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TRAVAUX DIRIGE DE MACROECONOMIE

FICHE 1 : CHAPITRE 1

QCM VRAI ou FAUX


1) Selon la loi psychologique fondamentale, la propension moyenne à consommer est
décroissante
2)
3) L’effet de cliquet traduit l’influence de l’appartenance sociale des ménages
4) Le comportement d’imitation est plutôt un frein à la consommation
5) Selon l’effet cliquet, la propension moyenne à consommer augmente quand le revenu
décroît
6) Pour Friedman, une variation du revenu n’affecte pas la consommation
7) Dans la fonction de consommation keynésienne, C0 représente l’ensemble des
déterminants de la consommation autres que le revenu
Réponse QCM
1) VRAI
2) FAUX, il traduit l’effet de mémoire
3) FAUX. Au contraire, le désir d’imiter le comportement de consommation de la classe
sociale supérieure est un moteur de la consommation
4) VRAI
5) FAUX. Elle l’affecte si elle modifie le revenu permanent.
6) VRAI, C0, paramètre de niveau de la fonction de consommation, résume aussi
l’influence des facteurs autres que le revenu

QUESTION DE COURS

1) Pourquoi doit-on étudier la fonction de consommation ?

On doit étudier la fonction de consommation car, la consommation constitue la principale


composante de la demande globale. Une augmentation de la consommation, C, induit celle de
demande globale, ce qui incite les entreprises à produire plus et à distribuer plus de revenus.
Les revenus distribués serviront à faire plus de dépenses. Il en résultera par effet
multiplicateur une croissance plus forte de l’économie. Ainsi, une étude des facteurs
explicatifs de la consommation permet de découvrir comment cette composante de la
demande peut être utiliser pour stimuler l’activité économique.

2) Quelle relation peut-on établir entre la PMC et la PMS ?

On sait wue le revenu disponible Y est reparti entre la consommation C et l’pargne S :
Y =C + S. En divisant les termes de cette identité par Y on obtient :

Y C S
= +
Y Y Y
Or on sait que :
C
PMC=
Y
S
PMS=
Y
Il revient alors que :
1=PMC + PMS

La fonction de consommation de Friedman et celle de Keynes peuvent-elle être qualifié de


fonction de production « proportionnelle » ?

Une fonction de consommation est proportionnelle si elle est de la forme C P =c Y P c’est-à-


dire si la PMC est constante et égale à la PmC. On peut prendre pour exemple la fonction de
revenu permanent proposée par Friedman. La représentation graphique de cette fonction est
une droite qui passe par l’origine des axes. La fonction de consommation keynésienne est
linéaire mais non proportionnelle : C=c Y d +C 0. Dans ce cas, PMC>PmC pour toute valeur de
Y. Lorsque Y s’accroît, la PMC décroît

3) Comment obtenir la fonction d’épargne de la fonction de consammation keynésienne?

Dans la théorie keynésienne, l’épargne est un résidu du revenu disponible des ménages après
que ceux-ci aient consommé. Le revenu disponible a donc nécessairement et exclusivement
deux emplois : la consommation C et l’épargne S. On écrit donc  :
Y d =C+ S
D’où
S=Y d−C
En remplaçant C par son expression C=c Y d +C 0 on aura
S=Y d−c Y d −C 0
S= (1−c ) Y d−C 0
En remplaçant (1-c) par la propension marginale à épargner s on obtient la fonction
d’épargne :
d
S=s Y −C 0

4) Quelles sont les différences conceptuelles entre la théorie du revenu permanent et la


fonction de consommation keynésienne ?
Du point de vue conceptuel,
 Friedman fonde sa démarche sur une vision microéconomique du comportement du
consommateur c’est-à-dire celui d’un agent rationnel qui adapte sa consommation à
son revenu permanent. Le consommateur cherche à maximiser la satisfaction issue de
la répartition de son revenu entre consommation et épargne sur l’ensemble de sa vie.
Le taux d’intérêt qui rémunère l’épargne intervient comme une variable de
décision, contrairement à la vison keynésienne de l’épargne résiduelle.
 Par ailleurs, à travers son expériences passée et ses anticipations sur ses revenus
futurs, l’agent régule sa consommation sur l’évaluation de son rvenu permanent, et
non sur l’observtion de son revenu courant comme dans l’analyse keynésienne.
 Enfin, pour friedman, il n’y a de véritable fonction de consommation qu’à long terme
alors Keynes propose une fonction de courte période.
EXERCICE 1
Soit un ménage qui s’attend à vivre 40 années, durant lesquelles il travaillera 20 ans.
1) Ecrivez la fonction de consommation du cycle de vie en notant W la richesse initiale et
Y est le revenu annuel pendant n années d’activité.
2) Pour W = 10000 tracer la courbe de fonction de consommation.
3) Si W ne change pas, déterminez l’expression PMC et calculez la pmc et la PMC à la
suite d’augmentations successives du revenu : 500, 510, 520, 530, 540, 550
4) Si W varie de période en période suivant les valeurs 10000, 10200, 10400, 10600,
10800 et 11000, calculez la PMC et la pmc à la suite d’augmentations successives
correspondantes du revenu 500, 510, 520, 530, 540, 550.

Réponse
1) Si on suppose un univers certain et un taux d’intérêt nul, les ressources totales des
ménages se composent du revenu annuel perçu pendant n années d’activité et de la
richesse initiale (legs), soit ressources totales=W + nY
2) Le ménage cherche à répartir ses ressources totales=W + nY sur les N années qu’il va
vivre. La fonction de consommation peut s’écrire :

C= ( N1 )W +( Nn )Y
AN :
C= ( 401 ) W +( 2040 ) Y
C=0,025 W +0,5 Y
3) Pour W = 10000 tracer la courbe de fonction de consommation.
C=0,025 ×10000+0,5 Y =250+0,5 Y

250

Y
4) Si W ne change pas, déterminez l’expression PMC et calculez la pmc et la PMC à la
suite d’augmentations successives du revenu : 500, 510, 520, 530, 540, 550
Y W C PMC PmC
500 10000 500 1
510 10000 505 0,990196 0,5
520 10000 510 0,980769 0,5
530 10000 515 0,971698 0,5
540 10000 520 0,962963 0,5
550 10000 525 0,954545 0,5

5) Si W varie de période en période suivant les valeurs 10000, 10200, 10400, 10600,
10800 et 11000, calculez la PMC et la pmc à la suite d’augmentations successives
correspondantes du revenu 500, 510, 520, 530, 540, 550.

Y W C PMC PmC
500 10000 500 1
510 10200 510 1 1
520 10400 520 1 1
530 10600 530 1 1
540 10800 540 1 1
550 11000 550 1 1

EXERCICE 3
Soit un ménage qui perçoit un salaire pendant quatre périodes :

Période 1 Période 2 Période 3 Période 4

Y1 = 500 Y2=1000 Y3=1000 Y4=800

Ce dernier possède à la période 1 un patrimoine P0=500 qu’il place au taux d’intérêt i=10%
pendant les quatre périodes. Pour améliorer son niveau de vie le ménage utilise ce patrimoine
et les intérêts qu’il rapporte.
TAF
1) Définissez et déterminez le revenu permanent du ménage.
Le revenu permanent d’un ménage Yp est le revenu tendanciel anticipé supposé déterminé par
la richesse du ménage (patrimoine et revenus courants). Le comportement du ménage étant
défini pour une durée limitée à quatre périodes, son revenu permanent est le revenu constant
qu’il prévoit percevoir à chacune de ces périodes. Le ménage considère l’ensemble des flux
de revenu permanent en début de période 1, soit :
YP pour la première période
Yp/(1+i) pour la deuxième période
Yp/(1+i)² pour la troisième période
Yp/(1+i)3 pour la quatrième période
Yp est donc la somme de valeur actualisée de ces flux, équivalente à la somme actualisée de
sa richesse c’est-à-dire du patrimoine P0 et des revenus perçus à chaque période.
Yp Yp Yp Y Y3 Y4
Y p+ + 2
+ 3
=P0 (1+i)+Y 1 + 2 + +
(1+i) (1+i) (1+i) (1+i) (1+i) (1+i)3
2

P0 (1+i)4 +Y 1 (1+i)3 +Y 2 (1+i)2 +Y 3 ( 1+ i ) +Y 4


Y p= 2 3
1+(1+i)+(1+ i) +(1+i)

4507,55
Y p= =971,25
4,641
2) Calculer la consommation permanente de ce ménage.
Puisque le ménage souhaite à la fois niveler sa consommation au cours des quatre périodes
considérées et utiliser la totalité de ses revenus et de son patrimoine, il consomme exactement
à chaque période son revenu permanent. D’où
C p=Y p=971,25
3) La fonction d’épargne du ménage à chaque période est :
St =Y t +i Pt−1−C t
Construisez un tableau qui met en évidence, sur les quatre périodes, les évolutions conjointes
du patrimoine initial, des revenus, de la consommation, de l’épargne et du patrimoine
résiduelle de fin de période. Que constatez-vous ?

A la première période, le patrimoine placé au taux d’intérêt de 10% rapporte 10%x500 = 50


en intérêts qui, additionnés au revenu Y1=500, donnent les revenus de la période 1, soit 550.
Or, la consommation permanente est fixée pour chaque période à 971,25. Il apparait donc une
épargne négative de 500-071,25 = - 421,25 et le ménage doit donc ponctionner son patrimoine
pour atteindre le niveau de vie souhaité. En fin de période 1, le patrimoine est donc réduit à :
50 – 421,25 = 78, 75 et constitue le patrimoine dont dispose le ménage en début de période 2.
Au cours des période suivantes, le ménage suit une démarche similaire à celle adoptée en
période 1 avec quelques différences liées aux effets dynamiques des perturbations créées par
la ponction sur le patrimoine survenue en fin de période 1 et par les modifications salariales
(hausse, stabilisation, puis baisse) des périodes ultérieures. Ainsi au cours de la période 2, les
intérêts générés par ce patrimoine réduit (78,75) seront plus faibles (7,875) mais compensés
par l’augmentation du salaire (Y2=1000). Cette situation se maintiendra au cours de la période
3 (Y3=1000). Au cours de la période 4, le revenu diminuant (Y4=800), c’est le patrimoine en
partie reconstitué qui viendra à son tour compenser la baisse salariale. Le tableau ci-après
montre tous les résultats :

  Période 1 Période 2 Période 3 Période 4

Pt-1 500 78,75 115,375 155,663


iPt-1 50 7,875 11,5375 15,5663
Yt 500 1000 1000 800
Yt + iPt-1 550 1007,875 1011,5375 815,566
Ct 971,25 971,25 971,25 971,25
St -421,25 36,625 40,2875 -155,684
Pt = Pt-1 +
78,75 115,375 155,6625 0
St

1200

1000

800

600

400

200

0
1 2 3 4
-200

-400

-600
FICHE 2 : CHAPITRE 2

1. Pourquoi doit-on étudier la fonction d’investissement ?

On doit étudier la fonction d’investissement car c’est à la fois une composante de la demande,
mais aussi un moteur de l’offre. En tant que composante de la demande globale toute
variation autonome des dépenses d’investissement induit un effet multiplicateur qui stimule
les dépenses induites de la consommation. En tant que composante de l’offre globale
l’investissement permet d’accroître ou maintenir le stock de capital et par conséquent accroît
la capacité de production qui par effet accélérateur qui stimule la production.

2. Quelles differences faites-vous entre l’investissement net, l’investissement de


remplacement et l’investissement brut d’une période donnée.
L’iinvestissement brut (IB) est l’ensemble des dépenses totales d’investissement au cours
d’une période. Il se décompose en :
 L’investissement net (IN) correspond à l’accroissement du capital : IN =∆K= Kt – Kt-1
 L’investissement de remplacement (IR) permet de remplacer le capital usagé suivant
un taux de dépréciation noté δ: IR= δKt-1
3. Expliquez les différences entre l’accélérateur flexible et l’accélérateur simple

Avec l’accélérateur simple, la croissance décélérée de la production conduit l’investissement


à 0, ce qui n’est pas le cas avec l’accélération flexible. En effet, avec l’accélération flexible,
l’investissement croît d’abord avec la production jusqu’à ce que le stock de capital soit à un
niveau tel que l’effet négatif du capital l’emporte sur l’effet positif de la production. A partir
de ce moment-là, on assiste à une baisse des investissements. Par ailleurs, avec l’accélérateur
simple, les valeurs de l’accélérateur sont très inférieures au rapport capital-production, ce qui
disparaît avec l’accélérateur flexible. En effet, si λ est compris entre 0,8 et 0,9, l’accélérateur
flexible est v(1-λ) sera compris entre 1/5 et 1/10 du coefficient du capital v ; ce qui est
compatible avec les estimations empiriques.
EXERCICE
Soit une entreprise qui a le choix entre quatre projets d’investissement qu’elle peut engager
séparément ou simultanément. Les revenus que génère chaque projet (numéroté de 1 à 4) sont
synthétisés dans le tableau suivant :

Projet Coût à la date 0 Revenu à la date 1 Revenu à la date 2


1 1000 500 600
2 1200 500 600
3 1350 800 600
4 300 200 150
1) Indiquez quels projets l’entreprise va mettre en œuvre pour un taux d’intérêt égal à 0%
5% et 10% en utilisant le critère de la VAN.

Proje VAN
t
0% 5% 10%
1 100 20,41 -49,59
2 -100 -179,59 -249,59
3 50 -43,88 -126,86
4 50 26,53 5,79
 Au taux de 0% les projets 1, 3 et 4 sont rentables
 Au taux de 5% les projets 1 et 4 sont rentables
 Au taux de 10% seuls les projet 4 est rentable
2) Calculez l’investissement total de l’entreprise à la date 0 pour les différents niveaux de
taux d’intérêt. Qu’en concluez-vous sur le lien entre investissement agrégé et taux
d’intérêt ?

Taux Projet rentable Coût total


d’intérêt
0% 1,3 et 5 2650
5% 1 et 4 1300
10% 4 300

On constate que plus le taux d’intérêt est élevé plus le montant total investi est faible.

EXERCICE 2 :

Soient deux projets d’investissement sont en concurrence au sein de l’entreprise Alpha. Le


premier, dit projet A, coûte 1040 unités, mais permet des revenus prévisionnels
respectivement de 750, 200, et 200 les trois années de sa durée d’utilisation. Sa valeur
résiduelle est nulle.
Le projet B est de même montant et de même durée, mais offre un revenu net de 100 la
première année, 100 la deuxième et 1030 la troisième année.
L’entreprise Alpha doit choisir aujourd’hui son investissement en raison de délai de
fabrication et de livraison importants, mais elle ne sait pas encore si le taux de son emprunt
auprès de sa banque sera de 5%, 6% ou 7%.
1) En utilisant la méthode VAN et du TRI comparez les deux projets A et B.
2) Quel projet l’entreprise privilégié ?

Corrigé

1) En utilisant la méthode VAN comparez les deux projets A et B.

Pour chaque projet il faut calculer la VAN au taux d’actualisation de 5%, 6% et 7% ainsi que
le TRI.
Projet A

Méthode de la VAN
VAN i=VA i−I 0

AN :
Pour i = 5%
750 200 200
VAN 5 %= + + −1040=1068,5−1040=+28,5
1,05 ( 1,05 ) ( 1,05 )3
2

Pour i =6%
750 200 200
VAN 6 %= + + −1040=1053,5−1040=+13,5
1,06 ( 1,06 ) ( 1,06 )3
2

Pour i=7%

750 200 200


VAN 6 %= + + −1040=1038,9−1040=−1,1
1,07 ( 1,07 )2 ( 1,07 )3

Méthode du TRI

Le TRI est le taux d’intérêt qui annule la VAN. Pour le projet A il est compris entre 6% et 7%
car à ces taux la VAN change de signe alors que 0 est entre 13,5 et -1,1. On utilise donc
l’interpolation linéaire pour le déterminer :
TRI A −6 % 0−13,5
=
7 %−6 % −1,1−13,5

−13,5
TRI A = × 1% +6 %=6,92 %
−14,6

On peut vérifier que VAN 6,92% =0

Projet B

Méthode de la VAN
VAN i=VA i−I 0

AN :
Pour i = 5%
100 100 1030
VAN 5 %= + + −1040=1075,7−1040=+ 35,7
1,05 ( 1,05 )2 ( 1,05 )3

Pour i =6%
100 100 1030
VAN 6 %= + + −1040=1048,1−1040=+8,1
1,06 ( 1,06 ) ( 1,06 )3
2
Pour i=7%

100 100 1030


VAN 6 %= + + −1040=1021,6−1040=−18,4
1,07 ( 1,07 ) ( 1,07 )3
2

Méthode du TRI

Le TRI est le taux d’intérêt qui annule la VAN. Pour le projet B, il aussi est compris entre 6%
et 7% car à ces taux la VAN change de signe alors que 0 est entre 13,5 et -1,1. On utilise donc
l’interpolation linéaire pour le déterminer :
TRI B −6 % 0−8,1
=
7 %−6 % −18,4−8,1

−8,1
TRI B= × 1 %+6 %=6,3 %
−26,5

On peut vérifier que VAN 6,3 %=0

Recapitulons pour mieux comparer les projets A et B

Projet A Projet B
VAN(5%) +28,5 +35,7
VAN(6%) +13,5 +8,1
VAN(7%) -1,1 -18,4
TRI 6,92 6,3

Ces projets sont directement comparables en utilisant la VAN ou le TRI car ils ont la même
durée (3 ans) et des coûts initiaux d’investissement identiques. Selon le critère du TRI, le
projet A est préférable au projet B qui semble pourtant rapporter davantage. Le choix à partir
du critère de la VAN change avec le taux d’actualisation.
 Au taux de 5%, le projet B est plus profitable que le projet A
 Au taux de 6%, c’est le projet A qui est plus profitable que le projet B
 Au taux de 7% les investissement A ou B ne sont pas rentable, car à ce taux la VAN
des deux projets est négative. Aussi, le TRI des projets A et B étant inférieur à 7%,
aucun des deux investissements ne doit être entrepris à ce taux.

2) Quel projet l’entreprise privilégie ?

Lorsqu’on se réfère aux situations où les deux projets sont rentables (aux taux de marché de
5% ou 6%), les résultats sont doublement contradictoires. Au taux de 5%, le critère de la
VAN favorise le projet B, alors que celui du TRI favorise le projet A. Au taux de 6%, la VAN
de A devient supérieure à celle de B. Cette situation est liée aux différences observées dans la
répartition des flux de revenus permis par chaque projet : le projet A permet de récupérer un
revenu élevé la première année tandis que le projet B rapporte surtout la dernière année.
On voit apparaître ici deux biais des critères de la VAN et du TRI :
 Plus les flux de revenu issus d’un projet seront éloignés dans le temps, plus des taux
d’actualisation élevés lui seront défavorables.
 Plus ces flux seront éloignés dans le temps, plus le TRI sera défavorable.
Par conséquent, même si le projet B rapporte davantage que le projet A, son TRI est inférieur.
Par ailleurs, au fur et à mesure que le taux d’actualisation augmente A est préférable.

Ces propriétés sont liées à l’hypothèse de réinvestissement des flux de revenu procurés par
l’investissement au taux d’actualisation dans le cas de la VAN, au TRI de chaque projet dans
le cas du TRI.

EXERCICE 3

Une entreprise dispose de quatre machines, au prix unitaire de 2000. Chaque machine permet
de produire 500. La durée de vie d’une machine étant de quatre ans, l’entreprise en remplace
une par an, si nécessaire. On suppose que le capital inutilisé est conservé oisif et qu’il s’use
comme s’il était en service. La demande évolue de la façon suivante :

T0 T1 T2 T3 T4 T5 T6
2000 2000 2400 2500 3500 4000 3000

1) Compte tenu de l’évolution de la demande, établissez un tableau qui présente à partir


de t=1 l’évolution des variables (variable en colonne et période en ligne) suivantes
dans l’ordre :
 Y t : production demandée
 ∆ Y t : variation de la production demandée
¿
 K t : capital requis
 K t : capital disponible en début de période
'
 K t : capital disponible en fin de période
 I rt: investissement de remplacement
 I nt : investissement net
 I bt : investissement brut
 ∆ I bt : variation de l’investissement total
 K ois : capital oisif
A quel problème l’entreprise fait-elle face en t=2

2) Comment expliquez-vous qu’en T=5 l’investissement diminue alors que la demande


augmente ?
3) On suppose désormais que chaque année l’entreprise n’effectue que la moitié des
investissements nouveaux nécessaires. Comment évolue alors l’investissement total
(on supposera à présent que l’entreprise préfère ne pas investir qu’acheter une
machine qui ne serait pas utilisée au plein de ses capacités de production) ?

Correction

1) Déterminons l’évolution des différentes catégories d’investissement et du stock de


capital de l’entreprise (capital utilisé et capital oisif), en vous aidant du tableau ci-
dessous
 Le capital requis est déterminé en utilisant le coefficient de capital (k). En t=0, la
valeur du capital de l’entreprise est égale à 4x2000 = 8000 (4 machines au prix
unitaire de 2000).
 La production permise par ce capital est égale à 4x500 = 2000. On a donc
8000
k =K t /Y t = =4
2000
 Chaque année, une machine est remplacée, si nécessaire : I rt =2000. Ceci est
équivalent à une situation où l’entreprise a un capital de 8000 amortissable au taux
d’un quart chaque année, ou à une situation où l’entreprise possède quatre machines
de durées de vie restantes respectives de zéro, un deux et trois ans.
 L’investissement nouveau est égal à la différence (positive) entre le stock de capital
¿
nécessaire et le stock de capital disponible en début de période : I nt =K t −K t .
 L’investissement brut est égal à la somme de l’investissement nouveau (net) et de
l’investissement de remplacement : I bt =I nt + I rt .
'
 Le capital de fin de période : K t =K t −usure+ I nt + I rt.

On obtient le tableau suivant :

t Yt ∆Yt K ¿t Kt I rt I nt I bt ∆ I bt K 't K ois


1 2000 0 8000 8000 2000 0 2000 0 8000 0
2 2400 +400 9600 8000 2000 2000 4000 +200 1000 400
0 0
3 2500 +100 10000 9600 2000 0 2000 -2000 1000 0
0
4 3500 +1000 14000 10000 2000 4000 6000 +400 1400 0
0 0
5 4000 +500 16000 14000 2000 2000 4000 -2000 1600 0
0
6 3000 -1000 12000 16000 0 0 0 -4000 1400 2000
0

 En période t=1, la demande étant constant, l’investissement total est égal à


l’investissement de remplacement : I bt =I rt =2000 . On calcule la valeur de K 't ,
investissement en fin de période en posant : capital disponible en début de période ( K t
) – usure du capital au cours de la période 1 + investissement de remplacement ( I rt) +
Investissement nouveau ( I nt ) = 8000 – 2000 + 2000 + 0 = 8000
 En période t= 2, la demande augmente de 400. L’investissement nouveau nécessaire
est I nt =∆ K t=k ∆ Y t =4 x 400=1600. Le problème est qu’une nouvelle machine
permet de produire 500. Dans ce cas, l’entreprise peut ne pas investir si par exemple
elle estime qu’une vente supplémentaire de 400 ne couvre pas le coût lié à l’achat de
la nouvelle machine. L’entreprise peut au contraire acheter la machine et répondre à la
demande. Le capital oisif s’élève alors à 400. C’est le problème de l’indivisibilité des
décisions d’investissement, indivisibilité qui explique les fluctuations amplifiées de
l’agrégat investissement.
'
K 2=K 1−usure en 2+ I r 2+ I n 2=8000−2000+2000+2000=10000 (capital oisif de 400)
 En période t=3, la demande augmente de 100, ce qui nécessite un capital
supplémentaire de 400 et devrait entrainer un nouvel investissement. Cependant,
l’entreprise va utiliser le capital oisif. L’investissement net est donc nul, bien que la
demande augmente. K '3 se maintient à 10 000.
 En période t = 4, la demande augmente de + 1000. I n 4=∆ K t=k ∆ Y t =4 x 1000=4000
et I b 4=I n 4 + I r 4=4000+ 2000=6000 et enfin K '4 =14000
 En période t = 5, la demande augmente de + 500. I n 5=∆ K t =k ∆Y t=4 x 500=2000 et
I b 5=I n 5+ I r 5 =2000+2000=4000 et enfin K '5=16000
 En période t=6, la demande chute fortement et les capacités de production deviennent
nettement supérieures aux besoins. Dans ce cas, l’entreprise peut décider de ne pas
remplacer les machines usagées. On a I b 6=I r 6=I n 6=0. En dépit de cette mesure, le
capital disponible en fin de période K '6 , qui se monte à 14 000, comporte une part de
capital oisif égal à 2000
2) Entre les périodes quatre et cinq, la variation de l’investissement total est de 4000-
6000 = -2000, ce qui veut dire que l’investissement total diminue de 2000 alors que la
demande augmente de 500. Cela peut s’explication par le principe d’accélération. En
effet, bien que la demande augmente entre la période 4 et période 5, son taux de
croissance diminue : en période 4, la demande avait augmenté de 1000, elle
n’augmente que de 500 en période 5. Comme la variation de l’investissement net est
proportionnelle à la variation de la demande, on aura donc :
∆ I n 5=k ∆ ( ∆ Y t ) =4 × ( 500−1000 )=−2000
3) L’entreprise n’effectue désormais chaque année que la moitié des investissements
nouveaux nécessaires. On a donc λ=0,5 et I nt =λ k ∆ Y t =0,5× 4 ×∆ Y t =2 ∆ Y t . Les
résultats sont modifiés comme suit :

t Yt ∆Yt K ¿t Kt I rt I nt I bt ∆ I bt K 't K ois


1 2000 0 8000 8000 2000 0 2000 0 8000 0
2 2400 +400 9600 8000 2000 0 2000 0 8000 0
3 2500 +100 10000 8000 2000 0 2000 0 8000 0
4 3500 +1000 14000 8000 2000 2000 4000 +200 1000 0
0 0
5 4000 +500 16000 10000 2000 2000 4000 0 1200 0
0
6 3000 -1000 12000 12000 2000 0 2000 -2000 1200 0
0

Lorsque le stock de capital nécessaire est supérieur au stock existant, l’investissement


nouveau est désormais égal à la moitié de cet écart. Compte tenu de la valeur du coefficient
d’ajustement partiel et de la décision de l’entreprise de ne pas investir si une machine doit être
sous-utilisé, l’investissement net, et donc l’investissement total, sont fortement réduits par
rapport au cas précédent. Cette hypothèse d’ajustement partiel permet à l’entreprise de mieux
répartir ses dépenses d’investissement dans le temps. On observe que les dépenses
d’investissement sont plus régulières au cours de la période.
FICHE 3 : CHAPITRE 3

QUESTION DE COURS

1. Pourquoi qualifie-t-on le modèle classique de modèle d’offre ?


Réponse
La loi des débouchés (Say) stipule qu’il ne peut y avoir d’insuffisance de la demande globale
puisque l’offre d’un produit ouvre automatiquement un débouché à un autre produit. Cette loi
trouve sa traduction dans la structure du modèle classique dans lequel les variables de
demande ne sont jamais spécifiées sur le marché des biens. D’une part, la quantité produite
(Y*) est déterminée en fonction des conditions sur le marché du travail. D’autre part, en
raison de l’interdépendance des marché, la réalisation de l’équilibre sur les marchés du travail,
puis du capital et de la monnaie garantit la détermination de l’équilibre sur le quatrième
marché, celui des biens. En effet, puisque c’est le taux d’intérêt réel d’équilibre (r*) qui
garantit le partage entre épargne et investissement et, donc, le partage entre consommation et
investissement, on peut considérer que la réalisation de l’équilibre sur le marché du capital
assure l’équilibre sur le marché des biens. Ainsi la production de biens de consommation et de
biens de production est nécessairement égale à la demande respective de ces biens.
2. Quels sont les trois grands principes qui conditionnes l’équilibre général dans le
modèle classique ?

Réponse :

Les trois principes sont :


 Autorégulation des marchés : Ici l’ajustement se réalise le long des courbes d’offres et
de demande et les variations de prix sont les variables régulatrices du modèle. Elles
assurent automatiquement l’égalisation, sur chacun des marchés, de l’offre et de la
demande, qui sont en situation d’interdépendance réciproque.
 Loi des débouchés : « le seul fait de la formation d’un produit ouvre, dès l’instant
même, un débuché à d’autres produits. » (J-B Say, Traité d’économie politique). il ne
peut exister de crises de surproduction dans l’économie. Il n’y a donc aucun problème
de débouchés pour les biens produits, car le mécanisme des prix restaure l’équilibre.
La demande ne pose donc aucun problème par son insuffisance, car c’est l’offre qui
peut être rationnée.
 La théorie quantitative de la monnaie : Toute variation du stock de monnaie, n’aura
aucun effet sur la production réelle, mais entraînera plutôt une variation du niveau
général des prix, ∆P=∆M. La monnaie n’a donc pas d’effets réels sur l’économie, elle
affecte uniquement les niveaux de prix (effet nominal).
QCM
1. L’hypothèse de neutralité de la monnaie en fait une variable inutile à la réalisation de
l’équilibre classique.

Réponse
FAUX. LA confrontation de l’offre et de la demande de la demande de monnaie détermine le
niveau général des prix dans le modèle classique

2. Dans l’approche classique, la consommation dépend du niveau du taux d’intérêt

Réponse
VRAI. Le niveau du taux d’intérêt détermine la répartition du revenu des ménages entre
consommation et épargne.

3. Pour les classiques, l’économie est toujours en plein emploi


Réponse
VRAI, la variation du salaire réel assure l’équilibre entre offre et demande de travail

EXERCICE

On considère une économie fermée composé de trois catégories d’agents : les ménages, les
entreprises et l’Etats, effectuant des opérations économiques sur quatre marchés : marché des
produits, marché du travail, marché des capitaux et marché de la monnaie. Les prix et les
salaires sont parfaitement flexibles, les dépenses publiques sont exogènes et la monnaie est
contrôlée exclusivement par les administrations publiques, l’Etat finançant ses dépenses par
emprunt ou par création monétaire. Les relations qui modélisent cette économie sont les
suivantes :

a) Y =40 N 1/ 2avec Y est la production nette des entreprises et N le niveai d’emploi


exprimé en millions d’individus.
1 W 2
S
b) N = ( )
25 P
avec N S fonction d’offre de travail W/P est le salaire réel

1600 W −2
d
c) N = ( )( )
4 P
avec N d la fonction de demande de travail
d) N s =N d =N
e) S=800 r−40 avec S est l’épargne des ménages et r est le taux d’intérêt.
f) I =−200 r +50 avec I investissement des entreprises
g) C=Y −S avec C est la consommation des ménages
h) G=10 avec G les dépenses publiques
i) M s=M 0 =16 avec M sfonction d’offre de monnaie exogène
d 1
j) M = PY avec M d fonction de demande de monnaie
2
k) M =M d =M
s

l) PA=6 avec PA est la population mesurée en millions d’individus

1) Commentez les différentes relations de comportement de ce modèle


2) Déterminez l’ensemble des grandeurs de cette économie (on suppose dans un premier
temps que l’Etat finance ses dépenses par emprunt sur le marché du capital). Vous
caractériserez notamment la situation de l’emploi.
3) L’Etat décide d’instaurer un salaire réel minimum fixé à un niveau placnher de 12.
Quelles sont les cons »équences observables sur le marché du travail et le marché des
biens et services
4) Souhaitant résorber le chômage, l’Etat décide d’augmenter ses dépenses publiques de
ΔG=+5 en les finançant par recours à l’emprunt. Quelle est l’incidence de cette
mesure sur l’équilibre initial de l’économie (Q2)
5) Constatant les effets du recours à l’emprunt, l’Etat décide d’injecter des moyens de
paiement supplémentaires ΔM s=+5 dans l’économie. Décrivez-en les conséquences
vis-à-vis de l’équilibre initial (Q2).

Réponses :

1) Il s’agit d’un modèle classique dans lequel les anticipations sont parfaites, les prix et
les salaires sont parfaitement flexibles dans un cadre d’équilibre général sur quatre
marchés : le marché des biens et services, le marché du travail, le marché des capitaux
et le marché de la monnaie.
 Les équations (1) à (4) décrivent les comportements relatifs au travail et à la
production. La production de biens et services (Y) est une fonction croissance du
niveau de l’emploi (N) à taux décroissant (équation 1, Y’(N)>0 et Y’’(N) <0). Le
niveau de l’emploi (N) est déterminé sur le marché du travail en fonction du salaire
réel d’équilibre par l’égalité entre l’offre de travail et demande de travail (équation 4).
L’offre de travail (Ns) est une fonction croissante du niveau de salaire (équation 2) et
La demande de travail (Nd) est une fonction décroissante du niveau de salaire
(équation 3)
 Les équations (5) à (8) concernent le marché des capitaux et la répartition du
produit global entre épargne (S), l’investissement (I) et les dépenses et par
extension entre consommation (C) et épargne (S) (Equation 7 dans la
consommation est formulée comme un résidu). La fonction d'épargne est une
fonction croissante du taux d’intérêt réel (r) (équation 5). La fonction
d’investissement des entreprises décroit avec le taux d’intérêt réel (r) (équation
6). Les dépenses publiques (G) sont supposés exogènes (équation 8). La
répartition globale du produit est exprimée par l’équation : Y = C + I + G.
 Les équations (9) à (11) décrivent les comportements sur le marché de la monnaie.
L’offre de monnaie (Ms) est exogène et fixée par les autorités monétaires (équation 9)
La demande de monnaie (Md) est une fonction croissante du niveau général des prix
(P), du niveau du produit global (Y) et constant de la quantité de monnaie nécessaire
(1/2) pour réaliser les transactions de l’économie (équation 10). L’équilibre sur le
marché de la monnaie est obtenu par l’égalisation de la fonction d’offre et la fonction
de demande de monnaie (équation 11)

2) Déterminez l’ensemble des grandeurs de cette économie (on suppose dans un premier
temps que l’Etat finance ses dépenses par emprunt sur le marché du capital).

Marché du travail
On commence par déterminer l’équilibre sur le marché du travail afin de déterminer le salaire
réel d’équilibre

N s =N d
1 W 2 1600 −2
W
( ) (
25 P
¿
=
4 )( )
P
W
( )
P
=10

En remplaçant la valeur du salaire réel d’équilibre dans (2) on obtient :


1
N ¿ = ( 10 )2=4
25
On en déduit le niveau de production d’équilibre de l’économie (1) :
Y ¿ =40 N 1 /2=Y =40 × 4 1/ 2=80

Marché des capitaux


On détermine ensuite l’équilibre sur le marché des capitaux en qui est S = I + G.
L’offre de fonds prêtable est l’épargne des ménages et la demande de fonds prêtable est la
somme des investissements des entreprises et les dépenses publiques de l’Etat

On détermine d’abord le taux d’intérêt avant de calculer la valeur des variables S, I et G. On


les remplace par leur expression dans S = I+ G :
800 r−40=−200 r +50+10
On obtient alors r ¿ =0,1 ou 10 %. On en déduit les valeurs :
S=800× 0,1−40=40
I =−200 × 0,1+50=30
C=Y −S=80−40=40

Marché de la monnaie
Les valeurs d’équilibre sur le marché de la monnaie sont déterminées par l’égalisation de
l’offre et de la demande de monnaie.
M s=M d
1
16= PY
2
AN :
1
160= P × 80⇒ P=4
2
W ¿
¿
On en déduit W sachant que ( )
P
=10. On a alors W ¿ =40.
Concernant la situation de l’emploi on constate le niveau de l’emploi N ¿ =4 < PA=6. Il y a
donc un chômage de 2 millions de personnes. Ce chômage est volontaire. Il correspond aux
personnes qui ne souhaitent pas travailler au salaire d’équilibre. Ils souhaitent travailler à un
taux de salaire plus élevé.

3) L’Etat décide d’instaurer un salaire réel minimum fixé à un niveau plancher de 12.
Quelles sont les conséquences observables sur le marché du travail et le marché des
biens et services
W W ¿
L’instauration d’un salaire minimum ( )
P min
=12> ( )
P
=10 est une mesure sociale qui
perturbe le marché du travail.
S 1
Le niveau de travail offert pour ce salaire est N = ( 12 )2=5,76
25
d
Le niveau de demande de travail pour ce taux de salaire est : N = ( 1600
4 )
−2
( 12 ) =2,77
Un décalage apparait donc entre offre et demande de travail. Le niveau d’emploi va se fixer
au niveau de la demande, c’est-à-dire à N=2,77. Le chômage devient égal à U’=6-2,77 = 3,23
millions de personnes.
Ce chômage est décomposé en deux parts :
 Un chômage involontaire correspondant aux individus qui auraient accepté de
travailler au taux de salaire minimum mais qui n’ont pu le faire du fait de
l’insuffisance de l’offre à ce taux, soit N S −N d =5,76−2,77=2,99 millions d ' individus
 Un chômage volontaire correspondant aux individus ne désirant pas travailler au taux
de salaire minimum, soit : PA−N S =6−5,76=0,24 millionsd ' individus

Les conséquences de la baisse du niveau d’emploi se répercutent sur le niveau de production :


Y =40 ×2,771 /2 =66,6 qui subit une diminution sensible de 80 à 66,6. Le modèle classique
montre que l’instauration d’un salaire minimum introduit des rigidités sur le marché du
travail. Cette rigidité implique l’apparition d’un chômage involontaire qui disparait
automatiquement dès que la flexibilité des salaires est rétablie.

4) Souhaitant résorber le chômage, l’Etat décide d’augmenter ses dépenses publiques de


ΔG=+5 en les finançant par recours à l’emprunt. Quelle est l’incidence de cette
mesure sur l’équilibre initial de l’économie (Q2)

Lorsque l’Etat augmente ses dépense en les finançant par l’emprunt, il effectue une ponction
sur l’épargne globale de l’économie et, ce faisant, modifie l’équilibre sur le marché des
capitaux et l’arbitrage entre épargne et consommation. Le revenu ou la production globale
sont inchangés, ainsi que le niveau d’emploi, puisque l’action de l’Etat n’interfère pas
directement sur les marchés de travail et a fortiori sur le marché des produits. C’est
uniquement la relation d’équilibre sur le marché des fonds prêtables qui est modifiée. La
relation d’équilibre devient : S’=I’+G’
800 r−40=−200 r +50+ ( 10+5 )
1000 r=105
r ¿ =0,105 soit r ¿ =10,5 %
L’augmentation des dépenses publiques et donc du besoin d’emprunt de l’Etat a provoqué une
hausse de 0, 5 point du taux d’intérêt.
On obtient les nouvelles valeurs de S, I et C :

S' =800 × 0,105−40=44 , soit ∆ S=+4


I '=−200 × 0,105+ 50=29 , soit ∆ I =−1
C=Y −S ' =80−44=36 , soit ∆ C=−4
On constate que l’augmentation des dépenses publiques se traduit par une augmentation de
l’épargne, liée à l’augmentation du taux d’intérêt réel, au détriment de la consommation. La
hausse du taux d’intérêt entraine également une diminution des dépenses d’investissements.
On donne à ce phénomène le nom d’effet d’éviction puisque la demande publique se substitue
à la demande privée. La théorie classique conclut à partir de là à la nocivité des interventions
budgétaires : l’augmentation des dépenses publiques s’effectue au détriment des dépenses
privées, sans que le niveau d’équilibre de la production ou de l’emploi ne soit modifié.

5) Constatant les effets du recours à l’emprunt, l’Etat décide d’injecter des moyens de
paiement supplémentaires ΔM s=+5 dans l’économie. Décrivez-en les conséquences
vis-à-vis de l’équilibre initial (Q2).

Lorsque l’Etat recourt à la création monétaire, il n’y aucun effet sur l’économie réelle. Le seul
effet obtenu est limité à la sphère monétaire. Si ∆ M s =+5, on a M s ' =160+5=165 d’où, la
nouvelle condition d’équilibre : M s ' =M d ' , soit
1 1
165= × PY = × P ×80=¿ P¿=4,125 soit ∆ P=0,125
2 2
On observe alors une augmentation des prix. Selon la théorie classique la politique monétaire
est donc inefficace vis-à-vis de l’équilibre macroéconomique et la confirmation de la
croyance dans les mécanismes du marché pour corriger les déséquilibres accidentels. Il y a
une dichotomie réel/monétaire.
FICHE 4 : CHAPITRE 4

QCM

4. Le multiplicateur ne fonctionne que dans une économie en situation de sous-emploi.

Réponse
VRAI. Si l’offre ne peut pas répondre à la demande, notamment parce que l’on est en
situation de plein emploi des facteurs de production, cela signifie que la production ne peut
augmenter. Dans ce cas, soit l’économie importe pour répondre en totalité à l’augmentation de
la demande, soit les prix augmentent.

5. L’effet de relance sera d’autant plus fort que :


a. La propension à importer est faible
b. La propension à épargner est faible
Réponse
c. VRAI
d. VRAI

6. Le multiplicateur est toujours supérieur ou égal à un


Réponse
FAUX. En économie fermée sans prélèvement publics endogènes (liés au revenu) c’est vrai,
mais pas nécessairement en économie ouverte en raison des fuites en importations

7. S’il y a surproduction, il n’y a équilibre emplois-ressources sur le marché des produits

Réponse
FAUX. Les stocks augmentent. La production est toujours « employée » même sous forme de
stocks (invendus)

8. Une hausse de revenu national a un effet de relance sur le reste du monde en économie
ouverte
Réponse
VRAI. La hausse du revenu national entraîne une hausse automatique des importations,
fonction de la propension marginale à importer du pays, ce qui contribue à une augmentation
de la demande pour le reste du monde et donc à un effet de relance.
9. Une demande effective insuffisante peut provenir d’anticipation pessimistes des
entrepreneurs
Réponse
VRAI. Un entrepreneur pessimiste va moins investir, ce qui contribue à réduire la demande
effective.

10. Si les ménages épargnent toute augmentation de leur revenu, l’effet multiplicateur est
nul
Réponse
VRAI. Le multiplicateur simple est alors égal à 1

Réflexion
3. En quoi le multiplicateur fait-il référence à une analyse en termes de circuit ?

Réponse
Le multiplicateur est basé sur le circuit production-revenu-dépense. La production mise en
œuvre donne lieu à une distribution de revenus qui permettent la dépense, et donc l’achta des
biens et services produits. Le multiplicateur suppose une injection initiale de demande
supplémentaire dans le circuit. Elle entraîne des vagues successives de revenus, de dépenses
et de productions, jusqu’à l’obtention de nouvelles valeurs d’équilibres.

4. Retrouvez la valeur du multiplicateur par itérations, en supposant une augmentation


unique ΔA de la demande globale initiale, sachant que la fonction de consommation
est de type keynésien et que les dépenses d’investissement et publiques sont exogènes.

Réponse
Il suppose une augmentation initiale de la demande H.

ΔDemande ΔRevenu= ΔConsommation


=Δ(C+I+G) ΔY = Δ(C+I+G) ΔC=Δ(cY + C0)
S0 0 0 0
S1 ΔD=D(1)-D = H Y(1) – Y = H ΔC = C(1) – C = Ch
S2 ΔD=D(2)-D(1) = cH Y(2) – Y(1) = cH ΔC = C(2) – C(1)= c2H
S3 ΔD=D(3)-D(2) = c2H Y(3) – Y(2) = c2H ΔC = C(3) – C(2)= c3H
S4 ΔD=D(4)-D(3) = c3H Y(4) – Y(3) = c3H ΔC = C(4) – C(3)= c4H
S5 ΔD=D(5)-D(4) = c4H Y(5) – Y(4) = c4H ΔC = C(5) – C(4)= c5H

La variation cumulative de Y c’est-à-dire ΔY=Y(5) – Y = H + cH + c2H + c3H + c4H.


Si on va à l’ordre n on aura alors ΔY=Y(n) – Y = H + cH + c2H + c3H + c4H +…+ cn-1H.
La variation cumulative de Y est déterminé par l’expression d’une suite géométrique de
premier terme H = ΔD et de raison 0 < c < 1. On peut écrire que :
ΔY=H (1-cn-1)/(1-c) = ΔD (1-cn-1)/(1-c) parce que c est inférieur à 1, la limite de cette
expression est ΔY = ΔD 1/(1-c). En terme relatif on a donc ΔY /ΔD = 1/(1-c) où le terme
1/(1-c) est le multiplicateur keynésien.

5. Pourquoi parle-t-on d’équilibre de sous-emploi ?

Réponse
Un équilibre de sous-emploi désigne une situation où coexistent équilibre économique sur le
marché des biens et services et un sous-emploi sur le marché du travail. Ceci fait référence à
la l’analyse keynésienne. Une situation où l’offre et la demande globale sont égales ne signifie
pas que ces variables déterminent un niveau de revenu suffisant pour employer toute la main-
d’œuvre disponible. Le niveau effectif de l’emploi, dans une situation d’équilibre de sous-
emploi, sera inférieur à l’offre de travail potentiellement disponible

EXERCICE 1

Soit une économie donnée décrite par le modèle suivant


Le marché des biens et services
Y  C I G
C  C0  cYd C0  2000 et c  0,75
I  I0  ai I0  3875 et a  17500
GG G  3500
T  2500
Le marché de la monnaie
Md  kY  bi k  0,25 et b  17500
MO  M M  4000
1) Ecrire les équations IS et LM en rappelant leur signification.
2) Déterminer graphiquement et numériquement le taux d’intérêt et le revenu d’équilibre
3) Etudier l’impact sur l’activité économique d’un accroissement des dépenses publiques
de 1000 lorsque T et MO ne varient pas.
4) Préciser les mécanismes économiques qui vont intervenir pour explique l’évolution de
Y et i
5) Que deviennent les effets sur Y et i de la même augmentation des dépenses publiques
lorsque leur financement se fait par des recettes fiscales (avec ΔM=0)

Corrigés

1. Ecrivons les équations IS et LM

IS traduit l’équilibre sur le marché des biens et services, lorsque l’offre est égale à la
demande, c’est-à-dire : Y  C  I  G
Remplaçons C, I et G par leur expression dans la relation d’équilibre.
Y  C0  cYd  I0  ai  G
Yd étant égal à Y-T on aura
Y  C0  c(Y  T )  I0  ai  G
En exprimant Y en fonction de i et des autres composantes, on obtient l’équation IS
(1  c)Y  C0  cT  I0  ai  G
1 a
Y 
1c
 C0  I0  G  cT  
1c
i
AN :
Y 
 2000  3875  3500  0,75  2500   17500
i
1  0,75 1  0,75
 Y  30000  70000i

LM décrit l’équilibre sur le marché de la monnaie entre l’offre et la demande soit


MO  Md  M  kY  bi
En exprimant Y en fonction de i et des autres composants on obtient l’équation LM
M b
Y  i
k k
AN :
4000 17500
Y  i
0,25 0,25
 Y  16000  70000 i
2. Déterminez graphiquement et algébriquement le taux d’intérêt et le revenu
d’équilibre.

Algébriquement le taux d’intérêt et le revenu d’équilibre sont déterminés en résolvant le


système d’équation qui traduit l’équilibre conjoint sur le marché des biens et services et le
marché de la monnaie, soit
 Y  30000  70000i (IS)

Y  16000  70000i (LM)
Solution
 Y  30000  70000i (IS)

Y  16000  70000i (LM)
(IS)  (LM)  2Y  30000  16000  Y  23000
En remplaçant Y dans une des équations (IS) on obtient i
23000  30000  70000i
23000  30000
i  0,1 ou 10%
70000
3. Impact d’une augmentation de G sur i et Y

Si G augmente de 1000, le nouveau G’ sera alors égal à 4500 et la relation numérique de IS


devient

Y 
 2000  3875  4500  0,75  2500   17500 i
1  0,75 1  0,75
 Y  34000  70000i
On détermine le nouveau Y et i d’équilibre en résolvant le système
 Y  34000  70000i (IS)

Y  16000  70000i (LM)
(IS)  (LM)  2Y  34000  16000  Y  25000
En remplaçant Y dans une des équations (IS) on obtient i
23000  34000  70000i
23000  34000
i  0,13 ou 13%
70000
4. L’augmentation des dépenses publiques a un effet multiplicateur sur la production,
mais ceci n’est possible que si le taux d’intérêt augmente, ce qui réduit l'effet
multiplicateur. En effet, l'augmentation des dépenses publiques provoque
l'augmentation de la demande globale, ce qui implique que la production croit de
plus en plus du fait de l'effet multiplicateur, provoquant une nouvelle demande de
monnaie de transaction. Puisque l’offre de monnaie est constante, la demande de
monnaie de spéculation diminue ce qui implique une hausse du taux d’intérêt, qui
induit à son tour une baisse de l'investissement ainsi que la production. Mais l'effet
total est un accroissement de la production.

5. Ce cas est analysé comme étant une combinaison des 2 cas précédents. Ainsi
l’augmentation des dépenses publiques G de 1000 est financée par une
augmentation des impôts T de 1000.

Le nouveau G’ sera égale à 4500 et le nouveau T’ sera égale à 3500 la relation numérique de
IS devient

Y 
 2000  3875  4500  0,75  3500   17500 i
1  0,75 1  0,75
 Y  31000  70000i
On détermine le nouveau Y et i d’équilibre en résolvant le système
 Y  31000  70000i (IS)

Y  16000  70000i (LM)
(IS)  (LM)  2Y  31000  16000  Y  23500
En remplaçant Y dans une des équations (IS) on obtient i
23000  34000  70000i
23000  31000
i  0,11 ou 11%
70000
L’augmentation des dépenses de l'Etat avec financement par des impôts additionnels se traduit
par une augmentation de la production car le multiplicateur fiscal est inférieur au
multiplicateur budgétaire. Le taux d’intérêt va accuser une augmentation.

EXERCICE 2
1. Qu’entend-on par « flexibilité du salaire » ? « Rigidité du salaire à la baisse » ?
2. Qu’est-ce que la « demande effective » ? la demande globale ?
3. Qu’est-ce que le sous-emploi ?
4. Pourquoi, selon Keynes, stimuler l’investissement est-il un moyen très efficace de
relancer la demande ?
5. Remplir le tableau suivant :

Analyse néoclassique Analyse keynésienne


Comment est
déterminée la
quantité d’emplois
dans une
économie ?
A quoi est dû le
chômage ?

Que doit faire


l’Etat face au
sous-emploi ?

Quel peut être


l’effet sur
l’emploi d’un
salaire minimum ?
Pourquoi ?

Quel peut être


l’effet sur
l’emploi d’une
indemnisation du
chômage ?
Pourquoi ?