Vous êtes sur la page 1sur 4

DOCUMENT CONFECTIONNE PAR MONSIEUR NDOUR TEL.

77-621-80-97

ETUDE DE APOLOGIE DE SOCRATE, DE PLATON

INTRODUCTION
Platon Athènes, ( 428 av. J.C - 348 - av. J.C ) , est un philosophe grec, contemporain de la démocratie
athénienne et des sophistes, qu'il critiqua vigoureusement. Il reprit le travail philosophique de certains de ses
prédécesseurs, notamment Socrate, Parménide, Héraclite et Pythagore, afin d'élaborer sa propre pensée.
Dans l’Apologie de Socrate, Platon rapporte les plaidoyers de Socrate lors de son procès en -399 à Athènes qui
déboucha sur sa condamnation à mort. En 399 avant Jésus Christ, à Athènes, Socrate comparut devant le Tribunal
de la Cité. C'est la première fois dans sa vie que Socrate, comme il le rappelle au début de l'Apologie comparaît
devant un tribunal alors qu'il était âgé de 70 ans environ. Dans ce type de procès, il n’y avait pas de peine établie
par la loi. C'est l'accusateur qui devrait proposer une peine à la fin de l'acte d'accusation. Et si le jury reconnaissait
que l'accusé était coupable, une nouvelle étape du procès commençait. Et les deux parties pouvaient alors, soit
chercher à justifier la peine proposée, soit la récuser en proposant une peine alternative. Ce n'est qu'après que les
juges votaient une seconde fois pour choisir entre les deux propositions venant des deux parties.
Le procès que Platon prétend rapporter dans l'Apologie a bien cette structure. Dans un premier discours (Apologie
17a-35d), Socrate présente sa défense face à l'accusation portée contre lui. Et dans un second discours (Apologie
36e-38b), Socrate propose une peine de substitution.
I-) RESUME DE L'ŒUVRE
Socrate était parvenu à l’âge de soixante-dix ans lorsqu’il fut accusé par MELETOS, ANYTOS et LYCON de
ne pas reconnaître les dieux de l’État, d’introduire de nouvelles divinités et de corrompre ainsi la jeunesse. Il argue
de son innocence sans le fard et sans le lustre d’une rhétorique pourtant si prisée en son temps. Avec sa
désemparante ironie, avec son art consommé de la dialectique, Socrate ne ménage ni ses juges ni l’assistance : il
leur démontre sans complaisance leur cécité, morale et politique, comme il s’est efforcé toute sa vie de révéler à
ses concitoyens l’incohérence de leurs opinions et de leur conduite. Socrate commence sa défense en repoussant
l'art rhétorique de ses accusateurs au profit de sa manière de parler, simple, et apparemment sans calculs. Eux sont
préoccupés par le style, lui par la vérité. Il souhaite ensuite déconstruire leurs accusations, et pour ce faire, il
procédera en deux temps : en désamorçant d'abord les accusations anciennes et bien ancrées dans l'imaginaire
collectif, puis les accusations récentes qui ont donné lieu au procès. La peine requise contre lui était la mort. Le
principal accusateur, Mélètos, était un mauvais poète qui, poussé par Anytos, se chargea de déposer la plainte au
greffe de l’archonte-roi. Anytos et Lycon la contresignèrent. Anytos, un riche tanneur, qui avait été stratège en
409 et qui avait combattu les Trente avec Thrasybule, était un orateur influent et l’un des chefs du parti
populaire. Si l’on en croit Xénophon (Apologie, 29), il était fâché contre Socrate, parce que celui-ci l’avait blâmé
d’élever son fils dans le métier de tanneur. Il avait sans doute d’autres motifs plus sérieux, des motifs politiques : il
avait dû se sentir blessé par les critiques de Socrate contre les chefs du parti démocratique. De Lycon, nous ne
savons pas grand-chose. Le poète comique Eupolis lui reproche d’être d’une origine étrangère et Cratinos fait
allusion à sa pauvreté et à ses mœurs efféminées. En tout cas, il semble avoir été un personnage de peu
d’importance. Dans ce concert d’accusateurs, Mélètos représentait les poètes, Anytos les artisans et les hommes
politiques, Lycon les orateurs, tous gens dont Socrate, en mettant leur savoir à l’épreuve, avait choqué l’amour-
propre et suscité les rancunes. Socrate, en butte à toutes ces haines, ne se fit pas illusion. Mais, bien qu’il
s’attendît à être condamné, il continua à s’entretenir à l’ordinaire avec ses disciples de toutes sortes de sujets
étrangers à son procès. Comme son ami Hermogène s’étonnait (Apologie de Socrate, par Xénophon, 3 et 4) qu’il
ne songeât pas à sa défense : « Ne te semble-t-il pas, répondit-il, que je m’en suis occupé toute ma vie ? – Et
comment ? En vivant sans commettre aucune injustice. » Et comme Hermogène lui objectait que les tribunaux
d’Athènes avaient souvent fait périr des innocents, il répondit qu’il avait par deux fois essayé de composer une
apologie, mais que son signe divin l’en avait détourné. D’après Diogène Laërce, Lysias lui aurait proposé un
plaidoyer qui aurait sans doute emporté l’acquittement. Il le refusa en disant : « Ton discours est fort beau, mais ne
me convient pas. » Ce discours était sans doute composé suivant les règles de la rhétorique et visait à exciter la
pitié des juges. C’est ce que Socrate ne voulait pas. Il se défendit lui-même dans un discours qu’il n’écrivit pas,
DOCUMENT CONFECTIONNE PAR MONSIEUR NDOUR TEL. 77-621-80-97
mais qu’il avait dû néanmoins méditer à l’avance. Il y montra une fierté de langage qui frappa ses amis aussi bien
que ses juges. « D’autres, dit Xénophon, ont écrit sur son procès, et tous ont bien rendu la fierté de son langage,
ce qui prouve que c’est bien ainsi qu’il parla. ». Condamné à soixante voix de majorité sur cinq cents ou cinq cent
un, votants, et invité à fixer sa peine, il refusa de le faire, pour ne pas se reconnaître coupable, dit Xénophon. Il
demanda même, d’après Platon, à être nourri au prytanée. Cette demande parut être une bravade au jury, qui le
condamna à mort à une majorité plus forte. Conduit en prison, il dut y attendre un mois le retour de la théorie
envoyée à Délos ; car il n’était pas permis de mettre quelqu’un à mort entre le départ et le retour des députés qui
allaient sacrifier chaque année dans l’île sainte. Il eût pu s’évader de sa prison. Il refusa de le faire. Il continua à
s’entretenir avec ses disciples admis dans sa prison jusqu’au retour de la galère sacrée. Il but alors la ciguë et
mourut avec une sérénité qui couronnait dignement une longue carrière consacrée à la science et à la vertu. Le
tribunal des Héliastes qui jugea Socrate se composait de 6000 membres élus par le sort, 600 par tribu. Mais ils ne
siégeaient pas tous à la fois ; d’ordinaire la cour se formait de 500 ou 501 juges, quelquefois de 1000,
quelquefois de 300 ou 400. Le jury devant lequel Socrate comparut comprenait 500 ou 501 juges. La
condamnation de Socrate ne pouvait manquer d’être discutée. S’il avait contre lui des juges prévenus dès
longtemps contre les sophistes avec lesquels on le confondait, et des démocrates qui ne lui pardonnaient pas ses
critiques contre le régime de la fève, il avait pour lui tous ceux qui le connaissaient bien et en particulier des
disciples fervents comme Antisthène, Eschine, Xénophon et Platon. Ceux-ci ne tardèrent pas à prendre la
défense de leur maître, et c’est pour le faire connaître tel qu’il était que Platon écrivit son Apologie. Il est bien
certain les divergences entre l’apologie de Platon et celle que composa plus tard Xénophon le montrent d’une
manière assez claire que Platon, pas plus que Xénophon, ne reproduit pas les paroles mêmes de Socrate devant
ses juges. Il a dû pourtant en reproduire l’essentiel et réfuter à peu près comme lui les griefs des accusateurs ;
autrement le nombreux public qui avait entendu Socrate aurait pu l’accuser de mensonge et ruiner ainsi l’effet de
son ouvrage. D’ailleurs Platon ne pouvait mieux faire pour défendre son maître que d’en présenter à ses lecteurs
une image aussi exacte que possible. Aussi l’on peut croire qu’en s’appliquant à faire revivre la figure de son
maître vénéré, il en a reproduit les traits avec une grande fidélité.
II-) LES ACCUSATEURS ET ACCUSATIONS CONTRE SOCRATE
Au cours du procès relaté dans l'Apologie, Socrate cite à deux occasions les noms de ses accusateurs :
MÈLÈTOS qui porta et déposa officiellement la plainte, appuyé par les deux autres accusateurs est un jeune poète
falot et l’orateur LYCON a été payé pour rédiger l’acte d’accusation, ANYTOS (un homme politique qui s'était
enrichi grâce au tannage des peaux).
1-) La corruption de la jeunesse (24b-25c)
Dans une ville comme Athènes au IVè siècle av. J.-C., soucieuse de la bonne éducation de ses futurs citoyens, la
corruption de la jeunesse (on dirait peut-être, aujourd'hui, le "détournement de mineurs") constitue un crime grave.
Contrairement à l'idée reçue, Athènes réprouvait les relations homosexuelles (bien qu'elles n'aient pas été, semble-
t-il, explicitement incriminées). Néanmoins, l'union charnelle entre un élève et son pédotribe (professeur de
gymnastique, mais aussi entraîneur, diététicien etc.) étaient tolérées au titre d'une "initiation sexuelle" (le pédotribe
éduque tout le corps, y compris cet aspect). Des passages entiers, chez Platon (voir notamment le Charmide et le
Banquet), visent à défendre l'homosexualité, et s'appuient justement sur cette tolérance : Socrate entretient certes
des relations amoureuses avec les jeunes gens les plus doués (Alcibiade, Charmide, Agathon, peut-être Platon
lui-même) ; mais dans l'esprit de l'acte d'accusation, la "corruption de la jeunesse" affecte d'abord l'âme, et non le
corps. Si Mélétos accuse Socrate de corrompre la jeunesse, alors il sait qui rend les jeunes gens mauvais ; donc,
raisonne Socrate, si Mélétos sait qui rend les jeunes gens mauvais, il doit aussi savoir qui les rend meilleurs (24d) ;
qu’il désigne, alors, demande Socrate, celui qui rend les jeunes gens meilleurs. Mélétos, embarrassé par ce
raisonnement a contrario, répond par une esquive : "les lois" (24e). Socrate, raffermi par cette première réponse,
poursuit son argument : oui, bon, d’accord, mais qui connaît bien les lois ? Mélétos fait alors preuve d’à-propos et
il répond : les juges d'Athènes ici rassemblés pour se prononcer sur la culpabilité de l'accusé. Brutal retournement
de situation ! Socrate se trouve soudain empêtré dans une position fort désagréable : à lancer l'affrontement sur ce
terrain, il se contraint à montrer que les juges ne sont pas aptes à améliorer les jeunes gens, ce qui risque fort
d'irriter les magistrats ! Dans un sens, Socrate n'a plus le choix : il pousse effectivement l'argument jusqu'à son
terme et s'exclame ironiquement.
2-) La corruption de la Cité (25c-26a)
Ce chef ne figure pas littéralement dans l’acte d’accusation, mais Socrate l’introduit dans un double but : d’abord,
pour élargir l'argument précédent et montrer que personne n'a jamais intérêt à corrompre quiconque (il n'est donc
DOCUMENT CONFECTIONNE PAR MONSIEUR NDOUR TEL. 77-621-80-97
pas dans l’intérêt de Socrate de corrompre les jeunes) ; ensuite, pour ouvrir vers la question de l’impiété (que
Socrate redéfinira comme la corruption de la Cité entière par l'introduction de nouveaux dieux). Socrate entame
cet examen par une définition comportementale des méchantes gens par opposition aux gens de bien. Cette
définition, opératoire, paraît conforme à l'expérience commune. Ceci posé, Socrate pose deux questions à son
accusateur : existe-t-il des personnes qui préfèrent recevoir du mal que du bien ? Evidemment non, répond
Mélétos. Par ailleurs, Mélétos accuse-t-il Socrate de corrompre la jeunesse à dessein ou sans le vouloir ?
Conforme à son accusation, Mélétos répond : "à dessein" (25d). Par ces deux réponses, Mélétos se précipite dans
une contradiction insoluble. Il paraît en effet évident qu'on ne peut corrompre qu'une personne avec qui l'on se
trouve en relations, c'est-à-dire un "proche" ; or, à le corrompre, on le rend moins bon, donc plus méchant ; dans ce
cas, une personne qui en corrompt une autre travaille contre son propre intérêt puisque le proche corrompu lui
causera ultérieurement du tort (conformément à la définition des méchantes gens).
3-) L’introduction de nouveaux dieux dans la Cité (26b-28a)
L’acte d’accusation prétend que Socrate ne reconnaît pas les dieux de la Cité et introduit des divinités nouvelles.
Socrate demande à Mélétos d’éclaircir son propos : l'accuse-t-on de prêcher l'existence de divinités différentes de
celles adorées à Athènes, ou bien d'affirmer que les dieux n'existent pas (26c) ? En un mot, l'accuse-t-on d'hérésie
ou d'athéisme ? La fougue de Mélétos le pousse à s'emporter : "par Zeus, Athéniens, il [Socrate] dit que le soleil
est une pierre, et la lune une terre". Double erreur : non seulement Socrate a beau jeu de prendre les juges à
témoin que Mélétos le confond avec Anaxagore en lui attribuant faussement ses thèses (26d) mais encore on ne
comprend plus du tout comment un athée peut introduire de "nouveaux dieux" dans la Cité, puisqu'il est athée.
Socrate prend un malin plaisir à souligner l'embarras de Mélétos par sa formule cruelle "tu dis là des choses
incroyables" (26e), avant de se complaire à montrer qu'on ne peut être athée tout en révérant des dieux (27a-28a).
III-) ANALYSE DES THEMES (LES DIFFERENTS DISCOURS)
L’œuvre, écrite probablement entre 392 et 387 s'articule autour de trois (3) discours :
 Premier discours (Sur la culpabilité de Socrate)
 Second discours (Sur l'établissement d'une peine)
 Troisième discours (Conversation informelle)
1-) Premier discours (sur la culpabilité de socrate 17a-35c-d)
Dans le premier discours, Socrate se défend en rapportant les paroles de tous les plaideurs, notamment Mélétos, et
mène un argumentaire visant à démontrer son innocence et l'absurdité de l'accusation. Il réfute l‘idée que
l’éducation qu’il offre soit dans un but lucratif (contrairement aux sophistes) et ensuite explique qu’il ne peut pas
ne pas croire aux dieux car selon lui ce sont ces dieux, notamment Apollon (par un oracle rendu à Chéréphon),
qui l'ont incité à être philosophe. Socrate commence sa défense en repoussant l'art rhétorique de ses accusateurs au
profit de sa manière de parler, simple, et apparemment sans calculs. Eux sont préoccupés par le style, lui par la
vérité. Socrate décide de se défendre d'abord contre les premières accusations "mensongères "et ses premiers
accusateurs (Aristophane) et ensuite contre les accusations du moment qui ont été portées contre lui par ses
accusateurs récents (Anytos, Mélétos, Lycon). Contre les anciennes accusations, Socrate s'en défend
naturellement et considère qu'aucun de ces griefs ne tient : il soutient qu'il n'est ni un "penseur de la nature "(19a-
b), ni un sophiste (19d-20c) ... Et pour consolider sa défense, Socrate décide de revenir sur l'origine de ces
calomnies portées contre lui (20c-24b) et relative à sa décision de faire son enquête auprès de ceux qui étaient
réputés comme étant des gens compétents, ce qui va lui valoir des inimitiés si nombreuses (ce qui a suscité maintes
calomnies et de se voir attribuer ce nom de "savant " alors que tout ce qu'il prétendait, c'est de ne rien savoir) ... Ce
qui mène à la plainte de Mélétos, comme l’explique Socrate lui-même :"Et c'est en s'appuyant sur ces calomnies
que Mélétos, de concert avec Anytos et Lycon, m’est tombé dessus. Mélétos exprimant l'hostilité des poètes,
Anytos celle des gens de métier, et Lycon celle des orateurs, c'est- à -dire celle des dirigeants politiques. "
Ensuite, contre les accusations du moment (portées par Anytos et ses amis) qui l'accusaient de corrompre la
jeunesse et d'introduire de nouveaux dieux dans la cité, Socrate décide d'interroger Mélétos pour se défendre...
Voici sa conclusion après l'interrogatoire :"...Atheniens, il n'est pas besoin d'une défense plus longue pour prouver
que je ne suis pas coupable de ce dont m'accuse Mélétos dans sa plainte, ce que je viens de dire suffit ". Et sur le
mode de vie qu'il a choisi, Socrate préfère mourir que de cesser de philosopher. Et quant à supplier les juges en
"versant des torrents de larmes " et en faisant monter à la tribune ses jeunes enfants rien que pour attirer "la pitié
des juges ", Socrate reste ferme et déclare : « je ne vais rien faire de cela, même si je risque ce qui, à vos yeux
constitue le péril suprême ».

DOCUMENT CONFECTIONNE PAR MONSIEUR NDOUR TEL. 77-621-80-97


2-) Second discours (sur l’établissement d'une peine, 35e-38b)
Après ce plaidoyer, les juges votent et n’acceptent pas avec une petite majorité (60 voix sur 501 juges) les
arguments de Socrate, il est donc reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés. Mélétos au nom de tous les
accusateurs réclame la peine de mort, Socrate se doit de proposer une autre peine selon le système judiciaire
athénien. Les juges voteront par la suite l’une des deux condamnations que subira Socrate. Socrate se voit dans
l'obligation de proposer une peine, mais il refuse au début de proposer une peine car selon lui ce serait admettre sa
culpabilité. Dans les procès comme celui-ci, où la loi ne fixait pas la peine, l’accusateur en proposait une, et
l’accusé, s’il était déclaré coupable, en proposait une autre, et le jury choisissait l’une ou l’autre, sans pouvoir y
rien changer. Les adversaires de Socrate requéraient la mort. Invité à fixer sa peine, Socrate pense et dit aux juges
qu'il méritait plutôt un bon traitement du fait de nombreux services qu'il a pu rendre à son peuple :il mérite, dit-il,
d'être "nourri dans le prytanée ". Socrate déclare ainsi ne mériter aucune peine pour n'avoir rien à se reprocher, ni
l'emprisonnement, ni une amende, ni l'exil. Socrate de fixer d'abord une amende d'une mine avant de porter sa
proposition à trente (30) mines dont ses amis présents lors du procès garantissent le paiement...
3-) Troisième discours (ou plutôt conversation informelle 38c-42a)
Dans le discours final, Socrate décide de s'adresser d'abord aux juges qui ont voté pour une condamnation à mort
(38c-39d) et ensuite aux juges qui ont voté pour son acquittement (39e-42a).
Aux premiers, Socrate prédit un "châtiment beaucoup plus pénible " : une relève composée de jeunes gens qui
seront plus agressifs que lui et qui les irriteront davantage (39c-d).
Et aux juges qui ont voté pour son acquittement, Socrate leur demande de rester avec lui un cours laps de temps
afin d'interpréter à sa manière ce qui vient de se passer. Face aux représentations populaires de la mort de
l’époque, Socrate considère que mourir n'est pas un mal... Il a vraiment confiance en la providence. Il prie les
juges de s'occuper de ses fils :"Quand mes fils seront grands, punissez-les, citoyens, en les tourmentent comme je
vous tourmentais, pour peu qu'ils vous paraissent se soucier d'argent ou de n'importe quoi d'autre que la vertu. Si
vous faites cela, vous ferez preuve de justice(42a) envers moi comme envers mes fils ".
Socrate de conclure en ces termes : "Mais voici déjà l'heure de partir, moi pour mourir et vous pour vivre De min
sort ou du vôtre lequel est le meilleur ? La réponse reste incertaine pour tout le monde, sauf pour la divinité ".
CONCLUSION
Au terme de l’exploitation de l’œuvre, nous avons pu constater que cette défense de Socrate, telle que
nous la rapporte Platon, est une éminente leçon de philosophie, si par philosophie on entend l’accord de soi
avec soi, en usant de sa raison, non en vue de vivre ou de fuir la mort, mais en vue de bien vivre. L’image de
Socrate que construisent ses détracteurs est celle d'un farfelu mystique qui ne s'intéresse qu'à ce qui se passe
sous la terre et dans le ciel. Socrate rappelle que ce n’est pas là son propos, et compte sur le fait qu'une
grande partie des Athéniens a eu l'occasion de discuter avec lui pour le prouver. On ne l'a jamais entendu
parler de ces affaires. Comme on lui reproche aussi d'enseigner son savoir aux jeunes gens contre de l'argent,
Socrate précise qu'il ne sait pas enseigner et qu'il ne l'a jamais fait. Platon a fait d’un évènement contingent,
à savoir le procès puis la mort de Socrate, un mythe fondateur de la philosophie. Ce mythe modèlera
fortement la figure du Sage dans la tradition philosophique occidentale. Car Socrate, à l’approche de la
mort, est en effet plus philosophe que jamais : seule la pratique de la philosophie rend la vie digne d’être
vécue, et en corollaire, permet d’accepter la mort. La mort n’est donc qu’un passage vers un autre monde, où
nous retrouverons les personnages du temps passé.

DOCUMENT CONFECTIONNE PAR MONSIEUR NDOUR TEL. 77-621-80-97