Vous êtes sur la page 1sur 9

Histoire: Rome Antique 02/02/11 11:42

Le problème de la périodisation de cette civilisation


La civilisation romaine est la dernière grande civilisation de l’Antiquité.
Elle précède immédiatement le Moyen-Âge. Elle a donné naissance aux
différentes nations et aux différentes langues de l’Europe. C’est aussi la
plus tardive des grandes civilisations. Selon la tradition (légendaire),
Rome est fondée en -753. En fait, Rome naît au cours du VIIIe siècle
avant J.-C., si l’on prend en compte les fouilles archéologiques.

Situation au VIIIe siècle : d’autres civilisations sont en déclin sur un


plan politique : l’Égypte par exemple. L’Orient domine la Méditerranée
avec des civilisations très élaborées et organisées. Ainsi, l’Assyrie est le
grand Empire du Moyen-Orient. D’autre part, la civilisation phénicienne
est aussi très élaborée : elle colonise la Méditerranée avec d’autres
peuples (grecs). La Grèce (au VIIIe siècle, on l’appelle la Grèce archaïque)
est aussi très bien organisée et crée des colonies le long de la
Méditerranée (Italie, Marseille).

Au IVe et Ve siècles après J.-C. : l’Empire romain est encore florissant


mais connaît de très graves difficultés extérieures (invasions répétées).
Traditionnellement, la fin politique de l’Empire romain d’Occident est en
476. Cependant, fin politique ne signifie pas fin de la civilisation : le latin
survit ainsi que les idéaux politiques (l’idée d’un renouveau de l’Empire).
L’Italie avant Rome
On sait peu de choses sur l’avant-Rome. Tout commence avec l’arrivée en
Italie de peuples indo-européens, qui véhiculent des langues à structures
communes. Ces peuples sont arrivés autour des XIIe et XIIIe siècles avant
J.-C. L’Italie va connaître alors une grande unité culturelle et linguistique.
Les dialectes des Étrusques (qui se situent au centre-nord de l’Italie) et
des Grecs (qui sont des indo-européens) ont des points communs. Les
Étrusques sont sans doute un peuple plus ancien que les Indo-
européens ; leur langue existait peut-être lorsque les Indo-européens
sont arrivés. Les Étrusques et les Grecs sont deux peuples auxquels Rome
doit beaucoup sur le plan de la religion, des arts (architecture, etc.), de
l’alphabet.
La formation de Rome
Les Romains ont transmis une tradition concernant la « fondation » de
Rome, tradition mise en forme par des textes littéraires. Les Romains
présentaient ces textes comme un récit historique. Selon cette tradition,
Rome aurait été fondée en -753 par Romulus et Remus, issus d’une
grande famille royale de la ville d’Alba, beaucoup plus ancienne que le
VIIIe siècle av. J.-C., et qui prétendait descendre d’Énée. Les récits
inhérents à cette fondation sont :
des récits historiques en prose : Tite-Live
un poème : l’Énéide de Virgile (contemporain de Tite-Live)
Selon Tite-Live, Romulus régna longtemps, mourut de manière très
mystérieuse. Après Romulus, six rois auraient régné dont trois (les trois
derniers) d’origine étrusque. Rome se serait développée très rapidement :
muraille, temples, etc. Tous ces éléments auraient pour origine la
royauté, laquelle prend fin à la suite du viol (« viol de Lucrèce ») d’une
femme romaine par le fils du roi étrusque de Rome (Tarquin), qui se
serait vu chasser du royaume. La fin de la royauté, et cela a été attesté,
correspond à la date de 510 av. J.-C.
Que garder de ces éléments (pseudo-)historiques ? D’après les
recherches menées depuis le début du XIXe siècle, recherches portant sur
les mythologies gréco-latines et sur les mythologies de l’Inde et de la
Germanie, le récit de l’origine de Rome est une légende. En fait, le récit a
des parallèles avec la mythologie. D’autre part, l’archéologie a donné des
réponses sur l’origine romaine et seuls quelques faits ont pu être
confirmés :
une bourgade se serait formée au cours du VIIIe s. av. n.è. ; en fait, le
village se serait « associé » aux villages voisins ;
Rome a été conduite sous le régime de la royauté ;
l’influence étrusque sur Rome, notamment au VIe siècle av. J.-C. : les
tombes fouillées aux environs de Rome sont très proches des tombes
étrusques ;
la révolution de 510, mais elle n’a pas été une révolution véritable dans la
mesure où ce sont les nobles qui l’ont menée contre le roi en raison de
l’enrichissement des commerçants ;
510 : la République est instaurée ; en fait, il s’agit plutôt d’un régime
aristocratique (de type oligarchique = gouvernement de la noblesse).

Les institutions
Il n’y a jamais eu de constitution écrite à Rome. Il y eut cependant des
évolutions (lentes) dans les institutions. Du coup, Rome est dirigée par
une hiérarchie de magistrats élus : des politiques. Ceux-ci sont élus par
des assemblées, les comices. Ces assemblées sont constituées par
l’ensemble des citoyens (les femmes ne votent pas).

Les magistrats :
l’exécutif : les consuls (au nombre de deux) et les préteurs (ils rendent la
justice).
les magistrats assurent aussi la gestion de la ville et des finances. Les
magistratures sont annuelles.

Les sénateurs : Rome est aussi dirigée par un Sénat : c’est le « Conseil
des Anciens ». C’est l’assemblée aristocratique par excellence : il s’agit
d’anciens magistrats. Ils dirigent la politique étrangère, et donc la guerre.
Sur le terrain, la guerre est dirigée par les consuls.

Les assemblées : les comices représentent l’élément le plus important le


jour des élections, du vote des lois. La réglementation des votes est si
complexe qu’elle a favorisé les consuls et les préteurs (les classes les plus
hautes).
→ L’aristocratie a très longtemps dominé la vie politique romaine. Les
patriciens (pater) étaient les plus anciennes familles romaines et
prétendaient descendre des compagnons de Romulus. Le reste de la
population, c’est-à-dire l’immense majorité de la population, représentait
la plèbe et n’avait que le droit de voter. La plèbe était exclue de fait des
magistratures. Remarque : la plèbe n’était pas composée forcément de
gens pauvres.
Socialement et économiquement, les plébéiens représentaient une classe
très variée. Au départ, ils ont très peu de droits et étaient représentés par
un magistrat qu’ils élisaient : le tribun de la plèbe. Ces tribuns avaient le
droit de veto (latin : « j’interdis ») : ils pouvaient s’opposer à une loi
promulguée par le Sénat. Si le Sénat persistait, il y avait compromis, sauf
cas de conflit exceptionnel. L’institution du tribun de la plèbe était la plus
démocratique de la vie politique romaine.
La politique intérieure au début de la république
Nous possédons très peu de renseignements à ce sujet. Au Ve siècle av.
J.-C., il y eut une lutte des plébéiens afin d’accéder aux magistratures.
Dès lors, les plébéiens ont acquis, progressivement, plus de droits, parfois
par de véritables affrontements. Peu à peu, les magistratures sont
conquises par les plébéiens. Au IVe siècle av. J.-C., un droit écrit est
institué. Il n’y avait que des coutumes jusqu’alors. Tous peuvent
dorénavant connaître le droit.
La politique extérieure du Ve siècle au IIIe siècle av. J.-C.
Cet aspect est mieux connu, mais sans doute y a-t-il beaucoup de
légendes. Rome est un État qui se limite à la cité de Rome et à ses
environs (le Latium). Le territoire est très réduit. En 390 av. J.-C., des
Gaulois venus d’Italie du Nord envahissent Rome et mettent la ville en
péril. Les Romains ont en fait acheté le départ des Gaulois. C’est un choc
pour les Romains, mais finalement plutôt bénéfique dans la mesure où
c’est le début des velléités de l’expansion romaine en Italie.
Au IVe siècle av. J.-C., l’expansion romaine en Italie continue :
la puissance étrusque, au Nord, est progressivement détruite
au Sud, les cités grecques sont progressivement absorbées (par des
accords d’association)
dans l’Italie intérieure, des régions montagneuses sont très difficilement
conquises.
→ Vers 290 av. J.-C., Rome contrôle à peu près toute l’Italie, mais
n’impose pas une unité administrative. Cette conquête pose toutefois un
problème : les institutions romaines ont été créées pour une cité réduite.
Alors, comment adapter les institutions ? Ce problème pose des difficultés
politiques, qui sont accentuées par des conflits internationaux qui ont en
lieu en plusieurs étapes :
Les deux premières guerres puniques (264-202) : Rome / Afrique du Nord
Remarque : « punique » (adj.) désigne, sur un plan géographique, la cité
de Carthage (« ville neuve » ; en Afrique du Nord, aujourd’hui située aux
environs de Tunis), fondée par les Phéniciens. C’est une grande cité
commerciale. Pour désigner les Puniques, on dit aussi les Carthaginois.
L’empire punique a de nombreuses relations avec les États orientaux.

1re guerre punique 264-241 av. J.-C. : Rome versus Carthage. C’est un
conflit très long. La cause réelle est la domination de la Sicile, qui est déjà
partagée par des Grecs et des Carthaginois. Rome finit par obtenir
l’avantage (Rome et Carthage sont en fait économiquement épuisées) et,
en 241, un traité donne à Rome la domination sur la Sicile. Alors, Rome
continue de s’étendre (la Corse et la Sardaigne sont conquises). Les
Carthaginois, quant à eux, s’étendent en Espagne.

La 2e guerre punique commence en 219 : Rome versus Carthage. La


cause est l’expansion des Carthaginois en Espagne. Hannibal déclenche le
conflit, écrase de prime abord des légions romaines, plaçant ainsi la voie
vers Rome libre. Cependant, petit à petit, Rome porte le conflit en
Espagne et en Afrique du Nord. En 202, Hannibal est finalement vaincu.
→ Carthage est privée de sa puissance maritime (ses possessions en
dehors de l’Afrique du Nord) et militaire par un traité. Rome est ainsi
maîtresse de l’Ouest de la Méditerranée.
Rome et l’Orient après les guerres puniques (202-133 av. J.-C.)
L’Orient méditerranéen était dominé par trois grands royaumes : la
Macédoine, la Syrie et l’Égypte.
Un premier affrontement a lieu avec la Macédoine et il y a victoire de
Rome. La Macédoine est privée de son influence sur la Grèce.
Un deuxième conflit a lieu avec la Syrie : la victoire romaine est rapide et
la Syrie est privée de son influence sur l’Asie mineure (= les environs de
la Turquie).
Enfin, un troisième conflit avec la Macédoine, laquelle devient province
romaine vers 170 av. J.-C. → Les Romains pratiquent une politique
impériale agressive → ils détruisent Carthage en 146 av. J.-C. (Carthage
avait gardé une certaine puissance économique, ce qui déplaisait à
Rome).
Rome conquiert l’Espagne avec des opérations très sanglantes. Rome est
une puissance dominatrice en Méditerranée. Sur un plan culturel, il y a
influence de la culture grecque sur Rome (hellénisation) ; il s’agit
notamment d’une influence littéraire et artistique (architecture des
temples). Les œuvres sont donc créées sur le modèle grec. Sur le plan
intellectuel, les premiers philosophes grecs arrivent peu à peu à Rome.

Conséquences sociales et politiques : les inégalités sociales


s’accentuent (dans la distribution des terres notamment) et une sorte de
culte du grand homme émerge (sur le modèle des monarchies orientales,
l’Égypte en particulier). → Les revendications sont accentuées par
certaines théories philosophiques grecques qui prônent une égalité
biologique entre les hommes et une égalité
économique. → Revendications pour les plus pauvres. → Revendications
pour les soldats qui ont longtemps combattu pour Rome. Les
revendications sont conduites par deux frères qui ont suivi la voie du
tribunat de la plèbe : les Gracques (à l’origine, ils sont aristocrates).
Les guerres civiles et la fin de la république (133-27 av. J.-C.)

Les Gracques : C’est une période brève. Les deux frères lancent des
réformes à dix ans d’intervalle. Ils sont assassinés : la réforme agraire
échoue (partage des terres). Leur programme survit cependant : il va
alimenter la politique romaine jusqu’à la fin de la République (courant des
populaires : mouvement d’idées).

Les réformes de Marius : il est le successeur des Gracques. Il est


l’exemple d’un mélange d’intellectualisme et de savoir-faire. Il est issu de
la plèbe. Il parvient à se faire élire consul plusieurs années de suite en
raison du mécontentement populaire (la corruption des sénateurs a été
révélée par plusieurs scandales). Marius rétablit la situation et réalise le
programme politique des Gracques :
partage des terres ; Marius récompense ses propres soldats en Afrique du
Nord
réforme de l’armée : promotion plus rapide pour les hommes issus de la
plèbe. Inconvénient : Marius a rendu l’armée fidèle non à l’État mais à un
homme (lui) → personnalisation. Survient ensuite une période de
réactions :

De la réaction de Sulla à la dictature de César (86-44 av. J.-C.) :


Sulla est très différent de Marius ; il est issu de la noblesse (patricien). Sa
jeunesse est liée à celle de Marius (il était lieutenant de Marius). Il a
profité de troubles politiques pour prendre le pouvoir (Marius est mort en
-86). Il instaure une dictature, et les partisans de Marius sont réprimés.
Sulla est conservateur : il donne du pouvoir au Sénat ; il est aussi
autoritaire : il prend le titre de dictateur en adoptant des insignes royaux.
En -79, il abdique car il pensait avoir rétabli la situation romaine. Il meurt
peu après. Dès lors, la vie politique romaine devient chaotique et agitée
jusqu’à la dictature de César. Il y anarchie politique, dérèglement des
institutions. → Émergence de nouveaux hommes politiques qui viennent
par le biais de l’armée. Par ailleurs, Rome ne cesse de s’accroître
territorialement.
Il y a rivalité militaire entre Pompée (politique d’expansion en Orient
(Syrie)) et César (conquête de la Gaule). Pompée est le successeur
politique de Sulla ; César est plutôt l’héritier des populares (Marius).
Cicéron, homme politique, a déjoué un complot contre l’État en 63 av. J.-
C.
En 48 av. J.-C., César finit par triompher de Pompée en Grèce (celui-ci
est assassiné) ; César établit alors une dictature en -45. Le programme
social reprend celui de Marius : il donne des terres surtout à ses propres
soldats. Il y a plusieurs étapes dans la dictature, celle-ci devient à terme
une dictature à vie. Il est assassiné en -44 par des partisans de la
République traditionnelle (du Sénat). La cause est que César voulait le
titre de roi sur les provinces orientales. Cet assassinat donne le signal des
dernières guerres civiles :

La dernière guerre civile : en réalité, il s’agit de plusieurs guerres


civiles. 2 héritiers :
Octave, petit-neveu de César, est son héritier juridique
Antoine est l’héritier militaire, il a une grande popularité dans l’armée.
Très vite, la collaboration devient impossible entre les deux hommes.
Successivement, brouilles et réconciliations. Entre temps, Cicéron est
assassiné. La brouille est définitive quand Antoine épouse Cléopâtre
(Égypte). À ce moment-là, Octave lui déclare la guerre. La victoire de la
flotte d’Octave est rapide en -31 à Actium en Grèce → invasion de
l’Égypte par les troupes d’Octave → suicide de Cléopâtre et d’Antoine. Le
pouvoir est dès lors détenu par un seul homme : Octave, lequel change
de nom en -27. Le Sénat lui donne le titre d’Auguste (en fait, il s’agit d’un
simple adjectif : celui qui est élevé au-dessus des autres ; il ne s’agit ni
d’un nom ni d’un prénom). - 27 est aussi la date du début de l’Empire.
Des réformes politiques ont lieu.
02/02/11 11:42
02/02/11 11:42

Vous aimerez peut-être aussi