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Cours d’Analyse 1 (PARTIE 1)

E. D. AKEKE

1. Licence 1 - Sciences Économiques et Gestion, 2019-2020


2
Table des matières

1 SUITES NUMÉRIQUES 5

1.1 Définitions et proprétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

1.1.1 Convergence dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

1.1.2 Opérations sur les suites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

1.1.3 Suites bornées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

1.1.4 Limites infinies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

1.1.5 Suites de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

1.2 Suites arithmétiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

1.3 Suites géométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

1.4 Suites arithmético-géométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

1.5 Suites récurrentes linéaires du second degré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20

1.6 Suites adjacentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

3
4 TABLE DES MATIÈRES
Chapitre 1

SUITES NUMÉRIQUES

1.1 Définitions et proprétés

Définition 1.1.1 Une suite numérique est une fonction définie sur N ou une partie de N à
valeurs dans R.

Une suite numérique est intuitivement une collection (éventuellement infinie) de nombres
réels donnés dans un certain ordre.
La formulation correcte est celle donnée plus haut en terme de fonction ou d’application.

Notation 1.1.1 Si u : N −→ R est une suite numérique, on pose un = u(n), pour tout n∈
N. La suite u est alors notée par u = (un )n∈N

Exemples
1) un = 2 n2 + 4, vn = n + e3n .

2) Une suite numérique peut être définie par une relation récurrente.

u0 = 2, u1 = −1
un+2 = 3 un+1 − 8 un
Attention au contre-exemple suivant :

v0 = 3
vn+2 = 3 vn+1 + vn

Ce n’est pas une suite numérique ( si non déterminer la valeur de v2 ! )

5
6 CHAPITRE 1. SUITES NUMÉRIQUES

Définition 1.1.2 1) La suite numérique (un ) est dite croissante à partir d’un certain rang
p si
∀ n ≥ p, un+1 ≥ un
2) La suite (un ) est dite décroissante à partir d’un certain rang p si
∀ n ≥ p, un+1 ≤ un
3) La suite numérique (un ) est dite strictement croissante à partir d’un certain rang p si
∀ n ≥ p, un+1 > un
4) La suite numérique (un ) est dite strictement décroissante à partir d’un certain rang p si
∀ n ≥ p, un+1 < un

La suite (un ) est dite monotone si elle est croissante ou décroissante.


Toute suite constante à partir du rang p ∈ N est dite stationnaire à partir du rang p.

Exemples

1) La suite (un ) définie par un = 2 n2 + 1 est strictement croissante.


5
2) La suite (vn ) définie par vn = est décroissante.
4n − 8
Pour savoir si une suite réelle est monotone il est quelque fois plus pratique d’étudier le
un+1
rapport que la différence un+1 − un .
un

Proposition 1.1.1 Soit (un ) une suite réelle.

1) S’il existe un rang p ∈ N tel que


un+1
∀ n ≥ p, un > 0 et ≤1
un
alors la suite (un ) est décroissante à partir du rang p.

2) S’il existe un rang p ∈ N tel que


un+1
∀ n ≥ p, un < 0 et ≤1
un
alors la suite (un ) est croissante à partir du rang p.

3) S’il existe un rang p ∈ N tel que


un+1
∀ n ≥ p, un > 0 et ≥1
un
1.1. DÉFINITIONS ET PROPRÉTÉS 7

alors la suite (un ) est croissante à partir du rang p.

4) S’il existe une rang p ∈ N tel que


un+1
∀ n ≥ p, un < 0 et ≥1
un

alors la suite (un ) est décroissante à partir du rang p.

Exercice

1) Montrer qu’une suite réelle croissante à partir d’un certain rang est minorée.

n2 + 3n + 1
2) Étudier la variation de la suite de terme général wn = .
n

1.1.1 Convergence dans R

Soit u = (un ) une suite réelle

Définition 1.1.3 La suite (un ) est une suite convergente si et seulement si il existe un
nombre réel L tel que :

∀ ε > 0, ∃N ∈ N, ∀ n ≥ N, on a |un − L| < ε

On écrit alors
lim un = L
n→+∞

et, on dit que la suite (un ) converge vers le nombre réel L.

Proposition 1.1.2 Si une suite (un ) converge dans R la limite est unique.

Preuve

Supposons que (un ) converge vers les nombres réels L et K avec L 6= K. On peut sup-
L−K
poser que L > K. Alors pour ε =
4
1) ∃N ∈ N, ∀ n ≥ N, |un − L| < ε et
0 0
2) ∃N ∈ N, ∀ n ≥ N , |un − K| < ε.
8 CHAPITRE 1. SUITES NUMÉRIQUES

Pour tout entier naturel n, on a

|L − K| = |L − un + un − K| ≤ |L − un | + |un − K|.
0
Donc pour tout entier n ≥ max(N, N ) on a

|L − K| < ε + ε = 2 ε

Ainsi on obtient
L−K
|L − K| < 2
4
Cela implique que K > L ce qui est absurde donc K = L et la limite de la suite (un ) est
unique.

Théorème 1.1.1 Si une suite numérique (un ) converge vers le nombre réel L, alors la suite
de terme général |un | converge vers |L|.

Preuve
Supposons limn→+∞ un = L ∈ R. Alors
pour tout  > 0, ∃ N ∈ N, ∀ n ≥ N, |un − L| < .
On sait que, pour tout entier n ≥ 0, on a | |un | − |L| | ≤ |un − L|. Ainsi pour tout entier
n ≥ N on a | |un | − |L| | < . Par conséquent limn→+∞ |un | = |L|.

1.1.2 Opérations sur les suites

a) Addition

Si u = (un ) et v = (vn ) la suite u+v est la suite numérique de terme général (u+v)n = un +vn

b) Multiplication par un scalaire

u = (un ) et λ ∈ R la suite λ u est la suite numérique de terme général (λ u)n = λ un .

c) Multiplication de deux suites

Si u = (un ) et v = (vn ) la suite u v produit des suites u et v est la suite numérique de


terme général (u v)n = un vn .

Exercice
1.1. DÉFINITIONS ET PROPRÉTÉS 9

1) Montrer que la somme de deux suites numériques croissantes est une suite croissante.

2) Montrer que le produit de deux suites numériques croissantes, positive, est une suite
croissante.

Opérations sur les suites convergentes

Nous admettrons sans démonstration les résultats suivants

Théorème 1.1.2 a) Si (un ) et (vn ) convergent dans R alors la somme (un + vn ) converge
dans R et on a
lim (un + vn ) = lim un + lim vn
n→+∞ n→+∞ n→+∞

b) Si la suite (un ) converge dans R et λ ∈ R alors la suite (λ un ) converge dans R et


on a
lim λ un = λ lim un
n→+∞ n→+∞

c) Si (un ) et (vn ) sont deux suites réelles convergentes dans R alors la suite (un vn ) converge
dans R et on a
lim un vn = ( lim un ) × ( lim vn )
n→+∞ n→+∞ n→+∞

Remarque 1.1.1 Soit (un ) une suite réelle et p ∈ N tel que ∀ n ≥ p, un 6= 0. On peut
1
alors définir la suite (wn ) par wn = , ∀ n ≥ p.
un
Si la suite (un ) converge dans R vers L avec L 6= 0 alors la suite (wn ) converge dans R et
on a
1 1
lim =
n→+∞ un L

Exercice (
w1 = 3
On considère la suite (wn ) définie par 1 .
wn+1 = (1 − ) wn , n ∈ N∗
n+1
1) Montrer que la suite (wn ) est décroissante.
2) La suite (wn ) est-elle minorée ? est-elle convergente ? Justifier votre réponse.
3) Donner l’expression du terme général de la suite (wn ) et calculer sa limite.
10 CHAPITRE 1. SUITES NUMÉRIQUES

Comparaison des suites

Soient (un ) et (wn ) deux suites réelles.


On dit que la suite (un ) est supérieure à la suite (vn ) à partir du rang p ∈ N si pour tout
entier p ≤ n, on a un ≥ vn . On écrit alors (un ) ≥ (vn )

Théorème 1.1.3 Si (un ) et (vn ) sont deux suites réelles convergentes dans R telles (un ) ≥
(vn ) alors on a
lim un ≥ lim vn
n→+∞ n→+∞

Théorème 1.1.4 (Théorème des gendarmes)


Soient (un ), (vn ), (wn ) des suites réelles telles que un ≤ vn ≤ wn à partir d’un certain rang
et L ∈ R.
Si lim un = L = lim wn alors lim vn = L
n→+∞ n→+∞ n→+∞

1.1.3 Suites bornées

Définition 1.1.4 La suite (un ) est dite majorée dans R si

∃ M ∈ R tel que ∀ n ∈ N, un ≤ M

Définition 1.1.5 La suite (un ) est dite minorée dans R si

∃ K ∈ R tel que ∀ n ∈ N, un ≥ K

Définition 1.1.6 La suite numérique (un ) est dite bornée dans R si elle est à la fois majorée
et minorée. C’est à dire

∃ A, B ∈ R tel que ∀ n ∈ N, A ≤ un ≤ B

Proposition 1.1.3 La suite (un ) est bornée dans R si et seulement si

∃ C ∈ R tel que ∀ n ∈ N, |un | ≤ C

Exemples
1.1. DÉFINITIONS ET PROPRÉTÉS 11

5
1) La suite numérique de terme général un = est une suite bornée dans R car
2n + 3
pour tout n ∈ N on a
5 5
0< ≤
2n + 3 3
n2
De même la suite de terme général vn = est bornée dans R.
2 n3 + 5
2) La suite de terme général wn = 2 ln n + 3 est minorée par 0 mais elle n’est pas ma-
jorée dans R, donc n’est pas bornée dans R.

Remarque 1.1.2 1) Toute suite réelle croissante est minorée dans R.

2) Toute suite réelle décroissante est majorée dans R.

Proposition 1.1.4 Tout suite de nombres réels convergente dans R est bornée dans R.

Preuve
Soit (un ) une suite de nombre réel convergente dans R et L = limn→+∞ un .

Pour ε = 2 il existe un entier N ∈ N tel que ∀ n ≥ N, |un − L| < ε.


Ainsi pour tout entier n ≥ N on a

L − 2 ≤ un ≤ L + 2

Ce qui implique que pour tout n ≥ N on a

|un | ≤ sup{ |L − 2|, |L + 2| }

Posons à présent

K = sup{ |u0 |, |u1 |, . . . , |uN −1 |, |L − 2|, |L + 2| }

Alors pour tout entier n ≥ N on a


|un | ≤ K
La suite (un ) est donc bornée dans R d’après la Proposition 1.1.3.

Théorème 1.1.5 Toute suite réelle croissante est convergente dans R si et seulement si elle
est majorée dans R.
12 CHAPITRE 1. SUITES NUMÉRIQUES

Preuve
Soit (un ) une suite réelle croissante.
On sait que si (un ) est convergente dans R alors (un ) est bornée dans R donc majorée dans R.

Supposons à présent que (un ) est majorée dans R. Il existe M ∈ R tel que

∀ n ∈ N, un ≤ M

On déduit que le sous-ensemble non vide B = {un / n ∈ N } est majorée dans R. Alors sup B
existe dans R. Posons a = sup B.

∀ ε > 0, ∃ x ∈ B tel que a − ε < x ≤ a

Donc
∀ ε > 0, ∃ n0 ∈ N tel que a − ε < un0 ≤ a < a + ε

La suite (un ) étant croissante il suit que

∀ ε > 0, ∃ n0 ∈ N tel que ∀ n ≥ n0 , a − ε < un ≤ a < a + ε

Par conséquent

∀ ε > 0, ∃ n0 ∈ N tel que ∀ n ≥ n0 , |un − a| ≤ ε

Ainsi la suite (un ) converge vers a. La suite (un ) est donc convergente dans R.

Théorème 1.1.6 Toute suite de nombres réels décroissante est convergente dans R si et
seulement si elle est minorée dans R.

Preuve(Exo !)

Remarque 1.1.3 On retiendra de ce qui précède les résultats suivants :

i) toute suite numérique (un ) croissante et majorée converge vers supn∈N un .

ii) toute suite numérique (un ) croissante et non-majorée converge vers +∞.

iii) toute suite numérique (un ) décroissante et minorée converge vers inf n∈N un .

iv) toute suite numérique (un ) décroissante et non-minorée converge vers −∞.
1.1. DÉFINITIONS ET PROPRÉTÉS 13

1.1.4 Limites infinies

Définition 1.1.7 Soit (un ) une suite réelle.

a) On dira que la suite (un ) converge vers +∞ et on écrit limn→+∞ un = +∞ ssi

∀ A ∈ R, ∃ n0 ∈ N tel que ∀ n ∈ N, n ≥ n0 ⇒ un ≥ A

b) On dira que la suite (un ) converge vers −∞ et on écrit limn→+∞ un = −∞ ssi

∀ B ∈ R, ∃ n0 ∈ N tel que ∀ n ∈ N, n ≥ n0 ⇒ un ≤ B

Exemple

La suite réelle de terme général un = 2n + 3 converge vers +∞. En effet, soit A ∈ R.


Si A ∈ R− alors ∀ n ∈ N, n ≥ 0 ⇒ un ≥ A.
Si A ∈ R+ posons n0 = E(A) + 1. Alors

∀ n ≥ n0 , 2 n + 3 ≥ 2 n0 + 3

Comme E(A) + 1 > A on a 2 n0 + 3 > A donc un > A, ∀ n ≥ n0 .


La suite (un ) converge donc vers +∞.

Théorème 1.1.7 Soient (un ) et (vn ) deux suites réelles.

a) Si (un ) ≤ (vn ) et limn→+∞ un = +∞ alors limn→+∞ vn = +∞.

b) Si (un ) ≤ (vn ) et limn→+∞ vn = −∞ alors limn→+∞ un = −∞.


1
c) Si un > 0, ∀n ≥ p et limn→+∞ un = 0 alors = +∞.limn→+∞
un
1
d) Si un < 0, ∀ n ≥ p et limn→+∞ un = 0 alors limn→+∞ = −∞.
un
1
e) Si limn→+∞ un = −∞ ou + ∞ alors limn→+∞ =0
un

Exercice
Déterminer
√ la limite en +∞ des suites suivantes :
1) un = n − n, ∀ n ∈ N
2) vn = 5.2n − 3n
1
3) un = nk=2 (1 − k(k+1) )
Q
2
14 CHAPITRE 1. SUITES NUMÉRIQUES
Qn 1
4) vn = k=2 (1 − k2
).
Pn
1 (2 k − 1)
5) un = P n .
k=1 2 k

1.1.5 Suites de Cauchy

Définition 1.1.8 Soit (un ) une suite réelle.


La suite (un ) est une suite de Cauchy si

∀ ε > 0, ∃ N ∈ N tel que ∀ p, q ≥ N, on a |up − uq | < ε

Exemple
2
La suite réelle (un ) définie par un = est une suite de Cauchy.
n+1

Théorème 1.1.8 Soit (un ) une suite réelle. Alors

(un ) converge dans R ⇔ (un ) est une suite de cauchy

Exemple
1 1 1
1) Considérons la suite réelle de terme général un = 2 + 2 + · · · + 2 pour tout n ∈ N∗ .
1 2 n
Pour tout m, n ∈ N, m ≥ n.

1 1
|um − un | = 2
+ ··· + 2
(n + 1) m
On a
1 1 1 1
2
+ ··· + 2 ≤ + ... +
(n + 1) m n(n + 1) (m − 1)m
1 1 1
Comme pour tout entier k ≥ 2 on a = − On obtient
k(k + 1) k k+1
1 1
|um − un | ≤ −
n m
1
La suite de terme général wn = étant de Cauchy, pour tout ε > 0 il existe N ∈ N tel que
n
1 1
m, n ≥ N ⇒ | − |<ε
n m
1.1. DÉFINITIONS ET PROPRÉTÉS 15

Donc pour tout entier m, n ≥ N, (m ≥ n) on a |um − un | < ε.


La suite (un ) est donc une suite de Cauchy, par conséquent elle converge dans R.
1 1 1
b) Considérons la suite réelle de terme général vn = + + · · · + pour tout n ∈ N∗ .
1 2 n
Cette suite ne converge pas dans R. Sinon elle serait une suite de Cauchy. Ainsi pour
1
ε = , ∃ N ∈ N tel que ∀ p, q ≥ N ⇒ |vp − vq | < ε
3
1
Par conséquent ∀ n ≥ N on aurait |v2n − vn | < . Comme
3
1 1
|v2n − vn | = + ··· +
n+1 2n
on obtient
1 1 1
+ ··· + <
n+1 2n 3
Mais on a aussi
1 1 1 1
+ ... + >n =
n+1 2n 2n 2
1 1
Cela nous conduit à l’inégalité < ce qui est absurde. La suite (vn ) n’est donc pas de
3 2
Cauchy, donc elle ne converge par dans R.

Exercice
Soit k un nombre réel tel que 0 < k < 1. On considère la suite réelle (un )n∈N vérifiant la
relation
∀ n ∈ N |un+2 − un+1 | ≤ k |un+1 − un |
Démontrer que la suite (un )n∈N est une suite de Cauchy. En déduire sa nature.

Soit f : R −→ R une fonction continue et (un ) une suite réelle définie par la relation de
récurrence
un+1 = f (un )
le premier terme un0 étant donné.

On admettra sans démonstration le résultat suivant :

Théorème 1.1.9 Si f est une fonction continue et si la suite (un ) converge L dans R
alors on a
lim f (un ) = f (L).
n→+∞
16 CHAPITRE 1. SUITES NUMÉRIQUES

Exercice 
 u0 = 2
Soit (un ) la suite définie par 4 .
 un+1 = 5 − , n ∈ N∗
un
a) Montrer que pour tout n ∈ N∗ on a 1 < un < 4.
b) Étudier la variation de la suite (un ).
c) Étudier la convergence de la suite (un ). Calculer la limite de la suite (un ).

Théorème 1.1.10 Si la suite (vn ) est une suite extraite d’une suite (un ), et si la suite (un )
converge vers L ∈ R, alors la suite (vn ) converge vers L.

Remarque 1.1.4 On utilise surtout le résultat précédent pour démontrer qu’une suite n’est
pas convergente en exhibant deux sous-suites convergeant vers des limites différentes

Exemples
a) La suite de terme général un = (−1)n est divergente, car la sous-suite (u2n ) converge vers
1 et la sous-suite (u2n+1 converse vers −1.
b) La suite de terme général vn = sin(n π4 ) est divergente.

1.2 Suites arithmétiques

Définition 1.2.1 Une suite numérique (un ) est dite arithmétique de raison r ∈ R si il existe
un entier naturel n0 tel que :
un+1 = un + r
pour tout entier n ≥ n0 . Le premier terme un0 étant donné.

Exemple
√ √
La suite donnée par u1 = 3 et un+1 = un − 5 est une suite arithmétique de raison 5
et de premier terme u1 = 3.

Proposition 1.2.1 Si (un ) est une suite arithmétique de raison r et de premier terme un0
le terme général est
un = un0 + (n − n0 ) r
De plus 
 un0 si r = 0
lim un = +∞ si r > 0
n→+∞
−∞ si r < 0

1.3. SUITES GÉOMÉTRIQUES 17

Exemple

Considérons la suite arithmétique donnée par u1 = 3 et un+1 = un − 5.
On a √
un = 3 + (n − 1) 5
pour tout entier n ≥ 1 et
lim un = +∞
n→+∞

1.3 Suites géométriques

Définition 1.3.1 Une suite numérique (un ) est dite géométrique de raison q ∈ R si il existe
un entier naturel n0 tel que
un+1 = q un
pour tout entier naturel n ≥ n0 . Le premier terme un0 étant donné.

Exemple
La suite numérique (vn ) définie par vn+1 = 13 vn et v0 = 2 est une géométrique de raison p = 1
3
et de premier terme v0 = 2

Proposition 1.3.1 Si (un ) est une suite géométrique de raison q et de premier terme un0
le terme général est
un = un0 q n−n0

Preuve
Soit n un entier naturel, n ≥ n0 .
Si un0 = 0 alors un = 0 pour tout entier n ≥ n0 et la suite est la suite nulle, la formule
convient.
Si un0 6= 0 on a
un = q un−1
un−1 = q un−2
..
.
un0 +1 = q un0
le produit des termes à droite est égal au produit des termes à gauche. On en déduit que

un = un0 q n−n0
18 CHAPITRE 1. SUITES NUMÉRIQUES

Remarque 1.3.1 Soit a ∈ R un nombre réel. Alors on a



0 si |a| < 1
 +∞ si a > 1
lim an = 
n→+∞  1 si a = 1
n’existe pas si a ≤ −1

Ce qui permet de déterminer la limite d’une suite géométrique connaissant l’expression son
terme général.

Exercice

Soit (Un ) la suite réelle définie par :


U0 = −3,
Un + 3
Un+1 = , ∀ n ∈ N.
3 Un + 1
1) Montrer que pour tout entier n, Un est différent de −1.
(Indication : on pourra raisonner par récurrence et l’absurde).
Un − 1
2) On considère la suite auxillière (Vn ) définie par Vn = , ∀ n ∈ N.
Un + 1
a) Montrer que la suite (Vn ) est une suite géométrique (préciser la raison !).
b) Exprimer Vn en fonction de n. En déduire la limite de la suite (Vn ).
c) Quelle est la limite de la suite (Un ) ?
d) Pour tout n ∈ N, on pose
n
X
Sn = Vk
k=0

Calculer limn→+∞ Sn .

Exercice
L’entreprise ”IVOIRDIST” loue un entrepôt de 300 000 m3 .

Le premier janvier 1991, le volume de materiel stocké était de 1400 m3 . Depuis, il a aug-
menté régulièrement chaque année de 15 %.

1)
a) Quel était en m3 , le volume de matériel stocké le 1er Janvier 1992 ?

b) Quel était en m3 , le volume de matériel stocké le 1er Janvier 1993 ?

2) Depuis le 1er Janvier 1991, le volume de matériel stocké a évolué annuellement selon
1.4. SUITES ARITHMÉTICO-GÉOMÉTRIQUES 19

une suite numérique.


Quelle est la nature de cette suite ? Préciser son premier terme. Quelle est sa raison ?

3) Calculer le terme de rang 19. (valeur arrondie à l’unité)

4) En déduire le volume, en m3 , de materiel stocké au 1er janvier 2009. (valeur arrondie


à l’unité).

5) En quelle année l’entrepôt sera-t-il exactement plein ?

1.4 Suites arithmético-géométriques

Définition 1.4.1 Une suite numérique (un ) est dite récurrente linéaire du premier ordre à
coéfficients constants (ou arithmético-géométrique) si, il existe a, b ∈ R telle que

un0 est donné
un+1 = a un + b pour tout entier n ≥ n0

NB : les nombres réels a et b ne dépendent pas de n.

Remarquons que si a = 1 cette suite est arithmétique et si b = 0 cette suite est géométrique.

Terme général

On suppose ici que a 6= 1.

Soit c l’unique nombre réel tel que c = a c + b On a


b
c=
1−a
Considérons la suite (vn ) définit par

vn = un − c, n ≥ n0

On a vn+1 = un+1 − c = a un + b − c. On obtient vn+1 = a vn La suite (vn ) est donc une suite
géométrique de premier terme vn0 = un0 − c et de raison a. Ainsi vn = vn0 an−n0 . Comme
un = vn + c on obtient
un = an−n0 (un0 − c) + c ∀ n ≥ n0
c’est à dire
b b
un = an−n0 (un0 − )+ , ∀ n ≥ n0
1−a 1−a
20 CHAPITRE 1. SUITES NUMÉRIQUES

Exemple
Déterminons le terme général de la suite arithmético-géométrique (un ) donnée par

u2 = 3
un+1 = −3 un + 2, ∀ n ≥ 2

On obtient
5 1
un = (−3)n−2 + ∀ n ≥ 2!.
2 2

1.5 Suites récurrentes linéaires du second degré

Définition 1.5.1 On appelle suite récurrente linéaire du second degré á coefficients constant
toute suite (un ) définit par la donnée de de ses deux premiers termes un0 et un0 +1 et une
relation
un+2 + a un+1 + b un = f (n)
où f est un fonction réelle définie sur une partie de N.

Exemple

La suite numérique (un ) définie par



u0 = 1
 u1 = 3
un+2 − 4 un+1 + 2 un = 0

est une suite récurrente linéaire du second degré sans second membre.

Attention ! par exemple la suite numérique (vn ) définie par

v0 = −2

 v1 = 3
 vn+1 vn
vn+2 =
vn+1 + vn

n’est pas une suite récurrente linéaire du second degré.

Nous allons à présent étudier de la suite (un ) définie par :

un+2 + a un+1 + b un = 0, ∀ n ≥ n0 .
1.5. SUITES RÉCURRENTES LINÉAIRES DU SECOND DEGRÉ 21

les termes un0 et un0 +1 étant donnés.

Par définition l’équation caractéristique est

(E) X2 + a X + b = 0

Soit ∆ le discriminant de cette équation. Nous allons distinguer les cas suivants :

1er cas : ∆ = 0.

L’équation caractéristique admet alors une racine double. Soit r cette racine. Alors

∃ λ, µ ∈ R tel que un = (λ + n µ) rn

Les nombres réels λ et µ sont parfaitement déterminer à partir des deux premiers termes.

2ième cas : ∆ > 0

L’équation caractéristique admet alors deux racines réelles distinctes r1 et r2 . Alors

∃ λ, µ ∈ R tel que un = λ r1n + µ r2n

Les nombres réels λ et µ sont parfaitement déterminer à partir des deux premiers termes.

3ième cas : ∆ < 0

L’équation caractéristique admet alors deux racines complexes distinctes z1 et z1 . Ces racines
sont conjuguées. On a z1 = ρ eθ i et z2 = ρ e−θ i . Alors

∃ λ, µ ∈ R tel que un = (λ cos n θ + µ sin n θ) ρn

Les nombres réels λ et µ sont parfaitement déterminer à partir des deux premiers termes.

Exemple

Etudions la suite numérique suivante :



u0 = 1
 u1 = −2
un+2 = 3 un+1 − 2 un

On a un+2 − 3 un+1 + 2 un = 0. L’équation caractéristique est

r2 − 3 r + 2 = 0
22 CHAPITRE 1. SUITES NUMÉRIQUES

Le discriminant est ∆ = 1. Comme ∆ > 0 on a deux racines distinctes r1 = 2 et r2 = 1.


Donc il existe des nombres réels λ et µ tel que un = λ 2n + µ 1n c’est à dire que

un = λ 2n + µ.

Déterminons λ et µ.

On a 
u0 = λ + µ
u1 = 2 λ + µ
c’est à dire 
1=λ+µ
−2 = 2 λ + µ
On obtient λ = −3 et µ = 4. Ainsi on a

un = −3 .2n + 4

Exercice
Pour chacune des suites ci-dessous définies, déterminer le terme général et étudier la conver-
gence :

a) u0 = 2, u1 = −1, un+2 − 4 un+1 + 5 un = 0

b) α ∈ [0, π], u0 = 1, u1 = cos α, un+2 − 2 (cos α) un+1 + un = 0.


1
c) u0 = −1, u1 = , un+2 − 2 un+1 + un = −1.
3

1.6 Suites adjacentes

Définition 1.6.1 Deux suites réelles (un ) et (vn ) sont dites adjacentes si les propriétés
suivantes sont satisfaitent :
1) (un ) est croissante
2) (vn ) est décroissante.
3) limn→+∞ un − vn = 0

Exemples

On pose
n n
X 1 √ X 1 √
un = √ − 2 n et vn = √ −2 n+1
k=1
k k=1
k
1.6. SUITES ADJACENTES 23

Alors les suites (un ) et (vn ) sont adjacentes.

Exercice
Pour tout entier n > 1, on pose
n
X 1 1
un = et vn = un +
k=1
k! n n!

Montrer que (un ) et (vn ) sont adjacentes.

Proposition 1.6.1 Soient (un ) et (vn ) des suites réelles adjacentes telles que (un ) soit crois-
sante et (vn ) décroissante. Alors on a
un ≤ vn
à partir d’un certain rang.

En effet, posons wn = vn − un pour tout entier n. On a


wn+1 − wn = vn+1 − un+1 − vn + un = (vn+1 − vn ) − (un+1 − un )
On a un+1 − un ≥ 0 car la suite (un ) est croissantes et vn+1 − vn ≤ 0 car la suite (vn ) est
décroissante. Par conséquent on a wn+1 ≤ wn pour entier n. La suite (wn ) est donc une
suite décroissante. De plus on a limn→+∞ wn = 0. La suite (wn ) est donc une suite réelle
décroissante qui converge vers 0. Nécessairement, on a wn ≥ 0 à partir d’un certain rang,
c’est à dire que
un ≤ vn
à partir d’un certain rang.

Théorème 1.6.1 Deux suites réelles adjacentes convergent dans R et ont la même limite.

Preuve
supposons les suites (un ) et (vn ) adjacentes avec (un ) croissante et (vn ) décroissante. La suite
(un ) est donc convergente car elle est croissante et majorée par le premier terme de la suite
(vn ) et la suite (vn ) est convergente car elle est décroissante et minorée par le premier terme
de la suite (un ). De plus, on sait que limn→+∞ (un − vn ) = 0. Par conséquent
lim un = lim vn
n→+∞ n→+∞

Corollaire 1.6.1 (Théorème des segments emboı̂tés)


Si ([an , bn ])n∈N est une suite décroissante de segments non vides dont les longueurs tendent
vers 0, alors l’ensemble ∩n∈N [an , bn ] est réduit à point.
24 CHAPITRE 1. SUITES NUMÉRIQUES

EXERCICES

Exercice 1
Calculer la limite de chacune des suites définies par :

a) un = n ln(1 + n1 )

3n2 + n − 2
b) vn =
5n5 + 2n + 7
cos n
c) wn =
n
d) θn = (1 − n1 )n .

Exercice 2
Calculer la limite de chacune des suites définies par :

sin(n2 )
1) un =
n
2) vn = an où a ∈ R.

n3 + 5 n
3) wn =
5 n3 + cos n + n12
2 n + (−1)n
4) hn = .
5 n + (−1)n+1
an − b n
5) tn = avec a, b ∈ R∗+
a−b
Pn
(2 k − 1)
6) un = k=1 Pn .
k=1 2 k

Exercice 3
Soient a, b, c, p des nombres réels. Pour tout entier naturel n, on pose
un = n−p (a n3 + b n2 + c)
Étudier la limite de la suite (un ) suivant les valeurs des paramètres réels a, b, c, p.

Exercice 4
On considère la suite numérique (vn ) définie par
−n + 5
vn = , ∀ n ∈ N.
n2 + 3
Déterminer le plus petit entier naturel N tel que, pour tout entier n ≥ N , on a
|un | < 10−4 .
1.6. SUITES ADJACENTES 25

Exercice 5
L’entreprise ”IVOIRDIST” loue un entrepôt de 300 000 m3 .
Le premier janvier 1991, le volume de materiel stocké était de 1400 m3 . Depuis, il a augmenté
régulièrement chaque année de 15 %.
1)
a) Quel était en m3 , le volume de matériel stocké le 1er Janvier 1992 ?

b) Quel était en m3 , le volume de matériel stocké le 1er Janvier 1993 ?

2) Depuis le 1er Janvier 1991, le volume de matériel stocké a évolué annuellement selon
une suite numérique.
Quelle est la nature de cette suite ? Préciser son premier terme. Quelle est sa raison ?
3) Calculer le terme de rang 19. (valeur arrondie à l’unité)
4) En déduire le volume, en m3 , de materiel stocké au 1er janvier 2009. (valeur arrondie à
l’unité).
5) En quelle année l’entrepôt sera-t-il exactement plein ?

Exercice 6
Soit (Un ) la suite réelle définie par :
U0 = −3,
Un + 3
Un+1 = , ∀ n ∈ N.
3 Un + 1
1) Montrer que pour tout entier n, Un est différent de −1.
(Indication : on pourra raisonner par récurrence et l’absurde).
Un − 1
2) On considère la suite auxillière (Vn ) définie par Vn = , ∀ n ∈ N.
Un + 1
a) Montrer que la suite (Vn ) est une suite géométrique (préciser la raison !).
b) Exprimer Vn en fonction de n. En déduire la limite de la suite (Vn ).
c) Quelle est la limite de la suite (Un ) ?
d) Pour tout n ∈ N, on pose
n
X
Sn = Vk
k=0

Calculer limn→+∞ Sn .

Exercice 7
On définit la suite (un ) par uo = 13 et pour tout entier naturel n,

1 4
un+1 = un +
5 5
et la suite (Sn ) par
Sn = u0 + u1 + · · · + un − n − 1
26 CHAPITRE 1. SUITES NUMÉRIQUES

1) Déterminer le terme général un de la suite (un ) en fonction de n. En déduire sa nature.

2) Déterminer le sens de variation de la suite (Sn ).

3) Calculer Calculer S1 , S2 , S3 . Donner une expression explicite de Sn en fonction de n ∈ N.

4) Déterminer la limite L de la suite (Sn ).

5) Déterminer le rang N à partir duquel on a

|Sn − L| < 10−3 .

Exercice 8

Pour chacune des suites ci-dessous définies, déterminer le terme général et étudier la conver-
gence :

a) u0 = 2, u1 = −1, un+2 − 4 un+1 + 5 un = 0

b) α ∈ [0, π], u0 = 1, u1 = cos α, un+2 − 2 (cos α) un+1 + un = 0.


1
c) u0 = −1, u1 = , un+2 − 2 un+1 + un = −1.
3