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GSM

Présentation par : Albert RIVIERE, ON5HJ le 08 octobre 2005

1. Introduction concernant le réseau GSM.

Notre hobby utilise des moyens de transmission qui sont proches de ceux mis en œuvre
pour la réalisation de ces réseaux. Il est donc intéressant, pour nous radio-amateur, de
satisfaire une curiosité bien légitime. Sans entrer dans les coulisses du GSM, le sujet est
trop vaste pour être vu ici, nous étudierons un peu plus en détail la partie air ou liaison
radio.

2. Architecture d’un réseau.

Nous verrons la structure du réseau dans ses grandes lignes. Ne citant que pour
information les composantes n’ayant pas d’intérêt nous concernant, il faut dire tout de
suite que ce qui a trait à l’émetteur et au récepteur est vraiment marginal. Ces
équipements ont bien sûr des performances sortant de l’ordinaire, mais vis à vis des
prouesses (!) réalisées grâce à l’informatique dans la transmission des données, leur
importance est toute relative.

Par mobile, il faut entendre l’équipement sur véhicule ou le portable. Certains termes
cités seront définis un peu plus loin dans l’exposé.
3. Rôle des sous ensembles - Définitions.

MSC - Mobile Switching Center : noeud du système, il gère l’établissement des communications,
les procédures de handover (transfert des mobiles) entre zones de différents BSC ou MSC. Il
assure l’interface entre le réseau téléphonique public et les autres MSC. Avec ses bases de
données associées ( VLR, HLR,…) il intervient également dans la gestion des mobiles en
procédant à l’identification des utilisateurs et en routant les appels (procédure de roaming).

HLR - Home Location Register : contient les informations concernant le client , ainsi que la zone
de service où le mobile s’est connecté ou a été signalé la dernière fois.

VLR - Visitor Location Register : lorsqu’un mobile se signale sur une BTS, la MSC qui contrôle
cette BTS enregistre celui-ci dans son VLR, puis contacte le HLR auprès duquel le client a
souscrit un abonnement et l’informe de sa présence dans sa zone. Ceci permettra de router
tous les appels à destination de ce client.

AUC - Authentication Register : centre d’authentification du client qui veut utiliser le réseau.

EIR - Equipment Identity Register : devrait permettre de bloquer tout appel fait à l’aide d’un
appareil déclaré volé ou non homologué. A condition, bien sûr, que chaque opérateur dispose
des équipements nécessaires… !

OMC - Operation and Maintenance Center : les tâches de l’ OMC sont plutôt d’ordre technique.
Il a la responsabilité de la gestion des pannes, la configuration du réseau, la qualité de celui-ci,
la gestion des procédures d’accès.

BSS - Base Station Subsystem : est un ensemble regroupant la BSC et les BTS qui lui sont
associées. C’est la BSS qui assure la gestion du canal radio, c-à-d. la configuration des canaux,
l’affectation de ces canaux, la supervision de la communication, du timing des messages, du
contrôle de la puissance, des sauts de fréquence, du codage du canal, du transcodage de la
parole, du handover entre BTS, des processus d’émissions discontinues…

BSC - Base Station Controler : comprend deux sous-ensembles qui, en règle générale, sont
réunis dans un même local. Ceci pour des raisons d’économie au niveau des liaisons (lignes)
entre le TCE et le BCE.

TCE - Transcoder Equipment : cet équipement convertit les canaux de trafic (PCM) issus du
réseau fixe en canaux de trafic GSM.

BCE - BSS Central Equipment : Cette partie est l’interface vers les équipements radio. Elle
réalise les opérations de commutation nécessaires pour diriger les informations vers la BTS
destinataire.

BTS - Base Transceiver Station : desserre une cellule du réseau. Elle comporte les sous-
ensemble suivant, non représentés ci-dessus :

BTS - Central Unit ou BCU : effectue la gestion des alarmes et sert d’interface entre les
différents modules et le LMT.
RT - Radio Terminals : ce sont les émetteurs (puissance : 10 ou 25 W) et les récepteurs.

HPA - Amplificateurs de Puissance : ( utilisés avec les RT de 10 W, ils permettent d’obtenir une
puissance de sortie de 50 W).

ACE - Antenna Coupling Equipment ou qui sont, vous l’avez compris, les coupleurs d’ antenne.

LCU - Link Concentrator Units ou qui dirigeront les informations vers les RT (canaux)
destinataires.

LMT - Local Maintenance Terminal : cet équipement (PC portable avec les logiciels ad’hoc)
permet la maintenance sur site. Il est inutile de vous dire que les boutons de réglage, les trim’s ,
les réglages manuels de bobines et condensateurs, tout cela c’est de l’histoire ancienne…

PSTN - Public Switching Telephone Network : il s’agit du réseau téléphonique commuté que
nous connaissons ainsi que les autres réseaux tel que ISDN ou PSPDN (DCS en Belgique).

4. Les Interfaces.

Les liaisons entre les ensembles cités précédemment sont réalisées par des liaisons
numériques mais leurs vitesses de transmission et les protocoles sont différents. Il est
intéressant de les définir également.

A Interface : une liaison à grand débit (32Mb/s) sur fibre optique. Elle est acheminée via le
réseau public.

O Interface : cette liaison , suivant le protocole X25, utilise habituellement une ligne cuivre
classique (c-à-d. une paire torsadée dans un câble).

M Interface : comme signalé précédemment, cette ligne qui est le prolongement (après
traitement) de la A Interface est interne entre le TCE et le BCE au sein de la BSC.

T Interface : liaison série RS232… tout simplement.

Abis Interface : liaison PCM à 2 Mb/s réalisée soit sur ligne cuivre classique, parfois sur
faisceaux hertziens (2, 4 ou 8 Mb/s)

Um Interface : l’interface radio, celle que nous allons approfondir un peu, … pas trop quand
même. !

5. Caractéristiques de la voie de transmission radio.

Nous savons que le trajet des ondes radio n’est pas de tout repos, surtout aux fréquences
utilisées par les services GSM. Intéressons nous plus particulièrement au 900 MHz. La longueur
d’onde est de 35 cm environ. D’autre part, comme nous le verrons un peu plus loin, le débit
binaire utilisé étant assez élevé, l’interférence intersymbole sera importante.

Interférence intersymbole.

Les ondes émises par la BTS vont atteindre le mobile par des chemins différents, un trajet direct
d’une part, et via des réflexions sur des obstacles d’autre part. Les trajets étant différents, les
ondes parviendront à l’antenne de réception à des moments différents comme représenté sur la
figure 2. Sur le diagramme, on voit que le signal reçu n’a plus les caractéristiques de celui qui a
été émis. Cette distortion s’appelle l’interférence intersymbole.

Fading de RAYLEIGH ou fading rapide. En principe, le mobile étant en mouvement, le fading de


Rayleigh sera en relation avec la longueur d’onde. Celle-ci étant d’environ 35 cm, on comprend
que sa variation sera rapide. Il suffit d’écouter un mobile en émission sur 144 MHz (2 m ) pour
vérifier le phénomène.

Dispersion du canal radio. Nous verrons par la suite qu’en fonction du débit binaire, un autre
problème va poindre. Les mobiles en relation avec une BTS sont à des distances différentes vis
à vis de celle-ci. Les trajets sont donc différents et le temps mis par les ondes radio pour
atteindre le destinataire sera lui aussi différent. Ce qui signifie que lorsque la BTS interrogera un
mobile, la réponse lui parviendra avec un certain retard. Ce retard dépendra de la distance entre
la BTS et le mobile (deux fois le trajet). Il sera faible pour une station proche de la BTS et plus
important pour une station éloignée.

Moyen d’action. Pour réduire les distortions dues à l’interférence intersymboles, nous ne
pourrons intervenir que si nous connaissons les caractéristiques du canal radio. Celles-ci
peuvent être définies en procédant à l’émission d’une séquence de bits connue que le récepteur
va analyser, ce qui lui permettra de mettre en évidence la déformation subie lors du trajet. La
séquence utilisée est de 16 bits qui vont se situer dans le milieu de la salve que nous
détaillerons un peu plus loin. Pour assurer la reconnaissance de ces bits, on ajoutera encore 5
bits de part et d’autre de ces 16 bits (total : 26). Plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour
effectuer la correction, mais n’entrons pas dans les détails. Il faut noter également que 3 bits dits
d’égalisation sont encore ajoutés aux extrémités de la salve.

6. Interface Um ou voie radio. Nous allons aborder maintenant une des composantes du
système GSM : la liaison sans fil vers les mobiles. Elle va tenter de résoudre les
problèmes mentionnés plus haut concernant les interférences et autres perturbations
(brouillages).
Disponibilité du spectre, canaux.

La figure 3 est suffisamment explicite pour ne pas appeler de commentaire.

Rappelons néamoins qu’un réseau GSM est composé de cellules. Celles-ci sont disposées
théoriquement suivant une architecture dite en nid d’abeille.

En fonction de la topographie, en ville ou à la campagne, chaque cellule peut avoir un diamètre


d’activité de quelques centaines de mètres à quelques kilomètres. Partant du principe qu’il
n’existe plus d’interférences entre les cellules utilisant la même fréquence lorsque celles-ci se
trouvent séparées par 4 ou 5 cellules, soit une distance de quelques kilomètres (en ville) à
quelques dizaines de kilomètres (campagne), on pourra réutiliser les mêmes canaux
(fréquences) de nombreuses fois.

Ceci signifie que les 124 canaux mentionnés à la figure 3 permettront en réalité plusieurs
milliers de communications. Nous verrons ci-dessous que chaque canal ou fréquence autorise 8
liaisons ou communications. Il existe une restriction (théorique) qui est la suivante : la capacité
maximum de liaisons que pourrait supporter une BTS est de 124 (canaux) fois 8
(communications) soit 992 communications. En réalité, cette capacité est moindre et est
déterminée en fonction du trafic a assurer.

Frequency Division Multiple Access ou F.D.M.A. Plusieurs mobiles peuvent accéder en même
temps à la BTS. Un canal d’émission et un canal de réception leur sera assignés. Nous verrons
un peu plus loin que le canaux attribués vont être modifiés de façon cyclique.

Time Division Multiple Access ou T.D.M.A. Ceci signifie que plusieurs mobiles vont pouvoir
utiliser la même fréquence d’émission et la même fréquence de réception. Pour qu’ils ne se
perturbent pas, on va leur attribuer la fréquence à tour de rôle. Mais comme un petit dessin…
Sur la fig. 4, de gauche à droite, nous affichons la fréquence d’émission au dessus et celle de
réception dans la partie inférieure. Suit le numéro du canal (il est identique en émission et en
réception)

correspondant à la fréquence mentionnée. Dans la partie droite, en regard de chaque time-slot,


se trouve un numéro composé du n° de canal et du n° de time-slot. Sur chacune de ces
positions, un mobile peut être en liaison. Comme vous pouvez le constater, il existe un décalage
entre la numérotation des time-slot émission et réception. Nous en verrons la raison par la suite.

Trajet descendant – Down link. Le trajet est descendant lorsque la BTS émet vers les mobiles.
Le flot d’informations est permanent et réparti sur 8 canaux qui constitue une trame. Chaque
canal de conversation forme un intervalle de temps ou time-slot. Lorsque la trame a été
envoyée, le cycle recommence. Chaque mobile écoute le time-slot qui lui a été attribué.

Trajet Montant – Up link. Le trajet est montant lorsque le mobile émet vers la BTS. Ces mobiles
émettent à des moments différents sur la même fréquence. C’est la technique TDMA. Le signal
(time-slot) émis par le mobile s’appelle une salve.
Caractéristiques particulières : pour ne pas avoir à émettre et à recevoir en même temps, les
trames d’émission et de réception sont décalées dans le temps d’une durée de trois time-slot.
Ceci permet également aux équipements de pouvoir se stabiliser (PLL).

Intervalle de temps ou Time Slot : lorsque nous parlerons d’intervalle de temps ou time-slot,
c’est celui qui est utilisé pour une salve dite de parole ou de communication. Il existe d’autre
type de salve pour les contrôles et les commandes. Nous les mentionnons pour information,
sans les détailler, mais nous verrons leur utilité plus loin.

Voyons maintenant comment est composé un time-slot dit de parole.

L’intervalle de temps est fixé à 0.577 ms. Il contient la salve d’émission et une marge de sécurité
de 28 µs (G). La durée de la salve d’émission proprement dite est égale à 549 µs. Ceci
représente un débit binaire de 270,873 kbits/s. La durée d’un bit est donc de 3,692 µs.. Les 3
bits placés aux extrémités de la salve permettent au récepteur d’égaliser correctement le signal.
Les bits de données et les flags sont chiffrés avant d’être émis. La durée d’une trame est de huit
time-slot donc 8 fois 0,577 ms soit 4,615 ms.

Sur les 148 bits transmis, 114 bits sont des bits de conversation. Pendant une trame (4,615 ms)
114 bits seulement sont destinés à un mobile particulier, ce qui signifie que le débit moyen est
de 24,7 kbits/s par mobile.

Gabarit de puissance : il n’est pas recommandable de faire monter les émetteurs en puissance
en un court laps de temps. Ceci engendrerait des perturbations importantes sur les canaux
voisins. Souvenez-vous des claquements de manipulation en télégraphie. En conséquence,
cette montée en puissance devra respecter des normes particulières représentées par le gabarit
ci-dessous.
Transmission Timing Advance : nous avons vu que la distance entre les mobiles et la BTS va
occasionner des risques de collision entre time-slots. En effet, imaginons que deux mobiles ont
leurs TS voisins ( 1 et 2 par ex.).

Le premier peut se situer géographiquement à plusieurs kilomètres de la BTS, le second à


proximité de celle-ci. La BTS va recevoir en même temps le premier TS (qui a pris du retard) et
le second reçu quasi instantanément. Pour éviter cette collision, le système va évaluer le retard
que prendra la transmission hertzienne et invitera le mobile éloigné a transmettre son TS plus
tôt que normalement.

Slow Frequency Hopping S.F.H : . mentionne des changements permanents de canal cest à
dire de fréquence. La raison principale en est la suivante : nous avons vu que les risques
d’interférence sont multiples, celles dues au fading lors du déplacement du mobile, sont
corrigées grâce au codage du canal, à l’interleaving (distribution des bits composant une salve
dans différentes trames … ). Mais lorsque le fading est lent, par exemple lors du déplacement
du mobile ou piéton à faible allure, un certain nombre de TS risquent d’être perdu et la qualité
de la communication devient mauvaise. Partant du principe que les évanouissement dus au
fading sont différents en fonction de la fréquence, on va tout simplement changer en
permanence de canal c-à-d . sauter d’une fréquence à l’autre suivant un schéma préétabli.
Cette façon de faire va minimiser les erreurs.

Contrôle de la puissance : on comprend aisément que la puissance nécessaire pour effectuer


une liaison entre un mobile à proximité de la BTS ne doit pas être élevée. Au contraire, si le
correspondant se trouve à la limite de la zone d’action de la BTS, celle-ci, aussi bien que le
mobile éloigné, devra utiliser une puissance suffisante pour assurer la liaison. La BTS effectue
donc une mesure d’intensité du signal reçu et en fonction de cette mesure augmente ou diminue
sa puissance propre et invite le mobile à faire de même.

Handover : un mobile dans son déplacement va à un moment ou un autre quitter la zone


d’activité d’une BTS.
Il faudra donc assurer le transfert de la liaison vers une autre BTS. Pour cela, le système va
mettre le mobile à contribution. Pendant la plus grande partie de la trame, son récepteur se
tourne les pouces… Il va donc pouvoir évaluer le niveau des signaux émis par les BTS voisines
et transmettre les résultats au MSC via la BTS sur laquelle il est connecté. Le MSC peut alors
décider des actions à entreprendre.

Emission Réception discontinue.

Il n’y a pas de vaines économies… alors pourquoi émettre des time-slots de parole lorsque le
correspondant se tait ?. Si, si… ils y ont pensé. ! Plus sérieusement, les portables étant pauvre
en énergie, il est intéressant de limiter la consommation et donc de ne passer en émission que
lorsque c’est utile et nécessaire.

Ceci confirme ce qui a été dit plus haut : une partie importante des échanges entre le mobile et
le réseau sera composée de salves de contrôle et de commande et …accessoirement de
conversation… !