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SOCIÉTÉ • POLICE

Un enseignant décapité près d’une école à Con ans-Saint-


Honorine, le parquet antiterroriste chargé de l’enquête
Le principal suspect a été tué par la police. La victime aurait mené en classe une intervention
sur la liberté d’expression en lien avec les caricatures de Mahomet. Quatre personnes ont été
placées en garde à vue dans la nuit.

Par Elise Vincent et Nicolas Chapuis • Publié hier à 18h48, mis à jour à 00h56

Un enseignant a été décapité en n d’après-midi, vendredi 16 octobre, à Con ans-Saint-Honorine


(Yvelines), et son agresseur présumé a été tué par balles par la police dans la ville voisine d’Eragny
(Val-d’Oise) quelques instants plus tard.

Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé être saisi de l’enquête, ouverte pour « assassinat
en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». La
sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire et la direction générale de la sécurité
intérieure (DGSI) ont été saisies.

Quatre personnes, dont un mineur, ont été placées en garde à vue dans la nuit, selon l’Agence France-
presse. Ces personnes sont issues de l’entourage familial de l’assaillant, qui a été tué par des policiers,
a expliqué à l’AFP une source judiciaire.

Les dernières informations en direct : un enseignant décapité dans les Yvelines, le suspect tué par
la police

La victime, un enseignant d’histoire-géographie

Les faits se sont déroulés vers 17 heures, près d’un établissement scolaire. La police des Yvelines a
prévenu à 17 h 30, dans un message publié sur Twitter, qu’une intervention était en cours place René-
Picard, dans le quartier des Hautes-Roches, où se trouve le collège du Bois-d’Aulne.

Des policiers de la brigade anticriminalité ont été appelés car un homme suspect rôdait sur les lieux.
Sur place, ils ont découvert la victime, un professeur d’histoire-géographie de l’établissement scolaire.

Les policiers ont alors tenté d’interpeller un homme qui les menaçait avec une arme blanche dans la
commune d’Eragny, toute proche, et ont fait feu sur lui. Il aurait crié « Allah Akbar ! » avant d’être
abattu. Un périmètre de sécurité a été installé et le service de déminage appelé, en raison d’une
suspicion de gilet explosif.

Un message de revendication

Selon les informations du Monde, un document d’identité a été retrouvé sur l’homme abattu par la
police, indiquant une nationalité russe et un âge de 18 ans. Ce document laisse à penser que le jeune
homme était d’origine tchétchène, mais les enquêteurs ne sont pas certains à ce stade que cette pièce
d’identité était bien celle de l’homme tué.

Un message revendiquant l’attaque a été publié, vendredi soir, sur un compte Twitter quelques
minutes après le drame. Ce compte avait, selon une source judiciaire au Monde, une kunya (surnom
musulman) de quelqu’un se revendiquant comme tchétchène.

A ce stade, les enquêteurs ne sont toutefois pas encore en mesure de dire s’il a bien été envoyé par le
jeune homme tué par les forces de l’ordre. Le message publié s’adressait à « Macron, le dirigeant des
in dèles », avant de poursuivre : « J’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer, qui a osé rabaisser
Mohammad ».

La victime aurait mené, en classe, une intervention sur la liberté d’expression en lien avec les
caricatures de Mahomet, ce qui a participé, selon les informations du Monde, à la décision du PNAT de
se saisir de l’enquête. Après cet épisode, une plainte avait été déposée par un ou des parents d’élèves,
le 5 octobre. L’a aire avait été signalée et portée à la connaissance du renseignement territorial, selon
les informations du Monde.

Emmanuel Macron : « Ils ne nous diviseront pas »

La police à Conflans-Sainte-Honorine, peu après le meurtre d’un enseignant,


vendredi 16 octobre. CHARLES PLATIAU / REUTERS

Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, en déplacement au Maroc, a décidé de rentrer


immédiatement à Paris. Depuis Rabat, il s’est entretenu avec le premier ministre, Jean Castex, et le
président, Emmanuel Macron, a-t-on précisé dans son entourage.

Le chef de l’Etat s’est ensuite exprimé sur les lieux de l’attaque :

« Un de nos concitoyens a été assassiné parce qu’il enseignait, apprenait à ses
élèves la liberté d’expression, de croire ou ne pas croire. Notre compatriote a
été la victime d’un attentat terroriste islamiste caractérisé. (…) Je veux dire ce
soir à tous les enseignants de France que nous sommes avec eux, que la
nation tout entière sera là, à leurs côtés aujourd’hui et demain, pour les
protéger, les défendre, leur permettre de faire leur métier, qui est le plus beau
qui soit : faire des citoyens libres. »

« Je veux dire ce soir, de manière très claire, ils ne passeront pas nos policiers, nos gendarmes, l’ensemble
de nos forces de sécurité intérieure, de renseignement, a-t-il poursuivi. Mais au-delà de cela, toutes celles
et ceux qui tiennent la République et à leurs côtés magistrats, élus, enseignants, tous et toutes, nous
ferons bloc. Ils ne passeront pas. L’obscurantisme et la violence qui l’accompagne ne gagneront pas. Ils
ne nous diviseront pas. C’est ce qu’ils cherchent et nous devons nous tenir tous ensemble. »
Emmanuel Macron
@EmmanuelMacron
Déclaration après lʼattaque terroriste de Conflans-Sainte-
Honorine.

Déclaration après lʼattaque terroriste de Conflans-Sainte-Honorine.


pscp.tv
10 26 PM · 16 oct. 2020
4,3 k 2,5 k personnes tweetent à ce sujet.
L’Assemblée debout pour dénoncer un « abominable attentat »

Dans une ambiance empreinte d’émotion, les députés se sont levés à l’Assemblée nationale pour
« saluer la mémoire » de l’enseignant décapité et dénoncer un « abominable attentat ». Très a ecté, le
président de séance Hugues Renson (LRM) a pris la parole juste avant l’interruption des débats à
20 heures : « Nous avons appris avec e roi l’abominable attentat qui s’est produit. Au nom de la
représentation nationale, en notre nom à tous, je tiens à saluer la mémoire de la victime. »

LCP
@LCP
Professeur décapité: l'Assemblée nationale debout pour
dénoncer un "abominable attentat". Un hommage lui sera
rendu mardi prochain pendant les #QAG
#PLF2021 #DirectAN
8 20 PM · 16 oct. 2020
275 200 personnes tweetent à ce sujet.
Il a adressé « l’expression de toute notre solidarité » à la « famille » de la victime, « à ses proches comme
à ses collègues et à l’ensemble du corps enseignant ». Le président de l’Assemblée nationale, Richard
Ferrand, « rendra naturellement un hommage » à la victime « lors de la séance de questions au
gouvernement » mardi, a ajouté M. Renson.

Réactions : Enseignant décapité : l’Assemblée nationale, debout, dénonce un « abominable


attentat »

Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a déclaré sur Twitter : « C’est la République
qui est attaquée » avec « l’assassinat ignoble de l’un de ses serviteurs ». « Notre unité et notre fermeté
sont les seules réponses face à la monstruosité du terrorisme islamiste. Nous ferons face », a-t-il ajouté.

Lire aussi | Face au terrorisme, l’urgence d’un large débat en France

Elise Vincent et Nicolas Chapuis

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