Vous êtes sur la page 1sur 22

N.

EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

Département Sciences et techniques


*****

Filière : Master PACQ

Module M11: Traitement des eaux


& des effluents

Traitement des eaux


Présenté par :
usées Hicham EZ-ZYN

Responsable : Noureddine EL BARAKA

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 1


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

CHAPITRE I : EAUX USEES


I .1. INTRODUCTION

I.2. LES DIFFERENTS TYPES DES EAUX USEES

I.2.1. LES EAUX USEES DOMESTIQUES

I.2.2. LES EAUX PLUVIALES

I.2.3. LES EAUX USEES INDUSTRIELLES

I.3. ORIGINE DES EAUX USEES

I.4. COMPOSITION DES EAUX USEES

CHAPITRE II : PRETRAITEMENT DE L’EAU USEES

II.1.DEGRILLAGE

II.2.TAMISAGE

II.3.DESSABLAGE

II.4.DESHUILAGE – DEGRAISSAGE

II.5. DEBOURBAGE

CHAPITRE III : TRAITEMENT DEL’EAU USEES

III.1. PRE–CHLORATION

III.2. DECANTATION

III.3. COAGULATION – FLOCULATION

III.4. FILTRATION

III.5. DESINFECTION

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 2


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

Chapitre I : Eaux usées

I .1. Introduction:

L'eau, indispensable à la vie, est une ressource très recherchée. Dès lors, les
collectivités locales sont contraintes de prendre cette ressource en compte dans leur plan
d'aménagement et d'améliorer les installations d'épuration existantes. La pollution de
l'eau est une dégradation physique, chimique, biologique ou bactériologique de ses
qualités naturelles, provoquée par l'homme et ses activités. Elle perturbe les conditions
de vie de la flore et de la faune aquatiques. La dégradation des ressources en eau, sous
l’effet des rejets d’eaux polluées, peuvent non seulement détériorer gravement
l’environnement mais aussi entrainer des risques de pénurie, d’où la nécessité de traiter
ces eaux usées avant de les rejeter dans le milieu récepteur. Cette pollution est
provoquée par le rejet d’eau salie par nos activités domestiques, et par de diverses
activités industrielles et agricoles, nécessaires pour nous fournir les aliments et biens
dont nous avons besoin. Les rejets des eaux usées augmentent du fait de
l'industrialisation et l'élévation de niveau de vie de la population, les capacités d'auto-
épuration sont jugées dépassées ce qui pousse les chercheurs à développer plusieurs
techniques pour épurer ces effluents. L’installation des systèmes d’épuration en aval des
réseaux d’assainissement constitue une des solutions si non la seule capable de préserver
les ressources en eau.
En parlant de l’eau usée il semble important d’avoir une idée sur ses types, son origine
et ses caractéristiques, ainsi que les différentes méthodes utilisées pour son épuration.

I.2. Les différents types des eaux usées :

Les eaux usées regroupent les eaux résiduaires domestiques (les eaux vannes et les
eaux ménagères), les eaux de ruissellement et les effluents industriels (eaux usées des
usines). Ils constituent donc un effluent pollué, et qui sont rejetées dans un émissaire
d'égout vers le milieu naturel.

On distingue 3 types des eaux usées :

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 3


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

I.2.1. Les eaux usées domestiques :

Les eaux usées domestiques comprennent les eaux ménagères (Bains et Douches 39%,
Chasses d’eau 20%, Linge 12%, Vaisselle 10%, Lavage Voiture 6%, Cuisine 6%) et les
eaux vannes (urines et matières fécales). Ces eaux contiennent des matières minérales
(chlorures, phosphates, sulfates, etc.), et des matières organiques constituées de
composés ternaires, tels que les sucres et les graisses.

Les volumes annuels des rejets des eaux usées des villes ont fortement augmenté au
cours des dernières décennies. Ils sont passés de 48 à 666 Mm3 /an entre 1960 et 2010.
Une grande partie (61%) de ces volumes est déversée directement dans l’océan. Le reste
(39%) est rejeté dans le réseau hydrographique ou directement dans le sol. Le volume
d’eaux usées déversées par les villes marocaines est estimé à près de 550 millions m3
par an, dont 45% sont épurées grâce à 117 stations. De même, les prévisions établies
montrent que ces rejets continueront à croître rapidement pour atteindre plus de 970
Mm3 /an à l’horizon 2030.

Etude Stratégique sur la réutilisation des Eaux Usées Déversées en mer

Pour rattraper le retard en matière de traitement des eaux usées, le Maroc prévoit de
réaliser 260 stations d’épuration d’ici d’horizon 2020 (ONEP, 2009).

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 4


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

I.2.2. Les eaux pluviales:

Par définition, les eaux pluviales sont les eaux de pluie proprement dites mais aussi les
eaux provenant de la fonte de la neige, de la grêle ou de la glace tombant ou se formant
naturellement sur une propriété. Aussi appelées eaux de ruissellement (eaux pluviales,
eaux d'arrosage des voies publiques, eaux de lavage des caniveaux, des marchés et des
cours). Les eaux qui ruissellent sur les toitures, les cours, les jardins, les espaces verts,
les voies publiques et les marchés entraînent toutes sorte de déchets minéraux et
organiques : de la terre, des limons, des déchets végétaux, etc., et toute sortes de
micropolluants (hydrocarbures, pesticides, détergents...etc).

L’eau de pluie est naturellement polluée. En effet les gouttes d’eau ne peuvent
atteindre une taille suffisante pour tomber vers le sol que s’il existe des particules
solides dans l’atmosphère permettant d’initier le processus de nucléation. Une partie des
polluants atmosphériques urbains sont donc entraînés vers le sol lors des périodes
pluvieuses. Le facteur limitant le plus fréquent est le pH (pluies acides), mais cette
acidité est très rapidement tamponnée par les matériaux sur lesquels elle ruisselle ou
qu’elle traverse.

II.2.3. Les eaux usées industrielles :

Tous les rejets résultant d'une utilisation de l'eau non domestique sont qualifiés de
rejets industriels. Cette définition concerne les rejets des usines, mais aussi les rejets
d'activités artisanales ou commerciales.Ces eaux ont une grande variété et peuvent être
toxiques pour la vie aquatique, ou pour l'homme. Les eaux résiduaires sont celles qui ont
été utilisées dans des circuits de réfrigération, qui ont servi à nettoyer ou laver des
appareils, des machines, des installations, des matières premières ou des produits d'une
usine, elles peuvent contenir des substances chimiques utilisées au cours des
fabrications. Les liquides résiduaires sont des liquides résultant des fabrications ; c'est le
cas des solutions de produits chimiques, des solutions de sous-produits, ou le cas des
liquides acides provenant de la vidange des cuves de décapage des métaux.

Les rejets industriels peuvent donc suivre trois voies d'assainissement,

- ils sont directement rejetés dans le réseau domestique.


- ils sont prétraités puis rejetés dans le réseau domestique.
- ils sont entièrement traités sur place et rejetés dans le milieu naturel.

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 5


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

Le tableau suivant donne Principales utilisation industrielles de l’eau et sources d’eau


possibles :

I.3. Origine des eaux usées :


Les eaux usées proviennent essentiellement des activités domestiques et industrielles
ainsi que des eaux souterraines et des précipitations, ces catégories d’eaux usées sont
communément appelées respectivement :
1- Les eaux usées domestiques.
2- Les eaux usées industrielles.
3- Le ruissellement dans les zones agricoles.
4-Les eaux de pluie et de ruissellement dans les villes.

I.4. Composition des eaux usées :

La composition des eaux usées (Tableau), est extrêmement variable en fonction de


leur origine. Elles peuvent contenir de nombreuses substances, sous forme solide ou

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 6


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

dissoute, ainsi que de nombreux microorganismes. En fonction de leurs caractéristiques


physiques, chimiques, biologiques et du danger sanitaire qu'elles représentent, ces
substances peuvent être classées en quatre groupes : les matières en suspension, les
micro-organismes, les éléments traces minéraux ou organiques, et les substances
nutritives (Baumont et al. 2004).

Composition des eaux usées

(*) MO= (DCO+ 2DBO)/3


(***) METOX : métaux toxiques
(***) AOX : composés organohalogénés adsorbables sur Charbon actif

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 7


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

Chapitre II : Prétraitement de l’eau usée

Introduction

Les prétraitements sont destinés à séparer des eaux résiduaires :


- les matières solides volumineuses risquant d’obstruer les canalisations de
l’installation de traitement ;
- les matières flottantes et les polluants liquides (huiles, hydrocarbures) non miscibles
à l’eau et généralement moins denses qu’elle.

Ils sont constitués d’un ensemble d’opérations physiques et mécaniques : dégrillage,


tamisage, dessablage, déshuilage- dégraissage et débourbage dont la mise en œuvre
est largement dépendante de la nature et des caractéristiques des rejets industriels à
traiter et aussi de la ligne de traitement prévue en aval. Les matières typiques qui sont
retirées au cours du traitement primaire comprennent les matières grasses, les huiles et
les graisses, le sable, les graviers et les pierres, les substances solides et les matériaux
flottants de plus grande dimension pouvant décanter (comme des chiffons, des bâtons et
des bidons).

II.1.Dégrillage:
C’est une étape préliminaire qui s’effectue à l’entrée de la prise d’eau brute pour retirer
de l’eau les déchets insolubles tels que les branches, les plastiques, les serviettes
hygiéniques.Son principe est extrêmement simple, puisqu’il consiste à faire passer l’eau
brute à travers des grilles composées de barreaux placés verticalement ou inclinés de 60
à 80˚ sur l’horizontale. L’espacement des barreaux varie de 10 à 100 mm. La vitesse
moyenne de passage de l’eau entre les barreaux est comprise entre 0,6 et 1 m/s.

Les grilles sont en général équipées de systèmes automatiques de nettoyage, un


dispositif mécanique agissant en amont ou en aval du champ de la grille, pouréviter leur
colmatage. Le dégrillage est classé en trois catégories selonl'écartement entre barreaux
de grille :

 le prédégrillage, pour un écartement supérieurà 40 mm


 le dégrillage moyen, pour un écartement de 10 à40 mm

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 8


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

 le dégrillage fin, pour un écartement inférieurà 10 mm


Une fois les déchets stoppés par la grille, il faut les remonter.

Lorsque les eaux brutes fortement chargées le colmatage accéléré peut provoquer un
débordement. Le dégrilleur devra permettre le passage de l’eau par débordement en cas
de colmatage.

 Une grille génère une perte de charge hydraulique i(m), telle que :

i (m) = Ds .( e / E)4/3 . V²/2g


Avec :
Ds : coefficient de forme des barreaux circulaire = 1,8 ; oblongue = 1,7
e : épaisseur des barreaux (m)
E : espace libre entre les barreaux (m), (écartement)
V : vitesse moyenne d’arrivée de l’eau
 Calcul de la largeur de la grille :

Surface immergée : S = Qpointe /V. θ.C


Avec :
V : vitesse admise pour le débit Q considéré
C : coefficient de colmatage
θ : coefficient de passage libre = E / [E + e]
La quantité de refus de dégrillage peut être variable selon la période de l’année et le
secteur considéré au sein d’une même commune.

II.2. Tamisage
Le tamisage assure un dégrillage poussé par filtration des eaux brutes sur toile, treillis

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 9


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

ou tôle perforée, à mailles plus ou moins fines.


On distingue classiquement, selon la dimension des mailles de la toile, le
macrotamisage, qui est destiné à retenir les particules supérieures à 200 m et le
microtamisage, qui retient les particules plus petites, dont l’application aux
prétraitements des eaux résiduaires est très limitée en raison d’un colmatage trop rapide.
Par contre, le macrotamisage est souvent utilisé dans le prétraitement de certaines eaux
résiduaires industrielles, pour séparer des matières flottantes diverses, des débris
végétaux et animaux et les fibres comme dans l’industrie papetière.
Selon les dispositifs de nettoyage et d’extraction des déchets, on peut distinguer
différents types de tamis.

Par exemple : Microtamis rotatif

L’appareil se présente sous la forme d’un tambour cylindrique à axe horizontal,


partiellement immergé dans les eaux résiduaires à traiter. Ce tambour est formé par une
succession de panneaux filtrants, constitués par une toile d’acier inoxydable ou de
bronze, tendues sur un cadre métallique. Le tamisage se fait de l’intérieur vers
l’extérieur du tambour ou inversement

Déversoir

Déflecteur
Eau brute
à tamiser

Racleur
Caisson de
répartition

Déchets
Liquide Filtre
tamisé rotatif

Figure : Tamis rotatif filtrant

II.3. Dessablage:
Le dessablage a pour but d’extraire des rejets industriels, les graviers, les sables et autres
matières minérales denses, supérieure à 200 μm mélangés dans les eaux, de façon à
éviter les dépôts dans les conduites et canaux, et à protéger les pompes contre l’abrasion.
Ce matériau, s’il n’était pas enlevé, se déposerait plus loin, gênant le fonctionnement de
la station et mécaniques comme les pompes.

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 10


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

Sur le plan technologique on distingue :


— les dessableurs couloirs (à écoulement rectiligne), dont la vitesse d’écoulement est
variable ou constante ;
— les dessableurs circulaires, à alimentation tangentielle (figure), à brassage
mécanique ou à insufflation d’air (pour éviter les dépôts de matières organiques, en
heures creuses, avec faible débit) ;

— les dessableurs rectangulaires à insufflation d’air. On insuffle de l’air qui


provoque une rotation de liquide et crée ainsi une vitesse constante de balayage du fond,
perpendiculaire à la vitesse du transit, laquelle, beaucoup plus faible, peut alors être
variable sans inconvénient.
Le dessableur doit être conçu pour que la vitesse de l’eau à l’intérieur de l’ouvrage soit
comprise entre 0,2 et 0,4 m/s.
La conception du dessableur se fait en fonction du choix de la taille des particules à
éliminer (0,2 mm) et de leur pourcentage à éliminer (80 à 95 %).
Le calcul du dimensionnement se fait de manière suivante:
Surface :

Volume :

Hauteur:

avec :
Vasc :vitesse ascensionnelle des particules (m/s) (déterminée au laboratoire)

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 11


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

V :volume (m3)
τ :temps de séjour (jours)
S : surface (m2)

II.4. Déshuilage – dégraissage


On peut considérer que le déshuilage-dégraissage se rapporte à l’extraction de toutes
matières flottantes d’une densité inférieure à celle de l’eau.
La teneur de certains rejets industriels (abattoirs, laiteries, etc.) peut atteindre des
valeurs de 300 à 500 mg/L ; par ailleurs ces matières peuvent former une émulsion
stable entretenue par le brassage de l’eau ou constituer une phase indépendante non
émulsionnée.
Les huiles et les graisses, lorsqu’elles ne sont pas émulsionnées sont séparées sous
forme de boues flottantes dans des ouvrages longitudinaux ou circulaires comportant
une zone d’aération où les bulles d’air augmentent la vitesse de montée des particules
grasses et une zone de tranquillisation où s’effectue la récupération.

Ces dispositifs présentent une grande compacité et une bonne efficacité sur les
gouttelettes fines d’eaux résiduaires moyennement chargées en hydrocarbures. Il
convient de noter que, dans le cas d’émulsions huileuses stables, la séparation des

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 12


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

hydrocarbures ne peut être réalisée, si au préalable on n’assure pas le « cassage » de


l’émulsion par des moyens chimiques (addition d’acides forts, de réactifs coagulants du
type sel de fer ou d’aluminium).

II.5. Débourbage:

C’est une opération qui précède la clarification des eaux brutes, c'est-à-dire c’est une
opération de pré-décantation qui a pour but d’éliminer certaines matières en suspension
(MES) (limons et sables fins). Cette technique est utilisée quand la teneur en MES est
supérieure à 2 g/l. L'efficacité d'un débourbage est évaluée par mesure de la turbidité, et
de la distribution de granulométrie des particules.

Exercices d’application :
I -On se fixe une vitesse ascensionnelle des particules de sable de 14 m/h. Notre débit à
traiter est de 2000 m3 par jour et nous avons un temps de séjour hydraulique de 30
minutes.
Question : Déterminer les caractéristiques d’un déssableur cylindrique?
II – Une grille génère une perte de charge hydraulique, ce grille a une espace libre entre
les barreaux circulaire de 2 cm et une épaisseur des barreaux de 5 mm. La vitesse osciller
entre 0,8 et 0,9 m/s et rester inférieure à 1,2 m/s en débit de pointe.
Question : Déterminer la charge hydraulique ?

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 13


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

Chapitre III : Traitement d’eau usée

Après les étapes un prétraitement approprié de l’eau, destiné à éliminer les


matières insolubles les plus grossières, un traitement de clarificationpour devenir
conforme aux normes définies par la réglementation, dans sa version la plus complète,
est constitué de quatre phases successives : coagulation, floculation, décantation ou
flottation, filtration.
Les principales étapes du traitement passent selon ces différentes phases :
— réactifs et technologie de la coagulation et de la floculation (en y incluant les
conséquences éventuelles de l’emploi de certains coagulants sur la composition minérale
de l’eau) ;
— principes et appareils des différentes méthodes de décantation : statique, à contact
de boues (lit de boues ou recirculation de boues), à floc lesté, lamellaire (ce dernier type
de décantation pouvant être combiné avec chacune des autres techniques) ;
— examen de la flottation, qui constitue une variante intéressante à la décantation
pour clarifier les eaux peu chargées en matières en suspension, mais colorées et/ou
riches en microalgues planctoniques ;
— les différents modes de la filtration classique (un paragraphe spécifique sera
consacré à la filtration sur membranes : en profondeur sur milieu granulaire (à sable ou
multicouche) ou en surface sur support (filtres à cartouches, à bougies ou à précouche) ;
la filtration sur sable est particulièrement développée dans ce chapitre, du fait de la
variété de ses appareils et de l’importance de ses applications.

III-1. PRE–CHLORATION:

La pré-chloration est un procédé utilisé en cas ou’ l’eau brute est chargée en matières
organiques. Elle est souvent recommandable avant la décantation, pour permettre au
chlore d’agir à temps et de décomposer les matières organiques afin de faciliter leur
décomposition dans les décanteurs. Le produit généralement utilisé est le chlore Cl2mais
on peut utiliser l’hypochlorite de calcium Ca(OCl)2 et l’hypochlorite de sodium NaClO
(eau de Javel). Ces composés se dissolvent pour donner l’acide hypochloreux HClO.

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 14


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

NaClO + H2O → NaOH + HClO


HClO → H+ + OCl-(ion hypochlorite)

Cette étape répond à de nombreux objectifs et présente de nombreux avantages


notamment :
 Une oxydation des minéraux tels que : le Fer et le Manganèse
 Une décoloration de l’eau
 Détruire les matières organiques. (Améliorer le goût et l’odeur de l’eau).
 Détruire les micro-organismes et inhiber la croissance algale.

En effet, l’oxydation de ces matières organiques, facilite la floculation et la décantation


car leur décomposition permet la formation de gros flocs qui descendent sous l’effet de
leur poids au fond du décanteur.

III-2. COAGULATION – FLOCULATION:

La coagulation-floculation est une technique de prétraitement physico-chimique, qui


consiste à injecter des produits chimiques appelés « coagulant » ou « floculant » à des
eaux brutes pour agglomérer les particules en suspension entre elles et favoriser leur
décantation.exp: Les colloïdes.

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 15


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

Les colloïdes sont caractérisés par leur très faible diamètre, leur charge de surface
négative qui entrainent des répulsions électrostatiques empêchant toute décantation et
sont notamment responsables de la couleur et de la turbidité de l'eau de surface, elles sont
également la cause des nuisances organoleptiques

1. Coagulation :
a- Principe

Consiste à ajouter à l’eau un électrolyte permettant de neutraliser leur charge


électrostatique (négatives) qui est à l’origine du maintien en suspension stable. On
utilise généralement des sels d’un métal trivalent (positif), Fe 3+ ou Al3+ de
formuleAl2(SO4)3,18H2O.

+ + +
++ +
+ + ++ – +
++ –
+ +
++ +
+ ++ – – +
+
++
+ + –
+ ++ +
+ + ++ +
+
++
Potentiel (mV)

Nouveau potentiel zêta

0 Distance

L'introduction d'ions positifs trivalent sa baisse le potentiel zêta jusqu'à obtention du


potentiel critique,à partir du quelles forces d'attraction l'emportent,permettant ainsi la
coagulation.

La coagulation est optimale pour une introduction de charges électriques positives


correspondant à l’annulation du potentiel zêta, potentiel que l’on mesure en observant la
vitesse de déplacement des particules colloïdales sous l’action d’un champ électrique
dans un appareil d’électrophorèse dit zêtamètre.
Pour la clarification de la plupart des eaux, on peut se contenter d’utiliser une dose de
coagulant permettant d’obtenir un potentiel zêta voisin de – 5 mV ; par contre,
lorsqu’une eau est riche enplancton ou en acides humiques, il est indispensable d’utiliser
une dose de coagulant assurant l’annulation du potentiel zêta.Il faut noter que la
coagulation n’est correcte qu’à l’intérieur d’une zone de pH bien déterminée (pH
supérieur à 4 pour le chlorure ferrique, compris entre 6 et 7 pour le sulfate
d’aluminium).

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 16


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

Pour être efficace, la coagulation demande une dispersion immédiate du coagulant dans
l’eau, afin que les charges électriques des particules colloïdales soient déchargées
uniformément ; à cet effet, on utilise des mélangeurs rapides qui comportent un agitateur
du type à hélice ou à pales (turbine) mis en place dans une chambre de mélange
spéciale.

Réactif

Entrée Sortie
d’eau d’eau

Vidange

b- Chimie de la coagulation

Il est souvent important de connaître l’influence de l’emploi d’un coagulant sur les
caractéristiques physico-chimiques de l’eau traitée.

Avec le sulfate d’aluminium par exemple (cas le plus courant), la précipitation de


l’hydroxyde d’aluminium (qui formera les micro micelles en englobant les colloïdes
déchargés électriquement) résulte de deux réactions successives d’hydrolyse du produit
coagulant et de neutralisation de l’acidité ainsi libérée par l’alcalinité (titre
alcalimétrique complet TAC) de l’eau :

 hydrolyse du coagulant :

Al2(SO4)3 + 6H2O 2Al(OH)3 + 3H2SO4

 neutralisation par le TAC :

3H2SO4 + 3Ca(HCO3)2 3CaSO4 + 6CO2 + 6H2O

 réaction globale :
Al2(SO4)3 + 3Ca(HCO3)2 3CaSO4+ 2Al(OH)3 + 6CO2

La diminution du TAC et la libération de CO2 libre abaissent le pH de l’eau ; dans les


eaux très douces et acides, où l’alcalinité est insuffisante, l’emploi d’un réactif alcalin

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 17


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

comme la chaux permet la neutralisation de l’acide fort libéré et le maintien d’un pH


favorable à la précipitation totale de l’hydroxyde d’aluminium :
Al2(SO4)3 + 3Ca(OH)2 3CaSO4+ 2Al(OH)3

2-La floculation :
L’objectif de cette technique c’est de favoriser les contacts entre les particules
déstabilisées(les colloïdes). il ne s’agit ici que de réactions globales ; les mécanismes
réels de formation de ce précipité gélatineux (ou floc) sont pluscomplexes et font
intervenir des formes intermédiaires entre l’ion Al3+ et l’hydroxyde Al(OH)3. Ces
particules s’agglutinent pour former des flocs qui peuvent être éliminés par décantation,
flottation ou filtration.
La formation du floc étant amorcée par l’introduction du coagulant, il est nécessaire
d’accroître son volume, sa masse et sa cohésion.Les floculants sont aussi appelés
adjuvants de coagulation ou de floculation. Ils peuvent intervenir au niveau de la
filtration (vis-à-vis de l’avancement du front de colmatage, évitant ainsi les phéno-
mènes de « crevaison » des filtres) aussi bien qu’à celui de la floculation-décantation
(vitesse de floculation ; floc plus gros, donc mieux décantable ; cohésion accrue dans
les appareils à contact de boues).
On peut classer les floculants en deux groupes : Floculants minéraux ; Floculants
organiques.

III-3. DECANTATION:

Elle s’effectue suite à la floculation, c’est un procédé de traitement qui consiste à

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 18


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

décanter les flocs formés lors de la phase de floculation au fond de décanteur sous l’effet
pesanteur(gravitation), pour former la boue qui devra être régulièrement extraite.
La décantation a pour objectif de séparer, par gravité, le floc formé de l'eau. Ce floc est
récupéré par décantation en fond de l’ouvrage et constitue des boues, qui sont extraites
périodiquement. Il existe deux grands types de décanteurs : les décanteurs à flux
horizontal et les décanteurs à flux vertical.
Les décanteurs à flux horizontal ou décanteurs « couloir » sont des ouvrages
longitudinaux de forme parallélépipédique traversés par un débit d’eau « à décanter ».
L’eau décantée est reprise dans la partie aval et les boues sont récupérées en fond
d’ouvrage. La vitesse de chute des particules du floc dépend essentiellement de la
surface de décantation et non pas de la hauteur entre le plan d’eau libre et le radier (fond
de bassin). C’est pourquoi ces ouvrages comportent souvent plusieurs étages de
décantation superposés de faible hauteur. En pratique, une hauteur minimale reste
toutefois nécessaire, de manière à pouvoir accumuler une quantité raisonnable de boues
dans l’ouvrage avant évacuation ; ce qui tends à limiter la multiplication des étages.
Les décanteurs lamellaires – équipés de faisceaux de plaques ou de tubes parallèles –
contournent cet écueil, car le floc qui se dépose sur les lamelles inclinées, glisse et peut
être évacué en continu. Cela permet une réduction de l'encombrement au sol des
ouvrages d’environ un facteur 10.

Les décanteurs à flux vertical sont des ouvrages de formes coniques, tronconiques ou
pyramidales, dans lesquels l’eau suit un trajet vertical. La vitesse de chute des particules
du floc est uniquement contrariée par la vitesse ascensionnelle de l’eau (et par les forces
de frottements). L’équilibre de ces vitesses conduit à la formation d’un « voile de boue
», qui constitue le principe de base du fonctionnement de tous les décanteurs verticaux.
Ce « voile de boue » est en effet essentiel, car il joue un rôle de filtre en retenant les

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 19


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

flocons de faible dimension : c’est le phénomène de coalescence. L’ouvrage « de base »


est un décanteur statique : l’eau brute arrive au sommet d’une colonne, descend au fond
de l’ouvrage (généralement très profond) puis remonte en abandonnant son floc.
Diverses améliorations ont été apportées aux décanteurs verticaux par les différents
concepteurs :
- Les décanteurs à circulation de boues font appel à des dispositifs de recirculation de
boues ou de circulation forcée (turbine) qui accélèrent la décantation.
- Les décanteurs à lit de boues pulsés font appel à un dispositif de brassage hydraulique :
l’eau à décanter est admise dans une cloche à vide qui se vidange à intervalles réguliers
et produit des à-coups hydrauliques (ou pulsations) qui mettent en mouvement le lit de
boues. Ces mouvements alternatifs favorisent la cohésion du floc.
- Les décanteurs à floc lesté utilisent du microsable pour lester le floc et favoriser sa
décantation. La récupération du microsable est ensuite obtenue par la mise en œuvre
d'un appareil en forme de tronc de cône– appelé hydrocyclone – qui récupère les boues
extraites du décanteur et effectue la séparation du sable et des boues. Le sable est ensuite
recyclé en tête de la clarification (au niveau de l’étape de floculation)
Les différentes technologies développées cherchent à augmenter la vitesse de passage de
l’eau et/ou la surface de décantation du floc, de manière à réduire la taille des ouvrages
et à obtenir des gains sur le génie civil.

Remarque: Plus de 95% des matières en suspension sont éliminées lors de cette étape.
Finalement, les dispositifs mis en place combinent souvent plusieurs de ces techniques,
de manière à s’adapter à la taille des unités de production et à l’espace disponible ; dans
le souci du meilleur compromis technico- économique ; tant en investissement qu’en
fonctionnement.

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 20


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

III-4. FILTRATION:
La filtration est un procédé de séparation permettant de séparer les constituants d'un
mélange qui possède une phase liquide et une phase solide à travers d'un milieu poreux
Les plus petites particules qui n'ont pas sédimenté ou décanté seront en effet éliminées
par cette étape, qui consiste à faire passer l’eau à travers un matériau poreux constitué
d’un matériau granulaire, le type de filtration le plus répandu est la filtration sur sable.
Objectif : retenir les dernières particules en suspension non éliminée dans le décanteur,
en faisant circuler l'eau à travers un milieu poreux qui est le plus souvent du sable.
L'efficacité de la filtration dépend de la taille des grains de sable, de la hauteur de la
couche de sable et de la vitesse de filtration.

Dans une filière moderne de potabilisation, on utilise la filtration rapide, avec une
vitesse de filtration d’une dizaine de mètres par heure. Au fur et à mesure du passage de
l'eau au travers du lit filtrant, les matières retenues s'accumulent dans les interstices
entre les grains de sable et le filtre se colmate. Il faut donc le laver régulièrement en
envoyant (de bas en haut) un courant d’air pour détasser le sable, puis un courant d'eau

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 21


N. EL BARAKA Master PACQ 2019/2020

et d'air qui permet de détacher et d’entraîner les particules fixées sur les grains. A la
remise en service du filtre, les premières eaux sont soit rejetées au milieu naturel, soit
recyclées en tête de traitement.
Ce traitement doit réduire la turbidité de l’eau à des valeurs inférieures ou égales à 0.5
NTU. (Unité de turbidité néphélométrique), et le type de filtration le plus répandu est la
filtration sur sable.
III-5. DESINFECTION:

La désinfection est l’étape terminale du traitement de l’eau, elle a pour but d’assurer la
destruction des micro-organismes pathogènes. on utilise pour cela une nouvelle
chloration qui constitue une garantie supplémentaire pour la potabilité d'eau. Il existe
plusieurs désinfectants tels que le chlore, l'ozone, le rayonnement UV, mais L’agent de
désinfection le plus utilisé dans la station de traitement d’ONEE est le chlore.
Conclusion

Pourquoi traiter l'eau ?


Parce qu’il faut respecter les normes de qualité de l’eau avant sa mise en distribution
(décret 89-3 du 3/01/89, directive 98/83/CE du 3/11/98 et décret 2001-1220 du
20/12/01) et que la qualité de la ressource ne répond pas toujours à ces normes. Dans
le cas des eaux souterraines, certains paramètres liés à la qualité naturelle de l’eau
peuvent ne pas répondre aux normes (fer, manganèse, turbidité) ou la ressource peut
être dégradée par l'activité humaine. Pour les eaux superficielles, le traitement est
dans tous les cas obligatoire. Il est plus ou moins poussé selon la qualité de l'eau
brute utilisée.

Faculté Polydisciplinaire Taroudant Page 22