Vous êtes sur la page 1sur 3

L'autorité spirituelle

D'après le livre de Watchman Nee : L'autorité spirituelle (Editions Vida)

I - Autorité et soumission

L’autorité spirituelle est un « problème » majeur dans l’Eglise, aussi bien dans le sens de s’y soumettre que dans
le sens de l’exercer, sachant que les deux sont liés. Watchman Nee en explore, par la grâce du Saint-Esprit, les
différentes facettes. Ce livre s’adresse à tous les Chrétiens, mais l’auteur insiste particulièrement, exemples à
l’appui, sur la seule bonne manière de pratiquer l’autorité : celle de Jésus.

Ce que je perçois en essayant de résumer ce livre, c’est qu’accepter l’autorité spirituelle est véritablement « le »
défi pour nous, pour moi. Notre vie est un peu comme si le propriétaire de notre maison avait décidé, avec notre
accord, de raser la maison, pour faire à la place quelque chose de neuf et qui corresponde parfaitement au désir
du propriétaire et aux besoins du locataire. Le problème c’est qu’ensuite le locataire, dans son logement neuf qui
lui plaît beaucoup, continuerait de vivre comme dans son ancien logement, cherchant la cuisine où elle n’est plus
et préférant utiliser son vieux chauffage, qu’il avait gardé sans bien savoir pourquoi, plutôt que le nouveau
système de chauffage beaucoup plus performant… Et quand le propriétaire essaie de le raisonner, le locataire
trouve mille excuses à son comportement. Vivre de cette manière nous paraîtrait complètement bête, voir
maladif, mais le fond du problème viendrait plutôt de la non-acceptation de sa place, de la part du locataire, et de
sa résistance qui vient comme démontrer au propriétaire que l’idée n’était pas bonne ou pas complètement du
moins : et qu’on aurait peut-être pu trouver un compromis entre nos idées respectives… On voit là que le
locataire, en fait, ne respecte pas, et n’aime pas le propriétaire pour qui il est, que sa « soumission » ne vient pas
du cœur, et donc qu’elle ne porte pas de bons fruits. Comme beaucoup d’entre nous vivons un peu de cette
manière avec Dieu, nos problèmes, aussi bien seuls qu’en groupe, et spécialement en église, sont nombreux.

Dieu est Dieu, et l’autorité lui appartient de toute éternité. Il est au contrôle de toute autorité humaine, qu’elle soit
« laïque » ou religieuse, car c’est lui-même qui délègue de son autorité. Les exemples de situations de rébellion
que Dieu a traitées dans l’Ancien Testament, nous figent littéralement, et surtout nous montrent l’importance de
la vraie soumission aux yeux de Dieu, et spécialement de la part des responsables de son peuple.

Nous sommes admiratifs de Moïse, pourtant Dieu l’a discipliné durement : 40 ans de désert la première fois, et la
mort devant la terre promise la deuxième fois. Dieu est saint, et il nous veut saints, rien de moins. Moïse, cet
homme devenu si doux, ne réagit plus en fonction de lui, ses propres sentiments, mais en fonction de Dieu,
quand il y a offense, et sa prosternation sans parole, plusieurs fois (Nombres 16/4), ainsi que son intercession
(Nombres 12/13), nous interpellent pour nos propres vies. Quand l’un de ses serviteurs est offensé, c’est Dieu
qui se charge de le défendre. On voit, entre la révolte privée d’Aaron et Myriam et la révolution fomentée par
Koré…, que Dieu punit à la mesure de l’insulte et aussi du danger de révolte encouru par le peuple. Cela souligne
aussi la responsabilité des dirigeants sur le peuple, et leur plus grande obligation de sanctification, aux yeux de
Dieu.

David aussi, nous enseigne sur le respect de Dieu dans celui de l’autorité. Il nous apparaît souvent, dans les
textes, comme quelqu’un de bouillant et fonceur, pourtant il aime tellement Dieu, qu’il est capable d’attendre très
longtemps que Dieu mette lui-même les choses en place. Il punit d’ailleurs de mort ceux qui, par amitié ou
respect pour lui, David, agissent en dehors de la volonté de Dieu. Le respect de David pour Saül : « l"oint de
Dieu » est un exemple pour nous (1 Samuel 26/9).

Dans le Nouveau Testament, Paul est pris en exemple : il croyait être entièrement et mieux que tous dans la
volonté de Dieu, en détruisant l’Eglise naissante, mais quand Jésus-Christ ressuscité se révèle à lui, il abandonne
tout : ce qu’il est, ce qu’il sait, à son Seigneur, et il le fait de façon définitive « Seigneur, que veux-tu que je
fasse ? » (Actes 9/6). Sa nouvelle vie va être entièrement construite sur cette rencontre, et il ne cherchera plus
désormais, qu’à accomplir la volonté de Dieu, avec pour centre de sa prédication, la croix et la résurrection de
Jésus.

Mais plus encore qu’à l’obéissance de tous ces grands hommes de Dieu, c’est à celle de Jésus lui-même que
l’auteur se réfère. Comme Dieu, en Jésus, s’est pleinement incarné, son obéissance dépendait, tout comme la
notre, de sa volonté, et avait aussi une connotation de souffrance, celle d’être, pour un temps, coupé du Père, à
cause de notre péché (Hébreux 5/7-9). C’est pourquoi il nous a royalement ouvert la route de la soumission, et
nous a définitivement montré qu’elle était possible, à un homme, en toutes circonstances.
C’est par son humiliation volontaire, que nous sommes sauvés. De voir notre Seigneur s’humilier ainsi pour nous
devrait nous pousser facilement sur le même chemin, mais en réalité, notre mémoire est courte. Nous avons du
mal à nous courber, en fait parce que nous ne laissons pas assez de place à Christ en nous, car cela est
impossible au vieil homme en nous, qui ne rêve que de grandeur. Le chemin le plus sûr pour le faire plier, est
celui de la souffrance, car dans ce creuset, seules les choses essentielles demeurent et le résultat est que notre
cœur s’adoucit comme il n’aurait pas pu l’être dans des circonstances plus douces. Dieu nous façonne ainsi
aussi longtemps qu’il le juge nécessaire. Le résultat pour nous : le salut assorti de la joie d’être sauvé. Quand
nous commençons à obéir, nous réalisons peu à peu que cela nous devient de plus en plus facile, ce qui, en soit,
est déjà un enseignement et un encouragement.

Donc pour chacun de nous, la direction est claire : nous devons, dans tous les cas, obéir de cœur et dans la
pratique, à l’autorité instituée, et ne jamais la critiquer, car à travers elle, c’est Dieu que nous attaquerions. En
tous lieux et toutes circonstances que nous soyons, nous aurons toujours une attitude de foi en l’Evangile c’est
à dire de soumission (1 Pierre 1/22). Si nous ne comprenons pas qu’au delà de notre soumission aux autorités
humaines c’est à Dieu que nous sommes soumis, et si nous ne voulons nous référer qu’à l’autorité directe de
Dieu, nous ne comprenons rien à l’autorité de Dieu, et nous sommes en dehors de son plan pour notre vie. En
fait notre mauvaise manière de voir les choses vient de notre système de pensée. Nous sommes donc amenés à
abandonner notre raisonnement au Seigneur, pour pouvoir ainsi nous soumettre à ses arguments à lui, sans
perdre de temps à vouloir l’amener à nos propres arguments, et ne plus marcher par notre vue naturelle, mais
par la foi. En fait, nous avons du mal à accepter que Dieu n’a aucun besoin de nos conseils, qu’il sait et fait tout
mieux que nous, tout simplement parce qu’il est Dieu, qu’il nous connaît mieux que nous ne nous connaissons
et qu’il nous aime, lui notre Père.

Il y a cependant des cas particuliers, de désaccord fondamental entre l’autorité instituée et celle de Dieu. Comme
Pierre et Jean ont du choisir d’obéir à Dieu (Actes 4/19), en acceptant d’avance les conséquences de leur choix,
nous sommes quelquefois dans des situations de cet ordre : par exemple sur des questions d’éthique
(euthanasie, avortement…), ou quand un responsable dévie et donne des ordres inacceptables ( exemple de
déviances graves dans certaines communautés chrétiennes )… Notre soumission de cœur doit être absolue,
mais dans certains cas, notre obéissance aux autorités humaines, peut être relative. Il demeure que ces
situations extrêmes ne sont pas notre quotidien, et qu’elles ne nous autorisent pas à faire n’importe quoi.

Les signes qu’une personne est réellement soumise de cœur à Dieu : Elle cherche toujours à obéir, en quelque
lieu qu’elle soit, son caractère est doux, elle ne désire pas être en situation d’autorité et elle est très sensible aux
premiers signes de rébellion.

Le but de Dieu est d’établir son autorité parmi sa création, sur la terre, afin, au moment voulu, d’instaurer son
royaume. L’Eglise soumise à Jésus-Christ, est là pour amener les hommes à la repentance et au salut, et ainsi
leur ouvrir la porte du Royaume de Dieu. La soumission parfaite de l’Eglise, et donc de chacun d’entre nous, est
le premier pas vers une soumission de l’univers à son créateur.

II – Les délégations d’autorité.

L’un des exemples les plus parlants que nous donne la Bible à ce sujet, est celui du centurion romain : Cet
homme connaît vraiment l’autorité (Matthieu 8/9).
En fait personne ne peut exercer correctement l’autorité s’il n’en connaît pas la source : Dieu. Un responsable
ne peut donc pas être choisi selon ses propres mérites, mais selon son attitude de cœur, ce qui bouleverse là
aussi notre système de valeur mondain, qui privilégie toujours le visible et l’efficace. Cette personne doit aussi
renoncer à elle-même, ses propres valeurs…Si elle pense que c’est sa propre pensée qui fait la différence, elle
n’est pas mûre pour exercer l’autorité. Seule sa communion avec le Seigneur va lui permettre d’agir comme lui le
veut, c’est à dire de la meilleure manière possible.
Dans le même sens, ce n’est pas par elle-même que cette personne va établir son autorité. Dieu en fait, se révèle
de façon particulière à ceux à qui il délègue de son autorité (Nombres 12/8). Comme Moïse, toujours, cette
personne manifeste la bienveillance, et face par exemple à l’opposition, cherche toujours la restauration de
l’autre, sans le juger.

Le ministère de l’homme, basé sur la croix, l’est aussi et d’abord sur la résurrection de Christ ; la verge d’Aaron
qui refleurit en est un bel exemple (Nombres 17/8). Ce signe montre de façon indiscutable que c’est Dieu qui est
au commandes, et maintient l’homme dans une l’humilité : Le jour des Rameaux, les acclamations étaient pour
Jésus seul, et non pas pour sa monture ! (Matthieu 21/9). L’âne le savait, mais quelquefois nous, les humains,
nous oublions, et nous aurions bien envie de grappiller un peu de gloire, si peu…, alors que sans Dieu, nous ne
pouvons rien faire (Jean 15/5), et nous le savons bien.
Celui qui abuse de son autorité va être discipliné par Dieu, qui se doit de l’arrêter et de le reprendre, car une telle
faute touche à son caractère. S’humilier en silence sous la main de Dieu n’empêchera pas la discipline
(Deutéronome 32/51).

Le grand roi David nous montre, malgré ses chutes, ce qu’est une vie dirigée par Dieu : sa volonté toujours
soumise à celle de Dieu (2 Samuel 2/1). Quand il danse devant l’arche, il ne se soucie pas de sa dignité royale (2
Samuel 6/14), car il sait qu’il n’est qu’un simple pécheur devant Dieu. Cette attitude lui donne aussi la paix et la
sérénité dans les pires moments, car il sait que Dieu fait droit à tous les opprimés (Psaumes 103/6).
Dans les Evangiles, nous voyons Jésus, le Roi des Rois, se comporter comme un esclave en lavant les pieds de
ses disciples et nous demander de l’imiter (Jean 13).

Le serviteur de Dieu doit aussi se sanctifier plus encore que les autres, à cause de sa position. Souvent seul, il
doit être un modèle en toutes choses, pour ceux qui le suivent : parce que l’honneur de Dieu est en jeu, à
travers lui. Il est mesuré en toutes choses et ne se laisse pas aller à la vulgarité ou aux compromis. Sa vie
entière, même ses affections, est soumise à Dieu. A cause de sa position, Dieu exige plus de lui : parce qu’il le
représente.

Elisabeth Dugas

Vous avez aimé ? Partagez autour de vous !

207 Partages

Partager par email


Ce texte est la propriété du TopChrétien. Autorisation de diffusion autorisée en précisant la source. © 2020 -
www.topchretien.com

Vous aimerez peut-être aussi