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Histoire: La civilisation grecque 02/02/11 11:42

Parmi les grandes civilisations qui ont marqué l’histoire, la Grèce antique
reste l’une des plus remarquables. En art, en politique, en littérature, en
philosophie ou en science, son héritage influence encore notre monde. La
civilisation grecque a presque tout inventé, à commencer par la
démocratie. C’est pourtant au rythme des guerres que vivaient les cités-
états grecque

A l’aube de la civilisation grecque


Au cours du IXe siècle avant notre ère, la Grèce émergea des ténèbres ou
l’avait plongé la disparition de la civilisation mycénienne. Une nouvelle
vague d’envahisseurs, les doriens, introduisit l’usage du fer, qui redonna
un nouveau souffle à la vie urbaine. Lesvilles évoluèrent en cités-
états indépendantes, gouverné d’abord par des rois. Les échanges
commerciaux se développant, les gouvernants mandaient leurs citoyens
outre-mer pour fonder des colonies marchandes. Cette migration leur
permettait de résoudre en partie le problème de surpeuplement de la
péninsule, due notamment à la pénurie de terres cultivables.
D’importantes villes grecques jalonnaient alors le littoral d’Asie mineure
(Anatolie), celui de la mer noire, de la Sicile et du sud de l’Italie, et de
l’Espagne. Seuls les phéniciens pouvaient rivaliser avec la puissance
grecque.
Au cours des IXe et VIIIe siècles av. J.-C. — période qui nous est surtout
connue par les récits d’Homère et d’Hésiode — se mettent en place
certains des traits qui vont distinguer l’époque archaïque à venir : ainsi,
parallèlement à la redécouverte de l’écriture et à la renaissance d’une vie
religieuse, émergent des structures sociales (très petites unités
territoriales dirigées par un basileus, un roi, c’est-à-dire celui qui possède
le plus riche domaine, avec des classes sociales allant des nobles,
principaux compagnons du roi, aux esclaves, exclus de toute vie politique
et de l’armée) et un système de valeurs (fondé sur l’hospitalité et le
courage), caractéristiques d’une culture grecque commune.

L’émergence des Cités-Etats


Il y avait déjà deux siècles que la majorité des cités-états de la Grèce,
délaissant la monarchie, était dirigée par des aristocrates ou des chefs de
clans héréditaires, à l’exception de Sparte et d’Argos. Peu à peu le
ressentiment des citoyens à l’égard de la noblesse s’accentua : le peuple
réclamait le droit de se prononcer sur la manière dont il était gouverné.
Ça et là éclatèrent des révolutions, menée par des chefs charismatique
qui pour gagner la confiance du peuple, confisquaient la terre aux riches
pour la distribuer aux pauvres.
Les tyrans gouvernent sans les nobles, et parfois même contre eux.
Certains se révèlent des dirigeants avisés et accroissent la puissance de
leur cité, à l’instar de Polycrate (qui règne

approximativement en 535-522 av. J.-C.), à Samos. La période de la


tyrannie (v. 650-500 av. J.-C.) correspond à une ère d’essor culturel et
économique. Les échanges commerciaux, en particulier par la voie
maritime, se multiplient, et l’usage de la monnaie devient essentiel.
Le développement d’activités culturelles communes à toutes les cités
grecques est l’un des grands facteurs d’union dans la Grèce antique,
malgré l’émiettement politique, parallèlement à la langue et à la religion.
Des pratiques comme les jeux panhelléniques organisés à Olympie (jeux
Olympiques), Delphes, Némée et sur l’isthme de Corinthe, contribuent à
la prise de conscience par les Grecs de leur appartenance à une même
civilisation.
Les tyrans puisque que tel étaient leur nom, en abusant eux-mêmes de
leur autorité, devinrent a leur tour la cible de la vindicte du peuple, décidé
à se faire entendre.
La démocratie athénienne
Ce fut Athènes qui la première consenti au partage du pouvoir. A la fin du
VIe siècle, des réformes politiques favorisèrent l’émergence d’une
nouvelle forme de gouvernement : la démocratie. En 508-509 av. J.-C.,
Clisthène, membre d’une famille aristocratique, fait adopter une série de
mesures fondées sur des principes démocratiques, qui donnent un cadre
aux institutions athéniennes des Ve et IVe siècles av. J.-C. et font de lui le
véritable « père » de la démocratie.
La démocratie autorisait les citoyens à s’exprimer par le biais du vote sur
toutes les grandes décisions tels que les déclarations de guerre ou les
dépenses gouvernementales. Ils pouvaient également élire leurs
représentants civils et militaires, et se prononcer sur l’exil de tous
notables jugés trop puissants. Si aux quatre coins du monde les
démocraties actuelles s’inspirent du modèle grec, aucune ne concède
autant de pouvoir aux citoyens que ne le fit l’antique cité athénienne.
Toutefois le droit de citoyenneté était réservé aux hommes libres de plus
de vingt ans, nés à Athènes de parents athéniens. Les autres résidants –
femmes, esclave et étrangers (la majorité de la population)- en étaient
privés.

Guerres médiques et guerres civiles


La rivalité farouche opposant les cités états qui cherchaient à dominer la
Grèce et le bassin égéen se soldait par des guerres incessantes. Sur les
champs de bataille, les grecs se distinguaient par leur vaillance et leur
discipline. Armés de lances, les fantassins combattaient au sein d’une
formation défensive appelée phalange. Chaque homme en bonne santé
possédant les moyens de s’équiper en armes et protections se devait de
rejoindre l’armée de sa ville en cas de conflit. Cependant c’est la ville de
sparte qui fournissait les meilleurs soldats. À l’âge de sept ans, tous les
garçons quittaient leurs familles pour recevoir l’éducation dispensée par
l’Etat. Celle-ci consistait principalement en un entraînement sportif et
militaire.
Leur entraînement rigoureux permis aux grecs de repousser les assauts
perses à trois reprises sur terre comme sur mer. En 492 avant J.-C., ce
furent les conditions climatiques qui eurent raison des envahisseurs. Deux
ans plus tard l’armée athénienne triomphe à la bataille de Marathon. Puis
en 479-480 avant J.-C., l’immense armée de Xerxès constituée de 200
000 hommes et de 1.000 navires du s’incliner devant les troupes alliées
bien plus modeste d’Athènes et de sparte. Après une première rencontre
dans le défilé des Thermopyles, défendu par le Spartiate Léonidas Ier,
une bataille navale se déroule à Salamine, en 480. Elle est remportée par
Thémistocle et

"Le siècle de Périclès"


Vainqueur incontesté des Perses, la cité-État d’Athènes retire un immense
prestige des guerres médiques et devient la cité la plus importante du
monde égéen, à la tête de la ligue de Délos. En outre, le conflit a prouvé
l’importance croissante de la puissance navale, après la décisive bataille
de Salamine. L’armée de Sparte, jusqu’ici la plus grande puissance
militaire de Grèce et l’alliée d’Athènes, perd sa suprématie au profit de la
flotte athénienne.
Une période de domination politique, culturelle et artistique s’ouvre pour
Athènes, qui atteint son apogée sous Périclès. Il renforce les institutions
démocratiques de la cité, qui est, grâce au trésor de la ligue de Délos,
embellie et dotée de nouveaux monuments : la plupart des édifices de
l’Acropole datent de cette époque. Athènes rayonne dans tout le monde
antique, tant sur le plan culturel et artistique — avec des auteurs comme
Eschyle, Sophocle, Euripide, des philosophes comme Socrate et Platon,
des historiens tels que Thucydide et Hérodote, des sculpteurs comme
Phidias — qu’économique, Le Pirée étant devenu la plaque tournante du
commerce méditerranéen.
La politique extérieure d’Athènes cause sa perte. D’une confédération
d’alliés, la ligue de Délos se transforme en un empire inégalitaire où les
cités qui se révoltent sont impitoyablement châtiées. Sparte, jalouse de la
prospérité d’Athènes et désireuse de recouvrer son prestige, en profite
pour créer une confédération de cités hostiles à l’impérialisme athénien.
Sparte et Athènes se vouaient une hostilité croissante qui culmina avec la
guerre du Péloponnèse (431-404 av. J.-C.), qui s’achève avec la défaite
d’Athènes en 404. Affaiblis par ces conflits répétés les villes cédèrent
facilement à la montée en puissance de la Macédoine au nord. En 338
avant J.-C., le roi Philippe II, un militaire de génie, s’empara de tout le
territoire grec à l’issue de la bataille de Chéronée. Il recueille l’héritage de
la civilisation grecque qui sera largement diffusé par son fils Alexandre le
grand au fil de ses nombreuses conquêtes.

L’héritage de la civilisation grecque


Sans l’écriture, rien de tout cela n’aurait été possible. Tandis que les
autres systèmes antiques utilisaient des symboles différents, les grecs
adoptèrent un alphabet phonétique de 20 caractères. L’éducation jouait
un grand rôle dans la démocratie : les hommes au pouvoir devaient
déployer tous leurs talents d’orateur pour convaincre du bien-fondé deleur
politique. On enseignait l’éloquence dans des écoles et l’usage de
l’écriture favorisait la circulation des idées. L’éducation physique n’était
pas négligée pour autant : l’athlétisme, la lutte et la boxe figuraient parmi
les disciplines privilégiées. Lors de grandes manifestations sportives
comme les jeux olympiques, une trêve était imposée aux cités en guerre
pour permettre de s’y rendre en toute sécurité.
Entre le VIe et le IVe siècle avant notre ère, en dépit des guerres qui se
succédaient sur leur territoire, les grecs dominèrent le monde antique. Ils
maîtrisaient la sculpture, la peinture et l’architecture. La tragédie et le
théâtre s’épanouirent. La littérature, mais aussi les mythes grecs,
continuent d’inspirer aujourd’hui les artistes. Quant aux philosophes
athéniens (Socrate, Platon, Aristote) ils posèrent les jalons de la pensée
européenne. Les grecs rédigèrent les premiers ouvrages historiques,
firent progresser les mathématiques et la géométrie, et élevèrent la
médecine au rang de discipline scientifique...
La civilisation romaine qui suivit la civilisation grecque fut par bien des
aspects une continuation de la culture hellénistique.

- Histoire du monde grec antique de François Lefèvre. poche, 2007. -


La Grèce antique de Georges Tate. Hachette, 2007. - Le Siècle de
Périclès. Collectif. CNRS Editions, 2010. - La civilisation grecque de
François Chamoux. Arthaud, 1983.
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