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Chapitre 1 : Logique combinatoire

Objectifs :
À la fin de ce chapitre, je dois être capable de :
- Énumérer les différents systèmes de numération
- Appliquer les formules de changement de base
- Faire des opérations arithmétiques dans une base quelconque
- Connaître les fonctions logiques et les propriétés de l'algèbre de Boole
- Construire un logigramme à l’aide d’une équation logique
- construire une table de vérité par rapport à un cahier de charges
- Simplifier les équations logiques par les méthodes algébrique et graphique (tableau de Karnaugh)
Leçon 1 Logique combinatoire
La combinaison de plusieurs variables reliées entre elles par des opérateurs logiques ou fonctions logiques
s'appelle logique combinatoire.
I. Notion de contact
1. Rôle
Un contact permet l’ouverture ou la fermeture d’un circuit commandé. Ils sont généralement appelés
variables d’entrées et ne peuvent prendre que deux valeurs 0 ou 1. (Exemple : capteurs …..)
2. Types de contacts (électriques – pneumatiques)
Contacts électriques
Contact à fermeture

Contact à ouverture
Contacts pneumatiques
Contact à fermeture

Contact à ouverture
II- Variables Booléens et fonctions logiques
1. Variables
Le fonctionnement d’un système automatisé de type combinatoire est régit par l’état de certaines variables.
Chaque variable représente un phénomène physique (capteur de position, interrupteur, etc...). Si un système
comporte n variables, il y a 2 n possibilités de combiner les différentes variables. Ainsi pour définir une
fonction (représentative d’une certaine action au sein du système), il suffit de déterminer la valeur de cette
fonction pour les 2n combinaisons. L’algèbre de Boole permet de manipuler les valeurs logiques. Une
variable booléenne n’a que deux valeurs de vérité possibles. Si elle est vraie, sa valeur de vérité est égale à
1 et si elle est fausse, sa valeur de vérité est égale à 0. Ainsi, Une variable binaire ou variable booléenne est
une variable susceptible de prendre deux valeurs exclusives ou non simultanées. Cette variable se note par
une lettre comme en algèbre.
Plusieurs valeurs logiques peuvent être combinées pour donner un résultat qui lui aussi est une valeur
logique.
Exemples : marche - arrêt, ouvert - fermé, vrai - faux, enclenché - déclenché, avant - arrière, oui - non,
etc….
 Notation
La notation d’une variable Booléenne change selon qu’elle a la valeur 0 ou 1. Par exemple lorsque la
variable prend la valeur 0, elle se note et lorsqu’elle a la valeur 1, sa notation reste inchangée : .
2. Fonctions (opérateurs) logiques élémentaires
Une fonction logique possède une ou des variables logiques d’entrée et une variable logique de sortie.
Cette fonction logique se note par une lettre de l’alphabet.
Exemple : =( ) ( ) = ( . ) + .( )
La manipulation des valeurs logiques repose sur trois fonctions (opérateurs) logiques de base :
 Le produit logique ET (AND) ;
 La somme logique OU (OR) ;
 L’inversion NON. (NOT)
Ces opérateurs (ou fonctions) peuvent être représentés par des tables de vérité et par des symboles
graphiques selon deux normes :
IEEE : Institute of Electrical and Electronics Engineering ;
IEC : International Electrotechnical Commission.
Les tables de vérité permettent la connaissance de la sortie d’un circuit logique ou d’une équation (fonction)
logique en fonctions des diverses combinaisons des valeurs des entrées. Le nombre de colonnes de la table
de vérité est le nombre total d’entrées et de sortie et le nombre de ligne de la table de vérité est 2n. Sachant
que n est le nombre total d’entrée.
Exemple : une fonction à 3 entrées et une sortie sera représentée par une table de vérité de 4 colonnes et 8
lignes.
S
c
0
1
0
1
0
1
0
1
b
0
0
1
1
0
0
1
1
a
0
0
0
0
1
1
1
1

Exemple
Construire la table de vérité des fonctions suivantes :
= + + +
= + +

a. Opérateur ET (AND)
C’est une fonction définie au moins sur deux variables. La sortie de cet opérateur prend la valeur 1
lorsque toutes les entrées sont à 1.
Table de vérité
a b S Circuit électrique
0 0 0
0 1 0 Symbole IEEE Symbole IEC
1 0 0
1 1 1

S = ab
1 est élément neutre pour l’opérateur ET
0 est élément absorbant pour l’opérateur ET
b. Opérateur OU (OR)
C’est une fonction définie au moins sur deux variables. Dans le cas simple de 2 variables la sortie de cet
opérateur prend la valeur 1 si et seulement si l’une des variables entrée est à 1.
Table de vérité
a b S Circuit électrique
0 0 0
0 1 1 Symbole IEEE Symbole IEC
1 0 1
1 1 1

S = a+b
0 est élément neutre pour l’opérateur OU.
1 est élément absorbant pour l’opérateur OU
c. L’inversion NON (NOT)
C’est une opération définie sur une seule variable. La sortie prend la valeur que n’a pas l’entrée. On dit
que la sortie est l’inverse ou le complément de l’entrée.
Table de vérité
Circuit électrique

a S Symbole IEEE Symbole IEC


0 1
1
1 0

=
d. L’identité ou l’égalité OUI (YES)
C’est une opération définie sur une seule variable. La sortie prend la valeur qu’a l’entrée.
Table de vérité
Circuit électrique

a S Symbole IEEE Symbole IEC


0 0
1 1 1

=
3. Fonctions (opérateurs) logiques complets
Il est possible de synthétiser les 3 opérateurs élémentaires (de base) avec un seul type d’opérateur que
l’on appelle alors opérateurs complets. Il existe deux opérateurs complets :
L’opérateur NON-ET (NAND)
L’opérateur NON-OU (NOR)
a. Opérateur NON-ET (NAND)
Table de vérité
a b S Circuit électrique
0 0 1
0 1 1 Symbole IEEE Symbole IEC
1 0 1
1 1 0
= .
b. Opérateur NON-OU (NOR)
Table de vérité
a b S Circuit électrique
0 0 1
0 1 0 Symbole IEEE Symbole IEC
1 0 0
1 1 0

= +
Il existe un autre opérateur nommé OU Exclusif (XOR). Ce dernier est à 1 si et seulement si l’une des
variables est à 1 et l’autre est à 0.
Table de vérité
a b S Circuit électrique
0 0 0
0 1 1 Symbole IEEE Symbole IEC
1 0 1
1 1 0

= ⊕ = • + •

Montrer que ⊕ = ( • )+ •
4. Ecritures canoniques d’une fonction logique et Simplification des fonctions logiques
Considérons trois variables booléennes a, b et c. A partir de ces trois variables nous pouvons construire huit
produits logiques (somme canonique de produits ou mintermes) et huit sommes logiques (produit canonique
de sommes ou maxtermes) faisant intervenir a ou son complément, b ou son complément et c ou son
complément. Pour chacune des huit combinaisons des variables a, b et c, nous pouvons calculer les valeurs
de ces produits et sommes. Celles-ci sont rassemblées dans la table de vérité. Chacun de ces produits et
sommes peut prendre la valeur 0 ou 1.
Un minterme de n variables est un produit de ces n variables ou de leurs complémentaires.
Un maxterme de n variables est une somme de ces n variables ou de leurs complémentaires.
a. Somme canonique de produit
C’est une somme de mintermes.
Exemples : mintermes de 2 variables, mintermes de 3 variables, etc…
b. Produit canonique de somme
C’est un produit de maxtermes.
Exemples : maxtermes de 2 variables, maxtermes de 3 variables, etc…
5. Logigramme
C’est la représentation ou l’établissement d’un schéma logique fonctionnel ou de principe à partir d’une
équation.
Exemples : établir le logigramme de chacune des fonctions Booléennes suivantes :
= ( + )( + ) ; = +

Leçon 2 : Algèbre de Boole


1. Généralités
L’algèbre binaire résulte des travaux du mathématicien Georges BOOLE qui a développé au 19ème siècle
une algèbre logique portant sur des variables qui ne peuvent prendre qu’un nombre fini d’états. Il est l’outil
mathématique qui permet d’établir la relation entre les sorties et les entrées d’un système logique.
Réciproquement, cet outil nous permet de déterminer les règles de fonctionnement d’un système logique
existant (analyse du système).
2. Propriétés de l’algèbre de Boole
Considérons 3 variables (a, b, c), l’algèbre de Boole nous permet d’affirmer :

• = • Commutativité
•( • )=( • )• Associativité
ET (AND) • = Idempotence
•1= Elément neutre
•0=0 Elément absorbant
+ = + Commutativité
+( + )=( + )+ Associativité
+ = Idempotence
OU (OR)
+0= Elément neutre
+1=1 Elément absorbant

= Double inversion
NON (NOT) + =1 Complémentarité
. =0
•( + )=( • )+( • ) Distributivité
+( • )=( + )•( + )
+( • )= Absorption
•( + )=
+ = + + Redondance
+( • )= +
•( + )= •
( + )• + = .
( + )•( + )= + • .

⊕ = ( + )• •b

OU EXCLUSIF (X OR) ⊕ = • + •

⊕ = ( • )+ •

Théorème de De Morgan •b= + Complément produit logique

+b= • Complément somme logique

Autres propriétés
Fermeture
Si a et b sont des variables booléennes, alors a + b et ab sont aussi des variables booléennes.
 Théorème de De Morgan
Cette écriture veut dire que le complément d’une fonction Booléenne s’obtient en remplaçant les variables
par leur complément, et les opérateurs ET ou AND (•) par des opérateurs OU ou OR (+) (et
réciproquement).

Leçon 3 : Simplification des fonctions logiques


Une fonction logique est sous forme canonique disjonctive (somme canonique de produits) ou sous forme
canonique conjonctive (produit canonique de sommes) si chacun de ses termes contient toutes les
variables directes ou inverses. Si l’une de ces variables ne figure pas dans l’un de ses termes, alors elle est
sous forme simplifiée. C’est cette forme simplifiée qui est recherchée pour aboutir à une réalisation pratique
avec un minimum de matériel et à moindre coût. L’objectif de l’étude des fonctions Booléennes est
principalement de matérialiser ces dernières dans le but de réaliser l’automatisme. Ainsi, pour simplifier
les fonctions logiques, on utilise généralement les méthodes suivantes :
 La méthode algébrique ;
 La méthode graphique à base des tableaux de Karnaugh ;
 La méthode du cercle d’Euler (impossible pour plus de 3 variables)
Cette dernière méthode ne fera pas l’objet de ce cours, car elle n’est pas au programme.
1- Méthode algébrique
Elle utilise les propriétés de l’algèbre de Boole vues plus haut.
2- Méthode graphique à base des tableaux de Karnaugh
Beaucoup d’ingénieurs et techniciens ne simplifient pas leurs équations par la méthode algébrique. Ils
utilisent La méthode par tableau de Karnaugh. Cette dernière permet de simplifier les fonctions Booléennes
ayant jusqu’à 6 variables. Dans cette section nous verrons comment construire un tableau de Karnaugh.
Le tableau de Karnaugh d’une fonction Booléenne est la transformation de sa table de vérité sous forme
d’une table à 2 dimensions. Les regroupements se font par puissance de 2.
C’est le code binaire réfléchi ou code GRAY qui est utilisé dans les tableaux de Karnaugh.
NB : La propriété fondamentale du code gray est de ne subir qu’une seule variation de digit (le digit est la
valeur binaire, 0 ou 1, associé à un bit) d’un nombre entier au nombre entier suivant (d’un nombre n à n +
1 ou à n - 1).

a 0 1 ab 00 01 11 10 ab 00 01 11 10
b c cd
0 0 00
1 1 01
11
Les pictogrammes suivants représentent respectivement 10
les tableaux de Karnaugh pour 2, 3 et 4 variables d’entrée.
Exemple : simplifier l’équation suivante en utilisant le tableau de Karnaugh.
= + + + +
Solution :
ab 00 01 11 10
c
0 1 1 M = b + ac
1 1 1 1

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