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Chapitre 2 : Ecoulement à surface libre – Ecoulements uniformes 1017-018

Chapitre 2 : Ecoulements uniformes

2.1. Définitions
Un écoulement est considéré comme étant uniforme lorsque ses caractéristiques sont
invariables dans le temps et dans l’espace. Ces caractéristiques sont la profondeur h de
l’écoulement, l’aire de la section mouillée A, la vitesse V de l’écoulement et le débit
volume Q. Les lignes de courants sont rectilignes et parallèles et la pression verticale peut
donc être considérée comme hydrostatique.

Fig2.1 : écoulement uniforme

La ligne de charge totale est à la fois parallèle à la ligne piézométrique et à la pente


géométrique du canal.

Fig2.2 : Caractéristiques d’un écoulement uniforme

L’écoulement est caractérisé par une vitesse constante en tout point de son domaine.
En d’autres termes, la distribution des vitesses dans chacune des sections transversales de
l’écoulement est uniforme, correspondant à une couche limite pleinement développée.
L’écoulement uniforme peut être soit en régime laminaire soit en régime turbulent, mais ne
peut se produire sous de grandes vitesses. A vitesse élevée, l’écoulement uniforme est instable
et il est le siège d’un fort entraînement d’air.
Dans les écoulements à surface libre, il est commode de considérer la charge par
rapport au fond du canal que l’on désigne par la charge spécifique.
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2.1.1. Signification hydraulique de la perte de charge J et de la pente I :

Fig2.3 : diagramme d’énergie

En appliquant le théorème de Bernoulli (bilan d’énergie) entre les points 1 et 2, on aura :


Z 1 + P1/ ρg + V21/2g = Z 2 + P2/ ρg + V22/2g + J1-2 (2.1)
Le régime étant uniforme : V1 = V2
Le filet liquide est parallèle au fond et à la surface libre : P1 = P2
La charge entre les deux points est donc :
h = Z1 - Z2 = J (2.2)
Si « L » est la distance séparant les deux points 1 et 2, la perte de charge par mètre est donc :
𝐽 ℎ
j= = = sin i ≈ tg i = I (2.3)
𝐿 𝐿

Dans un écoulement à surface libre, l’écoulement se fait avec un tirant d’eau ; tel que la
perte de charge linéaire est égale à la pente du radier et à la pente de la surface libre (I = j).
Puisque les lois de l’hydrostatique s’appliquent au cas considéré (écoulement uniforme et
rectiligne), Pi/ ρg d’un point i sera égale à sa profondeur hi. Par conséquent,
Z i + Pi/ ρg = Z i + hi (2.4)
indiquant que le niveau piézométrique est toujours situé sur la surface libre.
De plus :
M1M2 = M1’M2’ = V²/2g (2.5)
La ligne d’énergie est parallèle au fond, et sa pente j est donc bien égale à la pente
géométrique du canal.

Remarque : Dans un écoulement à surface libre, le tirant d’eau H prend une valeur
constante Hn dite hauteur d’eau normale.
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2.2. Formules usuelles pour les canaux artificiels


Le premier à étudier ce phénomène fut Chezy. Il constata que la vitesse moyenne V dans la
section était liée à la pente I, au rayon hydraulique Rh par un coefficient C. Rappelons
l’expression de la relation de Darcy-Weisbach,

λ 𝑈²
j = I = 4𝑅ℎ 2𝑔 (2.6)

vec :
I = tg α = j : pente du radier qui est confondue avec la pente de la ligne de charge ou pente
hydraulique,
𝝺 : coefficient de perte de charge
1 λ
En posant : = 8𝑔
𝐶²

La relation précédente devient :


U= C √𝑅ℎ 𝐼 (2.7)
Cette relation est appelée formule de Chezy.
C : est le coefficient de Chezy qui dépend de la nature des parois.
De nombreux hydrauliciens ont proposé des expressions du coefficient C de la formule
générale de Chezy. A priori le coefficient doit dépendre de la forme de la section transversale,
de la nature des parois et, suivant les auteurs, de la vitesse et/ou de la pente. Nous citerons
les formules les plus usuelles qui suivent.

2.2.1. Formule de Bazin


Bazin a présenté d’abord une première formule qui s’écrit sous la forme :
1 𝛽′
𝑏= 2
= 𝛼′ +
𝐶 𝑅ℎ
Les coefficients 𝛼′et 𝛽′ayant des valeurs différentes suivant la nature et l’état des parois du
canal. Cette formule avait l’inconvénient d’avoir deux coefficients variables. Après de
nombreuses expériences, Bazin présentera une seconde formule :
87
𝐶= 𝛾 (2.8)
1+
√𝑅ℎ
C : coefficient de Bazin exprimé en m ½ s-1
La formule de Chézy s’écrit :
87√𝑅ℎ .𝐼
𝑈= 𝛾 (2.9)
1+
√𝑅ℎ
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Dans cette formule 𝛾 est un coefficient de rugosité qui dépend de la nature de la paroi. Bazin
suggère six catégories de parois qui permettent de se faire une idée de la valeur à adopter.

N° des catégories Nature des parois 𝛾


1 Parois très unies (ciment, bois raboté) 0,06
2 Parois unies (planches, briques, pierres de tailles, etc.) 0,16
3 Parois en maçonnerie de moellons 0,46
Parois de nature mixte (sections en terre très
4 0,85
régulières)
5 Canaux en terre dans les conditions ordinaires 1,30
6 Canaux en terre avec fonds de galets, parois herbées. 1,75

2.2.2. Formule de Manning


Robert Manning a proposé la formule suivante :
1
𝐶 = 𝑛 𝑅ℎ 1/6 (2.10)

Ce qui donne :
1
𝑈 = 𝑛 𝑅ℎ 2/3 𝐼1/2 (2.11)

Le coefficient n est variable suivant la nature des parois du canal.


La formule de Manning présente l’avantage d’avoir une forme monôme ce qui permet des
calculs plus simples et réalisables à la règle.

2.2.3. Formule de Strickler


Pour des parois (fond et berges) en matériaux non cohérents (terre non revêtue) Strickler
propose la formule suivante :
1 𝑅
K = 𝑛 = 26(𝑑 ℎ )1/6 (2.12)
35

d35: Diamètre (en m) auquel correspond 35% (en poids) de matériaux de diamètre supérieur
(abscisse de la courbe granulométrique correspondant à l’ordonnée 0,35).

La formule de Manning-Strickler s’écrit alors :

U = kR2/3I1/2 (2.13)
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2.3. Eléments hydrauliques de la section droite des canaux :


Les principaux éléments de la section droite sont :
• La section mouillée Sm est la portion de section droite,
• La profondeur h ou hauteur d’eau au dessus du fond.
A moins qu’il n’en soit autrement spécifié, cette
profondeur sera conventionnellement la profondeur
maximale,
Fig2.4 : éléments géométriques d’une
• Le périmètre mouillé Pm et la longueur de la ligne de section droite
Contact entre la surface mouillée et le lit ABC,
𝑆𝑚
• Le rayon moyen (hydraulique) R = 𝑃𝑚,

• La largeur superficielle L, largeur de la section transversale


à la surface libre (corde AC),
𝑆𝑚
• La profondeur moyenne hm = 𝐿

• La profondeur du centre de gravité hg

2.4. Détermination du débit pour des différentes sections


2.4.1. Section composée
Ce cas peut se présenter lors du débordement d’un canal ou de
l’inondation d’un cours d’eau. Il convient alors de décomposer
la section en fractions I, II, III... et de calculer les valeurs de C,
Sm et Rh correspondant à chaque section élémentaire. Fig.2.5 : section composée

On utilise la formule :
Q = (C1Sm1√Rh1 + C2Sm2√Rh2 +…… CnSmn√Rhn ) √𝐼 (2.14)

2.4.2. Section hétérogène


Pour une section homogène la formule de Chezy permet d’écrire :
𝑈²
I = 𝐶²𝑅𝑅

𝑈² 𝑃
Ou : I= 𝑆 𝐶²

Si Pm1, Pm2, ....... Pmn sont les parties du périmètre mouillé d’une section hétérogène dont les
rugosités sont définies respectivement par les coefficients de Chezy C1, C2, ……Cn, on peut
écrire :
𝑈² 𝑃𝑚1 𝑃𝑚2 𝑃𝑚𝑛
I = 𝑆𝑚( + + ……… 𝐶²𝑛 ) (2.15)
𝐶²1 𝐶²2
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Si, par exemple, on utilise la formule de Bazin :


𝑈² 𝛾1 𝛾𝑛
I= [𝑃𝑚1(1 + )² + … … . . 𝑃𝑚𝑛(1 + )²]
87²𝑆𝑚 √𝑅ℎ √𝑅ℎ

Ou :
87√𝑆𝑚𝐼
U= 𝛾1 𝛾𝑛
(2.16)
√𝑃𝑚1(1+ )²+ …………𝑃𝑚𝑛(1+ )²
√𝑅ℎ √𝑅ℎ

2.5. Elements normaux


• Profondeur normale
Considérons un canal uniforme de pente I portant un débit Q.On appelle profondeur
normale hn , pour le débit Q et la pente I, la profondeur du courant en régime uniforme. La
surface libre, parallèle au fond, définit le niveau normal Nn. Les éléments normaux sont les
éléments géométriques de la section (Rh, Sm, Pm…)
La profondeur normale se calcule en associant les
deux formules suivantes :
U = C √𝑅ℎ. 𝐼 et Q = SmU
Soit :
Q = SmC√𝑅ℎ. 𝐼 = f (hn) (2.17)
Fig 2.6 : Courbe des profondeurs normales

- Pour les sections évasées vers le haut, la courbe des profondeurs normales est
univoque (pour chaque valeur de Q correspond une valeur unique de ℎ𝑛 ).
- Dans le cas de sections fermées (aqueduc), à une valeur de Q peuvent correspondre
deux valeurs de ℎ𝑛 .
- Pour un canal descendant ℎ𝑛 = 𝑓(𝑄, 𝐼, 𝐶) et𝐼 > 0 (canal descendant)
- Dans le cas d’un canal horizontal (𝐼 = 0) la profondeur normale serait infinie.
- Lorsque le régime n’est plus uniforme, la profondeur dans une section déterminée
diffère de hn
2.6. Profil en travers
La forme générale de la section transversale diffère suivant qu’il s’agît de canaux
découverts ou de canaux fermés (aqueducs).
Les canaux artificiels ont le plus souvent une section trapézoïdale isocèle ou rectangulaire,
parfois demi-circulaire ou parabolique.
Dans le cas très fréquent d’une section trapézique, on définit les éléments suivants :
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EF= gueule (ou largeur en gueule)


BC = plafond (ou largeur au plafond)
BE et CF = talus
1 1
Tgα = = = pente des talus (sa valeur dépend de la
𝑐𝑜𝑡𝑔 𝛼 𝑚

nature des parois)


m : est appelé le fruit des talus. Fig.2.7 : éléments de la section
transversale d’un canal trapézique

2.7. Profil de débit maximal ou forme de section la plus avantageuse


Considérons une des formules du type Chezy, par exemple celle de Manning. Soit :
1
Q = USm = 𝑛 Rh2/3 I1/2Sm (2.18)

Supposons que l'on cherche le débit maximum pour un canal de pente I et de rugosité n
données. Quelle est, de toutes les formes d’égale surface mouillée Sm, celle qui portera le
débit maximal. C’est ce qu’on appelle le profil de débit maximal ou la forme de section la
plus avantageuse.
L’expression précédente montre que Q sera maximal pour Rh maximal puisque I, n et Sm sont
supposés constants. Or :
𝑆𝑚
Rh = 𝑃𝑚

Donc, Rh sera maximal pour Pm minimal.

2.7.1. Forme demi-circulaire


De toutes les formes possibles de section évasées vers le haut, c’est évidement la forme
demi-circulaire qui réalise le périmètre minimal pour une aire donnée.
Dans ce cas, on a :
𝜋𝑟²
Sm = 2

Pm = 𝜋r
𝑆𝑚 𝑟 ℎ
Rh = 𝑃𝑚 = 2 = 2 (2.19)
Fig.2.8 : forme demi-circulaire

Dans la pratique, cette forme n’est réalisable que pour des canaux artificiels et s’ y prête mal
à des canaux de grandes dimensions. On ne la rencontre guère que dans les anciens canaux
d'irrigation ou dans les gouttières de maisons.
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2.7.2. Forme trapézoïdale


Supposons que l'on désire construire un canal de forme
trapézoïdale isocèle. Ce trapèze est défini par trois
éléments :
- La largeur au plafond 𝑙 = 𝐵𝐶,
- La profondeur h,
1
- La pente des talus 𝑡𝑔𝛼 = 𝑚 (𝑚 = 𝑐𝑜𝑡𝑔𝛼 est le Fig.2.9 : section trapézoïdale de forme
la plus avantageuse
fruit des talus)
1
En fait 𝑚 = est fonction de la nature des parois et il ne reste donc que deux variables l et
𝑡𝑔𝛼

h pour définir la section la plus avantageuse.


Sm = h (l + mh) = hl + mh² (2.20)

Pm = l + 2h√1 + 𝑚² (2.21)
Donc:
𝑆𝑚 h (l + mh)
Rh = 𝑃𝑚 = (2.22)
l + 2h√1+𝑚²

l et h sont les deux variables.


Puisque Sm est constant alors, Sm = 0. En outre, puisque Pm est miniale, on doit avoir dPm = 0. La
forme la plus avantageuse est alors définie donc par :.

dSm = h.dl + l.dh + 2m.h.dh (2.23)

dPm = dl + 2√1 + 𝑚².dh (2.24)


de (2.23) on a :
h.dl = -(l+2mh)dh (2.25)
de (2.24) on a :

dl = -2√1 + 𝑚².dh (2.26)


le rapport des équations (2.25) et (2.26) donne :
h.dl (l+2mh)dh
=
dl 2√1+𝑚².dh

Ce qui implique :

2h√𝟏 + 𝒎² = l+2mh
Donc

l = 2h√𝟏 + 𝒎² - 2mh
oubien :
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𝒍
= h√𝟏 + 𝒎² - mh (2.27)
𝟐

ou:
𝑙 1 1
= 2 (𝑠𝑖𝑛𝛼 - 𝑡𝑔𝛼)

Sur la figure 2.9 nous avons :


𝑙 ℎ ℎ
= 𝐸𝐶 = 𝑂𝐹 , ℎ√1 + 𝑚2 = 𝑠𝑖𝑛𝛼 = 𝐶𝐷 et 𝑚ℎ = 𝑡𝑔𝛼 = 𝐹𝐷.
2

La relation (2.27) peut donc s’écrire : 𝑂𝐹 = 𝐶𝐷 − 𝐹𝐷 ou 𝑂𝐹 + 𝐹𝐷 = 𝑂𝐷 = 𝐶𝐷.


Le triangle OCD est donc isocèle et ses hauteurs CF et OK sont égales.

On a donc : 𝑂𝐾 = 𝐶𝐹 = 𝑂𝐸 = ℎ.

Le profil trapézoïdal isocèle de débit maximal est donc circonscriptible à la demi-


circonférence dont le diamètre coïncide avec la surface libre et dont le rayon est égal à la
profondeur du canal.

En tenant compte de (2.27), les éléments géométriques, définis par les équations (2.20), (2.21)
et (2.22) deviennent :

𝑆 = ℎ2 (2√1 + 𝑚2 − 𝑚),

𝑃 = 2ℎ(2√1 + 𝑚2 − 𝑚)
𝑆 ℎ
Donc :𝑅ℎ = 𝑃 = 2 (indépendant de la pente des talus du canal).

2.7.3. Forme rectangulaire

La forme rectangulaire peut être considérée comme un cas


particulier du trapèze dans lequel m = 0.
1 1
m = 𝑡𝑔𝛼 = 𝜋 =0
𝑡𝑔
2

Les formules précédentes établies pour la section trapézoidale


donnent :
Sm = l.h Fig 2.10 : Section rectangulaire de
forme la plus avantageuse
Pm = l + 2h
l.h
Rh = l + 2h

Et : l = 2h (caractéristiques de la section la plus avantageuse)


D’où pour la forme la plus avantageuse :
A h
A= 2.h², Pm = 4h et Rh = P = 2
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Remarque : En pratique, le choix du type et des dimensions d’une section dépendent de


plusieurs facteurs, techniques et économiques :
✓ Section avantageuse

✓ Section facilitant les fouilles et l’entretien du canal (moins profonde)

✓ Diminuer les dangers de rupture et d’infiltration

✓ Egalité des déblais et des remblais

✓ Caractéristiques des engins utilisés pour creuser ou entretenir le canal


(conditionnent parfois la largeur au plafond).

2.8. Problèmes usuels sur les canaux en régime uniforme


La formule générale de l’écoulement,𝑄 = 𝐴𝐶√𝑅ℎ 𝐼 ,donne une relation entre :
Le débit Q (ou la vitesse U), la pente du canal I et La section mouillée
Et permet donc de calculer l’un de ces trois éléments connaissant les deux autres. D’ où trois
types de problèmes usuels :
a) calculer le débit connaissant la section mouillée et la pente
b) calculer la pente connaissant la section mouillée et le débit
c) calculer la section mouillée connaissant la pente et le débit

Dans tous les cas, la nature des parois et du fond du canal est supposée connue. Ce qui permet
de choisir le coefficient convenable dans la formule de l’écoulement utilisée ainsi que la pente
des talus dans le cas d’une section trapézoïdale.

Les deux premiers problèmes (a et b) ne présentent pas de difficulté particulière, le résultat


cherché se déduisant explicitement de la formule de l’écoulement. Par contre le troisième
problème (c), qui est d’ailleurs très fréquent dans la pratique, peut présenter certaines
difficultés tenant, en particulier, à la forme assez compliquée de l’équation de l’écoulement.

2.6.1. Cas d’une section trapézique


La pente des talus sera choisie en tenant compte de la nature des parois ; il reste donc deux
inconnues, l et h, ce qui nécessite d’adjoindre à l’équation de l’écoulement :

𝑄 = 𝐴. 𝐶√𝑅ℎ 𝐼 (2.28)

Une seconde relation de type :


𝑓(𝑙, ℎ) = 0 (2.29)
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On pourra, par exemple, adopter pour (2.29) celle qui caractérise la forme de section la plus
avantageuse.
Pour résoudre ce système compliqué de deux équations, il est préférable de procéder par
approximation de la manière suivante :
- Soit 𝑈𝑚 la valeur maximale admissible de la vitesse moyenne eu égard à la nature des
𝑄
parois ; on en déduit l’aire minimale 𝐴𝑚 = 𝑈 de la section mouillée susceptible de porter
𝑀

le débit Q.
Adoptons la forme la plus avantageuse de la section, soit :
𝑓(𝑙, ℎ) = 0 (2.29)
1 𝑄
Et exprimons 𝐴𝑚 en fonction de l, h et 𝑚 = 𝑡𝑔𝛼, soit 𝐴𝑚 = 𝑈 = ℎ(𝑙 + 𝑚ℎ),ou, plus
𝑀

généralement :
𝐴𝑚 = 𝜑(𝑙, ℎ) (2.30)

Du système des deux équations (2.29 et 2.30) on déduit facilement les solutions 𝑙 = 𝑙1 et ℎ =
ℎ1 . On calcul aisément la vitesse moyenne𝑈1 , (𝑈 = 𝐶√𝑅ℎ . 𝐼), et le débit 𝑄1 dans cette
section. Deux cas peuvent se présenter :

1. 𝑸𝟏 > 𝑄, c’est-à-dire 𝑼𝟏 > 𝑼𝑴 : il y a risque d’érosion des parois. Pour réduire la


vitesse on s’écarte de la forme la plus avantageuse en adoptant une profondeur ℎ2
différente de ℎ1 . La relation (2.30) donnera 𝑙2 et on calculera de nouveau la vitesse
moyenne et le débit dans cette section (𝑙2 , ℎ2 ) et ainsi de suite jusqu’à obtenir la
section de forme convenable pour porter le débit Q.
2. 𝑸𝟏 < 𝑄, c’est-à-dire 𝑼𝟏 < 𝑼𝑴 : comme il n’est pas possible d’augmenter la vitesse
(la section est avantageuse), on doit augmenter la section mouillée. On se donnera
donc une section 𝐴′ > 𝐴𝑚 et on reprendra les calculs en partant de la forme la plus
avantageuse de la section mouillée𝐴′. Si cela apparaît nécessaire on modifiera de
nouveau les dimensions de la section 𝐴′ jusqu’à obtenir le débit demandé.

Remarque : Bien entendu, dans tous ces calculs, on tient compte des diverses conditions
auxquelles doivent éventuellement satisfaire les dimensions de la section du canal
(largeur minimale au plafond, équilibre des déblais et remblais dans un même profil …
etc).
2.9. Formules simplifiées de Porchet pour les petits canaux
Porchet a proposé une méthode approximative et simplifiée applicable aux fossés et aux
canaux en terre, de faibles dimensions, de section trapézique
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𝑄
h = 0.26836 ( )0.353 (2.31)
√𝐼

1 1
l = 2h (𝑠𝑖𝑛𝛼 - 𝑡𝑔𝛼) = 2h (√1 + 𝑚² - m) (section avantageuse) (2.32)

Applicable pour :
➢ 𝞬 =1,3 dans la formule de Bazin (canaux en terre dans les conditions ordinaires)
➢ m <1.5
➢ 0.5 m < h < 1.5m
➢ Erreur < 3,4% sur h et l
➢ Les unités sont le mètre et la seconde
Si la vitesse moyenne est excessive, il faut modifier la forme de la section pour réduire la
vitesse.

2.10. Sections voûtées (aqueducs)


Un aqueduc est un système de transport d'eau par des
canaux couverts et des canalisations (tuyaux) servant à
amener l'eau d'un endroit, où elle est disponible
(source...), vers un autre, où elle est nécessaire (ville...)
; et ce, par le moyen de la gravité, c'est-à-dire en
utilisant la pente du terrain, par conséquent
l’écoulement est à surface libre. Dans chaque tronçon,
Fig2.10 : aqueduc
de pente et de section constante, le régime est uniforme.
Les formes des profils en travers des aqueducs sont très variées : rectangulaire, circulaire,
ovoïde, en anse de panier, etc.

Fig.2.11 : formes des profils en travers des aqueducs

A cause de la forme de la section des aqueducs, qui n’est pas évasée vers le haut comme pour
les canaux ordinaires, la courbe des profondeurs normales n’est pas univoque et présente
l’allure indiquée sur la figure suivante :
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Fig.2.12 : courbe des profondeurs normales d’un aqueduc

Au-delà de la profondeur normale correspondant à la valeur maximale du débit (ou de la


vitesse), l’incidence de l’accroissement du périmètre mouillé (réduction du rayon
hydraulique) est prédominante sur celle de l’accroissement de section dans la formule du débit
(ou de la vitesse).

2.10.1. Condition du débit maximal


Lorsque la section mouillée A croît de 0 à 𝐴𝑀 correspondant à l’aqueduc plein mais non en
charge, le débit croît de 0 à sa valeur maximale 𝑄𝑀 puis décroît pour atteindre une valeur
𝑄1 < 𝑄𝑀 lorsque 𝐴 = 𝐴𝑀 .
Le débit maximal sera donc obtenu pour :
𝑑𝑄
=0 (2.33)
𝑑𝐴
𝐴3
Avec : 𝑄 = 𝐴𝑈 = 𝐴𝐶√𝑅ℎ 𝐼 = 𝐶√𝐼 √ 𝑃
Pour I et C constants :
𝑑𝑃
𝑑𝑄 1 3. 𝑃. 𝐴2 − 𝐴3 .
= 𝐶√𝐼. . 𝑑𝐴 = 0
𝑑𝐴 𝐴3 𝑃2

2 𝑃
3. 𝑃. 𝐴2 . 𝑑𝐴 = 𝐴3 . 𝑑𝑃
3. 𝑃. 𝑑𝐴 − 𝐴. 𝑑𝑃 = 0 (2.34)
Telle est l’équation différentielle qui donne la condition de débit maximal.

2.10.2. Condition de vitesse moyenne maximale


Dans la pratique, il est intéressant d’avoir une vitesse maximale pour faciliter l’auto-curage de
l’aqueduc.
Considérons la formule générale de Chezy :
𝑈 = 𝐶. √𝑅ℎ . 𝐼
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𝐴
𝑈 = 𝐶. √𝐼. √
𝑃
Lorsque A croît de 0 à 𝐴𝑀 correspondant à l’aqueduc plein mais non en charge, la vitesse
moyenne croît de 0 à sa valeur maximale 𝑈𝑀 , puis décroît pour atteindre une valeur 𝑈1 < 𝑈𝑀
lorsque 𝐴 = 𝐴𝑀 .
La condition de vitesse moyenne maximale s’obtiendra donc en écrivant :
𝑑𝑈
=0 (2.35)
𝑑𝐴
Supposons I et C constants :
𝑑𝑃
𝑑𝑈 1 𝑃 − 𝐴. 𝑑𝐴
= 𝐶. √𝐼. . =0
𝑑𝐴 𝐴 𝑃2
2√𝑃

L’équation cherchée est donc :


𝑃. 𝑑𝐴 − 𝐴. 𝑑𝑃 = 0 (2.36)

2.7.3. Application à l’aqueduc de section circulaire


Soient r et 𝜃 respectivement le rayon et l’angle au centre correspondant au périmètre mouillé.
La section et le périmètre mouillé s’expriment en fonction de r et 𝜃 comme suit :
𝑟2
𝐴= (𝜃 − 𝑠𝑖𝑛𝜃) (2.37)
2
𝑃𝑚 = 𝑟. 𝜃 (2.38)
Donc :
𝑟2
𝑑𝐴 = . (1 − 𝑐𝑜𝑠𝜃). 𝑑𝜃 (2.39)
2
et
𝑑𝑃𝑚 = 𝑟. 𝑑𝜃 (2.40)

Fig.2.12 : aqueduc circulaire

a) Condition de débit maximal


En injectons (2.37), (2.38), (2.39) et (2.40) dans (2.34), on obtient :
2𝜃 − 3𝜃. 𝑐𝑜𝑠𝜃 + 𝑠𝑖𝑛𝜃 = 0
équation vérifiée pour 𝜃 = 308°.
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La flèche de la zone mouillée (revanche ou tirant d’air) est :


𝑓 = 𝑟(1 + 𝑐𝑜𝑠(𝜃/2)) (2.34)
Pour 𝜃 = 308°, 𝑓 = 0,1𝑟, soit 0,05𝐷 (Dest le diamètre de l’aqueduc).

La profondeur d’eau est égale à 95% du diamètre. Il est aisé de montrer que :
𝑄𝑀 = 1,05. 𝑄1 (2.35)

b) Condition de vitesse maximale

𝑃. 𝑑𝐴 − 𝐴. 𝑑𝑃 = 0 (2.34)
On obtient après simplification :
𝑠𝑖𝑛𝜃 − 𝜃. 𝑐𝑜𝑠𝜃 = 0 (2.36)
Equation vérifiée pour 𝜃 = 258°.
La flèche de la zone non mouillée est alors égale à :
𝑓 ′ = 𝑟. (1 + 𝑐𝑜𝑠129) = 0,371𝑟 = 0,19𝐷
La profondeur de l’eau est égale à 81% du diamètre.
Remarque : Pratiquement on conserve une revanche encore supérieure pour éviter que
l’aqueduc ne soit jamais en charge ; pour l’aqueduc circulaire considéré, on donne
𝐫 𝐃
généralement à la flèche de la zone non mouillée une valeur 𝐟 ′′ = 𝟐 = ; c’est-à-dire que
𝟒
la profondeur d’eau est égale à 75% du diamètre, ce qui correspond à 𝛉 = 𝟐𝟒𝟎°. Le
débit dans ces conditions est égal à 85% du débit maximal 𝐐𝐌 .

Fig2.13 : Rappel des différents niveaux

𝑁0 = Aqueduc plein non en charge (𝑄 = 𝑄1 )


𝑁1 = Niveau correspondant au débit maximal (𝑄𝑀 = 1,05. 𝑄1 )
𝑁2 = Niveau correspondant à la vitesse moyenne maximale
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𝑁3 = Niveau usuel (𝑄 = 0,85. 𝑄𝑀 )