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L’environnement comme fait

social complexe, de l’écologie à


l’écologisme, une approche
ethnosociologique de la nature et
de la culture.
par maxime Therier sous la direction de Ali Aït

Abdelmalek

Présentation
Mes travaux tirent leur origine d’un double constat. D’abord, les sociétés
humaines sont en ce moment même en train de vivre des mutations
sociétales majeures. La crise, dont il a été beaucoup question ces dernières
années, correspond, comme le souligne Edgar Morin plutôt à une polycrise,
crise du modèle civilisationnel occidental, crise du modèle économique néo-
libéral globalisé, crise du modèle culturel uniformisé, crise écologique, mais
aussi crise du modèle politique devenu incapable de répondre de manière
efficiente aux attentes des peuples face aux interrogations légitimes
soulevées par ces contingences.
Ensuite, parmi ces interrogations, la question de l’écologie apparaît comme
un thème central, intervenant au premier plan des préoccupations des
différents acteurs sociaux. Se posent alors des questions légitimes : quels
sont les facteurs à l’origine des mutations sociétales ? Est-ce que la manière
que l’homme a de percevoir sa place par rapport à son environnement
naturel peut influer sur de tels changements, voire les amorcer ?
L’écologie a-t-elle été à l’origine de nouveaux paradigmes modifiant la
perception que l’homme a de son environnement ?
A-t-elle permis la naissance de nouveaux mouvements sociaux ?

L’ENVIRONNEMENT COMME FAIT SOCIAL COMPLEXE 1


Est-ce que la combinaison de ces deux facteurs (paradigmes et mouvements
sociaux) peut-elle influer sur des changements sociétaux d’envergure voire
les amorcer ?

L’ENVIRONNEMENT COMME FAIT SOCIAL COMPLEXE 2


Hypothèse

La naissance de l’écologie correspond à un « nœud sociétal » fort, mêlants


éléments anciens et nouveaux ayant une influence primordiale sur le
développement des sociétés humaines. En effet, l’écologie en tant que
science apparaît dans un contexte socio-économique en mutation,
particulièrement dans les sociétés occidentales qui sont à ce moment-là en
train d’opérer une ample transition, de l’ère capitaliste (composée d’éléments
conflictuels du féodalisme résiduel et d’un ordre démocratique émergeant) à
l’ère de la démocratie. Le constat évident que l’on peut faire à ce jour de
l’importance prise par l’écologie dans notre société est que le
questionnement écologique tout comme les revendications écologistes ont
pénétré toutes les sphères de la société. Du citoyen au décideur politique en
passant par le scientifique, rien ni personne n’échappe à la redéfinition des
paradigmes environnementaux. On peut donc émettre l’hypothèse que
l’écologie a accompagné le passage d’une ère socio-économique à une autre,
soulignant l’impact de l’avènement du capitalisme industriel, elle a influencé,
orienté ce changement de société et s’est fermement ancrée dans la nouvelle
ère démocratique, elle-même constituées d’éléments résiduels du capitalisme
et d’une anticipation d’une société future (socialo-écologique, libéralo-
écologique ou coopérative selon les points de vue), tant grâce à l’influence de
ses résultats scientifiques que par ses constats intellectuels ainsi que par
l’influence du mouvement social (l’écologisme) auquel elle a donné
naissance. En outre, l’écologie influence les acteurs sociaux en opérant une
sorte de prise de conscience collective d’une nécessaire modification de
notre modèle sociétal et socio-économique en accord avec une nouvelle
perception de l’homme à l’intérieur de son environnement en redéfinissant les
concepts de nature et de culture, ce depuis sa construction dans l’antiquité à
son émergence dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle, distillant
jusqu’à aujourd’hui ses idées humanistes de confrontations scientifiques et
de démocratisation du savoir.

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