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Chapitre 1 : Ecoulement à surface libre – Notions générales 2017/2018

Chapitre 1
Ecoulement à surface libre – Notions générales

1.1.Définitions
1.1.1. Ecoulement à surface libre
Les écoulements à surface libre sont caractérisés par l’existence d’une surface de séparation entre
l’air et l’eau, appelée "surface libre". Cette dernière est soumise à la pression atmosphérique ; ce
qui induit une variation possible de la forme et des dimensions de la section transversale de la
masse liquide.
1.1.2. Canal
C’est un système de transport dans lequel l’eau s’écoule et dont la surface libre est soumise à la
pression atmosphérique. On distingue deux catégories de canaux :
a- canaux naturels
Ce sont des cours d’eaux existant naturellement sur terre ; tels que
les rivières et les fleuves dont les propriétés géométriques et
hydrauliques sont généralement assez irrégulières.

Fig 1.1 : Canal naturel


b- Les canaux artificiels
Ce sont des cours d’eaux réalisés par l’homme ; tels que les
canaux de navigation et d’évacuation dont les propriétés
géométriques et hydrauliques sont généralement assez
régulières. Fig 1.2 : Canaux artificiels
naturel
N.B. :
L'écoulement à surface libre est dû à la pente de fond du canal et non, comme pour les
conduites, à la différence de charge entre deux sections.

1.2. Géométrie des canaux


Les grandeurs géométriques les plus utilisées permettant de caractériser
l’écoulement sont :
La section transversale d’un canal : est la section plane normale à la
direction de l’écoulement.
• La surface mouillée Sm : est la portion de la section occupée par le
fluide dans la section du canal.
• Le périmètre mouillé, Pm, est formé par la longueur de la ligne de
contact entre la surface mouillée et les parois de la section (la largeur de
la surface libre n’entre pas en compte).
Fig 1. 3 : Géométrie d’une section
• Le rayon hydraulique : donné par : d’écoulement
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Rh = Sm/Pm (1.1)
• La largeur superficielle ou largeur au miroir B, est la largeur du canal au niveau de la surface
libre
B = dS/dh (1.2)
• La profondeur hydraulique (tirant d’eau) : est donnée par
Dh = S/B (1.3)
• YG étant la position du centre de gravité par rapport à la surface libre.
Les principaux éléments géométriques pour cinq différents types de section de canaux sont
regroupés dans le tableau 1.1. ci-dessous :

Tableau 1.1. Eléments géométriques de quelques sections de canaux

1.3. Pente longitudinale (dans le sens de l’écoulement)


L’étude des écoulements dans les canaux fait régulièrement intervenir la
pente du fond I (du radier) et la pente de la surface libre i.

Par définition, nous avons : Fig 1. 4 : pente longitudinale


i = sin (θ) et I = sin (β) (1.4)
En général, ces angles sont suffisamment faibles pour avoir :
i = sin (θ) ≈ tg (θ) ≈ θ et I= sin (β) ≈ tg (β) ≈ β (1.5)
Cos (θ) ≈ 1 et cos (β) ≈ 1 (1.6)
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Les pentes seront comptées positivement si le radier et la surface libre descendent dans le sens du
courant.
1.4.Types d’écoulement
On peut définir les écoulements suivants la variabilité des caractéristiques hydrauliques ; tels que le
tirant d’eau et la vitesse, en fonction du temps et de l’espace.
1.4.1. Variabilité dans le temps
Si le temps est pris comme critère de classification, on distinguera alors :
a. L’écoulement permanent (stationnaire en pratique) : le
mouvement est permanent si les caractéristiques
hydrauliques (vitesse et profondeur) restent invariables
dans le temps en grandeur et en direction. Le débit est
Fig 1. 5 : Ecoulement permanent
constant entre les différentes sections du canal

b. L’écoulement non permanent : le mouvement est non


permanent si les paramètres hydrauliques varient avec le
temps. Le débit n’est pas constant. Fig 1. 6 : Ecoulement non permanent

Remarque : Au sens strict, l’écoulement dans les canaux est rarement permanent. Néanmoins les
variations temporelles sont, dans certains cas, suffisamment lentes pour que l’écoulement puisse
être considéré comme une succession de régime permanent. On peut alors définir ainsi le régime
quasi-permanent.

1.4.2. Variabilité dans l’espace


Si l’espace est pris comme critère de classification, on distinguera cette fois-ci :

a. L’écoulement uniforme: la profondeur ainsi que les


autres paramètres de l’écoulement sont les mêmes en
toute section du canal. La ligne de la pente du fond est
donc parallèle à la ligne de la surface libre.
Fig 1.7 : écoulement uniforme

b. L’écoulement non uniforme ou varié : la profondeur d’écoulement ainsi que les autres
paramètres varient le long du canal. Cette variation peut être graduelle ou brusque et rapide.
La pente de la surface libre diffère de celle du fond. Par conséquent, l’écoulement non
uniforme ou varié se subdivise en :
- écoulement graduellement varié,
- et écoulement brusquement varié.
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En récapitulant on aura :

Remarques
- Un écoulement non-uniforme peut être accéléré ou décéléré suivant que la vitesse
croît ou décroît dans le sens du mouvement.
- Lorsque le mouvement est graduellement varié, la profondeur ainsi que les autres
paramètres varient lentement d’une section à l’autre.
- Lorsque le mouvement est rapidement varié, les paramètres caractérisant
l’écoulement changent brusquement, parfois avec des discontinuités. Cela se
manifeste en général au voisinage d’une singularité, telle qu’un seuil, un
rétrécissement, un ressaut hydraulique ou une chute brusque.

Fig 1.8 : différents types d’écoulement

1.5.Effets de la viscosité et de la gravite


1.5.1. Nombre de Froude
L’écoulement d’un fluide dans un canal à surface libre engendre les forces suivantes : forces
d’inertie, forces de gravité et forces de frottement (viscosité et rugosité). L’effet de la gravité sur le
régime d’écoulement est représenté par le rapport des forces d’inertie aux forces de gravité. Ce
rapport, de grande utilité en hydraulique des écoulements à surface libre, est défini comme étant le
nombre de Froude, et est exprimé par :
Fr=V/√𝑔𝐷ℎ (1.7)
V : est la vitesse d’écoulement,
g : est l’accélération de la pesanteur
Dh : la profondeur hydraulique.
Pour un canal rectangulaire, Dh devient la profondeur d’écoulement h.
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- Si Fr = 1: l’écoulement est dit en régime Critique.


- Si F > 1: l’écoulement est en régime Torrentiel (Supercritique). Les forces d’inertie sont
prépondérantes, et ceci se traduit par une importante vitesse d’écoulement.
- Si F < 1: l’écoulement est en régime Fluvial (Subcritique). Dans ce cas, l’effet de la gravité est
plus prononcé, ceci se traduit par une faible vitesse d’écoulement.
La vitesse critique V = √𝑔𝐷ℎ est souvent appelée célérité de l’onde gravitaire.

1.5.2. Nombre de Reynolds Re


Le nombre de Reynolds est défini comme étant le rapport entre les forces d’inerties et les forces de
viscosité. Dans le cas des écoulements en canaux Re est donné par :
𝑅ℎ ∗𝑈
𝑅𝑒 = (1.8)
𝜐

U : est la vitesse moyenne de l’écoulement,


Rh : est le rayon hydraulique,
ν : est la viscosité cinématique.
Les limites sont données comme suit : -Ecoulement laminaire, Re< 500
-Transition, 500 <Re< 1000
-Ecoulement turbulent, Re> 1000

1.6.canaux prismatiques et canaux non prismatiques


Un canal est dit prismatique si :
- Les génératrices du canal sont des droites parallèles entre elles.
- La forme géométrique du canal ne varie pas le long du courant liquide.
Par ailleurs, on dit qu’un canal est non prismatique si :
- Les génératrices du canal ne sont plus parallèles entre elles.
- La forme du canal est soumise à des changements locaux de sections le long du courant liquide.
Les changements locaux de sections peuvent être :
- Des rétrécissements brusques ou graduels.
- Des élargissements brusques ou graduels.
La présence de ces changements locaux de sections engendre généralement des instabilités à la
surface.
1.7. Charge hydraulique
Par définition, la charge hydraulique en un point P d’une ligne de courant est la valeur :
𝑃 𝑉2
Hp = zp + 𝜛 + 2𝑔 (1.9)

zp : est la cote du point,


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p : est la pression en ce point,


v : la vitesse au point considéré.
Si Δz désigne la différence d’altitude entre le point et la surface libre, la pression en p est

p = 𝜛 ∗ Δz (1.10)
Si yp désigne la distance du point à la surface et si α désigne l’angle du fond avec l’horizontale,

yp = Δz / cos α (1.11)
Donc

p = 𝜛 *yp*cos α. (1.12)
Dans les problèmes courants de rivières ou de canaux, la pente est très faible et
cos α ≈ 1 (1.13)
D’où :

p = 𝜛*yp, (1.14)
comme pour un problème hydrostatique. Donc, en hydraulique à surface libre et pour une pente
faible, la charge en un point peut s’écrire :

𝑉2
Hp = zp + yp + (1.15)
2𝑔

Fig 1. 9: Pression en un point P = 𝝕*yp