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Chapitre I Introduction aux bases de données.

I.1 Approche basée sur des fichiers : jusqu’aux années 60 1


Le système basé sur des fichiers a été développé en réponse aux besoins de l’industrie, pour un accès
plus efficace aux données, toute fois au lieu d’établir un endroit de stockage centralisé pour les
données opérationnelles de l’organisation (système de fichier manuel) une approche décentralisée a
été préférée (informatisation des systèmes de fichiers manuels).

Chaque département (service, domaine) gère, stocke et contrôle ses propres données. Pour
comprendre ce que ceci signifie prenons l’exemple suivant :

Soient les deux services : service commercial et service juridique d’une agence immobilier :

 Service commercial est responsable de la vente et de la location des propriétés, ses fichiers sont
définis comme suit :
o PropriétéAlouer (NPropriété, Rue, Ville, CodePostal, Type, Pièces, Location, NPrpriétaire).
o Propriétaire (NPropriétaire, Prénom, Nom, Adresse, NTel ).
o Client (NClient, Prénom, Nom, Adresse, NTel, TypePréféré, LocationMax).
 Le service juridique est responsable de la mise en place des contrats de location assiciés aux
propriétés, ces fichiers sont définis comme suit :
o Contrat (NContrat, NPropriété, NClient, Location, Méthode-paie, Payé, Dédut- location, Fin-
location, Durée)
o PropriétéALouer (NPropriété, Rue, Ville, Code-postal, Location)
o Client (NClient, Prénom, Adresse, NTel)

Fichiers du
Programme d’application du SGF service
service commercial

Service commercial

Fichiers du
Programme d’application du SGF service
service
juridique

Service juridique

FIG 1 : le traitement basé sur les fichiers.

La figure1 montre que :


Chaque service accède à ces propres fichiers par le biais de programme d’application développé
spécialement pour lui.
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On peut remarquer qu’il y’a une quantité importante des données en double dans ces services, ce qui
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est une généralité dans les systèmes basés sur les fichiers.

Programme d’application de BD :
Est un programme informatique qui interagit avec la BD en lui adressant des requêtes appropriées
(généralement sous forme d’une instruction SQL) au SGBD. Il sert à créer et entretenir la BD et à
générer des informations.

Définition d’un fichier :


Un fichier est une simple collection d’enregistrements qui contient des données en relation logique,
chaque enregistrement est constitué d’un ensemble de champs (caractéristique de l’objet du monde
réel modélisé).
Exemple d’un fichier :
Un champ
Fichier Client du service juridique

NClient Prénom Adresse NTel Un enregistrement

CL76 Amine Alger 077…….


CL80 Ilias Boumerdes 066……..

I-2 : Limites de l’approche basée sur des fichiers :


 Séparation et isolement des données : une telle approche ne permet pas d’accéder avec autant
de facilité à des données qu’il le faudrait. Exemple : pour établir la liste des maisons qui
satisfont les demandes des client, il faut crier un fichier temporaire avec ces clients qui ont
demandé une maison comme type préféré ensuite nous devons rechercher dans le fichier
PropriétéAlouer les biens dans le type est maisons et le montant est inférieur ou égale aux
montant maximums que les clients acceptent de payer.
 Dépendance programme données : la structure et le stockage physique des fichiers sont
définis dans le code des applications, ce qui les changements des structures existantes une
opération difficile et complexe (exemple : augmentation de la taille d’un champ)
 Incompatibilité des formats des fichiers : les programmes d’application peuvent être
développés à l’aide des langages de programmation différents, et comme la structure des
fichiers est intégrées dans les programmes d’application ceci donne des fichiers de structure
différentes ce qui complique leurs utilisation conjointe.
 La redondance des données : cette approche entraine voire impose le dédoublement
incontrôlable des données (la duplication des détails tant des propriétés que des clients dans
les deux services) cette redondance est indésirable pour plusieurs raisons :
1- Perte de temps et de l’argent pour introduire les données plus d’une fois.
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2- Consommation de l’espace de stockage.


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3- L’incohérence des données redondantes : Exemple : si un client déménage son domicile et
s’il communique son adresse au service commercial et non au service juridique. On aura une
donnée avec deux valeurs différentes.

On peut attribuer les limites de cette approche à deux facteurs :

 La dépendance données/programmes.
 Aucun contrôle n’existe sur l’accès et la manipulation des données.

Pour atteindre un peu plus d’efficacité, une nouvelle approche était nécessaire, les bases de données
et les SGBD sont apparus pour répondre à ces besoins.

I-3 : Base de données :

Définition : Une base de données est un ensemble structuré de données enregistré sur des
supports accessible par l’ordinateur, représentant des informations du monde réel et pouvant être
interrogées par une communauté d’utilisateurs.

Une base de données est une ressource partagée entre plusieurs utilisateurs, elle garde non
seulement les données opérationnelles de l’organisation mais également une description de ces
données (dans un dictionnaire des données).

Utilisateurs d’une base de données :


Administrateur de base de données : souvent connu sous l'acronyme DBA (DataBase
Administrator) est chargé de la création, la maintenance, l’optimisation et la sécurité des bases de
données d'une organisation. Parmi ces activités :

 Modélisation et conception de bases de données.


 La définition et la gestion des espaces de stockage.
 Créer les bases et implanter les données sur les supports physiques.
 Administrer les autorisations d’accès pour les utilisateurs ainsi que les problématiques de
sécurité des données avec l’ingénieur sécurité.
 Assurer la récupération des données et la remise en condition opérationnelle des bases de
données suite à un incident grave.
 Elaborer et exécuter les procédures et programmes de test à la suite d’un incident.
 La maintenance de base : il doit vérifier que les espaces de stockage sont en bon état et dans
le cas contraire les réparer.

Administrateurs d'applications : sont rôle est de :


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 Définir les sous modèles adapté à l'application.


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 Élaboration des schémas externes.


 Définir des règles de correspondance entre externe et conceptuel.

Le travail des administrateurs conduit à l'élaboration du dictionnaire des données : ensemble de


schéma et règles de correspondance entre schémas associés à la BD.

Programmeur d'application

Leur rôle est d'établir des bibliothèques de programmes de manipulation et de traitement de la


base (interrogation, mise à jour, etc.). Utilisation d'un Langage de Manipulation de Données (LMD)
qui peut être autonome ou associé à un langage hôte et qui dispose des caractéristiques des langages
algorithmiques.

Utilisateurs finaux :

L’utilisateur final aura besoin de visualiser et saisir des données, d’effectuer des calculs et
d’imprimer des résultats. La réponse à ces problèmes de présentation des données est fournie par :
• les formulaires : destinés à être affichés à l’écran
• les états : destinés à être imprimés.
I-4 : système de gestion des bases de données : fin des années 60
Est un ensemble de programmes (système logiciel) qui permet à des utilisateurs de définir, créer,
mettre à jour une base de données et d’en contrôler l’accès.

Programme d’application du
service

Service commercial Base de


SGBD données

Programme d’application du
service

Service juridique
FIG 2 : Le traitement par les bases de données
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Fonctions d’un SGBD :


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1- Il permet à des utilisateurs de définir la base de données souvent à l’aide d’un langage de
définition des données (LDD) (spécifier le type, les structures des données, les contraintes sur
les données à stocker dans la BD).
2- Il permet aux utilisateurs d’insérer, de mettre à jour, de supprimer et de retrouver des données
dans la BD, généralement à l’aide d’un langage de manipulation des données LMD.
3- Il assure le contrôle des accès à la BD, par exemple il fournit :
- Un système de sécurité qui empêche des utilisateurs non autorisés d’accéder à la BD.
- Un système d’intégrité qui maintient la cohérence des données stockées. (contrôle
d’intégrité).
- Un système de contrôle de concurrence, qui permet l’accès partagé à la BD.
- Un système de récupération, qui restaure la BD à un état cohérent antérieur, à la suite
d’une panne matérielle ou logicielle.
- Gestion des transactions : s’assurer qu’un groupe de mises à jour est totalement exécuté
ou pas du tout (atomicité des transactions)
- Déclencheurs (trigger).
- Un catalogue accessible à l’utilisateur, qui contient les descriptions des données de la BD.

Les avantages des SGBD :


 Contrôle de la redondance des données : l’approche de la BD n’élimine pas totalement la
redondance des données mais elle contrôle la quantité de redondance inhérente à la BD.
 Cohérence des données : l’élimination de la redondance ou l’existence d’une redondance contrôlée
par le SGBD assure la cohérence de toutes les copies de cette donnée. Malheureusement les SGBD
d’aujourd’hui ne garantissent pas tous cette cohérence.
 Partage de données.
 L’intégrité améliorée des données : l’intégrité s’exprime généralement sous forme des contraintes,
c'est-à-dire des règles que la BD ne peut transgresser (exemple :la note d’un étudiant ne dépasse pas
20).
 Sécurité améliorée : la protection contre les utilisateurs non autorisés.
 Maintenance améliorée : via l’indépendance des données-programmes. Le SGBD sépare la
description des données des applications ce qui immunise les applications contre les modifications
des descriptions des données.0
Les inconvénients des SGBD :
 Complexité : la fourniture des fonctionnalités que nous espérons d’un SGBD fait de celui-ci
un logiciel extrêmement complexe.
 Taille : la complexité fait du SGBD un logiciel lourd occupant une grande quantité de
mémoire pour fonctionner efficacement.
 Le coût des SGBD : le coût varie selon l’environnement et les fonctionnalités offertes, un
SGBD multiutilisateurs sur un gros ordinateur central desservant plusieurs centaines
d’utilisateurs est beaucoup plus couteux qu’un SGBD mono-utilisateur pour un ordinateur
personnel.
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 Impact plus marqué d’une panne : la centralisation des ressources augmente la vulnérabilité
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du système (fragilité) la panne de certains composants peut entrainer l’arrêt de toutes les
opérations.
I.5. Architecture des systèmes des bases de données : ANSI/ SPARC
A fin de favoriser l’émergence des bonnes propriétés des SGBD, une réflexion a été mené au sein de
normaliser un cadre d’organisation des SGBD, dès 1975 la commission SPARC de l’ANSI a proposé
un modèle en trois couches ou niveaux d’abstraction appelé norme ANSI.

Utilisateurs Programmeurs Administrateurs Administrateur de


finaux d’application d’application base de données

Utilisateur Programme
d’application
A1
Schéma
externe A
Utilisateur Programme

A2
d’application
Schéma Schéma Base de
conceptuel interne données

Schéma
Utilisateur Programme externe B
B1 d’application

Correspondance Correspondance

externe-conceptuel interne-conceptuel

(Indépendance logique) (Indépendance physique)

FIG : Architecture ANSI/SPARC à trois niveaux d’une base de données

Niveaux externe (schéma/vue) : correspond à la perception de tout ou partie de la BD par un


groupe d’utilisateurs indépendamment des autres, il peut exister plusieurs schémas externes avec
possibilité de recouvrement, cette architecture permet de :
- Masquer la complexité de la BD aux utilisateurs
- Confidentialité et sécurité.
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Niveau conceptuel (modélisation conceptuelle) : permet de décrire la structure de la BD en


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définissant les contraintes associées aux données et les relations qui existent entre elles.
Niveau interne : la représentation physique de la BD, ce niveau décrit comment les données sont
stockées dans la BD.
Indépendance physique : permet de modifier le schéma interne sans modifier le schéma conceptuel,
exemple l’ajout d’un indexe pour un accès rapide, changer le codage des données, modifier une
procédure…
Indépendance logique: est la possibilité de modifier un schéma externe sans modifier le schéma
conceptuel.
1-6 : Modèles de représentation des données :
Un modèle est une représentation des objets et événements du monde réel ainsi que de leurs
associations. Un modèle de données représente l’organisation elle-même.
1- Le modèle hiérarchique : Le premier modèle proposé pour résoudre le problème de la
redondance des données fût développé par IBM, dans le cadre du programme spatial Apollo
de la NASA, pendant les années 1960.

Service
Liaison père-fils pour Liaison père-fils pour
représenter les employés représenter les projets d’un
d’un service service

Employé Projet

FIG : modèle hiérarchique

2- Le modèle réseau : à la fin des années 1960, Charles William Bachman proposa le modèle
réseau qui généralise le modèle hiérarchique. Les premières spécifications de ce modèle ont
été publiées en 1969 par le groupe de travail DBTG (Data Base Task Group) de l’organisme
américain CODASYL ( Conference On Data Systems Languages)

Fournisseur

Four-Bon
Bon commande pièce

Ligne commande

FIG : modèle réseau


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3- Le modèle relationnel : proposé par Edgar Frank Codd, directeur de recherche du centre IBM
de San José en 1970, EF Cdd proposait de stocker des données hétérogènes dans des tables.
4- Le modèle orienté objet : la notion de base de données objet s’est également précisée au début
des années 1990 avec notamment la publication du manifeste the object oriented database
system manifesto d’Atkinson et al. (1989) à la conférence DOOD (Conference on Deductive
and Object Oriented Database ) .

1-7 : Etapes de conception d’une base de données :

Spécification
Monde Analyse et spécification Conception
de la base de
réel
données

Schéma
conceptuel

Etapes indépendantes du SGBD


Transformation en modèle
logique
Etapes dépendantes du SGBD

Schéma logique

Conception physique

Schéma interne

FIG : Etapes de conception d’une base de données

Le monde réel est perçu comme un système abstrait. Ce système abstrait se traduit par des classes
d’entités et des liaisons entre ces classes. Le système abstrait est décrit par un schéma conceptuel.
Le schéma prend en compte les aspects statiques et dynamiques du système abstrait. Il est
indépendant de tout SGBD.
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La transformation en schéma logique dépend du modèle logique du SGBD (réseau, hiérarchique,


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relationnel, objet)
La conception physique définit la structure de stockage interne