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Le bilan de la Révolution française

Auteur : Jean-Jacques AYME


Catégorie : Sciences humaines

La valeur universelle de la Révolution française n'est pas prête de


s'éteindre.

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PRÉSENTATION

Le bilan ne peut être limité à la France seule :


- La Révolution a une valeur d'exemple universel grâce à la Déclaration
des droits de l'homme et du citoyen d'août 1789.
- Ses idées se sont répandues à une partie de l'Europe par le biais des
guerres et des conquêtes de la Révolution et de l'Empire.

PRÉSENTATION 2
1. L'ÉMANCIPATION DE L'INDIVIDU

Deux principes sont à la base de l'émancipation.


a. L'égalité

L'individu, ou plutôt l'homme, est l'élément de base de la société. L'homme


est un être de raison à l'identique de son semblable.

L'égalité des droits met fin aux privilèges : égalité des droits civils et
égalité devant l'impôt.

Mais cette égalité juridique ne concerne pas le plan politique. Le suffrage


universel n'est pas réellement à l'ordre du jour.

L'aspect social n'est pas davantage pris en compte. Dans les campagnes,
faute de moyens, très peu de paysans ont acheté des terres car la vente des
biens nationaux ne peut s'assimiler à une « loi agraire » de redistribution.
Les charges paysannes ont simplement été allégées, ce qui est tout de
même un progrès notable.
b. La liberté

La liberté est acquise dès 1789, en principe sous toutes ses formes, liberté
d'opinion et liberté religieuse.

La liberté est limitée à partir de la Terreur au nom d'impératifs divers.

Un accent particulier doit être mis sur la liberté économique, symbole de


l'individualisme bourgeois refusant de reconnaître des droits collectifs :
- abolition des corporations (mai 1791) ;
- loi Le Chapelier interdisant les coalitions ouvrières (juin 1791) ;
- liberté commerciale et liberté d'entreprise.

1. L'ÉMANCIPATION DE L'INDIVIDU 3
Le bilan de la Révolution française

c. Conséquences

La société et l'économie sont libérées des contraintes juridiques d'Ancien


Régime. Le libéralisme économique triomphe et permet d'ouvrir la porte
de la concurrence.

Cette libération crée les conditions économiques et sociales du


développement du capitalisme. Elle consolide la bourgeoisie qui a inspiré
le coup d'État de brumaire.

1. L'ÉMANCIPATION DE L'INDIVIDU 4
2. UNE NOUVELLE CONCEPTION DE
L'ÉTAT

La Révolution met fin à la conception d'Ancien Régime où la souveraineté


résidait dans le prince, où l'État s'identifiait au souverain. Le devoir des
sujets était un acte de foi envers le souverain à qui on devait la loyauté.
a. La souveraineté de la Nation

La Nation est considérée comme formée volontairement par tous les


citoyens, la « Fédération » qui est seule à posséder la souveraineté.

Le roi, qui subsiste pour un temps, est le mandataire de la Nation. Il est


responsable devant elle (voir le jugement de Louis XVI).

La Nation prend le sens d'intérêt général.


b. Un organisme plus simple et plus efficace

Les représentants du peuple ont légiféré pour une reconstruction


rationnelle de l'État. Le cadre est fixé par la Constituante. La centralisation
reprend ses droits à partir de la guerre, renforcée pour finir par le
bonapartisme.

Les principales dispositions sont : la création des départements, la


pyramide des tribunaux, l'indépendance de la magistrature, l'institution des
jurys, l'armée avec le service militaire obligatoire, les principes pour un
enseignement plus régulier.

2. UNE NOUVELLE CONCEPTION DE L'ÉTAT 5


3. UNE CONCEPTION NOUVELLE : LE
PATRIOTISME

Dans une monarchie comme la France, le patriotisme s'identifie au


loyalisme envers le roi.

Les souverains sont seuls responsables de la politique internationale qui


prend souvent la forme de querelles dynastiques. La masse n'est concernée
qu'en tant qu'objet.

Or, de l'idée de nation découle l'idée du « droit des peuples à disposer


d'eux-mêmes ».

a. La défense nationale

Avec la Révolution, une menace d'invasion équivaut à une atteinte à la


souveraineté, à la vie, aux biens.

Chaque citoyen est concerné. L'idéal patriotique se fond avec l'idéal


révolutionnaire. Le mouvement est fort à l'automne 1793 : « La patrie en
danger ! ».

Les chants patriotiques galvanisent les énergies : La Marseillaise, Le


Chant du départ.
b. L'expansion

Dans la guerre patriotique, le message révolutionnaire se veut


universel : « Paix aux chaumières ! Guerre aux tyrans ! ».

La première phase est plutôt pacifique, ou tout du moins défensive. Mais

3. UNE CONCEPTION NOUVELLE : LE PATRI... 6


Le bilan de la Révolution française

au nom du « droit des peuples », de guerres de « libération », les armées


révolutionnaires s'emparent de territoires. La Rhénanie et la Belgique sont
« révolutionnées ».

Le mouvement prend une ampleur démesurée avec les guerres


napoléoniennes. On passe du messianisme à l'impérialisme. La guerre
nourrit les finances. La théorie de la « Grande Nation » et des « frontières
naturelles » couvre en fait une hégémonie sur le continent au profit de la
France.

3. UNE CONCEPTION NOUVELLE : LE PATRI... 7


CONCLUSION

Le principe d'égalité apparaît comme le problème fondamental, pour le


monde contemporain : égalité des droits au sein de chaque nation et entre
les nations elles-mêmes. En ce sens, la valeur universelle de la Révolution
n'est pas prête de s'éteindre.

CONCLUSION 8
PDF version Ebook ILV 1.4 (avril 2014)