qui autrement serait en-
fouie, permet d’éviter l’aménagement de nouveaux sites d’enfouissement.

XV. Economie régionale :


La valorisation de la biomasse représente des économies importantes, éliminant la destruc-
tion ou l’enfouissement de quantités de matières résiduelles. L’existence de cette filière sert à
assurer l’approvisionnement en énergie thermique et électrique et à renforcer la sécurité
énergétique. L’énergie supplémentaire vendue à un tiers ou à un distributeur local représente
une nouvelle source de revenu contribuant à la survie à long terme de l’entreprise. Au Qué-
bec, étant donné la dispersion de la ressource sur tout le territoire, les retombées écono-
miques locales sont importantes. L’aménagement d’usines de traitement de la biomasse et de
centrales de cogénération à la biomasse stimule le développement régional. En effet, la mise
sur pied d’une filière de la biomasse favorise la création d’emplois, la formation d’expertises
et le maintien en région d’une main-d’œuvre qualifiée.

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XVI. Acceptabilité sociale :
Divers facteurs favorisent l’acceptabilité sociale des projets de valorisation énergétique de la
biomasse. Par exemple :

• Les effets bénéfiques pour la collectivité de la réduction des déchets et des impacts envi-
ronnementaux associés.
• L’exploitation selon les règles de l’art des usines de traitement de la biomasse et des cen-
trales de cogénération à la biomasse.

XVII. La biomasse : un veste chantier pour la chi-


mie :
Une stratégie consiste à scinder les molécules issues de la nature en monoxyde de carbone et
hydrogène, et de les recombiner pour former des hydrocarbures par une réaction de syn-
thèse dite de type Fischer-Tropsch. Ce procédé est ancien puisqu’il a été développé en 1918
pour valoriser le charbon2 sous forme de carburant liquide.

Le procédé Fischer-Tropsch permet de produire du pétrole brut de synthèse à partir de char-


bon ou de gaz, selon une réaction chimique où du monoxyde de carbone CO et de l’hydro-
gène sont convertis en hydrocarbures CnH2n+2 en présence d’un catalyseur (par exemple à
base de fer, cobalt, ruthénium, etc.) :

(2n + 1)H2 + n CO → CnH2n+2 + nH2O

La transformation de la biomasse par cette voie induit de prendre en compte les caractéris-
tiques de la composition organique et minérale de la matière végétale (présence de silice, de
chlore…). Il sera nécessaire par exemple de trouver des solutions dans le domaine de la cata-
lyse pour développer des technologies permettant à la fois de purifier efficacement le mé-
lange de monoxyde de carbone et d’hydrogène en amont, et de contrôler la réaction de

Fischer-Tropsch ; les catalyseurs actuels ont tendance à vieillir prématurément. Dans l’op-
tique d’atteindre en 2050 les productions de biocarburants précédemment évoquées, l’enjeu
est aussi de soutenir une recherche coûteuse sur ces procédés. On dénombre aujourd’hui
dans le monde davantage de projets qui s’arrêtent, que de projets qui démarrent sur ce sujet
! La chimie, qui suit cette étape, est-elle aussi un vaste chantier de recherche, si la finalité est
de substituer des produits issus de la biomasse au naphta. La Figure 6 en résume à la fois l’in-
térêt et la difficulté. Le pétrole est constitué principalement de carbone, d’hydrogène, et
d’une faible proportion d’autres éléments. La biomasse se compose de carbone, d’hydrogène,
mais aussi d’oxygène et d’azote, dans des ratios variables. Par exemple, le glucose comprend

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autant d’oxygène que de carbone, ce qui induit une approche différente d’une chimie déve-
loppée à partir du charbon ou du pétrole, pour lesquels les transformations demandent d’ap-
porter de l’oxygène

Figure 6 Un vaste chantier attend les chimistes pour remplacer le naphta pétrolier par la
biomasse

Cet apprentissage à « faire des chimies de réduction » devrait viser à revenir aux molécules
usuelles de base, voire à développer d’autres types de molécules et par conséquent à mettre
au point de nouveaux procédés. D’autre part, la question se pose de la nécessité de « décons-
truire » la biomasse dans sa totalité, pour construire à nouveau et réassembler ensuite les
fractions. La biomasse est riche de multiples composants, à extraire et purifier, valorisables
comme ressources directes de matières premières dans des types variés de réactions chi-
miques.

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XVIII. Quelques exemples de biomasses mobili-
sables :
L’eucalyptus au Brésil, l’acacia dans le Sud-Est asiatique sont maintenant des espèces extensi-
vement exploitées.

Figure 7 L’eucalyptus au Brésil. Source : Columbia, Vinicius Casseli, AEBIOM

La culture de canne à sucre, bien connue pour ses divers usages, dispose de résidus végétaux
(feuilles et panicules), non encore utilisés. Le potentiel de ressources est considérable.

Actuellement, on produit 620 millions de tonnes de sucre, et la « bagasse3 » représente un «


réservoir » de 155 millions de tonnes, dont 34 millions de tonnes de feuilles et panicules

Figure 8 La culture de la canne à sucre. Source : Columbia, Vinicius Casseli, AEBIOM 2012

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L’huile de palme est extraite des fruits du palme (Figure 9), dont la production mondiale est
de 155 millions de tonnes. La Malaisie et l’Indonésie en sont les producteurs les plus

Importants. Lorsque le palmier est en phase de croissance, les feuilles sont élaguées (que

L’on appelle les fonds) et, à l’issue de l’exploitation, les troncs sont considérés comme résidus
de culture (coupés tous les 25-26 ans). Cette ressource représente 60 millions de tonnes de
biomasse ligno-cellulosique par an, uniquement pour ces deux pays, et elle est peu valorisée
aujourd’hui. À cela s’ajoutent 32 millions de tonnes de résidus d’exploitation constitués par la
matière cellulosique, après récupération de l’huile.

Figure 9 La Malaisie et l’Indonésie sont les plus gros producteurs d’huile de palm

XIX. Conclusion :
Nous avons de la biomasse, il faut en faire un bon usage pour protéger notre
indépendance alimentaire et assurer notre transition énergétique
La biomasse est, et sera, multi-usage : il est indispensable de réfléchir aux « synergies
d’usage » des productions. Des matières abondantes et très diversifiées sont à gérer. Il
faut amplifier la mobilisation et optimiser la logistique, le prétraitement et la standardisa-
tion (normalisation). Il faut construire des filières durables et consolider les outils de défi-
nition des prix. Des caractéristiques physico-chimiques variées sont à mettre en adéqua-
tion avec les usages. Il faut développer une synergie des initiatives locales et des unités de
grandes capacités énergie/chimie/matériau dans la conception de bioraffineries.

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RÉFÉRENCES :
❖ www. sofiproteol.com
❖ Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Sources d’énergie re-
nouvelable et atténuation du changement climatique. (En ligne). 2011.
http://www.ipcc.ch/pdf/special-reports/ srren/srren_report_fr.pdf. Document con-
sulté le 10 novembre 2014.
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tion du potentiel de la filière des granules combustibles fabriqués à partir de cultures
pérennes. 40 p. et annexes. http://www.agrireseau.qc.ca/energie/documents/Evalua-
tion_ granules.pdf. Document consulté le 10 novembre 2014.
❖ Ministère de l’Énergie et des Ressources du Québec. Prix des produits pétroliers. (En
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prix-petroliers.jsp. Site consulté le 10 novembre 2014.
❖ Observ’ER. Worldwide Electricity Production from Renewable Energy Sources. (En
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taire/Eng/methode.asp. Site consulté le 10 novembre 2014.
❖ Ordre des ingénieurs forestiers du Québec. L’utilisation de la biomasse forestière à des
fins énergétiques au Québec : analyse et constats. (En ligne). 2012.
http://www.oifq.com/pdf/ communiques/2012/rapport-oifq_analyse_constats_bio-
masse_ mars_2012.pdf. Document consulté le 10 novembre 2014.
❖ Parent, B. (En ligne). 2009. Ressources et industries forestières. Portrait statistique –
Édition 2010. Ministère des Ressources naturelles et de la Faune. 498 p.
https://www.mffp.gouv.qc.ca/forets/ connaissances/connaissances-statistiques-ante-
rieures.jsp. Document consulté le 10 novembre 2014.
❖ Ressources naturelles Canada. À propos de l’énergie renouvelable. (En ligne).
http://www.rncan.gc.ca/energie/renouvelableelectricite/7296. Site consulté le 10 no-
vembre 2014
❖ Roche Ingénieurs-conseils. (En ligne). 2008. Étude de préfaisabilité – Chaufferies insti-
tutionnelles à la biomasse forestière. Rapport présenté au Quebec Wood Export Bu-
reau. 102 p. http://www.agrireseau. qc.ca/energie/documents/QWEB-Chauffe-
ries_centrales-Rapport_ final_04-07-20081.pdf. Document consulté le 10 novembre
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❖ The Gaia Project. Electricity Generation: Biomass. (En ligne). 2014. http://www.the-
gaiaproject.ca/wp-content/uploads/2012/08/biomass. pdf. Document consulté le 10
novembre 2014.
❖ www.edora.org
❖ www.captronic.fr
❖ www.uimm.com
❖ www.asprom.com

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