Vous êtes sur la page 1sur 23

Qu'est-ce qu'un matériau composite?

C'est un assemblage d’au moins deux matériaux non miscibles qui possède des propriétés que
les éléments constitutifs seuls n'ont pas.

Un matériau composite est constitué :

- d'une ossature appelée renfort qui assure la tenue mécanique du matériau composite. Le


renfort permet aux matériaux composites d'avoir des propriétés isotropes, anisotropes ou
orthotropes.

 - d'une matrice : matériau constitué de plastique (Thermodurcissable ou Thermoplastique),


métal ou céramique.

On distingue deux types de matériaux composites :

• Les matériaux composites de “grande diffusion” : ces propriétés mécaniques sont plus
faibles mais son coût est compatible avec une production en grande série.

• Les matériaux composites de “hautes performances" qui présentant des propriétés


mécaniques spécifiques élevées et un coût unitaire important. Ce type de matériaux
composites est souvent employé en aéronautique et dans le domaine spatial.

Il existe aujourd’hui un grand nombre de matériaux composites que l’on classe généralement
en trois familles en fonction de la nature de la matrice :
– les composites à matrices organiques (CMO) qui constituent, de loin, les volumes les plus
importants aujourd’hui à l'échelle industrielle ;

– les composites à matrices céramiques (CMC) réservés aux applications de très haute
technicité et travaillant à haute température comme le spatial, le nucléaire et le militaire, ainsi
que le freinage (freins carbone) ;

– les composites à matrices métalliques (CMM).

L'avantage principal des matériaux composites est leur aptitude à être conçus à la carte. Ainsi,
on peut concevoir des matériaux avec une forte anisotropie. Cet avantage permet de concevoir
la pièce en tenant compte des sollicitations mécaniques qu'elle va subir. L'autre avantage des
matériaux composites est leur masse volumique très faibles, ils permettent ainsi un allègement
des structures en industrie aéronautique et spatiale.

Composites : Prévision des caractéristiques


PRÉVISION DES CARACTÉRISTIQUES DES
MATÉRIAUX COMPOSITES
1 - Contexte technique

Les matériaux composites se distinguent par une grande diversité de comportements issue de
l’association des fibres et de la résine. La proportion de fibres, le type de renfort, l’orientation,
sont autant d’éléments déterminants qui peuvent conduire à des matériaux aux caractéristiques
complètement différentes. Il est ainsi possible d’obtenir à un matériau haute performance
rigide, au comportement élastique fragile (longeron en pré-imprégné époxy/fibre de carbone)
ou bien un matériau souple acceptant de fortes déformations (capotage en composite
polyester/mat de fibre de verre).

Renfort à base de fibre de Carbone/Aramide/Verre (source Saertex)

Les matériaux composites présentent aussi la particularité de l’anisotropie : un comportement


différent suivant les directions de sollicitation. Cette propriété physique augmente de manière
importante le nombre de paramètres déterminant la rigidité, la résistance, la thermique, etc.
(en général, au minimum 3 modules d’élasticité, 3 coefficients de Poisson et 3 modules de
cisaillement).

Le nombre de combinaisons permettant de former des matériaux composites est quasi infini.
Les matériaux composites sont ainsi développés sur-mesure.

Ces éléments expliquent pourquoi l’approche de type normalisation, existant pour les
matériaux métalliques, a toujours été vaine pour les matériaux composites. Dans la pratique
actuelle des bureaux d’études, les caractéristiques mécaniques des composites sont encore
bien souvent issues de campagnes d’essais de caractérisation. De nombreux essais de
caractérisation longs et coûteux doivent alors être effectués afin de développer des matériaux
composites répondant aux cahiers des charges. En outre, dans bien des cas, les essais de
caractérisation ne peuvent donner qu’une partie des caractéristiques d’un matériau. En effet,
certains essais, comme les essais de compression, sont difficiles à mettre en œuvre et à
interpréter.

Méca a développé, de manière complémentaire ou alternative aux essais, une approche par
prévision des caractéristiques mécaniques des matériaux composites.

Différentes pièces en matériaux composites

2 - Etat de l'art dans le domaine de la micro-mécanique

2.1 - Les méthodes de prédiction de caractéristiques mécaniques

Le passage de l’échelle microscopique à l’échelle macroscopique figure parmi l’un des plus
grands défis de la mécanique, mais également de l’ensemble des disciplines (optique,
acoustique, etc.) constituant la physique générale moderne. En effet, les relations liant les
agencements atomiques aux propriétés mécaniques macroscopiques d’une structure ne sont
pas encore connues. Néanmoins, la connaissance la plus fine possible de la structure
d’hétérogénéité d’un matériau permet, au prix de « raccourcis phénoménologiques » et de
traitements d’ « homogénéisation », de déterminer un comportement macroscopique
homogène, susceptible d’être par la suite intégré dans une formulation classique des milieux
continus (GUILLEMINOT, 2008).
Arrangements réels des fibres et modèles théoriques

Les techniques d’homogénéisation ont été développées pour les matériaux composites. Il
s’agit, à partir de la connaissance de la microstructure (fibre et résine seules), de déterminer le
comportement du matériau ainsi réalisé.

Deux approches cohabitent (JONES, 1998) :

  La technique dite de la micromécanique, pour laquelle les relations sont exprimées de
manière explicite sous forme de règles ou formules ;
  La technique dite du Volume Elémentaire Représentatif (VER*), plus générale et
basée sur une simulation numérique, en général, par éléments finis d’un élément
représentatif de matière.

Les fondements des techniques d’homogénéisation ont été posés d’un point de vue
mathématique (NEMAT 1993). La résolution du problème de l’inclusion par Sir Eshelby en
1957 a permis sa formalisation sous forme tensorielle (ESHELBY, 1957). Le « lemme de Hill
», les « bornes basses et hautes de Voigt et Reuss » ou plus récemment les « bornes de Hashin
et Shtrikman »(BORNET, et al., 2001) permettent d’encadrer les valeurs prédites mais ne les
évaluent pas.

De plus, la technique du VER* nécessite un nombre élevé de micro-constituants qui soit


représentatif, statistiquement, des propriétés continues locales (GUILLEMINOT, 2008), ce
qui est très difficile à définir et à obtenir.

2.2 - La prévision des caractéristiques de rigidité des matériaux composites :


Les modèles existants pour prévoir les caractéristiques de rigidité des matériaux sont basés en
général sur des géométries simples et reproductibles (UD unidirectionnel, la fibre courte et
l’inclusion sphérique).

          2.2.1 -    Cas des fibres longues :

 Modèle de COX

Dans le premier modèle de prévision de la rigidité dans le sens des fibres (KOLLAR, et al.,
2003), la fibre et la résine sont définies comme deux ressorts pouvant agir suivant un modèle
série ou parallèle. Le transfert des charges s’effectue par cisaillement à l’interface suivant le
modèle ShearLag (COX, et al., 1952). Les fibres sont alors dites longues et continues. La
prévision au premier ordre des modules d’élasticité des couches de type unidirectionnelles
pour les composites structuraux obéit globalement à cette loi (écart de -10% sur le module
dans le sens des fibres pour des composites de type aéronautique). Dans le sens transverse aux
fibres, des lois semi-empiriques ont été développées par Halpin-Tsai pour permettre d’obtenir
une meilleure prévision des modules d’élasticité transverses, de cisaillement et des
coefficients de Poisson (HALPIN, 1969). La prédictibilité de ces modèles est faible
notamment pour les forts taux de fibres où les modèles surestiment les modules transverses
aux fibres dans le sens de l’épaisseur.

          2.2.2 -    Cas des fibres courtes :

Pour les fibres courtes et les charges avec un faible taux de renfort (utilisées notamment en
injection plastique), les rigidités peuvent être évaluées à partir du modèle de Mori Tanaka
(MORI, et al., 1973). Le modèle de Lielens (DRAY BENSAHKOUM, 2006) permet
d’améliorer les prédictions pour les fortes concentrations (typiquement 40% à 60%).

Il est également possible d’utiliser des évolutions autour de la méthode d’Eshelby, suivant des
hypothèses différentes sur le milieu de référence : schéma dilué, schéma auto-cohérent et le
modèle différentiel (Mc LAUGHLIN, 1977). Ce dernier consiste à ajouter successivement
une faible fraction volumique de renforts au matériau homogénéisé, jusqu’à obtenir la fraction
réelle dans le composite.

Les techniques d’homogénéisation par VER connaissent actuellement un nouveau souffle par
l’intermédiaire des travaux de Ha (HA et HUANG, 2008). Ces derniers systématisent le calcul
par éléments finis sur des VER. Ils incluent un nombre important de fibres couplé à
l’approche de Miyano (MIYANO, 2008) sur la prévision des caractéristiques en fluage et
température à partir des données mesurées sur la résine seule.

L’amélioration de la prédictibilité des modèles nécessite de mieux prendre en compte la


réalité physique de l’organisation du renfort et de la matrice par rapport à une idéalisation
géométrique et mathématique. Il est ainsi nécessaire d’étudier la prise en compte :

 Des porosités ou vides,


 Des contraintes liées à la fabrication,
 Des désalignements de renforts,
 Des micro-défauts (micro-fissurations), etc.

Dans le domaine des polymères injectés fibres courtes, des avancées importantes dans
l’utilisation de la technique du VER et du modèle de Mori-Tanaka ont été effectuées autour de
la suite du logiciel Digimat (DIGIMAT 2011). L’interfaçage avec les logiciels de rhéologie et
de calcul a été réalisé. Les premiers retours d’expériences montrent que ces approches
donnent des résultats très satisfaisants dans le domaine de la prévision des caractéristiques de
rigidités (DRAY BENSAHKOUM, 2006) avec cependant un temps de résolution restant à
optimiser.

Dans le domaine de la prévision des caractéristiques de rupture, les approches ne sont


actuellement que qualitatives et restent à développer.

          2.2.3 -    Comportement non linéaire :

Le comportement non-linéaire des matériaux composites est essentiellement observé en


cisaillement dans le plan et en compression transverse. Il est important de connaître ces
évolutions afin de reproduire le phénomène de redistribution des contraintes jusqu’à rupture.
L’approche courante est issue de la mécanique de l’endommagement (MAIRE 2011). 
L’évolution des modules est alors reliée à celle d’un endommagement qui peut se visualiser
sous la forme par exemple de microfissurations. Dans sa version simple non couplée, on
retrouve le modèle type de Chaboche ou dans son évolution la plus raffinée celui des travaux
de Ladeveze (LADEVEZE 2008).

L’approche semi-empirique d’évolution de la rigidité transverse d’un composite en


cisaillement et en traction en lien avec le critère de Puck (Deuschle 2010) est une voie
prometteuse car formant un ensemble très cohérent de méthodes et d’outils.

Des travaux expérimentaux récents ont mis en évidence que les non-linéarités notamment en
cisaillement n’étaient pas seulement dues aux microfissurations mais comportaient aussi une
part de plasticité. Des modèles couplés combinant mécanique de l’endommagement et
plasticité sont en cours de développement (SHUECKER 2008).
 

2.3 - La prévision des caractéristiques de rupture des matériaux composites

Enveloppe de rupture - couche unidirectionnelle fibres longues

Les caractéristiques de premières ruptures à déterminer, pour un composite stratifié ayant un


comportement de type contraintes planes, sont au nombre de 5 (CHRISTENSEN, 1989) :

 Résistance dans le sens des fibres X en traction et X’ en compression,


 Résistances transverses aux fibres en traction Y, compression Y’ et le cisaillement
plan S.

Ces résistances sont associées à des modes de rupture très différents associant la fibre, la
résine ou l’interface fibre/résine. Ces modes de rupture peuvent être de type :

 Elastique fragile X,
 Micro-flambage X’,
 Ductile faiblement non linéaire Y ou fortement non linéaire Y’ et S.

Les stratégies de prévision des résistances ou déformations à rupture des composites sont
donc très diverses de même que les modèles associés (CHAMIS, 1969). La complexité des
modèles augmente si l’on ajoute les ruptures interlaminaires (dans l’épaisseur) telles que le
cisaillement entre plis et la séparation entre plis (délaminage).

Dans le domaine des résines à fortes déformations, l’extension de la loi des mélanges permet
de prévoir la résistance dans le sens des fibres X (TSAI, 1992). La résistance des fibres seules
doit cependant être adaptée pour tenir compte de la dispersion et de l’effet de longueur. Les
défauts de fabrication même faibles provoquent des écarts importants entre prévision et
valeurs d’essai. Des écarts importants sont aussi présents pour les résines à faible déformation
à rupture.
La rupture en compression dans le sens des fibres est liée à un phénomène de micro-flambage
des fibres pouvant se dérouler suivant plusieurs modes (DOW et al., 1965). Les modèles
existants de prévision de la résistance en compression sont basés sur des théories de stabilité
en énergie de déformation (JONES, 1998). La prédictibilité de ces modèles est en général
moyenne notamment pour les taux de fibres supérieurs à 50% où la statistique pourrait
permettre d’expliquer les baisses de résistance. La complexité est augmentée par la très
grande difficulté à réaliser des essais de compression pure sur des fibres.

Les ruptures de la résine ou de l’interface fibre/résine résultent d’un phénomène


d’accumulation de microfissures. Les modèles de Chamis utilisent la notion de concentration
de contrainte liée à la présence de la fibre dans un milieu continu (CHAMIS, 1969). Ces
modèles ne tiennent pas compte de l’influence de l’épaisseur du pli ou de la présence des plis
adjacents. Pour ces raisons, des prévisions par la mécanique de la rupture ont été développées
(NAIRN, 2000) mais les paramètres matériaux ne sont pas facilement identifiables et la
validation reste à réaliser. De plus, la détermination expérimentale des premières ruptures est
très délicate.

La prévision de propriétés par la méthode du volume élémentaire représentatif VER s’est


récemment trouvée améliorée dans le domaine de la rupture, de par les nouveaux
développements de Sung Kyu HA (HA 2008), et ouvre une voie très cohérente appelée MMF
(Micro-Mechanics of Failure).

Rail Shear Test

3 - Références bibliographiques :

BORNET M., BRETHEAU T. et GILORMINI P. Homogénéisation en mécanique des


matériaux [Livre]. - [s.l.] : Hermes Science Publications, 2001.
CHAMIS C.C. Failure criteria for filamentary composites. Corporate Author : NATIONAL
AERONAUTICS AND SPACE ADMINISTRATION WASHINGTON DC, AUG 1969.

CHRISTENSEN R.M. A Survey of and Evaluation Methodology for Fiber Composite


Material Failure [Conférence]. - Chicago : 20th International Congress of Theoretical and
Applied Mechanics,, 2000. - UCRL-JC-138787.

CHRISTENSEN R. M. « A critical evaluation for a class of micromechanics models ». J.


Mech. Phys. Solids, 38 : 379-404, 1989.

COX et H.L. The Elasticity and strength of paper and other fibrous materials [Livre]. - [s.l.] :
Brit J. Appl Phys, 1952. - Vol. 3.

DEUSCHLE H. Matthias3D Failure Analysis ofUD Fibre Reinforced Composites:Puck’s


Theory within FEA, 2010, INSTITUT FÜR STATIK UND DYNAMIKDER LUFT-
UNDRAUMFAHRTKONSTRUKTIONENUNIVERSITÄT STUTTGART

DIGIMAT brochure release 4.1.2 E-Xstream, mars 2011

DIGITIP L'industrie française des matériaux composites [Rapport] / Nodal consultant ;


Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie. - mai 2002.

DRAY BENSAHKOUM Delphine Prédiction des propriétés thermo-élastiques d'un


composite injecté et chargé de fibres courtes [Livre]. - [s.l.] : Thèse ENSAM Mécanique et
Matériaux, 2006.

ESHELBY JD The determination of the elastic field of an ellipsoidal inclusion and related
problems [Revue]. - [s.l.] : Proc Roy Soc, 1957. - Vol. A.

GUILLEMINOT J. thèse Modélisation probabiliste des fluctuations des fractions volumiques


dans les composites [Livre]. - ENSM Douai : [s.n.], 2008.

HA SUNG KYU, HUANG Y., JIN K.K. Effects of fiber arrangement on mechanical behavior
of unidirectional composites, Strength and Life of composite, ed TSAI, 2008.

HA SUNG KYU, JIN, HUANG Micro-Mechanics of Failure for continuous fiber reinforced
composites, Strength and Life of composite, ed TSAI, 2008.

HALPIN J.C. Stiffness and expansion estimates for orented short fiber composites [Revue]. -
[s.l.] : Journal of composite materials, 1969. - Vol. 3.

HEON M. et SARTORIUS E. La politique française dans le domaine du calcul scientifique


[Rapport] / Conseil général des technologies de l'information - Inspection générale de
l'administration, de l'éducation nationale et de la recherche. - 2005.

IMBERT, J.F.; EADS Problématique et vision industrielle de la synergie essais-physiques


essais virtuels [Conférence] // NAFEMS Synergie essais physiques-essais virtuels. - 2008.

JONES R. M. Mechanics of composite matérial - second edition [Livre]. - [s.l.] : Taylor and
Francis, 1998.

KOLLAR P. LAZLO ET SPRINGER G. S. Mechanics of composite structures [Livre]. - [s.l.]


: Cambridge university press, 2003.

KUMASAWA H., SUSUKI I. Gaz leakage evaluation of CFRP cross ply laminates under bi-
axial loadings Journal of Composite Material vol 40 10/2006.

LADEVEZE P Multiscale Computational Damage Modelling of Laminated Composites,


2008, Course on Emerging Techniques for damage prediction and Failure Analysis of
Laminted Composite Structures

Mc LAUGHLIN R. A study of the differential scheme for composite materials [Revue]. -


[s.l.] : Internation Journal of Engineering Sciences, 1977. - Vol. 15.

Ministère de l'Ecologie de l'Energie, du développement durable et de l'Aménagement du


territoire Synthèse sur les innovations et ruptures technologiques dans le domaine des
transports à l'horizon de 10 à 25 ans. [Rapport] / Direction de la recherche et des affaires
scientifiques et techniques. - 2003.

MAIRE Jean-François Endommagement : caractère unilatéral, anisotropie initiale et induite,


conférence AUSSOIS 2011
MILITARY HANDBOK 17-3 volume 3.Polymer matrix composites materials usage, design,
and analysis US Department of Defense.

MIYANO Y., NAKADA M. and CAI Formulation of long term creep and fatigue strength on
ATM Strength and Life of Composites, Ed TSAI, 2008.

MORI T. et TANAKA K. Average stress in matrix and average elastic energy of materials
woth misfitting inclusions [Revue]. - [s.l.] : Acta Metall, 1973. - Vol. 21.

NAIRN J.A. Matrix Microcracking in Composites - Polymer Matrix Composites, Chapter 13,
R. Talreja and J-A.Manson, eds., in press (2000).

SHUECKER C. DAVILA C.G. and PETTERMAN Modelling the Non-linear Response of


Fiber-Reinforced Laminates Using a Combined Damage/plasticity Model, 2008, NASA/TM-
2008-215314

TSAI S. Theory of Composite Design [Livre]. - [s.l.] : Think Composites, 1992.


S. NEMAT-NASSER AND S. HORI. Micromechanics: overall properties of heterogeneous
materials. North-Holland series in applied mathematics and mechanics, The Netherlands,
1993.

Z. HASHIN AND S. SHTRIKMAN. “A variational approach to the theory of the elastic


behavior”.
CRITERES DE RUPTURE
CRITERES DE RUPTURE
1 - Contexte technique

La prévision de la rupture finale des structures composites reste un enjeu de challenge pour
les bureaux d’études. Dans l’aéronautique et le transport ferroviaire, l’utilisation des
matériaux composites dans des conditions de plus en plus sévères (température, présence de
solvants, pièces de géométrie 3D avec des épaisseurs de plus en plus importantes) peut causer
des microfissures dans les pièces de structures composites. « L’influence de la micro-
fissuration sur les performances et la durabilité des structures composites nécessitent encore
des travaux pour permettre de bien comprendre et de bien prévoir les évolutions des
propriétés et ainsi permettre aux organismes de certification de tolérer la présence de micro-
fissures dans le structures composites »  (CINQUIN, mars 2005).

Analyse des contraintes dans les composites

2 - Critères de rupture pour matériaux composites

Le critère de rupture est une expression mathématique reliant les contraintes effectives
régnant dans le matériau aux contraintes ultimes pouvant être supportées par ce dernier.
Lorsque ce critère est « violé » ou dépassé, la propriété d’intégrité du matériau n’existe plus et
il y a ruine locale du milieu. La grande majorité des critères de rupture pour les composites
sont dits macroscopiques. L’échelle de référence est donc celle du pli ou de la couche.

Les critères de rupture pour les matériaux composites se décomposent en deux grandes
familles :
 Les critères dits énergétiques,

 Les critères dits phénoménologiques.

Les travaux liés au World Wide Failure Exercise (WWFE 1998 et 2002) ont permis
d’effectuer un certain tri sur les nombreux critères de ruptures développés pour les composites
(min, max, stress ou strain, Tsaï, Puck, Chamis, Rosen, Edge, Hart Smith, etc.) en faisant
ressortir 3 critères du lot (Tsaï Wu modifié, Puck et Zinoviev).

2.1 - Critères polynomiaux

Les critères énergétiques ou tensoriels, dont les plus connus sont les critères de Tsaï Wu ou
Tsaï Hill (TSAI, 1992), sont basés sur une généralisation des critères de plasticité de type Von
Mises (CHEVALIER, Techniques de l’Ingénieur). Dès 1928, Von Mises a proposé un critère
de plasticité pour les corps anisotropes sous la forme d’une expression quadratique du tenseur
des contraintes. Il a été appliqué par Hill (Hill 1956) à l’étude des polycristaux.
L’inconvénient des critères énergétiques est de ne pas pouvoir distinguer les modes de
ruptures des composites. Cette limitation les exclut donc pour une utilisation future après
premières ruptures. Leur utilisation est par contre simplifiée par l’utilisation d’une valeur
unique permettant de prévoir la rupture. "Most failure criteria are meaningless curves passed
through unrelated data points" John Hart Smith.

Critère de Tsaï Wu

2.2 - Critères phénoménologiques


Les critères phénoménologiques cherchent au contraire à mettre en relation un critère par
mode de rupture. Le critère le plus ancien est celui d’Hashin (HASHIN, 1980). Il s’applique
aux composites unidirectionnels et est basé sur quatre modes principaux de rupture du
matériau induits par des critères tensoriels de rang 2.

Le critère d’Hashin a été amélioré par son auteur ou bien a connu des évolutions. Le critère de
Puck (PUCK, 1998 et PUCK, 2002) introduit, par exemple, la notion de plan critique et de
modèle de type frottement de Coulomb pour les ruptures en compression/cisaillement. Le
critère de Larc02 (RAGIONIERI, 2007) puis Larc03 (DAVILA and al., 2005) précise et
simplifie la procédure d’obtention des paramètres.

Par certains côtés, le critère Larc03 est une version plus complète du critère de Puck. 6
critères de rupture différents sont posés.

Travaux de Puck

L’usage des critères phénoménologiques est moins aisé dans son utilisation que les critères
polynomiaux car il faut déterminer la valeur de chaque critère pour chaque mode de rupture.
Ils sont cependant une étape nécessaire pour la simulation avancée des composites. En effet,
pour permettre de prendre en compte un comportement au-delà des premières ruptures, il faut
commencer par détecter le premier endommagement par un critère de rupture
phénoménologique et, ensuite, dégrader les caractéristiques en fonction du mode de rupture
déterminé.
3 - Comportement au-delà des premières ruptures pour les composites

Le comportement au-delà des premières ruptures de couches se traduit par une dégradation
des caractéristiques mécaniques associée à des pertes de rigidité. Les pertes de rigidité
provoquent une réorganisation des contraintes dans la pièce. Par certains aspects
macroscopiques, ce phénomène peut être rapproché du comportement plastique des matériaux
métalliques. Il n’y a pas toujours de consensus sur les méthodes à adopter pour modifier le
matériau après premières ruptures.

La plus simple des méthodes, qui est celle proposée par Tsaï (TSAI, 1998), consiste à
diminuer arbitrairement les rigidités transverses dans un rapport de 85% et de 99% pour les
ruptures de fibres. Cette méthode conduit à des instabilités numériques liées à la discontinuité
et ne tient pas compte des interactions entre les endommagements.

La mécanique de l’endommagement développée en France pour les composites par Ladevèze


(LADEVEZE, 1989) introduit la notion de variables d’endommagement. Ces variables
continues sont identifiées par des essais spécifiques après premières ruptures. Cette approche
a l’avantage d’être basée sur des fondements solidesalliant physique et thermodynamique, elle
permet des explications des phénomènes en jeu. Les derniers développements réalisés, connus
sous le vocable de mésomodèle, ont permis d’introduire des couplages entre les variables, la
prise en compte du délaminage ainsi qu’un lien entre micro-mécanique et mésomodèle
(ALLIX and al., 1998, DUBLINEAU and al., 2002). Les applications sont prometteuses Les
temps de calcul et la discrétisation du maillage peuvent par contre être pénalisants pour une
réalisation sur pièces industrielles.

Comparaison des approches non-linéaires pour matériaux composites

D’autres méthodes consistent en des développements numériques sur des éléments finis
particuliers : la méthode VCCT (Virtual Crack Closure Technique, O’BRIEN, 2001) pour le
délaminage ou plus récemment l’approche EFM (ElementFailureMethod, TAY and al., 2008)
plus générale sur la rupture progressive.

A la suite du WWFE, les équipes allemandes ont travaillé autour du critère de Puck, de
manière à proposer une méthode de calcul et des outils couvrant le domaine du
dimensionnement non-linéaire. L’aboutissement en a été la rédaction du VDI 2014 partie 3
(Development of FRP components fibre-reinforced plastics Analysis). L’approche est
séduisante car proche d’une norme ou d’un standard (LUTZ 2007). Ses fondements lui
permettent d’envisager une généralisation au domaine du fluage et de la fatigue. Les
paramètres matériaux sont disponibles pour des couches unidirectionnelles, le même travail
sur les couches tissées n’est par contre pas encore finalisé.

4 - Couplage résistance/vieillissement

Les matériaux composites sont sensibles aux effets de l’environnement extérieur


(température, humidité). Les dégradations provoquées par l’environnement sont regroupées
sous le vocable de vieillissement (VERDU, techniques de l’ingénieur).

Dans le domaine des structures marines, l’un des principaux couplages identifiés est celui
entre la diffusion de l’humidité et l’endommagement (MERCIER 2006). La présence
d’humidité diminue la température de transition vitreuse du composite et les caractéristiques
mécaniques. La création d’endommagement peut aussi modifier la cinétique d’absorption
d’humidité en s’éloignant d’un comportement classiquement Fickien. Dans ce dernier cas, des
accélérations de phénomènes de dégradation s’observent (SRINGER 1981).

L’influence réciproque des endommagements en fatigue et de l’humidité a été peu étudié


(HAI 2000). La plupart du temps, un cumul linéaire des effets est réalisé sans pour autant que
la démarche soit extrapolable à tous les matériaux. L’approche la plus scientifique consisterait
à trouver des lois d’évolution entre endommagement et humidité.

5 - Prise en compte de la dispersion, dimensionnement fiabiliste

La dispersion des caractéristiques des matériaux composites est un problème multi-échelle :


échelle des défauts pour la fibre, échelle de la distribution des fibres dans la matrice, défauts
créés par la fabrication (orientation, porosités), échelle des dimensions de la structure
(GUILLAUMINAT 2008).

Les lois d’identification probabilistes sont souvent réduites au modèle de Weibull adapté au
comportement en traction dans le sens des fibres bien que dans les autres directions d’autres
lois soient plus pertinentes (MIL HDB 17-1). La prévision des caractéristiques mécaniques en
fiabilité à partir des valeurs des constituants fibre et résine n’a pas encore trouvé de théorie
adaptée. Les approches de type VER sont souvent utilisées avec les limites connues sur la
prévision en résistance (DEHMOUS 2007).

La prévision des effets de dispersion liés à la fabrication des pièces composites n’est que peu
étudiée. On peut citer les travaux autour du procédé RTM (GUILLEMINOT), mais dans la
majeure partie des cas, les dispersions sur les orientations sont par exemple méconnues.

La prise en compte de la dispersion des caractéristiques mécaniques lors d’un calcul de


structure a fait l’objet en France de nombreux travaux de recherche autour du projet
AMERICO de la DGA (CARRERE 2008).
Enfin pour les pièces composites épaisses et grandes dimensions, les effets de ces deux
échelles sur la fiabilité des pièces sont connus mais peu modélisés (GURVICH, PIPE 1995).

6 - Références bibliographiques

ADEME-CLAROM Séminaire Eoliennes Offshore, 2002, recueil des abstracts

ALLIX O., LADEVEZE P., GORNET L. LEVEQUE D. PERRET L. A computational


damage mechanics approach for laminates Damage mechanics in engineering Materials
Amsterdam, 1998.

CARRERE N. and all, Efficient structural computations with parameters uncertainty for
composite applications, Composite Science and Technology 2008

CHAMIS C.C. Large Deformation Non-Linear Response of Composite Structures, NASA


Workshop on FEM & FEA, 2000.

CHEVALIER Y. Les critères de rupture des composites - approche macroscopique [Livre]. -


[s.l.] : Techniques de l'Ingénieur. - A 7 755.

CHRISTENSEN R. M.« A critical evaluation for a class of micromechanics models ».J.


Mech. Phys. Solids, 38 : 379-404, 1989.

CINQUIN J. EADS Internal stress and micro cracks in structural composite parts for
aeronautical applications [Conférence] // Journées Nationales des Composites. - Journées
Nationales des Composites Compiègne : [s.n.], mars 2005.

Composite Material Handbook [Livre]. - [s.l.] : MILITARY HANDBOOK 17-3F.

DEHMOUS Fiabilité et micromécanique des matériaux composites Application à la


passerelle de Laroin, 2007, Thèse Institut National Polytechnique de Toulouse

DAVILA C. G., CAMANHO P.P. AND ROSE C.A. "Failure Criteria for FRP Laminates"
Journal of Composite Materials Vol39 n°4, 2005.

DUBLINEAU G. LADEVEZE P. On a damage mesomodel for laminates based on


micromechanics Composite Science and Technology, vol62, 2002.

GURVICH, PIPE Strength size effect of laminated composite, 1995, Composite Science and
Technology 55

GUILLAUMAT matériaux composites et fiabilité, 2008, présentation Clermont Ferrant

GUILLEMINOT Stochastic modeling of resin flow in fibrous media in liquid composite


molding, 16th international conference on composite  materials

HASHIN (Z.). – Failure criteria for unidirectional fiber composites ASME, J. Applied
Mechanics, vol. 47, p. 329-334 (1980).
HILL Crutères de rupture des composites Techniques de l’Ingénieur Yvon CHEVALIER.

LADEVEZE P. About a damage mechanics approach, Mechanics and mechanisms of


Composite and Multimaterials, MEP, 1989.

LARC03  Failure Criteria for FRP Laminates, C. G. Davila, P.P. Camanho and C.A. Rose
Journal of Composite Materials, Vol39, n°4,

LUTZ Günther The Puck theory of failure in laminates in the context of the new guideline
VDI 2014 Part 3, 2007,  VULKANKupplungs- und Getriebebau

MACKENSIE DONALD ET WOOD JIM The Use of Finite element Analysis in Design by
Analysis [Conférence]. - Paris : CCOPPS University of Strathclyde, 2008.

MERCIER J.  Thèse Prise en compte du vieillissement et de l’endommagement dans le


dimensionnement de structures en matériaux composites, 2006, Ecole des Mines de Paris

MILITARY HANDBOK 17-3 volume 3.polymer matrix composites materials usage, design,
and analysis US Department of Defense.

MIYANO Y., NAKADA M. and CAI Formulation of long term creep and fatigue strength on
ATM Strength and Life of Composites, Ed TSAI, 2008.

O’BRIEN K. Characterization, analysis and prediction of delamination in composites using


fracture mechanics NASA Report, 2001.

PUCK A. SCHURMANN H Failure analysis of FRP laminates by means of physically based


phenomenological models, Composites Sciences and Technology vol58 (1998).

PUCK A., KOPP J., KNOPS M. - Guidelines for the determination of the parameters in
Puck’s action plane strength criterion, Composites Sciences and Technology vol62 (2002).

RAGIONIERI S. ET WEINBERG D. Finite Element implementation of advanced failure


criteria for composites [Revue]. - [s.l.] :Noran Engineering, 2007.

SPRINGER Environmental Effects on Composite Materials, 1981, Technomic

TAY T-E, LIU G., SUN X., RIDHA M. TAN V. PHAM DC, PHAM THT Progressive failure
analysis of composites Strength and Life of Composites Ed TSAI 2008.

TSAI S. LIU K-S A progressive quadratic failure criterion for a laminate – Composite
Science and Technology vol 58 1998.

Z. HASHIN AND S. SHTRIKMAN. « A variational approach to the theory of the elastic


behavior.

VDI 2014 Development of FRP components (fibre-reinforced plastics) Analysis 2006


VEREIN  DEUTSCHER INGENIEURE

VERDU Vieillissement chimique des polymères, Techniques de L’ingénieur AM 3-152


WWFE World Wide Failure Exercise, HINTON, SODEN, KADDOUR Composite Science
and Technology vol62 2002 et vol58 (1998).

Elastomères
COMPORTEMENT DES ELASTOMERES
La mise en charge cyclique d’une structure élastomérique met en jeu plusieurs phénomènes
complexes qui peuvent éventuellement être couplés :

     Tout d’abord, le comportement hyperélastique non linéaire du matériau,


     L’accommodation du matériau (assouplissement après plusieurs cycles),
     Le raidissage dû à la fréquence de sollicitation,
     L’échauffement interne du matériau dû à l’hystérésis du comportement,
     Le fluage ou relaxation de la structure,
     Enfin la fatigue du matériau due à ces sollicitations cycliques.

Calcul de pièces en élastomères

1 - Comportement hyperélastique du matériau

Si la pièce à analyser est une structure à base de caoutchouc, son comportement en statique
peut se modéliser à l’aide de lois hyperélastiques (GENT, 1958). En fonction du taux de
déformation que l’on peut atteindre dans la structure, plusieurs formes de lois peuvent être
utilisées (Néo-Hooke, Mooney-Rivlin, Ogden, Arruda-Boyce,…) (ARRUDA, 1993). Le
choix du potentiel hyperélastique est à effectuer au moment de la modélisation, après analyse
d’essais mécaniques réalisés sur éprouvettes.

Il convient de noter que ces essais doivent être de natures différentes (en terme d’invariants de
la déformation), de manière à couvrir un large domaine de multi-axialité. Généralement, il est
recommandé d’effectuer des essais de traction uni-axiale, des essais de compression ou de
traction équibiaxiale et des essais de cisaillement.

Essais de caractérisation de matériaux élastomères

Des essais de compressibilité sont en général également réalisés. En effet, même si les
matériaux élastomères sont réputés incompressibles, ils ne le sont jamais complètement, tout
dépend du niveau de compression appliqué.

2 - Accomodation (ou effet Mullins)

Il s’agit de l’aptitude des matériaux à «mémoriser» le niveau maximal d’énergie atteint


(TRELOAR, 1975). Pratiquement, dans une structure élastomère, même si initialement les
caractéristiques matériaux sont identiques en tous points, après une mise en sollicitation,
l’histoire vue par les éléments de matière sera différente. Ainsi, leurs lois de comportement
sont différentes après quelques cycles.

Il est possible de modéliser cette accommodation à partir des données tirées des essais
mécaniques (cf. modèle de Ogden-Roxburg). Il faut alors réaliser des essais mécaniques
cyclés à différents niveaux de contraintes.
Illustration de l'effet Mullins

3 - Raidissage dû à la fréquence de sollicitation

La nature visqueuse des matières élastomères, leur confère un comportement dynamique


analogue à celui d’un amortisseur. La fréquence et la sollicitation (notamment dans le cas de
vibrations), peuvent entraîner un raidissage du matériau. Toutefois, on peut tenir compte de
cet effet, en effectuant les essais matériaux aux fréquences de sollicitation.

4 - Échauffement interne

La nature visqueuse de ces matières leur confère également un comportement hystérétique.


Cette différence de comportement entre le chargement et le déchargement, provoque une perte
d’énergie dans le matériau qui se transforme en chaleur. Leur nature isolante peut alors
«piéger» cette chaleur et entraîner une divergence thermique (surchauffe).

On notera également qu’une augmentation de température risque également d’accélérer le


vieillissement/fluage/relaxation précisément dans les zones les plus contraintes.
Échauffement interne d'un bandage de roue en élastomère

5 - Fluage ou relaxation de la structure

Le comportement visqueux des élastomères entraîne une perte de rigidité du matériau sous
l’application d’une charge statique. Dans les matériaux hyperélastiques, cette perte de rigidité
est fonction du niveau d’énergie dans le matériau (HOLZAPFEL, 1996). C’est la raison pour
laquelle on se doit de réaliser des essais mécaniques de fluage (ou de relaxation) pour
différents niveaux de contraintes (ou de déformation). Comme dans la partie «comportement
hyperélastique», ces essais doivent être conduits en toute rigueur avec différents niveaux de
multiaxialité (HOLZAPFEL, 2000 et 2001).

6 - Fatigue

Comme dans tous les matériaux, la présence de défauts (inévitables) dans une structure
soumise à des sollicitations cycliques permet de propager ces défauts jusqu’à la ruine de la
structure. Aujourd’hui, les modèles proposés par certains auteurs : Mars, Saintier, Verron,
Layouni, Gruand,..., (MARS, 2001 et 2004 ; SAINTIER, 2001 ; GRUAND, 2006) ne font pas
encore l’unanimité, même si cela ouvre des voies de recherche. L’efficacité des formulations
reste encore à prouver (quand elles sont accessibles donc non confidentielles).

On pourra toutefois noter que le comportement en fatigue de ces matériaux est très dépendant
de la température de fonctionnement. Ainsi, si l’on souhaite avoir une idée du comportement
en fatigue, il faut passer par des essais mécaniques avec plusieurs niveaux d’énergies et
plusieurs températures d’essais (idéalement et afin de couvrir un plan d’invariants, comme
dans le cas statique, il faudrait également avoir recours à des essais différents).
Approche en fatigue par énergie de crack

7 - Couplages

Enfin, tous ces phénomènes peuvent également être couplés. La température agit sur la
rigidité des matériaux, accélérant le fluage, accélérant la fatigue, etc. Le fluage modifie la
rigidité du matériau, modifiant ainsi la réponse de la structure devant les sollicitations et donc
modifiant le comportement thermique de la structure etc.

8 - Références bibilographiques

ARRUDA E.M. AND BOYCE M. C., "A three-dimensional constitutive model for the large
stretch behavior of rubber elastic materials", J. Mech. Phys. Solids, Vol. 41 (2), pp 389-412
(1993).

ELASTOMER CRITERIA FOR ENGINEERING DESIGN, Edited by C Hepburn and


R.J.Reynolds, Applied science publishers.

GENT AND THOMAS, "Forms of the stored strain energy function for vulcanized Rubber",
J. Polym Sci., Vol. 28, pp. 625-637, 1958.

HOLZAPFEL G. A., "On large strain viscoelasticity: continuum formulation and finite
element applications to elastomeric structures", Int. J. Num. Meth. Engng., Vol. 39, pp 3903-
3926, 1996.

HOLZAPFEL G. A, "Nonlinear solid mechanics. A continuum approach for engineering".


John Wiley & Sons, Chichester, pp 278-295, 2000.

HOLZAPFEL G. A, "Biomechanics of soft tissue", in Lemaitre (ed.), Handbook of Materials


Behavior Models: Nonlinear Models and Properties, Academic Press, 2001, pp 1057-1071.

LAIARINANDRASANA L., MUNERA D. D ET GRUAND R. Creep damage mechanisms


and fracture mechanics applied on aged and non aged polyamide 66 [Revue]. - Rolduc Abbey,
Kerkrade, The Netherlands : [s.n.], 2006. - Vol. 13th International Conference on
Deformation, Yield and Fracture of Polymers.

MARS W.V., 08-2001, Dissertation, Multiaxial fatigue of rubber.

MARS W.V.Multiaxial fatigue crack initition in rubber, Tire science and technology,
TSTCA, Vol 29, n°3, July September 2001, pp 171-185.

MARS AND FATEMI "A novel specimen for investigating the mechanical behaviour of
elastomers under multiaxial loading conditions, Society for experimental mechanics, page
136-146, vol 44, n°2, 04/2004.

SAINTIER N. Fatigue multiaxiale dans un élastomère de type NR charge : mécanismes


d'endommagement et critère local d'amorçage de fissure, thèse 2001.

TRELOAR L.R.G, 3rd edition, the physics of Rubber elasticity, Clarendon Press Oxford,
1975.

Vous aimerez peut-être aussi