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K - INVERSION

Inversion dans le plan

Définition On appelle inversion de pôle O et de puissance λ (non nulle), la transformation du


plan qui à tout point M distinct de O associe le point M ′ tel que

OM · OM ′ = λ .

Les points O, M , M ′ sont alignés. De plus M et M ′ sont du même côté de O si λ > 0 et de part et
d’autre si λ < 0. Enfin, l’inversion est une transformation involutive du plan privé de l’origine.

Théorème - Définition Une inversion I(O, λ) possède des points invariants √ si et seulement si λ
est positif. Ces points sont alors ceux d’un cercle de centre O et de rayon λ, qui est appelé cercle
d’inversion. Tout point intérieur au cercle est transformé en un point extérieur et réciproquement.

Les points du cercle d’inversion sont les seuls points tels que

OM 2 = λ .

Construction de l’image d’un point par inversion

On suppose donnés le pôle O, un point M et son image M ′ et l’on veut construire l’image N ′ d’un
autre point N . On a l’égalité
OM · OM ′ = ON · ON ′

qui prouve que les points M , M ′ , N , N ′ sont cocycliques. On trace donc le cercle circonscrit au triangle
M M ′ N et N ′ est alors l’autre intersection de ON avec le cercle.

Remarquons que si l’on coupe un cercle passant par M et M ′ par une sécante OP P ′ quelconque, on a

OP · OP ′ = OM · OM ′ = λ ,

donc l’inverse de P est P ′ et le cercle est globalement invariant. Le nombre λ est alors la puissance de
O par rapport au cercle.
K 2

M′ N′

M M
O
O

N N
N′ M′

Dans le cas où λ est positif, si OT est une tangente issue de O au cercle précédent, on a

OT 2 = λ

et T se trouve sur le cercle d’inversion. Les deux cercles sont orthogonaux. (Voir I).

Calcul de M ′ N ′

Si M et N ont pour inverses M ′ et N ′ , les triangles OM N et ON ′ M ′ sont semblables et donc

OM ′ N ′M ′
= ,
ON MN
avec de plus
OM · OM ′ = |λ|

ce qui donne
|λ| N M
M ′N ′ = .
OM · ON
Dans le cas particulier où O, M , N sont alignés, cette relation peut être écrite algébriquement

λ λ λ NM
M ′ N ′ = ON ′ − OM ′ = − = .
ON OM OM · ON

M′

N
N′
K 3

Groupe des homothéties-inversions de même centre ou pôle

Théorème L’ensemble des transformations du plan (privé de O) constitué des homothéties de


centre O et des inversions de pôle O forme un groupe (non commutatif) pour la composition des
applications.

On constate facilement que


I(O, λ) ◦ I(O, λ′ ) = H (O, λ′ /λ)
H (O, K) ◦ I(O, λ) = I(O, λK)
I(O, λ) ◦ H (O, K) = I(O, λ/K)
H (O, K) ◦ H (O, K ′ ) = I(O, KK ′ ) .

Conservation des angles et des contacts

Soit une courbe C du plan et son inverse C ′ . Si M et N sont deux points de C d’images M ′ et N ′ sur
\
C ′ par l’inversion I(O, λ), le quadrilatère M N N ′ M ′ est inscriptible, donc les angles (M N, M N ′ ) et
\
(M ′ M, ′ ′
M ′ N ′ ) sont égaux. Si maintenant N tend vers M , alors N tend vers M , la droite M N tend
vers la tangente M T à la courbe C en M , et M ′ N ′ vers la tangente M ′ T ′ à C ′ en M ′ , avec l’égalité
\
(M T, \
M M ′ ) = (M ′ M, M ′T ′) .
Donc, les deux tangentes sont symétriques par rapport à la médiatrice de M M ′ .

O
M M′

C C′
K 4

Si maintenant on prend deux courbes C1 et C2 qui se coupent en M , leurs tangentes en ce point faisant
un angle α, alors les courbes images se couperont en M ′ inverse de M et les tangentes aux courbes
images en ce point feront l’ angle −α.

Inverseur de Peaucellier

Soit la figure formée d’un losange ABCD de côté a et d’un triangle isocèle OAC dont les côtés égaux,
AO et CO ont pour longueur ℓ. Alors B et D sont inverses l’un de l’autre dans l’inversion (O, ℓ2 − a2 ).
En effet ℓ2 − a2 est la puissance de O par rapport au cercle de centre A et de rayon a. On a donc

OB · OD = ℓ2 − a2 .

Il en résulte que si l’on fixe O, les autres éléments étant déformables et si B décrit une courbe C , alors
le point D décrira la courbe inverse de C .

O
B D

Transformation de droites et de cercles par inversions

Théorème
1. une droite passant par O est globalement invariante.
2. l’image d’une droite ne passant pas par O est un cercle passant par O
3. l’image d’un cercle passant par O est une droite ne passant pas par O
4. l’image d’un cercle ne passant pas par O est un cercle ne passant pas par O
K 5

1) est évident, car si M ′ est l’image de M , les points O, M , M ′ sont alignés. Le point O est envoyé à
l’infini.

2) et 3) Si D est une droite ne passant pas par O, soit H le pied de la perpendiculaire à D passant
par O, et H ′ son inverse. Soit M un point quelconque de la droite et M ′ son inverse. Le quadrilatère
\ est un angle droit, il en est de même de OM
M M ′ H ′ H est inscriptible. Comme OHM \ ′ H ′ . Donc M ′

se trouve sur le cercle de diamètre OH .

Permutons maintenant les rôles des points et de leurs inverses. Soit H ′ le point diamétralement opposé
à O et H son inverse. Le point M ′ du cercle a pour inverse M . Le quadrilatère M M ′ H ′ H est inscrip-
tible. Comme OM\ \ , donc M se trouve sur la droite
′ H ′ est un angle droit, il en est de même de OHM

orthogonale à OH ′ en H. M

M′

O H′ H

4) Soit M ′ l’inverse de M , point du cercle (C, R) et N l’autre intersection de OM avec le cercle. On a

OM · OM ′ = λ et ON · OM = OC 2 − R2 .
On en déduit
OM ′ = K ON

λ
K= .
OC 2
− R2
Donc M ′ est l’image de N dans l’homothétie de centre O et de rapport K. Le point M ′ se trouve sur
le cercle (C ′ , R′ ) tel que
OC ′ = K OC et R′ = |K| · R .
Inversement, si M ′ est un point de (C ′ , R′ ), d’inverse M , alors M se trouve sur le cercle image de
(C ′ , R′ ) par l’homothétie de centre O et de rapport K ′ où
λ λ 1
K′ = = 2 = .
OC ′2 −R ′2 2 2
K (OC − R ) K
Donc le point M est bien sur le cercle (C, R).
K 6

M′
M
N

O C C′

Remarques

1) La droite CN est parallèle à C ′ M ′ et donc que CM n’est pas en général parallèle à C ′ M ′ sauf si N
et M sont confondus, c’est-à-dire lorsque OM est la tangente au cercle issue de O.

2) L’inverse du centre C est le point C1 défini par


λ
OC1 = ,
OC
alors que C ′ est l’image de C par l’homothétie et vérifie
λ
OC ′ = K OC = OC .
OC 2 − R2
Il en résulte que OC1 et OC ′ sont distincts. Donc C ′ n’est jamais l’inverse de C.

3) Lorsque la puissance d’inversion vaut OC 2 − R2 , l’homothétie est de rapport 1 et le cercle est trans-
formé en lui-même par inversion. Le cercle est globalement invariant.

Cercle et droite inverses l’un de l’autre

Si on se donne un cercle (C, R) et une droite D, on peut les considérer en général comme inverses l’un
de l’autre de deux manières différentes : en prenant comme pôles d’inversion les extrémités du diamètre
du cercle orthogonal à la droite.

Dans le cas où le cercle et la droite sont tangents, on ne peut pas prendre le point de tangence comme
pôle d’inversion et il ne reste que l’autre extrémité du diamètre.

Cercles inverses l’un de l’autre

Si on se donne deux cercles (C, R) et (C ′ , R′ ), ils sont en général homothétiques l’un de l’autre de deux
manières possibles et inverses l’un de l’autre de deux manières possibles, les centres d’homothétie étant
les pôles d’inversion.

Ceci n’est pas vrai dans deux cas :


K 7

– lorsque les cercles sont tangents, il y a bien deux homothéties possibles, mais on ne peut plus prendre
le point de tangence comme pôle d’inversion.
– lorsque les cercles ont le même rayon, il n’y a plus qu’une homothétie et une inversion, le centre et
le pôle étant le milieu de CC ′ .

Remarques

1) On a vu que l’image du centre d’un cercle par inversion n’est jamais le centre de l’image du cercle.
Si C1 est l’image de C, un diamètre de (C, R) ne passant pas par O se transforme en un cercle passant
par O et C1 , qui, de plus, est orthogonal à (C ′ , R′ ) par conservation de l’orthogonalité. Ce sont les
cercles d’un faisceau à points de base O et C1 orthogonaux à (C ′ , R′ ). On a donc

C ′ O · C ′ C1 = R′2

et C1 est le pied de la polaire de O par rapport à (C, R). (Voir I).


Si M ′ et N ′ sont les images de deux points M et N diamétralement opposés du cercle (C, R), le point
C1 est l’intersection du cercle circonscrit au triangle OM ′ N ′ et de la droite OC ′ .

M′
M

O
C C1 C′

N′
K 8

2) Soit A, B et leurs images A′ , B ′ sur deux cercles (C, R) et (C ′ , R′ ) inverses l’un de l’autre. Le
quadrilatère ABB ′ A′ est inscriptible. Soit I le point d’intersection de AB et A′ B ′ . On a donc

IA · IB = IA′ · IB ′ .

et I est sur l’axe radical de (C, R) et (C ′ , R′ ).

En particulier, les tangentes en A et A′ se coupent en T sur l’axe radical. On peut retrouver directe-
ment ce fait puisque les tangentes font des angles égaux avec OAA′ car le triangle AT A′ est isocèle.

A′
A

O C C′
T

B
B′

Application de l’inversion : théorème de Ptolémée

Théorème Soit ABCD un quadrilatère inscriptible convexe. Alors, la somme des produits des
côtés opposés est égale au produit des diagonales :

AD · BC + AB · CD = AC · BD .

Une inversion de pôle A transforme B, C, D en trois points B ′ , C ′ , D ′ alignés dans cet ordre sur une
droite. Donc
B ′ C ′ + C ′D′ = B ′D′ .
K 9

En utilisant l’expression de la longueur d’un segment en fonction de celle du segment initial, on obtient
|λ| BC |λ| CD |λ| BD
+ = .
AB · AC AC · AD AB · AD
En multipliant cette relation par le produit AB · AC · AD on trouve la relation voulue.

B′
B

C
C′

D′

Etude analytique de l’inversion

On se place dans un repère orthonormé (O, −


→ı ,−
→ ) et l’on étudie une inversion de pôle O et de puissance
λ. On a donc
OM · OM ′ = λ .
−−→ −−− →
Les vecteurs OM et OM ′ sont colinéaires. Il existe un réel t tel que
−−−
→ −−→
OM ′ = t OM
et en calculant les normes
−−−→ −−→ −−−→ −−→
kOM ′ k kOM k = |λ| et kOM ′ k = |t| , kOM k .
On en déduit que
|λ|
|t| = −−→ .
kOM k2
−−→ −−−→
Mais les vecteurs OM et OM ′ ont la même orientation si λ est positif, et sont d’orientation opposées
si λ est négatif. Il en résulte que λ et t ont le même signe et on obtient finalement
−−−→′ λ −−→
OM = −−→ OM ,
kOM k2
K 10

soit analytiquement
λx λy
x′ = et y ′ = .
x2 + y2 x2 + y2
Si l’on considère le plan complexe avec z = x + iy et z ′ = x′ + iy ′ , on a alors
λz λ
z′ = 2
= .
|z| z̄
Il en résulte que M ′ est l’image de M si et seulement si

z ′ · z̄ = λ .

Inversion dans un espace euclidien

Définition Soit E un espace euclidien. On appelle inversion de pôle O et de puissance λ 6= 0,


l’application F de E \ {0} dans lui-même définie par

λ
(1) F (x) = x.
kxk2

Le vecteur F (x) est donc l’unique vecteur colinéaire à F tel que

(2) kF (x)k kxk = |λ|

et tel que F (x) et λx aient même orientation. Il en résulte que l’inversion est involutive.

On retrouve facilement la longueur du segment dont les extrémités sont les images de deux vecteurs :
kx − yk
(3) kF (x) − F (y)k = |λ| .
kxk kyk
En effet

kF (x) − F (y)k2 = kF (x)k2 + kF (y)k2 − 2 < F (x), F (y) >


 
2 −2 −2 x y
= λ kxk + kyk − 2 < , >
kxk2 kyk2
kxk2 + kyk2 − 2 < x, y >
= λ2 ,
kxk2 kyk2
ce qui donne le résultat.

On déduit de la relation (3) que F est continue sur E \ {0} et que


kF (x) − F (y)k |λ|
lim = .
x→y kx − yk kyk2
K 11


On remarque aussi que si λ est positif, la sphère Σ(0, λ) est invariante point par point par F . Il
résulte de (3) que, si y appartient à cette sphère et si x est quelconque

kF (x) − yk λ
= .
kx − yk kxk
Ce rapport ne dépend pas de y.

On déduit aussi de (1) que, pour tout nombre µ réel non nul et tout vecteur u non nul de E
1
(4) F (µu) = F (u) .
µ
Image de sous-ensembles particuliers

Nous nous intéressons à l’image de certains sous-ensembles de E (toujours supposés privés de 0), ce
qui généralisera la situation observée dans le plan.

Comme x et F (x) sont colinéaires, un sous-espace vectoriel de E est stable par F .

L’image d’un hyperplan affine passant par 0 est une sphère passant par 0 :
si u appartient à E \ {0}, on a
 
⊥ F (u) kF (u)k
F (u + {u} ) = Σ , .
2 2

L’image d’une sphère passant par 0 est un hyperplan affine ne passant pas 0 :
si v appartient à E \ {0}, on a

F (Σ(v, kvk)) = F (2v) + {F (2v)}⊥ .

On remarque que, puisque F est involutive, la relation u = F (2v) est équivalente à v = F (u)/2. Les
deux égalités à démontrer sont équivalentes. Il suffit en fait de montrer deux inclusions.

a) Soit y dans {u}⊥ . Evaluons le nombre


2
−2
F (u)
M =λ F (u + y) − 2 .

En remplaçant F par sa valeur et en utilisant l’orthogonalité de u et y on trouve


2 2
kuk2 − kyk2

u+y u y
M =
2 2
− 2
=
2 2 2
u+ 2 2

kuk + kyk 2kuk 2kuk (kuk + kyk ) kuk + kyk
puis, de nouveau en raison de l’orthogonalité de u et y
2
kuk2 − kyk2 kyk2

2 1
M= 2 2 2
kuk + 2 2 2
= .
2kuk (kuk + kyk ) (kuk + kyk ) 4kuk2
K 12

On a donc
F (u + y) − F (u) = |λ| kuk = kF (u)k .

2 2 2
 
Donc F (u + y) appartient à la sphère Σ F (u)
2 ,
kF (u)k
2 .

b) Soit y tel que


kv − yk = kyk ,
c’est-à-dire
kyk2 = 2 < v, y > .
Calculons le nombre
N = λ−2 < F (y) − F (2v), F (2v) > .
On trouve, en remplaçant F par sa valeur et en développant le produit scalaire,
y v v < y, v > 1
N =< 2
− 2
, 2
>= 2 2
− = 0.
kyk 2kvk 2kvk 2kyk kvk 4kvk2

Il en résulte que F (y)− F (2v) est orthogonal à F (2v) et donc que F (y) appartient à F (2v)+ {F (2v)}⊥ .

L’image d’une sphère ne passant pas 0 est une sphère ne passant pas par 0 :
si u 6= 0, on a
 
F (u + ru1 ) + F (u − ru1 ) kF (u + ru1 ) − F (u − ru1 )k u
F (Σ(u, r)) = Σ , , où u1 = .
2 2 kuk
et
F (Σ(0, r)) = Σ(0, λ/r) .

Supposons u non nul et posons

F (u + ru1 ) + F (u − ru1 ) kF (u + ru1 ) − F (u − ru1 )k


u′ = et r ′ = .
2 2
En développant, on trouve
λu |λ|r
u′ = et r ′ = .
ku2 k − r 2 | ku2 k − r 2 |
Soit y tel que
ku − yk = r
c’est-à-dire
2 < u, y >= kuk2 + kyk2 − r 2 .
Evaluons
P = λ−2 kF (y) − u′ k2 .
K 13

En développant et en remplaçant F par sa valeur, on obtient

1 kuk2 2 < y, u >


P = 2
+ 2 2 2
− .
kyk (ku k − r ) kyk2 (ku2 k − r 2 )
En remplaçant < y, u > par sa valeur, on obtient finalement

r2
P =
(ku2 k − r 2 )2
et donc
kF (y) − u′ k = r ′ ,
ce qui donne l’inclusion
F (Σ(u, r)) ⊂ Σ(u′ , r ′ ) .
Mais, en tirant u et r en fonction de u′ et r ′ , on trouve
λu′ |λ|r ′
u= et r ′ = .
ku′2 k − r ′2 | ku2 k − r ′2 |
Il résultera donc de ce qui précède que

F (Σ(u′ , r ′ )) ⊂ Σ(u, r) ,

ce qui donne finalement l’égalité.

Le cas où u = 0 est évident.

Ceci généralise donc les propriétés de l’inversion dans le plan, concernant les images de cercles et de
droites.

On peut également voir que les propriétés d’inversion de cercle et de droite restent vraies dans un
espace euclidien de dimension 3. Un cercle étant l’intersection d’une sphère et d’un plan, son image
sera l’intersection d’un plan ou d’une sphère avec un plan ou une sphère, donc sera une droite ou un
cercle.

Nous allons maintenant retrouver le fait qu’une inversion conserve les angles. Montrons tout d’abord
que F est différentiable.

Théorème L’application F est différentiable sur E \ {0} et son application linéaire tangente au
point x est donnée par
λ 2λ
dF (x, h) = 2
h− < x, h > x .
kxk kxk4

En notant
S(x) =< x, x > et B(µ, x) = µx
K 14

on a alors  
λ
F (x) = B ,x .
S(x)
L’application B est bilinéaire, donc différentiable, et l’application S est différentiable avec

dS(x, h) = 2 < x, h > .

Le résultat s’en déduit par composition des applications différentiables.

Théorème Soit f et g deux applications définies sur un ouvert U d’un espace normé à valeurs
dans R \ {0}, et soit x et y deux points de U tels que

f (x) = g(y) .

On suppose que f est différentiable en x, et g en y. On a alors, pour tout couple (h, k) de l’espace
normé contenant U
< df (x, h), dg(y, k) > < dF ◦ f (x, h), dF ◦ g(y, k) >
= .
kdf (x, h)k kdg(y, k)k kdF ◦ f (x, h)k kdF ◦ g(y, k)k

En différenciant les fonctions composées, on obtient


λ 2λ
dF ◦ f (x, h) = dF (f (x), df (x, h)) = 2
df (x, h) − < f (x), df (x, h) > f (x) .
kf (x)k kf (x)k4
On obtient aussi, puisque f (x) et g(y) sont égaux,
λ 2λ
dF ◦ g(y, k) = 2
dg(y, k) − < f (x), dg(y, k) > f (x) .
kf (x)k kf (x)k4
Alors, en effectuant le produit scalaire, il reste
λ2
(i) < dF ◦ f (x, h), dF ◦ g(y, k) >= < df (x, h), dg(y, k) > .
kf (x)k4
Si l’on applique ce qui précède avec f = g, x = y et h = k, on trouve
λ2
kdF ◦ f (x, h)k2 = kdf (x, h)k2
kf (x)k4
et
λ2
kdF ◦ g(y, k)k2 = kdg(y, k)k2
kf (x)k4
Il en résulte

λ2
(ii) kdF ◦ f (x, h)k kdF ◦ g(y, k)k = kdf (x, h)k kdg(y, k)k .
kf (x)k4
K 15

Alors, en faisant le quotient des relations (i) et (ii), on obtient la formule voulue.

Cette formule est bien une généralisation de la conservation des angles par inversion dans le plan. En
effet, soit C1 et C2 deux courbes du plan admettant des tangentes en leur point d’intersection (a, b).
On suppose que les tangentes font un angle α. Soit f = (f1 , f2 ) et g = (g1 , g2 ) des paramétrages de ces
deux courbes au voisinage de (a, b). Il existe x et y tels que

f (x) = g(y) = (a, b)

Alors
f1′ (x)g1′ (y) + f2′ (x)g2′ (y)
cos α = q q .
f1′ 2 (x) + f2′ 2 (x) g1′ 2 (x) + g2′ 2 (x)
Et, puisque
df (x, h) = (f1′ (x)h, f2′ (x)h) et dg(y, k) = (g1′ (y)k, g2′ (y)k)
on a alors
< df (x, h), dg(y, k) >
cos α = .
kdf (x, h)k kdg(y, k)k
Pour les mêmes raisons, si β est l’angle formé par les tangentes aux courbes images, on aura

< dF ◦ f (x, h), dF ◦ g(y, k) >


cos β =
kdF ◦ f (x, h)k kdF ◦ g(y, k)k

et le théorème donne l’égalité


cos α = cos β .