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L’Usine C est d’abord un lieu de création voué aux arts

multidisciplinaires soit la musique, la danse, le théâtre, et aux nouvelles

formes telles que la vidéo et tous autres types d’arts technologiques. Quinze

ans après la co-fondation de l’Espace libre, Gilles Maheu et Danielle

Fontenay s’unissent de nouveau pour transformer ce qui était originellement

l’usine Raymond situé dans le quartier centre sud de Montréal, en ce centre

de création aujourd’hui connue comme étant d’abord l’adresse permanente

de Carbonne 14. Cela faisait déjà plusieurs années que la troupe rêvait d’un

tel projet et l’usine Raymond était manifestement l’emplacement idéal selon

eux.

D’abord, le choix audacieux et surprenant de cet emplacement fut non

seulement l’occasion de préserver une partie du patrimoine industriel

montréalais mais aussi de donner un souffle nouveau à ce quartier qui

s’éteignait lentement mais sûrement. Aussi le coût peu élevé au mètre carré

leur permis de maximiser l’espace pour en faire des lieux de production et de

diffusion à l’image des besoins exprimé par la relève et par les créateurs

qu’ils sont et dont ils s’entourent.1

Pour un total de huit millions de dollars, l’Usine C comprend 472 places

et se veut être un espace transformable pour répondre à toutes les

conceptions scénographiques possibles. Cet aménagement accueille aussi

d’autres organismes de création tel que PRIM, l’ACREQ, et Champs Libres

1RÉFÉRENCES NON DISPONIBLE, dossier de L’USINE C, HISTORIQUE ARCHTECHTURAL, voir


documents en annexe.
établis sur les différents étages dans les studios de créations qui sont prévus

à cet effet. 2 Cette cohabitation inspire une osmose de création à l’image du

mandat de l’usine C. 3

Leur mandat :
-Gérer et animer un centre de création et de diffusion pluridisciplinaire.

-Accueillir et soutenir les créateurs du Québec, du Canada et de l’étranger dans les domaines
des arts de la scènes.

-Diffuser à tous les publics la création contemporaine avant tout, cultiver le goût et les
connaissances des arts de la scène et en particulier du théâtre de création au sein du public.

-concevoir, produire et diffuser sous différentes formes des activités et des productions de
nature artistique tant au Québec qu’ailleurs dans le monde.

-produire et donner des ateliers de formation et autres activités éducatives ayant trait au
théâtre de création et aux arts de la scène sous toutes leurs formes.

-Présenter des exposition en arts de la visuels.

Leurs objectifs :

-Assurer la continuité de la vocation que carbonne 14 à donné à l’Usine C

-mettre l’Usine au service des créateurs.

-Maximiser l’utilisation de l’Usine et de ses équipements.

-Offrir au public montréalais une vitrine privilégiée sur la création artistique contemporaine
d’ici et d’ailleurs.

-Favoriser la circulation de la création et les échanges de réciprocité au québec, au Canada


et à l’étranger.

-Soutenir ou augmenter la qualité des efforts de création dans la culture québecoise.

-Consolider les emplois à l’Usine C.4

2RÉFÉRENCES NON DISPONIBLE, dossier de L’USINE C, Inauguration de l’Usine C le 28 mars


1995, mot de bienvenue de cofondateurs,Danièle Fontenay et Gilles Maheu. voir documents
en annexe.

3 BERGER, Patricia, Usine C, La Presse, Sortir de l’Ordinaire, jeudi 30 novembre 1995, p.D3
4

Références non disponibles. Documents trouvés dans le dossier de l’Usine C. Voir document
à l’annexe.
Tout cela fut possible grâce à la participation du ministère de la culture

et des communications du Québec (4,7 millions), du ministère du patrimoine

canadien (3 millions), de la ville de Montréal ( 300 000 $), et de la

collaboration du secteur privé. 5

La crédibilité artistique de l’Usine C repose sur l’expérience de ses 2

co-fondateurs, soit Gilles Maheu et Danièle Fontenay qui sont entre autre à la

tête de Carbone 14 depuis maintenant 30 ans. Une compagnie qui

originellement s’était associée avec le Nouveau Théâtre Expérimentale dirigé

par Jean-Pierre Ronfard et Omnibus pour fonder L’Espace Libre en 1979; lieu

de création et de recherche qui se place dans la même lignée idéologique

que l’Usine C.6 Le besoin d'un nouveau lieu de création s'est fait ressentir dut

à la modicité de ce dernier.

Gille Maheu tient à lui seul un parcours solide et prestigieux. En 1967 il

étudie un an le mime avec Michel Poletti et fait partie de l’équipe qui met sur

pied le Théâtre Antonin Artaud en Suisse. Puis il reste dans le monde du

mime et va passer 5 ans chez Étienne Decroux puis avec Yves LeBreton à

L’Odin teatret au Danemark ou il fait la rencontre inspirante d’Eugenio Barba

et ou il étudie rigoureusement le vocabulaire corporel qui sera plus tard très

présent dans le travail de la troupe Carbonne 14. Gilles Maheu prend son

envol lorsqu’il crée et interprète Possession en Compagnie d’Yves Lebreton.

Ils partiront pendant trois ans en tournée en Europe puis aux États-Unis.
5 Idem (document : Fondation de l’Usine C : Historique et Financement)

6 L’Espace Libre, [en ligne], page consulté le 14 février 2010, adresse électronique :
www.espacelibre.qc.ca
Après quoi les créations et les succès de Gilles Maheu s’enchaînent et

s’accumulent au sein d’une troupe qui se nomme d’abord « Les enfants du

paradis» pour ensuite être connue sous le nom de Carbonne 14. Avec cette

compagnie il souhaite explorer un théâtre plus figuratif et corporel ou

l’improvisation est prédominante. Aujourd’hui Carbonne 14 se définie comme

une compagnie qui prime la recherche et l'exploration du travail de l’acteur

et les différentes formes aux théâtre tel que la danse, la musique, les films et

une écriture scénique revisité. Par le biais de leur art original et innovateur,

la compagnie s’amuse à questionner et à critiquer les archétypes sociaux

d'aujourd’hui.7 La compagnie s’est mérité plusieurs prix dont le Masque pour

la « Production de l’année » et celui des « Éclairages » pour Âmes mortes qui

fut une création qui connue le jour sous le toit de l’Usine C et dont il sera

question plus loin.8 En 1983, Gilles Maheu reçoit une « Bourse du studio du

Québec» à New York, 1988 il est finaliste pour le meilleur auteur aux Genie

Awards à Toronto pour son film Un Zoo la nuit et plus tard il donne des

stages et des ateliers sur l’art de l’acteur tant ici qu’à l’étranger.9 Avec une

telle biographie il n’est pas surprenant de retrouver Gille Maheu à la tête

l’Usine C.

Danièle Fontenay

7 L’USINE C, Carbonne 14, [En Ligne], page consulté le 14 février 2010, adresse
électronique : http://www.usine-c.com/fr/carbonne14.html

8 idem

9 L’USINE C, Carbonne 14, [En Ligne], (page consulté le 14 fevrier 2010), adresse
électronique : http://www.usine-c.com/fr/carbonne14.html
Pour réaliser leur espace de création de rêve, Gilles Maheu et Danielle

Fontenay font appel aux architectes Saucier-Perotte aux scénographes de

Scéno plus et transforme l'usine Raymond en un lieu simple mais inspirant et

efficace qui répond aux besoins des créateurs d'aujourd'hui et de demain. Le

concept est simple: garder l'apparence brute de ce lieu industriel. On

retrouve donc le béton original exposé, les poutres d'acier dénudées et une

grande simplicité dans l'organisation de l'espace. Tout les nouveaux studios

et autres éléments à rajouter seront juxtaposés de manière détachés pour

ne pas trahir le concept. 10


Ils se sont d'ailleurs valu le prix orange décerné

par le groupe Sauvons Montreal en 1995 pour leur geste esthétique mais

aussi stratégique et social. De nombreuses critiques emballées se font

entendre dont celle de Jean Baunoyer disant dans La Press:

« un site impressionnant, une disposition nouvelle, chaleureuse, intelligente des


salles à l'intérieur de cette ancienne usine de la compagnie Raymond. Enfin on pourra casser
la croute, prendre un verre et discuter à l'intérieur d'un édifice théâtrale." 11

D'ailleurs, on voit que c'est un mandat à longue haleine puisque encore

aujourd'hui leur

slogan est : " Après le boulot, l'Usine." Avec deux tels artistes à la direction,

il n’est pas étonnant de retrouver une programmation électrisante dès la

première saison. D’ailleurs, preuve de convivialité, Carbone 14 laisse la place

à Champ Libre pour l’inauguration de la saison 1995-1996 avec leur 2e


10 L’USINE C, Historique, Architecture, [En Ligne],( page consulté le 14 fevrier 2010),
adresse électronique : http://www.usine-c.com/fr/historique.html

11 idem
Manifestation Internationale Vidéo et Art Électronique qui a lieu du 19 au 26

septembre 1995.

Dans leur revue de presse Champ Libre se présente comme étant « un

centre de création et de diffusion interdisciplinaire en art. »12 Leur mandat

est de marier les pratiques actuelles de l’art contemporain avec les nouvelles

technologies. Initié en 1993, par un regroupement d’artistes venant tous de

branches artistique et théorique distinctes, mais partageant le même intérêt

pour les arts technologiques, Champ Libre est un groupe de création ou

l’actualité et la culture urbaine est au centre de leurs expérimentations. Ils

questionnent la vidéo et ses dérivés, et souhaite transformer des lieux

publics en laboratoires momentanés afin de diffuser de manière accessible

les arts électroniques ainsi que d’autres disciplines tel que le théâtre la

danse, le cinéma, la littérature et les arts visuels. Lors des événements,

Champ Libre tente de faire vivre un rapport nouveau entre le public et son

milieu urbain.13 Pour François Cormier, Directeur artistique de Champ Libre,

l’idée de créer un événement vide de sens est inconcevable. C’est d’ailleurs

pourquoi il dit avoir choisi l’Usine C comme lieu de diffusion et pourquoi la

question de contenus et de mode de diffusion est indissociable. 14

La 2e manifestation internationale vidéo et art électronique est ouvert

12 « CHAMP LIBRE » , Revue de Presse, [En ligne], (page consulté le 8 mars 2010), adresse
électronique ; http://www.champlibre.com

13 idem

14 BAILLARGEAON, Stéphane, Champ Libre envahit l’Usine C, Le Devoir, Culture, mercredi 6


septembre 1995.
au grand public. Sur place, 75 vidéogrammes produits dans 25 pays

différents, projetés dans 3 théâtres créés pour l’occasion. Aussi des

conférences sur des thèmes spécialisés et bien évidemment des

performances et des installations pluridisciplinaires. En 1995, l'art sur CD-

ROM est un médium nouveau et qui parfois semble complexe pour un public

non initié. C'est d'ailleurs leur mission que de rendre ces nouvelles

technologies accessible à tous. Plus de cents artistes participent à cet

évènement et il serait faut de croire que les femmes ne font pas parties de

ces rassemblement. Au contraire, elle profite de cette nouvelle vitrine pour

aborder des préoccupations feminines de leur époque.15 Dans le Devoir du

mercredi le 6 septembre 1995, on apprend que Champs Libre à souffert d'un

maigre soutient financier de la part de Conseil des Arts du Canada qui aurait

donné que 15% de la demande déposée au CAC ce qui démontre bien le

doute du Conseil quant aux arts technologiques. Il faut se rappeler qu'en

1995 la technologie est encore une zone inconnue pour la majorité des gens.

Il faut donc reconnaître l'audace de Champs Libre et de l'Usine C de

promouvoir cet art avec autant de conviction.

En 1995, Denis Marleau, fondateur et metteur en scène des

productions du Théâtre Ubu, doit encore se battre pour être jouer au Québec,

malgré que sa compagnie fut fondé 13 ans en arrière et qu’elle soit reconnue

15 LEPAGE, Jocelyne, Champs Libre à l'usine C: mon premier CD-ROM, La Presse, Jeudi 21
septembre 1995.
et affectionnée en Europe où ils font régulièrement des tournées. Denis

Marleau est un metteur en scène hors norme qui se donne comme mandat

« de faire vire un théâtre différent qui s’éloigne du théâtre nationaliste en

s’inspirant de l’aventure des dadaïstes»16 Aussi, il faut mentionner

l’importance du langage, des choix de textes qui le questionnent, des choix

d’auteurs qui sont à la recherches de nouvelles voies littéraires. Le metteur

en scène a lui aussi cette quête d’expérimenter des conceptions théâtrales

nouvelles. Pour lui, « le théâtre c’est la différence, l’étrangeté, et le spectacle

c’est un état de recherche et de découverte.»17 Considérant cela, il n’est pas

surprenant qu’il faille un théâtre comme l’Usine C pour permettre au Théâtre

Ubu de présenter 18 fois le spectacle Maîtres Anciens, un texte adapté du

roman de l’auteur Autrichien Thomas Bernhard et qui est jouer une seule fois

précédemment au Québec, au Festival de Théâtre des Amériques. Maîtres

Anciens est un texte qui suit parfaitement la ligné du travail du Théâtre Ubu.

Reger, personnage principal, incarne l’idéal, la lucidité, l’inclémence qui

dénonce l’absurdité de l’humanité et qui se réfugie derrière l’art et l’artiste

qu’il est. C’est seulement une fois l’être aimé perdue que nous avons accès

aux failles et aux imperfections de l’artiste. Dans son roman, Bernhard

raconte son histoire avec une écriture étourdissante qui nous donne le

sentiment d’une écholalie, ce que Marleau travail avec ses comédiens

( Pierre Colin, Gabriel Gascon, Pierre Lebeau, Henri Chassé, Alexis Martin et

16 BEAUNOYER, Jean, Denis Marleau sera-t-il enfin reconnu au Québec?, La Presse, Théâtre,
2 décembre 1995

17 idem
Marie Michaud) afin de trouver un rythme théâtrale. Pour son travail qualifié

comme étant « un grand spectacle, avec des moments stupéfiants des

envolées inoubliables, des proférassions formidables. »18 il sera finalement

récompensé par quatre Masques remportés au gala québécois du théâtre

1995. Ce qui est d’ailleurs une révélation pour le grand public

majoritairement encore vierge de son travail. 19

Patrick Brosseau, Patrice Dubois, Alexandre Gagné et Claude Gagnon, tous

issues de Saint-Hiyacinthe, on formé le Groupe Audubon en 1994. Ils

partagent la même démarche rigoureuse depuis leur début mais cherchent à

aller trouver des expériences enrichissantes chacun de leurs côtés pour

nourrir leurs créations qui se traduisent souvent par l’humour la poésie et le

travail de la langue pour questionner la condition humaine. Et Vian! Dans la

Gueule est un spectacle qu’ils ont monté en 1995 tout d’abord au Théâtre la

Chapelle puis présenté pour une deuxième fois à l’Usine C du 19 au 23 mars

1996. 20
Inspiré principalement de la pièce Le Souper des Généraux (qui

souligne l’absurdité de la soumission de l’homme au service de la guerre et

de ses institutions) de Boris Vian, le groupe fait un collage de d’autres

extraits des textes de l’auteur soit : Les fourmis, Le temps de vivre, La java

des bombes atomiques, etc. Carl Béchard directeur artistique et metteur en

18 LÉVESQUE, R., Le Devoir, Mai 1995, (Voir annexe, programme de Maîtres Anciens.)

19 BEAUNOYER, Jean, Denis Marleau sera-t-il enfin reconnu au Québec?, La Presse, Théâtre,
2 décembre 1995

20 Et Vian! Dans la Gueule.,[en ligne], (consulté le 10 mars 2010.), adresse Internet :


http://www.goethe.de/INS/CA/mon/ver/acv/the/acv/fr1781806v.htm
scène du spectacle dirige « avec une main de maître»21 ses huit acteurs :

Jean-François Beaupré, Patrick Brosseau, Patrice Dubois, Alexandre Gagné,

Claude Gagnon, Marika Lhoumeau, Sonia Roussy, Annie Saint-Pierre. Michel

Paul Beaudry écrit pour le Club Culture :

« Le spectacle est extrêmement bien rodé et magique surtout par le fait que les
acteurs (tous excellents, soit dit en passant) travaillent avec rien comme accessoires
ou presque. Derrière eux, il y a une immense boîte à surprise sur laquelle ils montent,
descendent ou y entrent pour se cacher ou en sortir comme des pantins. Cette pièce
est une pure merveille».

Le succès du spectacle dirige Carl Béchard sur la route du TNM et sera

d’ailleurs joué cette année du 27 avril au 22 mai. Dans un entretient avec le

metteur en scène extrait de l’Emporte-Pièces il explique l’évolution de son

spectacle et remercie encore le groupe original de la création :

« J’ai changé environ le tiers des textes et j’ai remanié l’agencement. Mais je tiens à
dire que je suis très reconnaissant envers cette jeune troupe dont le dynamisme et la
grande disponibilité ont rendu possible la version originale de ce collage, qu’ils ont
nourri de leur substance : 350 heures de répétitions, gratuites, sans cachet au bout
du compte ou presque ! Et je ne compte pas les reprises !» 22
Albertine en cinq temps, une production mis en scène au Rideau Vert

en 1984 par André Brassard est reprise par Martine Beaulne 11 ans plus tard

à l’Espace go et est jouer à l’Usine C du 16 novembre au 2 décembre 1995.

Dans ce texte de Michel Tremblay, on fait la rencontre d’Albertine qui est

dédoublée en cinq moment de sa vie. Dans un dialogue avec elle même ainsi

qu’avec sa sœur Madeleine, elle repasse et questionne son existence. « La

21 BEAUDRY, Michel Paul, Club Culture,[en ligne], (consulté le 10 mars 2010), adresse
internet : http://club-culture.com/theatre/vian.htm

22 LAURIN, Danielle, L’emporte Pièce, mars 2009, [en ligne], ( consulté le 10 mars 2010),
adresse Internet : http://www.tnm.qc.ca/saison-2009-2010/Et-Vian-dans-la-gueule/metteur_en_scene-
Et-Vian-dans-la-gueule.html.
mise en scène très sobre de Martine Beaulne donne toute la place aux

personnages… »23, la scénographie de Claude Goyette situe la scène dans

« un espace qui s’avère une sorte de miroir de la salle et l’évocation du

théâtre Grec : les personnages évoluerons dans des gradins vides» 24


, le

« magicien des éclairages Michel Beaulieu» 25 fait son travail avec distinction,

ce forme un tout qui se mérite le « Masque du public Loto Québec » au Gala

des Masques ainsi qu’une place comme finaliste du Grand Prix de L’AQCT

pour la saison 1995-1996 avec 49 points26. Elle reçoit aussi le prix du Conseil

des Arts de la CUM. 27


Le spectacle est de nouveau joué à l’Usine C en 1997

avant de partir en tournée à travers le québec.28

Pigeons International est une compagnie Montréalaise qui à fait ses

preuves à Montréal comme à l’étranger grâce à des œuvres éclatées tel que

Savage/love de Sam Sheperd et Joe Chaikin, présentée entre autre à l’Usine

C du 5 au 9 décembre 1995. Fondée en 1987 par Paula Vasconcelos et Paul-

Antoine Taillefer alors qu’ils étaient encore à l’école, leur troupe se distingue

aujourd’hui par la gestuelle acrobatique, les mélanges de langues et les

scénographies dégarnies. L’inspiration latine est marqué par la passion et la

23 LÉVESQUE, Soloange; GUAY, Hervé, Albertine en cinq temps, Le Devoir, Les arts, Samedi,
15 mars 1997, p. B7

24 idem

25 idem
26 CAYOUETTE, Pierre, La saison des Prix, Le Devoir, Culture, mardi, 1 octobre, 1996, p.B.8

27 FÉRAL, Josette, http://www.josette-feral.org/Livres/Biographies/beaulne.html, Consulté le 10


février 2010.

28 LÉVESQUE, Soloange; GUAY, Hervé, Albertine en cinq temps, Le Devoir, Les arts, Samedi,
15 mars 1997, p. B7
violence des gestes et de la langue qui est toujours omniprésente. 29
Isabelle

Mandalian écrit d’ailleurs dans le Voir que « Le potentiel violent de tout

sentiment amoureux s’y retrouve, du déchirement contenu à l’éclatement.»30

Paula Vasconcelos dit de sa pièce Savage/Love : « Elle est à la limite à la

limite du théâtre; il n’y a pas de personnage, pas de structure. Ce sont des

poèmes sur l’amour.»31 . Dans son spectacle elle mettra peu d’emphase sur

la diction allant plus vers la retenue et l’intériorité ce qui laisse place à la

gestuelle qui est chaude et sensuelle.32 Ce qui explique pourquoi son travail

est souvent qualifier de Danse-Théâtre. Aussi, la metteur en scène aime

rappeler qu’elle est un mélange de culture, d’origine Portugaise, et qu’elle a

donc un rapport particulier avec les langues et les cultures ce qui se dénote

dans son travail et qui veut nous rappeler que nous sommes une société

hétérogène qui fait partie du Village Global. Cela fait écho à la mission de

l’Usine qui souhaite mettre de l’avant les créations d’ici et d’ailleurs et aussi

au mandat de Tranquen’art qui sera définit plus loin.

Du 6 février au 2 mars, c'est la compagnie mère qui aura les planches.

Carbone 14 présente Le Dortoir de Gilles Maheu. Inspiré par une photo de

29HALLEY, Achmy, Revue du théâtre, n. 13, Dossier : L’écriture dramatique II, été 1996,
p47.

30 MANDALIAN, Isabelle, La demoiselle sauvage, Voir, Théâtre, 17 mars 1994.

31 MONTESSUIT, Carmen, AVEC Paula Vasconcelos, « le thème central, c’est l’amour» Journal
de Montréal, Diamnche 20 mars 1994, p.35.

32 GILBERT, David, Amour et mythes à l’américaine, Le Devoir, Culture, DATE ET SECTION NON
DISPONIBLES, document prit au CERT. Voir à l’annexe.
son enfance, Gilles Maheu met en scène l'histoire d'une génération et des

sequelles de son éducation catholique avec tous les icones de son époque

soit l'église, le président Kennedy etc. C'est un mariage entre musique

fragmentée, texte poétique et chorégraphie acrobatiques qui porte la

pérennité du rêve mais la pureté d'une réalité cru et touchante selon la

majorité des critiques présenté sur le site Web de l'Usine C33. Le spectacle a été

présenté pour la première fois en 1989 à l'Espace Libre, puis a tourné

internationalement et a même été adapté pour la télévision pour finalement

être repris à l'Usine C en 1996 et mettant en vedette Johanne Madore et

Rodrigue Proteau.34 Les critiques sont unanimes à travers le monde tant en

1988 que huit ans plus tard et ce sur les 4 continents visités pour dire que

c’est un spectacle à ne pas manquer.

Sous la direction de Patrick Darby et en codiffusion avec l’Usine C,

Traquen’art inaugure les Rencontres de musiques actuelle. Confronté à une

société qui se diversifie, Patrick Darby souhaite présenter Montréal comme

un inspiration pour les Citoyens du monde. En 1982, il crée Traquen’art, un

OSBL qui à comme mandat d’offrir au public un accès aux musiques actuelles

et du monde. Il espère que la société québécoise découvre la richesse de la

diversité culturelle en créant un rapprochement entre les cultures par le biais

de la musique du monde35. Du 28 au 30 mars 1996, dans le volet musical de

33 http://www.usine-c.com/fr/carbone14.html, consulté le 10 février 2010.

34 CHARLESBOIS, Gaetant, Athabasca University, Canadian Theatre Encyclopedia, Le


Dortoir, Gilles Maheu, www.canadiantheatre.com/ dict.pl?term=Le Dortoir, mise a jour :
2009-04-23.

35 TRIBAL-MÉDIA, http://traquenart.ca/site/index.php?
l’Usine C, Traquen’art présente Paradox Trio de New York avec Matt Darriau,

Double Wind Cello avec le trio de Jonh Oswald, Klaxon Gueule de Toronto

avec Bernard Falaise, André St-Onge, Michel F. Côté et Rainer Weins, La vie

qui bat par Malcolm Goldstein avec Réné Lussier, Pierre Tanguay et

finalement Chœur Maha sous la direction de Kathy Kennedy. Cet événement

est un moyen de promouvoir la créativité et le dialogue entre des artistes de

musique contemporaine, actuelle, improvisé, et innovatrice d’ici et d’ailleurs.

Les chants du Capricorne n’est présenté qu’un seul soir soit le 12 avril

1996 ce qui ne fait pas moins de cette œuvre qui est « un triomphe

provocateur »36. Mis en scène par la chanteuse elle même ( Pauline

Vaillancourt), cet opéra de chambre est une œuvre original de Giancinto

Sceisi. Au costume, Massimo Guerrera, aux éclairages, Louis-Phillipe Demers

qui sont tous deux des artistes qui font partie du groupe de création lyrique

Chants Libres qui à produit le spectacle.37 En 1990, Pauline Vaillancourt

réunis Joseph St-Gelais et Rénald Tremblay pour fondé une compagnie de

création qui rassemble les arts de la scène ainsi que les arts plastiques et

visuel, la vidéo et les arts technologiques qui se mettent tous au service du

travail de la voix. Ils souhaite offrir au public un contact nouveau avec l’opéra

de chambre, que se soit sous sa forme traditionnel ou contemporaine. 38


Ce
option=com_content&task=view&id=13&Itemid=35, 2008, consulté le 14 février 2010.

36 Le Devoir (Québec), 19 mai 1995, http://www.chantslibres.org/fr/productions/canti/, Consulté le 10


janvier 2010.

37 http://www.chantslibres.org/fr/productions/canti/, Page prod@canti générée par litk 0.560 le


mercredi 3 mars 2010. Conception et mise à jour: DIM., Consulté le 10 janvier 2010.

38 idem
qui semble être bien réussi selon le Voir (Québec) qui écrit : « un spectacle à

voir absolument, et surtout à ressentir. Qui a dit que l’art contemporain était

trop intellectuel et difficile d’accès.»39 ce qui confirme d’autant plus la place

de ce spectacle en ce lieu considérant le mandat de l’Usine C.

Carbone 14 fait un retour en force avec Les Âmes Mortes, spectacle

pour lequel la troupe remporte deux masques pour la « Production de

l’année» et pour les « Éclairages» et deux nominations pour la « mise en

scène» ainsi que dans la catégorie « musique originale». Il se mérite aussi 7

nominations au Dora Mavor Moore Awards a toronto pour : « meilleur

nouvelle production, meilleur nouvelle pièce de théâtre, meilleur direction

artistique, meilleurs décors, éclairages, costumes, musique.»40 Dévoilé par

des éclairages oniriques, deux Junkies squattent une vielle maison délabré

ou le spectateur voit 12 portes fermée sur deux étages. Trop préoccupés par

leur trip et leurs disputes, les jeunes ne ressentent pas les âmes qui rodent

autour revivant mélancoliquement leurs moments préférés. Fidèle à lui

même, Gilles Maheu travail la lenteur, la sensualité, la dureté des corps et le

rythme sur des musiques de Claude Lamothe et sous des éclairages d’Alain

Lortie pour créer des images et des sensations. Jean Beaunoyer, du journal La

Presse cite bien Gilles Maheu lorsqu’il écrit : «Il dira aussi qu'il ne faut pas chercher à

39 Voir (Québec), 25 mai 1995, Revue de Presse, http://www.chantslibres.org/fr/productions/canti/,


Page prod@canti générée par litk 0.560 le mercredi 3 mars 2010. Conception et mise à
jour: DIM., Consulté le 10 janvier 2010.

40 http://www.usine-c.com/fr/carbone14.html, consulté le 10 février 2010.


comprendre. Il suffit de bien regarder et de faire son propre théâtre.» 41
Dans le devoir,

Hervé Guay écrit :

« Voilà le genre de liberté absolue qui permet de se laisser envahir par le dernier spectacle de Carbone 14. À

la limite du rêve et de la réalité. Aux frontières entre la vie et la mort, l'urgence et la nostalgie. <<Une préoccupation

42
centrale : l'accélération folle de notre temps, temps gaspillé en vain à cent milles à l'heure.»

C’est avec Daniel Desputeau, Gaétan Gingras, Heather Mah, Georges Molnar, Yves

Simard, Lin Snelling, Katia Gagné et Emadou Payette-Brisson comme distribution que Les Âmes

mortes part en tournée. Le spectacle tourne dans 7 pays et revient à l’usine en

1999 pour 10 représentations seulement. Au total il sera vu par plus de 23

000 spectateurs.

Ginette Laurin est aujourd’hui considérée comme une des pilliers de la

danse contemporaine au Canada. Elle fait une formation en gymnastique, en

danse moderne, en mime et ballet classique en se promenant entre Montréal

et New York et rapidement elle sera reconnue pour sont talent de danseuse

et chorégraphe dès le début des années 70’.43 Suite à quoi elle décide de

fonder sa compagnie de danse O Vertigo en 1984. Sa mission ; encourager la

création et la recherche en danse dans toutes ses disciplines et ses formes. O

Vertigo est aussi un centre de formations pour la relève, un centre de

recherche multidisciplinaire et ainsi qu’un centre de résidence de

41COUTURE, Odile, Les âmes mortes, , http://www.usherbrooke.ca/liaison_vol29-


37/vol32/n16/articles/ame.htm, 9 avril 1998, consulté le 14 mars 2010.

42 idem

43 Notes biographiques; Ginette Laurin,


chorégraphes d’ici et de l’étranger. C’est d’ailleurs où a été crée le spectacle

Le Déluge. Suite à un abandon drastique des performances physiques

aventurières que l’on retrouve dans ses chorégraphies précédentes, elle se

dévoue plutôt dans l’exploration de la spiritualité et du monde intérieur ce

qui est particulièrement remarquable dans Le déluge.44

Dans le cadre du Festival Coups de théâtre, Usine C présente Far Away

Home, une production de la compagnie Primus Theatre de Winnipeg. Les

coups de Théâtre est un Festival annuel qui se donne comme mandat de

promouvoir et encourager les arts et la culture dévoués à l’enfance et à la

jeunesse au Canada comme à l’étranger. 45


C’est un manière d’initier la

relève dès le tout jeune âge, mais aussi d’encourager les parents à stimuler

leurs enfants dans ce sens en les exposants aux arts vivants et actuels. Le

festival à lieu du 24 mai au 2 juin 1996 lors duquel dix-neuf productions de

partout autour du monde viennent profiter de la vitrine et divertir la jeunesse

de Montréal. Rémi Boucher, directeur artistique et Jo-Anne Blouin,

coordonnatrice générale de l’événement expliquent qu’en cette quatrième

édition, ils ont choisis les productions les plus innovatrices .46 Far Away Home

est la première production jeunesse de Primus Theatre, une compagnie déjà

44 BARRAS,Henri, Ginette Laurin, profession : Chorégraphe (1995) [En ligne] (consulté le 10 mars 2010)
adresse internet : http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0009021.

45 Les coups de Théâtre, Mandats et objectifs, [en ligne], consulté le 3 mars 2010, adresse
Internet : www.coupsdetheatres.com

46 FORTIN, Marie-Claude, les coups de théâtre, L’Âge d’art, Voir, Théâtre, 23 au 29 mai
1996.
reconnue au Manitoba comme « le chef de file du théâtre alternatif»47 Avant

Far Away home, la compagnie a déjà sept créations à son actifs et tourne au

Canada et en europe. Leur travail oscille entre le spectaculaire et l’intime.

Richard Folwer (metteur en scène) et ses cinq acteurs, tous sortis de l’École

Nationale du Théâtre au Canada, fondateurs de Primus Theatre, partagent

eux aussi la fascination pour toutes les création pluridisciplinaires, et cherche

à trouver des nouvelles manières de rencontrer et de confronter le public. 48

Far away Home est une installation dans laquelle les jeunes sont invités à

circuler dans un monde bizarroïde pour faire la rencontre des différents

personnages et entendre leurs histoires. 49


L’installation requière un certain

espace ce qui explique le choix du lieu de l’Usine C. Le spectacle est mis en

scène par l’original Richard Fowler qui dirige ses acteurs Donald Kitt, Tannis

Kowalchuk, Stephen Lawson, Karine Randoja et Ker Wells. Selon le directeur

artistique du Festival Les Coups de Théâtre, ce spectacle fait parti des

spectacles « les plus déterminants dans l’évolution du théâtre jeune public» 50

Encore une fois, s’enligne parfaitement avec les objectifs de l’Usine C.

Finalement, l’ACREQ, compagnie résidente de l’Usine C se manifeste

avec Bang Klang de Francis Dhomont

47 idem

48 Référence non disponibles. Document trouvé dans le dossier : Les Coups de Théâtre
1996. Voir document à l’annexe.

49 Programme : Les Coups de Théâtre, Far Away Home, Primus Théâtre, document en
annexe.

50 FORTIN, Marie-Claude, les coups de théâtre, L’Âge d’art, Voir, Théâtre, 23 au 29 mai
1996.
Considérant que l’Usine C existe depuis seulement quinze ans,

comparé à d’autres salle tel que le TNM par exemple qui existe depuis

presque soixante ans, la documentation sur ce jeune centre de recherche et

de création est moins ample. Par contre, elle est substantielle et accessible

via Internet. Il est important de se pencher sur la crédibilité de la

documentation étant donné qu’elle est majoritairement promotionnelle, ce

qui signifie qu’elle n’est pas objective. Les documents trouvés sont

principalement tirés des sites officiels des compagnies en question, des

programmes des spectacles diffusés et d’articles de journaux qui font un

retour sur le spectacle ou sur la compagnie ce qui se trouve normalement

aussi à être de la promotion. Ainsi, malgré la quantité de documentations

consultés il est évident que le portrait émis sur la saison 1995-1996 de

l’Usine C est plutôt biaiser par le type de documents consultés. Malgré tout, il

est possible de conclure que l’Usine C respecte son mandat dans le choix des

spectacles diffuser durant la saison 1995-1996 en s’associant à des groupes

qui partagent les mêmes objectifs où des vision complémentaires à la leur.