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INTRODUCTION

Les fluides regroupent les liquides et les gaz. Ils sont totalement
déformables, car ils sont composes de molécules qui ont peu d’interactions
entre elles, et qui peuvent glisser librement les unes sur les autres. L‘étude
des fluides s'appelle la mécanique de fluides. On sépare souvent
l'hydrostatique (étude des fluides au repos) de la dynamique des fluides
(étude des fluides en mouvement).

Les premières lois des fluides hydrostatiques ont été découvertes par
Archimède au troisième siècle avant Jésus Christ. Il s'agit essentiellement
de l‘étude de la pression dans les fluides. La pression (en Pascal) est P=F/S,
P étant la force appliquée sur une surface (en Newton), et S l'aire de cette
surface (en m2).

Ensuite, la dynamique des fluides étudie la vitesse (v=d/t), la viscosité


( c'est-a-dire la résistance d'un fluide au glissement d'une couche par
rapport a une autre), la densité (densité=masse/volume).
DEFINITIONS

Définition physique d’un fluide

Un fluide est un milieu matériel, continu, déformable et sans rigidité qui


peut s’écouler (c’est-à-dire subir de grandes variations de forme) sous
l’action de forces qui sont d’autant plus faibles que ces variations de forme
sont plus lentes.
Les forces de cohésion entres particules élémentaires sont très faibles de
sorte que le fluide est un corps sans forme propre qui prend la forme du
récipient qui le contient, par exemple : les métaux en fusion sont des fluides
qui permettent par moulage d'obtenir des pièces brutes de formes
complexes.
Parmi les fluides, on fait souvent la distinction entre liquides et gaz.
Fluide parfait et fluide réel, fluide incompressible et fluide compressible

Les fluides peuvent être classés en deux familles relativement à leur viscosité qui est
une de leur caractéristique physico-chimique qui sera définie ultérieurement. Les
fluides peuvent être classés en deux grande familles : La famille des fluides
"newtoniens" (comme l'eau, l'air et la plupart des gaz) et celle des fluides "non
newtoniens" (quasiment tout le reste... le sang,les gels, les boues, les pâtes, les
suspensions, les émulsions...). Les fluides "newtoniens" ont une viscosité constante
ou qui ne peut varier qu'en fonction de la température. La deuxième famille est
constituée des fluides "non newtoniens" qui ont la particularité d'avoir leur
viscosité qui varie en fonction de la vitesse et des contraintes qu'ils subissent lorsque
ceux-ci s'écoulent.
Fluide parfait

Soit un système fluide, c.à.d. un volume délimité par une surface fermée Σ fictive
ou non. Considérons dF la force d’interaction au niveau de la surface élémentaire
dS de normale n entre le fluide et le milieu extérieur. On peut toujours décomposer
dF en deux composantes :
─ une composante dFN normale à dS,
─ une composante dFT tangentielle à dS.
En mécanique des fluides, un fluide est dit parfait s'il est possible de décrire son
mouvement sans prendre en compte les effets de frottement, c’est à dire quand la
composante T est nulle. Autrement dit, la force dF est normale à l'élément de ds

Fluide réel

A l’inverse d’un fluide parfait, qui n’est qu’un modèle simplifiant les calculs,
quasiment inexistant dans la nature, dans un fluide réel les forces tangentielles de
frottement interne qui s’opposent au glissement relatif des couches fluides sont
prises en considération. Ce phénomène de frottement visqueux apparaît lors du
mouvement du fluide.
C’est seulement au repos, qu’on accepte que le fluide réel se comporte comme un
fluide parfait et on suppose que les forces de contact sont perpendiculaires aux
éléments de surface sur lesquels elles s’exercent. La statique des fluides réels se
confond avec celle des fluides parfaits.
Fluide incompressible

Un fluide est dit incompressible lorsque le volume occupé par une masse donné ne
varie pas en fonction de la pression extérieure. Les liquides peuvent être considérés
comme des fluides incompressibles (eau, huile, etc.).

Fluide compressible

Un fluide est dit compressible lorsque le volume occupé par une masse donnée varie
en fonction de la pression extérieure, les gaz sont des fluides compressibles. Par
exemple, l’air, l’hydrogène, le méthane à l’état gazeux, sont considérés comme des
fluides compressibles.
Masse volumique, densité

Souvent, il existe une confusion entre la masse volumique et la densité. Expliquer la


différence fondamentale entre ces deux notions peut s’avérer important.

Masse volumique

La masse volumique ou spécifique d’une substance est définie par la masse d'une unité
de volume de cette substance. On la calcule par la relation :
ρ=m/V ou ρ masse volumique en [kg/m3], m : masse en [kg] et V : volume en [m3].
La masse volumique de l'eau est voisine de 1000 kg/m3 à la température ordinaire. La
masse volumique d'un gaz est obtenue à partir de l’équation d'état des gaz parfaits.
Souvent une propriété liée à la masse volumique est utilisée, c’est le poids volumique,
défini par :ω=mg/V =ρg
Avec ω poids volumique en [N/m3], m masse en [kg], g accélération de la pesanteur
en [m/s2] et V volume en [m3].
Densité

La densité d'un corps est le nombre sans dimension qui exprime le rapport de la masse
du corps à la masse d'un volume égal d'une substance de référence. Les solides et les
liquides sont comparés à l'eau (à 4 °C) prise Comme référence, tandis que les gaz sont
souvent comparés à l'air (sans gaz carbonique et sans hydrogène) pris comme référence
(à 0.°C et 1 atmosphère = 1,013105 Pa).
La densité est une grandeur sans unité définie par :
d( densité ) =masse volumique du fluide/masse volumique du fluide de référence
=ρ/ρréf
Le corps de référence dépend de l'état physique :
eau : pour les solides et liquides ;
air : pour les gaz.
Cas de l'eau : Étant donné que la masse volumique de l'eau peut valoir 1,0 avec
certaines unités, on aura la même valeur pour la masse volumique et la densité.
Viscosité des fluides

La viscosité tiens son nom du latin viscum signifiant résistance à l'écoulement se


produisant dans la masse d'une matière. Elle est définie aussi comme la résistance à
l'écoulement des différentes couches d'un fluide (les unes sur les autres). Lorsque la
viscosité augmente, la capacité du fluide à s'écouler diminue.
La viscosité est le critère qui différencie un fluide réel d’un fluide parfait. Elle est la
cause des frottements internes qui entraînent la dissipation d’énergie mécanique en
chaleur.

Viscosité dynamique

La viscosité dynamique correspond à la contrainte de cisaillement qui accompagne


l'existence d'un gradient de vitesse d'écoulement dans la matière.
L’intensité τP de la densité surfacique d’effort
associée est proportionnelle à l’intensité du
taux de cisaillement :
Expérimentalement, on fixe le plus souvent UP (ie γ ) et on mesure τP . On en
déduit le coefficient de proportionnalité μ, que l’on appelle viscosité dynamique.
Elle s’exprime en Pa.s dans le système SI. Les autres unités que l’on rencontre
sont le Poiseuille (Pl) et le Centipoise (Cpo) avec la correspondance suivante:
1 Pa.s = 1 kg/m/s = 1 Pl = 1000 Cpo
1 m2/s = 104 St = 1 myriastokes.

Plus écrit plus simplement :


Des formules empiriques ou semi-empiriques permettent de relier μ à T. C’est
par exemple celle de Walther qui est applicable aux huiles de graissage :
μ=μ0 e(T0/T)m
avec m une constante qui dépend du liquide étudié.

Il existe d’autres unités de la viscosité qui sont souvent employées dans


l’industrie, particulièrement, pour définir les huiles minérales. Ces unités qui
correspondent à une viscosité cinématique sont :
— le degré de viscosité Engler (E), utilisé en France et en Allemagne ;
— la seconde de viscosité Redwood Standard (R), essentiellement en Angleterre
;
— la seconde de viscosité Saybolt Universal (S) aux États-Unis ;
— le nombre SAE (Society of Automotive Engineers).
Ces diverses viscosités sont définies à partir de mesures très précises faites avec des
appareillages particuliers :
— À l’aide du viscosimètre Engler, on définit le degré Engler qui est le rapport du
temps nécessaire à l’écoulement de 200 cm3 du liquide à étudier à travers un orifice
calibré, au temps nécessaire à l’écoulement de 200 cm3 d’eau à 20 °C à travers le
même orifice (ce dernier temps est de 51 s pour l’appareil Engler)

— La Second Redwood Standard (SRS) a, par convention, la valeur 100 pour une
huile de densité 0,915 et dont 50 cm3 s’écoulent en 535 s à 15,55 °C dans l’appareil
Redwood Standard.

— La Second Redwood Standard (SRS) est utilisée pour exprimer les viscosités
moyennes ; pour les fortes viscosités, on utilise la Second Redwood Admiralty (SRA)
qui est sensiblement dix fois plus grande que la Second Redwood Standard.

— La Second Saybolt Universal (SSU) est le nombre de secondes nécessaires à


l’écoulement de 60 cm3 du liquide à étudier dans le viscosimètre Saybolt Universal
(la viscosité de l’eau à 15,5 °C est de 30 SSU). Pour les fortes viscosités, on utilise le
viscosimètre Saybolt Furol et on exprime la viscosité en Second Saybolt Furol (SSF)
qui est sensiblement dix fois plus grande que la Second Saybolt Universal (SSU).

— Le nombre SAE, qui a été introduit aux États-Unis dans l’industrie automobile, ne
mesure pas à proprement parler une viscosité mais couvre en réalité une gamme de
viscosités comprises entre certaines limites.
CONTRAINTE
Forces surfaciques à courtes portées dont l’origine est dans les interactions
moléculaires qui assurent la cohésion du liquide (pression, forces visqueuses…). Sur
un élément de surface dS, de normale unité n. cette force de surface s’écrit:
dF =σ n dS
Le tenseur des contraintes est noté σ. Il est symétrique. Les termes diagonaux sont
les contraintes normales et les autres sont les contraintes tangentielles.
Dans un fluide en mouvement, il se décompose en 2 parties:
DEFORMATION
Sous l’action des contraintes, un matériau va se déformer
Cisaillement pur

On appel déformation, la variation du déplacement lorsqu’on passe d’une couche à


une couche infiniment voisine

Ici la vitesse de déformation et le taux de cisaillement sont égaux.


Le taux de cisaillement dans le cas général en 2D s’exprime par:
Différents types de fluides: deux grandes familles
Fluides Newtoniens
Fluides non Newtoniens ou complexes

Fluides Newtoniens

On parle d’un fluide newtonien lorsque la viscosité du dit fluide


est indépendante de la pression qu’on lui applique.
L’eau en est un exemple : l’eau n’est pas plus visqueuse au repos ou quand on la
touille lentement ou rapidement.

Fluides non Newtoniens ou complexes

À l’inverse, on trouve des fluides non-newtoniens, qui voient leur viscosité changer
sous l’effet d’une contrainte mécanique.
Les fluides non-newtoniens se divisent en deux catégories principales: ceux au
caractère indépendant du temps et ceux qui en dépendent.
Dans cette dernière catégorie nous retrouvons les fluides dits thixotropes et les fluides
dits antithixotropes.
1--le fluide est thixotropique quand il devient moins visqueux dès qu'on augmente un
peu la pression (ex: le yaourt se liquéfie quand on tourne, un gel ou des colloïdes
deviennent plus liquides pour un temps, des liaisons synoviales se libèrent, etc...)

2--le fluide est antithixotropique (ou rhéopexique) quand sa viscosité augmente vite
dès qu'on augmente un peu la contrainte de pression ou de cisaillement, mais ce n'est
pas durable (ex: le blanc d'oeuf durcit si fouetté)

3--le fluide est rhéoépaississant quand sa viscosité augmente vite dès qu' on
augmente un peu la pression (ex: le sable mouillé qui se déforme peu si on lui
applique une grosse force -claque- mais qui se déforme beaucoup, sous une faible
force -malaxage)

4--le fluide est rhéofluidifiant quand sa viscosité diminue vite dès qu'on augmente un
peu la pression (ex: la lave, le sang, le vernis...)

5--le fluide est à seuil (ou de Bingham)


quand il devient trop visqueux (solidifié) sous contrainte, mais redevient fluide
(élastique) quand celle-ci cesse
LOI DE NEWTON

Loi de Newton vraie pour l’air, l’eau, le pétrole, l’alcool, les gaz, le glycérol, le miel…

Les écoulements de fluide newtonien sont réversibles !


Fluides non newtoniens

• Pour les fluides non newtoniens, on peut définir de la même façon une relation de la
forme:

Par contre, la viscosité apparente du fluide n’est ici pas constante contrairement au
cas d’un fluide newtonien. La viscosité apparente du fluide dépend du taux de
cisaillement !
Rhéogramme de différents fluides
Catalogue de lois de comportement
Thixotropie

Les fluides thixotropes ont une viscosité qui diminue avec le temps quand on leur
applique une contrainte constante. Après suppression de cette contrainte, on ne retrouve
la viscosité initiale qu’après un certain temps plus ou moins long. C’est un phénomène
réversible. Tous les fluides sont plus ou moins thixotropes.
Ex.: moutarde, ketchup, yahourt, peintures, boues de forage, pâte de gypse, certains
polymères.
Le caractère thixotrope de certaines peintures est exploitée en ajustant le temps de
restructuration en fonction des besoins. Ces peintures ne doivent pas couler au repos
avant séchage mais on doit pouvoir les étaler facilement. Cette propriété est obtenue en
ajoutant de fines particules d’argile le plus souvent. Au repos, cela forme des agrégats
et cela permet d’ajuster la cinétique de re-/destructuration.
L’inverse de la thixotropie est la rhéopexie. Ces fluides ont une viscosité qui augmente
avec le temps quand on leur applique une contrainte constante. Après suppression de
cette contrainte, on ne retrouve la viscosité initiale qu’après un certain temps plus ou
moins long.

Si De << 1, le fluide a le temps de se réarranger lorsqu’on fait varier la contrainte ou le


cisaillement.
Si De >> 1, il y a évolution des propriétés rhéologiques du fluide ⇒hystérésis, cycle
limite.

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