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définitions du signe suite

I.2.1.2. Le signe de Peirce :


C. S. Peirce définit le signe comme: « […] quelque chose qui tient lieu pour quelqu’un de quelque
chose sous quelque rapport ou à quelque titre»[1].
Le signe est donc le représentant d’autre chose qu’il évoque à titre de substitut. Cette définition est
intéressante à plusieurs titres, elle  nous offre la particularité: de pouvoir s’appliquer à des choses
perçues (le «quelque chose» peut être un objet, un geste, un son, une odeur, etc.) ou évoquées
(image mentale); d’inclure une dynamique interprétative («pour quelqu’un»); de laisser entendre que
le sens est relatif à l’interprète (quelque chose qui tient lieu «pour quelqu’un») et dès lors n’est pas
absolu, mais dépendant d’un contexte («sous quelque rapport ou à quelque titre»).
I.2.1.3. Le signe de Eco et Morris:
Pour C.MORRIS «Une chose n’est un signe que parce qu’elle est interprétée comme le signe de
quelque chose par un interprète  »[2].
Pour Umberto Eco, le quatrième élément est le plus important de tous, puisqu’il écrit:«Les énoncés ne
reflètent pas la forme des faits: c’est nous qui, par apprentissage, pensons les faits dans les formes
où les énoncés les ont coulés»[3].
Ainsi, le signifiant ne doit pas être conçu comme un pur phénomène physique, mais comme une
représentation mentale qui résulte au départ d’un acte de perception.
Charles MORRIS, reprenant l’idée qu’un signe «fait référence à quelque chosepour quelqu’un»
(Peirce) décompose les éléments qui constituent la sémiosis ,soit le procès du signe, en quatre
éléments. Trois de ces quatre éléments sont traditionnellement représentés comme occupant les trois
sommets d’un triangle dont les côtés représentent les relations entre eux.
 

référent
l’actualisation du type
(ce à quoi le signe réfère)
signifiant
le véhicule
(ce qui agit comme signe)
signifié
le type (concept)
 
 
 
 
 
 
 
                                   [objet
I.2.1.4.Le signe, de saint Augustin à R. Barthes:
Dans son Aventure sémiologique, Barthes nous donne une définition qui ne risque pas d’être récente.
Il s’agit de celle faite par saint Augustin qui conçoit le signe comme :
« une chose qui, outre l’espèce intégrée par les sens, fait venir d’elle-même à la pensée quelque
autre chose.»[4]
I.2.1.5. Le signe pour Courtés et Greimas :         
Greimas et Courtés, dans leur Dictionnaire raisonné de la théorie du langage, définissent le signe en
utilisant une terminologie très spécifique et propre à la sémiotique : pour eux, « Le signe est une unité
du plan de la manifestation constituée par la fonction sémiotique. C'est-à-dire, par la relation de
présupposition réciproque (ou solidarité) qui s’établit entre des grandeurs (unité) du plan de
l’expression (ou signifiant) et du plan du contenu (ou signifié)  lors de l’acte du langage.»[5]
Pour mieux  simplifier les concepts, le signe est l’union  qui s’établit entre un plan du contenu et un
plan de l’expression.
La terminologie employée dans cette définition est un peu  particulière.  C’est une terminologie propre
à la sémiotique  moderne. C’est ce qu’utilise notamment l’école américaine et la sémiotique de
Greimas, Klinkenberg et Courtés dans tous leurs ouvrages.
I.2.2. Signe naturel et signe culturel :
Le signe naturel  tout comme ce qu’il provoque comme interprétation est un signe qui n’est
pas d’institution humaine, autrement dit, sa signification n’est pas librement créée par l’homme.
Donc le signe naturel est généralement un signe arbitraire. Ce qui  met d’emblée l’autre signe, celui
dont nous instituons la signification, ou celui que nous créons, dans la culture. Ce dernier serait,
alors, un signe motivé.[6]

[1]C. S. P EIRCE , Ecrits sur le signe , Paris, Seuil, 1978, P 121.


[2]C .Morris , in, U. Eco, Le signe, Paris, Le livre de poche, 1988. p. 19.
[3]U. ECO ,Ibid p. 231-232.
[4] R. Barthes, l’Aventure sémiologique, Seuil 1985. p 36
[5]A.Greimas et  J. Courtés, Dictionnaire raisonné de la théorie du langage, op cit. p 349
[6]Nous aborderons cette classification plus tard.