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COURS DE DROIT ET MECANISME DE CREDIT

MASTER I /ECOPO
CREDIT : 45 heures
Enseigné par Monsieur Joseph TSHIBASU PANDAMADI
Docteur en Droit
Professeur des Universités et Président à la Cour à la Cour d’appel

PLAN DU COURS

I INTRODUCTION

1. Définition des concepts


A Droit
B mécanisme
C crédit
2. Importance du cours
3. Objet du cours
4. Les sources du droit et mécanisme de crédit
-l’acte uniforme portant organisation des procédures simplifiées de
recouvrement et des voies d’exécution ( AUPSRVE en sigle)
- l’acte uniforme portant organisation des sûretés (AUS en sigle)
- l’acte uniforme portant procédures collectives et apurement du passif
(AUPCAP en sigle)
- les lois nationales (code civil livre III)
Chapitre 1 Le crédit
Section 1 la nature et l’importance du crédit
Section 2 les instruments de paiement et les instruments de crédit
§1 La monnaie scripturale et fiduciaire
§2 La lettre de change
§3 Le billet à ordre
§4 La carte de crédit
Section 3 les droits et obligations des parties au contrat de prêt
§1 les obligations et les droits du créancier
§2 les obligations et les droits du débiteur

Section 4 les garanties en vue de l’octroi du crédit


§1 les garanties personnelles
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§2 les garanties réelles (gage , hypothèque, nantissement)


Section 5 les mécanismes de recouvrement de créance
§1 injonction de payer, de délivrer ou de restituer
§2 le paiement volontaire ( paiement au comptant, compensation,
cession de créance)
§3 Le paiement forcé (les saisies, le droit de rétention)
§4 L’action oblique (subrogatoire)
§5 l’action paulienne (révocatoire)
Chapitre 2 Aperçu sur les institutions financières
Section 1 Les banques centrales
Section 2 les banques commerciales
Section 3 les institutions financières internationales ( BAD, BIRD, FMI)
Chapitre 3 la particularité du crédit bancaire
Section 1 condition d’octroi
Section 2 intérêt bancaire
Section 3 mécanisme de recouvrement
Chapitre 4 le règlement du contentieux en matière de crédit
Section 1 règlement amiable
§1 règlement amiable
§2 conciliation de comptes
§3 compensation
§4 paiement volontaire de la dette
Section 2 Règlement juridictionnel
§1 la saisie conservatoire
§2 la saisie mobilière
§3 la saisie immobilière
§4 la vente publique aux enchères
Conclusion
BIBLIOGRAPHIE
www. Ohada.com
Alain COMLAN, Traité de droit commercial congolais, tome I, Kinshasa, NEA, 1996.

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ASSI ESSO Anne Marie, Recouvrement des créances, Bruxelles, Juriscope&Bruylant,


2002.
ASSOGBANI KOMLAN, Les procédures collectives d’apurement du passif,
Code pratique OHADA, Traité, Actes uniformes et règlements annotés, Paris, Francis
Lefebvre, 2014
Frederic MISHKIN, Monnaie, banque et marché financier, Paris, Nouveaux horizons,
2010
Guyon Y, Droit des affaires, Paris , Economica, 2003
Jacques AZEMA et allis, Dictionnaire de droit des affaires, Paris, Ellipses, 2007.
Léon CASTELAIN, Eléments de droit commercial, 7éd., De Boeck, Bruxelles, 1964.
LUKOMBE NGHENDA, Le règlement du contentieux commercial, tome I, PFDUC,
Kinshasa, 2005.
MUGANZA MUYUMBA, La pratique des saisies dans l’espace OHADA, Kinshasa, COK,
2014.
TCHANTCHOU Henri, « le contentieux de l’exécution des saisies dans le nouveau droit
OHADA, Juris Périodique n°46 avril- mai –juin 2000.
Roger MASAMBA MAKELA, Droit des affaires, Kinshasa, Cadicec, 1996.
Victor KALUNGA TSHIKALA , Droit des affaires, Lubumbashi, Cresa, 2013.
Victor KALUNGA TSHIKALA, L’essentiel du Droit OHADA des sociétés, Club OHADA,
2014.

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INTRODUCTION

Définition des concepts


A. Droit
Le droit est un concept qu’il faut appréhender au sens objectif d’une part et au sens
subjectif d’autre part.
Au sens objectif, ce concept s’écrit par un D majuscule. Le droit est l’ensemble des règles
régissant les rapports des personnes vivant dans une société (Etat, organisation,
international).
Il signifie aussi les différentes matières qui sont régies par des règles spécialisés faisant
l’objet d’une étude scientifique.
Dans ce cadre, le droit est subdivisé d’une part en droit national (droit positif) et d’autre
part en droit international.
Il est aussi subdivisé en droit privé et en droit public.
Au sens subjectif, ce concept s’écrit avec un d minuscule. Il est l’ensemble des
prérogatives individuelles reconnues et sanctionnées par le droit objectif qui permet à son
titulaire de faire, d’exiger ou d’interdire quelque chose dans son propre intérêt ou, parfois,
dans l’intérêt d’autrui. Exemple : le droit de propriété, le droit de créance, le droit au
mariage…

B. Mécanisme

Ce concept signifie dans le cas d’espèce le mode de fonctionnement, le processus


ou l’ensemble des formalités destinées à atteindre un objectif bien déterminé en
l’occurrence l’octroi d’un crédit ou le recouvrement d’une créance.

C. Crédit

Ce concept a trois sens fondamentaux qui cadrent avec ce cours.


- Crédit signifie de prime abord la confiance qu’une personne inspire sur sa
solvabilité (avoir du crédit).
- Crédit signifie enfin les moyens de sûretés, les garanties offertes par le
débiteur afin d’obtenir du crédit ( caution, nantissement, hypothèque…).
- Crédit signifie enfin l’opération par laquelle une personne ( généralement un
banquier) met ou fait mettre une somme d’argent à la disposition d’une autre
personne en raison de la confiance qu’elle lui fait. Exemple : ouverture de
crédit, lettre de crédit, crédit confirmé.
LES SOURCES du Droit et mécanisme de crédit
1. Les sources du droit et mécanisme de crédit

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A. La loi
-l’acte uniforme portant organisation des procédures simplifiées de
recouvrement et des voies d’exécution ( AUPSRVE en sigle)
- l’acte uniforme portant organisation des sûretés (AUS en sigle)
- l’acte uniforme portant procédures collectives et apurement du passif
(AUPCAP en sigle).
- les lois nationales ( code civil livre III relatif aux obligations et aux contrats)
- les instructions de la Banque centrale du Congo
B. La jurisprudence
- la jurisprudence est l’ensemble des décisions juridictionnelles qui font autorité
en vertu de leur pertinence et de leur constance.
Elle émane des juridictions nationales et de la cour de justice et d’arbitrage.
C La doctrine
C’est l’ensemble des publications scientifiques (ouvrages, articles) émanent des
juristes de grande renommée (praticien ou chercheur).
OBJECTIF DU COURS
Ce cours vise à faire acquérir aux étudiants les notions essentielles et pratiques sur le
crédit et sa réglementation aussi bien par les lois nationales que par les actes uniformes
de l’OHADA.
Au terme de ce cours, l’étudiant doit être à mesure de connaitre:
1- La portée et l’importance du crédit ;
2- La particularité du crédit bancaire ;
3- Le règlement du contentieux en matière de recouvrement de créance.

METHODOLOGIE
Par une méthode expositive et interactive assortie des cas pratiques nous essayerons
d’atteindre les objectifs sus décrits.

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COURS DE DROIT ET MECANISME DE CREDIT (SCHEMA)

CAUTIONNEMENT
GARANTIE OU
CONTRE GARANTIE
AUTONOME  COMPENSATION
GARANTIE (SURETE)
PERSONNELLE  PAIEMENT VOLONTAIRE
REGLEMENT A  OFFRE REELLE
L’AMIABLE
 EFFACEMENT DE LA DE
 DATION EN PAIEMENT
PAIEMENT
CREANCE DE LA
DETTE
 DROIT DE RETENTION
 INJONCTION A PAYER
 SAISIE MOBILIERE
REGLEMENT FORCE
 SAISIE IMMOBILIERE
 VENTE PUBLIQUE AUX
GARANTIE (SURETE)
REELLE  GAGE ENCHERES
 NANTISSEMENT
 HYPOTHEQUE

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Chapitre I. LE CREDIT

Le crédit est un facteur important pour l’entreprenariat et la croissance


économique et financière. Il est important d’analyser respectivement les instruments de
paiement et de crédit (section 1), la nature et l’importance du crédit (section 2) les droits
et les obligations des parties au contrat de prêt (section 3), les garanties en vue de
l’octroi du crédit (section 4), et les mécanismes de recouvrement de crédit (section5).

SECTION 1. LES INSTRUMENTS DE PAIEMENT ET DE CRÉDIT

Nous examinerons à priori les instruments de paiement (sous-section 1), avant


de nous appesantir sur les instruments de crédit (sous-section 2).

Sous-section 1. Les instruments de paiement

Il s’agit de signe ou objet dont se sert le débiteur pour se libérer de son obligation
à l’égard du créancier. L’instrument par excellence de paiement c’est la monnaie.

§ 1 La monnaie

La monnaie est un instrument légal de paiement pouvant avoir, suivant les systèmes
monétaires une base métallique ou une base de papier (monnaie fiduciaire).

La monnaie métallique est constituée des pièces frappées par un Etat dans un
métal choisi(en général nickel ou cuivre) et adoptées comme unité de valeur.

La monnaie de papier ou billet de banque c’est celle qui est constituée en billet
de banque convertible en monnaie métallique.

La banque centrale dans chaque pays joue le rôle délicat et exclusif de fabriquer
la monnaie fiduciaire et elle intervient en sa qualité de conseillère du gouvernement
habilitée à donner des avis et considérations en matière monétaire et financière pour
aider l’aider dans sa mission de diriger le secteur économique et financier.

La monnaie fiduciaire est un symbole de la souveraineté nationale et il est


impérieux à ce que son émission, sa gestion et son utilisation puissent se faire dans le
respect de la loi et des principes de gestion monétaire et financière.

La monnaie scripturale est par contre un moyen de paiement constitué par les
dépôts à vue dans les banques. Il s’agit des chèques ou des cartes de paiement.
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1. le chèque : est défini comme un écrit par lequel le tireur donne au tiré (lequel
doit être une banque ou un établissement de crédit déterminé par la loi) l’ordre de payer
une somme déterminée soit à lui-même (chèque de retrait) soit au bénéficiaire désigné
ou à son ordre (chèque de paiement).

Il existe plusieurs espèces de chèque dont notamment le chèque au porteur, le


chèque barré ; le chèque circulaire et le chèque de voyage.

- Le chèque au porteur : est celui qui porte la mention « au porteur ». Il est


payable à celui qui détient le titre et se transmet par tradition.
- Le chèque barré : est celui sur lequel ont été apposé deux barres parallèles
et qui ne peut être payé qu’à la personne mentionnée entre les deux
barres (barrement spécial) ou encore en l’absence de mention, à un
banquier, un établissement assimilé, ou un client du tiré.
- Le chèque de voyage : est un écrit connu également sous l’appellation
anglaise traveller’s chèque, rédigé sous une forme variable qui donne au
bénéficiaire le droit d’obtenir le paiement de la somme indiquée de l’une
quelconque des agences de l’établissement émetteur ou de ses
correspondants.

L’émission d’un chèque sans provision est une infraction punissable par la loi
d’une peine de 5 ans à 20 ans de servitude pénale et d’une amende de 60.000 à 300.000
francs congolais.

2. La carte de paiement (ou carte accréditive)


C’est le document délivré par un établissement dit émetteur, généralement une
banque, à son client appelé adhérant, et permettant à ce dernier de faire payer ses
dépenses par débit de son compte bancaire en fin de mois (l’établissement émetteur
garantissant le paiement des factures établies avec utilisation de la carte jusqu’à
concurrence d’un montant déterminé.)

Actuellement avec le progrès de la technologie, la carte de paiement est sous


forme électronique et elle comporte une carte à puce contenant tous les renseignements
concernant le propriétairedu compte bancaire.

3. Le Bit coin ou monnaie électronique


Etymologiquement bit est l’unité d’information binaire et coin signifie pièce de monnaie.

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Il s’agit de la cryptomonnaie qui a vu le jour avec le développement de l’informatique et


des nouvelles technologies de l’information et de la communication.
L’idée fut présentée pour la première fois en novembre 2008 par une personne ou un
groupe de personne, sous le pseudonyme de SATOSHI NAKAMOTO.
Le G20 considère que le Bit coin est un crypto-actif dans la mesure où il comprend des
actifs virtuels stockés sur un support électronique permettant à une communauté
d’utilisateurs qui les acceptent en paiement de réaliser des transactions sans avoir à
recourir à la monnaie légale.

Sous-section 2. Les instruments du crédit

L’instrument de crédit est un titre négociable dont la mobilisation permet le


renforcement du fournisseur de crédit.

Les instruments de crédit recouvrent principalement les effets de commerce.


L’opération de crédit est tout acte par lequel une personne agissant à titre onéreux met
ou promet de mettre des fonds à la disposition d’une autre personne ou prend dans
l’intérêt de celle-ci un engagement par signature tel qu’un aval, un cautionnement ou une
garantie. Les instruments de crédit sont constitués des effets de commerce

Les effets de commerces sont définis comme des titres négociables constatant
au profit du porteur l’existence d’une créance à court terme et servant à son paiement.

Les effets de commerce sont ainsi des substituts de monnaie et constituent en en


même temps des titres de crédit.

Les effets de commerce classique sont :

 La lettre de change et
 Le billet à ordre

a. La lettre de change : (encore appelé traité dans la pratique des affaires) est un écrit par
lequel la personne appelée le tireur invite une deuxième personne, le tiré, à payer une
troisième, le bénéficiaire ou porteur ou à l’ordre de cette dernière une somme d’argent à
une échéance en général assez proche (le tireur en tant que signataire est responsable
de la création étant ténu de la payer si le tiré ne le fait pas. 1

1
Gérard CORNU, Vocabulaire Juridique, PUF, Paris, 2002, p. 520

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La lettre de change impose le respect de la mention obligatoire et permet


l’insertion de la mention facultative pourtant elle doit être écrite. Cet écrit peut
théoriquement prendre la forme d’un acte sous seing privé ou d’un acte authentique ;
cette dernière modalité ne se rencontre jamais.2

Les nouvelles technologies n’ont pour l’heure pas totalement dématérialisé la lettre de
change. L’indication de l’échéance s’impose. Cette échéance est consubstantielle avec la
notion de la lettre de change en tant qu’instrument de crédit, elle est nécessairement
soumise à un terme.

Les modalités de fixation de l’échéance de la lettre de change peuvent varier :

L’effet peut être tiré à vue à un certain délai de vue, de la date ou à jour fixe.3 La garantie
de la lettre de change peut-être réaliser suivant les instruments ordinaires du droit des
sûreté ou gage de marchandises ou encore hypothétique, plus spécifiquement chaque
signature porter sur une lettre de change constitue une forme de garantie 4

b. Le billet à ordre : est un écrit par lequel une personne (souscripteur s’oblige à payer à
court terme ou à vue une somme déterminée au bénéficiaire désigné ou à son ordre. 5

Le billet à ordre se distingue de la lettre de change par sa souplesse, sa structure


est plus simple et ne requiert pas de provision. Il nécessite néanmoins une valeur fournie
au profit du bénéficiaire.

Le billet à ordre est moins utilisé encore que la lettre de change. Tout au plus est-
il parfois utilisé en cas de vente à crédit de fonds de commerce ou dans le cadre
d’opération de mobilisation de crédits bancaires,

Le billet à ordre est nécessairement écrit. Cetécrit est le plus souvent un acte
sous seing privé ; il peut toutefois s’agir d’acte authentique, en particulier lorsque le billet
à ordre a pour finalité’ la garantie d’une vente de fonds de commerce.6

C. Le warrant : C’est le nom donné à diverses sûretés mobilières dont les unes
relèvent du gage pur (warrant sur marchandises) avec dépossession du débiteur au profit
d’un tiers convenu (en l’espèce, les magasins généraux) et les autres constituent des

2
Dimitri HOUTCIEFF, Droit commercial, Paris, Armand colin, 2005, p. 404
3
Dimitri HOUTCIEFF, op. cit, p. 4
4
Dimitri HOUTCIEFF, op. cit, p. 429
5
Gérard CORNU, op. cit, p.11
6
Dimitri HOUTCIEFF, op cit, p 448

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gages sans dépossession (warrant agricole, hôteliers, pétrole, industriel, nantissement


sur film cinematographique). 7

Le warrant est une forme particulière de billets à ordre dont le paiement est
garanti par un gage : le souscripteur affecte au créancier des marchandises qu’il
conserve ou dépose dans des magasins généraux

On peut distinguer deux grands types de warrants les warrants des magasins
généraux et les warrants sans dépossession 8

1. warrant des magasins généraux


Les magasins généraux sont des entrepôts où les commerçants déposent des
marchandises dont ils n’ont pas une utilité immédiate. Au moment du dépôt, le
commerçant reçoit un récépissé warrant représentant la marchandise entreposée.

Le récépissé Warrant n’est pas un effet de commerce mais un titre séparable. Le


récépissé permet la récupération de la marchandise dont il constate le dépôt.

Le warrant constitue un billet à ordre assorti du bulletin de gage. Le possesseur


du warrant s’engage à payer la créance garantie par celui-ci ou à la laisser payer sur le
prix de vente de marchandise.

2. Warrants sans dépossession


Ces warrants sont des gages sans dépossession ; cette dernière y est remplacée
par une mesure de publicité, permettant d’informer le tiers de l’affectation de la valeur de
biens à tiers.

Quatre warrants sans dépossession peuvent être rapidement évoqués : le


warrant industriel, le warrant Agricole, le warrant Hôtelier et le warrant pétrolier.

 Le warrant Industriel : permet aux industriels et aux artisans dès lors qu’ils
sont titulaires d’une lettre d’agrément établie par plusieurs ministères et
recensant les biens susceptibles d’être mis en gage, d’utiliser ces produits
stockés en tant que garantie affectée à leurs créanciers.
 Le warrant agricole : permet à l’agriculteur de garantir un emprunt grâce
aux produits de son exploitation y compris les animaux et le sel marin, le

7
Gerard CORNU, op cit , p 931
8
Dimitri HOUTCIEFF, op cit , p 453

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matériel affecté à l’exploitation agricole ainsi que les récoltes pendant par
les racines et les fruits non encore recueillis.
 Le warrant hôtelier : est bâti sur le modèle du warrant agricole ; il permet à
l’hôtelier de garantir un emprunt sur le matériel dont il est propriétaire tout
en conservant son usage. En pratique le warrant hôtelier est moins utilisé :
le nantissement de fonds de commerce lui est largement préféré.
Le warrant hôtelier est assis sur des stocks de pétrole : ces biens étant
fongibles, la compagnie peut librement en disposer,

Librement en disposer à condition de maintenir ses stocks à un niveau qui est


prévu par le warrant. Si les stocks diminuent de plus de 10%, les créanciers peuvent
mettre en demeure le débiteur de constituer les stocks pour atteindre une valeur
suffisante, ou demander le remboursement immédiat des dettes. En pratique, ce warrant
est à peu près tombé en désuétude.9

SECTION 2 : LA NATURE ET L’IMPORTANCE DU CREDIT

Il est importe d’examiner la nature du crédit (§1) avant de relever son importance (§2).
§ 1 La nature du crédit
Le crédit vu sous l’angle de la confiance qu’une personne inspire sur sa solvabilité a
essentiellement deux natures : le crédit mobilier et le crédit immobilier.
A. Le crédit mobilier

Le crédit mobilier est celui qui découle des biens meubles qui sont susceptibles de
garantir la solvabilité d’un débiteur.
Un bien meuble est toute chose matérielle qui peut être déplacée. Ex : meubles
meublants, animaux, véhicules, montres, bijoux, appareils électro-menager…
Il convient de signaler qu’il existe aussi des biens meubles corporels comme
l’illustration ci-dessus et de biens meubles incorporels comme le compte bancaire,
les actions ou les parts sociales d’un fondateur d’une société commerciale, le droit
d’auteur, le brevet d’invention…

B. Le crédit immobilier

Le crédit immobilier est celui qui découle des biens immeubles qui sont
susceptibles également de garantir la solvabilité d’une personne.
Un bien immeuble est celui qui, par nature ne peut être déplacé du sol. Exemple :
le terrain, une mine.

9
Dimitri HOUCIEFF, op cit, p. 456

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Toutefois, il existe aussi des biens immeubles par incorporation comme le cas des
bâtiments ou des maisons.
Il convient de signaler que les biens immeubles ont en général une valeur vénale
supérieure à celle des biens meubles.
§2 Importance du crédit
Le crédit est important sur le plan individuel, et sur le plan sociétal.
En effet, le fait de disposer d’un crédit, ou d’avoir la faciliter d’en obtenir permet à son
titulaire de satisfaire ses besoins économiques, et de financer ses projets
d’investissement.
Celui qui est solvable peut emprunter de l’argent facilement par rapport à celui qui en est
dépourvu.
Toutefois, il faut que l’Etat et d’autres institutions financières nationales ou internationales
puissent faciliter l’accès au crédit bancaire aux start up (aux entreprises naissantes et
prometteuses) en vue de promouvoir la création des richesses et de l’emploi à travers les
petites et moyennes entreprises.
Celui qui veut obtenir un crédit doit en principe présenter certaines garanties qu’i importe
d’analyser.

SECTION 3. LES GARANTIES EN VUE DE L’OCTROI DU CREDIT

L’octroi du crédit nécessite dans le chef du créancier certaines garanties en vue


du remboursement de ce qui lui est dû.

Les garanties en vue de remboursement du crédit sont connues sous la


dénomination des sûretés. Le droit OHADA a réglementé les sûretés au travers de l’acte
uniforme du 15 décembre 2010

§ 1. Les garanties (sûretés personnelles)

Elles consistent dans l’engagement d’une personne de répondre de l’obligation


du débiteur principal en cas de défaillance de celui-ci ou à première demande du
bénéficiaire de la garantie.

Les sûretés personnelles englobent désormais les cautionnements et la garantie


autonome.

L’agent des sûretés est une innovation fondamentale du nouvel acte uniforme. Il
s’agit d’un professionnel de la gestion des sûretés d’autrui, de leur constitution à leur
dénouement.

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Compte tenu des exigences de sa mission, cette profession ne peut être exercé
que par une institution financière ou un établissement de crédit.

a. Le cautionnement
Le cautionnement est un contrat par lequel la caution s’engage envers le
créancier qui l’accepte, à exécuter une obligation présente ou future contractée par le
débiteur si celui-ci n’y satisfait pas lui-même. Cet engagement peut être contracté sous
ordre du débiteur.

Le cautionnement ne présume pas quelle que soit la nature de l’obligation


garantie. Elle se prouve par un acte comportant la signature de la caution et du créancier
ainsi que la mention écrite de la main de la caution, en toutes lettres et en chiffres, de la
somme maximale garantie couvrant le principal, les intérêts et autres accessoires. En cas
de différence, le cautionnement vaut pour la somme exprimée en lettre.

La caution qui ne sait, ou ne peut pas écrire doit se faire assister par deux
témoins qui certifient dans l’acte de cautionnement, son identité et sa présence et
attestent en autres que la nature et les effets de l’acte lui ont été précisés. La présence
de deux témoins certificateurs dispense la caution de l’accomplissement des formalités
prévues par l’alinéa précédent.

Le débiteur qui ne peut trouver une caution pourra la remplacer par toute sûreté
réelle donnant les mêmes garanties en créance.

En cas d’insolvabilité de la caution, doit en fournir une autre ou fournir une sûreté
réelle donnant les mêmes garanties au créancier.

SECTION 4. LE CONTRAT DE PRÊT

Notion générale

§1 le crédit découle essentiellement du contrat de prêt

Le contrat de prêt est de trois sortes. Le prêt à usage (ou commodat) le prêt de
consommation (ou simple prêt) et le prêt à intérêt.

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A. Le prêt de consommation ou simple prêt


C’est le prêt onéreux ou gratuit (avec ou sans intérêtsportant sur une somme
d’argent ou une certaine quantité des choses qui ses consomment par usage(céréales)
en charge pour l’emprunteur d’en rendre autant au préteur de même espèces et qualité.

Dans l’économie de substance, cette sorte de prêt est en grande partie conclue
entre les parties. Il en était de même dans les sociétés antiques avant l’avènement de la
monnaie (du troc).

B. Le prêt à usage ou commodat


C’est le prêt essentiellement gratuit partant sur un corps, certain que l’emprunteur
doit restituer en nature après s’en être servi au préteur.

Un corps certain est une chose déterminée, spécifié, individuelle. Ce contrat est
parfois assimilé au contrat de louage des choses. Au terme duquel une de partie appelée
« bailleur » s’obligent moyennant un loyer à faire jouir l’autre partie appelé « locataire »
une chose immobilière ou mobilière pendant un certain temps.

C. le prêt à intérêt
Met à la disposition de l’emprunteur une somme d’argent, à charge pour ce
dernier de le rembourser moyennant le paiement d’intérêt à l’échéance convenue

§2.Les droits et obligations des parties au contrat de prêt.

A. les obligations et les droits du préteur(créancier)


Le préteur a pour obligation de mettre une somme d’argent ou une chose bien
déterminée à la disposition de l’emprunteur.

Le droit du préteur consiste à exiger le remboursement de la somme d’argent


prêtée ou la restitution de la chose remise à l’échéance convenue moyennant paiement
d’un intérêt ou sans aucun paiement d’intérêt.

B. les obligations et les droits de l’emprunteur


L’emprunteur a pour obligation de rembourser la somme d’argent ou la chose qui
lui a été remise et au paiement d’un intérêt conformément à la clause du contrat conclu
entre partie.

Le droit de l’emprunteur est l’obtention de la somme d’argent ou de la chose de la


part du préteur dans les conditions fixées par les parties.

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SECTION 5. LES GARANTIES EN VUE DE L’OCTROI DU CRÉDIT

Le préteur à qui incombe l’obligation d’octroyer le crédit, a le droit d’être rassuré


quant à la solvabilité de l’emprunteur.

L’emprunteur doit présenter une garantie ou une sûreté au préteur pour que ce
dernier puisse être rassuré d’obtenir le remboursement de la somme d’argent prêté ou la
restitution de la chose prêtée.

L’acte uniforme portant organisation des sûretés à prévu deux sortes de


garanties ou sûretés : Il s’agit des garanties personnelles (§1) et des garanties réelles (§)

§1. Les (sûretés) garanties personnelles

Les sûretés ou garanties personnelles régies par l’acte uniforme portant


organisation des sûretés en sigle AUS sont le cautionnement et la garantie autonome.

A. Le cautionnement

A. 1. Définition (article 13)


Le cautionnement est un contrat par lequel la caution s’engage envers le
créancier qui accepte à exécuter une obligation présente ou future contractée par le
débiteur, si celui-ci n’y satisfait pas lui-même. Cet engagement peut être contracté sans
ordre du débiteur.

A. 2. Formation du contrat (article 15)


Le cautionnement exige un engagement écrit de la caution par lequel est spécifié
en toutes lettres et chiffres écrite de la main de la caution la somme maximale garantie
couvrant le principal, les intérêts et autres accessoires. En cas de différence, le
cautionnement vaut pour la somme exprimée en lettres.

La caution qui ne sait ou ne peut pas écrire, doit se faire assisté par deux
témoins qui certifient l’authenticité de l’acte (identité de la caution et l’engagement de
cette dernière)

La caution est ténue d’être domiciliée ou de faire élection dans le ressort


territorial de la juridiction où elle doit être fournie sauf dispense du créancier ou de la
juridiction compétente.

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La caution doit présenter des garanties de solvabilité

appréciées en tenant compte de tous les éléments de son patrimoine.

Si le débiteur ne peut trouver une caution, il peut la remplacer par toute garantie
réelle qui rassure le créancier.

Le cautionnement ne peut être conclu sauf clause contraire que pour la garantie
des dettes contractuelles directes.

A. 3. Modalité du contrat (Art. 20)


- Le cautionnement est en principe solidaire ;
- La solidarité est une modalité conventionnelle ou légale d’une obligation
plurale, qui en empêche la division.
- La solidarité peut être passive ou active
- La solidarité active est une modalité d’une obligation à pluralité des
créanciers, ou chacun de ceux-ci peut demander au débiteur le paiement
du tout.
- La solidarité passive est une modalité d’une obligation à pluralité de
débiteurs où chacun de ceux-ci est tenu du tout à l’égard du créancier.
- La caution peut, elle-même se faire cautionner par un certificateur désigné
comme tel dans le contrat.
- Sauf convention contraire, le ou les certificateurs sont cautions simples de
la caution certifiée.
- La caution peut être simple ou solidaire.

A. 4. Effet du cautionnement
- La caution n’est tenue de payer la dette qu’en cas du non-paiement du
débiteur principal
- Une mise en demeure adressée au débiteur principal par le créancier doit
être faite avant toute poursuite contre la caution.
- Le créancier doit informer la caution de la défaillance du débiteur dans le
délai d’un mois à partir de la mise en demeure de payer restée sans effet.
- La caution judiciaire et la caution solidaire ne dispose pas du bénéfice de
discussion. Le bénéfice de discussion c’est le droit pour la caution d’exiger
que le créancier poursuive d’abord la vente des biens du débiteur principal

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à charge par elle d’avancer les frais de la poursuite et d’indiquer les biens
à saisir.
- La caution doit aviser le débiteur principal ou le mettre en cause avant de
payer la dette au créancier poursuivant.
- Si la caution a payé sans avoir averti, ou mis en cause le débiteur
principal, elle perd son recours contre lui, si au moment de paiement par
lui ou postérieurement à ce paiement le débiteur avait le moyen de faire
déclarer la dette éteinte ou s’il avait payé dans l’ignorance du paiement de
la caution. Néanmoins la caution conserve son action en répétition contre
le créancier.
- La caution qui a payé à un recours personnel contre le débiteur principal,
en intérêt de cette somme et en frais engagés depuis qu’elle a dénoncé au
débiteur principal les poursuites dirigées contre elle.
- Elle peut aussi réclamer les dommages-intérêts pour réparation du
préjudice subi du fait des poursuites du créancier.
- S’il existe plusieurs cautions simples ou solidaires pour une même dette, si
l’une des cautions a acquitté la dette, elle a un recours contre les autres
cautions, chacune pour sa part et portion.
- La caution peut agir en paiement contre le débiteur principal ou demander
la conservation de ses droits dans le patrimoine de celui-ci, avant même
d’avoir payé la créance dans le cas suivants :
a) Dès qu’elle est poursuivie ;
b) Lorsque le débiteur est en état de cessation de paiement ou en
déconfiture ;
c) Lorsque le débiteur ne l’a pas déchargée dans le délai convenu ;
d) Lorsque la dette est devenue exigible par déchéance du terme sous
lequel elle a été contractée.

A. 5. Extinction du cautionnement (art 36 à 49)


Les causes de l’extinction du cautionnement sont :

 Extinction partielle ou totale de l’obligation principale du débiteur à l’égard


du créancier ;
 La novation de l’obligation principale par changement d’objet ou de cause.
La novation c’est la substitution d’une obligation ancienne éteinte par une obligation

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nouvelle. Elle se traduit par le changement de créance, de débiteur, de l’objet ou de


cause.
Exemple : bail changé en location-vente
 La dation en paiement même si le créancier est ensuite évincé de la chose
acceptée par lui, La dation en paiement est une modalité exceptionnelle consistant à
changer l’objet même du paiement en employant pour satisfaire le créancier ‘pour
(exécuter l’obligation) une chose autre que celle qui faisait l’objet de l’obligation.

Exemple : payer en nature (par le transfert de la propriété d’un bien) ce qui était dû en
argent.

 Le décès de la caution : toutefois les engagements de la caution simple on


solidaire passent à ses héritiers uniquement pour les dettes nées antérieurement au
décès de la caution.

Les causes particulière d’extinction de la caution


La caution disparait indépendamment de l’allégation principale pour les causes
suivantes :
1.En cas de compensation pour une créance personnelle excipée par la
caution à l’occasion des poursuites dirigées contre elle.
2.En cas de remise de dette consentie à la seule caution par le créancier.
3.En cas de confusion qui s’opère entre la personne du créancier et de la
caution.
La confusion c’est la réunion en la même personne des qualités de créancier et
de débiteur qui entrainent l’extinction de l’obligation (et résulte du fait que le créancier
hérite du débiteur ou inversement).
Toutefois, la confusion qui s’opère dans la personne du débiteur principal et de
sa caution lorsque l’une devient héritière de l’autre n’éteint pas l’action du créancier
contre le certificateur de la caution.

B. La garantie et la contre garantie autonome

B. 1. Définition (art 39)


La garantie autonome : est l’engagement par lequel le garant s’oblige en
considération d’une obligation souscrite par le donneur d’ordre et sur instruction de ce

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Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

donneur d’ordre à payer une somme déterminée au bénéficiaire, soit sur première
demande de la part de ce dernier, soit selon les modalités convenues.
La contre garantie autonome : est l’engagement par lequel le contre-garant s’oblige
en considération d’une obligation souscrite par le donneur d’ordre, et sur instruction de ce
donneur d’ordre à payer une somme déterminée au garant, soit selon les modalités
convenues.

B. 2. Formation
Les garanties et contre garantie autonome ne peuvent être souscrites par les
personnes physiques sous peine de nullité.
Elles sont distinctes des conventions actes et faits d’en constituer de la base. Il
faut un écrit pour établir l’existence de la garantie et de la contre garantie autonome. Cet
écrit doit contenir à peine de nullité les mentions suivantes :
 La dénomination de la garantie ou de la contre-garantie autonome ;
 Le nom du donneur d’ordre ;
 Le nom du bénéficiaire ;
 Le nom du garant ou du contre garant ;
 La convention de base l’acte ou le fait, en considération desquels la garantie
ou de la contre garantie est émise ;
 Le montant maximum de la garantie ou de la contre garantie autonome ;
 La date ou le fait entrainant l’expiration de la garantie ;
 Les conditions de la demande de paiement s’il y a lieu ;
 L’impossibilité pour le garant ou le contre garant de bénéficier des exceptions
de la caution.

B. 3 Effets
 Le droit à garantie du bénéficiaire n’est pas cessible sauf convention
contraire expresse ; toutefois, le bénéficiaire dispose du droit de céder tout
montant auquel il aurait droit à la suite de la présentation d’une demande
conforme au titre de garantie.
 Les instructions de la demande d’ordre ; la garantie et la contre garantie
autonomes sont irrévocable dans le cas d’une garantie ou d’une contre
garantie autonome.
 Les garanties ou contre-garanties à durée indéterminée, peuvent être
révoqué par le garant ou le contre garant respectivement.

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Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

 Le garant et le contre garant ne sont obligés qu’à concurrence de la


somme stipulée dans la garantie ou contre-garantie sans déduction des
paiements antérieurs faits respectivement par le garant ou le contre-garant
selon le terme de leur engagement.
 La demande de paiement au titre de la garantie, doit résulter d’un écrit du
bénéficiaire accompagné de tout autre document prévu par la garantie.
Cette demande doit indiquer le manquement reproché au donneur d’ordre
dans l’exécution de l’obligation en considération de laquelle la garantie a
été souscrite.
 Le garant ou le contre garant ont cinq jours disposent chacun de cinq jours
ouvrés pour examiner la conformité de la demande en paiement au terme
de la garantie ou de la contre garantie autonome. Ils ne peuvent rejeter la
demande qu’à la condition de notifier au bénéficiaire, ou en cas de
contrepartie, au garant, au plus tard à l’expiration de ce délai, l’ensemble
des irrégularités qui motivent ce rejet.
 Le donneur d’ordre ne peut faire défense de payer au garant que si la
demande de paiement du bénéficiaire est manifestement abusive ou
frauduleuse. Le contre-garant dispose à l’encontre du garant de la même
faculté dans les mêmes conditions.
 Le donneur d’ordre ne peut faire défaut de payer au contre garant que si le
garant savait ou aurait dû savoir que la demande de paiement du
bénéficiaire avait un caractère manifestement abusif ou frauduleux.
 Le garant ou le contre garant qui a fait un paiement conformément aux
termes de la garantie ou de la contre garantie dispose des mêmes recours
que la caution contre le donneur d’ordre.

B. 4. Extinction (art 49)


La garantie ou la contre-garantie cesse :

1) Soit au jour calendaire spécifié ou à l’expiration du délai prévu ;


2) Soit à la présentation au garant ou au contre garant des documents libératoires
spécifiés dans la garantie ou la contre-garantie autonome ;
3) Soit sur déclaration écrite du bénéficiaire libérant le garant de son obligation au
titre de la garantie autonome ou déclaration écrite du garant libérant le contre
garant de son obligation au titre de la contre garantie autonome.

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§ 2. Les garanties réelles

Les garanties réelles sont de deux natures : Les garanties mobilières et les
garanties immobilières ou hypothétique.

A. Les garanties mobilières. (Art 50 à 188)


Les garanties mobilières sont : le droit de rétention, la propriété cédée à titre de
garantie, le gage des meubles corporels, le nantissement des meubles incorporels et les
privilèges.

Les garanties mobilières doivent faire l’objet de l’inscription au registre de


commerce et de crédit mobilier, RCCM en sigle, pour les débiteurs qui sont soumis à
l’obligation d’immatriculation.

Le renouvellement d’une inscription s’effectue dans les mêmes conditions que


l’inscription initiale. Toute modification de l’inscription initiale au RCCM par abrogation
conventionnelle dans le bénéfice de la sûreté ou cession d’antériorité n’effet que si elle a
d’effet que si elle est inscrite en marge de l’inscription initiale.

Toute modification partielle ou totale de l’inscription au RCCM n’a d’effet que si


elle est inscrite en marge de l’inscription initiale. En définitive, toute inscription de sûreté
effectuée par fraude, au portant des inscriptions inexactes données de mauvaise foi, est
punie des peines prévues par la loi pénale nationale.

A. 1. Le droit de rétention

C’est la prérogative reconnue à tout créancier qui détient légitimement un bien


mobilier de son débiteur de le retenir jusqu’au paiement complet de ce qui lui est dû
indépendamment de toute autre mesure de sûreté sous réserve de l’article 107 alinéa 2
du présent acte uniforme. Cet article dispose que le droit de rétention du créancier
gagiste postérieur est inopérant en cas d’un bien donné en gage avec dépossession au
profit du gagiste antérieur.

Il en est de même lorsqu’un bien donné en gage avec dépossession fait l’objet
d’un gage sans dépossession, le droit de détention du créancier antérieur est opposable
au droit du créancier postérieur qui ne pourra prétendre exercer ses droits sur le bien,
tant que le créancier antérieur n’aura pas été antérieurement payé.

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Condition d’exercice du droit de rétention.


Le droit de rétention ne s’exerce pas que si les conditions ci-dessous sont
réunies :

1°. La créance du rétenteur doit être certaine, liquide et exigible.

2°. L’existence d’un lien de connexité entre la naissance de la créance et la


détention de la chose détenue ;

3°. Le bien faisant l’objet de la rétention ne doit pas avoir été saisi avant d’être
retenu par le rétenteur.

Condition d’existence de lien de connexité


Il y a le lien de connexité :

1°. Lorsque la chose retenue a été remise jusqu’au complet paiement de la


créance du rétenteur ;

2°. Lorsque la créance impayée résulte du contrat qui oblige au rétenteur de livrer
la chose retenue.

3° lorsque la créance impayée est née à l’occasion de la détention de la chose


retenue.

De la réserve de propriété

La propriété d’un bien mobilier peut être retenue en garantie par l’effet d’une
clause de réserve à propriété qui suspend l’effet transitif d’un contrat jusqu’au complet
paiement de l’obligation qui en constitue la contrepartie. La réserve de propriété n’est
opposable aux tiers qui si celle-ci a été publiée au RCCM.

A. 2. La propriété cédée à titre de garantie

La propriété d’un bien actuel ou futur ou d’un ensemble des biens peut être cédée en
garantie d’une dette actuelle ou future, ou d’un ensemble des dettes.
Cette cession de la propriété d’un bien ou d’un ensemble des biens en garantie du
paiement d’une dette actuelle ou future peut prendre l’unes des formes suivantes :
a. La cession de créance à titre de garantie

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Une créance détenue sur un tiers peut être cédée à titre de garantie pour tout
crédit consenti par une personne morale nationale ou étrangère faisant à titre de
profession habituelle et pour son compte des opérations de banque ou de crédit.
La cession de créance à titre de garantie doit être constatée par un écrit
comportant à peine de nullité, les énonciations suivantes :
1. Le nom ou la dénomination sociale du cédant et du cessionnaire ;
2. La date de la cession ;
3. La désignation des créances garanties et des créances cédées ;

B. Le transfert fiduciaire d’une somme d’argent


Le transfert fiduciaire d’une somme d’argent est la convention par laquelle un
constituant cède des fonds ou garantie de l’exécution d’une obligation. Ces fonds doivent
être inscrits sur un compte bloqué ouvert au nom du créancier de cette obligation dans le
livre d’un établissement de crédit habilité à les recevoir.

A. 3. Le gage des meubles corporels

a. Notion générale
Le gage est le contrat par lequel le constituant accorde à un créancier le droit de
se faire payer par préférence sur un bien meuble corporel ou un ensemble des biens
meubles corporels, présent ou futurs.
Il est reconnu aux parties le droit de subrogation en cours d’exécution du contrat,
la chose gagée par une autre chose. Le gage peut également porter sur des sommes, ou
des valeurs déposées à titre de consignation par les fonctionnaires, les officiers
ministériels, ou toute autre personne pour garantir les abus dont ils pourraient être
responsables et les prêts consentis pour la constitution de cette consignation.

b. Constitution du gage
Le gage peut être constitué en garantie d’une ou plusieurs créances présentes
ou futures, à condition que celles-ci soient déterminées ou déterminables. Le constituant
d’un gage de biens présents doit être propriétaire de la chose jugée.
Quid si le constituant d’un gage présent n’est pas propriétaire de la chose
gagée ?
S’il ne l’est pas, le créancier gagiste peut s’opposer à la revendication du
propriétaire dans les conditions prévues pour le possesseur de bonne foi.

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 Le contrat de gage à peine de nullité doit être constaté dans un écrit


contenant la désignation de la dette garantie, la quantité des biens donnés en gage, ainsi
que leur espèce ou leur nature.
 Le contrat de gage est opposable aux tiers, soit par l’inscription au RCCM,
soit par la remise du bien gagé.
 La radiation du contrat de gage ou la restitution du bien gagé, ne peut se
faire sauf clause contraire qu’après paiement intégral de la dette garantie en principal,
intérêt et autres accessoires

c. Effet du gage
Les effets varient selon que le gage est en possession ou sans dépossession.
 En cas de gage avec dépossession, le créancier gagiste peut opposer son
droit de rétention sur le bien gagé directement ou par l’intermédiaire d’un tiers convenu,
jusqu’au paiement intégral en principal, intérêts et autres accessoires de la dette
garantie.

Si le créancier gagiste a été dessaisi contre sa volonté ; il peut revendiquer la


chose gagée comme un possesseur de bonne foi.

 En cas de gage sans dépossession, ayant pour objet des choses fongibles,
le contrat de gage peut permettre au constituant de les aliéner à charge de les remplacer
par la même qualité de chose équivalentes.
Qu’est-ce qu’une chose fongible ? c’est une chose qui n’étant déterminée que
par leur nombre, leur poids, leur mesure peuvent être employées indifféremment l’une
pour l’autre dans un paiement. On utilise aussi l’expression chose de genre pour désigner
les choses fongibles. Par opposition on parle des corps certains, c’est-à-dire une chose
corporelle déterminée dans sa matérialité, spécifiée dans son individualité.
Ex. un sac de blé, spécifié par une marque ; un bijou de famille etc.
 Il est interdit au créancier gagiste sauf stipulation contraire, d’user de la
chose gagée, ni en percevoir les fruits. Toutefois, s’il est autorisé à percevoir les fruits, il
doit les imputer sur ce qui lui est dû en intérêt ou à défaut, sur le capital de la dette.
 La créance gagiste muni d’un titre exécutoire peut, en cas de non-paiement
à l’échéance faire procéder à la vente forcée de la chose gagée huit jours après la
sommation faite au débiteur et s’il y a lieu au tiers constituant du gage. Le créancier
gagiste peut aussi solliciter à la juridiction compétente que le bien gagé lui sera attribué

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en paiement jusqu’à due concurrence du solde de la créance et d’après estimation


suivant les cours ou seul le rapport d’un expert.

Si le bien gagé est une somme d’argent ou un bien dont la valeur fait l’objet d’une
cotation officielle, les parties peuvent convenir que la propriété du bien gagé sera
attribuée au créancier gagiste en cas de défaut de paiement.

 En cas de perte ou de détérioration partielle ou totale de la chose gagée


qui ne serait pas de son fait, le créancier gagiste exerce son droit de
préférence pour l’indemnité d’assurance, s’il y a lieu pour le montant de la
créance garantie en principal, intérêts et autres accessoires dans le
respect des dispositions de l’article 226 du présent acte uniforme.

Un bien peut-il faire l’objet de plusieurs gages ? Dans l’affirmative quelle est sa situation
juridique par rapport au droit des différents créanciers gagistes ?

 Cette situation est possible, et l’article 107 de l’acte uniforme sous examen
constitue le soubassement. Il y a deux cas de figure pour cette question :

1°. Lorsqu’un bien donné en gage sans dépossession fait ultérieurement l’objet d’un gage
avec dépossession. Le droit de préférence du créancier gagiste antérieur est opposable
au droit du créancier gagiste postérieur, lorsqu’a été régulièrement publié et nonobstant
le droit de rétention de ce dernier.

2°. Lorsqu’un bien donné en gage avec dépossession fait l’objet ultérieurement d’un gage
sans dépossession, le droit de rétention du créancier gagiste est antérieur opposable au
droit du créancier postérieur qui ne pourra prétendre exercer ses droits sur le bien tant
que le créancier gagiste postérieur n’aura pas été entièrement payé.

d. Le gage de stocks (article 120 à 124)


Les matières premières (minerais, pétrole brut, …) les produits d’exploitation
agricole ou industrielle, et les marchandises peuvent faire l’objet d’un gage de stock,
appelé aussi Warrant dans d’autres législations.

La constitution d’un gage de stock sans dépossession peut donner lieu à


l’émission par le greffier ou par le responsable de l’organe compétant de l’Etat partie d’un
bordereau de gage de stocks.

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L’endossement confère au porteur du bordereau la qualité et le droit d’un


créancier gagiste. Le bordereau de gage de stocks doit à peine de nullité comporter les
mentions prévues à l’article 96 du présent acte uniforme ainsi que le nom de l’assureur
qui couvre les stocks gagés contre le risques de vol, d’incendie et de détérioration totale
ou partielle, ainsi que la désignation de l’établissement domiciliaire du bordereau de gage
de stocks.

A. 4. Le nantissement de meubles incorporels (art 125 à 178)

a. Notions générales
Le nantissement est l’affectation d’un bien meuble incorporel ou d’un ensemble
de biens meubles incorporels ou d’un ensemble de biens meuble incorporels présents
au futurs, en garantie d’une ou plusieurs créances, présentes au futures, à condition
que celles-ci soient déterminées ou déterminables. Le nantissement est soit
conventionnel ou judiciaire. Qu’est-ce qu’un bien meuble incorporel ? C’est un bien
meuble impalpable, immatériel.

EX : la créance, la valeur mobilière …

a. Champs d’application .
Le nantissement de meubles incorporels concerne : les créances, les comptes de
titres financiers, le fonds de commerce ainsi que les droits de propriété
intellectuelle.
C. Analyse succincte de chaque type de nantissement de meubles
Incorporels

1. Le nantissement de créance
Le nantissement de créance doit, à peine de nullité, être constaté dans un écrit
contenant la désignation des créances garanties et des créances nanties ou si elles sont
futures, les éléments de nature à permettre leur individualisation, tels que l’indication à
débiteur, le lieu de paiement, le montant des créances ou leur évaluation et leur
échéance.
Le nantissement d’une créance, présente ou future, prend effet entre les parties,
quelle que soit la date de naissance, d’échéance ou d’exigibilité de la créance nantie et
devient opposable aux tiers à de compter de son inscription ou RCCM et ce quelle que
soient la loi applicable à la créance et la loi du pays de résidence de son débiteur.

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2. Le nantissement de compte bancaire.


Il s’agit du nantissement de créance qui s’entend du solde créditeur
provisoire ou définitif au jour de la réalisation de la sûreté, sous réserve de la
régularisation des opérations en cours.
Le nantissement subsiste tant que le compte n’a pas été clôturé et que la
créance garantie n’a pas été intégralement payée.

3. Le nantissement des droits d’associés, des valeurs mobilières,


Le nantissement des droits d’associés et des valeurs mobilières doit être
constaté dans un écrit contenant les mentions suivantes :

- La désignation du créancier, du débiteur et du constituant du nantissement


si celui-ci n’est pas le débiteur ;
- Le siège social et le numéro d’immatriculation au RCCM de la personne
morale émettrice des droits d’associés et valeurs mobilières ;
- Le nombre ou le moyenne déterminer celui-ci et, le cas échéant les
numéros des titres nantis ;
- Les éléments permettant l’individualisation de la créance garantie tels que
son montant et son évaluation, sa durée et son échéance.
Quels sont les droits que le nantissement des droits d’associés et des valeurs
mobilières confère au créancier ?
Les droits conférés au créancier sont :
- Le droit de suite (art. 97 AUS ) ;
- Le droit de réalisation (art.104 et 105 AUS) ;
- Le droit de préférence (art .226 AUS) ;
- Le droit de percevoir les fruits des droits sociaux et des valeurs mobilières
nanties si les parties en sont convenues.

4. Le nantissement de comptes de titres financiers


Il s’agit de la convention par laquelle le constituant affecte en garantie d’une
obligation l’ensemble des biens mobiliers et d’autres titres financiers figurant dans ce
compte.
La déclaration constitutive de nantissement comporte sauf à peine de nullité les
mentions suivantes :

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 La désignation du créancier ; du débiteur et du constituant du


nantissement ;
 Le nombre et la nature des titres formant l’assiette initiale du
nantissement ;
 Les éléments permettant l’individualisation de la créance garantie tels que
son montant et son évaluation, sa durée et son échéance.

Le créancier nanti titulaire d’une créance liquide exigible peut, pour les titres
financiers ainsi que pour les sommes en toute monnaie figurant sur le compte nanti,
réaliser le nantissement huit jours ou à l’échéance de tout autre délai préalablement
convenu avec le titulaire du compte après mise en demeure du débiteur remise en mains
propres ou adressée en courrier recommandée.

Cette mise en demeure du débiteur est également notifiée au constituant du


nantissement lorsqu’il n’est pas le débiteur ainsi qu’au teneur de compte lorsque ce
dernier n’est pas le créancier nanti……… Commenté [P1]: Suite invisible page 14

5. Le nantissement des droits de propriété intellectuelle.


C’est la convention par laquelle le constituant affecte en garantie d’une obligation
tout ou en partie de ses droits des propriétés intellectuelles présents ou futurs, tels que
les brevets d’inventions, des marques de fabrique et de commerce, des dessins et
modèles.

Cette sorte de nantissement peut être conventionnels ou judiciaires. Ce


nantissement exige un écrit comportant les mentions suivantes :

 La désignation du créancier ; du détenteur et du constituant du


nantissement si celui-ci n’est pas le détenteur,
 Les éléments identifiant ou permettant de déterminer les droits apportés
en garanties ;
 Les éléments permettant l’individualisation de la créance garantie tel que
son montant ou son évaluation, sa durée et son échéance ;
Ce nantissement confère au créancier :
 Un droit de suite (art 97 AUPSRVE) ;
 Un droit de réalisation (art 104 et 105 AUPSRVE) ;
 Un droit de préférence (art 226 AUPSRVE).

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6. Nantissement de fonds de commerce


C’est la convention par laquelle le constituant affecte en garantie d’une obligation
les éléments incorporels constitutifs du fonds de commerce à savoir la clientèle et
l’enseigne ou le nom commercial, le droit ou lieu commercial, la licence d’exploitation, les
brevets d’invention, marque de fabrique et de commerce, dessins et modèles et autres
droits de la propriété intellectuelle.

Ce nantissement doit à peine de nullité, être constaté dans un écrit contenant les
mentions suivantes :

 La désignation du créancier ; du détenteur et du constituant du


nantissement si celui-ci n’est pas le détenteur ;
 La désignation précise du siège du fonds s’il y a lieu de ses succursales ;
 Les éléments du fonds nantis ;
 Les éléments permettant l’individualisation de la créance garantie tels que
son montant ou son évaluation, sa durée et son échéance ;
Il convient de préciser que le nantissement conventionnel ou judiciaire
n’est opposable aux tiers que s’il est inscrit au RCCM.

7. Les privilèges du vendeur de fonds de commerce


Pour produire son effet transitif et être opposable aux tiers, la vente doit être
inscrite au RCCM à la demande de l’acquéreur immatriculé.
Le privilège est le droit appartenant à un créancier d’être payé sur le prix de
vente d’un ou plusieurs biens du débiteur par préférence à d’autres créanciers.
Toute vente amiable ou judiciaire de fonds de commerce ou de l’un de ses
éléments ne peut avoir lieu sans production par le vendeur ou l’auxiliaire de justice
chargé de la vente, d’un état des inscriptions prises sur le fonds.
Les créanciers inscrits bénéficient :
 D’un droit de suite ( art. 97 alinéa 2 AUS) ;
 D’un droit de réalisation ( art. 104 al. 1 AUS) ;
 D’un droit de préférence ( art 226 AUS).

A. 5. Les privilèges

Il y en a 2 sortes : les privilèges généraux et les privilèges spéciaux

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a. Les privilèges Généraux


Ils comportent un droit de préférence exercé par leurs titulaires. Les privilèges
généraux sont liés aux créances suivantes :

1° les frais d’inhumation, les frais de la dernière maladie du débiteur ayant


précédé la saisie des biens ;

2° les fournitures de substance faites au débiteur pendant la dernière année qui a


précédé son décès, la saisie des biens ou la décision judiciaire d’ouverture d’une
procédure collective ;

3° les sommes dues aux travailleurs et apprentis pour réalisation et exécution de


leurs contrats durant la dernière année ayant précédé son décès, la saisie des biens ou
la décision judiciaire d’ouverture d’une procédure collective ;

4° les sommes dues aux auteurs d’œuvres intellectuelles littéraires et artistiques


pour trois dernières années ayant précédé le décès du débiteur, la saisie des biens.

5° les sommes dues aux organismes de sécurité et de prévoyance sociale ;

6° les sommes dont le débiteur est redevable au titre des créances fiscales ou
douanières.

L’inscription conserve le privilège du trésor public, de l’administration des


douanes et des organismes de sécurité et de prévoyance sociale pendant trois ans à
compter du jour où elle a été prise son effet cesse sauf renouvellement demandé avant
l’expiration de ce délai.

b. Privilèges spéciaux
Ils confèrent un droit de préférence sur les meubles qui leur sont affectés comme
assiette par la loi créanciers titulaires un droit de préférence qu’ils exercent après saisie.

Le droit de préférence s’exerce aussi après subrogation sur l’indemnité


d’assurance du meuble qui a péri ou disparu tant qu’elle n’est pas payée.

Les autres créanciers titulaires des privilèges spéciaux sont :

 Le vendeur sur le meuble vendu qui garantit le paiement du prix non payé ;
 Le bailleur d’immeuble sur les meubles garnissant les lieux loués ;

31
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 Le transporteur terrestre sur la chose transportée pour tout ce qui lui est dû
à condition qu’il y ait un lien de connexité entre la chose transportée et la créance ;
 Le travailleur d’un exécutant d’ouvrage à domicile sur les sommes dues par
le donneur d’ouvrage pour garantir les créances nées du contrat de travail si celles-ci
sont nées de l’exécution de l’ouvrage ;
 Les travailleurs et les fournisseurs des entreprises des travaux sur les
sommes restantes dues à celles-ci pour les travaux exécutés en garantie des créances
nées à leurs profit à l’occasion de l’exécution de ces travaux. Les salaires dues aux
travailleurs sont payés par préférence aux sommes dues aux fournisseurs ;
 Le fournisseur sur les marchandises qu’il détient pour le compte du
commettant en vue de garantir les créances nées du contrat de commission ;
 Celui qui a exposé des frais ou fourni des prestations pour éviter la
disparition d’une chose ou sauvegarder l’usage auquel elle est destinée à un privilège sur
ce meuble.

A. 6. Les Hypothèques (art. 190 à 202 AUS)

a. Notion générale
L’hypothèque est l’affectation d’un immeuble appartenant à un constituant en
garantie d’une ou plusieurs créances présentes ou futures. Elle peut être légale,
conventionnelle, ou judiciaire.

Qu’est ce qui peut effectivement faire l’objet d’une hypothèque ?

Ce sont les immeubles par nature et par incorporation à savoir les bâtis et non
bâtis et leurs améliorations ou constructions survenues.

L’hypothèque d’un immeuble indivis (en copropriété dont le partage n’a pas
encore été opéré) conserve son effet quel que soit le résultat du partage, si elle a été
consentie par tous les copropriétaires.

Tout acte conventionnel ou judiciaire d’hypothèque doit être inscrit selon les
règles de la publicité édictée par la loi de l’Etat parti où est situé le bien et prévues à cet
effet. L’hypothèque régulièrement publié prend rang du jour de l’inscription.

L’inscription a une durée déterminée et conserve le droit du créancier jusqu’à la


date devant être fixée ou la décision de justice dans la limite de 30 ans au jour de la

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formalité, sauf disposition contraire d’une loi nationale. Son effet cesse si elle n’est pas
renouvelée, avant l’expiration de ce délai pour une durée déterminée. Il en va de même
lorsque l’hypothèque a été constituée pour une durée indéterminée.

Quels sont les droits conférés à son titulaire par l’hypothèque ?

L’hypothèque confère à son titulaire un droit de suite et un droit de préférence. Le


créancier hypothécaire impayé peut demander en justice que l’immeuble lui demeure en
paiement càd lui soit attribué en lieu et place du paiement.

Cette faculté ne lui est toutefois offerte si l’immeuble constitue la résidence


principale du constituant.

Il peut être convenu dans la convention d’hypothèque que le créancier deviendra


le propriétaire de l’immeuble hypothéqué à condition que le constituant soit une personne
physique ou morale dûment immatriculé au RCCM et que l’immeuble hypothéqué ne soit
pas à usage d’habitation.

À quel moment peut-on dire qu’il y a eu transfert de propriété de l’immeuble


hypothéqué au créancier et suivant quelle formalité ?

C’est à l’issue de 30 jours suivant une mise en demeure de payer par acte extra-
judiciaire demeurée sans effet, le créancier pourra faire constater le transfert de propriété
dans un acte établi selon les formes requises par chaque Etat partie en matière de
transfert d’immeubles.

L’estimation de la valeur de l’immeuble par un expert est requise. Cet expert est
désigné à l’amiable ou par voie judiciaire.

Si la valeur de l’immeuble excède le montant de créance garantie, le créancier


doit au constituant une somme égale à la différence. S’il existe d’autres créanciers
hypothécaires, il la consigne. Toute clause conclue en cette matière est réputée non
écrite.

b. Extinction de l’hypothèque
L’hypothèque conventionnelle ou judiciaire peut connaitre son extinction pour
l’une des causes suivantes :
 L’extinction de l’obligation principale ;
 La renonciation du créancier à l’hypothèque ;

33
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

 La péremption de l’inscription attestée sous sa responsabilité, par le


conservateur des titres immobiliers ;
 La purge des hypothèques résultant du procès-verbal de l’adjudication sur
expropriation forcée et du paiement ou de la consignation de l’indemnité définitive
d’expropriation pour cause d’utilité publique.
Qu’est ce que la purge des hypothèques ?
 La purge des hypothèques c’est une opération tendant à libérer un
immeuble d’une ou plusieurs hypothèques qui le grève.
C’est une procédure qui permet à l’acquéreur ou donateur d’un immeuble non
personnellement tenu au paiement des dettes qui le grèvent, de restreindre à somme par
lui offerte le droit de poursuite des créances hypothécaires de la loi, afin que ces derniers
ou l’un d’eux ne provoquent une revente en offrant de porter le prix à un dixième au-
dessus de la somme offerte.
c. Effet des hypothèques
Outre les droits de suite et de préférence que l’hypothèque confère au créancier,
il convient de relever ce qui suit :
 Dans le cas où l’immeuble devient insuffisant pour garantir sa créance, par
suite de destruction ou dégradation, le créancier, le créancier peut poursuivre le
paiement de sa créance avant terme, ou obtenir une autre hypothèque ;
 Le droit de suite s’exerce contre tout tiers détenteur de l’immeuble dont le
titre est publié postérieurement à l’hypothèque.
Bien que le tiers détenteur ne doit pas personnellement obligé à la dette, il peut
désintéresser le créancier du montant intégral de sa créance, en capital, intérêts,
et autres accessoires, en se subrogeant à lui.

§ 3. Distribution des deniers et classement des sûretés

Les deniers (l’argent) provenant de la réalisation (vente) des immeubles sont


distribués dans l’ordre suivant :
1) Aux créanciers des frais de justice engagés pour parvenir à la réalisation du
bien vendu et à distribution elle-même du prix ;
2) Aux créanciers superprivilegiés ;
3) Aux créanciers titulaires d’une hypothèque conventionnelle ou forcée ;

34
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

4) Aux créanciers munis d’un privilège général soumis à publicité chacun selon
le rang de son inscription au RCCM ;
5) Aux créanciers munis d’un privilège général non soumis à publicité selon
l’ordre établi par l’article 180 du présent acte uniforme ;
6) Aux créanciers chirographaires munis d’un titre exécutoire lorsqu’ils sont
intervenus par voie de saisie ou d’opposition à la procédure.
En cas d’insuffisance de deniers pour désintéresser les créanciers désignés
aux 1°), 2°), 5°) et 6°) de l’article 225 venant à rang égal, ceux-ci concourent à
la distribution dans la proportion de leurs créances totales au marc le franc.
La distribution au marc le franc c’est la distribution au prorata de la créance
de chacun sans aucune préférence entre les créanciers.
Comment se fait la répartition (distribution) des deniers provenant de la
réalisation (vente) des meubles.
Sans préjudice de l’exercice d’un éventuel droit de rétention ou d’un droit
exclusif au paiement, les deniers provenant de la réalisation des meubles sont
distribués dans l’ordre suivant :
1) Aux créanciers des frais de justice engagés pour parvenir à la réalisation du
bien vendu et à la distribution elle-même du prix ;
2) Aux créanciers des frais engagés pour la conservation des biens du débiteur
dans l’intérêt des créanciers dont le titre est antérieur en date ;
3) Aux créanciers de salaires super privilégiés ;
4) Aux créanciers garantis par un privilège général soumis à publicité, un gage,
ou un nantissement, chacun à la date de son opposabilité aux tiers ;
5) Aux créanciers munis d’un privilège spécial, chacun suivant le meuble sur
lequel porte le privilège ; en cas de conflit entre créances assorties d’un
privilège spécial sur le même, la préférence est donnée au premier
saisissant ;
6) Aux créanciers munis d’un privilège général non soumis à publicité selon
l’ordre établi par l’article 180 du présent acte uniforme ;
7) Aux créanciers chirographaires munis d’un titre exécutoire lorsqu’ils sont
intervenus par voie de saisie ou d’opposition à la procédure de distribution.
En cas d’insuffisance de derniers pour désintéresser les créanciers désigner
aux 1°),2°) ,3°),4°) ,5°) et 6°) de l’article 226 sous examen venant à rang égal

35
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

ceux-ci concourent à la distribution dans la proportion de leurs créances


totales au marc le franc.
La distribution au marc le franc c’est la distribution au prorata de la créance de
chacun sans aucune préférence entre les créanciers
Après l’étude des garanties personnelles et réelles, il importe d’examiner les
mécanismes de recouvrement de créance.

SECTION 6. LES MECANISMES DE RECOUVREMENT DE CREANCE

Il existe plusieurs mécanismes de recouvrement de créance. Les uns ont un


caractère incitatif et dissuasif, et les autres ont un caractère contraignant et non
contraignant.

Les mécanismes à caractère incitatif sont l’injonction à payer, de délivrer, ou de


restituer.

Les mécanismes à caractère dissuasif sont le droit de rétention, l’action oblique


et l’action paulienne.

Les mécanismes à caractère contraignant sont les saisies.

Les mécanismes à caractère non contraignant sont le paiement volontaire à


l’échéance, la compensation, la cession, et l’extinction de la créance.

§ 1. L’injonction de payer, de délivrer ou de restituer

I. Injonction à payer

a. Notion

L’injonction à payer c’est un ordre formel faite par voie d’ordonnance par le
président de la juridiction compétente ou son délégué à l’encontre d’un débiteur afin
d’amener ce dernier à exécuter son obligation.

b. Condition

Les unes conditions suivantes sont requises :

1. L’existence d’une créance certaine, liquide et exigible ;


2. La créance doit avoir une cause contractuelle ;

36
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

3. L’engagement résulte de l’émission ou de l’acceptation de tout effet de


commerce, ou d’un chèque dont la provision s’est révélée inexistante ou
insuffisante.
Il convient de signaler que les deux dernières conditions ne sont pas cumulatives,
mais alternatives. Il suffit que l’une d’entre elle soit satisfaite pour que la procédure
d’injonction de paye puisse être introduite par le détenteur d’une créance remplissant les
conditions fixées à l’article 1er de l’acte uniforme.

c. Procédure

La demande est formée par requête auprès de la juridiction compétente du


domicile ou de lieu où demeure effectivement le débiteur ou l’un d’eux en cas de pluralité
de débiteurs.
La requête est faite par le créancier ou son mandataire, et elle doit contenir sous
peine d’irrecevabilité des mentions obligatoires et doit être accompagnée par des
documents justificatifs et originaux ou en copies certifiées conformes.
Le président de la juridiction après examen de la requête, rend une décision
portant ou non injonction de payer pour la somme qu’il fixe.
La décision prise par le président de la juridiction est sans recours pour le
créancier sauf à celui-ci de procéder selon les voies de droit commun.
La décision portant injonction de payer est non avenue si elle n’a pas été
signifiée dans les trois mois de sa date. Le recours ordinaire de la décision d’injonction de
payer est l’opposition.
Elle est adressée à la juridiction qui a rendu la décision par un acte extra-
judiciaire ( acte établi en dehors de toute les formalités de la procédure judiciaire).
L’opposition doit être formée dans le délai de quinze jours qui suivent la
signature de la décision portant injonction de payer augmenter éventuellement des délais
de distances.
La juridiction saisie sur opposition procède à une tentative de conciliation. Si
celle-ci aboutit, le président de la juridiction dresse un procès-verbal de conciliation signé
par les parties dont une expédition est revêtue de la formule exécutoire.
Si la tentative de conciliation échoue, la juridiction statue immédiatement sur la
demande en recouvrement, même en l’absence du débiteur ayant formé opposition, par
une décision qui aura les effets d’une décision contradictoire.

37
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

La décision de la juridiction saisie sur opposition se substitue à la décision


portant injonction de payer.
La décision rendue sur opposition est susceptible d’appel dans les conditions du
droit national de chaque Etat-partie. Le délai décision d’appel est de trente jours à
compter de la date de cette décision.

d. Effets de la décision portant injonction à payer

En l’absence d’opposition dans les quinze jours de la signification de la décision


portant injonction de payer, ou en cas de désistement du débiteur qui a formé opposition,
le créancier peut demander l’apposition de la formule exécutoire sur cette décision. Celle-
ci produit tous les effets d’une décision contradictoire et n’est pas susceptible d’appel.
La demande tendant à l’apposition de la formule exécutoire est formée au greffe
par simple déclaration écrite ou verbale.
La décision est non avenue si la demande du créancier n’a pas été présentée
dans les deux mois suivant l’expiration du délai d’opposition ou le désistement du
débiteur.

§ 2. Injonction de délivrer ou de restituer

a. Notion générale
C’est le président de la juridiction compétente qui peut à la demande du créancier
d’une obligation de délivrance ou restitution, ordonner cette ordonnance ou restitution.

En l’absence d’opposition dans le délai prescrit à l’article 16 du présent acte


uniforme, le requérant peut demander au président de la juridiction compétente
l’apposition de la formule exécutoire sur la décision.

Toutefois il convient de rappeler que l’exécution forcée et les mesures


conservatoires ne sont pas applicables aux personnes qui bénéficient d’une immunité
d’exécution.

Quid si c’est l’Etat, les provinces, les entités territoriales décentralisées ou


les entreprises publiques qui sont débiteurs ?

Les dettes certaines, liquide et exigibles des personnes morales de droit public
ou des entreprises publiques, quelles qu’en soient la forme et la mission, donnent lieu à

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Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

compensation avec les dettes également certaines, liquides et exigibles dont quiconque
sera tenue envers elles sous réserve de la réciprocité.

La dette des personnes et entreprises susvisées ne peut être considérées


comme certaines au sens de disposition de l’article 30 que si elles résultent d’une
reconnaissance par elles de ces dettes ou d’un titre ayant un caractère exécutoire sur le
territoire de l’Etat où se situent lesdites personnes et entreprises.

b. De l’exécution forcée
L’exécution forcée n’est ouverte qu’au créancier justifiant d’une créance certaine
liquide et exigible sous réserve des dispositions relatives à l’appréhension et à la
revendication des meubles.

L’exécution forcée peut à l’exception de l’adjudication des immeubles, être


poursuivie jusqu’à son terme en vertu d’un titre exécutoire par provision.

L’exécution est alors poursuivie aux risques de créances à charge par celui-ci, si
le titre est ultérieurement modifié, de repérer intégralement le préjudice causé par cette
exécution sans qu’il y ait lieu de relever de faute de sa part.

c. Des titres exécutoires


Un titre exécutoire est celui qui est revêtu de la forme exécutoire et qui permet de
recourir au recouvrement forcé de la dette, c’est-à-dire aux poursuites judiciaires si le
débiteur ne s’en acquitte pas spontanément.

La formule exécutoire est apposée par le greffier ou le notaire sur certains actes
et leur donne force exécutoire. Elle contient l’ordre adressé par le chef de l’Etat aux
agents de la force publique de faire exécuter l’acte ou de prêter leur concours à cette
exécution.

Les titres exécutoires sont :

1. Les décisions juridictionnelles revêtu de la formule exécutoire et celles qui


sont exécutoires sur minutes ;
2. Les actes et décisions juridictionnelles étrangers ainsi que les sentences
arbitrales déclarés exécutoires par une décision juridictionnelle, non
susceptible de recours suspensif d’exécution de l’Etat dans lequel le titre est
invoqué;

39
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

3. Les procès-verbaux de conciliation signés par les juges et les parties ;


4. Les actes notariés revêtus de la formule exécutoire ;
5. Les décisions auxquelles la loi nationale de chaque Etat parti attache les
effets d’une décision judiciaire.

La formule exécutoire selon l’art 29 AUPSRVE, vaut réquisition directe de la


force publique. La carence ou le refus par l’Etat de prêter son concours
engage sa responsabilité.
Art. 30 AUPSRVE : immunité d’exécution. Aucune société ne peut être à la
fois anonyme et une personne morale de droit public.
« Le fait qu’une société soit investie d’une mission de service public et que
l’Etat ait une participation dans son capital ne change en rien sa nature de
société anonyme, donc de société de droit privé suivre comme telle aux
conditions d’exécution des sociétés de droit privé ». ( Cour d’appel d’Abidjan
n°762, 10.6.2003 : Sté AFFE-CI SECURITE c/ CNRA).

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Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

d. Du délai de grâce
Le débiteur ne peut forcer le créancier à recevoir en partie le paiement d’une
dette, même divisible.

La juridiction compétente peut accorder un délai de grâce au débiteur qui ne doit


pas dépasser une année, en tenant compte de la situation du débiteur et des besoins du
créancier.

Le délai de grâce qui peut consister soit dans le report ou l’échelonnement ne


peut concerner les dettes d’aliments et la dette contraire (qui est relatif à la lettre de
change, par extension à d’autres effets du commerce.)

La juridiction compétente peut également décider que les paiements s’imputeront


d’abord sur le capital. Elle peut en outre subordonner ces mesures à l’accomplissement
par le débiteur d’actes propres à faciliter où à garantir le paiement de la dette.

e. Voie de recours
La juridiction compétente pour statuer sur tout litige ou toute demande relative à
une mesure d’exécution forcée ou une saisie conservatoire est le président de la
juridiction statuant en matière d’urgence ou le magistrat délégué par lui.

Sa décision est susceptible d’appel dans un délai de quinze jours à compter de


son prononcé. Le délai d’appel comme l’exercice de cette voie de recours n’ont pas un
caractère suspensif, sauf décision contraire spécialement motivée du président de la
juridiction compétente.

§2. Le paiement volontaire

Le mécanisme le plus simple de recouvrement de créance est le paiement


volontaire de la dette par le débiteur.

Le paiement volontaire peut se faire au comptant d’une manière échelonnée, par


compensation ou par cession de créance.

a. Paiement au comptant ou cash : est celui qui efface d’un trait toute la dette
contractée par le débiteur

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b. Le paiement échelonné : est celui qui apure progressivement la dette selon


l’échéance convenue de commun accord entre partie.
c. La compensation : C’est l’extinction partielle ou totale de deux obligations
réciproques entre les mêmes personnes ayant pour objet une somme
d’argent ou une certaine quantité de choses fongibles de même espèce.
d. La compensation est de trois sortes (conventionnelle, judiciaire et légale.)

1. La compensation conventionnelle
Est celle qui est opérée par la volonté des parties dans les cas où les conditions
de la compensation légale font défaut.

2. La compensation judiciaire
Est celle qui est opérée par le juge saisie de deux demandes fondées sur des
créances réciproques dont l’une au moins n’est pas liquide, procède à la liquidation et
prononce leur extinction totale ou partielle.

3. La compensation légale
Est celle qui opère de plein droit entre deux obligations réciproques liquidées et
exigibles.

Comme nous l’avons signalé ci-haut la compensation c’est le seul moyen qui
permet à un créancier d’Etat ou d’entreprise publiques d’obtenir le recouvrement de leur
créance à défaut d’un paiement volontairement fait par ceux-ci.

4. La cession de créance
C’est une convention en vertu de laquelle le créancier cédant transmet au
cessionnaire sa créance contre le débiteur cédé et dont l’opposabilité aux tiers est
subordonnée à diverses formalités notamment la signification de la cession.

§ 4. L’action oblique ou l’action subrogatoire

C’est l’action qu’un créancier peut exercer en lieu et place de son débiteur
négligent à l’égard de son ou de ses débiteurs.

C’est le cas d’un débiteur qui néglige de réclamer sa créance à l’égard de son
débiteur. C’est aussi le cas d’un débiteur qui néglige de récupérer sa part de l’héritage,
susceptible de lui permettre de désintéresser son créancier.

42
B
Créancier (Débiteur)
(créancier de C)
cr
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Action Oblique
Débiteur de B
C
§ 5. L’action paulienne ou l’action révocation.

Paulienne dérive de PAULUS un juriste romain qui a initié ce mécanisme de


recouvrement de créance.

C’est l’action qui consiste à ce qu’un créancier annule les actes de son débiteur
accomplis en fraude de ses droits.

Exemple : un débiteur qui organise son insolvabilité en faisant des


dons ou en vendant à vil prix ses biens au détriment de son créancier.

(Créancier)
cr
B (Débiteur)
A
Révocation Vente, dons

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Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

Chapitre II. APERÇU SUR LES INSTITUTIONS FINANCIÈRES

Les institutions financières sont constituées par l’ensemble des établissements


des crédits, des entreprises d’assurances, de capitalisation, et de la réassurance de toute
nature, ainsi que des sociétés immobilières pour le financement du commerce et de
l’industrie.
Nous nous intéressons plus particulièrement aux banques vue leur rôle important
dans le domaine d’octroi de crédit aussi bien aux personnes physiques qu’aux personnes
morales.

SECTION 1. NOTION GENERALE SUR LES BANQUES

La Banque est un type particulier d’entreprise qui reçoit les dépôts d’argent de
ses clients, qui gère leurs moyens de paiement et qui leur accorde des crédits.
Si le métier principal du banquier est le commerce de l’argent, les économistes
insistent bien sur le fait que la banque est le principal agent de la création monétaire.
Il existe deux grandes catégories de banques :
 La banque centrale ou la banque des banques et
 Les autres banques dites de second rang ou commerciales.

SECTION 2. LES BANQUES CENTRALES

Il existe une banque centrale dans chaque Etat et il en existe une pour certaines
organisations internationales regroupant un groupe d’Etats cas de l’Union Européenne,
l’union africaine, la CDEAO (Communauté des Etats d’Afrique Occidentale)

Les banques centrales sont nées de la nécessité de faciliter les transactions


entre les banques, de centraliser les paiements, mais aussi de la volonté de garantir à
une institution le monopole de l’émission de la monnaie sur l’ensemble du territoire.

Les banques centrales ont les fonctions suivantes :

 La gestion des moyens de paiement scripturaux et la création des billets


de banque ;
 Le contrôle et la règlementation bancaire ;
 La gestion des réserves de change ;
 La détermination de la politique monétaire.

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Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

En RDC, la Banque centrale s’appelle la Banque centrale du Congo en sigle


BCC, dont le siège est à Kinshasa. Elle est dirigée par un gouverneur. Actuellement cette
fonction est assurée par monsieur Déogratias MUTOMBO MWANA NYEMBO.

La BCC joue le rôle d’autorité de régulation des banques commerciales.

Elle exerce ce rôle à travers différentes instructions qu’elle adresse aux différents
établissements de crédits.

SECTION 3. LES BANQUES COMMERCIALES

Ce sont des personnes morales de droit privé, ayant généralement la forme de


société anonyme, dont le rôle est de recevoir des fonds (argent de leur client et prêter de
l’argent c’est-à-dire octroyer le crédit à leur client et fournir divers services financiers
(transfert de fond, carte de paiement, opération bancaire via le téléphone mobile…)

En RDC opèrent plusieurs banques commerciales constituées sur base des


capitaux nationaux (TMB, RAWBANK, BCDC, BIAC) et des capitaux étrangers
(STANDARD BANK, ECOBANK, UNITED BANK FOR AFRICA, EQUITY BANK…)

Dans le classement des 100 premières Banques en Afrique, ce sont les banques
Sud-Africaines (STANDARD BANK, FIRST RAND, ABSA, NEDBANK) qui occupent les
10 premières places.

Mais il y a lieu de constater que le secteur bancaire n’est pas encore très
développé en Afrique.

Le taux de bancarisation est plus faible du monde. Sur le plan international, il


existe des institutions financières qui jouent un rôle important dans les opérations
financières et le financement des investissements.

SECTION 4. LES INSTITUTIONS FINANCIÈRES INTERNATIONALES

Nous allons focaliser notre regard sur la Banque Africaine de développement


BAD en sigle, la Banque mondiale BIRD en sigle, et le Fond monétaire internationale en
sigle FMI.

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Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

§1. La Banque mondiale

C’est une des institutions spécialisées des Nations Unies, et comptait 188 pays
membres en 2017.
La BIRD (banque internationale pour la reconstruction et le développement) est
une institution issue des accords de Bretton Wood 1944 avec 24 pays membres. Son
objectif a été d’assurer la réduction durable de la pauvreté.
Elle comprend actuellement quatre structures complémentaires avec lesquelles
elle forme aujourd’hui le groupe de Banque Mondiale :

 La Société financière internationale (SFI) née en 1956 pour stimuler la


croissance du secteur privé dans les pays en développement.
 L’Association internationale de développement (AID) créée en 1960 afin
d’octroyer des crédits aux pays ne pouvant pas accéder aux prêts de la BIRD.
 Le Centre international de règlement des différends relatifs aux
investissements (CIRDI) fondé en 1966.
 L’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) établie en
1988 afin de promouvoir l’investissement direct étranger.

Ces organisations accordent aux pays en développement des prêts assortis de faibles
taux d’intérêt, des crédits ne portant pas intérêt et des dons.

L’actuel président est de nationalité sud-coréenne monsieur David R. MALPASS.

§ 2. LE FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL FMI

Créé en 1945 à l’issue de la conférence de Bretton Woods (188 membres en


2017)
Son rôle dans une première étape fut la stabilité des changes dans le cadre des
changes fixes jusqu’en 1973.
Puis dans année 1980, ce rôle se transforme avec l’instauration du régime des
changes flexibles.
Il fut alors chargé alors d’accorder des prêts aux pays en développement en
difficulté conditionnée à la mise en œuvre des plans d’ajustements structurels très
controversés aujourd’hui, même par certains décideurs du FMI.

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Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

Si son objectif premier est toujours la stabilité du système monétaire


international, il doit également promouvoir une croissance économique durable, favoriser
la hausse de niveau de vie de participer au recul de la pauvreté.
Ainsi, pour les pays les plus pauvres, le FMI à doubler les limites d’accès à ses
financements et augmenter le montant des prêts à taux d’intérêt nuls.
De façon régulière, le FMI évalue les perspectives économiques mondiales, les
marchés financiers et l’état des finances publiques de ses pays membres. L’actuelle
directrice générale est madame KRISTALINA GIORGEVA.

§.3 LA BANQUE AFRICAIN DE DEVELOPPEMENT

Désignée par l’acronyme BAD, il s’agit d’une institution financière multinationale


de développement établie dans le but de contribuer au développement et au progrès
social des Etats africains.
La BAD dont le siège est à Abidjan (côte d’Ivoire) a été fondée en 1964. Le
groupe comprend trois entités : la Banque africaine de développement, le Fonds africain
de développement, créé en 1972, et le Fond spécial du Nigéria créé en 1976.
Son président actuel est AKINWUMI ADESINA de nationalité nigériane.
La mission de la banque est de combattre la pauvreté et d’améliorer les
conditions de vie sur le continent via la promotion des investissements à capitaux publics
et privés dans des projets et des programmes aptes à contribuer au développement
économique et social dans la région.
La BAD est un fournisseur financier pour bon nombre des pays africains et
d’entreprises privées investissant au sein des pays membres de la région.

Chapitre III. LA PARTICULARITE DU CREDIT BANCAIRE

SECTION 1. CONDITION D’OCTROI

L’octroi de crédit est l’une des activités inhérentes à la banque.


Il se fait selon les modalités et les conditions que la banque fixe d’autorité sous la
régulation de la banque centrale.
A l’instar de tout créancier, la banque accorde le crédit en prenant au préalable la
précaution d’obtenir des garanties de la part de son débiteur.
La banque peut octroyer différentes sortes de crédits :
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Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

 Crédit à moyen terme : consenti pour une durée inferieure à deux ans
 Crédit à court terme : consenti pour une durée de deux à cinq ans ou sept ans.
 Crédit à long terme : consenti pour une durée supérieure à cinq ans.

Lorsqu’un débiteur paie sa dette avant l’échéance convenu, on lui accorde un


escompte. L’escompte est l’avantage dont le débiteur bénéficie par le fait d’avoir payé sa
dette avant l’échéance.

L’ensemble des opérations financières qu’une banque réalise avec son client se
font par l’ouverture d’un compte. Le compte est précisément l’Etat d’opérations
effectuées entre deux personnes (banque et son client) comportant l’inscription de
chaque opération sous forme d’un article au poste de l’une de deux colonnes de comptes
dites de débit ou de crédit et se liquidant par une balance finale des deux colonnes qui
fait apparaître un solde.

Il existe plusieurs sortes de comptes bancaires

1. Compte de dépôt

C’est le compte de libre retrait ouvert dans un établissement bancaire ou


financier au seul effet de recevoir les fonds ou les titres déposés sans rémunération.

2. Compte bloqué

C’est un compte bancaire sur lequel une partie ou la totalité des sommes
d’argent qui y figurent est bloqué.
Ce blocage peut survenir par commun accord conclu entre la banque et son
client dans le cadre d’une garantie par exemple.
Le blocage peut également résulter d’un évènement extérieur à la volonté du
client. Il s’agira par exemple d’une saisie demandée sur le compte par un créancier du
client. Un tel mécanisme de compte bloqué pourrait intervenir dans le cadre d’un avis à
tiers détenteur.

3. Compte courant

Ce compte est usité dans les relations commerciales et financières représentant


les rapports existant entre deux personnes qui effectuant l’une avec l’autre des

48
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

opérations réciproques conviennent de fusionner les créances et les dettes résultant de


ces opérations en solde ou régime unitaire.

4. Le compte d’épargne

C’est un compte qui permet un dépôt d’argent à vue dans une banque ou un
organisme assimilé (caisse d’épargne) rapportant un intérêt (généralement annuel) et ne
permettant généralement pas d’être utilisé pour faire directement des paiements.

5. Compte joint

C’est un compte ouvert souvent par un organisme financier à plusieurs titulaires


avec une stipulation de solidarité qui permet à chacun des cotitulaires d’utiliser le compte
pour le tout sous sa seule signature.
Comme nous l’avons affirmé ci-haut, la banque peut accorder des crédits dont le
remboursement doit se faire avec intérêt.

SECTION 2. L’INTÉRÊT BANCAIRE

L’intérêt est la rémunération d’un prêt sous forme généralement d’un versement
périodique de l’emprunteur au préteur.
Il existe deux sortes d’intérêt à savoir : l’intérêt simple et l’intérêt composé.

1. L’intérêt simple

C’est l’intérêt perçu sur un capital fixe.

*Les intérêts augmentent de manière linéaire.

Formule 𝐈n= Co rn

2. L’intérêt composé

C’est l’intérêt calculé sur un capital accru de ses intérêts accumulés.

La capitalisation des intérêts s’appelle anatocisme. La capitalisation des intérêts


échus d’une dette de somme d’argent a pour conséquence que les intérêts capitalisés
produisent à leur tour des intérêts.

Formule I = C ((1 + 𝑟)𝑛 -1)


𝑛 𝑜

49
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

Les intérêts augmentent de manière exponentielle.

3. Modalité de versement

L’intérêt est habituellement versé périodiquement au préteur, par exemple à


l’échéance (mensuelles, trimestrielles) ou, en cas de capitalisation, payé seulement en
même temps que les remboursements finals de l’emprunt.

Une régulation en matière de fixation de taux d’intérêt s’avère nécessaire afin


d’éviter que le préteur abuse de sa position pour fixer un intérêt usuraire à l’emprunteur
c’est-à-dire un intérêt excessif dans un prêt conventionnel.

En RDC, la fixation des taux d’intérêts est libéralisée sous réserve du contrôle
que la banque centrale exerce sur les banques commerciales.

SECTION 3. MECANISME DE RECOUVREMENT

La banque à l’instar de tout créancier est ténue de respecter les différentes


dispositions légales prévues pour recouvrer sa créance.

Le recouvrement de la créance peut se faire à l’amiable ou par voie


juridictionnelle en usant des moyens coercitifs (droit de rétention, saisie….) après
échéance du terme.

1. Calcul des intérêts

A. Intérêts simples
Je place 1000 $ à 5% d’intérêt pendant un an

Au bout d’un an, les intérêts s’ajoutent à mon capital qui devient :

5
1000 + 1000 X = 1050$
100

B. L’intérêts composés
Sur plusieurs années les intérêts sont ajoutés annuellement au capital. Les
intérêts produisent eux-mêmes des intérêts.

Je place 1000$ à 5% d’intérêt pendant 4ans et à la fin d’année mon capital


5
devient :1000 + 1000 X100= 1050$

50
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 À la fin de la deuxième année, mon capital devient :


5
1050 + 1050 X = 1102,50$
100

 À la fin de la troisième année mon capital devient :


5
1102,50+ 1102,50X100=1157,63$

 À la fin de la quatrième année mon capital devient :


5
1157,63+ 1157,63X =1215,51$
100

Il existe une formule pour arriver au résultat plus rapidement :


 Valeur Finale= Vf
 Valeur Initiale = Vi
 Taux = t
 Nombre d’année = n
Vf = Vi X (1+t) puissance n
Ce qui donne dans l’exemple précédent :
Vf = 1000, 00 X (1+0,05) puissance 4 = 1215,51

Pour trouver la valeur initiale du capital en fonction de la valeur finale :

Vi= Vf (1+t)4 Ce qui donne dans l’exemple précédent :


Vi= 1215,51$(1+0,05) puissance 4 = 1000, 00

Il existe en droit plusieurs catégories de créanciers :


1) Créancier chirographaire (terme dérivé du latin chirographairis : écrit de sa
propre main)
 Démuni de toute sûreté particulier (privilège) se dit surtout du créancier qui n’étant
pas muni d’aucune sûreté, n’a que les prérogatives attachées à tout droit de
créance (gage, action oblique et action paulienne) et subit dans la distribution (au
marc le franc) du prix des biens du débiteurs, la loi du concours égal entre les
créanciers ordinaires.
 Au marc le franc : la répartition proportionnelle d’une somme d’argent entre
créanciers chirographaires.
2) Créancier gagiste
C’est le créancier qui est bénéficiaire d’un gage qui lui garantit le remboursement
de sa créance.

51
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3) Créancier hypothécaire
C’est celui dont la créance est garantie par une hypothèque càd un bien
immeuble.

Particularité de la responsabilité de la Banque.

La Banque est liée à son client par un contrat qui présente les caractéristiques d’un
contrat d’adhésion et d’un contrat synallagmatique.
C’est un contrat d’adhésion dans la mesure où le client ne fait qu’adhérer aux clauses du
contrat qui ont été établies d’avance par le banquier.
C’est un contrat synallagmatique dans la mesure où chaque partie au contrat a des
obligations réciproques et interdépendantes vis-à-vis de l’autre.
La Banque est exonérée de sa responsabilité en cas de force majeure ci-après : guerre,
troubles, émeutes, insurrection, rébellion, pillage ou occupation du territoire par des
forces étrangères ou régulières, pour des dommages résultant par ses clients
d’opérations ordonnées par des personnes revêtues d’un pouvoir de fait ou de
prélèvements opérés par ces derniers sur les avoir en compte des clients.
Toutefois, la Banque engage sa responsabilité civile en cas de faute commise au
préjudice du client telle que le prélèvement indû des sommes d’argent sur le compte du
client, ou le fait de ne pas disponibiliser la somme d’argent inscrit à l’actif du compte du
client à la demande de ce dernier et ce sans aucune justification.

Chapitre IV. REGLEMENT DU CONTENTIEUX EN MATIERE DE CREDIT

Le règlement du contentieux en matière de crédit peut se faire à l’amiable


(section 1) ou par voie juridictionnelle (section 2).

SECTION 1. LE REGLEMENT A L’AMIABLE

Le règlement à l’amiable est le moyen par lequel les parties terminent le litige qui
les oppose sans recourir aux cours et tribunaux. Il peut se faire par consensus (voie
amiable), par conciliation de comptes, par compensation, par paiement volontaire de la
dette, par la transaction par l’offre réelle.

52
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

§ 1. Règlement amiable ou règlement par consensus

C’est le cas idéal au terme duquel les parties mettent fin à leur litige de bonne foi.
Dans ce cas, le débiteur peut payer directement la totalité ou une partie de la créance, ou
encore, il peut s’engager à rembourser la dette à une date convenue entre les parties
après avoir sollicité et obtenu du créancier un délai de grâce.

Encore faudrait-il que la promesse faite par le débiteur soit effectivement


respectée. C’est à juste titre que l’adage suivant vaut son pesant d’or « un mauvais
arrangement vaut mieux qu’un bon procès »

§ 2. La conciliation de comptes

Les parties mettent fin au litige de commun accord après avoir cherché à clarifier
l’état de leur compte respectif pour savoir combien le débiteur doit encore à son créancier
ainsi que les modalités pratiques d’apurement de la dette. La conciliation de compte peut
déboucher à la compensation.

§ 3. La compensation

La compensation est l’extinction totale ou partielle de deux obligations


réciproques entre les mêmes personnes. Ayant pour objet une somme d’argent ou une
certaine quantité de choses fongibles de même espèce.

Il existe trois sortes de compensation :

a. La Compensation judiciaire
Elle est opérée par le juge qui, saisi de deux demandes fondées sur des
créances réciproque dont l’une au moins n’est pas liquide, procède à la liquidation et
prononce leur extinction totale ou partielle.

b. La Compensation conventionnelle
Elle est opérée par la volonté des parties dans les cas où les conditions de la
compensation légale font défaut.

c. La Compensation légale
Elle s’opère de plein droit entre deux obligations réciproques liquides et exigibles.

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Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

§ 4. Le paiement volontaire de la dette

C’est le mode parfait de règlement du litige entre le créancier et le débiteur. Le


paiement volontaire de la dette peut se faire avant l’échéance ou après l’échéance
lorsque le débiteur excipant de sa bonne foi a sollicité et obtenu du créancier un délai de
grâce.

Le débiteur qui honore son engagement peut encore obtenir la confiance de son
créancier par l’octroi d’un nouveau crédit. Le vieil adage illustre bien cela en ces termes
‘’ les bons comptes font de bons amis ‘’.

§ 5. La transaction

C’est un contrat par lequel les parties à un litige (déjà porté devant un tribunal ou
seulement né entre elles) y mettent fin à l’amiable en se faisant des concessions
réciproques.

La transaction doit être rédigée par écrit et a entre les parties, l’autorité de la
chose jugée (càd l’autorité similaire à une décision juridictionnelle non susceptible d’être
contestée par un recours).

§ 6. Les offres réelles

C’est un acte par lequel le débiteur propose de s’acquitter de son obligation en


mettant le créancier en demeure d’accepter le paiement de la somme ou la remise de la
chose due qu’il lui présente, afin de pouvoir en cas de refus, se libérer par la consignation
de l’objet qu’il doit.

Ces offres sont dites réelles en ce qu’elles doivent s’accompagner d’une remise à
la disposition effective de la chose offerte entre les mains de son destinataire.

Au cas où le règlement amiable se solde par un échec, la partie lésée recours


aux instances judiciaires.

§7. L’effacement de la dette

Le règlement à l’amiable peut se faire aussi par la décision unilatérale et


gracieuse du créancier qui consiste à effacer la dette.

54
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Le créancier peut prendre cette décision par humanisme ou pour toute autre
raison qui relève de sa convenance personnelle.

Les cas d’effacement de dette peut se faire entre personne physique ou entre
personne morale.

L’essentielle est que le créancier puisse exprimer sa volonté expressément et


sans contrainte en établissant un acte authentique ou sous sous-seing privé (l’acte
authentique est celui qui est établi devant un officier public, en l’occurrence un notaire ;
l’acte sous-seing privé est celui qui est établi par les parties en dehors de la présence
d’un officier public.

§8. La dation en paiement

C’est une modalité exceptionnelle du paiement consistant à changer l’objet


même du paiement, en employant pour satisfaire le créancier (pour exécuter l’obligation)
une chose autre que celle qui faisait l’objet de l’obligation. Exemple : payer en nature, par
le transfert de la propriété d’un bien, ce qui était dû en argent.

SECTION 2. REGLEMENT JURIDICTIONNEL

Il convient de noter que la juridiction compétente en matière de recouvrement de


créance, est en droit congolais déterminée selon la nature de la créance.

C’est soit le tribunal de paix ou le tribunal de grande instance, en ce qui concerne


les créances non commerciales.

Par contre, c’est le tribunal de commerce en ce qui concerne les créances


commerciales. Si le tribunal de commerce ne fonctionne pas dans une ville, c’est le
tribunal de grande instance qui exerce la compétence en la matière.

La juridiction compétente peut par voie d’une ordonnance, arrêt ou jugement


condamner le détenteur à payer lorsque la créance est certaine, liquide et exigible.

Elle peut procéder soit par une injonction à payer, une saisie conservatoire,
(mobilière ou immobilière) ou en fin par une saisie-vente c’est-à-dire par la vente publique
des biens meubles ou immeubles préalablement saisies.

La juridiction peut aussi ordonner le cas échéant une compensation judiciaire


comme nous l’avons relevé ci-haut. Les décisions juridictionnelles sont d’une manière
55
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

générale susceptibles d’être contestées par l’exercice des voies de recours comme nous
l’examinerons infra.

Devant le tribunal de commerce, les voies de recours que les parties peuvent
user sont : l’opposition, la tierce opposition, et l’appel.

En matière de procédure simplifié de recouvrement et voie d’exécution,


l’opposition s’exerce dans 15 jours de la décision ainsi que l’appel. Tandis que dans la
procédure contentieuse ordinaire l’opposition et l’appel s’exercent dans le délai de 8 jours
selon la procédure devant le tribunal de commerce).

Devant le tribunal de paix et le tribunal de grande instance, l’opposition s’exerce


dans 15 jours et l’appel n’est recevable que dans 30 jours.

La constitution de la RDC du 18/02/2006 interdit d’emprisonner un débiteur qui


n’a pas payé sa dette. (article 61).

SOUS SECTION1 LE REGLEMENT JURIDICTIONNEL PAR LES SAISIES

Nous examinerons les différentes sortes de saisies qui permettent à un créancier


d’obtenir le paiement de sa créance suite à la mauvaise foi de son débiteur.

§ 1. Les saisies conservatoires

A. Notion et formalité (article 54 à 67 AUPSRVE)

Ce sont les saisies qui peuvent être pratiquées sur tout bien mobilier corporel ou
incorporel, appartenant au débiteur par tout créancier.

Cette saisie se pratique sans une mise en demeure préalable du débiteur.


Toutefois, il faut que le créancier prouve qu’il existe des circonstances qui menacent le
recouvrement de sa créance.

Le créancier doit être muni d’un titre exécutoire.

Qu’est ce qu’un titre exécutoire ? C’est un titre revêtu de la formule exécutoire


permettant ipso facto de recourir au recouvrement forcé de la dette. En cas d’absence de
titre d’exécution la saisie ne peut être pratiquée qu’avec l’autorisation préalable de la
juridiction compétente. L’autorisation de la juridiction compétente n’est pas requise en
cas de défaut de paiement dûment établi, d’une lettre de change acceptée, d’un billet à

56
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ordre, d’un chèque ou d’un loyer impayé après commandement dès lors que celui-ci est
dû en vertu d’un contrat de bail écrit.

Les biens saisis sont rendus indisponibles. La créance faisant l’objet d’une saisie
est rendue indisponible à concurrence du montant autorisé par la juridiction compétente
ou lorsque cette autorisation n’est pas nécessaire, à concurrence du montant pour lequel
la saisie est pratiquée.

Le saisissant d’une créance dispose ipso facto du droit de gage et la saisie vaut
de plein droit conspiration des sources devenues indisponibles. La décision autorisant la
saisie conservatoire doit à peine de nullité répondre aux conditions suivantes :

1) Préciser le montant des sommes pour la garantie, desquelles la saisie


conservatoire est autorisée ;
2) Préciser la nature des biens sur lesquels elle porte ;
3) La saisie conservatoire doit être pratiquée dans un délai de 3 mois à
compter de la décision autorisant la saisie sous peine caducité.
 Si la saisie a été pratiquée sous-titre exécutoire le créancier doit dans le mois qui
suit la saisie à peine de caducité, introduire une procédure ou accomplir. Les
formalités nécessaires à l’obtention d’un titre exécutoire.
 Si la saisie est pratiquée entre les mains d’un tiers, les copies des pièces justifiant
ces diligences doivent être adressées au tiers dans un délai de 8 jours à compter
de leur date.

B. Contestation

Le débiteur a le droit de contester la saisie conservatoire pratiquée sur ses biens


après avoir entendu le créancier.

Si les conditions susvisées ne sont pas réunies, la juridiction compétente peut


donner mainlevée de la saisie (c’est-à-dire annuler la saisie). La juridiction compétente en
matière de saisie conservataire est soit :

1) Celle qui a autorisé la mesure conservatoire ;


2) Celle du domicile ou du lieu où demeure le débiteur (c’est le cas d’une
saisie pratiquée sans autorisation préalable) ;

57
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3) Celle du lieu où sont situés les biens saisis (c’est en cas de contestation
de l’exécution de saisie).

§ 2. La saisie conservatoire des biens meubles corporels

a. Modalité de saisie

Cette saisie est pratiquée par l’huissier et celui-ci dresse un procès-verbal qui
contient les mentions substantielles prévues à l’article 64 de l’AUPSRVE.

L’huissier doit rappeler au débiteur qu’il est ténu de lui indiquer les biens qui
auraient fait l’objet d’une saisie antérieure et lui en communiquer le procès-verbal.

La saisie conservatoire des biens meubles corporels peut être pratiquée entre les
mains du débiteur ou entre les mains d’un tiers.

Le PV de la saisie lui est signifié s’il n’a pas été présente à condition de lui
impartir 8 jours, pour qu’il porte à la connaissance de l’huissier toute information relative à
l’existence d’une éventuelle saisie antérieure et qu’il lui en communique le procès-verbal.

Le PV doit aussi contenir la mention au terme de laquelle le débiteur dispose du


droit de solliciter la main levée de la saisie lorsque les conditions de sa validité ne sont
pas réunies.

b. Conversion en saisie vente

L’acte portant conversion de la saisie conservatoire en saisie-vente doit être


signifié au débiteur moyennant un commandement (mise en demeure) de payer la
somme exigée dans un délai de 8 jours.

Si la saisie a été effectuée entre les mains d’un tiers, une copie de l’acte de
conversion est dénoncée à ce dernier. La conversion peut être signifiée dans l’acte
portant signification de titre exécutoire.

Qu’adviendrait-il en cas de non-paiement de la créance à l’expiration de 8 jours ?

A l’expiration du délai de 8 jours à compter de la date de l’acte de conversion,


l’huissier procède à la vérification des biens saisis. Il est dressé un procès-verbal des
biens manquants ou dégradés. Dans ce PV, il est donné connaissance au débiteur qu’il
dispose d’un délai d’un mois pour vendre à l’amiable les biens saisis.

58
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

A défaut de vente amiable dans le délai prévu il est procédé à la vente forcée des
biens saisis selon la procédure prévue pour la saisie-vente.

Quelle est la juridiction compétente pour autoriser ou trancher les litiges relatifs à
la saisie des biens d’un débiteur qui n’a pas de domicile fixe ou lorsque son domicile ou
son établissement se trouve dans un pays étranger ?

Dans le cas d’espèce, la juridiction compétente pour autoriser et trancher les


litiges relatifs à la saisie des biens de ce débiteur est celle du domicile du créancier.

Qui peut être constitué gardien des biens saisis ?

Le saisissant est gardien des biens s’ils sont entre ses mains, sinon il sera établi
un gardien.

c. Pluralité de saisie

Lorsqu’un bien a fait l’objet de plusieurs saisies conservatoires, le dernier


créancier saisissant doit porter à la connaissance des créanciers saisissants antérieurs,
la proposition de la vente amiable faite par le débiteur.

Les créanciers saisissants antérieurs sont tenus de donner leur réponse à cette
proposition du débiteur. A défaut de réponse dans le délai imparti, le créancier est réputé
avoir accepté la proposition de vente.

Si dans le même délai, il ne fournit aucune indication sur la nature et le montant


de la créance, il perd le droit de concourir à la distribution de deniers résultants de la
vente à l’amiable, sauf à faire valoir ses droits sur un solde éventuel après la répartition.

Le créancier saisissant qui a fait procéder à l’enlèvement des biens en vue de


leur vente forcée doit en informer par lettre recommandée avec l’avis de réception ou tout
moyen laissant trace écrite, les créanciers qui ont pratiqué une saisie conservatoire sur
les mêmes biens avant l’acte de saisie conversion selon le cas.

A peine de nullité, cette lettre ou le moyen utilisé indique le nom et l’adresse de


l’auxiliaire de partie chargé de la vente et reproduit en caractère très afférents, l’alinéa qui
suit.

Chaque créancier doit, dans un délai de 15 jours à compter du jour de la


réception de la lettre recommandée ou du moyen utilisé l’informant de l’enlèvement des

59
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

biens en vue de leur vente, faire connaitre l’auxiliaire de la justice chargé de la vente, la
nature et le montant de sa créance au jour de l’enlèvement. A défaut de réponse dans le
délai imparti, il perd le droit de concourir à la distribution des deniers résultant de la vente
forcée, sauf à faire valoir ses droits sur un solde éventuel après la répartition.

§3.La saisie conservatoire des créances.

a. Modalité de saisie.

Cette saisie est pratiquée entre les mains d’un tiers par un huissier qui établit un
acte d’huissier qui contient des mentions substantielles prévues à l’article 77.

A défaut d’accord amiable, tout intéressé peut demander, par requête que les
sommes saisies soient consignées entre les mains d’un séquestre désigné par la
juridiction du domicile ou du lieu où demeure le débiteur.

La remise des fonds au séquestre arrête le cours des intérêts dus par le tiers
saisi. Dans un délai de 8 jours à peine de caducité, la saisie conservatoire est portée à la
connaissance du débiteur par acte d’huissier ou d’agent d’exécution. Cet acte contient
des mentions substantielles se trouvant à l’article 79.

Le tiers saisi a l’obligation de fournir à l’huissier tous les renseignements prévus à


l’article 156 relatifs à la créance qu’il détient et à l’identité du débiteur saisi

En cas de refus de fournir les renseignements, le tiers saisi sera tenu de payer les
sommes pour lesquelles la saisie a été pratiquée. Si celle-ci est convertie en saisie-
attribution.

Il peut être condamné aux dommages-intérêts en cas de négligence fautive ou de


déclaration inexacte ou mensongère.

A défaut de contestation de déclaration du tiers avant l’acte de conversion,


celles-ci sont réputées exactes pour les seuls besoins de la saisie.

b. Conversion en saisie attribution

Tout créancier munie d’un titre exécutoire constatant l’existence de sa créance


signifie au tiers saisi un acte de conversion en saisie attribution qui contient à peine de
nullité les mentions prévues par l’article 82.

60
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

L’acte informe le tiers que, dans cette limite la demande entraine attribution
immédiate de la créance saisie au profit du créancier. La copie de l’acte de conversion
est signifiée au débiteur.

A compter de cette signification le débiteur dispose d’un délai de 15 jours pour


contester l’acte de conversion devant la juridiction de son domicile ou du lieu où il
demeure.

En l’absence de contestation, le tiers effectue le paiement au créancier ou à son


mandataire sur présentation d’un certificat du greffe attestant l’absence de contestation.

Le paiement peut intervenir avant l’expiration du délai si le débiteur a déclaré par


écrit ne pas contester l’acte de conversion.

§ 4. La saisie conservatoire des droits des associés et des valeurs mobilières.

A. Modalité de saisie
Cette saisie est opérée après signification d’un acte à la société ou à son organe.
Cet acte contient les mentions substantielles prévues à l’article 237.

Cette saisie est pratiquée sur base d’un acte exécutoire ou d’une autorisation de
la juridiction compétente.

B. Conversion en saisie vente


Le créancier muni d’un titre exécutoire constatant l’existence de sa créance,
signifie au débiteur l’acte de conversion en saisie vente.

L’acte de conversion saisie vente doit contenir les mentions substantielles à


peine de nullité prévues à l’article 88.

Parmi ces mentions, il y a celle qui consiste à informer le débiteur qu’il dispose
d’un délai d’un mois pour procéder à la vente amiable des valeurs saisies dans les
conditions prescrites par les articles 115 à 119.

§ 5. La saisie vente

A. Notion
C’est la saisie qui aboutit à la vente des biens meubles corporels ou incorporels
appartenant à un débiteur lorsque ce dernier n’a pas payé ce qu’il doit à son créancier

61
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

après signification d’un commandement. Les biens destinés à la vente peuvent être saisis
dans les mains du débiteur ou d’un tiers.

Tout créancier remplissant les mêmes conditions peut se joindre aux opérations
de saisie par voie d’opposition.

B. Modalité d’exécution
La saisie vente est précédée d’un commandement de payer signifié au moins 8
jours avant la saisie du débiteur, qui contient à peine de nullité :

1. Les mentions du titre exécutoire en vertu duquel les poursuites sont


exercées avec le décompte distinct des sommes réclamées en principal,
frais et intérêts échus ainsi que l’indication du taux des intérêts.
2. Commandement d’avoir à payer la dette dans un délai de 8 jours, faute de
quoi il pourra y être contraint par la vente forcée de ses biens meubles.
3. L’huissier ou l’agent d’exécution dresse un inventaire des biens. L’acte de
saisie contient à peine de nullité les mentions prévues à l’article 100 parmi
lesquelles celles qui informe le débiteur qu’il dispose d’un délai d’un mois
pour procéder à la vente amiable des biens saisis ainsi que le PV qui
reproduit les dispositions générales sanctionnant le détournement d’objets
saisis.

C. Mise en vente des biens saisis


La vente des biens saisis peut se faire à l’amiable ou par contrainte (vente
forcée)

 Vente à l’amiable
La vente à l’amiable est faite par le débiteur dans le délai d’un mois à compter du
jour de la notification du PV de saisie pour procéder lui-même à la vente des biens saisis.

Les biens saisis restent indisponibles sous la responsabilité du gardien. En aucun


cas ils ne peuvent être déplacés avant la consignation du prix sauf en cas d’urgence
absolue.

Le créancier saisissant et le créancier opposant disposent de 15 jours pour


prendre le parti d’accepter la vente amiable, de la refuser ou de se porter acquéreur. En
l’absence de réponse, ils sont réputés avoir accepté.

62
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

Il ne peut être procédé à la vente forcée avent l’expiration du délai d’un mois
augmenté s’il y a lieu du délai de 15 jours imparti aux créanciers pour donner leur
réponse.

Le prix de la vente est consigné entre les mains de l’huissier ou de l’agent


d’exécution ou de greffe au choix du créancier saisissant. Le transfert de la propriété et la
délivrance de biens sont subordonnés à la consignation du prix.

À défaut de consignation dans le délai convenu, il est procédé à la vente forcée.

 Vente forcée
C’est la vente aux enchères publiques qui s’effectue selon les dispositions
légales de chaque Etat partie à l’OHADA. Une publicité préalable est requise avant la
vente

La vente publique aux enchères est faite au plus offrant après trois criées. Le prix
est payable au comptant, faute de quoi, l’objet est revendu à la folle enchère de
l’adjudicataire.

La vente est arrêtée lorsque le prix des biens vendus assure le paiement du
montant des causes de la saisie et des oppositions en principal, intérêts et frais. Un PV
est établi pour attester la vente.

d. Les incidents de la saisie-vente


1. Droits des autres créanciers
Les contestations relatives à la saisie-vente sont portées devant la juridiction du
lieu de la saisie. Tout créancier muni d’un titre exécutoire constatant une créance liquide
et exigible, peut se joindre a une saisie déjà pratiquée sur les biens du débiteur par le
moyen d’une opposition en procédant, au besoin à une saisie complémentaire.

Aucune opposition ne peut être reçue après la vérification des biens. Le droit de
faire procéder à une saisie complémentaire appartient également au créancier premier
saisissant.

En cas d’extension de la saisie initiale, il n’est procédé à la vente forcée sur


l’ensemble des biens saisies qu’à l’expiration de tous les délais impartis pour leur vente à
l’amiable.

63
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

Toutefois, il peut être procédé à la vente forcée immédiate de ceux des biens
pour lesquels le délai imparti en vue de leur vente à l’amiable est expiré, soit avec
l’accord du débiteur ou l’autorisation de la juridiction compétente, soit lorsque les
formalités de la publicité avaient déjà été effectuées au moment de l’opposition.

Qui est habilité d’ordonner la main levée de la saisie vente ?

La main levée de la saisie vente ne peut résulter que d’une décision de la


juridiction compétente ou de l’accord du créancier saisissant et des créanciers
opposants.

2. Contestation relative aux biens saisis et à la propriété

La saisie demeure malgré les demandes relatives à la propriété ou à la


saisissabilité. Il y a dans ce cas suspension de la procédure pour les biens saisis qui en
sont l’objet.

Le débiteur peut demander la nullité de la saisie portant sur un bien dont il n’est
pas propriétaire.

Le tiers qui se prétend propriétaire d’un bien saisie peut demander à la juridiction
compétente d’en ordonner la distraction.

La distraction c’est la cessation des effets de la loi saisie sur le bien dont le tiers
se prévaut le droit de propriété. L’action en distraction cesse d’être recevable après la
vente des biens saisis, seule peut alors, être exercée l’action en revendication.

Toutefois, le tiers reconnu propriétaire d’un bien déjà vendu, peut jusqu’à
distribution des sommes produites par la vente, en distraire le prix non diminué des frais.

3. Les contestations relatives à la saisissabilité et à la validité de la saisie.


En cas d’insaisissabilité invoquée par le débiteur, la procédure de contestation
doit être introduite dans le délai d’un mois à compter de la signification de l’acte de saisie.
Le créancier devra être entendu ou appeler pour présenter ses moyens.

La nullité de la saisie pour un vice de forme ou de fond autre que l’insaisissabilité


des biens compris dans la saisie, peut être demandé par le débiteur jusqu’à la vente des
biens saisis. Le créancier saisissant met en cause les créanciers opposants.

64
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

Si la saisie est déclarée nulle avant la vente, le débiteur peut demander la


restitution des biens saisis. S'il se trouve détenu par un tiers sans préjudice des actions
en responsabilité exercées dans les termes du droit commun.

Si la saisie est déclarée nulle après la vente mais avant la distribution du prix, le
débiteur peut demander la restitution du produit de vente.

§6 La saisie immobilière (articles 246 à 334)

La vente forcée d'immeuble ne peut être poursuivie qu'en vertu d'un titre
exécutoire constatant une créance liquide et exigible.

C'est la juridiction du lieu où se trouve l'immeuble saisie qui est compétente pour
statuer sur la vente.

Si l'immeuble est en indivision le créancier doit solliciter et obtenir le partage


avant que la vente ne puisse intervenir. Cette opération s'appelle la licitation d'un
immeuble indivis.

En droit congolais, le titre qui consacré la propriété d'un immeuble c'est le


certificat d'enregistrement.

La vente forcée d'immeuble doit être précédée d'un commandement aux fins de
saisie comprenant un délai de 20 jours en déans lequel le débiteur est tenu de payer la
dette.

En cas de paiement dans le délai susindiqué l'inscription du commandement est


radiée par le conservateur des titres immobiliers ou l'autorité administrative sur main
levée donnée par le créancier poursuivant.

A défaut, le débiteur ou tout intéressé peut provoquer la radiation en justifiant du


paiement, il saisit la juridiction compétente statuant en matière d'urgence.

La décision autorisant où refusant la radiation doit être rendue dans les huit jours
qui suivent la saisie de la juridiction compétente. Elle est susceptible de recours selon les
voies ordinaires.

Quid en cas de non-paiement ?

65
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

Le commandement sauf saisie à compter de son inscription. Le débiteur ne peut


aliéner l'immeuble, ni le grever d'un droit réel ou charge.

Si le débiteur justifie que le revenu net et libre de ses immeubles pendant deux
années suffit pour le paiement de la dette en capital, frais et intérêt et s'il en offre la
délégation un créancier, la poursuite peut être suspendue suivant la procédure d'usage.

La poursuite peut être reprise s'il survient quelque opposition ou obstacle au


paiement.

De la vente
Le cahier de charge est déposé au greffe de la juridiction dans le ressort de
laquelle se trouve l'immeuble dans un délai maximum de 50 jours à compter de la
publication du commandement à peine de déchéance (article 266).

Le cahier de charge est le document rédigé et signé par l'avocat du créancier


poursuivant qui précise les conditions et modalités de la vente de l'immeuble saisi. Il
contient à peine de nullité les mentions énumérées à l'article 267.

Dans les huit jours au plus tard, après le dépôt du cahier des charges, le
créancier saisissant fait sommation au saisi et aux créanciers inscrits de prendre
communication au greffe du cahier des charges et d'y faire insérer leurs dires.

A peine de nullité, cette sommation est signifiée au saisi, à personne ou à


domicile et aux créanciers inscrits à domicile élu.

La sommation contient à peine de nullité des mentions substantielles prévues à


l'art. 270.

Folle enchère : enchère formée par une personne qui devenu adjudicataire (
comme dernier enchérisseur) n'exécute pas ses obligations.

La vente intervient au jour indiqué et elle ne peut être remise que pour cause
graves et légitime par décision judiciaire motivée rendu sur requête 5 jours au moins
avant le jour fixé pour la vente.

En cas de remise, la décision judiciaire fixe de nouveau le jour de l'adjudication


qui ne peut être éloigné de plus de 60 jours.

66
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

 Lorsque l'adjudication est devenue définitive, une exception de la décision


judiciaire ou du PV d'adjudication établi par le notaire est déposée à la
conservation foncière aux fins d'inscription. L'adjudicataire est tenu
d'effectuer cette formalité dans les 2 mois sous peine de revente sur folle
enchère.
 Les décisions judiciaires en matière de saisies immobilières ne sont pas
susceptibles d'opposition.

Demande en distraction (art 308)


Le tiers qui se prétend propriétaire d'une immeuble saisi qui n'est tenu ni
personnellement de la dette ni réellement sur l'immeuble peut pour le soustraire à la
saisie former une demande en distraction avant l'adjudication dans le délai de huit jours
au plus tard.

La folle enchère (art 314 et suivant)


Elle tend à mettre à néant l'adjudication en saisie en manquement de
l'adjudicataire à ses obligations et à provoquer une nouvelle vente aux enchères de
l'immeuble.

Conditions d’ouverture :

1) Lorsque l’adjudicataire ne justifie pas dans les 20 jours suivant


l’adjudication, qu’il a payé le prix, frais et satisfait aux conditions de cahier
de charge ;
2) Ne fait pas publier la décision judiciaire ou le PV notarié d’adjudication à la
conservation foncière dans le délai de 2 mois.

§7 La saisie attribution des créances (Art. 153 à 172 de l’AUPSRVE)

 Il faut que le créancier soit muni d’un titre exécutoire constatant une créance liquide
et exigible pour qu’il puisse saisir entre les mains d’un tiers les créances de son
débiteur portant sur une somme d’argent en vue d’en obtenir le paiement.
 Les sommes saisies sont rendues indisponibles par l’acte de saisie. Cet acte rend le
tiers personnellement débiteur des causes de la saisie dans les limites de son
obligation.
 Si les sommes disponibles ne permettent pas de désintéresser la totalité des
créanciers saisissants, ceux-ci viennent en concours.

67
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

Quelles sont les obligations des tiers saisi ? (Art. 156)


Il doit déclarer au créancier l’étendue de ses obligations à l’égard du débiteur
ainsi que les modalités qui pourraient les affecter et s’il y a lieu les cessions de créance,
délégation ou saisies antérieures.

Il doit communiquer copie des pièces justificatives. Toute déclaration inexacte,


incomplète, ou tardive expose le tiers saisi à être condamné en paiement des causes de
la saisie sans préjudice d’une condamnation au paiement de dommages-intérêts.

Quel est le délai imparti pour les déclarations du tiers saisi ? (Art. 156)
Ses déclarations et communications doivent être fait sur le champs à l’huissier ou
à l’agent d’exécution dans les 5 jours si l’acte n’est pas signifié à personne.

L’acte de saisie (Art. 157)


C’est l’acte qui est dressé par l’huissier ou l’agent d’exécution qui procède à la
saisie et dont la signification est faite au tiers saisi.

Cet acte contient des mentions substantielles énumérées à l’art 157, dont
l’absence entraine sa nullité.

La dénonciation au débiteur (Art 160)


La saisie est dénoncée au débiteur par acte d’huissier ou de l’agent d’exécution
dans un délai de 8 jours à peine de caducité.

Cet acte contient les mentions substantielles dont l’absence entraine sa nullité.

De la saisie pratiquée par une banque ou un établissement financier (Art. 161)


L’établissement sus visé est tenu de déclarer la nature du ou des comptes du
débiteur ainsi que leur solde au jour de la saisie.

Dans un délai de 15 jours ouvrables qui suit la saisie, et pendant lequel les
sommes laissées au compte sont indisponibles, ce solde peut être affecté à l’avantage ou
au préjudice du saisissant par les opérations suivantes dès lors qu’il est prouvé que leur
date est antérieure à la saisie.

Paiement par le tiers saisi (Art. 164 à 168)


Le tiers saisi procède au paiement sur présentation d’un certificat du greffe
attestant qu’aucune contestation n’a été formée dans le mois suivant la dénonciation de

68
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

la saisie ou sur présentation de la décision exécutoire de la juridiction rejetant la


contestation.

Le paiement peut également avoir lieu avant l’expiration du délai de contestation


si le débiteur a déclaré par écrit ne pas contester la saisie.

Les contestations (Art. 169-171)


C’est la juridiction du domicile ou de la résidence du débiteur qui est compétente
pour statuer sur la contestation.

A défaut, c’est la juridiction du domicile ou de la résidence du tiers saisi qui


exerce cette compétence.

Quel est le délai pour faire une contestation et par quelle voie ?
Les contestations se font dans un mois à compter de la dénonciation de la saisie
au débiteur. C’est par voie d’assignation que la contestation se fait.

Quid si le débiteur saisi n’a pas agi dans le délai alors qu’il a des droits légitimes
à prévaloir ?

Le débiteur saisi peut agir en répétition de l’indu devant la juridiction du fond


compétent selon les règles applicables à cette action.

Quelle est le caractère de la décision de la juridiction qui statue sur la


contestation ? (Art. 171)

La juridiction compétente donne effet à la saisie pour la fraction non contestée de


la dette. Cette décision est exécutoire sur minute c’est-à-dire l’apposition d’une formule
exécutoire n’est pas requise.

§8 La saisie et cession des rémunérations (Art 173 à 212 AUPSRVE)


Condition (art.173)
Le créancier doit être muni d’un titre exécutoire constatant une créance liquide et
exigible pour faire procéder à la saisie des rémunérations dues par un employeur à son
débiteur.

Toutefois la saisie ne peut être pratiquée même si cette condition susvisée est
remplie qu’après une tentative de conciliation devant la juridiction compétente du domicile
du débiteur.

69
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

Particularité de cette saisie (Art. 175 et 177)


Les rémunérations ne peuvent faire l’objet d’une saisie conservatoire. Les
rémunérations ne peuvent être saisies que dans les proportions déterminées par chaque
Etat-partie.

L’assiette servant au calcul de la partie saisissable de la rémunération est


constituée par le traitement au salaire brut global avec tous les accessoires déduction
faite :

- Des taxes et prélèvements légaux obligatoires retenus à la source ;


- Des indemnités représentatives des frais ;
- Des prestations, majorations et suppléments pour charge de famille ;
- Des indemnités déclarées saisissables par les lois et règlements de
chaque Etat-partie.
NB : Le total des sommes saisies ou volontairement cédées ne peut en
aucun cas fut-ce pour dette alimentaires, excéder un seuil fixé par chaque
Etat-partie.
En droit congolais du travail (article 114 du code du travail), la
rémunération du travailleur n’est cessible et saisissable qu’à concurrence
d’un cinquième sur la partie n’excédant pas cinq fois le salaire mensuel
minimum interprofessionnel de sa catégorie et d’un tiers sur le surplus.
Elle est cessible et saisissable à concurrence de 2/5 lorsque la créance
est fondée sur une obligation alimentaire légale.
De la saisie de rémunération (article 179-189)
La conciliation préalable devant la juridiction compétente est requise et ce
par voie de requête formée par le créancier.
En cas de conciliation, il est procédé à la saisie après que le président ait
vérifié si le montant de la créance en principal, intérêt et frais et s’il ya lieu
tranché les contestations soulevées par le débiteur.
L’employeur a l’injonction de déclarer au greffe dans les 15 jours la
situation de droit existant entre lui-même et le débiteur saisi et les
éventuelles cessions ou saisies en cours d’exécution ainsi que toute
information permettant la retenue lorsque la saisie est pratiquée sur un
traitement ou salaires payé sur les fonds publics.

70
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

§9 Procédure simplifiée pour les créances d’aliments (art. 213 à 217


AUPSRVE)

Les créanciers d’aliments peuvent en vertu d’un titre exécutoire pratiquer une
saisie simplifiée sur la partie saisissable des salaires, rémunérations, traitements et
pensions payées au débiteur d’aliments sur des fonds publics ou particuliers.

Leur créance est préférée à toutes autres quel que soit le privilège dont ces
derniers peuvent être assortis

Le tiers saisi verse directement au saisissant contre quittance le montant de sa


créance alimentaire. Les contestations relatives à cette procédure ne sont pas
suspensives d’exécution.

Elles sont formées par déclaration écrite ou verbal au greffe de la juridiction du


domicile du débiteur de la pension.

Qui sont créanciers d’aliments selon le code de la famille de la RDC ? (Art. 750 et suivants
du code de la famille).

L’obligation alimentaire existe entre parents en ligne directe, entre frères et sœurs, entre
oncles ou tantes entre neveux et nièces, et enfin entre alliés en ligne directe. (article 720
à 723 du code de la famille).
L’arrérage est le terme échu d’une rente, d’une pension, d’une redevance
quelconque. L’obligation alimentaire est d’ordre public et elle est intransmissible à cause
de la mort, elle est incessible, elle ne peut être éteinte par la compensation.

SOUS SECTION II LE REGLEMENT JURIDICTIONNEL PAR VOIE


D’INJONCTION A PAYER, D’ACTION OBLIQUE et D’ACTION PAULIENNE (Cfr supra
page 39 et suivant et page 47 et suivant)

71
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

CONCLUSION

Le Droit intervient dans la relation qui lie le créancier et le débiteur en


réglementant les droits et les obligations de chacune de ces parties au contrat de prêt.

Nous avons défini le concept crédit et nous avons mis en exergue son rôle capital
dans les affaires et dans la vie des ménages.

Le mécanisme de crédit est basé sur la notion de confiance et la bonne foi entre
les parties.

Les litiges en matière de recouvrement de créance peuvent trouver une solution


à l’amiable ou par voie juridictionnelle.

Le débiteur a intérêt à être prudent et réfléchi avant de s’endetter mais aussi à


être diligent pour honorer ses engagements afin de s’épargner des déboires qui peuvent
découler du règlement juridictionnel du recouvrement des créances.

Nous avons relevé l’importance du crédit pour le bon fonctionnement de


l’économie et l’émergence de l’entreprenariat.

La grave crise économique mondiale due à la pandémie de la COVID 19


paralyse l’accès au crédit et entraine la faillite d’un grand nombre d’entreprise.

Seuls les prêts sans intérêt émanant des institutions financières tant nationales
qu’internationales peuvent aider les entreprises et les Etats en difficulté de relancer leurs
activités économiques.

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Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

Table des matières


Chapitre I. LE CREDIT ..................................................................................................................... 1
SECTION 1. LES INSTRUMENTS DE PAIEMENT ET DE CRÉDIT ...................................................... 7
Sous-section 1. Les instruments de paiement......................................................................... 7
Sous-section 2. Les instruments du crédit .............................................................................. 9
SECTION 2 : LA NATURE ET L’IMPORTANCE DU CREDIT ........................................................... 12
SECTION 3. LES GARANTIES EN VUE DE L’OCTROI DU CREDIT................................................... 13
§ 1. Les garanties (sûretés personnelles) .............................................................................. 13
SECTION 4. LE CONTRAT DE PRÊT ............................................................................................ 14
Notion générale ................................................................................................................... 14
§1 le crédit découle essentiellement du contrat de prêt ...................................................... 14
§2. Les droits et obligations des parties au contrat de prêt .................................................. 15
SECTION 5. LES GARANTIES EN VUE DE L’OCTROI DU CRÉDIT................................................... 16
§1. Les (sûretés) garanties personnelles ............................................................................... 16
A. Le cautionnement ............................................................................................................ 16
B. La garantie et la contre garantie autonome ...................................................................... 19
§ 2. Les garanties réelles ...................................................................................................... 22
A. 1. Le droit de rétention ................................................................................................. 22
De la réserve de propriété.................................................................................................... 23
A. 2. La propriété cédée à titre de garantie ....................................................................... 23
A. 3. Le gage des meubles corporels .................................................................................. 24
A. 4. Le nantissement de meubles incorporels (art 125 à 178) .............................................. 27
A. 5. Les privilèges ............................................................................................................. 30
A. 6. Les Hypothèques (article 190 à 202 aus) ...................................................................... 32
§ 3. Distribution des deniers et classement des sûretés ....................................................... 34
SECTION 6. LES MECANISMES DE RECOUVREMENT DE CREANCE ............................................. 36
§ 1. L’injonction de payer, de délivrer ou de restituer .......................................................... 36
a. Notion........................................................................................................................... 36
b. Condition ...................................................................................................................... 36
c. Procédure ..................................................................................................................... 37
d. Effets de la décision portant injonction à payer............................................................. 38
§ 2. Injonction de délivrer ou de restituer ............................................................................ 38
§2. Le paiement volontaire .................................................................................................. 41
§ 4. L’action oblique ou l’action subrogatoire ....................................................................... 42
73
Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

§ 5. L’action paulienne ou l’action révocation. ..................................................................... 43


Chapitre II. APERÇU SUR LES INSTITUTIONS FINANCIÈRES ........................................................... 44
SECTION 1. NOTION GENERALE SUR LES BANQUES .................................................................. 44
SECTION 2. LES BANQUES CENTRALES ..................................................................................... 44
SECTION 3. LES BANQUES COMMERCIALES.............................................................................. 45
SECTION 4. LES INSTITUTIONS FINANCIÈRES INTERNATIONALES .............................................. 45
§1. La Banque mondiale BIRD .............................................................................................. 46
§ 2. LE FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL FMI .................................................................... 46
§.3 LA BANQUE AFRICAIN DE DEVELOPPEMENT BAD ........................................................... 47
Section 4. Particularité de la responsabilité de la Banque ..................................................... 52
Chapitre III. LA PARTICULARITE DU CREDIT BANCAIRE ................................................................ 47
SECTION 1. CONDITION D’OCTROI ........................................................................................... 47
1. Compte de dépôt .......................................................................................................... 48
2. Compte bloqué ............................................................................................................. 48
3. Compte courant ............................................................................................................ 48
4. Le compte d’épargne .................................................................................................... 49
5. Compte joint ................................................................................................................. 49
SECTION 2. INTÉRÊT BANCAIRE ................................................................................................ 49
1. L’intérêt simple ............................................................................................................. 49
2. L’intérêt composé ......................................................................................................... 49
3. Modalité de versement ................................................................................................. 50
SECTION 3. MECANISME DE RECOUVREMENT ......................................................................... 50
1. Calcul des intérêts ......................................................................................................... 50
Chapitre IV. REGLEMENT DU CONTENTIEUX EN MATIERE DE CREDIT .......................................... 52
SECTION 1. LE REGLEMENT A L’AMIABLE ................................................................................. 52
§ 1. Règlement amiable ou règlement par consensus........................................................... 53
§ 2. La conciliation de comptes ............................................................................................ 53
§ 3. La compensation ........................................................................................................... 53
§ 4. Le paiement volontaire de la dette ................................................................................ 54
§ 5. La transaction ................................................................................................................ 54
§ 6. Les offres réelles ........................................................................................................... 54
SECTION 2. REGLEMENT JURIDICTIONNEL ............................................................................... 55
SECTION 3. REGLEMENT JURIDICTIONNEL .......................................... Erreur ! Signet non défini.

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Professeur Joseph TSHIBASU PANDAMADI

§ 1. Les saies conservatoires ................................................................................................ 56


A. Notion et formalité (art 54 à 67 aupsrve) ...................................................................... 56
B. Contestation ................................................................................................................. 57
§ 2. La saisie conservatoire des biens meubles corporels ..................................................... 58
a. Modalité de saisie ......................................................................................................... 58
b. Conversion en saisie vente ............................................................................................ 58
c. Pluralité de saisie .......................................................................................................... 59
§3. La saisie conservatoire des créances............................................................................... 60
a. Modalité de saisie. ........................................................................................................ 60
b. Conversion en saisie attribution ....................................................................................... 60
§ 4. La saisie conservatoire des droits des associés et des valeurs mobilières. ...................... 61
§ 5. La saisie vente ............................................................................................................... 61
§ 6. Contestation relative aux biens saisis et à la propriété .................................................. 64
La saisie immobilière ............................................................................................................ 65
Procédure simplifiée pour les créances d’aliments (art. 213 à 217 aupsrve) ......................... 71
Qui sont créanciers d’aliments selon le code de la famille de la RDC ? (Art. 750 Ets) ............ 71
La saisie attribution des créances (Art. 153 à 172 de l’AUPSRVE).......................................... 67
I. L’injonction de payer ....................................................................................................... 71
A. Condition pour obtenir la décision portant injonction de payer Erreur ! Signet non défini.
B. Formalités à remplir ................................................................. Erreur ! Signet non défini.
C. Procédure à suivre ................................................................... Erreur ! Signet non défini.
D. Examen de recours .................................................................. Erreur ! Signet non défini.
E. Effet de la décision ................................................................... Erreur ! Signet non défini.
II. La décision portant injonction de délivrer ou de restituer............ Erreur ! Signet non défini.
1. Formalité ................................................................................. Erreur ! Signet non défini.
2. Voie de recours ........................................................................ Erreur ! Signet non défini.
3. Effets de la décision ................................................................. Erreur ! Signet non défini.
Les procédures simplifiées de recouvrement ...................................... Erreur ! Signet non défini.

Table des matières


………..……………………………………………………………………………………………………………………………………….. 85

75