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Pour réviser
Exercice 1 - Polynômes à degrés échelonnés [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit(P 1 , … , P n ) une famille de polynômes de C[X] non nuls, à degrés échelonnés, c'est-à-dire
deg(P 1 ) < deg(P 2 ) < ⋯ < deg(P n ) . Montrer que (P 1 , … , P n ) est une famille libre.

Indication
Si λ n ≠ 0 , quel est le degré de λ 1 P 1 + ⋯ + λ n P n ?
Corrigé
Considérons une relation λ 1 P 1 + ⋯ + λ n P n = 0 . Si λ n ≠ 0 , le membre de gauche de l'inégalité est un
polynôme de degré deg(P n ) ≠ −∞ puisque tous les polynômes sont supposés non nuls. Ce ne peut donc
pas être le polynôme nul et on trouve que λ n = 0 . En itérant le raisonnement (en faisant une récurrence), on
trouve successivement λ n−1 = ⋯ = λ 1 = 0 , c'est-à-dire que la famille (P 1 , … , P n ) est une famille libre.

Exercice 2 - Base+coordonnées [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]


Enoncé
Montrer que les vecteurs u 1 = (0, 1, 1) , u 2 = (1, 0, 1) et u 3 = (1, 1, 0) forment une base de R 3. Trouver
dans cette base les coordonnées du vecteur u = (1, 1, 1) .

Indication
Prouver que la famille est libre. Puis résoudre (1, 1, 1) = au 1 + bu 2 + cu 3 .
Corrigé
Puisque (u 1 , u 2 , u 3 ) est une famille de trois vecteurs dans un espace de dimension 3, à savoir R 3 , il suffit de
prouver qu'elle est libre. L'équation au 1 + bu 2 + cu 3 = 0 est équivalente successivement aux systèmes :

⎪ b+c =
⎧ 0 ⎪ b+c =
⎧ 0
⎨ a+c = 0 ⟺ ⎨ a+c = 0

⎪ ⎩

a+b = 0 a−c = 0 (L3) − (L1) → (L3)

⎪ b+c =
⎧ 0
⟺ ⎨ a+c = 0 ⟺ a = b = c = 0. MATHÉMATICIENNE DU MOIS


2a = 0 (L3) + (L2) → (L3)
La famille est libre. Pour trouver les coordonnées du vecteur (1, 1, 1) , on doit maintenant résoudre l'équation
(1, 1, 1) = au 1 + bu 2 + cu 3 , qui est successivement équivalente à

⎧ b+c =
⎪ 1 ⎪ b+c =
⎧ 1
⎨ a+c = 1 ⟺ ⎨ a+c = 1

⎪ ⎩

a+b = 1 a−c = 0 (L3) − (L1) → (L3)

⎧ b+c =
⎪ 1
⟺ ⎨ a+c = 1 ⟺ a = b = c = 1/2.


2a = 1 (L3) + (L2) → (L3)

On a donc (1, 1, 1) = 12 u 1 + 12 u 2 + 12 u 3 . On aurait pu aller un peu plus vite en remarquant que, par
symétrie des trois coordonnées, on savait que a = b = c .

Exercice 3 - Bases de sous-espaces vectoriels - 1 [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Karen Uhlenbeck (1942-)
Enoncé
Toutes les biographies
Soient F et G les sous-espaces vectoriels de R 3 définis par :

F = {(x, y, z) ∈ R 3; x − 2y + z = 0}
G = {(x, y, z) ∈ R 3; 2x − y + 2z = 0}.
1. Donner une base de F , une base de G , en déduire leur dimension respective.
2. Donner une base de F ∩ G , et donner sa dimension.
3. Montrer que la famille constituée des vecteurs de la base de F trouvée en 1 et des vecteurs de la
3
base de G trouvée en 2. est une famille génératrice de R . Est-elle libre?
4. Les espaces F et G sont-ils supplémentaires?

Indication

1. Il faut d'abord trouver une famille génératrice de chaque espace par le procédé "habituel". On
montrera ensuite que la famille est libre.
2. Idem.
3. Résoudre un système, ou démontrer que F + G = R 3 à l'aide d'arguments de dimension.
4. Que vaut F ∩ G ?

Corrigé

1. On trouve d'abord une famille génératrice de F . On a :

⎪x =
⎧ y×2 + z × (−1)
(x, y, z) ∈ F ⟺ x − 2y + z = 0 ⟺ ⎨ y = y×1 + z×0


z = y×0 + z × 1.
Les vecteurs (2, 1, 0) et (−1, 0, 1) engendrent donc F . De plus, les deux vecteurs ne sont pas
colinéaires, dont la famille est libre. C'est une base de F qui est de dimension 2.
On procède de même pour G :

⎪x =
⎧ x×1 + z×0
(x, y, z) ∈ F ⟺ 2x − y + 2z = 0 ⟺ ⎨ y = x×2 + z×2


z = x×0 + z × 1.
On trouve cette fois que ((1, 2, 0), (0, 2, 1)) est une base de G qui est de dimension 2.
2. C'est la même chose, mais cette fois on a deux équations.

x − 2y + z = 0 ⎪ x − 2y + z =
⎧ 0
(x, y, z) ∈ F ∩ G ⟺ { ⟺ ⎨ 3y = 0
2x − y + 2z = 0 ⎩

z = z

⎪x =
⎧ z × (−1)
⟺ ⎨y = z×0


z = z×1
Ainsi, le vecteur (−1, 0, 1) engendre F ∩ G . Comme une famille constituée d'un vecteur non-nul est
libre, (−1, 0, 1) est une base de F ∩ G qui est de dimension 1.
3. Notons u = (2, 1, 0) , v = (−1, 0, 1) , w = (1, 2, 0) et t = (0, 2, 1) . Il s'agit de montrer que
(u, v, w, t) est une famille génératrice de R 3 .
Méthode 1. Soit (x, y, z) ∈ R 3 et essayons d'écrire (x, y, z) = au + bv + cw + dt . Alors on doit
résoudre le système

⎪ 2a − b + c =
⎧ x ⎪ 2a − b + c
⎧ = x
⎨ a + 2c + 2d = y ⟺ ⎨ b + 3c + 4d = 2y − x

⎪ ⎩

b+d = z b+d = z
⎪ 2a − b + c
⎧ = x
⟺ ⎨ b + 3c + 4d = 2y − x


3c + 3d = 2y − x − z.
On voit donc qu'on peut imposer une valeur quelconque à d , puis, le système étant triangulaire,
obtenir les valeurs de c, b et enfin a .
Méthode 2. L'espace vectoriel engendré par la réunion des deux bases est F + G . On doit démontrer
que F + G = R 3 , et pour cela il suffit de démontrer que dim(F + G) = 3 . Par le théorème des
quatre dimensions, on a

dim(F + G) = dim(F ) + dim(G) − dim(F ∩ G) = 2 + 2 − 1 = 3,


ce qu'il fallait démontrer.
La famille (u, v, w, t) n'est pas libre car une famille libre de R 3 a toujours moins de trois éléments.
4. F et G ne sont pas supplémentaires car F ∩ G ≠ {0} .

Exercice 4 - Assez complet - 1 [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]


Enoncé
On considère dans R4 :

v1 = (1, 2, 0, 1) v2 = (1, 0, 2, 1) v3 = (2, 0, 4, 2)


w1 = (1, 2, 1, 0) w2 = (−1, 1, 1, 1) w3 = (2, −1, 0, 1) w4 = (2, 2, 2, 2).
1. Montrer que (v1 , v2 ) est libre et que (v1 , v2 , v3 ) est liée.
2. Montrer que (w1 , w2 , w3 ) est libre et que (w1 , w2 , w3 , w4 ) est liée.
3. Montrer que (v1 , v2 , w1 , w2 ) est libre.
4. Soit F le sous-espace vectoriel de R 4 engendré par (v1 , v2 , v3 ) .
4.1. Déterminer une base de F .
4.2. Donner un supplémentaire de F .
5. Soit G le sous-espace vectoriel engendré par (w1 , w2 , w3 , w4 ) . Déterminer une base de G .
6.
6.1. A l'aide des bases trouvées en 4. et 5. construire un système générateur de F +G .
4
6.2. En déduire que F +G=R .
7.
7.1. Montrer que v1 + v2 est dans F ∩ G.
7.2. Calculer la dimension de F ∩ G .
7.3. Donner une base de F ∩ G .
8. F et G sont-ils supplémentaires?

Indication

1. v3 = 2v2 .
2. Méthode classique... ou w4 = w1 + w2 + w3 .
3. Toujours pareil...
4.
4.1. Utiliser la question 1.
4.2. Utiliser la question 3.
5. Utiliser la question 2.
6.
6.1. Un système générateur de F + G est obtenu en faisant la réunion d'un système générateur
de F et d'un système générateur de G .
6.2. Utiliser la question 3.
7.
7.1. Facile!
7.2. Utiliser un théorème du cours.
7.3. Il suffit de trouver un système libre de F ∩ G comportant le même nombre de vecteurs que
la dimension de F ∩ G .
8. Utiliser la question précédente.

Corrigé

1. v1 et v2 ne sont pas proportionnels, donc la famille (v1 , v2 ) est libre. En revanche, v3 = 2v2 et
donc (v1 , v2 , v3 ) est liée.
2. Soit aw1 + bw2 + cw3 = 0 . On trouve le système


⎪ a − b + 2c = 0 ⎧
⎪ a − b + 2c = 0

⎪ 2a + b − c ⎪

= 0 3b − 5c = 0
⎨ ⟺ ⎨

⎪ a+b = 0 ⎪
⎪ 2b − 2c = 0

⎪ ⎩

b+c = 0 b+c = 0
Les deux dernières équations donnent immédiatement b = c = 0 et en revenant à la première on
obtient aussi a = 0 . Ainsi, la famille (w1 , w2 , w3 ) est libre. Étudions maintenant
aw1 + bw2 + cw3 + dw4 = 0 . On trouve le système


⎪ a − b + 2c + 2d = 0 ⎧
⎪ a − b + 2c + 2d = 0

⎪ ⎪

2a + b − c + 2d = 0 3b − 5c − 2d = 0
⎨ ⟺ ⎨

⎪ a + b + 2d = 0 ⎪
⎪ 2b − 2c = 0

⎪ ⎩

b + c + 2d = 0 b + c + 2d = 0


⎪ a + b + 2d = 0

⎪ −2b − 2d = 0
⟺ ⎨

⎪ c = b


2b + 2d = 0
La seconde et la dernière équation sont identiques, et on trouve que le système est équivalent à


⎪ a = b

⎪b = b


⎪ c = b


d = −b
Ainsi, w1 + w2 + w3 − w4 = 0 : la famille (w1 , w2 , w3 , w4 ) est liée. Bien sûr, on pouvait remarquer
dès le départ que w4 = w1 + w2 + w3 … .
3. On résoud toujours l'équation av1 + bv2 + cw1 + dw2 = 0 et on prouve que a = b = c = d = 0 .
Le détail des calculs est laissé au lecteur courageux...
4.
4.1. (v1 , v2 , v3 ) est une famille génératrice de F mais ce n'est pas une base de F car elle n'est
pas libre. Puisque v3 est combinaison linéaire de v1 et v2 , la famille (v1 , v2 ) engendre aussi F .
Elle est libre : c'est une base de F .
4.2. Puisque (v1 , v2 , w1 , w2 ) est une famille libre de 4 vecteurs dans un espace de dimension 4,
4
c'est une base de R . Si F 0 est le sous-espace vectoriel engendré par w1 et w2 , alors F 0 est un
supplémentaire de F . En effet, F ∩ F 0 = {0} , puisqu'un élément x de F ∩ F 0 s'écrit à la fois
x = av1 + bv2 = av1 + bv2 + 0w1 + 0w2 et x = cw1 + dw2 = 0v1 + 0v2 + cw1 + dw2 ce qui
entraine, par unicité de l'écriture dans une base, a = b = c = d = 0 et x = 0 . De plus,
dim(F ⊕ F 0 ) = dim(F ) + dim(F 0 ) = 4 , et donc F ⊕ F 0 est un sous-espace de R 4 de
dimension 4 : F ⊕ F 0 = R 4 .
5. En raisonnant comme à la question précédente, mais en utilisant cette fois le résultat de la
question 2. on trouve que (w1 , w2 , w3 ) est une base de G .
6.
6.1. Un système générateur de F + G est obtenu en faisant la réunion d'un système générateur
de F et d'un système générateur de G . La famille (v1 , v2 , v3 , w1 , w2 , w3 , w4 ) est donc un
système générateur de F + G .
6.2. D'après la question 3, (v1 , v2 , w1 , w2 ) est une famille libre. Puisqu'elle comporte quatre
éléments, c'est une base de R 4 . Ainsi, le sous-espace vectoriel qu'elle engendre est égal à R 4 .
Or, on a vect(v1 , v2 , w1 , w2 ) ⊂ F + G , et donc F + G = R 4 puisqu'il contient R 4 (et est
évidemment contenu dans R 4 ).
6.3.
6.3.1. Puisque v1 et v2 sont dans F et que F est un espace vectoriel, v1 + v2 est dans F . De
plus, v1 + v2 = w4 ∈ G .
6.3.2. Par le théorème des quatre dimensions, on a

dim(F + G) = dim(F ) + dim(G) − dim(F ∩ G)


d'où on tire 4 = 2 + 3 − dim(F ∩ G) , soit dim(F ∩ G) = 1 .
6.3.3. Posons v = v1 + v2 . Alors la famille (v) est une famille libre de un vecteur dans un
espace de dimension 1. C'est une base de F ∩ G .
6.3.4. Non, F ∩ G ≠ {0} .

Exercice 5 - Noyau et image [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]


Enoncé
On considère l'application linéaire f de R 3 dans R 4 définie par
f(x, y, z) = (x + z, y − x, z + y, x + y + 2z).
1. Déterminer une base de Im(f) .
2. Déterminer une base de ker(f) .
3. L'application f est-elle injective? surjective?

Indication

1. (f(e1 ), f(e2 ), f(e3 )) est une famille génératrice de Im(f) . De plus, f(e3 ) est combinaison linéaire
de f(e1 ) et f(e2 ) .
2. On peut vérifier la dimension de ker(f) en utilisant le théorème du rang.
3. Quelles sont les dimensions de ker(f) ? de Im(f) ?

Corrigé

1. Utilisant la définition de f , on a :
f(e1 ) = (1, −1, 0, 1)
f(e2 ) = (0, 1, 1, 1)
f(e3 ) = (1, 0, 1, 2)
On sait que la famille (f(e1 ), f(e2 ), f(e3 )) est une famille génératrice de Im(f) . Or,
f(e3 ) = f(e1 ) + f(e2 ) et donc f(e3 ) est combinaison linéaire de (f(e1 ), f(e2 )) . Ainsi, la famille
(f(e1 ), f(e2 )) est déjà génératrice de Im(f) . De plus, elle est libre car les deux vecteurs sont non-
nuls et ne sont pas proportionnels. On en déduit que (f(e1 ), f(e2 )) est une base de Im(f) .
2. On a :


⎪ x+z = 0 ⎧
⎪ x+z = 0

⎪ ⎪
⎪ y+z
−x + y = 0 = 0
(x, y, z) ∈ ker(f) ⟺ ⎨ ⟺ ⎨

⎪ y+z = 0 ⎪
⎪ y+z = 0

⎪ ⎩

x + y + 2z = 0 y+z = 0

⎪x =
⎧ −z
⟺ ⎨y = −z


z = z
On en déduit que le vecteur (−1, −1, 1) engendre ker(f) . Comme il est non-nul, c'est une base de
ker(f) . En particulier, on trouve que ker(f) est de dimension 1, ce que l'on peut aussi obtenir en
utilisant le théorème du rang.
3. f n'est pas injective, car son noyau n'est pas réduit à {0} . f n'est pas surjective, car son image
n'est pas R 4 tout entier. En effet, la dimension de Im(f) est 2, et non 4.

Exercice 6 - Projection ou symétrie [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]


Enoncé
3 3
On considère l'application linéaire f : R → R définie par f(x, y, z) = (2x − 2z, y, x − z) . f est-elle une
symétrie? une projection? Déterminer une base de ses éléments caractéristiques.

Indication
Commencer par calculer f∘f .
Corrigé
On vérifie facilement que

f ∘ f(x, y, z) = (2(2x − 2z) − 2(x − z), y, 2x − 2z − x + z) = (2x − 2z, y, x − z) = f(x, y, z).


On a donc f ∘ f =f et f est une projection, sur Im(f) et parallèlement à ker(f) . Déterminons une base de
ker(f) . On a

⎪ 2x − 2z =
⎧ 0 ⎪x =
⎧ z
f(x, y, z) = 0 ⟺ ⎨ y = 0 ⟺ ⎨y = 0

⎪ ⎩

x−z = 0 z = z
Une base de ker(f) est donc donnée par le vecteur u = (1, 0, 1) .
Déterminons ensuite une base de Im(f) . On sait que (f(e1 ), f(e2 ), f(e3 )) est une famille génératrice de
Im(f) . Ce n'est pas une base, puisque f(e3 ) = (−2, 0, −1) = −f(e1 ) . Posons ensuite v = (2, 0, 1) = f(e1 )
et w = (0, 1, 0) = f(e2 ) . Alors (v, w) est une famille génératrice de Im(f) et c'est aussi une famille libre :
(v, w) est une base de Im(f) .

Pour progresser
Exercice 7 - Fonctions paires / Fonctions impaires [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille
d'exos]

Enoncé
Soit E = F (R, R) l'espace vectoriel des fonctions de R dans R . On note F le sous-espace vectoriel des
fonctions paires (ie f(−x) = f(x) pour tout x ∈ R ) et G le sous-espace vectoriel des fonctions impaires (ie
f(−x) = −f(x) pour tout x ∈ R ). Montrer que F et G sont supplémentaires.

Indication
Pour montrer que toute fonction h se décompose en h = f + g avec f paire et g impaire, on pourra
supposer dans un premier temps que c'est effectivement le cas. Alors, trouver à quoi doivent être égales
f(x) et g(x) en calculant h(x) et h(−x) . Puis, poser f et g les fonctions définies par ces formules, et
vérifier que tout fonctionne.

Corrigé
Remarquons d'abord que F ∩ G = {0} . En effet, si f est élément de F ∩ G , alors, pour tout x ∈ R , on a à
la fois f(−x) = f(x) et f(−x) = −f(x) , d'où f(x) = −f(x) ce qui entraîne f(x) = 0 .
D'autre part, tout élément h de E se décompose sous la forme h = f + g , avec f dans F et g dans G . Pour
cela, on utilise un raisonnement par analyse-synthèse.
Admettons un bref instant que h = f + g avec f ∈ F et g ∈ G . Alors, pour tout x ∈ R , on a
h(x) = f(x) + g(x) et h(−x) = f(−x) + g(−x) = f(x) − g(x) . Des deux équations précédentes, on tire
facilement que f(x) = (h(x) + h(−x))/2 et g(x) = (h(x) − h(−x))/2 .
On peut désormais passer à la synthèse (le paragraphe précédent peut être considéré comme une recherche
"au brouillon"). On pose f(x) = (h(x) + h(−x))/2 et g(x) = (h(x) − h(−x))/2 . Alors on vérifie
facilement que :

h=f+g ;
f est paire : en effet f(−x) = (h(−x) + h(−(−x))) = (h(x) + h(−x)) = f(x) ;
g est impaire (même raisonnement).
Ainsi, on a bien F + G = E .
Remarquons que la partie 'analyse' du raisonnement montre aussi l'unicité de la décomposition, et
redémontre donc que la somme est directe.

Exercice 8 - Du local au global... [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]


Enoncé
Soit E un espace vectoriel de dimension finie et f ∈ L(E) . On suppose que, pour tout x ∈ E , il existe un
entier n x ∈ N tel que f n x (x) = 0. Montrer qu'il existe un entier n tel que f n = 0 .

Indication
Introduire une base de E.
Corrigé
Soit(e1 , … , ep ) une base de E . Pour chaque i , il existe un entier n i tel que f n i (ei ) = 0 . Posons
n = max(n 1 , … , n p ) et remarquons que pour chaque i ∈ {1, … , p} ,

f n (ei ) = f n−n i (f n i ei ) = f n−n i (0) = 0.

Considérons maintenant x ∈ E et écrivons-le x = x 1 e1 + ⋯ + x p ep . On obtient


p p
f n (x) = ∑ x i f n (ei ) = ∑ x i 0E = 0E .
i=1 i=1

Exercice 9 - [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]


Enoncé
Soit E un espace vectoriel et f ∈ L(E) .
1. Montrer que

ker(f) = ker(f 2 ) ⟺ Imf ∩ ker(f) = {0}.


2. On suppose que E est de dimension finie. Montrer que

ker(f) = ker(f 2 ) ⟺ Imf ⊕ ker(f) = E ⟺ Im(f) = Im(f 2 ).

Indication

1. Remarquer que l'on a toujours ker(f) ⊂ ker(f 2 ) . Pour prouver le sens direct, prendre un élément
y de l'intersection, l'écrire y = f(x) et montrer que f 2 (x) = 0 . Pour prouver la réciproque, prendre x
tel que f 2 (x) = 0 , poser y = f(x) et montrer que y appartient à ... inter ...
2. Utiliser le théorème du rang pour remarquer que ker(f) ∩ Im(f) = {0} est équivalent à
ker(f) ⊕ Im(f) = E . Utiliser ensuite la question précédente pour démontrer que les deux premières
propositions sont équivalentes. Montrer ensuite, toujours à l'aide du théorème du rang, que la
première et la troisième sont équivalentes.

Corrigé

1. On peut commencer par remarquer que si f(x) = 0 , alors f 2 (x) = 0 et donc on a toujours
ker(f) ⊂ ker(f 2 ) . C'est l'autre implication qui n'est pas toujours vraie.
Supposons donc ker(f) = ker(f 2 ) et montrons que Im(f) ∩ ker(f) = {0} . Soit y ∈ Im(f) ∩ ker(f) .
Alors il existe x ∈ E tel que y = f(x) , et de plus f(y) = 0 . En particulier, f 2 (x) = 0 , donc f(x) = 0 ,
puisque ker(f 2 ) ⊂ ker(f) . Ainsi, y = f(x) = 0 , ce qui prouve une implication.
Réciproquement, supposons ker(f) ∩ Im(f) = {0} et montrons que ker(f 2 ) ⊂ ker(f) . Si
x ∈ ker(f 2 ) , alors on a f(f(x)) = 0 . Si on pose y = f(x) , alors y ∈ ker(f) ∩ Im(f) , et donc
f(x) = y = 0 , ce qui prouve que x ∈ ker(f) .
2. D'après le théorème du rang, on a dim(Im(f)) + dim(ker(f)) = dim(E) . Or, si
ker(f) ∩ Im(f) = {0} , ker(f) ⊕ Im(f) est un sous-espace vectoriel de E de dimension
dim(Im(f)) + dim(ker(f)) = dim(E) : il est donc égal à E tout entier. On vient donc de prouver
que

ker(f) ∩ Im(f) = {0} ⟺ ker(f) ⊕ Im(f) = E.


En tenant compte de la question précédente, ceci prouve la première équivalence.
On va ensuite démontrer que la première et la troisième assertion sont équivalentes, ce qui achèvera la
preuve. En effet, si ker(f) = ker(f 2 ) , d'après le théorème du rang, on

dim(Im(f)) = dim(E) − dim(ker(f))


= dim(E) − dim(ker(f 2 ))
= dim(Im(f 2 )).
Or, on a toujours Im(f 2 ) ⊂ Im(f) puisque f 2 (x) = f(f(x)) pour tout x de E . Les deux sous-
espaces sont égaux. La réciproque se prouve exactement de la même façon. On remarque que
dim(Im(f)) = dim(Im(f 2 )) entraîne dim(ker(f)) = dim(ker(f 2 )) en utilisant le théorème du rang,
et on utilise l'inclusion toujours vraie ker(f) ⊂ ker(f 2 ) .

Exercice 10 - Application aux polynômes [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Le but de cet exercice est l'étude de l'application Δ définie sur R[X] par (ΔP )(X) = P (X + 1) − P (X) .

1. Question préliminaire : Soit (P n ) une famille de R[X] telle que pour chaque n , deg(P n ) = n .
Prouver que (P n ) est une base de R[X] .
2. Montrer que Δ est une application linéaire. Calculer son noyau et son image.
3. Montrer qu'il existe une unique famille (H n ) n∈N de R[X] telle que H 0 = 1 , Δ(H n ) = H n−1 , et
H n (0) = 0 . Montrer que (H n ) est une base de R[X] .
4. Soit P ∈ R p[X] . Montrer que P peut s'écrire

p
P = ∑ (Δ n P )(0)H n .
n=0
n n−k n
5. Montrer que l'on a (Δ n P )(0) = ∑ k=0 (−1) ( k )P (k) .
X(X−1)…(X−n+1)
6. Montrer que pour tout n , Hn = n!
.
7. En déduire que, pour tout polynôme P de degré p, les assertions suivantes sont équivalentes :
7.1. P prend des valeurs entières sur Z .
7.2. P prend des valeurs entières sur {0, … , p} .
7.3. Les coordonnées de P dans la base (H n ) sont des entiers.
7.4. P prend des valeurs entières sur p + 1 entiers consécutifs.

Indication

1. Montrer d'abord que c'est une famille libre. Pour prouver que c'est une famille génératrice, il faut
prouver que tout polynôme de degré p est combinaison linéaire de P 0 , … , P p . Simplifier le problème
en prouvant que (P 0 , … , P p ) est une base de R p [X], en utilisant un résultat spécifique à la
dimension finie.
2. La linéarité ne pose pas de problèmes. Montrer que le noyau est l'ensemble des polynômes
constants, en calculant par exemple le coefficient dominant de ΔP , puis que l'image est R[X] tout
entier, en construisant une famille de polynômes à degré étagés dans l'image.
3. En posant E = {P ∈ R[X]; P (0) = 0} , montrer que E est un supplémentaire de ker(P ) .
L'existence et l'unicité viennent alors du résultat de la question précédente (on pourra procéder par
récurrence). Quel est le degré de H n ?
4. Utiliser d'abord le fait que (H n ) est une base. Calculer ensuite Δ n P .
5. Calculer par récurrence, ou par la formule du binôme, (Δ n P )(X) , puis évaluer en 0.
6. Vérifier que la famille donnée satisfait aux conditions qui définissent de façon unique la suite
(H n ) .
7. Prouver d'abord l'équivalence des 3 premiers points. Pour montrer l'équivalence avec le 4ième,
utiliser un changement de variables pour ramener iv. à ii. pour un autre polynôme!

Corrigé

1. Pour montrer que la famille est libre, il suffit de prouver que toute sous-famille finie est libre ou
encore que, pour tout p , la famille (P 0 , … , P p ) est libre. Imaginons que l'on ait une relation de liaison
α 0 P 0 + ⋯ + α p P p = 0 , où l'un au moins des α i est non nul. Soit q le plus grand des i pour lequel
α i ≠ 0 . Alors, le polynôme α 0 P 0 + ⋯ + α qP q est de degré q, et en même temps il est nul : c'est bien
sûr une contradiction. La famille (P n ) est donc libre. D'autre part, fixons un p ≥ 0 et Q un polynôme
de degré p . Puisque (P 0 , … , P p ) est une famille libre de R p [X] qui est de dimension p + 1 , il en est
une base. Ainsi, Q peut s'écrire α 0 P 0 + ⋯ + α p P p , ce qui prouve que la famille (P n ) est génératrice :
c'est donc une base de R[X] .
2. La linéarité ne pose pas de problèmes. D'autre part, si le terme dominant de P est α n X n , le terme
dominant de Δ(P ) est α n × nX n−1 . Ainsi, ΔP = 0 si et seulement P ∈ R 0 [X] (ie si P est un
polynôme constant). D'autre part, posons pour n ≥ 0 P n = Δ(X n+1 ) . La famille (P n ) est une famille
de polynômes à degrés étagés. En outre, cette famille est contenue dans Im(Δ) . On a donc, d'après le
résultat de la question préliminaire, R[X] = vect(P n ; n ≥ 0) ⊂ Im(Δ) . Ceci prouve que Δ est
surjective.
3. On note E = {P ∈ R[X]; P (0) = 0} . E est un supplémentaire de R 0 [X] dans R[X] . Ainsi, Δ
induit un isomorphisme de E sur R[X] . On montre alors l'existence et l'unicité de H n par récurrence
sur n , le cas n = 0 étant donné par l'énoncé. Supposons (H 0 , … , H n−1 ) uniquement construits.
Alors, la remarque précédente fait qu'il existe un unique H n de E tel que Δ(H n ) = H n−1 . On montre
alors facilement par récurrence que pour chaque n , deg(H n ) = n (cela vient du fait que
deg(Δ(P )) = deg(P ) − 1 si P n'est pas un polynôme constant. D'après le résultat de la question
préliminaire, (H n ) forme une base de R[X] .
4. Puisque (H n ) est une base de R[X] , il existe des réels α 0 , … , α p tels que
P = α 0 H 0 + ⋯ + α p H p . Calculons Δ n (P ) , sachant que Δ n (H k ) = H k−n si n ≤ k , Δ n (H k ) = 0
sinon. On obtient donc :

Δ n P = α n H 0 + ⋯ + α p H p−n .
On évalue ensuite ce polynôme en 0 , en utilisant le fait que H k (0) = 0 si k ≠ 0 , mais vaut 1 si k = 0 .
On obtient donc :

Δ n P (0) = α n .
5. On va montrer que
n
n n
(Δ P )(X) = ∑ (−1) n−k ( )P (X + k),
k=0
k

l'évaluation en 0 faisant le reste. Notons T (P )(X) = P (X + 1) ; clairement, T k (P )(X) = P (X + k) .


Remarquons que Δ = T − I . Puisque T et I commutent, il est légitime d'appliquer la formule du
binôme, et on a :
n
n
Δ = ∑ (−1) n−k ( )T k .
n

k=0
k

Il suffit d'évaluer ceci en P pour obtenir le résultat annoncé.


X(X−1)…(X−n+1)
6. Posons Q n = . Il est clair que Q 0 = 1 , Q n (0) = 0 , et un calcul quasi-immédiat
n!
montre que ΔQ n = Q n−1 . Ainsi, la famille (Q n ) satisfait les conditions uniques qui définissent la
famille (H n ) . C'est donc que Q n = H n pour tout n .
7. Il est d'abord clair que i. ⟹ ii. . Que ii. entraîne iii. résulte du calcul de Δ n P (0) et de la
décomposition de P dans la base H n . Remarquons d'autre part que si a est dans {0, … , n − 1} ,
H n (a) = 0 , et si a ≥ n , H n (a) = (an ) ∈ N . Si a < 0 , a s'écrit −b avec b > 0 , et on a
H n (a) = (−1) k (b+k−1
k )
. La décomposition de P dans la base H n fait alors que P (a) ∈ Z pour tout
a ∈ Z , et on a prouvé l'équivalence des 3 premiers points.
Démontrons enfin que la dernière proposition est équivalente aux trois premières. I est clair que
i. ⟹ iv. Réciproquement, si P prend des valeurs entières sur {a, … , a + p} , alors
Q(X) = P (X + a) prend des valeurs entières sur {0, … , p} , et par l'équivalence des 3 premiers
points, Q prend des valeurs entières sur Z tout entier. Il en est de même pour P .

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