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MINISTERE DE L'INDUSTRIE

Comité de Gestion de la Taxe Parafiscale sur les Granulats

ETUDE DES DECHETS DE GRANITE


EN VUE DE L'UTILISATION EN TANT QUE GRANULATS

Fiche d'exécution 29.88.13

UNICEM LORRAINE %\?^9^^^


Syndicat Régional des Producteurs de SaÊrre'et Gravier
24, rue du Haut Bourgeois
54000 - NANCY

B. R. G. M. CETE DE L'EST
Service Géologique Régional Lorraine Laboratoire Régional de Nancy
1, rue du Parc de Brabois Groupe matériaux et chaussées
54500 - VANDOEUVRE 50, rue de la Grande Haie
54510 - TOMBLAINE
82 SGN 704 LOR 952-82
RESUME

Dans le cadre de la relance de l'industrie extractive des


granites dans les Vosges, sur financement du Conseil Général des Vosges
et de la Taxe Parafiscale sur les Granulats, le B. r. g. m., le CETE et
l'UNICEM Lorraine ont examiné conjointement les utilisations possibles
des déchets de carrières de granite en matériaux concassables pour la
route ou en pierres reconstituées après traitement (granito).

Le présent rapport rassemble les éléments techniques et écono-


miques étudiés dans le cadre de la valorisation des déchets des carrières
de granite.

Certaines fillières d'utilisation en matériaux concassables


pour la route ou en pierres reconstituées s'avèrent être intéressantes
tant sur le plan technique qu'esthétique ou financier. Elles mériteraient
de faire l'objet d'études de valorisation plus approfondies au niveau du
Massif Vosgien.
S O M M A I R E

Panes

1 - INTRODUCTION 1

2 - INVENTAIRE DE LA QUALITE ET DE LA QUANTITE DES ÎIATERIAUX 3

2.1. Les besoins en matériaux, exception faite de la


pierre ornementale funéraire 3
2.2. Les circuits de distribution et approvisionnement
actuels 6
2.3. Caractérisation des matériaux 8
2.3.1. Cadre géologique 8
2.3.2. Caractéristiques pétrographiques des grani-
tes 10
2.3.3. Caractéristiques minéralogiques et chini-
ques des granites 11
2.3.4. Caractéristiques physiques et mécaniques
des granites 14
2.3.5. Caractéristiques granulome triques des
granulats élaborés à partir de granite.... 14
2.3.6. Caractéristiques géotechniques 17
2.3.6.1. Sensibilité au gel
2.3.6.2. Comparaison de ces caractéristi-
ques et des différentes spécifi-
cations relatives aux travaux
routiers et au génie civil
2.4. Les déchets : situation, qualité, estimation.... 20
2.4.1. Déchets de carrière 20
2.4.1.1. Estimation des stocks de déchets
2.4.1.2. Possibilités de récupération des
déchets
2.4.1.3. Granulomètrie
2.4.1.4. Environnement
2 . 4 . 2 . Les déchets d'atelier de façonnage du granite 29
(suite sommaire)

3 - REPRISE DES DECHETS EN CARRIERE : UN EXEMPLE 30

3 . 1 . L'exploitation 31
3 . 2 . Nature des stériles et réemploi possible 32
3 . 3 . La reprise des stériles 34
3 . 3 . 1 . Etablissement d'une plateforme 35
3 . 3 . 2 . Traitement des d é c h e t s . . . . . 35

4 - REPRISE DES DECHETS DES INDUSTRIELS 40

4.1. Situation. 40
4.2. Estimation des déchets 40
4.3. Installation à mettre en o e u v r e . . . 42
4.4. La société et son statut 42
4.5. Le matériel à concevoir 43

5 - ETUDE DES UTILISATIONS POSSIBLES 45

5 . 1 . Utilisation dans la route 45


5 . 2 . Utilisation dans le béton hydraulique 47
5 . 3 . Cas particuliers de la préfabrication 47

6 - ETUDE ECONOMIQUE 49

6 . 1 . Situation actuelle du marché des granulats dans


les Vosges 49
6.2. Le champ de la substitution 50
6.3. Les déchets traitables 51
6.4. Coûts et prix 52

7 - CONCLUSION 53
LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 - Graduation de l'élaboration et de la spécification des


matériaux en fonction des besoins

Tableau 2 - Composition minéralogique des différents granites des Vosges

Tableau 3 - Compositions chimiques moyennes des différents granites vosgiens

Tableau 4 - Propriétés physiques et mécaniques de quelques granites

Tableau 5 - Analyse granulometrique

Tableau 6 - Valeurs comparées des matériaux des différents prélèvements

Tableau 7 - Granite de Senones : récapitulation des carrières inventoriées

Tableau 8 - Granite des Crêtes "granite gris-bleu ou gris-noir des Vosges" :


récapitulation des carrières inventoriées

Tableau 9 - Granite des Crêtes "granite gris-bleu ou gris-noir des Vosges" :


récapitulation des carrières inventoriées

Tableau 10 - Granites divers

Tableau 11 - Productions et consommations départementales

Tableau 12 - Interpolation des consommations

Tableau 13 - Matériaux pour voirie produits sur place

LISTE DES ANNEXES

Annexe 1 - Utilisation des déchets de granite pour la fabrication de


granulats. Granite de Senones. Plan de situation des prin-
cipales carrières au 1/25 000

Annexe 2 - Utilisation des déchets de granite pour la fabrication de


granulats. Granite de Barbey-Seroux, granite du Tholy,
granite des Crêtes, granite de Ventrón, granite de Remire-
mont. Plan de situation des principales carrières au
1/25 000
LISTE DES PLANCHES PHOTOGRAPHIQUES

Planche 1 - Concassage des granites : trois exemples de coupures granu-


lomètriques

Planche 2 - Dalle de gravillons polis : premier passage à la neule diamant

Planche 3 - Dalle de gravillons polis : deuxième passage à la meule


diamant

Planche 4 - Dalle de gravillons polis : troisième passage à la neule


carborendon

Planche 5 - Dalle de gravillons polis : lustrage

Planche 6 - Dalle de gravillons polis : variante sur le mortier

Planche 7 - Processus de transformation et participation à la foire de


Vagney

LISTE DES FIGURES

Figure 1 - Courbes granulomëtriques

Figure 2 - Plan de situation au 1/25 000

Figure 3 - Concassage et criblage primaire

Figure 4 - Concassage et criblage ä deux étages

Figure 5 - Schéma de principe d'une installation à deux concasseurs et


un crible

Figure 6 - Schéma de principe d'une installation à trois concasseurs


et deux cribles
1 - INTRODUCTION

Dans le cadre de la relance de l'industrie extractive des


granites dans les Vosges, à la demande des Pouvoirs Publics et des ins-
tances régionales et départementales, le B. r. g. m. a réalisé de 1977
â 1980 une série d'études destinées à définir et préciser des secteurs
propices à l'ouverture de carrières de granite.

L'UNICEM de son côté s'est chargé de l'aspect économique de


cette étude.

Parallèlement, mais pour d'autres objectifs, le CETE de l'EST,


Laboratoire Régional de Nancy, s'est intéressé aux sites d'exploitation
du granite à la demande de la Direction Departementale de l'Equipement,
grosse consommatrice de matériaux dans ses réalisations routières.

En raison de l'appréhension très spécifique des problèmes étu-


diés de part et d'autre, les uns s'intéressant essentiellement aux res-
sources potentielles en matière de pierres ornementales, les autres aux
ressources en matériaux concassables pour la route, certaines possibilités
sont restées dans l'ombre.

C'est ainsi que les ressources en matière de pierres ornementales


étant bien cernées, il restait à se pencher sur les utilisations possibles
des déchets tant des carrières que des ateliers de façonnage et, si
possible, en liant cette étude aux contraintes et exigences de l'industrie
principale qui reste la production de pierres ornementales.
- 2 -

II existe des masses considérables de matériaux inutilisables


par les granitiers, voir inutilisées par manque d'intérêt immédiat, qui
encombrent carrières et ateliers tout en déparant l'environnement et
dont l'élimination pose à l'heure actuelle des problèmes considérables.

Ces problèmes préoccupant les gens de la profession et les


Pouvoirs Publics depuis fort longtemps, il fut mis sur pied un programme
d'études concernant l'utilisation de ces déchets et réunissant pour son
exécution en 1982 le CETE, le B. r. g. m. et l'UNICEM, le financement
étant assuré à 50 % par la Taxe Parafiscale sur les Granulats et, pour
le solde, par le Département des Vosges avec un complément sous forme de
prestations par les Organismes cités ci-dessus.

Il convient de souligner que cejóte étude envisage essentiel-


lement la production de granuláis à partir des déchets, principalement
comme matériaux de substitution ou complémentaires des alluvions, et ne
concerne pas l'utilisation de ces matériaux comme pierres ornementales,
notamment pour l'industrie funéraire . Ce qui pose d'autres problè-
mes déjà abordés à l'occasion des opérations entreprises auparavant dans
le cadre de la Relance de l'industrie du granite.

Néanmoins, la possibilité d'utiliser ces déchets d'une manière


ornementale dans la construction est évoquée à plusieurs reprises : soit
taillés (moellons, pierres de construction...), soit tranchées, soit pour
la fabrication de pierres reconstituées après traitement (granito).

Le terme "granite" est utilisé au sens large et s'applique à


l'ensemblez.des
desroches
rochesdures
duresd'origine
d'origineeruptive
érup ou métamorphique et non
sédimentaires traitées par les granitiers.

* Roches eruptives d'origine profonde dues à la cristallisation d'un mag-


ma (roche fondue), roches métamorphiques dues ä la recristallisation
d'une roche sëdimentaire ou eruptive sous l'action d'un magma.
- 3-

2 - INVENTAIRE DE LA QUALITE ET DE LA QUANTITE


DES MATERIAUX

2.1. LES BESOINS EN MATERIAUX, EXCEPTION FAITE DE LA PIERRE ORHEMEMIALE


FUNERAIRE

C'est aux besoins en matériaux en général qu'il faut s'attacher,


les granulats au sens strict ne représentant quant à leur volume qu'une
fraction des besoins.

D'une façon la plus exhaustive, la liste des utilisateurs pos-


sibles est la suivante :

- les tout-venants,
- les matériaux pour remblais de toute nature à caractère
spécifié ou non,
- les granulats pour couche de chaussées, assises traitées ou
non,
- les granulats pour couche de roulement,
- les granulats pour le béton hydraulique,
- les granulats pour éléments préfabriqués architectoniques,
- les enrochements pour protection de digues ou de rivages,
- les pierres de construction et ornementales de toute nature.

Ces matériaux peuvent se classer en grandes familles selon les


spécifications qui leur sont appliquées et bien évidement le degré d*
élaboration nécessaire.

Le tableau ci-après donne la graduation de l'élaboration et de


la spécification des matériaux en fonction des besoins (tableau 1 ) .
TABLEAU 1

NATURE DES BESOINS; SPECIFICATION

Pierre de construe-¡non gëlive ;tri en carrière, éventuelle-


tion : :raent taille ou sciage

Matériau pour :D spécifié; généralement:carrière


remblai :250 à 500 mm :

Enrochement :Blocomètrie définie par :carrière + tri à la pelle


:1e poids, non gélifs :

Tout-venant : D spécifié, fuseau : carrière + criblage sommaire


rdëfini, teneur en fines,:ou concassage
¡nature des fines :

Granulats pour : fuseau d'élaboration :concassage secondaire et


assises traités ou :ES - EB - P, LA MDE, icriblage
non * m o n gélifs :

Granulats pour : fuseau d'élaboration, rconcassage secondaire +


couches de rteneur en fines, ES - EBrcriblage et concassage
roulement * :P, LA. MDE.CPA, appla- :
:tissement, non gélifs : lavage éventuel

Granulats pour : fuseau granulometrique, :concassage secondaire et(ou)


bétons hydrauliques:ES - EB - P, LA, forme rtertiaire + criblage, lavage,
: : traitement particulier des
: :sables

Granulats pour rgranulomètrie, forme, :traitement particulier


éléments préfabri- : couleur : éventuel
qués architectoni- : :
ques : :

* En ce qui concerne les granulats routiers, la qualité requise est fonction


du trafic et, en particulier, du trafic poids lourds. Voir la circulaire
ministérielle du Ministère de l'Equipement et de l'Aménagement du Terri-
toire n° 77.136 du 26 décembre 1977 dont un extrait est donné ci-après.
D = diamètre.
- 5-

Lu tpécrfiatnm del fjnnubtt d o n n é « ici l'appliquent aux techniouas I - SPECIFICATIONS E T T O L E R A N C E S R E L A T I V E S A L A G R A N U L A R I T E

• graves non traite«* (G N T ) .


GRAVILLONS AVEC Enduits superficieli(i)
•ejmn tmtées Mix liants hydraulique« ( G H ) : gtavei-lairtf, gravri- D « 1.S3 d Béions bitumtneu>t{l) Autre!

pouitolan«. gravet-cenom n>Unin-chju>, graves-Ctment. Usajei


Cat-npt« « 6 6'1O. 1014 D<6mm 0>6mn>
• e/avr* t/*tt**i aua I w n u hyorocarbonét ÍGMc) : y n e t bitume, graves-
émuiitort ; toutefois, l'utiliution d e 9*»»«-*mul*«on m couch« de bat* .MO-".»«
Tanmat A i no = loo* tUD-,00.
pour un tral* supérieur A 300 P U , , fer* Tobtet d'un« étud« particulièri
dt laboratoire, notamment pour preciier la qualité des granulan- Relui a O . u m i u i a d «20%
- baton« bitumineux pour c o u c h « de roui« m » m et couch« da lui ion. Variation (2) du refui l O i t d u
,5* ,7.5«
tamiut a d
- enduits fuptrf iCHli. gravillon* d« cfouug« (E. Sup.).

• betoni hydrauliques d« cha-joées. Variation (2) du refus à ~ ^ 115% 115%

Tamiwt A 0.63 d O % 131 < 3 % 131

Traf« : L n seuils d« trafic tont «primé« en trafic ponJt lourdi |ourrulter Propreté superf ciedle : «ou* tibiuu III
"»y« IPL - M J A ) d * la voie la plut chargea ; Ici po-dt lourd»
» m définis » m m « In véhicule* d * charg« ultl« supérieure o u
égale a 5 tonnes.
GRAVILLONS AVEC
D>1.5«d Betont Aunt

iiimpli : 2/S. 4/tO. S't4. S/30


CarácterrKiqu«

le : Indice de concaisag* Tamiut * 1.53 D 100%


Be : Rapport de concaisage - Refus à D , tamisât * d «15%
A : Coefficient d'aplat .»ernent
Variation (2) du refui A 0 et du
LA : Coefficient Loi Angelèt i 5% ! 7 J %
MDE : Coefficient Miero-Deval en présence d'eau Umisat t d

CPA : Coefficient de pol.uaoa accéléré


I* : Propreté superficielle d « granillo ni (pourcentage d# passant
Variation (2t du refui a ^ y ^ 110% 115%
* 0.S m m )
Tam.iat M 0.63 d <3%I3I C4%<3>
ES : Equivalent de ubl« (effectué u r le 0 / 5 pour lei betont hydrau-
liauei «Iiur 1« 0/3 avec 10% de fines poor I M autres technique»).
M : M o d u l * de f m e t » SABLES
fS : Coefficient d * friabilité dei w M e s . Grant O / 0
SABLES £T GRAVES Antrat appro* isionrvtes
bitumMtausli) usages an urva fraction

D e ptui. In C . C . T í . peuvent imposer d « ipécificationi complémentaire!


reían*« a la granúlente, l'homogène it« en qualité, la teneur an seit solubles. Tamisai» 1Í8 D = 100%
la sensibilité au gel, la teneur an maueret organiques. Darn tous les cas les Rehit à 0 «15% «15% «15%
granulan ne doivent pat être alterables.
V«fi»tion(2)dure1utAD 15% 17.5% s 7.5%

Vtriation f2) du tamiat a 0 J


Compensation* 17% 110% 110«
0 3 ou 0.6 m m

Avec l'accord d u Laboratoire Régional des P. et C , o n pourra admettre :


Variation 12) du tamiut a SO p
• Pour let c o u c h a de liaison, b a u et fondation : une compensation limité«
. pour > 12% de fines 13% 14% 12%
a 5 poinu entre let valeurs L A et M D E . tur la totalité
• pour les couchet de roulement : une compensation (imitée » S points . pour < 12 X de * -nei 12% 13% da la grava
entre les valeurs L A . M D E et C P A (x 100).

111 • SPECIFICATIONS POUR COUCHES DE ROULEMENT RELATIVES


Il - SPECIFICATIONS POUR COUCHES DE FONDATION ET BASE RELA-
TIVES A U X CHAUSSEES NEUVES 6T AUX RENFORCEMENTS AUX CHAUSSEES NEUVES E T A L'ENTRETIEN DES CHAUSSEES
ANCIENNES
BASE ET
FONDATION RENFORCEMENT
CARACTE-
RISTIOUES
GNT GH GHc CNT GH G Ht
I BETONS
ARACTE H Y D H A U -
k(%) 14) 141 14) »30 14) 14) Util LIOUES

LA «40 «40 «40 <30 «40 «40


MOE «35 «35 «35 «25 «35 «35
ES »30 »30 »40 »30 »30 »40
«30 «25 10,6
»30 »30 »30 »60 »30 »30 »60 100 <30
kl%l
«30 «40 «40 «25 «30 «30 «30 «25 «2» «40
LA
«35 «35 «20 «25 «25 MDE «25 «20 «20 MDE «35
MOE «25 CPA
»30 »50 »40 »40 »50 CPA (71 0.45 ISI »0.45 18)
ES »40
«2 «2 «2
lc(%l »60 »30 »30 »60 »60 »50 »60 »65
LA «25 «40 «40 «30 «30 «30
MOE «20 «35 «35 «25 Í25
ES »40 »X »SO »40 »50 «30 «25 <20 10.4
c = 100 Re»2 Rc»4 «30
Ici») »30 »60 100(5) 100161 «25 «20 «20 «30
«40 «40 «30 «25 MDE «25
LA MDE «20 «15
MDE «35 «35 <25 «20
»0.50 »0J0 CPA
CPA 171
ES »30 »SO »40 »50
«2 «2
«2 «2
»50 »50 »75
OBSERVATIONS - T a M a a u » I. II. Ill «20
11) Pour caí tccnmguat al pour dit Iral*i < 2 5 PL/¡. on ta laporura A la eolonna
«25 «20 i 0.4
(21 Variation par rapport A la courbe granulometrtque moyenne du fuseau de ré- »2 »2 »4 «25
gulant*. <25 <20 «15 LA «25
13) < 5 % •• D < 5 m m . MDE «20 «15 «10 MDE «20
CPA (71 »0» »0J0 CPA »0.45
141 Leí granulan roultt peuvent être accepiéi. Mail, d a m cena.nl cal, pour lacl- «1
«2 «2 Pit) «2
l.t.r reiecution de> chant leii. il e« conwilia d'ul.liier del granulan ayant un »50 ES »75
(5) Pour tral*>750PL/i.avectravau»eHeelueiioulcirculation(renforcemant*) :
»50 FS «15
Rc » 2 . pour gra.nJan.er. gravai pouliolana. gravai candrai volantet.
161 Pour trat* > 750 PL/¡ : R e » 2 . «20 «20 «15 10J
(7) Pour leí betoni bitummeu« dettirvii A aire revélui rapidement, on ne tiendra Rc »2 »4 »6 «25
LA «25 «20 «IS LA «20
pal compta du C P A
MOE <20 < 15 «10 MDE «15
18) 0.40 I m . n . m u m abttlu) lorwue le vneiv» e n limitée A 60 k m / n .
»0.50 »0.50 CPA »0.50
(91 Pal de matériau», alluvionnairai. CPA (71
«2 «2 «0.5 P(*l «2
(lO)Pour b e t o m hydrauliquei : P(%)
»50 ES »75
II n'y a pa* de ipécilication concernant l'angularit* : il e « toutetoii re- ES »50
FS < 15
c o m m a n d * o.ua In groi granulan (20/40) el lei granulan moyeni (4ZJ0I
aient u b i u n concauage. La ubla correal» peut »Ire admit aprat une «tuda
A «20 «20 «10 M «0,2
. Pour leí gravillon» > 20 m m , on pourra admettre det valeurs de L A al M O E Rc »4 »4 191 A «25
supérieure! de 5 poinu aun toec.ficationi. LA «25 «15 «15 LA «20
>75O MDE «20 «15 «10 MOE «15
. Pour las betoni recouvert! d'un enduit wperficid ou d'un cloutaga :
• n* pal tenir compte du C P A . (T.) CPA 171 »0.5O »035 CPA »0.50
• «eleuri de durât* A reweeter : P(%) «2 «2 «05 Pl%l «2
. irai* > 300 P L / | - L A « 30 : M O E < 2 5 ; F S < 20. ES »50 »50 ES »SO
trafic comprit entre 25 et 300 P L / | - L A « 40 : M O E « 35 ; F S < 2 0 .
FS «15
cal« < 25 PL/¡ - L A < 45 . M O E < 4 0 . F S « 30.
- 6 -

2.2.-LES CIRCUITS DE DISTRIBUTION ET APPROVISIONNEMENT ACTUELS

Traditionnellement, en Lorraine, les approvisionnements sont


fournis pour l'essentiel par les gisements alluvionnaires des Vallées de
la Meurthe et de la Moselle, alluvions siliceuses qui sont utilisées
sous toutes les formes roulées et concassées chaque fois qu'elles peuvent
satisfaire un besoin de :

- remblai,
- couche de forme,
- fourniture de béton,
- assises traitées et couches de roulement,
- etc...

Ponctuellement, la Vallée de la Meuse fournit des matériaux


équivalents, hormis pour les couches de roulement.

En outre, une partie d'origine extra-régionale provient de


la Vallée du Rhin : Moselle, Est Meurthe-et-Moselle, ou de la Vallée de
la Saône (aux confins des Vosges).

L'essentiel des besoins en matériaux provient de carrières


spécialisées : Raon l'Etape, Giromagny, Saint-Naboni qui fournissent en
particulier les matériaux pour couches de roulement, voire des enroche-
ments ou des ballasts, éventuellement complété par des apports de maté-
riaux provenant de carrières ouvertes à l'occasion de grands travaux,
surtout routiers.

Une tendance venue de Haute-Marne en particulier tend à sub-


stituer des matériaux issus de calcaire dur aux ressources traditionnel-
les de rivières chaque fois que cela s'avère possible, notamment sur la
frange Ouest de la Lorraine.
- 7 -

II faut aussi noter que les préfabricants d'éléments en béton


font appel à des ressources quelquefois fort lointaines, mais toujours
pour des tonnages assez marginaux :

- quartz de Bretagne,
- marbre d'Italie ou des Pyrénées,
- quartzite d'Alsace ou d'Allemagne,
- etc...

Bien que marginales, ces consommations n'en représentent pas


moins un volant financier important qui n'est pas à négliger.

Compte-tenu de caractéristiques somme toute très satisfaisante


(le granite est en effet une des matières premières des alluvions de
Moselle), le granite peut prétendre à une place honorable comme ressource
en matériaux pour peu que la chaîne d'élaboration soit étudiée en fonction
des besoins.

Toutefois, à ce stade de réflexion, il est nécessaire de


distinguer :

- les matériaux issus directement des carrières,


- les matériaux issus des usines de transformation.

Pour les premiers, l'étude de valorisation se ramène à celle


d'exploitation d'une carrière et de la chaîne de transformation.

Pour la seconde, le problème est plus difficile à résoudre


compte-tenu de la diversité de matériaux à traiter et de la dispersion
géographique de ces résidus.

D'une façon générale, le granite doit figurer à l'inventaire


général des ressources en matériaux pour nombre de raisons et comme cela
a déjà été fait en bien des régions de France.
- 8 -

2.3. CARACTERISAT ION DES MATERIAUX

2.3.1. Cadre géologique

Malgré ses dimensions modestes, une centaine de km de long sur


'50 km de large, le massif vosgien présente une grande diversité de roches
cristallines. Il est possible d'y dénombrer 20 à 30 sortes de granite,
en y ajoutant les roches métamorphiques crystallophyliennes, les microgra-
nites et microsyënites, les roches composant le socle vosgien approchent
de la cinquantaine. Il en résulte donc un morcellement considérable des
différentes unités pétrographiques, aggravé encore par une tectonique
importante et complexe qui s'est manifestée depuis les temps hercyniens,
et même avant, jusqu'à l'ère tertiaire au cours de laquelle s'est effondré
le fossé rhénan.

En gros, le massif vosgien se compose d'un soubassement ou


socle essentiellement formé de roches cristallines, granitiques pour
l'essentiel, ou crystallophyliennes ; au Nord de la Bruche, ce socle
disparaît presque entièrement sous une couverture sédimentaire essentiel-
lement gréseuse, cette partie septentrionale est pour cette raison appelée
"Vosges gréseuses". Au Sud de la Bruche, le socle apparaît très largement
portant cependant surtout sur sa périphérie des dépôts sédimentaires ou
volcano-sédimentaires essentiellement de l'ère primaire ou triasique
(début de l'ère secondaire). Vers l'Ouest, le socle disparaît sous les
grès vosgiens triasiques sur lesquels se sont déposées successivement les
formations sédimentaires lorraines de la bordure Est du Bassin Parisien.
Vers l'Est, le massif est limité par un champ de fractures complexes en
bordure du fossé d'effondrement de la plaine d'Alsace.
- 9 -

Les Vosges granitiques, dites aussi hercyniennes puisque c'est


essentiellement lors des plissements hercyniens qu'elles se sont formées,
se subdivisent en trois parties :

- les Vosges cristallines du Nord présentant "une grande ori-


ginalité lithologique et structurale" avec des dépôts sédi-
mentaires ou volcaniques primaires "pénétrés" par des roches
intrusives, en particulier des granites dont le fameux granite
de Senones ;

- les Vosges moyennes sont constituées de roches métamorphiques


formées à une certaine profondeur (gneiss, migmatites, etc)
et de granites variés dont la plupart intrusifs se sont mis
en place lors des paroxysmes des plissements hercyniens, ou
plus tardivement. C'est dans les Vosges moyennes que se trou-
vent la plupart des granites exploités jusqu'alors : granite
des Crêtes, granite du Tholy (dît de Bouvacôte), granite de
Remiremont, etc ;

- les Vosges méridionales rappellent, dans une certaine mesure,


les Vosges cristallines du Nord par la nature, la variété et
l'âge des roches qui les composent. Limitées au Nord par les
Vallées de la Moselle et de la Combeauté, elles se trouvent
en grande partie sur le département de la Haute-Saône

Dans son ensemble, le massif vosgien est intensément fracturé


et découpé comme un puzzle. Tantôt le socle seul est affecté, accidents
hercyniens, tantôt le socle et sa couverture permo-triasique sont simul-
tanément disloqués, accidents post-hercyniens.
- 10 -

2.3.2. Caractéristiques pétrographiques des granites

Les granites sont caractérisés par leur composition minëralo-


gique ou assemblage de minéraux et par leur structure ou manière dont
les minéraux cristallisés sont assemblés.

Les granites sont constitués essentiellement de :

- quartz,
- feldspath,
- mica,

auxquels s'ajoutent certains minéraux accessoires généralement colorés.


La proportion et la nature des minéraux colorés conditionnent la couleur
du granite. C'est ainsi que le granite de Senones varie du gris au rose
et même rouge "corail" selon la nature des feldspaths et que le granite
des Crêtes prend des teintes qui vont du gris-noir au gris-bleu, en
fonction de la teinte des plagioclases et du pourcentage de minéraux
foncés (biotite + amphibole), tandis que d'autres comme le granite de
Remiremont sont de couleur gris clair.

Les granites ont généralement un grain ou structure dite grenue,


les différents cristaux se distinguant à l'oeil nu. Ce grain est variable
fin de taille millimétrique pour le granite de Remiremont, il est dit
porphyroïde pour les granites de Senones ou des Crêtes où de grands feld-
spaths pluricentimètriques se détachent sur un fond plus finement cris-
tallisé.
- 11 -

Ainsi est-il possible d'établir deux groupes :

- granit porphyroïde à grands cristaux de feldspaths,


- granit à structure grenue et grain, fin .

Cette différenciation simple s'applique également aux gra-


nites étrangers à la région.

2.3.3. Caractéristiques minëraiogiques et chimiques des


granites

Les minéraux les plus couramment identifiés sont :

- le quartz constitué de silice,


- les feldspaths qui sont des silicates d'alumine potassique
comme l'orthose ou calco-sodique comme les plagioclases et
divers autres silicates d'alumine plus ou moins complexes
cités dans l'ordre d'importance décroissante,
- les micas biotites (mica blanc) ou muscovites (mica noir),
- les amphiboles,
- les zircons, apatites, sphères, e t c . .

Les derniers sont des minéraux accessoires.

Le tableau 2 donne la composition minéralogique de divers


granites vosgiens et le tableau 3 la composition chimique moyenne des
granites de Senones, des Crêtes et de Remiremont.
TABLEAU 2

COMPOSITION MINERALOGIQUE DE DIFFERENTS GRANITES VOSGIENS


(en %)

: FELD -.PATHS : MIC;AS


TYPE I TEXTURE :
COULEUR ¡QUARTZ : ACCESSOIRES :
i AMPHIBOLE
: potassique calco-sodíaue : biotite ¡muscovite : (3) :
: (0 : (2)

,: SENONES 'porphyro'ide |rouge corail ! 20 1


27 ' :
37 7 8 :
1 •
;SENONIS ] porphyro'ide 'feuille morte ; 25 25 . 40 6 3
1

: THOLY •
:"BouvacSte" :porphyroide gris clair 25 36 29 9 1 x :
.i
: BARBEY -
: SEROUX porphyro'ide gris 15 - 20 30 - 40 35 10 - 15 x :

:des CRETES porphyroïde gris bleu ä 12 - 18 27 - 55 10 - 20 20 - 40 (4) x :


gris noir (4) •

: VENTRÓN grenue gris clair 27 26 38 5 4 X

:REMIREMONT : grenue fine gris clair : 26 23 43 5 3,5 X

(1) Feldspaths potassiques : orthose et microcline Selon J. HAMEURT (1967) et A . NICOLAS


(2) Feldspaths calco-scdiques : plagioclases (1960)
(3) Minéraux accessoires divers
(4) Amphibole et biotite
- 13 -

TABLEAU 3

COMPOSITIONS CHIMIQUES MOYENNES DE DIFFERENTS GRANITES VOSGIENS


(en %)

SENONES : CRETES REMIREMONT :


(0 : (2) (3) :

:SiO2 65,60 63,26 : 71,96 :

:A1203 14,69 : 14,07 : 15,06 :

:Fe203 3,77 : 4,53 1,49 :

:MnO 0,05 0,08 0,03 :

:MgO 2,45 : 4,28 0,49 :

:CaO 2,37 : 2,82 1,02

:Na20 : 3,66 : 2,42 3,92 :

:K20 4,56 : 6,29 4,66 :

:TiO2 : 0,69 : 0,77 : 0,24 :

(1) Variété "rouge corail". Lab. Géol. Rég. Pétrologie structurale Nancy I (1970)
(2) Cf. Gagny (1963)
(3) Cf. Hameurt (1967)
- 14 -

- 2.3.4. Caractéristiques physiques et mécaniques des granites

La nature des constituants minéralogiques des granites et


surtout leur assemblage et leur taille conditionnent ces caractéristiques
(voir tableau 4 ) .

:
2,63 pour le granite de Remiremont et 2,71 pour le
granite de Senones.

:
i£êî}£î}Ë£Êî_5£ * ^00 bars pour Senones et
2 500 bars pour Remiremont (la Forge), Rt : 63 bars pour Senones à 88 bars
pour Remiremont (la Forge).

:
• Yiî:ësse_du_son ^ 100 m/s pour le granite de Remiremont (la
Forge) à 5 500 m/s pour le granite de Senones.

2.3.5. Caractéristiques granulomètriques des granuiats élaborés


à partir de granite

Plusieurs échantillons représentatifs des lieux d'exploitation


possible ont été broyés en laboratoire. Les prélèvements proviennent :

- de la carrière Migliarini - La Roche Margot à Senones -


500 kg environ issus des stériles de la carrière ;

- des déchets de taillage et de sciage de l'usine appartenant


à la Société Bianquetti à Nol (Vagney) - environ 1 tonne -
(roches eruptives variées) ;

- de la carrière de granite de Remiremont, abandonnée des


Grandes Gouttes dans la Vallée de Cleurie (environ 150 kg)
au Nord-Est de Bémont.
- 15 -

TABLEAU 4

PROPRIETES PHYSIQUES ET MECANIQUES DE QUELQUES GRANITES

TYPE SENONES CRETES REMIREMONÎ

Densité apparente 2,67 2,69 2,63

Porosité en 0,76 0,8 0,41 - 0,78

Perméabilité en aiilidarcy 0,018 - 0,025 0,009

Vitesse du son en m/s


- longitudinale 5120 - 5950 4 5 0 0 - 5086 4100 - 6350
- transversale 2215 2265 2235

Deval (résistance à l'usera)


- à sec H.I 19,9
- en présence d'eau 12
8,5
Los Angeles (résistance =
la fragmentation aux chc-cs) 25,5 18,5

Coefficient de résistance
au polissage 0,59

Résistance à la corcpressioa
- lente kg/cci2 1485 - 1770 1430 - 17 30 1980 - 2530
- rapide " 1760 - 2120 1580 - 1620 2515

Résistance à la traction
- directe kg/cm2 35 - 80 27 - 59 46 - 120
- indirecte " 117 - 150

Module de Young 670 000 420 000 665 000


(coefficient, d'élasticité) 822 000 600 000 727 000
statique

Essais réalisés en laboratoire sur éprouvettes par le B . r. g . m . et le Laboratoire*


P n M ^ v n i J ._ ^ T» j. _ . / 1 1 <• I
Central des Ponts-et-Chaussées.
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littstI N uaissoa

3nOIUJL3l/UO-|nNVUO ADNVN 3Q TVNOIO3U 3UIOXVUOQV1 3f1ÜIUJ.= AONVN sa 1VNOI93U 3U1OXVUOSV1


1 f 1 I t 1 H IM i M 1 H 1 i4 n o l • * i • mini"
••
- 16 -

Le concassage a été mené sur un appareil à percussion Hazemag


APKO travaillant à la vitesse de 26 m/s pour un réglage d'écran de :

- 70 mm pour le premier écran de choc,


- 40 mm pour le deuxième écran de choc,

ce qui permettait de produire un tout-venant de granulomètrie 0/31,5.

L'échantillon provenant de la carrière des Grandes Gouttes a


été concassé plus fin de manière à obtenir principalement une fraction
6/10 destinée aux essais géotechniques.

Le tableau 5 consigne les résultats d'analyses granulomètriques


réelles des tout-venants et des granulomètries calculées aux coupures
industrielles habituelles (voir aussi les courbes granulomètriques figure 1)

TABLEAU 5 - ANALYSE GRANULOMETRIQUE

: X. ORIGINE: MIGLIARIN]I SENONES : BIANQUETTI VAGNEY :


(Y ¿ e Senones) : (roches eruptives variées) :
• \ :
; \ • Calculée Calculée :
: TAMIS \. Tout-venant 0/6 6/20 Tout-venant 0/6 : 6/20 :

: 80 100 100
: 40 94 : 96
: 20 78 95 82 95 :
: 10 62 36 65 45 :
: 8 : 57 16 60 100 . 19 :
: 6,3 : 53 95 5 54 95 5 :
: 5 : 48 90 0 51 : 89 0 :
: 2 : 30 57 : 34 63
: 1 : 20 • 38 : 24 44
: 0,5 : 13 24 15 28
: 0,2 : 7 . 13 8 : 15
: 0,08 : 3,6 : 6,8 3,5 : 6,5
- 17 -

h-équivalent de sable mesuré sur la fraction 0/6 des matériaux


"Migliarini" ES = 79,est excellent. Il ne permet pas, toutefois, de qua-
lifier globalement les stériles de carrière car le prélèvement est composé
uniquement de débris de granite, les résultats se rapportent donc a. cette
roche et non à l'ensemble des stériles qui comprennent une part très
importante d'arène d'altération des granites.

Un bilan de concassage fait sur un échantillon de 400 kg prove-


nant de Senones a permis de sortir les proportions suivantes :

- fraction 0/6 47,6 %


- fraction 6/14 20,2 %
- fraction 14/25 10,6 %
- fraction 25/40 21,6 %.

La forte proportion de sable obtenue pourrait être notablement \


réduite par un concassage mieux adapté à l'aide d'appareils à mâchoires,
par exemple.

Par analogie aux matériaux concassés élaborés à partir des


graves de Moselle, les proportions relatives de 0/6 et 6/25 sont voisines.

Bilan granite 0/6 60 % Bilan "Moselle" 0/6 55 à 60 %


6/25 40 % 6/25 40 à 45 % I

2.3.6. Caractéristiques géotechniques

Le tableau 6 ci-après donne un aperçu des valeurs comparées des


matériaux des différents prélèvements.
- 18 -

TABLEAU 6

GRANITE ROUGE: MELANGE /REMIREMOS :


SENONES : GRANITIER Gdes GOUTTES:

^Coefficient Los Angeles 27-32 : 26 22 :

s Coefficient microdeval en
:présence d'eau : 12 10 10 :

:Coefficient microdeval sec - 6 : 5 :

:Coefficient de polissage :
raccélêré
0,49 - [

Nota : Les essais ont été pratiqués sur la fraction 6,3/10.

2.3.6.1. §ensibilité_au_(|el

L'expérience montre qu'un granite sain exposé au gel dans des


conditions particulièrement éprouvantes : bordures de trottoir, pavés,
dallages, et..., n'est absolument pas affecté et toutes les opérations
de transformation par concassage ne sont pas de nature à modifier cette
propriété.

Un essai de gélivitê sur granuláis (nome NF p. 18 - 593)


réalisé sur la fraction 6,3/10 des matériaux concassés en laboratoire
confirme cette constatation.

2.3.6.2. Comparaison de çes_caractéHstigues_et_des


différentes _sgéci fi cat;mn^_r^l^ti ves _aux
ÍÍT^y^y^-ÍZQy^i ers_et_au_gënie_ciyi X

Les différentes caractéristiques indiquées ci-dessus sont pour


partie tout à fait similaires à celles obtenues sur des alluvions de
Moselle ou de Meurthe recelant une proportion non négligeable de granites et
granitoïdes.
- 19 -

Ainsi est-il possible de conclure à première vue que le granite


est un substitut potentiel des alluvions de Moselle chaque fois que cela
s'avérera techniquement et économiquement possible.

En matière de béton hydraulique, le granite satisfait a priori


toutes les spécifications, à savoir :

- coefficient Los Angeles 35,


- porosité <^ 10 %,
- absence de matières organiques et d'argile , limon., vase ,
- coefficient de forme ^>0,15 (dépendant essentiellement
de la méthode de concassage),
- stabilité à l'air, à l'eau, au gel,
- E S > 60.

Les caractéristiques "routières" des granites en font un matériau


utilisable ainsi que le met en évidence une confrontation avec les spéci-
fications actuelles (voir page 5 ) .

Les granites semblent pouvoir satisfaire les besoins en matière


t

d'assises traitées, toutes techniques confondues. Une réserve doit être ¡


faite pour les déchets des carrières de granite de Senones qui pourraient
nécessiter un concassage sélectif afin d'éliminer les arènes et les parties
altérées pour que le coefficient Los Angeles reste inférieur à 30. !

Le granite de Remiremont présente un intérêt particulier vis-à-


vis des couches de roulement. Ses caractéristiques en feraient un granulat
apte pour béton bitumineux jusqu'à un trafic Tl et pour enduit superficiel
jusqu'à un trafic T3.

* Extrait de la norme MFP 18.301. Granulats lourds pour béton et diverses


spécifications en vigueur.
- 20 -

2.4. LES DECHETS : SITUATION, QUALITE, ESTIMATION

Ceux-ci sont de deux sortes quant à leur nature et leur


situation :

Io Les déchets de carrière,:restés sur place et bruts d'exploi-


tation de nature le plus souvent homogène.

2° Les déchets des ateliers de façonnage, souvent déjà plus ou


moins travaillés et très hétérogènes quant à leur origine
et leur nature, en particulier par leur couleur puisqu'il
s'y trouve aussi bien des matériaux sombres d'Afrique du Sud
que des granites clairs.

2.4.1. Déchets de carrière

2.4.1.1. Estimat[on_des_stocks_de_déchets

Ce sont de toute évidence les plus abondants par leur volume.


Ils constituent une gêne considérable au niveau de l'exploitation.

Les carrières ouvertes à flanc de colline comportent généralement


une plateforme principale d'exploitation donnant directement accès au
front de taille qui peut comporter parfois plusieurs gradins plus ou moins
continus.

Les déblais essentiellement constitués de déchets de granite


sont directement rejetés en contrebas à partir de la plateforme princi-
pale ou des gradins dont les surfaces horizontales s'accoissent ainsi
lentement alors que les déblais s'étalent très loin sur les versants.

La couverture de terre ou d'arène granitique est faible, voire


nulle pour les différentes exploitations de la Vallée de la Moselle,
Moselotte, Vologne ou leurs affluents ; par contre dans la Vallée du
Rabodeau, pour le granite de Senones, l'altération est très importante,
souvent plusieurs dizaines de mètres et les déchets de granite sont noyés
dans les déblais au sein des arènes.
Relance de l'industrie d'extraction TABLEAU 7
des granites dans le Département des
Vosges. Inventaire 1977

GRANITE DE SENONES : Récapitulation des carrières inventoriées

ARCHIVAGE SGN NOM FRONT TAILLE EXPLOITABILITE*


COMMUNE LOCALISATION de V OBSERVATIONS
1/8 feuille :n° EXPLOITANT .m: }\5 m

306.2. :34 :SENONES : Roches Margot X


¡42 ¡SENONES ¡Roches de la Forain Migliarini F. X
:43 :SENONES :Haut de la Forain X
¡44 :SENONES ¡Haut de la Forain X
:45 :SENONES ¡Haut de la Forain X
:46 :SENONES .: bordure D46 X habitation attenante
:47 ¡SENONES ¡Colline des Gouttes X fracturation serrée
:48 :SENONES ¡Colline*des Gouttes X
s 49 ¡SENONES s Roches Margot Migliarini F. X
:50 ;SENONES ¡Bois du Palon X
:5I :MENIL :sous D45b x
:52 :MENIL :N. Bois du Palon • X
:53 iMENIL :N. Bois d u Palon X
:54 ¡SENONES ¡Les Gouttes X agglomération
:55 :SENONES :Bois du Palon X
:56 : SENONES : Roches Margot Migliarini F. X
:57 : VIEUX MOULIN ¡Haut du Mont Mon t i X

306.3. :LE PUID :La Bigorne habitation


¡LE PUID ¡La Bigorne Longo Pi x
:25 ¡LE PUID :bordure D45a X
¡26 :LE PUID ¡bordure D45a X
:27 ¡GRANDRUPT :Salvegoutte X
:28 :LE PUID :Les 3 Maisons X
:31 :LE MENIL :Le Renelos X
:32 :LE MENIL ¡Le Renelos
Nbre ; 25 : Carrières dont 5 exploitées
„y.

L'appréciation d'exploitabilité est relative et peut varier selon les circonstances ou l'avancement des fronts de taille
- 22 -

Les travaux effectués de 1977 à 1980, notamment l'inventaire


de 1977, recencent l'essentiel des carrières ouvertes dans les principaux
granites ornementaux vosgiens, ä savoir : les granites de Senones, du
Tholy, de Barbey Seroux, des Crêtes (voir tableaux récapitulatifs 7 ä 10
inclus et plans 1 et 2 en annexe).
Kelance de l'industrie d'extraction TABLEAU 8
des granites dans le Département
des Vosges. Inventaire 1977 GRANITE DES CRETES "GRANIT GRIS-BLEU OU GRIS-NOIR DES VOSGES"
Récapitulation des carrières inventoriées
: ARCHIVAGE SGN i s : NOM :FRONT TAILLE :EXPLOITABILITE*: :
: de 1'
i 1/8 feuille - i*« i C0MMUNE ; "NATION ^15 m <\5 m : + OBSERVATIONS
: EXPLOITANT
• • • « > • *
« • • •
: x : - s filons, inclusions ;
:• 376.4 •:2A •:BASSE/LE RUPT «:Tongoutte . : x : - : altération, frac tur . :
:s 3A 1.3. :38
:25 :CR01X-AUX-MINES:
:SAULXURES Le Chipai
:Sarimont :S. Poirot : x + : filons :
: :26 :SAULXURES sSarimont X - : facturation serrée :
: :27 :SAULXURES ¡Sarimont X
: :28 :SAULXURES :Lansau E . I.Etienne x : ++ < • •
l :29 iBASSE/LE RUPT :Col des Haycs x : fracturation serrée :
: :30 :BASSE/LE RUPT :Col des Hayes x : + : s s
: :31 :SAULXURES :Col des Hayes X + O

f
9

: :32 :SAULXURES :Lansau • X + ; • ;

': :33 :CORNIMONT :Tête des Cerfs X + s • ;

: :34 :BASSE/LE RUPT ¡Closfaing X +


:35 :CORNIMONT :Cherménil • îfracturaticn serrée
: 377.1 : 1 : LA BRESSE :La Louvière L.Vaxelaire X +' : - :
: : 5 :GERARDEMER :Grouvélin X ' :fracturation serrÊe s
: ; 6 :LA BRESSE : S . Froide Fontaine X •
• - :fracturation,. altér , :
s.- • : 7 ¡ROCHESSON ¡Forêt Noire Goutte S Granit X + • :filonnets aplite ' :
: ! i . • * ' Français + • "
: : 8 :LA BRESSE :Pré Froide Fontaine Y . Claudel X :fracturation :
: : 9 :LA BRESSE ".Grouvélin X - :. :
: :10 :LA BRESSE ¡Lambexaire Petitjean - X +
; : : s Donot • n

: :11 :LA BRESSE ¡Monument des Combes X ¡habitations voisines ;


: :12 :LA BRESSE :Gouttes des Tannes X :HT, relais ORT s
1
: :13 : LA BRESSE :Gouttes des Tannes X :HT, relais ORT ;
: :14 :LA BRESSE :Basse des Feignes M . Perrin ! • X + : télésiège :
: :15 :LA BRESSE :Basse des Feignes A + : télésiège 3
s :16 :LA BRESSE :Basse des Feignes P. Pierrel X + : télésiège •5
: ¡17 :LÀ BRESSE :Roche du Chastelat X ¡altération, frac tur ..*
: . :18 :ROCHESSON :Forêt de Noire Goutte X ' + * 0

: : 19 3 LA BRESSE s La Louvière L. Poirot X + • •

; :20 :LA BRESSE ¡Niachaup X ¡habitations ;


: :21 ¡CORNIMONT :Les Grands Faings X ¡frac turation s
: :2t2 ¡CORNIMONT :Les Grands Faines X ¡fracturation :
: ¡23 :LA BRESSE ¡Colline du Couchetat R. Poirot X ++ •

9

: ¡24 s LA BRESSE :La Louvière • X ¡ ¡altération ;


: :25 ¡LA BRESSE ¡La Louvière X :frncturation • 3
: : : :
• * ! * •

^L'appréciation d'exploitabilité est relative et peut varier selon les circonstances ou l'avancement des fronts de taillet
Relance de l'industrie d'extraction TABLEAU 9
des granites dans le Département des
Vosges. Inventaire 1977
GRANITE DES CRETES "GRANIT GRIS-BLEU OU GRIS-NOIR DES VOSGES"
Récapitulation des carrières inventoriées
ARCHIVAGE SGN : NOM FRONT TAILLE EXPLOITABILITE*¡
. ; ; COMMUNE LOCALISATION de 1' OBSERVATIONS
1/8 feuille :N° : EXPLOITANT > 15 m

377.1 :26 :IA 3RESSE :La Louvière x ¡fracturation


:
¡27 :1A 3RESSE îNiachamp X hcbitation
¡28 ¡LA 3RESSE :Grosse Pierre x ¡situation
:29 ¡LA DRESSE ¡Grosse Pierre X ¡habitation
¡IA KRESSE :Grof!nc l'ierre :li;ib ¡ i;it i oil
¡LA BRESSE ¡Grosse l'ierre X ¡h.'ibilntion
:32 ¡LA 3RSSSE ¡Roche des Chats Petitjean X ¡extension limitée en
rsurface
:33 :IA BRESSE ¡La LuneIle
:34 :LA BRESSE ¡Là LuneIle ;hnbitation
:35 :LA BRESSE ¡Chemin de la Roche X ¡altération
:36 :LA BRESSE : Roche des Chats L. Poirot X ¡altération
:37 :1A BRESSE ¡Roche des Chats X ¡défauts, extension '
: limitée
:38 :IA BRESSE ¡La Courbe X
:39 :LA BRESSE s La Courbe X
¡40 ¡LA BRESSE. ;La Courbe' X
:41 :LA BRESSE ¡Chantène Yvan Claudel X
¡42 :1A BPJÎSSE ;La Roclîe des Chats G et D Poirot ¡en cours d'épuisement
¡43 :LA BRESSE : Chantène X ¡altération
:44 ¡LA BRESSE ¡Grosse Pierre X
¡45 :1A BRESSE ¡Chantène X
¡46 :GERARDMER ¡Forêt de Gérardmer X
¡47 :GERARDMER :Forêt de Gérardmer X
:48 :LA BRESSE s Roche des Bioquets X
:49 :IA BRESSE :Roche des Bioquets X
:50 :1A BRESSE ¡Roche des Bioquets X ¡altération
:51 :GERARDMER ¡Forêt de Gérardmar
:52 ¡LA BRESSE :Chantène X
:53 :LA BRESSE :ChantÊne X
:54 :IA BRESSE : Grosse Pierre M et G Pierrel: X ¡altération et filons
:55 :LA BRhSSE : Grosse Pierre A- Démange ' ¡altération et filons
:ROCHESSON ¡décharge
¡Grosse Pierre X
:1A BRESSE ¡Grosse Pierre X

Nbre : 67 : carrières

*LTappréciation d'exploitabilité est relative et peut varier selon les circonstances ou l'avancement des fronts de taille.
Relance de l'industrie d'extraction TABLEAU 10
des granites dans le Département des
Vosges. Inventaire 1977
GRANITE DIVERS : Récapitulation des carrières inventoriées

ARCHIVAGE SON : NOM :FRONT 'rAILLE ¡EXPLOIT;\BILITE


: COMMUNE : LOCALISATION ; de 1' : OBSERVATIONS
1/8 feuille ;NC : EXPLOITANT :
: ^ 1 5 m : > 15 m +

' +
BRUY. 340.8 7 ¡LIEZEY :La Racine :Cavalli : x ¡granite du Tholy :

REM. 376.3 27 :VAGNEY ¡Bouvacote ¡Martin olí ¡ x : ++ :p,rnnitc du Tholy :

BRUY. 340.8 8 :GERARDMER Le Costet :Oreda A . : x : ++ ¡granite de Rerairemont :


i :(pavés) ;

GERARDMER
341.5 38 : BARBEY SEROUX Rains de l'Etang : x : + ¡pavés, empierrement :
t

39 ¡BARBEY SEROUX Rains de l'Etang X : + pavés, empierrement :

H
40 Les Tronches •Mougel-Poirot X gris noir de Lorraine :
M . +
4! Les Tronches X gris noir de Lorraine :

42 Il
Les Tronches "CD gris noir de Lorraine :

43 II .
Les Tronches Bianchetti X + : gris noir de Lorraine ¡

44 H Etang d'Oron x + : gris noir de Lorraine :

REMIREMONT
376.8 38 :SAULXURES-sur: Envers de la Poirie: x : granite de Ventrón :
:-MOSELOTTE :

39 M
Envers de la Poirie: x : ++ :

. ii .
40 Envers de la Poirie: x :

Nbrc 13 ¡Carrières dont 5 exploitées :

(1) Remblayée
(2) L'appréciation d'exploitabilité est relative et peut varier, selon les circonstances ou l'avancement des fronts de taille
- 26 -

Le granite de Remiremont, très prisé pour la fabrication des


pavés, n'y figure guère que pour mémoire puisque seule la carrière OREDA
est mentionnée, au Costet, près du Lac de Gérardmer. C'est pratiquement
la seule carrière produisant encore du pavé en quantité notable. Ce
granite a autrefois fait l'objet de vastes exploitations dans les Vallées
de la Cleurie et de la Moselotte. Celles-ci sont même très visibles dans
le paysage, notamment aux Grandes Gouttes au Sud-Ouest de Julienrupt.
(figure 2 ) .

Si l'inventaire de 1977, qui prenait en compte 125 carrières,


peut être considéré comme à peu près complet pour les principaux granites
ornementaux, il conviendrait d'y ajouter en ce qui concerne les déchets
plusieurs dizaines de carrières de granite d'usage souvent moins noble
tel le granite de Remiremont. Or, ces dernières carrières souvent très
importantes comportent des masses de déchets considérables.

En 1978, G. Mauget du CETE a la suite d'un "Inventaire des


3
déchets de carrière de granite" avait estimé à environ 70 000 m le
volume des déchets des carrières. Cet inventaire n'avait cependant pas
pris en compte l'ensemble des carrières, notamment celles qui exploitaient
autrefois le granite de Remiremont dans la Vallée de la Cleurie.

Il est très difficile, ä moins d'entreprendre des opérations


géométriques de terrain longues et onéreuses, des estimations précises
des déblais de carrières, néanmoins le chiffre avancé en 1978 peut certai-
nement être multiplié par plus de 5 sans gros risque d'erreur et dépasse
largement le million de m . I I se rapprocherait sans doute de deux
millions de m .

* Estimation probablement très inférieure a la réalité qui ne concerne


que les carrières encore en activité ou abandonnées depuis peu et recon-
nues dans le cadre de cette étude ou lors de l'inventaire de 1977.
ftimv
v^^RïSçs

Commune CrémanvJHers

Champe

UTILISATION DES DECHETS DE GRANITE

LOCALISATION DES CARRIERES DE GRANITE DE REMIREMONT

LES GRANDES GOUTTES . VALLEE DE LA CLEURIE

RLAN DE SITUAT¡ON^ECHELLE:I/250OO

FIGURE 2
- 27 -

2.4.1.2. Possibilité de récupération des_déchets


(voir plans annexes 1 et 2)

Certaines carrières sont cependant trop petites ou éloignées


et les déblais d'accès trop malaisés pour pouvoir être exploités d'une
manière économique et rationnelle, aussi convient-il plutôt de ne prendre
en compte que les très grandes carrières ou les groupes de carrières
justifiables d'installations centrales de concassage, par exemple la
carrière des Grandes Gouttes de la Vallée de la Cleurie.

Granite de Senones : Le volume de déblais est considérable


mais en raison de l'abondance des arènes, il est difficile d'envisager
une récupération systématique car il faut trier les matériaux avant de
les envoyer au concassage. De toute manière, seul l'ensemble des carrières
des Gouttes à Senones présente un certain intérêt.

Granite des Crêtes : II existe en plusieurs points des concen-


trations de carrières anciennes ou encore actives qui peuvent constituer
des pôles d'exploitation de déchets : au Col de Grosse Pierre, et de
part et d'autre : au Bioquet ou au Sud-Est de la Forêt de Noirgoutte,
ainsi que vers les Cols de Lansau et des Hayes au Nord de Saulxures.
Cependant, en raison du terrain accidenté, les accès et les reprises
seraient souvent mal aisés.

Granite de Barbey Seroux : II se trouve au Sud de Barbey Seroux


quelques carrières d'accès difficile.

Granite de Remiremont : Nombre de carrières jalonnent la Vallée


de la Cleurie, du Fossard au Lac de Gérardmer. Certaines sont dispersées
comme au Fossard et relativement modestes alors que d'autres sont rassem-
blées comme au Beillard et surtout aux Grandes Gouttes entre Bèmont et
Julienrupt. Ainsi, à cet endroit, les déblais s'étalent sur 3 à 4 niveaux
totalisant une cinquantaine de mètres de dénivelé et sur au moins 200 m
de longueur et 10 à 20 m d'épaisseur au minimum, ce qui représente de
3
100 à 200 000 m en ce seul point.
- 20 -

2.4.1.3. Granulomètrie

Elle est hétérogène et de dimension variée depuis les fragments


millimétriques ou centimètriques jusqu'aux blocs dépassant cependant
rarement le mètre cube.

Les matériaux sont généralement propres sans beaucoup de pous-


sière ou de terre végétale, exception faite du secteur de Senones où
abondent les arènes d'altération.

Pour le granite de Remiremont, la taille avait toujours lieu


sur place aussi les éclats décimètriques ou centimètriques sont-ils plus
abondants que sur les autres carrières de granite et les blocs plus rares
et moins volumineux.

2.4.1.4. Environnement

Rares sont les carrières et mêmes les plus anciennes qui ne se


signalent pas dans le paysage par leurs déblais, partout ceux-ci sont
toujours plus ou moins colonisés ou masqués par la végétation.

Par contre, au Col de Grosse Pierre, les carrières encore très


activement exploitées ne sont pas du tout dissimulées par la végétation.

Si les remblais qui sont maintenant intégrés au paysage devaient


être exploités, il en résulterait à nouveau certaines nuisances paysagères.
- 29 -

2 . 4 . 2 . Les déchets d'atelier de façonnage du granite

Leur taille est généralement d'ordre décimètrique à métrique.


Ce sont pour l'essentiel des résidus de découpage et ils présentent
souvent une ou plusieurs faces sciées. Les blocs bruts sont relativement
rares.

Leur nature et leur origine sont très variées donc leur


couleur est elle aussi variée.

Une faible partie est transformée en moellons ou appareillés


pour la construction mais l'essentiel reste inutilisé et encombre les
abords des ateliers autour desquels ils sont stockés en attente d'une
utilisation hypothétique.

L'estimation du volume de ces dépôts est encore plus difficile


que pour les déchets de carrières car très dispersés et la part de ce
qui est véritablement à mettre au rebut ou qui peut être éventuellement
réemployé est très malaisée à établir.
- 30 -

3-- REPRISE DES DECHETS EN CARRIERE : UN EXEMPLE

Le granite des Vosges est essentiellement exploité pour


l'industrie funéraire.

Ce débouché quasi-exclusif entraîne pour les carriers des


contraintes sévères : dimensions des blocs, qualité, absence de fils et
de défauts , occasionnant ainsi la manipulation et la mise aux stériles
d'une grande quantité de matériaux.

A Senones, à cette masse de matériaux granitiques, s'ajoutent


les arènes. Cet ensemble de déblais doit fréquemment être repris et
déplacé au fur et à mesure de l'avancement des chantiers. L'élimination
de tous ces stériles devient de jour en jour un problème de plus en plus
crucial ; faute de pouvoir y remédier, l'exploitation risque l'asphyxie.

La carrière Migliarini ä Senones a été choisie comme base d'une


I
'
étude de simulation car c'est la seule exploitation de granite qui fonc-
tionne en permanence dans les Vosges et la seule autonome. D'autres
carrières sont exploitées par les granitiers eux-mêmes d'une manière plus
ou moins épisodique pour fournir des blocs à la demande, elles ne consti-
tuent néanmoins qu'un maillon d'une industrie du granite alors que
l'entreprise Migliarini se consacre uniquement à l'extraction et se prête
donc d'avantage à cette étude.
- 31 -

3.1. L'EXPLOITATION

Les carrières de granite en général et en particulier la


carrière Migliarini ne sont pas très structurées au sens technique des
exploitations modernes présentant un ou plusieurs fronts de taille étages
bien délimités et des zones de dépôts de stériles et de stockage de la
production.

Partant de la base d'une concession souvent fort ancienne,


la carrière évolue vers le haut en rejetant les déchets sur la partie
exploitée basse, hypothéquant souvent du mime coup les possibilités
d'exploitation future.

Il n'est pas rare de trouver des exploitations sur lesquelles


la masse de stériles déplacées successivement pour remettre à jour de
nouvelles ressources devienne nettement plus importante que la masse des
produits exploitables.

Cette manière de faire appelle les remarques suivantes :

- ou bien le carrier tient compte de ce poste de travail dans


ses prix de revient, ce qui limite les possibilités de commer-
cialisation de sa production ;

- ou bien il prend ce poste à son compte et il court vite à


l'asphyxie de son entreprise par réduction de ses propres
revenus.

La carrière Migliarini étudiée à Senones arrive en limite de


concession et sauf extension de cette dernière, elle ne peut plus se
développer que vers le bas par approfondissement sous le plancher de la
carrière actuellement recouvert par des stériles dont le volume peut être
estimé à un million de tonnes.
- 32 -

-Outre l'aspect financier que représente une telle reprise


(elle peut être étalée dans le temps), le problème de l'utilisation ou
de l'élimination d'une telle masse de matériaux se pose de façon cruciale.
La remise en état de la carrière et la poursuite de l'exploitation
impliquent une bonne connaissance de la nature de ces matériaux ainsi
qu'une étude prospective du réemploi possible.

3.2. NATURE DES STERILES ET REEMPLOI POSSIBLE

Les stériles d'une carrière de granite se présentent sous la


forme d'un tout-venant 0/2000 formé au gré de l'évolution de la carrière.
Il s'y trouvera aussi bien des parties sableuses composées essentielle-
ment d'arènes granitiques à caractère argileux comme à Senones que des
parties à blocomètrie imposante (blocs de plusieurs dizaines de tonnes)
constituées dans l'attente d'un éventuel preneur.

Certaines parties des dépôts proviennent de tirs convention-


nels de réaménagement des fronts de taille. La blocomètrie ne dépasse
pas 800 mm.

Le tout est stocké à talutage naturel, c'est-â-dire sur une


pente d'environ 45° ce qui entraînera une sujétion particulière de reprise,

Les structures d'accueil pouvant réutiliser des matériaux


à l'état brut dans un périmètre réduit sont à peu près inexistantes :

- absence de grands travaux routiers,


- pas de grands projets nécessitant la construction de plate-
formes industrielles.
- 33 -

Dans le cas d'une utilisation sous forme plus évoluée (granu-


lomètrie à caractéristiques routières par exemple), la carrière entrera
dans un circuit où la concurrence est forte et elle se heurtera immédia-
tement à des produits provenant des installations existantes bien
équipées tant sur le plan élaboration que sur le plan expédition.

De plus, il ne semble guère souhaitable de créer une nouvelle


infrastructure dans un secteur actuellement assez mal équilibré.

Une première utilisation d'élimination des stériles consiste-


rait tout d'abord à aménager des plateformes d'exploitation et des voies
d'accès convenables aux chantiers.

Cette possibilité est presque toujours envisageable compte-


tenu de la topographie tourmentée des abords des exploitations. Dans le
cas de la carrière Migliarini, l'aménagement même sommaire d'une plate-
forme et de ses dessertes consommerait plusieurs dizaines de milliers de
mètres cubes de produits.

Parmi les autres réemplois possibles, le marché de l'enroche-


ment est preneur de matériaux correspondant à la blocomètrie d'une partie
des stériles. Un simple tri ä l'exploitation perment d'assurer la confor-
mité des produits.

Dans ce domaine existent deux types de marchés :

- les marchés temporaires représentés par certains grands tra-


vaux routiers, fluviaux ou autres. Une première liste
comprend :

. l'autoroute A 37,
. la déviation de Lunéville,
. le barrage du Vieux Pré ;
- 34 -

- - les marchés a caractère permanent d'entretien des voies


navigables qui pourraient être passes avec les services
navigation.

Le marché des blocs destinés aux aménagements paysagers bien


que marginal peut être rattaché à celui de l'enrochement.

Enfin, l'élimination des stériles peut faire appel à des unités


de transformation soit par sciage des blocs les plus gros et concassage
de la fraction inférieure.

Le sciage pourra revenir un secteur d'activité parallèle à


l'industrie funéraire et pénétrer le secteur du revêtement de sol,
mobilier urbain et produits de construction.

Le concassage devra plutôt s'orienter vers les granulats à


béton et produire des matériaux pour la préfabrication de produits en
gravillons lavés par exemple.

Le domaine de la dalle de jardin et de voie piétonne semble


un marché actuellement ouvert.

3.3. LA REPRISE DES STERILES

La carrière s'étant développée en "tranches montantes" ou


assimilées, la reprise des stériles et le dégagement des fronts de taille
doit s'effectuer en tranches descendantes.

Du point de vue prix de revient, cette manière de faire peut


sembler pénalisante par la reprise qu'elle entraîne de l'accroissement du
coût de transport sur des pistes difficiles ; elle présente néanmoins
l'avantage de dégager immédiatement le ou les niveaux supérieurs de la
carrière.
- 35 -

3.3.1. Etablissement d'une plateforme

Les stériles repris serviront tout d'abord à constituer une


première plateforme nécessaire pour la mise en place des unités de trans-
formation futures.

La reprise devra s'effectuer par tri sommaire classant :

- la fraction 0/200 en remblai immédiatement réutilisé,


- la fraction 200/500 concassée quasi-immédiatement ou mise en
dépôt selon les marchés d'enrochement,
- la fraction\ 500 mise en dépôt pour le taillage et le sciage.

Le concassage pourra être légèrement décalé laissant le temps


de créer l'aire de stockage, soit programmé de façon à fournir le matériau
0/100 de fermeture de remblai et de couche de forme.

3.3.2. Traitement des déchets

Dès la finition de la plateforme, la première installation à


caractère permanent sera l'unité de concassage criblage (figures 3 et 4 ) .

Cette installation devra assurer les fonctions suivantes :


BRGM.SGR/LOR FIG 3

CONCASSAGE et CRIBLAGE PRIMAIRE

GRILLE A BARREAUX
// 500

TREMIE 10 m*

ALIMENTATION SCALPAGE ATV084O


175mm 250 fr/h
c
CONCASSEUR A
MACHOIRES
TYPE VB93
100mm 150t7h

CRIBLE TYPE
CVB 1540

50/100 20/50 I 0/20


Production >500 mm destiné à la taille
0/150 scalpage (aménagement du site et remblai) - transport
< 5 km)
<l 0/20 primaire remblai couche de forme
(_ 0/50 "
20/50 matériaux drainants (ou stockage pour alimentation
50/100 " future d'un secondaire)

FIGURE 3 - CONCASSAGE ET CRIBLAGE PRIMAIRE


- 36 -

* Elimination de la tranche de granuloraètrie 0/150 par un crible


scalpeur de type grizzly, ATV ou crible scalpeur à balourds ouvert à 175 mm
environ.

Un ATV 0840 pouvant atteindre un débit nominal de 250 t/h devrait


convenir en associant la fonction alimentation simultanément au scalpage.

* Concassage primaire : Le concassage primaire sera assuré par


un appareil à mâchoires qui présente l'avantage de produire peu de filler.

Un appareil de type VB 93 ouvert à 100 mm (taux de réduction 5)


devrait assurer un débit de 120 à 150 t/h.

Un appareil de cette taille existe d'ailleurs en groupe mobile,


accompagné d'un scalpeur alimentateur.

Le matériau 0/100 produit doit présenter une granulomètrique


sensiblement voisine de :

- 0/20 : 18 à 20 %
- 20/50 : 25 %.

* Criblage primaire : Le crible primaire devra assurer les


fonctions suivantes :

- coupure de la fraction pouvant alimenter directement la


granulomètrie finale 0/20 ;

- élaboration d'un produit intermédiaire commercialisable 20/50.

Si le débit nominal de 150 t/h à la sortie du concasseur est


2
atteint, la coupure à 20 mm devra être assurée par un crible de 6 m
(type CVB 1540).
BRGM.SGR/LOR FIG A
CONCAS5AGE et
GRILLE A BARREAUX.
// 500 CRIBLAGE A DEUX
3
ETAGES
TREMIE 10m

ALIMENTATION SCALPAGE ATV 0840


BLOCS 250 f/h

> 150
CONCASSEUR A
MACHOIRES TYPE
SCALPAGE VB93 100mm.150l-/h
0/150

#55
22,4
CRIBLE TYPE 1540

TREMIE 6m :

0/20
C - , CONCASSEUR GIRATOIRE
PRIMAIRE
A \ TYPE SYMONS 4'1/4
// \ \ 16mm 120t7h

TREMIE 6 m

10/20
ou
14/20

10/14 0/5 M
- 37 -

Pour des raisons d'efficacité de criblage et pour limiter


l'usure de la maille de 22,4 mm (coupure à 20 m m ) , il pourra être monté
un deuxième étage avec une maille de 50 mm qui déchargera l'étage infé-
rieur de la fraction 50/100.

2
Le crible de 6 m serait alors trop important et un simple
2
crible de 3 m pourrait suffire. De plus, par la possibilité qu'offre un
by-pass, la sortie du crible primaire pourra assurer la fourniture de
matériaux 0/20 pour petits travaux routiers ou de matériaux 20/50 pour
ballast.
* Concassage secondaire : Le matériel le plus adapté sera un
concasseur giratoire devant assurer un débit de 120 t/h. Le choix d'un
4'1/4 standard réglé à 16 mm doit assurer ce débit (figure 4 ) .

La granulomètrie de sortie sera la suivante :

0/5 10
5/10 20 (la granulomètrie du tout-venant de
10/20 50 concassage est un 0/31,5)
S 20 20

Si le recyclage de la fraction supérieure à 20 mm est envisagé,


l'étage secondaire de broyage sera en saturation d'où la nécessité de
diminuer d'environ 10 % le débit théorique du concasseur primaire.

* Criblage secondaire : Le crible secondaire reçoit a priori


la totalité du débit primaire soit 150 t/h. Les coupures habituelles sont
0/5, 5/10 et 10/20 ; une coupure à 14 mm pourrait s'avérer intéressante
tant pour une utilisation en béton que pour une utilisation vers la route.
Dans l'hypothèse d'un crible à 4 étages, l'équipement seraitde trois
grilles : 6,3 mm, 11,2 mm et 22,4 mm avec la possibilité d'un étage ou
d'un demi-étage de maille 16 mm.
- 38 -

- Ce crible pourrait avoir 4 m (CVB 13.30).

L'installation, bien qu'apparemment complexe, doit s'avérer


assez souple à l'utilisation et certaines productions pourront être
réalisées à la demande par un simple jeu de by-pass judicieusement
disposé.

L'éventail maximal de produits sera :

- la fraction ^500 destinée à la taille ou au sciage,


- la fraction 0/150 de scalpage destiné aux remblais,
- la fraction 0/100 primaire pouvant servir aux travaux de
couche de forme,
- la fraction 0/20 crible primaire également pour travaux
routiers,
- les fractions 0/5, 5/10, 10/14 et 14/20 cribles secondaires
destinés à la route et au béton.

L'éventail minimal sera (un seul étage de concassage) :

- la fraction>500,
- la fraction 0/150 scalpage,
- la fraction 0/100 primaire qui pourra être mélangée au scal-
page pour remblais routiers par exemple, le scalpeur ne jouant
plus que le rôle de précrible.

X Infrastructure et personnel : L'infrastructure devra être


telle qu'un seul étage de concassage puisse travailler en autonnoraie si
besoin est. Ainsi, il serait intéressant de séparer géographiquement le
poste primaire et le poste secondaire ce qui simplifierait la gestion
des stocks.

Le poste primaire, mobile, sera implanté à la proximité immé-


diate du front d'exploitation, d'où limitation du transport du "brut
d'abattage".
- 39 -

Les produits triés seront laissés sur place (¿500 et scalpage)


la fraction concassée 0/100 sera soit acheminée vers le poste secondaire,
soit mélangée au scalpage selon la demande.

L'alimentation et le tri en carrière pourront être assurés


par un seul chargeur (988 par exemple).

Le poste secondaire pourrait être plus proche de l'aire d'uti-


lisation qui assurerait la gestion des stocks de produits concassés.

Le personnel nécessaire au bon fonctionnement de l'unité sera


la suivante :

- un ouvrier au chargeur,
- un ouvrier au poste primaire,
- un ouvrier qualifié au poste secondaire assurant le rôle
de chef d'équipe concassage.

Une même personne doit pouvoir assurer à la fois le maintien


de l'unité de concassage et de l'unité de transformation.

Lorsque seul le concasseur primaire s'avérait utile, deux


ouvriers suffisaient :

- un ouvrier au chargeur,
- un ouvrier au poste primaire,

la maîtrise étant assurée par le chef de carrière.


- 40 -

4 - REPRISE DES DECHETS DES INDUSTRIELS ¡

4.1. SITUATION

L'industrie du granite représente le second pôle susceptible


d'alimenter une production de granulats.

Toutefois, la dissémination des différents ateliers représente


un handicap certain à l'industrialisation de cette activité. Cette disper-
sion peut cependant présenter un avantage en ce sens que chaque société
pourrait gérer ce poste depuis la reprise des matériaux jusqu'à la valori-
sation des produits transformés. Le concassage-criblage ferait alors appel
à un groupe mobile qui travaillerait à façon.

En fait, compte-tenu du nombre élevé des ateliers situés à Vagney


et à La Bresse, un poste semi-fixe pourrait être une situation acceptable.

4.2. ESTIMATION DES DECHETS

Ils comprennent :

- les déchets plus ou moins anciens actuellement stockés sur


parc,
- les déchets de la production actuelle.

Les uns et les autres pouvant être traités de façon sensiblement


différente, selon le mode de reprise possible.
- 41 -

Cumules, les déchets anciens représentent un volume suffisant


pour satisfaire les besoins d'un projet routier tel qu'une déviation
comme celle en cours à Saint-Amë, par exemple.

En effet, l'estimation même sommaire des disponibilités assez


concentrées aux environs de Nol, par exemple, représentent au moins
50 000 à 80 000 tonnes de matériaux qui, concassés en tout-venant 0/50,
permettraient la réalisation de 7,5 à 12 km de couche de forme d'une
chaussée à deux voies de circulation.

Or, pour le seul secteur de Vagney, les déchets anciens repré-


sentent probablement plus de 200 000 tonnes de ressources potentielles.

Les déchets de la production en cours représentent une fraction


très marginale, chaque atelier ne produisant que quelques centaines à
quelques milliers de tonnes de déchets par an.

Toutefois, le handicap de la quantité est largement compensé


par l'avantage de pouvoir trier aisément les déchets en cours de produc-
tion selon leur qualité, en particulier leur couleur, permettant ainsi
de satisfaire certains besoins très spécifiques.

C'est ainsi que ces matériaux pourraient intéressés les préfa-


bricants de dalles et bétons architectoniques. En outre, il pourrait être
envisagé des possibilités de réalisation d'enduits superficiels colorés
pour des voies urbaines (couloirs d'autobus par exemple).

En général et contrairement aux déchets de carrière, les déchets


industriels sont des matériaux propres et sains. En effet, la majeure
partie est représentée par des croûtes de sciage, des éléments présentant
des défauts d'aspect et des chutes proprement dites. Ils nécessiteront
toutefois une préparation préalable afin de réduire leur plus grande dimen-
sion avant concassage, mais il semble que la simple reprise au chargeur
sera déjà de nature à les fractionner suffisamment.
- 42 -

4.3.-INSTALLATION A METTRE EN OEUVRE

Une étude très précise devrait sérier les problèmes et traiter


séparément la reprise des stocks anciens et le traitement des déchets
récents ; cependant, en raison du poids financier d'une installation de
transformation, celle-ci devra être apte à traiter la totalité des pro-
duits sans modification profonde de conception.

Le concassage des déchets anciens nécessiterait une station


mobile se déplaçant de stock en stock pour éviter le transport des maté-
riaux et celui des déchets de production actuelle s'accommoderait mieux
d'une station fixe avec un transport d'une matière première relativement
peu abondante.

Il est possible d'opter délibérément pour la formule de traite-


ment la mieux adaptée aux déchets actuels qui seront les seuls à traiter
dans 1'avenir.

L'élimination des stocks anciens pourrait alors s'effectuer


soit en parallèle, mais en petites quantités, soit à la faveur de chan-
tiers routiers. Il serait alors fait appel a une société spécialisée
dans le concassage.

4.4. LA SOCIETE ET SON STATUT

Compte-tenu du nombre d'utilisateurs potentiels (21 granitiers


à Vagney), le seul statut viable serait la société coopérative où chaque
sociétaire interviendrait au prorata de la matière traitée.

La gestion des stocks arrivée - sortie serait la base de la


gestion générale de la station de concassage - criblage.
L'approvisionnement pourrait être assuré par l'obligation faite
à chaque granitier d'éliminer ses déchets, d'une manière analogue aux
processus concernant le traitement des ordures ménagères par incinération
ou autre décharge contrôlée.

Dans le principe, chaque sociétaire ferait traiter à façon


et périodiquement ses déchets et en resterait propriétaire soit pour
ses besoins propres, soit par le truchement de ses parts de sociétaire,
la coopérative assurant alors la commercialisation des produits élaborés.

4.5. LE MATERIEL A CONCEVOIR

C'est un matériel à concevoir à poste fixe ou au moins semi-


fixe, certaines infrastructures demeurant en permanence sur le site.

Matériel de marinage - transport

Un ä deux camions multibenne.

Un container sur chaque lieu de production.

Matériel de stockage (infrastructures fixes)

Trémie-recette d'une capacité d'au moins 100 t.


Trémies et (ou) aires de stockage aménagées pour les fractions
granulometriques produites. Dans le cas où les granuláis pourraient être
commercialisés pour leur couleur, prévoir les stockages correspondant
au marché.

Matériel d'élaboration (figures 5 et 6)

• ^oncassage :

- étant dans le cas de traitement de roche dure, deux étages


de réduction seront a priori nécessaires, une extension à
trois étages devra être prévue.
BRGM SGR/LOR FIG 5
S C H E M A DE PRINCIPE D'UNE INSTALLATION
A DEUX C O N C A S S E U R S ET U N CRIBLE

\7 TREMIE

USINE

/ CONCASSEUR

0 ! / MACHOIRES

BASCULE

CRIBLE VIBRANT
A BALOURD
CONCASSEUR
GIRATOIRE

COMMERCIALISATION

14/20 6/10

10/14 0/6
- 44 -

Schématiqueraent :

- l'étage primaire sera un matériel à mâchoire robuste, d'un


taux de réduction voisin de 6 ;

- l'étage secondaire pourra être du type broyeur à cône dont


le taux de réduction ne dépassera pas 4.

L'ensemble permettra une réduction de 0/600 à 0/25 ce qui


semblerait amplement suffisant.

Si le marché nécessite des granulooètries plus précises, il


faudra peut être envisager l'adjonction d'un étage tertiaire.

Deux conceptions peuvent être proposées :

Io L'utilisation d'un seul crible à quatre grilles par exemple


assurant la séparation des produits primaires et secondaires
mélangés.

2° Un crible primaire à deux étages et un crible secondaire à


deux étages également spécialisés chacun à. des coupures
précises.

La seconde solution n'est pas forcément économiquement plus


chère que la première et elle présente l'avantage d'une certaine souplesse
notamment pour les modifications éventuelles de circuits de matériaux.

Elle permet en outre d'adapter au mieux la surface criblante


au débit réel.
BRGM.SGR/LOR FIG 6

SCHEMA DE PRINCIPE D U N E INSTALLATION


A TROIS CONCASSEURS ET DEUX CRIBLES

TREMIE
\
USINE

hcONCASSEUR
JA MACHOIRES

CRIBLES
VIBRANTS
A BALOURD
CONCASSEURS
GIRATOIRES I

COMMERCIALISATION
- 45 -

5 - ETUDE DES UTILISATIONS POSSIBLES

Les applications des granulats de granites concassés sont fort


nombreuses et peuvent être très différentes, selon que l'on recherche
les performances ou l'esthétique, ce paramètre étant sans doute un point
fort dans la valorisation du déchet de granite.

5.1. UTILISATION DANS LA ROUTE

Le granite étant une roche massive dure doit forcément trouver


une application dans les travaux routiers pour peu que la substitution
soit économiquement possible.

En se référant aux spécifications de la directive relative à


la fourniture de granulats routiers (p. 7) juxtaposée aux caractéristi-
ques trouvées sur trois granites représentatifs des gisements Vosgiens,
le champ d'application pourrait être défini comme suit :

Granite de Senones :

* Fournitures possibles pour couches de base et de fondation


pour tout trafic et quelle que soit la technique utilisée. Pour la
couche de base en grave hydrocarbonée sur forts trafics, il sera néces-
saire de faire jouer la règle de compensation.

* Fournitures possibles pour couche de roulement en béton


bitumineux sur voirie à faible trafic (T4) , en béton de ciment sur voirie
allant jusqu'au trafic T2 (sous réserve de vérification qu'aucune réac-
tion ciment - granulat n'a lieu).
- 46 -

Granite mélangé des usines :

* Fournitures possibles pour couche de base et de fondation


pour tous trafics et toutes techniques confondues.

* Fournitures possibles pour couche de roulement :

- jusqu'au trafic Tl en béton bitumineux,


- jusqu'au trafic T3 en enduits superficiels,
- jusqu'au trafic TO en béton hydraulique,

le tout grâce à la règle de compensation entre coefficients


Los Angeles et microdeval.

Granite de Rémi remont :

* Fournitures possibles pour couche de base et de fondation


pour tous trafics et toutes techniques confondues.

* Fournitures possibles pour couche de roulement :

- jusqu'au trafic Tl en béton bitumineux,


- jusqu'au trafic T3 en enduit superficiel,
- jusqu'au trafic TO en béton hydraulique.

D'une façon générale, les granulats de granite représentent


le substitut naturel des granulats tirés des graves de Moselle.
- 47 -

5.2. UTILISATION DANS LE BETON HYDRAULIQUE

Sous réserve d'une absence totale des produits argileux issus


de la dégradation des granites, les granuláis produits à partir de ce
dernier s'adaptent parfaitement aux exigences dans le domaine du béton
hydraulique.

Ils présenteront toutefois les mêmes particularités que tous


les granulats concassés, à savoir :

- formulation plus délicate des bétons,


- défaut d'ouvrabilité pour des bétons mal étudiés,
- rapport eau/ciment plus élevé.

Par contre, on peut supposer qu'a propreté égale, le granulat


de granite concassé présentera un net avantage sur le granulat tradition-
nel de riviere, sur le plan des résistances mécaniques et modules d'élas-
ticité.

Toutefois, les difficultés rencontrées au niveau de la rhéo-


logie du béton frais entraîneront fatalement une suspicion' sur ce maté-
riau qui ne trouvera d'application que sur des chantiers spécifiques à
caractère contrôlé ou les performances mécaniques sont le but recherché :
barrage, chaussée en béton, béton précontraint, e t c .

5.3. CAS PARTICULIERS DE LA PREFABRICATION

La préfabrication est un domaine à part du béton hydraulique


car bon nombre de réalisations fait appel à la qualité esthétique du
granulat en plus de sa qualité géotechnique.

Ainsi, un vaste secteur d'activité produisant des dallages


intérieurs ou extérieurs, des éléments de façade industrialisés, du
mobilier urbain, s'approvisionne souvent fort loin en matériaux dont
des ressources similaires pourraient être valorisées dans le massif
Vosgien.
- 48 -

Les planches exposées ci-après ont donc pour but de mettre en


évidence la qualité esthétique des granites entrant dans ce genre de
composition. Elles ne sont pas le fruit d'études approfondies du style
de celles menées par les industriels ; notamment la granulomètrie des
composants et la formulation du béton devraient faire l'objet d'études
spécifiques.

Cette précaution prise, les planches photographiques donnent


une idée des réalisations possibles à partir de granuláis de granite
concassé.

Les dalles-témoin ont néanmoins été confectionnées en tenant


compte des contingences industrielles. Le travail en laboratoire a large-
ment fait appel à des techniques qualifiées d'industrielles chaque fois
que cela s'avérait possible et notamment pour :

- le concassage,
- le criblage,
- le malaxage des bétons,
- la méthode de désactivation (technique face dessous),
- le surfaçage.

Les planches photographiques jointes donnent un aperçu des


résultats obtenus.
TABLEAU 11

P R O D U C T I O N S E T C O N S O M M A T I O N S
D E P A R T E M E N T A L E S
(Statistiques connues)

1975 1976 1977 1978 1979 19eO 1931

PRODUCTION ce Mat. alluvionnaires 2.5 2.7 2.9 2.9 2.8 2.6 2.8

CONSOMMATION de Mat. alluvionnaires CD 2.4 2.7


CONSOMMATION de Mat. calcaires (1 ) 0.1 0.1
CONSOMMATION de Mat. "éruptifs" (1) 0.2 0.1

CONSOMMATION TOTALE CD 2.7 2.9

(1] non compris les autoconsommations Millions de tonnes

TABLEAU 12

I N T E R P O L A T I O N D E S C O N S O M M A T I O N S

1975 1975 1977 1978 1979 71 980 1931

¡CONSOLATION da Mat.alluvionnaires et 2 .8 2 .7 3 .0
2 .6 2 .6 3 .1 3 .1
Calcaires (y compris autoconsommations)

dont : Consommation à usage béton 1 .4 1 .4 1 .5 1 .6 1 .6 1 .5 1 .4

Consommation en l'état 1 .2 1 .2 1 .6 1 .5 1 .2 1 .2 1 .6

Millions de tonnes
- 49 -

6 - ETUDE ECONOMIQUE

6.1. SITUATION ACTUELLE DU MARCHE DES GRANULATS DANS LES VOSGES

A partir des années 1975 et 1978 pour lesquelles on connaît à la fois


les livraisons des producteurs du département st les consommations du
département, on peut interpoler les consommations eu département pour
les années pour lesquelles l'information n'était pes immédiatement dis-
ponible.

On n'a pas réalisé ce travail pour les matériaux éruotifs pour lesquels
le début de cette étude a montré que les déchets de granit ne pouvaient
s'y substituer que de manière très limitée compta tsr.u de leurs aptitudes
techniques, et en impliquant, en tous ces, la rrise en oeuvre de moyens
trop considérables eu égard a l'enjeu économique chiffré ci-après
(100 C00 à 200 000 tonnes en deux sites;, d'autant que l'on peut supposer
que le département est largement excédentaire en ce domaine avec' la
carrière de RAON.

Le second tableau ci-contre, présente cette interpolation et définit le


marché directement concerné, à savoir les matériaux mis en oeuvre en
l'état, c'est-à-dire à l'exclusion du béton sous tous ses modes de com-
mercialisation (Prêt à l'emploi, préfabrication, fait sur chantier).

On remarquera que ces consommations sont remarquablement stables à l'ex-


ception des années au cours desquelles des travaux neufs importants amè-
nent un sensible accroissement des consommations.

On fondera la suite du travail sur la consommation ar>nuelle"normale" qui


serróle se situer à 1 .2 million de tonnes, tout en eyant conscience qu'une
année ou l'autre estte quantité oeut être dépassée ; mais, lorsqu'elle
l'est, il s'agit toujours d'une consommation ponctuelle géographicuerrent
concentrée et ne pouvant donc pas être systématiquement considérée corrrre
entrant dans le champ de la substitution.
TABLEAU 13

M A T E R I A U X P O U R V O I R I E
P R O D U I T S S U R P L A C E
[Canton de S A U L X U R E S S / M D S E L O T T E )

miZZisc s
de tonnas
1976 353
1977 3B9
1978 374
1979 398
1980 331
1981 299

Moyenne 354

Consommation interne 50 à 100


- 50 -

6.2. LE CHAMP DE LA SUBSTITUTION

Les matériaux définis au paragraphe précécent sont utilisés en couche rie


basa, couche de fo rme de routes et ég=I=T=nt à l'entretien des chemins
ruraux, forestiers et remblais divers.

Compte tenu du prix da vente de tels matériaux entre 20 et 27 F. selon


les exigences techniques et la dimension dss marchés, la distance a uns
grande importance.Ainsi, la substitution r= peut réellement s'exercer qu'à
proximité immédiate des sources d'approvisionnement.

A cette fin, et en l'absence de toute sDircs d'information promise, on a


essayé d'approcher cette substitution en considérant trois cantons de
référence : ceux de RAON L'ETAPE et de £E'.2NES (Vallée du RABODEAU), et
celui de SAULXURES SUR MDSELOTTE (Vallée ce la MOSELOTTE). Ce = ont ceux-
là qui devraient être directement concernas par la substitution.

En fonction des différents critères envisageables, ces trois cantons con-


sommeraient entre 8 et 12 % de la consommation départementale soit entre
100 CO0 et 150 000 tonnes/an, (hors travaux exceptionnels).

C'est à cette quantité que l'on peut limiter le champ de la concurrence


courante entre les matériaux actuels et les déchets de granit.

Face è cette consommation, le tableau ci-contre présente les sources d'ap-


provisionnement actuellement en activité. Stricto sensu, il ne concerne
que le canton de SAULXURES et ses environs, la région de RAON-SENONES
n'étant quasiment pas productrice de granulats quoiqu'elle bénéficie è
proximité de sources d'approvisionnement largement suffisantes (Saint-DIE
d'une part et BERTRICHAMP, en Meurthe-et-Moselle, d'autre part).

Ce tableau confirme que le canton de SA'JLX'JRES est largement exportateur


de granulats (entre les 2/3 et les 3/4 de sa production). Il approvisionna
largement les cantons limitrophes de RE^IREiTlNT et GERARDMER, déficitaires.

Toutefois, la réduction actuelle de production de ce canton, .liée à l'épui-


sement et la diminution de la qualité des gisements en cours d'exploitation,
pourrait créer sur cette zone un besoin CIL i pourrait favoriser le dévelop-
pement d'une offre de matériaux substituts issus du granit.
- 51

6.3. LES DECHETS TRAITABLES

Si l'on s'en tenait aux déchets de fraîche production en carrière, les


quantités en jeu seraient minimes au vu de l'activité d'extraction ac-
tuelle (3 00Q t/an dans la Vallée de la Moselotte par exemple).

Le traitement des déchets de carrière ne présente donc un enjeu économique


que dans la mesure où l'on envisage de traiter les déchets accumulés au cours
des années (comme cela a été envisagé dans les parties précédentes). Le
chiffrage en est très malaisé, toutefois, certains sites tels la carrière
MIGLIARINI évoquée dans les premières parties contiennent des accumulations
de déchets susceptibles d'approvisionner la région de RAON/SENGNES en ma-
tériaux pour voirie pour une vingtaine d'années.

Ces sites sont toutefois exceptionnels car, ay^nt été abandonnés depuis
longtemps, leur accès n'est pas toujours commode et la reprise pourrait
faire plus de mal que de bien à un paysage dans lequel la nature a souvent
repris ses droits depuis longtemps.

Au niveau de la transformation, les différentes approches par enquête qui


ont été tentées, ont été très décevantes à la fois par le faible taux de
réponse traduisant en fait une incapacité réelle à mesurer les déchets
disponibles, et par la difficulté à interpréter ces réponses [confirmation
du premier aspect), néanmoins, les recoupements que l'on a pu faire à
partir des quelques réponses comparables entre elles, permettent d'estimer
à quelques 2 600 tonnes annuelles les déchets de fraîche production (non
actuellement commercialisés) dans les ateliers de graniterie de l'ensemble
des deux vallées.(Une quantité au moins aussi importante semble déjà com-
mercialisée sous diverses formes).

Même si cette estimation doit être prise avec les plus extrañes réserves,
on constate qu'il s'agit ici encore d'une quantité faible par rapport aux
besoins des cantons de référence.

Si la faiblesse relative des déchets de fraîche production constitue plutôt


un élément facilitant une commercialisation"douce", elle ne permet pas d'é-
tablir un projet technique rentable en soi (sauf le cas de la carrière
évoquée dans les premières parties de l'étude).

La réalisation technique d'une telle installation ne peut donc se concevoir


que comme un complément à une autre activité ou comme un aspect particulier
d'une activité nouvelle.
- 52 -

6.4. COUTS ET PRIX

Si l'approche du prix du marché est relativement aisée, encore que sujetta


à variations saisonnières parfois importantes, celle des coûts est beaucoup
plus melaisée, dans le cas particulier.

En effet, il ne s'agit pas de créer une installation neuve, permanente, sur


la base d'un marché suffisant mais au contraire, une installation économique,
pouvant avoir une activité intermittente et présentant un matériau substitut
sur un marché correctement approvisionné.

Dans ces conditions, une telle installation ne peut se concevoir qu'avec


un matériel d'occasion et comme activité complémentaire d'une entreprise
existante.

Face à un prix de vente qu'on peut estimer sntre 17 et 20 F. départ, le


coût de production devrait se situer autour de 13 F. hors coût d'investis-
sement et hors bénéfice (selon actualisation des travaux professionnels
portant sur le sujet) .

En partant de ventes de 100 000 t/an (hypothèse qui nous semble optimists)
on pourrait compter sur 400 000 à 700 000 F. pour financer les immobilisa-
tions, le fonds de roulement éventuellement nécessaire, les frais financiers
engagés et la rentabilité des capitaux.

La faisabilité de l'opération en peut dès lors être envisagée qu'en fonction


du prix et de l'efficience des matériels d'occasion susceptibles d'être
acquis et de l'utilisation d'ensemble que l'acquéreur compte en faire.

L'estimation de l'opportunité de l'investissement ne peut utilement être


poussée plus avant ici, la plus grande partie des paramètres relevant a
partir de là, du cas particulier.
- 53 -

7 - CONCLUSION

Engage par une entreprise assise sur c'eutres activités, le traitement des
déchats de graniterie at de carrière peut présenter un intérêt certain
dans le domaine des matériaux pour vciria :
. dans la région de SAULXURES SUR rOSELOTTE pour suppléer partiellement
à l'épuisement économique des sources d'approvisionnement actuel ;
. dans la région de SENONES, en créant sur place une source d'approvi-
sionnement qui n'existait pas.

Toutefois, dans la première région, il re peut s'agir que d'un complément


quantitativement assez marginal.

D'autres voies ont été explorées à l'occasion de cette étude, notamment,


l'utilisation de ces déchets comme matière de base à la réalisation de
matériaux reconstitués (dallages et éléments de murs]. Certaines tenta-
tives se révèlent encourageantes, le problème étant ici la capacité à
assurer une production suivie en quantité et qualité [couleur) es qui
pose à nouveau la question des volumes disponibles mais aussi celle du
tri en graniterie.

Ces conditions préalables étant réglées, ce type de valorisation s'avérerait


plus rémunérateur, les prix possibles étant 3 à 4 fois plus élevés que dans
le domaine de la voirie.
BIBLIOGRAPHIE

Laboratoire Régional des Ponts-et-Chaussées de NANCY (1978). Inventaire


des déchets de carrières de granite. Dossier 592/78 - DDE Vosges.

Relance de l'industrie d'extraction des granites dans le département des


Vosges. Recherche de pierres ornementales. Département des Vosges - BRGM.
Rapports inédits.

1977 - 1er inventaire - 77 SGN 488 LOR


1978 - Sélection des sites - 78 SGN 546 LOR
1980 - Recherche de sites exploitables au sein du Massif des Crêtes et
du Massif de Senones - 80 SGN 243 LOR
Planche I

Concassaoe des granites 3 exemples de coupures granulometnques


obtenues avec un concasseur à percussion
«09

Da//e rfe gravillons polis


1er dégrossissage à la meute diamant
I Planche III
il *L
*>«*•'.'??

IF:*Z>*+M

Da//e de gravilbns polis


3e passage a la metjle carborendon
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Chinche Vil

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