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Section technicien supérieur

Cours de mathématiques

Chapitre 10
Séries et séries de Fourier

3.14

−6.28 −3.14 3.14 6.28


t π
Développement de Fourier à l’ordre 2 de la fonction 2π-périodique f (t) = − + .
2 2
π sin(2t)
S2 (t) = − sin(t) + .
2 2

Les fonctions sinusoïdales jouent un rôle essentiel dans l’étude des signaux périodiques. En
particulier, pour certains systèmes électroniques, connaître la décomposition du signal péri-
odique d’entrée en somme d’un signal constant et de signaux sinusoïdaux permet de mieux
maîtriser le signal de sortie.

Plus précisement, nous allons nous intéresser aux deux problèmes suivants :
• Étant donné une fonction périodique qui peut décomposée en somme d’une fonction constante
et de fonctions sinusoïdales de fréquences données, quelles sont les valeurs des coefficients
intervenant dans une telle somme ?
• À quelle condition suffisante une fonction périodique peut-elle être décomposée ou reconsti-
tuée à partir de ses composantes constante et sinusoïdales ?

Nous serons ainsi amenés à introduire le développement en série de Fourier d’une fonction.

Aymar de Saint-Seine
Année scolaire 2011–2012
Cours de mathématiques STS

1. S ÉRIES NUMÉRIQUES

1.1. Définition
Définition 1 : Série
Soit (un )n∈N une suite numérique.
N
X
On pose SN = u0 + u1 + u2 + · · · + uN . On note SN = un .
n=0
+∞
X
• Si lim SN existe et a une valeur finie S, on dit que la série un de terme générale
N 7→+∞
n=0
+∞
X
un converge vers S et on écrit un = S.
n=0
S est appelée somme de la série.
• Sinon, on dit que la série diverge.

Remarque : Si le terme u0 n’existe pas, on fera la somme à partir de i = 1.


Si la série obtenue en remplaçant un par |un | est convergente, on dit que la série est absolument
convergente.

1.2. Séries géométriques


Théorème 1 (admis) : Séries géométriques

X
On appelle série géométrique de raison q (q 6= 0) une série de la forme qn.
n=0
Une série géométrique de raison q converge si et seulement si |q| < 1.
Si |q| < 1 et q 6= 0, on a :

X 1
qn = .
n=0
1−q

Exemples :

X
La série 3n = 1 + 3 + 32 + 33 + 34 + · · · est divergente.
n=0
∞  n
X −1 1 1 1 1 3
La série =1− + 2 − 3 + · · · est convergente et a pour valeur 1 = .
n=0
3 3 3 3 1+ 3
4

1.3. Convergence des séries à termes positifs


Théorème 2 (admis) : Critère de Riemann
1
La série de terme général est convergente si et seulement si α > 1.

1
Chapitre 10 Séries et séries de Fourier

∞ ∞ ∞
X 1 X 1 X 1
Exemple : Ce théorème prouve la convergence de et la divergence de √ = .
n=0
n3
n=0
n n=0 n 12

Théorème 3 (admis) : Critère de comparaison

Si, pour tout n, on a 0 6 un 6 vn alors :



X ∞
X
• si la série un diverge, alors la série vn diverge ;
n=0 n=0

X X∞
• si la série vn converge, alors la série un converge.
n=0 n=0


X arctan n
Exemple : Soit la série .
n=0
n2
π π 1
Pour tout n > 0, on a 0 6 arctan n 6 , donc 0 6 un 6 × 2 .
∞ ∞
2 2 n ∞
X π 1 πX 1 X arctan n
La série × 2 = converge (critère de Riemann) donc la série
n=0
2 n 2 n=0 n 2
n=0
n2
converge.

Théorème 4 (admis) : Critère d’équivalence


un
Deux suites (un )n∈N et (vn )n∈N sont dites équivalentes si et seulement si lim = 1.
n7→∞ vn
On note un ∼ vn .
Si, pour tout n, on a 0 6 un et 0 6 vn , et si les suites (un )n∈N et (vn )n∈N sont équivalentes,
X∞ ∞
X
alors les séries un et vn sont de même nature.
n=0 n=0

Exemples :

X 1 1 1
• La série est convergente car les suites de termes généraux 2 et 2 sont
n=0
+1
n2 n +1 n
2
n +1
équivalentes. En effet, lim = 1.

n7→∞ n2
X n n
• La série √ est divergente, car la suite de terme général √ est équivalente à
n3 +1 n3 +1
n=0

1 X 1
la suite de terme général √ et la série √ est divergente (critère de Riemann).
n n=0
n

Théorème 5 (admis) : Règle de d’Alembert

Soit une série de terme général un strictement positif.


un+1
On note l, la quantité l = lim .
n7→∞ un
• si l > 1 alors la série est divergente ;
• si l < 1 alors la série est convergente ;
• si l = 1, on ne peut pas conclure.

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∞ ∞
X X 1
Exemple : Soit la série un = .
n=0 n=0
n!
un+1 n! 1 un+1
Pour tout n, on a un > 0. De plus, = = ; donc lim = 0 < 1..
un (n + 1)! n+1 n7 → ∞ un

X 1
D’après la règle de d’Alembert, la série converge.
n=0
n!

1.4. Convergence des séries à termes quelconques


Théorème 6 (admis) : Absolue convergence

X ∞
X
Si la série |un | converge alors la série un converge.
n=0 n=0

X
On dit que la série un est absolument convergente.
n=0

Remarque : Selon le théorème, une série absolument convergente est convergente. La réciproque
n’est pas vraie. Il existe des séries qui sont convergentes mais pas absolument convergente. Un
exemple est donné après le théorème 7 (série alternée) ci-dessous.
∞ ∞
X X 1  nπ 
Exemple : Soit la série un = sin .
n=0 n=0
n3 3
1  nπ  1
Pour tout n > 0, |un | = | 3 sin | 6 3.

n 3 n ∞
X 1 X
La série est convergente (critère de Riemann), donc la série |un | converge (critère
n=0
n3 n=0
X∞
de comparaison), donc la série un est absolument convergente donc convergente.
n=0

Théorème 7 (admis) : Séries alternées

On dit qu’une série est alternée si ses termes sont alternativement positifs et négatifs.

X
Soit un une série alternée.
n=0
Si pour tout n, |un+1| 6 |un | et si lim un = 0 alors la série est convergente.
n7→∞

∞ ∞
X X (−1)n
Exemple : Soit la série un = . C’est une série alternée.
n=0 n=0
n

X 1
Elle n’est pas absolument convergente car diverge (critère de Riemann).
n=0
n
1 1
Cependant pour tout n > 0, 6 donc |un+1| 6 |un | et on a lim un = 0, donc la série
n+1 n n7→∞

X (−1)n
est convergente (bien que pas absolument convergente).
n=0
n

3
Chapitre 10 Séries et séries de Fourier

2. S ÉRIES DE F OURIER

2.1. Introduction
Définition 2 : Série de Fourier
Une série de Fourier est une série dont le terme général est de la forme

un = an cos(nωt) + bn sin(nωt)

C’est à dire, c’est la série


+∞
X
an cos(nωt) + bn sin(nωt)
n=0

qui s’écrit encore :


+∞
X
a0 + an cos(nωt) + bn sin(nωt).
n=1

Si pour tout réel t, cette série converge, elle définit une fonction f de la variable réelle t.
On dira que la série de Fourier converge vers f (t).
π (−1)n
Exemple : Prenons ω = 1, a0 = , an = 0 si n > 0 et bn = .
2 n
La série de Fourier s’écrit alors :
+∞
X
S(t) = a0 + an cos(nωt) + bn sin(nωt)
n=1
+∞
π X (−1)n
= + 0 cos(nt) + sin(nt)
2 n=1 n
+∞
π X (−1)n
= + sin(nt)
2 n=1 n
π sin(2t) sin(3t) sin(4t)
= − sin(nt) + − + +···
2 2 3 4

Pour ressentir si cette série converge, on trace les représentations graphiques de la somme des
premières termes.
π sin(2t)
• Représentation graphique de S2 (t) = − sin(t) + :
2 2

3.14

−6.28 −3.14 3.14 6.28

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π sin(2t) sin(3t) sin(4t) sin(5t)


• Représentation graphique de S5 (t) = − sin(t) + − + − :
2 2 3 4 5

3.14

−6.28 −3.14 3.14 6.28


π sin(2t) sin(3t) sin(20t)
• Représentation graphique de S20 (t) = − sin(t) + − +···+ :
2 2 3 20

3.14

−6.28 −3.14 3.14 6.28

Il semblerait que cette série converge vers la fonction f de période 2π définie par

−t π
f (t) = + pour t ∈] − π; +π[
2 2

3.14

−6.28 −3.14 3.14 6.28


Remarque : Aux points t = , on a discontinuité pour la fonction f . En fait, on peut
2
π
remarquer qu’en ces points on a S(t) = .
2

Ainsi, une série de Fourier étant donné, il arrive qu’elle converge vers une fonction f .
Nous allons nous interresser aux deux problèmes suivants :
• Si une série de Fourier converge vers une fonction f , peut-on, à partir de la connaissance de
f retrouver les coefficents de Fourier an et bn associés à f ? (voir sous-section b).
• Une fonction périodique f étant donné, si j’arrive à calculer les coefficients de Fourier qui
lui sont associés, à quelle condition suffisante la série de Fourier converge-t-elle vers f ?
(voir sous-section c).

5
Chapitre 10 Séries et séries de Fourier

Théorème 8 (admis) : Périodicité

Si une série de Fourier de terme général un = an cos(nωt) + bn sin(nωt) converge vers



f , alors la fonction f est de période T = .
ω

2.2. Calcul des coefficients de Fourier


Théorème 9 (admis) : Coefficients de Fourier

Si une série de Fourier de période T converge vers une fonction f alors, pour tout nombre
réel α, on a :
1 α+T
Z
a0 = f (t)dt
T α
2 α+T
Z
an = f (t) cos(nωt)dt
T α
2 α+T
Z
bn = f (t) sin(nωt)dt
T α
et puisque la série converge (par définition) vers f , on a :
+∞
X
f (t) = a0 + an cos(nωt) + bn sin(nωt).
n=1

Cette expression est appelée le développement en série de Fourier de la fonction f .


Les coefficients an et bn sont appelés coefficients de Fourier associés à la fonction f .

Théorème 10 : Cas des fonctions paires

Si f est paire, on a :
bn = 0 pour tout n ;
T
2
Z
2
a0 = f (t)dt =< f > ( Valeur moyenne de f ) ;
T 0
T
4
Z
2
an = f (t) cos(nωt)dt.
T 0

Démonstration : f est paire donc f (t) sin(nωt) est impaire. Son intégrale est donc nulle sur une période.
f est paire donc f (t) cos(nωt) est paire. Son intégrale est donc le double de celle obtenue sur une demi-
période. 

Théorème 11 : Cas des fonctions impaires

Si f est impaire, on a :
an = 0 pour tout n ;
Z T
4 2
bn = f (t) sin(nωt)dt.
T 0

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Démonstration : similaire à la précédente. 

Exemple : signal rectangulaire à alternance égales.


On considère la fonction f impaire de période T , définie par

f (t) = K si t ∈ [0; T2 [;


f (t) = −K si t ∈ [ −T 2
; 0[.

−K

la fonction f est impaire donc pour tout n, on a an = 0.


T
4
Z
2
bn = f (t) sin(nωt)dt
T 0
T
4
Z
2
= K sin(nωt)dt
T 0
Z T
4K 2
= sin(nωt)dt
T 0
4K 1 T
= [− cos(nωt)]02
T nω 
4K T
= − cos(nω ) + cos(0)
T nω 2

2K
or ωT = 2π et cos(0) = 1, on en déduit que bn = (− cos(nπ) + 1).

De plus, si n est pair, alors cos(nπ) = 1 donc bn = 0
4K
Si n est impair, alors cos(nπ) = −1 donc bn =

La série de Fourier associée à f est donc :

X +∞
X
bn sin(nωt) = a0 + an cos(nωt) + bn sin(nωt)
n=1 n=1
 
4K sin(3ωt) sin(5ωt)
= sin(ωt) + + +···
π 3 5

4K X sin((2p + 1)t)
=
π p=0 2p + 1

7
Chapitre 10 Séries et séries de Fourier

2.3. Convergence des séries de Fourier


Une fonction f étant donnée, existe-il une série de Fourier associée à f qui converge vers f ?

Définition 3 : Conditions de Dirichlet


Soit f une fonction périodique de période T. On dit que f satisfait aux conditions de
Dirichlet si :
• sur une période, la fonction est définie, continue et dérivable et admet une dérivée
continue, sauf éventuellement en un nombre fini de points.
• en ces points particuliers, f et f ′ admettent des limites finies à gauche et à droite.

Théorème 12 (admis) : Théorème de Dirichlet

Soit f une fonction périodique de période T satisfaitant aux conditions de Dirichlet,


alors :
• si f est continue en t0 , la série de Fourier associée à f converge vers f (t0 ) ;
• si f n’est pas continue en t0 , la série de Fourier associée à f converge vers
1
f (t+ −

0 ) + f (t0 ) .
2 +
avec f (t−0 ) = lim f (t) et f (t0 ) = lim f (t)
t → t0 t → t0
t < t0 t > t0

Exemple : Reprenons l’exemple cité précédemment.


f est une fonction continue, dérivable (f ′ (t) = 0) sauf aux points de discontinuité de valeurs
T
t = k . En ces points particuliers, f (resp. f ′ ) admettent des limites finies à gauche et à droite
2
dont les valeurs sont ±K (resp ; 0). Donc f satisfait aux conditions de Dirichlet.
kT
• Si t 6= , f est continue et, d’après le théorème de Dirichlet, la série de Fourier associée à
2
f converge vers f . On peut donc écrire :
 
kT 4K sin(3ωt) sin(5ωt)
si t 6= : f (t) = sin(ωt) + + +···
2 π 3 5
kT
• Si t = , f est discontinue et, d’après le théorème de Dirichlet, la série de Fourier associée
2
1  1
à f converge vers f (t+
0 ) + f (t−
0 ) = (K − K) = 0
2 2
Remarque : Une série de Fourier permet de calculer certaines séries numériques.
2π π
En effet, en prenant K = 1, T = 2π (donc ω = = 1) et t = dans l’exemple précedent,
T 2
on obtient :  π
 f( ) = K = 1
2


3π 5π

  
π 4 π sin( ) sin( )
 f ( ) = sin( ) + 2 + 2 + · · ·
2 π 2 3 5

  

donc  
4 1 1 1
1= 1− + − +···
π 3 5 7

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et donc
1 1 1 π
1− + − +··· =
3 5 7 4

2.4. Analyse spectrale


+∞
X
Soit f une fonction périodique et a0 + an cos(nωt)+bn sin(nωt) sa série de Fourier associée.
n=1
Pour n > 0 fixé, on peut écrire an cos(nωt) + bn sin(nωt) = An sin(nωt − ϕn ) avec An > 0.
Or An sin(nωt − ϕn ) = An sin(nωt) cos(ϕn ) − An cos(nωt) sin(ϕn ).
En identifiant, on trouve :

an = −An sin(ϕn )
bn = An cos(ϕn )

On en déduit que :
a2n = A2n sin2 (ϕn )


b2n = A2n cos2 (ϕn )



En additionnant membre à membre : a2n + b2n = A2n sin2 (ϕn ) + cos2 (ϕn ) = A2n .
donc
p
An = a2n + b2n .

Définition 4 : harmoniques
+∞
X
La série de Fourier associée à f peut s’écrire a0 + An sin(nωt − ϕn ) avec An =
p n=1
a2n + b2n .
a0 est la valeur moyenne de f sur une période.
Les termes suivants An sin(nωt − ϕn ) sont les harmoniques.
Le premier harmonique est parfois appelé le fondamental.

Définition 5 : Spectre des fréquences

Le spectre des fréquences est la représentation graphique par un diagramme en bâtons


de la suite (An ).

Exemple : Poursuivons l’exemple précédent.


4K
On avait an = 0 et bn = 0 (resp. ) si n est pair (resp. n impair).

p 4K
Ainsi, An = a2n + b2n = 0, si n est pair et An = si n est impair.

9
Chapitre 10 Séries et séries de Fourier

Spectre des fréquences de f .

An
4K
π

−1 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

2.5. formule de Parseval


Théorème 13 (admis) : Formule de Parseval

Soit f une fonction périodique vérifiant les conditions de Dirichlet. Nous admettrons le
résultat suivant appelé formule de Parseval 1 :
a+T ∞
1 a2n + b2n
Z X
f 2 (x) dx = a20 +
T a n=1
2

Lorsque l’intégrale est plus facile à calculer que la série, l’égalité de Parseval est un moyen de
calculer la somme de certaines séries numériques.
Exemple : En reprenant l’exemple ci-dessus, on a :
1 T 2 1 T 2 K2 T
Z Z
• f (t) dt = K dt = [t]0 = K 2
T 0 T 0 T

a2n + b2n 1 42 K 2 42 K 2 42 K 2 42 K 2 8K 2
   
2
X 1 1 1
• a0 + = 0+ + 2 2 + 2 2 + 2 2 +··· = 2 1+ 2 + 2 + 2 +··· .
n=1
2 2 π 2 3π 5π 7π π 3 5 7
d’après la formule de Parseval, on obtient,

8K 2
 
1 1 1
1 + 2 + 2 + 2 + · · · = K2
π2 3 5 7

soit
1 1 1 π2
1+ + + + · · · =
32 52 72 8

Dans de nombreuses applications physiques (courant électrique par exemple), cette formule
peut s’interpréter comme suit : l’énergie totale s’obtient en sommant les contributions des dif-

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férents harmoniques. En effet, calculons la valeur efficace En des harmoniques.

1 T
Z
En2 = (An sin(nωt − ϕn ))2 dt
T 0
A2n T
Z
= sin2 (nωt − ϕn )dt
T 0
A2n T 1 − cos(2nωt − 2ϕn )
Z
= dt (car formule trigo)
T 0 2
T !
A2n

T sin(2nωt − 2ϕn )
= [t]0 −
2T 2nω 0
2
 
An sin(2nωT − 2ϕn ) sin(−2ϕn )
= T− +
2T 2nω 2nω
2
 
An sin(4πn − 2ϕn ) sin(−2ϕn )
= T− + ( car ωT = 2π)
2T 2nω 2nω
A2n
= T (car sinus de période 2π)
2T
A2n
=
2
a2n + b2n
=
2

Théorème 14 :

Sur une période,


 2
2 (valeur
P moyenne de f )
(valeur efficace de f ) =
+ (valeurs efficaces des harmoniques)2

3. E XERCICES

3.1. Séries
10.1 Écrire les cinq premiers termes de chacune des séries suivantes :
+∞
X 1 − (−1)n
1. ;
n=1
n
+∞
X 1  nπ 
2. sin ;
n=1
n2 2
+∞  
X 1 2nπ
3. cos .
n=1
2n + 1 3

11
Chapitre 10 Séries et séries de Fourier

10.2 En utilisant le théorème indiqué, déterminer si les séries numériques suivantes, dont le
terme général est (un )n∈N sont convergentes ou divergentes :
 n
2 5n
1. un = (séries géométriques) ; 6. un = 2 (équivalence) ;
3 n +1
n
 n
3 7. un = n (règle de d’Alembert) ;
2. un = (séries géométriques) ; 3
2 3n
8. un = 3 (règle de d’Alembert) ;
3 n
3. un = 3 (séries de Riemann) ; (−1)n
n 9. u = (séries alternées) ;
√ n
n(n + 1)
2 n
4. un = (séries de Riemann) ; (−1)n
n 10. un = (séries alternées) ;
1 n+1
5. un = 2 (équivalence) ; 11. un = (−1)n (n + 1) (séries alternées).
n +3

10.3 Étudier si les séries suivantes convergent ou divergent :


1 n2 sin2 n
1. un = ; 3. un = ; 5. un = ;
2n − 1
2
(2n)! 3n2
22 3n
2. un = ; 4. un = 2 ;
n! n −1
3n + 1
10.4 Démontrer que le suites (un )n∈N définie par un = et (vn )n∈N définie par vn =
5n2 − 4
3
sont équivalentes.
5n ∞
X
Déterminer la nature de la série un .
n=1


X cos(nπ)
10.5 La série est-elle absolument convergente ? convergente ?
n=1
n2

X cos(nπ)
10.6 La série est-elle absolument convergente ? convergente ?
n=1
n

10.7 Série télescopique.


1
1. Trouver une suite simple équivalente à la suite (un )n∈N définie par un = . En
n2 + 3n + 2

X
déduire que la série un converge.
n=0
2. Prouver que pour tout n, il existe deux réels A et B que l’on déterminera, tels que :
A B
un = +
n+1 n+2

X
3. En déduire la somme de la série un .
n=1

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3.2. Séries de Fourier


10.8 Dents de scie à front raide de valeur moyenne nulle.
On considère la fonction f définie sur R de période 2π, telle que : f (t) = t si t ∈ [−π; +π[.
Soit an et bn les coefficients de Fourier de cette fonction.
1. Représenter la fonction f sur l’intervalle ] − 2π; 4π].
2. Justifier que pour tout n, an = 0.
2
3. Prouver que pour tout n > 0, bn = (−1)n+1 .
n
4. Écrire les cinq premiers termes de la série de Fourier associée à f .

X 1 π2
5. En appliquant la formule de Parseval, montrer que = .
n=1
n2 6
6. Dessiner le spectre des fréquences de la fonction.

10.9 Dents de scie symétriques de valeur moyenne nulle.


On considère la fonction f définie sur R, impaire et de période 4, telle que :

f (t) = t si t ∈ [0; 1[;
f (t) = −t + 2 si t ∈ [1; 2[.
Soit an et bn les coefficients de Fourier de cette fonction.
1. Représenter la fonction f sur l’intervalle ] − 2; 6].
2. Quelles sont les valeurs des coefficients an ?
8  nπ 
3. Prouver que pour tout n > 0, bn = 2 2 sin .
nπ 2
4. Écrire les cinq premiers termes de la série de Fourier associée à f .
5. a. La série de Fourier associée à f converge-t-elle vers f ?
b. Calculer f (1) et en déduire la valeur de la série 1 + 312 + 512 + · · · .
6. Dessiner le spectre des fréquences de la fonction.

10.10 On considère la fonction f , paire, de période 2π définie par :

 f (t) = −t + π si t ∈ [0; π [;

2 2
 f (t) = 0 si t ∈ [ π ; π[.
2
1. Représenter la fonction f sur l’intervalle ] − 2π; 4π].
2. Calculer la valeur moyenne de f sur une période.
3. Calculer les coefficients de Fourier de f .
Suivant les valeurs de n, donner les valeurs possibles de an (présenter les résultats dans
un tableau).
4. Dessiner le spectre des fréquences de la fonction.
5. Prouver que la série de Fourier associée à f converge vers f .
On considère la série numérique
1 2 1 1 2 1 1 2 1
S= + 2 + 2 + 2 + 2 + 2 + 2 + 2 + 2 +···
1 2 2 3 5 6 7 9 10 11
En étudiant f (0), donner la valeur de cette série.

13
Chapitre 10 Séries et séries de Fourier

π 2 1
6. On considère la fonction g(t) = + cos(t) + cos(2t).
8 π π
a. Montrer que g est paire, et de période 2π.
−2
b. Prouver que g ′(t) = sin t(1 + 2 cos t).
π
c. Dresser le tableau de variation de g sur l’intervalle [0; π].
d. Dessiner les courbes représentatives des fonctions f et g sur l’intervalle [0; 2π]

10.11
1. Soit n un entier naturel non nul.
Cacluler à l’aide de deux intégrations par parties successives l’intégrale :
Z π
J= t(π − t) cos(2nt)dt.
0

2. On considère la fonction u définie sur R, de période π, définie par :


u(t) = t(π − t) si t ∈ [0; π[
a. Montrer que u est paire et tracer sa représentation graphique sur [−2π; 2π].
b. Montrer que f satisfait aux conditions de Dirichlet.
c. Calculer ses coefficients de Fourier et en déduire que pout tout réel t :

π 2 X cos(2nt)
u(t) = −
6 n=1
n2

3. n est un entier naturel non nul, justifier la convergence des séries numériques de terme
général :
1 (−1)n 1
2
; 2
;
n n n4
π
4. En utilisant le developpement de u en série de Fourier pour t = 0 et t = , déterminer :
2

X 1 ∞
X (−1)n
et .
n=1
n2 n=1
n2

1 π 2
Z
5. La valeur efficace ue de la fonction u est telle que (ue ) =
2
u (t)dt.
π 0
Calculer u2e .
La valeur efficace de la fonction u peut aussi s’exprimer à l’aide de la formule de Parse-
val : ∞
2 2 1X 2
ue = a0 + a .
2 n=1 n
1
Soit P le nombre défini par P = a20 + (a21 + a22 + a23 + a24 + a25 ).
2
P
Donner l’approximation de P à 10−3 par excès. Vérifier que 2 > 0, 999.
ue

X 1
6. En utilisant la formule de Parseval, calculer 4
.
n=1
n

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Cours de mathématiques STS

3.3. Annales
10.12 France 2005
1. Soit la fonction numérique g définie sur [0; π] par

g(t) = (1 + cos2 t) sin2 t.

a. Montrer que g ′ (t) = 4 sin t cos3 t.


b. En déduire les variations de g sur [0; π].
2. Soit la fonction numérique f définie sur R, paire, périodique de période 1 telle que :

 f (t) = 1 − τ si 0 6 t 6 τ

1
2 où τ est un nombre réel tel que 0 < τ <
1 2
 f (t) = −τ
 si τ 6 t 6
2
1
a. Uniquement dans cette question, on prendra τ = .
6
Représenter la fonction f sur l’intervalle [−1 ; 1] dans un repère orthonormal.
b. On admet que la fonction f satisfait aux conditions de Dirichlet.
Soit S le développement en série de Fourier associé à la fonction f .
Montrer que :
+∞
X 1
S(t) = sin(2nπτ ) cos(2nπt).
n=1

3. On décide de ne conserver que les harmoniques de rang inférieur ou égal à 2.


Soit la fonction numérique h définie sur R par :

1 1
h(t) = sin(2πτ ) cos(2πt) + sin(4πτ ) cos(4πt)
π 2π
On désigne par Eh2 le carré de la valeur efficace de h sur une période.
a. À l’aide de la formule de Parseval, déterminer Eh2 .
1
b. Montrer que Eh2 = 2 g(2πτ ).

4. Déterminer la valeur de τ rendant Eh2 maximal.

10.13 France 2006


Les parties A et B sont indépendantes.

Partie A

Soient α et β deux nombres réels.


Soit f une fonction périodique de période 1, définie sur l’intervalle [0 ; 1[ par f (t) = αt + β.
On appelle a0 , an et bn les coefficients de Fourier associés à la fonction f .
α
1. Montrer que a0 = + β.
2
α
2. Montrer que bn = − pour tout nombre entier naturel n non nul. On admet que an = 0

pour tout entier naturel n non nul.

15
Chapitre 10 Séries et séries de Fourier

3. On se propose de déterminer les nombres réels α et β pour que le développement S


en série de Fourier de la fonction f soit défini pour tout nombre réel t par S(t) =
+∞
X 1
sin(2nπt).
n=1
n
1
a. Déterminer les nombres réels α et β tels que a0 = 0 et bn = .
n
En déduire l’expression de la fonction f .
b. Représenter la fonction f sur l’intervalle [−2 ; 2] dans un repère orthogonal.

Partie B

On veut résoudre l’équation différentielle :

s”(t) + s(t) = f (t)

On admet que l’on obtient une bonne approximation de la fonction s en remplaçant f (t) par les
premiers termes du développement en série de Fourier de la fonction f obtenus dans la partie
A, c’est-à-dire par :
1
sin(2πt) + sin(4πt)
2
Soit (E) l’équation différentielle :
1
s”(t) + s(t) = sin(2πt) + sin(4πt)
2
1. Vérifier que la fonction s1 définie pour tout nombre réel t par :
1 1
s1 (t) = sin(2πt) + sin(4πt)
1 − 4π 2 2(1 − 16π 2 )
est solution de l’équation différentielle (E).
2. Résoudre l’équation différentielle (E).

10.14 Nouvelle calédonie 2008.


π
On désigne par α un nombre réel positif tel que 0 < α < .
2
On considère la fonction f définie sur R, paire, périodique de période 2π, telle que :

 f (t) = 1 si 0 6 t 6 α
f (t) = 0 si α < t < π − α
f (t) = −1 si π − α 6 t 6 π

π
1. Dans cette question, le nombre réel α vaut .
3
Dans un repère orthogonal, représenter graphiquement la fonction f sur l’intervalle [−2π ; 2π].
2. On appelle S la série de Fourier associée à la fonction f .
+∞
X
On note S(t) = a0 + (an cos(nt) + bn sin(nt)).
n=1
Le but de cette question est de calculer les coefficients de la série de Fourier S pour une
π
valeur x quelconque du nombre réel α tel que 0 < α < .
2
a. Calculer a0 , valeur moyenne de la fonction f sur une période.

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Cours de mathématiques STS

b. Déterminer bn , n désignant un nombre entier naturel strictement positif.

c. Montrer que, pour tout nombre entier naturel n strictement positif, on a :

2
an = [1 − (−1)n ] sin(nα).

3. Déterminer la valeur α0 de α pour laquelle on a3 = 0.


π
4. Pour toute la suite de l’exercice, on se place dans le cas où α = .
3
Rappels :

Si h désigne une fonction périodique de période T , le carré de la valeur efficace H de la


fonction h sur une période est :

r+T
1
Z
2
H = [h(t)]2 dt.
T r

r désignant un nombre réel quelconque.

a. Calculer F 2 , carré de la valeur efficace de la fonction f sur une période.

b. On définit sur R la fonction g par :

g(t) = a0 + a1 cos(t) + b1 sin t + a2 cos(2t) + b2 sin(2t).


2 3
Montrer que g(t) = cos(t) pour tout nombre réel t.
π
c. Calculer G2 , carré de la valeur efficace de la fonction g sur une période.
G2
d. Donner une valeur approchée à 10−3 près du quotient 2 .
F
Ce dernier résultat montre que la fonction g constitue une assez bonne approxima-

tion de la fonction f .

10.15 France 2007


Dans ce problème, on approche un signal à l’aide d’une fonction affine par morceaux.
On désigne par E un nombre réel de l’intervalle ]0 ; 3[.
On considère la fonction f définie sur R, paire, périodique de période 5, telle que :



 E × t si 06t<1
f (t) = (3 − E)t + 2E − 3 si 16t<2
5
3 si 26t6


2

17
Chapitre 10 Séries et séries de Fourier

Partie A
Dans cette partie, et uniquement dans cette partie, on se place dans le cas où E = 2.
 
1. Préciser l’écriture de f (t) sur chacun des intervalles [0 ; 1[, [1 ; 2[ et 2 ; 52 .
2. Représenter graphiquement la fonction f sur l’intervalle [−5 ; 10].

Partie B

Dans cette partie, on se place dans le cas général, c’est-à-dire dans le cas où la valeur de E
n’est pas spécifiée.
On appelle S la série de Fourier associée à la fonction f .
+∞     
X 2nπ 2nπ
On note S(t) = a0 + an cos t + bn sin t .
n=1
5 5
E+3
1. Montrer que la valeur moyenne de la fonction f sur une période est a0 = 2 .
5
2. Déterminer bn pour tout entier naturel n supérieur ou égal à 1.
3. a. Montrer que pour tout nombre entier naturel n supérieur ou égal à 1 :
Z 1        
2nπ 5 2nπ 25 2nπ
t cos t dt = sin + 2 2 cos −1 .
0 5 2nπ 5 4n π 5

2   Z 5  
2nπ 2nπ
Z
2
b. On a calculé les intégrales f (t) cos t dt et f (t) cos t dt.
1 5 2 5
On a ainsi obtenu pour tout nombre entier naturel n supérieur ou égal à 1 :
5        
2nπ 25 2nπ 4nπ
Z
2
f (t) cos t dt = 2 2 (2E − 3) cos + (3 − E) cos −E .
0 5 4n π 5 5
En déduire que pour tout nombre entier naturel supérieur ou égal à 1 :
     
5 2nπ 4nπ
an = 2 2 (2E − 3) cos + (3 − E) cos −E .
nπ 5 5

4. Pour tout nombre entier naturel n supérieur ou égal à 1, on appelle un l’harmonique de


rang n.    
2nπ 2nπ
On a alors un (t) = an cos t + bn sin t pour tout nombre réel t.
5 5
a. Montrer qu’au rang 5, u5 (t) est nul pour tout nombre réel t.
b. On appelle E0 la valeur de E pour laquelle l’harmonique de rang 3 est nulle, c’est-
à-dire la valeur de E telle que u3 (t) est nul pour tout nombre réel t.
Déterminer la valeur exacte, puis une valeur approchée à 10−2 près, de E0 .
Dans ce problème, à l’aide d’un transformateur à diode, on approche un signal sinusoïdal
redressé par une fonction affine par morceaux.
Un tel signal avec u3 (t) = u5 (t) = 0 permettra :
• s’il est associé à un moteur, de réduire les à-coups du couple
• s’il est associé à un transformateur, d’éviter les pertes
• s’il est associé à un filtre, d’éliminer plus facilement les harmoniques de rang impair d’ordre
supérieur.

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Table des matières

1 Séries numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Séries géométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.3 Convergence des séries à termes positifs . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.4 Convergence des séries à termes quelconques . . . . . . . . . . . . . . 3
2 Séries de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.2 Calcul des coefficients de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.3 Convergence des séries de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.4 Analyse spectrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.5 formule de Parseval . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
3.1 Séries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
3.2 Séries de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3.3 Annales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15