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RAVAOARIMANANA Adéline

RELATION ENTRE HYPERLEUCOCYTOSE ET LA VALEUR DE


PROTEINE C-REACTIVE VUE DANS L'UPFR HEMATOLOGIE
ET DE BIOCHIMIE DE CHU-JRA

Thèse pour l’obtention du Diplôme d’Etat de Docteur en Médecine


UNIVERSITE D’ANTANANARIVO
FACULTE DE MEDECINE

Année: 2019 N:

RELATION ENTRE HYPERLEUCOCYTOSE ET LA VALEUR DE


PROTEINE C-REACTIVE VUE DANS L'UPFR HEMATOLOGIE
ET DE BIOCHIMIE DE CHU-JRA

THESE

Présentée et soutenue publiquement le


à Antananarivo,
Par
Mademoiselle RAVAOARIMANANA Adéline
Née le 28 Aout 1992 à Antsiranana

Pour obtenir le grade de

« DOCTEUR EN MEDECINE »
(Diplôme d’Etat)

Directeur de thèse: Professeur RAKOTO ALSON Aimée Olivat

MEMBRES DU JURY

Président : Professeur RAKOTO ALSON Aimée Olivat


Juges : Professeur RANDRIA Mamy Jean de Dieu
:
Rapporteur : Docteur RANDRIAMAHAZO Rakotomalala Toky
DEDICACES ET REMERCIEMENTS
DEDICACES

La réalisation de cette thèse a été possible grâce au concours de plusieurs personnes à


qui je voudrais témoigner toute ma gratitude.
A Dieu,
Le tout puissant et miséricordieux qui nous aide et nous donne le courage durant ces
longues années d’étude et qui nous a donné la force et la patience d’accomplir ce
modeste travail, que la gloire et l’honneur vous soient rendus pour les grâces que vous
m’accordez.
A ma chère maman Délinah,
Elle m’a encouragé que j’aille plus loin que possible dans mes études mais de qui le sort
m’a séparé prématurément avant mon premier couronnement universitaire. J’espère me
retrouver avec elle un jour dans ton royaume seigneur.
A Mon père, JEAN Noël
Vous étiez toujours pour moi la lumière qui me guide dans les moments les plus obscures.
Acceptez ce modeste travail qui est le fruit de vos sacrifices que vous avez consentis pour
mon éducation et ma formation. Puisse Dieu vous donne santé et longue vie pour que je
puisse vous combler à mon tour.
A mon petit Prince Jayson et à son papa Rico
Vous êtes ma joie de vivre. Vous me redonnez beaucoup de courage. Vous êtes un vrai
trésor! J’espère que ma thèse sera pour vous source de fierté et qu’elle sera un exemple
à suivre. Puisse Dieu, le tout puissant, vous préserve et vous accorde santé, longue vie et
bonheur.
A mes très chers frère et Sœurs :
Clarys, Noelinah, Adélaide, Gaelle, Daniella et Rolland,
Vous savez que l’affection et l’amour fraternel que je vous porte sont sans limites.
Acceptez ce modeste travail qui n’est que le fruit de votre soutien moral et matériel.
J’implore DIEU, tout puissant de vous procurer bonheur et longue vie afin que je puisse
vous combler à mon tour.
A toute la famille et à ma belle-famille,
Merci pour tous vos encouragements. Veuillez trouver dans ce modeste travail
l’expression de mon affection.
Nous adressons nos plus sincères remerciements à tous nos proches, amis, collègues et à
toutes les personnes qui ont participé de près ou de loin à la réalisation de ce travail.
A NOTRE HONORABLE MAITRE, PRESIDENT ET DIRECTEUR DE THESE

Madame le Docteur RAKOTO ALSON Aimée Olivat


- Professeur Titulaire d’Enseignement Supérieur et de Recherche en Hématologie
Biologique à la Faculté de Médecine d’Antananarivo.
- Directeur d’Etablissement du HU-JRA et Chef de Service de l’UPFR Hématologie du
Centre Hospitalier Universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona.

Nous sommes très sensibles au grand honneur que vous nous faites
en présidant cette thèse.
Nous vous remercions de nous avoir confié ce passionnant travail et d'avoir toujours
été à notre écoute dans toutes les étapes de sa réalisation.
Nous avons eu le privilège de bénéficier de votre enseignement riche et fructueux.
Votre compétence, votre dynamisme, votre rigueur et vos qualités humaines ont suscité
en nous une grande admiration.
Vous serez pour nous, l’exemple de droiture et de sérieux dans l’exercice de la
profession.
Puissent des générations et des générations avoir la chance de profiter de votre savoir
qui n'a d'égal que votre sagesse et votre bonté.
Veuillez accepter, cher Maître, l’expression de notre profond respect et de notre sincère
reconnaissance.
A NOS MAITRES ET HONORABLES JUGES DE THESE

Monsieur le Docteur RANDRIA Mamy Jean de Dieu


- Professeur Titulaire d’Enseignement Supérieur et de Recherche en Maladies
Infectieuses à la Faculté de Médecine Antananarivo
- Directeur d’Etablissement du HU-JRB et Chef de Service du Maladies Infectieuses

Monsieur le Docteur
-
-
Vous nous faites le grand honneur de vous intéresser à notre travail et de bien vouloir
siéger parmi les membres de jury de notre thèse malgré vos nobles et multiples taches.
Nous avons été particulièrement touchés par l’amabilité de votre accueil, votre
modestie et votre sympathie.
Que ce travail vous témoigne toute notre reconnaissance.
Veuillez accepter, chers Maîtres, l’expression de l’immense gratitude et de
remerciements

A NOTRE MAITRE ET RAPPORTEUR DE THESE

Monsieur le Docteur RANDRIAMAHAZO Rakotomalala Toky


- Ancien Chef de Travaux en Immunologie à la Faculté de Médecine d’Antananarivo
- Médecin Biologiste à l’UPFR Immunologie de l’HU-JRA

Vous nous avez guidé dans ses différentes étapes et soutenue au fur et à mesure de son
avancement. Vous nous avez toujours réservé un accueil chaleureux et une disponibilité
permanente malgré vos multiples obligations.
Nous voudrions également vous témoigner notre gratitude pour votre patience et votre
soutien qui nous a été précieux afin de mener notre travail à bon port.
Votre bonté, votre modestie, votre compréhension, ainsi que vos qualités
professionnelles ne peuvent que susciter notre grand estime et profond respect.
Veuillez trouver ici, l'assurance de notre reconnaissance et notre profonde admiration
A NOTRE MAITRE ET DOYEN DE LA FACULTE DE MEDECINE
D’ANTANANARIVO

Madame le Professeur VOLOLONTIANA Hanta Marie Danielle

Nous vous exprimons ici nos hommages les plus respectueux.

A TOUS NOS MAITRES ET PROFESSEURS DE LA FACULTE DE MEDECINE


D’ANTANANARIVO

Sincères remerciements et profonde gratitude, pour la richesse et la qualité de votre


enseignement et qui déploient de grands efforts pour assurer à leurs étudiants une
formation actualisée et qui m’ont fourni les outils nécessaires à la réussite de mes études
universitaires.

A TOUS LES PERSONNELS DES SERVICES DANS LESQUELS NOUS AVONS


EFFECTUER NOS STAGES.

Un profond respect et un vif remerciement.

A TOUS LES PERSONNELS DU SERVICE D’UPFR HEMATOLOGIE ET DE


BIOCHIMIE DE L’HJRA-CHU D’ANTANANARIVO

Merci pour ces accueils chaleureux et ces services apportés.

A TOUS LES PERSONNELS ADMINISTRATIFS ET TECHNIQUES DE LA


FACULTE DE MEDECINE D’ANTANANARIVO

Nos remerciements infinis.


SOMMAIRE
SOMMAIRE

Pages
Introduction……………………………………………………………………………... 1
I. PREMIERE PARTIE: RAPPELS…………………………………………………….. 2
I.1. Hématopoïèse……………………………………………………………………. 2
I.1.1. Généralités sur l’hématopoïèse……………………………………………… 2
I.1.2. Granulopoïèse……………………………………………………………….. 4
I.1.3. Lymphopoïèse ……………………………………………………………….6
I.1.4. Monocytopoïese …………………………………………………………….. 7
I.1.5. Rôle des leucocytes ……………………………………………………….... 8
I.2. Hémogramme……………….…………………………………………………… 9
I.2.1. Généralités et définition…….……………………………………………….. 9
I.2.2. Technique………………………………………………………………….. 10
I.2.3. Les paramètres de l’hémogramme…………………………………………. 11
I.2.4. Anomalies de l’hémogramme……………………………………………… 13
I.3. La réaction inflammatoire et les protéines de l’inflammation………………….. 16
I.3.1. La réaction inflammatoire…………………………………………………. 16
I.3.2. Les protéines de la réaction inflammatoire………………………………… 17
I.4. CRP …………………………………………………………………………… 18
I.4.1. Définition et historique ……………………………………………………. 18
I.4.2. Caractéristiques et cinétique……………………………………………….. 18
I.4.3. Méthodes de dosage……………………………………………………….. 20
I.4.4. Le taux plasmatique de CRP………………………………………………. 21
DEUXIEME PARTIE: METHODE ET RESULTATS………………………….…….22
I. METHODE………………………………………………………………………….. 22
I.1. Cadre de l’étude………………………………………………………………... 22
I.1.1. Type de l’étude…………………………………………………………….. 22
I.1.2. Lieu de l’étude……………………………………………………………... 22
I.1.3. Durée et période de l’étude………………………………………………… 24
I.1.4. Population d’étude…………………………………………………………. 24
I.1.5. Echantillonnage……………………………………………………………. 24
I.1.6. Critères d’inclusion pour les patients………………………………………. 24
I.1.7. Critère de non inclusion……………………………………………………. 24
I.1.8. Critères d’exclusion………………………………………………………... 24
I.1.9. Variables étudiées………………………………………………………….. 24
I.1.10. Mode de recueil des données……………………………………………… 25
I.1.11. Analyse des données………………………………………………………. 25
I.1.12. Limite de l’étude…………………………………………………………... 25
I.1.13. Considération éthique……………………………………………………... 25
I.2. Protocole d’analyse…………………………………………………………….. 26
I.2.1. Prétraitement des échantillons……………………………………………... 26
I.2.2. Méthodes de mesure……………………………………………………….. 26
II. RESULTATS………………………………………………………………………. 32
II.1. Taille de la population…………………………………………………………..32
II.2. Prévalence d’hyperleucocytose………………………………………………… 32
II.3. Prévalence brute de CRP pathologique………………………………………… 33
II.4. Répartition de la population selon les variables d’étude……………………….. 34
II.4.1. Données relatives au genre………………………………………………… 34
II.4.2. Données relatives aux tranches d’âge……………………………………… 35
II.4.3. Données relatives aux renseignements cliniques…………………………... 36
II.4.4. Données relatives aux services prescripteurs……………………………….37
II.4.5. Répartition des patients selon le taux de CRP……………………………... 38
II.5. Selon les paramètres de l’hémogramme………………………………………...39
II.5.1. Répartition selon la valeur d’hyperleucocytose……………………………. 39
II.5.2. Prédominance leucocytaire…………………………………………………40
II.5.3.Répartition des patients en fonction des autres anomalies
hématologiques...............................................................................................41
DISCUSSION…………………………………………………………………………. 42
I. Justification………………………………………………………………………….. 42
II. Prévalence d’hyperleucocytose……………………………………………………...42
II. Prévalence brute de CRP pathologique……………………………………………..44
IV. Répartition de la population selon les variables d’étude………………………….. 45
IV.1. Selon le genre………………………………………………………………… 45
IV.2. Selon l’âge……………………………………………………………………. 46
IV.3. Aspect clinique……………………………………………………………….. 46
IV.3.1.Contexte infectieux………………………………………………………... 47
IV.3.2.Bilan post-opératoire……………………………………………………… 51
IV.3.3.Problème neuro-psychiatrique…………………………………………….. 52
IV.3.4.Contexte hémorragique……………………………………………………. 53
IV.3.5.Atteinte uro-néphrologique………………………………………………... 53
IV.3.6.Bilan préopératoire………………………………………………………... 53
IV.3.7.Problème Gynécologique et obstétrique…………………………………... 53
IV.3.8.Contexte néoplasique……………………………………………………… 54
IV.3.9.Contexte inflammatoire…………………………………………………… 55
IV.3.10. Trouble cardio-vasculaire……………………………………………….. 55
IV.3.11. Autres aspects cliniques…………………………………………………. 56
IV.4. Selon les services prescripteurs………………………………………………. 56
IV.4.1.Prescription en réanimation chirurgicale………………………………….. 56
IV.4.2.Prescription aux urgences…………………………………………………. 57
V. Par rapport aux valeurs de la CRP………………………………………………….. 58
VI. Selon les paramètres de l’hémogramme………………………………………….. 59
VI.1. Selon le taux de leucocyte…………………………………………………… 59
VI.2. Prédominance leucocytaire…………………………………………………… 60
VI.3. Selon les anomalies hématologiques associées.…..………..……..…………..60

CONCLUSION……………………………………………………………................... 64
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ANNEXE
LISTE DES TABLEAUX

Pages

Tableau I : Réactifs utilisés…………………………………………………………... 28


Tableau II : Répartition des patients selon les renseignements clinique………………. 36
Tableau III: Répartition selon les services prescripteurs……………………………… 37
Tableau IV: Valeur d’hyperleucocytose……………………………………………….. 39
LISTE DES FIGURES
Pages

Figure 1 : Schéma illustratif simplifié de la différentiation hématopoïétique…………. 3


Figure 2 : Cellule sanguine ............................................................................................... 8
Figure 3 : Représentation de la structure de la CRP ......................................................19
Figure 4 : Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona (HJRA) – Antananarivo …...23
Figure 5 : L''automate BC 5300 MINDRAY® ...............................................................27
Figure 6 : Automate de Biochimie BS-300 MINDRAY® .............................................29
Figure 7 : Prévalence d'hyperleucocytose ......................................................................32
Figure 8 : Prévalence brute de CRP pathologique lors de l’hyperleucocytose .............33
Figure 9 : Répartition du genre de nos patients inclus ...................................................34
Figure 10 : Répartition des patients avec leucocytose et demande de CRP selon les
tranches d’âges ...............................................................................................35
Figure 11 : Répartition des patients selon le taux de CRP...............................................38
Figure 12 : Représentation graphique de Prédominance leucocytaire et le taux de
CRP ................................................................................................................40
Figure 13 : Répartition des patients présentant une hyperleucocytose selon les autres
anomalies hématologiques .............................................................................41
LISTE DES ABREVIATIONS

ADN : Acide désoxyribonucléique


AHC : Automates d’Hématologie Cellulaire
ATUR : Accueil-triage-urgence et réanimation
CCMH : concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine
CFU-B : Colony Forming Unit Basophile
CFU-E : Colony Forming Unit Erythrocytaire
CFU-G : Colony forming unit granulocyte
CFU-GEMM : Colony Forming Unit - Granuleuse, Erythrocytaire, Macrophage et
Mégacaryocytaire

CFU-M : Colony Forming Unit Macrophagique


CHUGOB : Centre Hospitalier Universitaire de gynécologie et obstétrique

CHUJRA : Centre Hospitalier Universitaire Joseph Ravoahangy


Andrianavalona

CHUJRB : Centre Hospitalier Universitaire Joseph Ravoahangy Befelatanana

CHUMET : Centre Hospitalier Mère Enfant de Tsaralalana


CFU-Mk : Colony Forming Unit megakaryocyte
CFU-Eo : Colony Forming Unit Eosinophile
CRP : C-reactive protein
CSH : Cellules souches hématopoïétiques
EDTA : Ethyle Diamine Tétra Acétate
g/L : gramme par litre
G/L : Giga par litre
G-CSF : Granulocyte Colony Stimulating Factor
GM-CSF : Granulocyte Macrophage-Colony Stimulating Factor
GOB : HopitalGynéco-obstétrical de Befelatanana
Hb : Hémoglobine
HJRA : Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona
Htc : Hématocrite
IL : Interleukine
M-CSF : Macrophage Colony Stimulating Factor
mg/L : milligramme par litre, milligramme par litre
NFS : Numération-formule sanguine
NK : Natural Killer
PNB : Polynucléaire Basophile
PNE : Polynucléaire Eosinophile
PNN : Polynucléaire Neutrophile
PRI : Protéines de la Réaction Inflammatoire
TCMH : Teneur corpusculaire moyenne en hémoglobine
TNF-α : Tumor Necrosis Factor α
UPFR : Unité Paraclinique de Formation et de Recherche
VGM : Volume globulaire moyen
LISTE DES ANNEXES

Valeur de référence hémogramme selon l’âge


Fiches de collecte des données
INTRODUCTION
1

INTRODUCTION
L'hyperleucocytose ou leucocytose correspond à une augmentation du nombre
de globules blancs supérieur à 10.000 par mm3 de sang [1] . Le terme leucocyte désigne
collectivement les granulocytes (neutrophiles, éosinophiles et basophiles), les
monocytes et les lymphocytes. N'importe laquelle de ces lignées individuelles, ou une
combinaison de celles-ci, peut expliquer l'augmentation du nombre de leucocytes [2].
L’hyperleucocytose est une anomalie fréquente de l’hémogramme, identifiée par les
laboratoires de biologie médicale [3]. Dans la plupart des cas, l'hyperleucocytose est
causée par une infection [4].

La protéine C-réactive ou C-reactive protein(CRP) est un marqueur biologique


performant, de cinétique rapide, utilisé en routine pour apprécier le syndrome
inflammatoire dont les infections représentent les principales causes [5].

L’hémogramme et la CRP font partie des examens biologiques très prescrit en


pratique clinique [4]. La mise en évidence d’hyperleucocytose en hémogramme est
vraiment indispensable dans un grand nombre de contextes médicaux pour éliminer une
infection [6]. Le dosage de la CRP est justifié pour la recherche et le suivi d'un
processus inflammatoire aigu débutant ; elle est élevée dans les infections microbiennes
(sauf virales) et dans les maladies inflammatoires non infectieuses [7].

A Madagascar l’étude basée sur l’hyperleucocytose et CRP, seule ou en


association demeure rare. Ce qui nous a incité à réaliser la présente étude. Nos objectifs
sont de décrire l’hyperleucocytose et la valeur de CRP vues dans l’Unité Paraclinique de
Formation et de Recherche (UPFR) d’hématologie et de biochimie de l’ Hôpital
Joseph Ravoahangy Andrianavalona (HJRA) et d’évaluer la relation entre
l’hyperleucocytose et la valeur de CRP.

Pour atteindre ces objectifs, la première partie sera consacrée à un rappel sur
les formations des cellules sanguines, l’hémogramme, la réaction inflammatoire et la
CRP, la deuxième partie sera axée sur la méthodologie et les résultats de l’étude menée
l’UPFR Hématologie et biochimie, la troisième partie aux commentaires et discussions.
PREMIERE PARTIE :
RAPPELS
2

I.RAPPELS

I.1. Hématopoïèse

I.1.1.Généralités sur l’hématopoïèse

I.1.1.1. Définition
L'hématopoïèse est un processus dynamique par lequel les cellules souches
hématopoïétiques (CSH) prolifèrent et se différencient en composants cellulaires sanguins
matures [8-12]. Les cellules sanguines sont les lymphocytes T, B et NK [13], les
mégacaryocytes et les érythrocytes, ainsi que les granulocytes et les macrophages [14].
Environ 1012 cellules de toutes les lignées sanguines sont remplacées chaque jour chez
l’adulte grâce à l’hématopoïèse [15,16]. L’un des modèles de l’hématopoïèse de la moelle
osseuse est présenté à la figure 1.

I.1.1.2. Localisation
Dans la vie adulte, l'hématopoïèse a lieu dans la moelle osseuse, alors que
pendant le développement fœtal, la vésicule ombilicale, le foie, le thymus et la rate
pouvant assumer une fonction hématopoïétique [8,12,14,17].

I.1.1.3. Compartiment
L'hématopoïèse se réalise dans quatre compartiments fonctionnels [17]:
● Compartiment des cellules souches hématopoïétiques:
Toutes cellules sanguines sont produites à partir d’une même cellule indifférenciée,
c’est la cellule souche primitive ou cellule souche totipotente.
Ces cellules souches totipotentes sont douées de deux propriétés essentielles en
équilibre qui sont la capacité d’auto-renouvellement et la capacité de différenciation.
★ L’auto renouvellement : permet d’obtenir des cellules identiques et
par conséquence de maintenir intact un pool de cellules souches primitives.
★ La totipotence : aboutit à la formation des cellules souches engagées dans une
lignée.
● Compartiment des progéniteurs
Ce sont des cellules souches engagées, ils perdent progressivement leur capacité d’auto-
renouvellement au fur et à mesure qu’ils avancent dans leur différenciation.
3

● Compartiment des précurseurs


Ce sont des cellules identifiables morphologiquement, ils ont perdu toute capacité d’auto-
renouvellement
● Compartiment de maturation
Les cellules matures quittent la moelle pour constituer les cellules sanguines
périphériques fonctionnelles avec un nombre variable selon l’âge, le genre et le contexte
clinique (figure 1).

Figure 1 : Schéma illustratif simplifié de la différentiation hématopoïétique


(BFU-E: Unité formatrice de blastes d’érythrocytes; CFU-Me: Unité formatrice de
colonies mégacaryocytaire; CFU-GM: CFU granulomonocytaire; CFU-M: CFU de
monocytaire; CFU-G: CFU granulocytaire; CFU-L: CFU lymphocytaire).

Source : Fernandes A. Hematopoiese. Enciclopedia Temática [En ligne] 2016 Avril


[consulté le [04/04/2018]. Consultable à l’URL: https://knoow.net/fr/sciemces-terre-
vie/biologie/hematopoiese/[18]
4

I.1.1.4. Régulation
La durée de vie des cellules sanguines matures est limitée, impliquant un
renouvellement constant finement régulé [16]. L'engagement et la différenciation des
CSH envers les types de cellules matures sont contrôlés par l’interaction de facteurs
intrinsèques et extrinsèques qui produisent la descendance initialement plus restreinte et
finalement engagée dans la lignée [14].
Les facteurs extrinsèques comprennent les cytokines, les hormones, les
vitamines et l’interaction avec des types de cellules non hématopoïétiques, tels que les
cellules stromales ou la niche hématopoïétique, qui fournissent des signaux de
régulation et de maturation nécessaires pour maintenir l'homéostasie physiologique des
cellules sanguines et d'atteindre l'équilibre entre le renouvellement et la différentiation
des CSH [8,14,16]. Les composants intrinsèques prédominants qui contrôlent
l'hématopoïèse précoce sont des facteurs de transcription ; protéines de liaison à l' Acide
désoxyribonucléique (ADN) spécifiques à une séquence, capables à la fois de
promouvoir et de réprimer l'expression génique en fonction du contexte cellulaire [14].
L’hématopoïèse assure le renouvellement permanent et continu des cellules
sanguines [19]. Elle inclut l’érythropoïèse à l’origine des hématies, la granulopoïèse à
l’origine des granulocytes, la monocytopoïèse à l’origine du système monocytaire
macrophagique, la mégacaryopoïèse produisant les plaquettes et lymphopoïèse à
l’origine des lymphocytes. Nous verrons seulement ici le déroulement de la maturation de
la lignée granulocytaire, lymphocytaire et monocytaire à l’origine des globules
blancs ou leucocytes (granulocyte, lymphocyte, monocyte) [20].

I.1.2. Granulopoïèse

I.1.2.1. Définition
La granulopoïèse est le processus physiologique qui assure la production des
polynucléaires neutrophiles, éosinophiles et basophiles du sang et la régule [17,21]. La
durée de la granulopoïèse est entre 7 et 13 jours [21].

I.1.2.2. Localisation
Leur développement précoce se produit initialement dans le sac vitellin, puis
dans l'aorte dorsale, le foie et la rate du fœtus et enfin dans la moelle osseuse
d'organisme adulte [14].
5

I.1.2.3. Différentes étapes cellulaires


Les polynucléaires proviennent d’une cellule souche multipotente qui donnera
naissance, sous l’influence de différentes cytokines, successivement à une cellule
souche myéloïde Colony Forming Unit - Granuleuse, Erythrocytaire, Macrophage et
Mégacaryocytaire (CFU-GEMM), à des progeniteurs Colony forming unit granulocyte
(CFU-G), Colony Forming Unit Eosinophile (CFU-Eo), Colony Forming Unit
Basophile (CFU-B), Colony Forming Unit Macrophagique (CFU-M), Colony Forming
Unit megakaryocyte (CFU-MK) et Colony Forming Unit Erythrocytaire (CFU-E). Puis
les progeniteurs de la lignée granuleuse CFU-G, CFU-Eo, CFU-B se transforment en
myéloblaste, puis en promyélocyte et myélocyte. Cette phase dite mitotique dure
environ une semaine [22] (figure 1).

Elle est suivie de la phase post-mitotique, d’une durée à peu près équivalente,
au cours de laquelle le métamyélocyte se transforme en polynucléaire immature, puis en
polynucléaire mature caractérisée par l'apparition de granulations spécifiques
(neutrophiles, éosinophiles, basophiles) ; la réduction du volume cellulaire ; la
segmentation du noyau en croissant, puis en lobes [17,22]. Les polynucléaires matures
restent de zéro à cinq jours dans la moelle où ils forment la réserve médullaire [22].

I.1.2.4. Cellules matures


Les granulocytes constituent la majorité des leucocytes [14]. Le terme
«granulocytes» désigne trois lignées de cellules, les neutrophiles, les éosinophiles, et les
basophiles [12,14,16]. Ils ont été appelés granulocytes en raison de la présence dans
leur cytoplasme granulés contenant des protéines bactéricides et / ou fongicides et
possèdent également un noyau polylobé caractéristique à l’origine de la nomenclature
cellules polynucléaires’[12,16,23]. La durée de vie des granulocytes est environ 8 jours
[24].
Les granulocytes ont une taille d’environ 12µm
Le polynucléaire neutrophile possède un noyau de 2à 5 lobes et des
granulations fines irrégulières violet clair (figure 2)
Le polynucléaire éosinophile comporte un noyau souvent bilobé et grosses
granulations orangées.(figure 2)
6

Le polynucléaire basophile a un noyau polylobé mais caché par de grosses


granulations violet foncé. (figure 2)[25].

I.1.2.5. Régulation
Leur développement dépend de l'émergence séquentielle de facteurs de
transcription, mais nécessite également des signaux parallèles fournis par les cytokines,
les facteurs de croissance et leurs récepteurs [14].
Les facteurs de transcription dirigent le développement du CFU GEMM à
partir de la cellule souche hématopoïétique sont [12]:
-PU.1, C/EBPα, GATA-1: assurent le développement de CFU GEMM vers CFU -GM;
-GATA-2, Nab2, Gfi-1: assurent l’engagement de CFU -GM vers CFU-M et en CFU-
G;
-C/EBP α : induit la différentiation de CFU-B vers basophile;
- C/EBPs, PU.1, GATAs : assurent l’évolution de CFU GEMM vers éosinophile;
- C/EBPα, PU.1, Gfi-1 : permettent le developpement de CFU GEMM vers neutrophile.
Les cytokines (facteur de croissance) impliqués dans la promotion de
l'acquisition spécifique du destin des cellules myéloïdes plus précisément les
granulocytes [12]:
-IL-3, GM-CSF : favorisent la différentiation des CFU -GM
-IL-3 : entre dans le développement des Basophiles
-IL-5, IL-3, GM-CSF : influencent le développement des éosinophiles
-G-CSF, IL-6 : soutiennent la prolifération et la différenciation des neutrophiles.

I.1.3.Lymphopoïèse

I.1.3.1. Définition et différentes étapes cellulaires


La lymphopoïèse définit la production et le renouvellement des lymphocytes T et
B et des cellules NK dans l’organisme .
La lymphopoïèse débute par l’apparition d’un progéniteur appelé progéniteur
multipotent orienté vers la lignée lymphoïde. Ce progéniteur se différencie ensuite en
progéniteur lymphoïde précoce puis entre définitivement dans le processus de
différenciation lymphoïde. Le progéniteur lymphoïde précoce, produit dans la moelle
osseuse, se différencie en progéniteur lymphoïde commun à l’origine des lymphocytes T,
B et des cellules Natural Killer (NK).
7

La génération des lymphocytes B prend place dans la moelle tandis que les
lymphocytes T sont produits dans l’organe dédié, le thymus [16].

I.1.3.2. Cellules matures : lymphocytes


Sur le plan morphologique, les lymphocytes sont des cellules agranulaires
(diamètre de 8 à 12 µm pour les petits lymphocytes et de 12 à 15 µm pour les grands
lymphocytes), nucléés avec un noyau non lobé à chromatine dense disposée en
mottes(figure 2) [3] .

I.1.4.Monocytopoïese

I.1.4.1. Différentes étapes cellulaires


Les monocytes proviennent d’une cellule souche multipotente qui donnera
naissance, sous l’influence de différentes cytokines, successivement à une cellule
souche myéloïde(CFU-GEMM), à un progeniteur mixte des granulocytes et des
monocytes macrophages(CFU-GM), à un progeniteur de monocyte (CFU-M) .
Les CFU-M, sous l'action du facteur de croissance M-CSF (Macrophage
Colony Stimulating Factor), se différencient en monocytes en deux à trois jours.
Les monocytes résident un jour dans la moelle puis ils passent dans le
compartiment sanguin où ils transitent pendant un à trois jours avant de gagner d'autres
tissus où ils peuvent se différencier avant d'assurer leur fonction .
La durée de la différenciation de CFU-GM au monocyte est d’environ 5 à
7jours[17].

I.1.4.2. Cellules matures : Monocyte


Le devenir de précurseurs monoblastiques sont les monocytes et les
macrophages qui peuvent se trouver dans le sang, dans la moelle et dans des différents
tissus[17].
Ce sont les plus grandes cellules du sang [17], de taille variable (20 à 40 µm de
diamètre) [26], un noyau central très polymorphe et un cytoplasme clair avec de très fines
granulations et parfois des vacuoles. (figure 2)[25]
8

Figure 2 : Cellules sanguines

Source : Boudars D. Les cellules sanguines Hematopoïese. Cours d’histologie PCEM 1


[en ligne] 2013 Janvier [consulté le 06/04/2018]. Consultable à l’URL:
https://www.slideserve.com/emmly/cours-d-histologie-pcem1 .[25]

I.1.5.Rôle des leucocytes

I.1.5.1.Polynucléaire neutrophile
Les PNN constituent l’un des plus puissants systèmes de défense immunitaire
innée, naïve de l’homme contre les agents pathogènes. Leur rôle est essentiellement la
phagocytose de corps étrangers, phase importante de la lutte antibactérienne et
infectieuse [12, 16, 17, 21, 22, 27 - 31]. Les PNN produisent de nombreux médiateurs
de l’inflammation (PAF, LTB4..) ainsi que des cytokines pro et anti-inflammatoires [22].

I.1.5.2. Polynucléaire basophile


Ils sont majoritairement mobilisés lors de réponses allergiques telles que
l'asthme et l'anaphylaxie [12,16,17] . L’activation des polynucléaires basophiles menant
à la mise en place d’une réponse inflammatoire est sans doute la fonction la plus connue
de ces cellules [14,32]. Ces cellules sont également capables de produire des médiateurs
d'inflammation ultérieurs, tels que les interleukines 4 et 13 (IL-4 et IL-13) [14].
9

I.1.5.3. Polynucléaire éosinophile


Les éosinophiles sont des cellules effectrices majeures intervenant aussi bien
dans l’immunité antiparasitaire que dans l’inflammation ou l’allergie [17, 33, 34].
Bien que la défense antiparasitaire soit la principale fonction attribuée à l’éosinophile,
celui-ci est également capable d’exercer des fonctions antivirales et antibactériennes en
tuant les bactéries à Gram négatif via un mécanisme oxygène. Le polynucléaire
éosinophile comme le PNN est doué de mobilité et de phagocytose [31].

I.1.5.4. Lymphocytes
Les lymphocytes T constituent le système immunitaire adaptatif cellulaire qui
reconnaissent et détruisent les cellules infectées [14, 17, 23, 31, 35].
Les cellules B thymo-indépendants font partie intégrante de système
immunitaire adaptative humorale et se transforment en plasmocytes qui synthétisent les
anticorps spécifiques [12, 17, 31]. Ils détruisent les substances étrangères [23].

I.1.5.5. Monocyte
L’activation des monocytes induit la synthèse des cytokines pro inflammatoires
et leur différenciation dans le tissu inflammatoire en macrophages [14, 16, 36]. Ils
assurent des fonctions variées au niveau cellulaire : la phagocytose et la régulation de la
réponse immunitaire [2, 14, 17, 23, 31].

I.2. HEMOGRAMME

I.2.1. Généralités et définition


L’hémogramme est le test de laboratoire le plus fréquemment prescrit : il
oriente les examens complémentaires essentiels au diagnostic et au suivi du patient [6,
37]
L’hémogramme est l'examen de base en hématologie cellulaire [38]. Il permet
notamment de mettre en évidence un processus inflammatoire ou infectieux.
L’hémogramme ou numération-formule sanguine (NFS) permet d’évaluer la quantité et
la qualité des trois lignées sanguines : les hématies ou globules rouges ou encore
érythrocytes, les leucocytes ou globules blancs, et les plaquettes [39]. Il est impératif de
connaître les valeurs normales en fonction de l’âge et du sexe pour éviter les erreurs
d’interprétation [31,39].
10

I.2.2. Technique
Une interprétation correcte de cet examen implique un respect des exigences pré-
analytiques, une parfaite maîtrise par le biologiste des différentes technologies
analytiques à sa disposition et une veille bibliographique régulière [6].

I.2.2.1. Pré-analytique
La phase pré-analytique concerne : la date et l'heure du prélèvement, le
remplissage correct du tube, les conditions d'acheminement [38].
L’hémogramme est réalisé à partir d’un échantillon de sang prélevé par
ponction veineuse et recueilli dans un tube contenant un anticoagulant de type EDTA
(concentration de 1 mg/ml de sang) [31, 39].
Il n’est pas nécessaire d’être à jeun pour cet examen [39]. L'examen est fait
dans l'heure qui suit la ponction, au maximum trois heures après pour la numération
[31].

I.2.2.2. Analytique
L’utilisation du microscope pour la lecture des frottis sanguins normaux s’est
beaucoup réduite dans les laboratoires, au bénéfice de la « formule sanguine » effectuée
par les automates [26].

I.2.2.2.1.Méthode manuelle
L’examen du frottis de sang est nécessaire pour effectuer la formule
leucocytaire si l'automate la rejette ou si le cytogramme montre des populations
leucocytaires mal définies. II est également indispensable en cas de cytopénies ou
d'augmentation d'une population leucocytaire [38].

I.2.2.2.2.Méthode automatique
II est maintenant automatisé non seulement pour la numération des éléments
figurés du sang (hématies, leucocytes et plaquettes) et la détermination des paramètres
érythrocytaires, mais aussi le plus souvent pour l'identification des populations
leucocytaires (polynucléaires neutrophiles, éosinophiles, basophiles, lymphocytes et
monocytes) permettant ainsi d'établir une formule leucocytaire. Apres analyses sur
l'automate, les résultats sont proposés à l’écran ou sur papier [38].
11

I.2.3.Les paramètres de l’hémogramme

I.2.3.1.Exploration des globules blancs

I.2.3.1.1.Technique
L’hémogramme explore les globules blancs selon deux manières : Numération
leucocytaire et formule leucocytaire
Sur les automates d’hématologie cellulaire (AHC), le nombre des leucocytes est obtenu
après lyse des hématies puis analyse par diffraction optique ou variation d’impédance
Chaque particule de taille supérieure à celle d’une plaquette et qui n’est pas détruite par
les agents hémolysants est identifiée a priori comme un leucocyte et énumérée comme
telle par les AHC .
Les AHC analysent aujourd’hui très précisément ces leucocytes et peuvent les identifier et
les énumérer pour en réaliser une formule automatisée à cinq paramètres. Pour
obtenir une formule leucocytaire automatisée à cinq paramètres les leucocytes sont
analysés sur un canal, selon diverses technologies: un (ou plusieurs) histogramme bi- ou
multiparamétrique (souvent la taille et un ou plusieurs autres critères) visualise les cinq
populations leucocytaires sous forme de nuages de points
La numération des leucocytes totaux et la formule leucocytaire peuvent
également être effectuées par microscopie (méthode manuelle) [31].

I.2.3.1.2.Valeur normale
Valeurs normales de la numération leucocytaire et formule leucocytaire [1, 17, 42].
_Leucocytes : 4-10 109/L ou 4 000 à 10 000/mm3.
_ Polynucléaire neutrophile : 2,5 à 7,5 109/L ou 2 500 à 7 500/mm3.
_ Éosinophiles : 0,1-0,5×109/L ou 100 à 500/mm3.
_ Basophiles : 0-0,150 ×109/L ou 0 à 150/mm3.
_Lymphocytes:1,5-4×109/L ou 1500 à 4 000/mm3.
_ Monocytes : 0,4-1,0×109/L ou 400 à 1 000/mm3

I.2.3.2.Exploration des globules rouges


I.2.3.2.1.Généralités
La numération de la lignée érythrocytaire fournit des informations sur la
capacité de l’organisme à transmettre de l’oxygène aux cellules
Elle fournit également des données complémentaires :
12

• l’hématocrite, le volume occupé par les globules rouges par rapport au sang total ;
• le volume globulaire moyen (VGM) des hématies ;
• la teneur corpusculaire moyenne en hémoglobine (TCMH), c’est-à-dire la quantité
moyenne d’hémoglobine contenue dans une hématie ;
• la concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine (CCMH), c’est-à-dire la
quantité moyenne d’hémoglobine contenue dans un litre d’hématies [39]

I.2.3.2.2.Valeurs normales
Valeurs normales de la numération-formule sanguine : lignée érythrocytaire [17,39].

➢ Hématies
• homme, 4,2-5,7 1012/L ou 4 200 000-5 700 000/mm3 ;
• femme, 4,0-5,3 1012/L ou 4 000 000-5 300 000/mm3.
➢ Taux d’hémoglobine :
• homme, 130-180 g/L ou 13-18 g/100 mL de sang ;
• femme, 120-160 g/L ou 12-16 g/100 mL de sang.
➢ Hématocrite :
• homme, 40-52 % ;
• femme, 37-46 %.
➢ Volume globulaire moyen : homme/femme, 80-95 fl ou μ3.

➢ Teneur corpusculaire moyenne en hémoglobine : homme/femme, 28-32 pg.

➢ Concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine : homme/femme, 32 à


36 % ou 320-360 g/L.

I.2.3.3. Exploration des plaquettes


Les plaquettes jouent un rôle essentiel dans l’hémostase primaire en permettant
l’arrêt du saignement au niveau d’un site de lésion vasculaire
L’activation excessive des plaquettes circulantes conduit à la thrombose, tandis qu’une
thrombopénie ou une thrombopathie conduit à un syndrome hémorragique [40].
Le taux de plaquettes normal est de : 150-400 109/L ou 150 000 à 400 000/mm3 ou 150
000 à 450 000 thrombocytes par microlitre [17, 39].
13

I.2.4.Anomalies de l’hémogramme

I.2.4.1. Anomalie de l’exploration des globules blancs

I.2.4.1.1.Anomalie de la numération leucocytaire

I.2.4.1.1.1. Leucopénie
La leucopénie est donc définie pour toute valeur de globules blancs strictement
inférieure à 4 000/mm3 [39, 41].
Les causes peuvent être bactériennes, parasitaires, virales ou médicamenteuses
[39], une insuffisance de production médullaire (agranulomatose constitutionnelle,
alymphocytose congénitale de l'enfant...), une disparition des cellules circulantes
(neutropénie due aux radiations, agranulomatose acquise) [31].

I.2.4.1.1.2.Hyperleucocytose
Les hyperleucocytoses sont définies par une augmentation des leucocytes
sanguins par rapport à des valeurs normales qui varient avec l’âge du patient [3]. Chez
l’adulte il est supérieur à 10000 globules blancs par mm3 [1].
Il est le plus souvent provoqué par une réponse physiologique appropriée de la moelle
osseuse normale à un stimulus inflammatoire ou infectieux. Moins fréquemment, une
leucocytose est causée par un trouble de la moelle osseuse primaire, telles que la
leucémie, le lymphome, ou un néoplasme myéloprolifératif [2, 3, 31, 39].
Les infections bactériennes entraînent généralement une leucocytose légère à modérée (11
000 à 30 000 / µL), avec une prédominance neutrophiles [2].
Selon la littérature, on parle d’une hyperleucocytose « marqué » à partir de 20×109 à
25×109 G/L [42].
Une leucocytose extrême avec le nombre de cellules blanches du sang périphérique au-
dessus de 40 ou 50×109/L a été rapportée dans de nombreuses tumeurs solides, et
peut être attribuée à une réaction leucémoïde paranéoplasique (typiquement 50 000 à
100 000 / µL) [2].
L'hyperleucocytose fait référence à un nombre de leucocytes supérieur à 100 000 / µL est
observée presque exclusivement dans les leucémies et les troubles myéloprolifératifs.
Une leucocytose plus de 100 000/µL constituent une urgence médicale en raison du risque
de leucostase [2].
14

I.2.4.1.2.Anomalie de la formule leucocytaire

I.2.4.1.2.1.Anomalie par excès

I.2.4.1.2.1.1.Polynucléose neutrophile
Les polynucléoses neutrophiles sont définies par une augmentation des
polynucléaires neutrophiles circulants, supérieurs à 7,5 G/L chez l’adulte.
Chez l’enfant et surtout chez les nourrissons, il est indispensable de prendre en compte les
normes établies en fonction de l’âge [3].
Les principales causes d’hyperleucocytose à polynucléaires neutrophiles
sont les infections(abcès, angine, panaris, infections urinaires ou génitales, etc.), les
maladies inflammatoires(polyarthrite rhumatoïde, maladie de Crohn, etc.), les
tumeurs, les hémorragies aiguës, les anémies hémolytiques aiguës, l’asplénie, un
syndrome myéloprolifératif ou un tabagisme chronique, les médicaments
(corticoïdes, lithium), l’effort musculaire ou équivalent (crise convulsive), le repas, le
stress et les anomalies de production des neutrophiles, une réaction allergique aiguë,
une nécrose tissulaire, [39, 43, 44]

I.2.4.1.2.1.2.Hyperéosinophilie
L’hyperéosinophilie sanguine se définit comme une augmentation du nombre de
polynucléaires éosinophiles circulants au-dessus du seuil communément admis de 0,5
G/L [3, 37] .
Elles sont classiquement associées des réactions d’hypersensibilité médicamenteuse et
allergiques, à des parasitoses, des dermatoses, tumeur maligne, vascularite, déficit
immunitaire et cause toxique [2, 3, 31, 37, 39].

I.2.4.1.2.1.3.Basocytose
Basophilie, définie comme une numération des basophiles supérieure à 100/
µL, survient dans les états allergiques ou inflammatoires (dermatoses, asthme, allergie,
etc.), en cas de maladies hématologiques et de syndrome myéloprolifératif [2, 39].

I.2.4.1.2.1.4.Lymphocytose:
Lymphocytose désigne classiquement une numération lymphocytaire
supérieure à 4000 / µL, et est la deuxième cause la plus fréquente de leucocytose [2, 39].
Les lymphocytoses se voient essentiellement dans les infections virales [1],
15

mais peut être occasionnée par de réactions allergiques ou d’hémopathies malignes


(leucémie lymphoïde chronique, lymphomes) [31, 39].

I.2.4.1.2.1.5.Monocytose
La monocytose est définie par un excès de monocytes circulants dans le sang
(supérieur à 1 G/L) ou à une augmentation des monocytes > 1 000/mm3 [39].
Les monocytoses se voient principalement dans les infections chroniques
bactériennes, virales ou parasitaires, les maladies auto-immunes et les cancers en général
[1, 3, 39].

I.2.4.1.2.2. Anomalie par défaut

I.2.4.1.2.2.1.Neutropénie
La neutropénie se définit par un nombre de neutrophiles mesurés dans le sang
circulant inférieur à 1500/mm3 [21, 39].
Une diminution des polynucléaires neutrophiles (neutropénie) peut être due à
certaines infections virales (grippe, zona, hépatite, mononucléose infectieuse, sida, etc.)
ou à la prise de certains médicaments [39].Peut-être aussi congénital ou héréditaire
comme au cours de syndrome de Buckley, ou en cas de déficit en myéloperoxydase [21,
29]

I.2.4.1.2.2.2.Lymphopénie
La lymphopénie est définie par un chiffre de lymphocyte inférieur à 1 500/mm3
[41]. Survient en cas de chimiothérapie, de radiothérapie, d’immunodépression pour
greffe d’organe, d’infection par le VIH, au cours des traitements par corticoïdes ou
immuno suppresseurs [39].

I.2.4.2.Anomalie d’exploration des globules rouges

I.2.4.2.1.Polyglobulie
Par définition, la polyglobulie consiste en l'augmentation du volume total
occupe par les globules rouges avec un hématocrite supérieur à 51% chez l'homme et
48 % chez la femme [45].
La polyglobulie peut être primitive, la maladie de Vaquez ou secondaire à une
insuffisance respiratoire chronique, une anomalie hépatique, ou à un syndrome
cérébelleux ou une déshydratation [39, 45].
16

I.2.4.2.2.Anémie
L’anémie est une diminution de la concentration en hémoglobine en fonction de
la valeur pour l’âge, les limites fixées par l’OMS sont respectivement 13 g/dl pour les
hommes et 12 g/dl pour les femmes adulte.
Elle peut être liée à une atteinte périphérique (hémorragie, hémolyse, syndrome
inflammatoire chronique, etc.) ou médullaire. Les carences en fer, folate et vitamines B12
représentent les causes principales de l’apparition de l’anémie [39,46].

I.2.4.3.Anomalie d’exploration des plaquettes

I.2.4.3.1.Thrombocytose
Une augmentation du nombre de plaquettes (thrombocytose) > 400 000/mm3
entraîne un risque de thrombose.
Les thrombocytoses peuvent être d’origine secondaire (réactionnelles), fréquente, ou
primitives (clonales) qui est une maladie rare. Toutefois, en cas de thrombocytemie,
c’est-à-dire d’augmentation massive du nombre de plaquettes > 1 000 000/mm3, il faut
évoquer un syndrome myéloprolifératif.[39, 43, 47]

I.2.4.3.2.Thrombopénie
Une diminution des plaquettes (thrombopénie) < 150 000/mm3 doit amener à
pratiquer systématiquement en urgence un bilan d’hémostase. Elle se produit en cas
d’atteinte virale ou de traitement médicamenteux (héparine, α-méthyldopa, digoxine,
aspirine, etc.). Une thrombopénie peut être engendrée par une aplasie médullaire
touchant toutes les lignées ou seulement les plaquettes. [39, 43, 47]

I.3. La réaction inflammatoire et les protéines de l’inflammation

I.3.1.La réaction inflammatoire


L'inflammation comprend l'ensemble des modifications vasculaires, tissulaires et
humorales produites chez les êtres pluritissulaires par toute atteinte de leur intégrité
tissulaire. Faisant intervenir : les cellules endothéliales; plaquettes, polynucléaires
neutrophiles, éosinophiles et basophiles, monocytes, lymphocytes ; mastocytes,
histiocytes, fibroblastes et la protéine de la réaction inflammatoire.
Les causes déclenchant sont multiples : infections bactériennes, virales ou
parasitaires, traumatisme, action du froid, de la chaleur, des radiations ionisantes, de
17

l'électricité, d'agents chimiques, corps étrangers, présence de tissu nécrosé. Le processus


inflammatoire se déroule dans le tissu conjonctif.[48]

I.3.2.Les protéines de la réaction inflammatoire


Les protéines de la réaction inflammatoire (PRI) sont des glycoprotéines
synthétisées essentiellement par le foie sous la dépendance de cytokines pro-
inflammatoires. Ce sont donc des marqueurs sériques dont la concentration plasmatique
varie (PRI à amplitude de variation positive ou négative) en réponse à tout processus
inflammatoire, quelle qu'en soit l'origine : infectieuse, tumorale, auto-immune,
traumatique.

Quatre groupes de protéines de la réponse inflammatoire peuvent être


individualisés en fonction de leurs propriétés:

➢ PRI à amplitude de variation élevée

Elles peuvent avoir des taux sériques jusqu'à 1 000 fois la normale dans un délai rapide
(6 à 12 heures) et leur demi-vie est courte (1 jour). Parmi ces PRI, on peut classer la
protéine C-réactive (CRP), la procalcitonine (PCT) et la protéine sérique amyloïde A
(SAA). Ces protéines sont de bons marqueurs de la phase aigüe de l’inflammation

➢ PRI à amplitude de variation plus modérée

Elles ont des taux sériques de 200 à 400 fois la normale dans un délai plus long (12
heures) et ont une demi-vie plus longue (2 à 6 jours). Parmi ces PRI, on peut classer les
anti-protéases (α1-antitrypsine, α1-antichymotrypsine), l'orosomucoïde, l'haptoglobine,
le fibrinogène. Ces protéines sont de bons marqueurs de la phase chronique de
l'inflammation.

➢ PRI à amplitude de variation plus faible

Elles ont des taux sériques de 0,5 fois la normale, un délai de réponse plus long (> 48
heures) et une demi-vie longue (3 à 5 jours). On y trouve la céruléoplasmine ou la
fraction C3 du complément.

➢ PRI à amplitude de variation négative


Ce sont l'albumine, la préalbumine et la transferrine. Au cours des syndromes
inflammatoires prolongés, on peut voir une hypoalbuminémie inférieure à 30 g/L. [7]
18

I.4.CRP

I.4.1.Définition et historique

La CRP est une des plus importantes protéines de la phase aigüe de


l’inflammation ; elle permet d’évaluer un processus inflammatoires, tel celui lié à une
infection bactérienne, ou au contraire modeste comme dans l’arthrose [49].
Découverte en 1930 par Tillet et Francis, la protéine Réactive (CRP) a été
isolée à partir de sérums de patients infectés par Streptococcus [44]. Elle tient son nom
pour sa propriété de précipiter en présence du polysaccharide C du pneumocoque [49,
50].
Elle s’élève au cours de la plupart des processus inflammatoires dans un délai de
6 à 12 h, sauf en cas d’insuffisance hépatocellulaire sévère [51].

I.4.2.Caractéristiques et cinétique

I.4.2.1. Structure et Caractéristique

La protéine C-réactive (CRP) est une molécule polypeptidique appartenant à la


famille des pentraxines. C’est une β globuline et présente une masse moléculaire de 120
000 daltons et est composée de cinq sous-unités identiques qui contiennent 206 acides
aminés chacune associées entre elles par des liaisons non covalentes, non
glycosylées et s’organisant dans un seul plan avec une symétrie cyclique.
La CRP est une molécule de reconnaissance de type calcium dépendante. Les
monomères s’organisent en anneau de 102 Å de diamètre autour d’un pore central de 30
Å de diamètre. Chaque monomère est composé de deux feuillets βstratifiés. Sur chaque
monomère se trouve une face de reconnaissance avec un site de liaison à la
phosphocholine constitué de deux ions calciques coordonnés et adjacents à une poche
hydrophobe (figure3 face B)
Par ailleurs, la face opposée du pentamère, contenant une seule hélice α, est la
face effectrice qui permet la fixation de ligands comme le facteur C1q du complément
ou comme le récepteur à la partie Fc des immunoglobulines (FcγR) (figure3 face A)
[49, 50, 52]
19

Figure 3 : Représentation de la structure de la CRP .

Face A : la face effectrice de la CRP pentamérique avec les hélices de crête en bleu
foncé. Face B : la face de reconnaissance de la CRP pentamérique montrant une
molécule de phosphocholine en bleu avec deux atomes de calcium en bleu clair .

Source : Moutachakkir M, Lamrani Hanchi A, Baraou A, Boukhira A, Chellak S.


Immunoanalytical characteristics of C-reactive protein and high sensitivity C-reactive
protein. Ann Biol Clin 2017; 75(2):225-9. [50]

I.4.2.2.Métabolisme et Cinétique

L’expression du gène de la CRP est essentiellement régulée au niveau


transcriptionnel. La CRP est synthétisée principalement dans le foie par les hépatocytes
en réponse à certaines cytokines pro-inflammatoires telles que l’interleukine IL-6 qui
est l’inducteur principal et d’autres cytokines l’IL-1β, le tumor necrosis α (TNF-α) ou
les glucocorticoïdes agissent en synergie avec IL-6 pour augmenter son effet. De plus,
l’IL-17 stimule l’expression hépatique de la CRP indépendamment de l’IL-1β et de
l’IL-6. La CRP est ensuite libérée au niveau plasmatique. La CRP peut diffuser dans le
sang, les liquides céphalorachidien, synovial, amniotique, pleural mais ne passe pas la
barrière fœto-placentaire.
20

La CRP possède une demi-vie plasmatique de 19 heures quel que soit le niveau
plasmatique initial. [50, 53, 54]

I.4.2.3.Rôle
L’augmentation rapide de la synthèse en quelques heures après une lésion
tissulaire ou d'une infection suggère qu'il contribue à la défense de l'hôte et fait partie de
la réponse immunitaire innée.
La fonction biologique principale de la CRP est déterminée par sa capacité à
reconnaître les agents pathogènes et les cellules endommagées chez l’hôte et à
médier leur élimination en recrutant le système du complément et les cellules
phagocytaires. Elle peut opsoniser les débris nucléaires tels que la chromatine, les
histones, mais aussi les parois de bactéries pathogènes et les membranes de cellules
endommagées ou en apoptose. Elle peut alors activer le système du complément
et/ou interagir avec des cellules phagocytaires pour provoquer la lyse des bactéries ou
des cellules.
La CRP monomérique est capable d’activer le complément de manière plus
efficace que la CRP sous forme pentamérique. [50, 53, 54]

I.4.3.Méthodes de dosage

I.4.3.1.Préanalytique
Selon la technique de dosage, l’examen est réalisé sur sérum ou sur plasma
(sang recueilli sur héparine ou éventuellement EDTA. Pour la conservation et le
transport, les échantillons sériques et plasma doivent être conservés à une température
située entre + 2 et + 8°C pendant une semaine, ou congelés à - 20°C dans les 24 heures
suivant le prélèvement pendant plusieurs mois si le dosage est différé. La CRP est
stable. [50]

I.4.3.2.Méthode quantitative
Le dosage de la CRP est réalisé par immunonéphélémétrie ou
immunoturbidimétrie et méthode immunoenzymatique non compétitive en deux temps. Il
n’existe pas de technique de référence mais les laboratoires optent préférentiellement pour
la technique d’immunoturbidimétrie en raison de son faible coût ainsi que sa
possibilité d’utilisation sur un analyseur standard
21

Des tests immunonéphélémétrie et immunoturbidimétriques de CRP ultrasensible sont


également disponibles et ont permis d’abaisser les seuils de détection de 10 mg/L
jusqu’à des valeurs inférieures à 0,01 mg/L. [49, 50]

I.4.4.Le taux plasmatique de CRP


La concentration moyenne de la CRP chez les sujets sains est inférieure à 1
mg/L [7, 50]. La valeur de la CRP est indépendante de l’âge et du sexe [49, 50]. La
CRP peut être légèrement augmentée en cas de tabagisme, d’obésité ou d’usage de
contraceptifs oraux. Il n’existe pas de variations nycthémérales de cette concentration
[50].
En cas d’infection, les chiffres de CRP retenus comme pathologiques dépassent
10 à 15 mg/L [50]. La CRP peut s’élever jusqu’à plus de 100 fois sa valeur normale en
quelques heures en réponse à une réaction inflammatoire [49]. L’élévation de la
concentration plasmatique de la protéine C-réactive (CRP) reflète l’intensité´ de la
réaction inflammatoire, en particulier dans le cadre d’un processus infectieux [55].

Certains seuils de concentrations de CRP plasmatique permettent d’orienter les


médecins dans leurs décisions thérapeutiques [56]
- Concentration CRP > 100 mg/L : infection bactérienne sévère.
- Concentration CRP comprise entre 40 et 100 mg/L : infection bactérienne.
- Concentration CRP comprise entre 25 et 40 mg/L : infection bactérienne probable,
- Concentration CRP comprise entre 20 et 25 mg/L : zone grise nécessitant une attention
particulière.
- Concentration CRP < 20 mg/L : l’infection bactérienne sévère peut être exclue, à
condition que le patient ne soit pas un nouveau-né.
- Concentration CRP < 10 mg/L : infection virale (à confronter selon les signes
cliniques).

La CRP, tant sur le plan de sa valeur absolue que sur le plan de la cinétique,
semble un reflet de la susceptibilité individuelle de défense de l’organisme et doit
occuper une place importante dans la démarche clinicobiologique puisqu’elle permet
d’apprécier la réaction de défense de l’organisme, d’adapter précisément un traitement au
patient et d’émettre un pronostic [55].
DEUXIEME PARTIE :
METHODES ET RESULTATS
22

DEUXIEME PARTIE : METHODE ET RESULTATS

I.METHODE

Objectifs
Cette étude a deux objectifs :
✓ De décrire l’hyperleucocytose et la valeur de CRP selon les résultats de
l’UPFR d’hématologie et de biochimie de l’HJRA
✓ D’évaluer la relation entre l’hyperleucocytose et la valeur de CRP.

I.1. Cadre de l’étude

I.1.1.Type de l’étude
Il s’agit d’une étude retro-prospective descriptive et analytique.

I.1.2.Lieu de l’étude
Ce travail a été réalisé au Centre Hospitalier Universitaire Joseph Ravoahangy
Andrianavalona (CHU-JRA) d’Antananarivo (figure 4).

Il a reçu cette appellation en 1975 mais sa construction date de 1965.


En tant que structure de référence, il offre un cadre de travail adéquat pour les études
de recherche. Il comporte plusieurs services cliniques et paracliniques parmi lesquels
l’unité paraclinique de Formation et Recherche(UPFR) de biochimie et l’UPFR
hématologie qui nous ont servi de cadre d'étude.

L’UPFR Hématologie participe à l’appui paraclinique :


➢ Des services médicaux et chirurgicaux de l’HJRA et celle de l’Hôpital
Universitaire Joseph Raseta Befelatanana
➢ Des services de formations cliniques privées et cabinets médicaux
➢ Des centres hospitaliers régionaux et des centres de santé de province
En plus des bilans de routine (NFS, bilan d’hémostase, test à l’antiglobuline (coombs),
recherche d’agglutinine irrégulière), il assure le diagnostic des hémopathies malignes et
bénignes dont maladies génétiques (drépanocytose, hémophilie) et les cancers du sang.
Il assure également la détection des perturbations hématologiques des pathologies
23

générales. C’est le laboratoire de référence hématologique à Madagascar et composé de


personnel spécialisé.

L’UPFR de Biochimie fait une activité de routine mais aussi quelques bilans
spécialisés. Cette unité traite mensuellement environ 1400 prélèvements provenant de
différents services et autres unités de soins mais également des prescripteurs externes. Les
activités de l’UPFR de Biochimie sont assurées également par de personnel ayant une
compétence spécifique aux examens biochimiques.

Figure 4 : Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona (HJRA) - Antananarivo

source : Razakarinaivo J. Fanampian’ny fanjakana sinoa olona roanjato isa hodidiana


katarakta maimaimpoana. Journal Ao Raha [En ligne] 2018 Juin [consulté le 06/04/
2019]. Consultable à l’URL : https://aoraha.mg/05/06/2018/fanampianny-fanjakana-
sinoa-olona-roanjato-isa-hodidiana-katarakta-maimaim-poana/ [57]
24

I.1.3.Durée et période de l’étude


La durée totale de l’étude a été de 18mois.

I.1.4.Population d’étude
Elle était constitué par l’échantillons de sang provenant des patients dont les
prescriptions médicales comportaient une demande d’ hémogramme et un dosage de la
CRP dans les deux services respectifs

I.1.5.Echantillonnage
Il s’agissait d’un échantillonnage exhaustif de tous les prélèvements sanguins
parvenu dans les deux services ayant une demande commune pour l’hémogramme et le
dosage de la CRP.

I.1.6.Critères d’inclusion pour les patients


Dossiers médicaux comportant :
● des résultats d’hémogramme et de CRP simultanément
● une hyperleucocytose

I.1.7.Critères de non inclusion


Ont été exclus de l’étude :
Toutes les demandes :
● ne comportant pas un hémogramme et un dosage de la CRP
simultanément.
● Présentant un hémogramme normal ou une leucopénie.

I.1.8.Critères d’exclusion
● Dossiers incomplets avec manque d’un ou plusieurs des éléments
suivants : âge, genre, le service demandeur ou les renseignements cliniques
non mentionnés
● prélèvements non conformes signalés sur le dossier.

I.1.9.Variables étudiées
I.1.9.1. Variable dépendant

Les variables dépendantes sont constituées par


● le taux plasmatique de la CRP,
25

● les résultats des différents paramètres de l’hémogramme:


o Le taux de leucocyte
o Formule leucocytaire : polynucléaire neutrophile, polynucléaire
éosinophile, polynucléaire basophile, monocyte, lymphocyte
o Autres anomalies associées à l’hémogramme : anémie, thrombocytose,
thrombopénie

I.1.9.2.Variables indépendants
- L’âge du patient
- Le genre du patient
- Les renseignements cliniques justifiant la demande
- Le service demandeur

I.1.10.Mode de recueil des données

Les données ont été recueillies et enregistrées sur une fiche de recueil des données
informatisées et enregistrées sur logiciel Microsoft Excel 2016.

I.1.11.Analyse des données


L’analyse statistique des données a été faite sur le Logiciel Epi-info® version 7.0.
Nous avons obtenu le p-value grâce à un calcul statistique du khi 2 et un p value < 0,05 a
été retenu comme seuil de significativité.

I.1.12.Limite de l’étude
Les limites de notre étude résident sur la courte durée du recrutement des patients ayant
pu réduire l’effectif.

I.1.13. Considération éthique

Le chef de service UPFR Hématologie et de biochimie de l’HJRA a été


préalablement informé sur la réalisation de cette étude. L’accord a été obtenu avant la
réalisation de l’enquête. L’anonymat des patients a été respecté, ce qui a permis de ne
pas retrouver l’identité des patients recrutés dans la fiche d’enquête. La vie privée, les
droits de l’homme, le secret professionnel furent respectés avec honnêteté et prudence
26

I.2. Protocole d’analyse

Le prélèvement de l’hémogramme devrait être parvenu à l’UPFR hématologie


dans un tube EDTA à bouchon violet .Les tubes d’analyse sont soigneusement
conservés à température ambiante pour être analyser au maximum dans les 4 heures qui
suivent le prélèvement.

Pour le dosage de la CRP, le prélèvement de sang devrait être parvenu à


l’UPFR de Biochimie dans un tube hepariné à bouchon vert. Le prélèvement devrait être
acheminé à une température ambiante et dans un délai n’excédant les 2 heures au
laboratoire.

I.2.1.Pré traitement des échantillons

- Pour la CRP :
Les échantillons de sang total ont subi au préalable une centrifugation à 3500 tours/min
pendant 15 minutes pour pouvoir obtenir un plasma.

- Pour l’hémogramme :
Les tubes ont été mis pendant 5 minutes sur un agitateur avant l’analyse afin de bien
homogénéiser le sang.

I.2.2.Méthodes de mesure

I.2.2.1.HEMOGRAMME

I.2.2.1.1.Appareil utilisé

L'hémogramme a été réalisé au laboratoire d'Hématologie du CHU-JRA à


l'aide d’analyseur automatique d’hématologie BC 5300 MINDRAY® China (cf figure
5).
L'automate BC-5300 MINDRAY® permet une numération automatisée des cellules du
sang, ainsi qu'une différenciation des leucocytes en cinq populations donnant la formule
27

leucocytaire. Le logiciel tournant sous Windows qui permet de le piloter et fourni de


nombreuses fonctionnalités avancées.

Figure 5: L''automate BC 5300 MINDRAY®

Source : laboratoire d’hématologie, année 2018

L'automate utilise différentes méthodes de mesure propre à chaque paramètre :


● La méthode d'impédance électrique pour la numération des globules rouges et
des plaquettes
● La cytométrie en flux ou diffraction laser pour la formule leucocytaire,
autrement dit permettant une différenciation des globules blancs suivant la taille
et la granulosité.
● La méthode colorimétrique pour déterminer le taux d'hémoglobine
● Le calcul pour les constantes érythrocytaires

I.2.2.1.2.Réactifs utilisés
➢ Pour l’étalonnage
Il y a deux types de solution de nettoyage du système (PROBE®et ENZYME Cleanser®)
➢ Pour le contrôle de qualité interne
Les résultats de ces automates doivent être vérifiés avec des contrôles de
qualité et, à chaque nouveau lot de réactif, ils doivent être calibrés.
Avant chaque série d'analyses d'hémogramme, des contrôles de qualité recommandés
par le fabricant de l'automate et appartenant à la gamme " Hematology Control
28

MINDRAY®" (Lot N°BC40917, à utiliser jusqu'au 2019_01_21) sont analysés par


l’automate.
Obligatoirement, un contrôle normal et alternativement un contrôle pathologique haut ou
bas sont passés. Ils sont analysés comme des échantillons de sang chaque jour avant de
traiter les échantillons reçus au laboratoire. Les résultats obtenus sont ensuite comparés
aux plages de référence des CQ spécifiés par le fournisseur.

➢ Pour les échantillons


Les réactifs propres à l'automate d'hémogramme BC-5300 de MINDRAY® ont été utilisés
(cf tableau I).
Il y a deux types de solution de nettoyage du système (PROBE®et ENZYME Cleanser®)

Tableau I: Réactifs utilisés

Nom du réactif Lot Date de péremption


M.53 Cleanser (bleu) 2015020901 O8/02/2019
M.53 LH Lyse 20151021 21/10/2018
M-53 LEO(II) Lyse « Hb » 20170923 23/102019
M.53 LEO I Lyse « GB » 20170416 19/06/19
Diluant rouge « GR,Pl » 2016082301 22/08/2018

I.2.2.1.3.Volumes de l’échantillon et des réactifs utilisés


Durant chaque cycle d'analyse, l'automate prélève 20 μl de sang total, le dilue et le
mélange.
Ensuite l'automate divise cet échantillon en trois :
o Une partie pour l'analyse simultanée des globules blancs et de l'hémoglobine
o Une autre partie pour l'analyse simultanée des globules rouges et des plaquettes
o Et une autre partie pour la formule leucocytaire

I.2.2.1.4.Critère de positivité
Une hyperleucocytose a été définie comme une élévation de la numération des leucocytes
supérieurs à la valeur normale.

I.2.2.2.CRP
Les mesures ont été effectuées sur un analyseur automatique de Biochimie.
29

I.2.2.2.1.Appareil utilisé
L’appareil utilisé au cours de notre étude est un automate de Biochimie : BS-
300 MINDRAY®. C’est un analyseur à accès aléatoire et offrant une cadence de 300
tests à l’heure environ. Cet appareil est capable de réaliser le dosage des protéines
spécifiques comme la CRP, à l’instar des bilans de biochimie classiques tels le dosage
des enzymes, des substrats, des électrolytes ainsi que des drogues (Figure 6).

Figure 6 : Automate de Biochimie BS-300 MINDRAY®

source : laboratoire de biochimie de l’HJRA 2018

Le principe de mesure reposait sur la photométrie d’absorbance, turbidimétrie


avec comme méthodologie : point limite, taux initial, cinétique, simple/double réactif
chimique, monochromatique/ bichromatique, calibrage multipoint linéaire/ non linéaire.

Pour le système optique :


- Source de lumière : lampe halogène au tungstène
- Photomètre : optiques inverses, spot photométrie fibre statique
- Longueurs d’ondes : 9 (340, 405, 450, 510, 546, 578, 630, 670, 700 nm)
- Résolution : 0,001 Abs
La capacité à bord est de 60 positions des échantillons et on peut directement y placer les
tubes primaires et/ou diverses cupules d’échantillon.073
30

I.2.2.2.2.Réactifs utilisés

➢ Pour l’étalonnage
L’étalon utilisé pour l’automate BS-300 MINDRAY® était un sérum humain fourni par
Chromatest®.
Dans cet étalon, une concentration de CRP est prédéfinie à 50 mg/L. Ref N°: 3931205
Date d’expiration: 04/2019

➢ Pour le contrôle de qualité interne


Comme réactif de contrôle, le laboratoire utilise le BIOLABO CRP® Contrôle Haut de
BIOLABO SAS® France.
Lot N°: 0311414A1
Date d’expiration: 04/2019
Il s’agissait d’un sérum humain liquide et stabilisé contenant une concentration
importante de CRP dans un tampon Phosphate
La règle appliquée pour le contrôle de qualité interne, déjà existant dans l’automate, était
celle de WESTGARD® en interprétant les tracés de Levey-Jennings.

➢ Pour les échantillons


Le kit de réactifs utilisé pour le dosage proprement dit de la CRP est :
- CRP-Turbidimetric
- Référence: 3120030
- Fournisseur: LINEAR CHEMICALS, S.L.U
- Pays : Espagne
- Date d’expiration : 04/2019
Deux réactifs (R1 et R2) ont été compris dans le kit et ont été utilisés simultanément :
- R1 :
- Diluent *Tris buffer 20 mmol/L
- R2 :
- Latex avec anticorps anti-CRP humain

Les réactifs ont été conservés dans un réfrigérateur à une température entre +2 et +8 °C et
leur stabilité était maintenue jusqu’à leurs dates d’expiration.
31

I.2.2.2.3.Volumes de l’échantillon et des réactifs utilisés


Pour chaque test, 17μl de plasma et 200 μl de réactif R1 et 50 μl de R2 ont été
requis par l’analyseur. Le mélange s’est fait dans des cuvettes optiques réactives
individuelles.

I.2.2.2.4.Principe de mesure
Le principe de mesure reposait sur une technique immunologique.
La détermination de la concentration de CRP a été faite par une mesure
photométrique du complexe immun formé par les anticorps anti-CRP humains et la CRP
contenue dans l’échantillon. L’absorbance ainsi mesurée était directement proportionnelle
à la concentration de CRP.

I.2.2.2.5.Limites et interférences
- Limite de détection
La valeur la plus basse dosable de la CRP est de 2 mg/L avec un intervalle de confiance
de 99,7%
 Sensibilité analytique : 2,9 mA/mg de CRP/L
 Effet de prozone : au-dessus de 250 mg/L

-Limite de linéarité: au-dessus de 150mg/L. Les échantillons ayant une forte


concentration doivent être dilués au 1/5ème par une solution de NaCl 9g/L et retestés.
Pour les concentrations de CRP dépassant la limite de linéarité, c'est-à-dire supérieures à
150 mg/L, une dilution au 1/5ème de l’échantillon est nécessaire avant un nouveau
dosage. La valeur obtenue lors de ce repassage est alors multipliée par le facteur de
dilution (par 5) pour avoir la valeur définitive de la CRP.
- Interférences
Aucune interférence n’a été observée avec la Bilirubine (jusqu’à 40 mg/dL), avec
l’hémoglobine (jusqu’à 500 mg/dL), avec une lipémie (jusqu’à 10 g/L) et ni avec le
facteur rhumatoïde (jusqu’à 800 UI/mL). Les autres substances sont susceptibles
d’interférer.

I.2.2.2.6.Critères de positivité
Dans ce travail, a été considérée comme CRP pathologique toute valeur de la
CRP excédant 10 mg/L. Le résultat du dosage de la CRP donné par l’automate est
quantitatif et exprimé en mg/L.
32

II. RESULTATS

II.1.Taille de la population
Entre le 01 Janvier 2018 et 31 Mai 2018, 938 ont bénéficié d’une demande
d’hémogramme et d’un dosage de CRP effectués à l’UPFR Hématologie et Biochimie
de CHU-JRA. Trois cent quatre vingt deux (382) ont été non inclus du fait de dossier
incomplet, 395 sont exclus du fait de l’absence d’hyperleucocytose. Au total, notre étude
a été menée sur les 161 patients restants.

II.2.Prévalence d’hyperleucocytose
Parmi les 938 demandes d’hémogramme couplé au CRP, 161 ont présenté une
hyperleucocytose soit 17% de la population d’étude (Figure 7)

PREVALENCE D'HYPERLEUCOCYTOSE
Absence d'hyperleucocytose Hyperleucocytose

161
17%

777
83%

Figure 7 : Prévalence d'hyperleucocytose


33

II.3.Prévalence brute de CRP pathologique

Parmi les 161 patients inclus, 140 ont eu un taux de CRP pathologique soit 87% (Figure
8).

PREVALENCE BRUTE DE CRP PATHOLOGIQUE

CRP normal lors de l'hyperleucocytose

CRP pathologique lors de l'hyperleucocytose

n=21 n=140 n=140


13% 87% 87%

Figure 8 : Prévalence brute de CRP pathologique lors de l’hyperleucocytose


34

II.4.Répartition de la population selon les variables d’étude

II.4.1.Données relatives au genre

Dans la population d’étude, une légère prédominance du genre masculin est notée avec
83 hommes (51.55%) et 78 femmes (48.45%) donnant un sex-ratio H/F égal à 1,06
(Figure 9).

GENRE

Femme
Hommes
n=78
n=83
48%
52%

Figure 9 : Répartition du genre de nos patients inclus


35

II.4.2.Données relatives aux tranches d’âge

La moyenne d’âge des patients était de 40 ans avec des externes allant de 1 mois à 88
ans. Les patients plus de 45 ans ont été les plus représentés, donnant un total de 75
patients avec un taux de 46,58% (Figure 10)

N=38
N=37
23,60%
40 22,98%

N=31
35 N=30 19,25%
18,63%
30 N=25
15,52%

25

20

15

10

0
[ 0 - 15 [ [15 - 30 [ [ 30 - 45 [ [ 45 - 60 [ ≥60

Figure 10: Répartition des patients avec leucocytose et demande de CRP selon les
tranches d’âge
36

II.4.3.Données relatives aux renseignements cliniques

Trente patients soit 18.63% ont présenté un contexte infectieux (fièvre,


toux, pleuresie purulente,cellulite, ect…..) (Tableau II) dont 16 patients (53%) ont un
taux de CRP ≥100mg/L avec une moyenne de CRP à 86,73mg/L et leucocytose à
16,63G/L.

Lors de l’analyse statistique une corrélation significative p<0,05 a été constaté chez les
patients présentant des renseignements cliniques soit contexte infectieux (p<0.013) soit
bilan préopératoire (p<0.04).

Tableau II : Répartition des patients selon les renseignements clinique

RC Effectif Pourcentage CRP Leucocyte P


N=161 100(%) (mg/L) G/L
contexte infectieux 30 18.63 86,73 16,63 0.0134
AUTRE 24 14.90 81,2 16,44 0,19
Bilan post-opératoire 22 13.66 95,73 15,57 0.4081
problème neuro-psy 16 9.93 56,86 15,76 0,521
contrôle 16 9.93 90,63 16,86 0,06
contexte hémorragique 9 5.59 98,58 16,6 0.1396
Signe d'anémie 8 4.97 86,65 28,58 0.1353
atteinte uro-néphrologique 7 4.35 71,7 14,75 0.4047
Bilan préopératoire 6 3.73 92,05 15,63 0.0498
problème GOB 6 3.72 45,1 15,9 0,884
contexte néoplasique 5 3.11 101,82 23,22 0.192
contexte inflammatoire 4 2.48 113,5 17,32 0.375
Trouble cardio-vasculaire 4 2.48 51,36 17,9 1
Traumatisme et brulure 4 2.48 88,9 15,97 0.5134

Autres : troubles digestifs, bilan pré thérapeutique, intoxication, problème


dermatologique, asthénie, évaluation
37

II.4.4. Données relatives aux services prescripteurs

Nous avons constaté que la majorité des prescriptions ont été faites dans le service de
Réanimation Chirurgicale au nombre de 44 soit 27,33 % (Tableau III).

Tableau III : Répartition selon les services prescripteurs

SERVICE Effectif Pourcentage


N=161 100(%)
Réanimation Chirurgicale 44 27.33%
Autres 29 18.01%
ATUR Befelatanana 9 5.59%
Urgence Chirurgicale 9 5.59%
Pédiatrie CHUJRB 9 5.59%
CHUGOB 8 4.97%
Chirurgie thoracique 7 4.35%
Rhumato-dermatologie 7 4.35%
Néphrologie 6 3.73%
CHUMET 6 3.73%
Réanimation Médical 5 3.11%
Neuropsychiatrie 5 3.11%
Cardiologie 5 3.11%
Pneumologie 4 2.48%
Oncologie 4 2.48%
Chirurgie pédiatrique 4 2.48%

Autre : Pavillon special B, sainte Fleur, Fenoarivo, Traumatologie, viscérale B,


urologie, maxillo faciale, Gastro-enterologie, maladie inféctieuse, réanimation
néphrologique, Hopital Manarapenitra, Neuro-chirurgie, cardio-vasculaire,
Endocrinologie.
38

II.4.5.Répartition des patients selon le taux de CRP

Selon notre étude, plus de la moitié des patients ont un taux de CRP ≥100mg/L ce qui
représente 82 patients soit 51%(figure 11).

CRP

20
12,5%

20
12,5%
≥100
[40-100[
82
51% [10-40[
<10

39
24%

Figure 11: Répartition des patients selon le taux de CRP


39

II.5.Selon les paramètres de l’hémogramme

II.5.1. Répartition selon la valeur d’hyperleucocytose

Le taux de leucocyte moyen des patients a été de 17,06 G/l avec des extrêmes de
11 à 71,5G/l.

Le taux de leucocyte des patients a été majoritairement compris entre


11 et 20 G/l, ce qui représente 132 patients (81,99 %), tandis que 29 patients (18,01%) ont
eu des valeurs supérieures à 20 G/l (tableau IV)

Tableau IV : valeur d’hyperleucocytose

Classification de l’hyperleucocytose en G/L


[11-20[ [20 – 40 [ ≥40
N=132 (81,98%) N=26 (16,14%) N=3 (1,86%)

0-1ans 5 3

1 ans – 3 ans 1 3 1

4 ans- 12 ans 9 2

13 ans- 15 ans 1

Plus de 15 ans 117 17 2


40

II.5.2.Prédominance leucocytaire

Une polynucléose neutrophile a été constatée sur 159 patients (99%), dont 81 (51%)
ont un taux de CRP ≥100mg/L. Seulement 1% des patients a présenté une
lymphocytose (Figure 12)

CRP: <10 [10-40[ [40-100[ ≥100

81

38

20
20

1
1

PNN
PNB
PNE
Lymphocyte
Monocyte

Figure 12 :Représentation graphique de prédominance leucocytaire et le taux de CRP


41

II.5.3. Répartition des patients en fonction des autres anomalies hématologiques

Une anémie est retrouvée chez 77(55%) patients, parmi lesquels 95% ont un taux de
CRP pathologique dont 44( 57%) patients ont un taux de CRP ≥100(figure 13)
La thrombopénie a été décelée chez 31 patients (22%), parmi lesquels 28 (90%) ont
présenté une CRP pathologique et 18 patients (58%) ont un CRP ≥100.
Puis une thrombocytose dans 20%, et enfin polyglobulie dans 3% des patients (Figure
13).

ANOMALIES ASSOCIÉES
Anomalies associées

27
20%
Anémie
Polyglobulie

31 77 Thrombopénie
22% 55% Thrombocytose

4
3%

Figure 13: Répartition des patients présentant une hyperleucocytose selon les autres
anomalies hématologiques
TROISIEME PARTIE:
DISCUSSION
42

DISCUSSION

I.Justification:
L’hémogramme et dosage de la CRP sont deux analyses souvent demandées en
pratique clinique, en particulier aux urgences pour prédire ou éliminer une inflammation
ou une infection.

Plusieurs études dans le monde ont déjà étudié ces deux paramètres dans
plusieurs pathologies infectieuses et inflammatoires. Mais l’étude sur l’hyperleucocytose
et CRP seules et en association, a été peu étudiée à Madagascar.

Notre étude va donner une description de l’hyperleucocytose et de la


valeur de CRP à l’UPFR d’hématologie et biochimie de l’HJRA ainsi que leurs relations
au cours des différentes situations cliniques (infectieuse ou non). Cette étude n’a pas tenu
compte d’une pathologie précise mais se basant uniquement sur les renseignements
cliniques obtenus lors de la demande d’analyse.

II.Prévalence d’hyperleucocytose
L'hyperleucocytose ou la leucocytose est l’augmentation du nombre de
globules blancs ou leucocyte, pour les adultes, le nombre est généralement supérieur à
11 000 / µL [2, 58]. C’est une anomalie fréquente de l’hémogramme [3]. Elle peut être
réactionnelle ou physiologique comme au cours de la grossesse, la prise de tabac [39]. Les
étiologies sont variées, allant de l’infection banale aux hémopathies les plus graves [3],
mais dans la plupart des cas, elle est causée par une infection [4]. La gravité de
l’hypeleucocytose réside dans le risque de leucostase [2].

Dans notre étude, la prévalence d’hyperleucocytose est de 17% (figure 7).


Deux études malgaches effectuées à l’UPFR de l’hématologie en 2016 [59], et en 2017
[60], d’une durée de 3 mois chacune ont montré respectivement que, 13,62% ; 34,80%
des patients de leur population d’étude ont eu une tendance à une leucocytose. Cette
différence pourrait s’expliquer du fait que la période d’étude et la population d’étude
dans la première étude avait inclus tous les hémogrammes vus à l’UPFR Hématologie,
43

tandis que la seconde a intégré uniquement les hémogrammes des patients hospitalisés,
tandis que la présente contenait exclusivement les hémogrammes associé à un résultat
de CRP.

En 2018, Rakotondrasoa S et al, ont décelé une hyperleucocytose, dans 54%


des hémogrammes effectués chez les drépanocytaires [61]. La leucocytose était l’un des
marqueurs inflammatoires rencontrés chez les drépanocytaires, on pouvait l’expliquer
par l’hémolyse du drépanocytaire. Ainsi, dans les hémolyses aiguës, le renouvellement
médullaire excessif est responsable d’une érythroblastose à l’origine d’une fausse
hyperleucocytose car les érythroblastes, du fait de leur noyau sont comptés comme des
leucocytes par les automates. Les drépanocytaires, compte tenu de la physiopathologie
de leur maladie, font facilement des inféctions [62, 63].Dans cette étude la population
drépanocytaire n’a pas été spécifiée.

Une étude asiatique menée par Eskandarian R et al, ont trouvé que, chez les
patients atteintent d’infarctus de myocarde, la leucocytose a été retrouvée dans 47,8% des
patients ayant un dysfonctionnement systolique [64]. La réaction non spécifique au cours
de l’infarctus de myocarde est accompagnée d'une élévation des leucocytes
sanguins, en particulier des neutrophiles, qui sont augmentés au cours des premières
heures de l'infarctus et redeviennent normaux en une semaine [65].
Dans cette étude, quatre patients ont été signalé connue ayant un trouble cardio-
vasculaire mais sans autre précision.

Une étude faite par Gil H et al, en France, publiée en 2003 a montré que
52,89% de leur population ont révélé une hyperleucocytose [66]. Ils ont un pourcentage
largement supérieur par rapport à ce que nous avons trouvé car ils ont recruté
uniquement les patients ayant manifesté un syndrome inflammatoire défini par une
protéine C réactive supérieure à 20 mg/L, alors qu’au cours d’un syndrome
inflammatoire on retrouve souvent une hyperleucocytose [7].

En 1995, Grönroos JM a décelé 32% une hperleucocytose chez des enfants


ayant présenté une appendicite aiguë suspectée et opérée [67]. L'appendicite chez
44

l'enfant est fréquente, presque autant que chez l'adulte jeune. Elle est néanmoins rare
chez l’enfant de moins de trois ans. Ce qui fait sa gravité c'est le risque de péritonite
[68].
Une leucocytose tumorale a été rapportée chez jusqu'à 12% des patients
atteints d'un cancer anal. Les neutrophiles, sont les premiers intervenants en cas de
lésions tissulaires aiguës infections ou dans la progression des cancers [69]
D‘après l’étude faite par Taddrarate Z et al en 2013, une hyperleucocytose a été
constatée chez 94 patients soit dans 66 % des cas d’acidocétose diabétique. Cette
hyperleucocytose était sous forme d’une polynucléose dans 93,6 % des cas. L’étiologie
infectieuse de la décompensation cétosique a été retenue chez 82 % des patients. Les
infections les plus retrouvées étaient l’infection urinaire et respiratoire dans,
respectivement, 27,6 et 23,4 % des cas [70].

III. Prévalence brute de CRP pathologique


La demande de CRP constitue 18,5% des demandes d’analyse en biochimie
[56] et 20,3% des analyses d’urgence en biochimie [71]. Nous avons pu identifier
pendant notre étude que 87% ont eu une CRP pathologique plus de 10 mg/L (figure 8)

Une étude fait à l’UPFR de biochimie de l’HJRA en 2014 sur intérêt et limite
de dosage de CRP met en exergue que 26,06 % ont une CRP pathologique [56].
Grönroos JM a obtenu 45,5% de CRP élevée plus de 10 mg/L lors de son
étude chez les enfants suspecté d’appendicite aigue [67]. Au cours d’appendicite aigue
chez l’enfant, la numération Formule Sanguine montre une Hyperleucocytose à
polynucléaires neutrophiles et la CRP est augmentée. Toutefois une CRP normale
n’élimine pas le diagnostic [68].

Une étude belge a retrouvé que la prévalence des patients présentant une
infection est plus élevée chez les patients ayant un taux de CRP>10mg/L comparé à ceux
ayant un taux de CRP<10 mg/L [72]. Des valeurs élevées de CRP sont toujours dues à des
pathologies [73].
Une étude rétrospective de cohorte fait par Shrotriya S et al, en 2018, sur
4931 adultes atteints de tumeurs solides a montré que 66% ont eu un taux de CRP élevé
45

supérieur à 10 mg/L [74]. La CRP s’élève en réponse à une réaction inflammatoire [49].
L'inflammation agit contre la tumeur puisqu'elle permet le recrutement de cellules
du système immunitaire dont certaines sont chargées d'éliminer les cellules cancéreuses
[75]. Le taux de CRP reflète directement l’intensité du processus inflammatoire
stimulant sa production [52].
Dans leur étude, Deibener-Kaminsky J et al ont retrouvé qu’une leucocytose
marquée supérieur à 20×109 G/L caractérise des affections sévères, qui sont infectieuses
dans moins d’un cas sur deux [42].
Selon l’étude effectuée par Djuma J et al, 18,46% des patients ayant un taux de
CRP pathologique plus de 10mg/L ont présenté une infection [72]. Une CRP entre 10-
40mg/L se retrouve généralement en cas d’inflammation modérée ou desinfections
virales et, une CRP entre 50 et 200mgL se retrouvent lors d’inflammations sévères ou des
infections bactériennes [76].

IV. Répartition de la population selon les variables d’étude

IV.1.Selon le genre

Notre étude a recensé une légère prédominance du genre masculin de


51.55% donnant un sex-ratio H/F égal à 1,06. (figure 9) Ce résultat présente une
similitude avec trois autres études malgaches.

L’une effectuée par Rakotozafy M et al, en 2016, a évalué que, parmi les
patients affichant une hyperleucocytose, 54.46% sont des hommes [59]. Une autre,
faite par Rasoanambinina F, en 2018, a montré que les patients présentant une
hyperleucocytose à une prédominance masculine avec un sex-ratio H/F égal à 1,3
[60]. Une autre réalisée par Kell Hamka Y et al, a dénombré 40 (58,82%) hommes
parmi les patients qui présentent une anémie associée à une hyperleucocytose [77].

Ces résultats ne dépendraient pas sans doute du genre mais de la prévalence


des étiologies variant d’un pays à une autre comme le montre une étude française,
effectuée par Codine P et al, concernant 179 sujets bénéficiant d’une surveillance
biologique (Hémogramme et CRP) de 4 semaines après chirurgie orthopédique, a
46

montré que, 102 (57%) sont des femmes et 77 (43%) des hommes [78]. Ils ont
trouvé une prédominance féminine car les pathologies orthopédiques sont fréquentes chez
les femmes que chez les hommes en France [79].

IV.2. Selon l’âge


La moyenne d’âge de nos patients était de 40 ans avec des extrêmes allant
de 1 mois à 88 ans. Les patients plus de 45 ans ont été les plus touchés donnant un
total de 75 patients avec un taux de 46,58%(figure 10), L’âge moyen de 42 ans a été
retrouvé par Bouadel N et al, en 2010 [80]. Notre étude est aussi en accord avec le
résultat d’étude de Rasoanambinina F qui a montré que les patients plus de 45 ans
ont été les plus touchés par l’hyperleucocytose [60]. Ainsi, on constate que, les
patients de plus de 15 ans sont plus exposés à l’hyperleucocytose. On peut
l’expliquer par le caractère et la spécificité de l’HJRA qui reçoit pour la majorité des
cas des patients adultes car ces deux études sont effectuer à l’UPFR de l’hématologie
de l’HJRA mais durant des périodes différentes.

Chez les enfants moins de 5 ans nous avons trouvé une leucocytose
moyenne de 23,01 G/L et CRP moyenne de 55,44 mg/L. En Tanzanie, Hildenwall H
et al ont fait une étude de 14 mois sur 428 patients âgés de 3 mois à 5 ans qui ont
présenté de la fièvre et un test négatif du paludisme. Ils ont eu comme résultats : taux
de leucocyte moyenne de 14.109 G/L et CRP moyenne de 41 mg / L chez les enfants
avec maladie bactérienne. Il s’est rendu compte que le taux de leucocyte et la valeur
de CRP n’est pas suffisante pour affirmer une infection bactérienne chez l’enfant,
alors on ne devrait pas se basé uniquement sur le taux de leucocyte et la valeur de CRP
pour initier une antibiothérapie. [81].

IV.3.Aspect clinique
La CRP et l’hémogramme fait partie de bilan de première intention pour
permettre d’étayer l'origine infectieuse d’un signe clinique ordinaire. On peut
diagnostiquer une infection grâce à l’hyperleucocytose et CRP, lorsque des signes
d’infection ou d’inflammation sont évidents [82].
47

Au cours de réaction inflammatoire, Une hyperleucocytose peut être liée à


l'action de cytokines (facteurs de croissance, de différenciation, de chimiotactisme) ou de
chémokines. Certaines chémokines exercent un effet ciblé sur certaines lignées de cellules
sanguines ; l'IL-8 sur le polynucléaires neutrophile, l'éotaxine sur l'éosinophile, le MCP-1
(Monocyte Chemo-attractant 1) sur les monocytes [83]

Les CRP sont libérées en plus grande quantité dans les processus
inflammatoires aigus et chroniques associés à l'infection, au traumatisme, à l'infarctus,
aux inflammations articulaires et plusieurs cancers [55]. L’élévation de CRP reflète
l’existence d’un état inflammatoire, quelle que soit sa nature, ou une lésion tissulaire
d’origine traumatique ou chirurgicale [84].

Le dosage de la CRP fournit des informations utiles pour le diagnostic, la


thérapie et le suivi des maladies inflammatoires. L’augmentation de la CRP est franche
dans les infections bactériennes (de 10 à 100 fois la normale) ; elle est modérée dans les
infections virales (2 à 4 fois la normale) [73].

IV.3.1.Contexte infectieux
Durant notre étude nous avons documenté 18,68% (n=30) de contexte
infectieux ce qui tient la première place de l’aspect clinique.
Une étude marocaine sur l’apport des marqueurs biologiques (CRP, globules blancs)
dans le diagnostic de l'infection bactérienne aux urgences a suggéré que le seuil de 50
mg/l rapporte plus de fiabilité en terme de diagnostic d’infection bactérienne et pour les
taux compris entre 50 et 100 mg/l et >200 mg/l, la probabilité d’infection était de
100% ; pour les taux compris entre 100 et 200mg/L, la probabilité d’infection était de
73.68%. En ce qui concerne l’hyperleucocytose, la sensibilité était de 86.42% et la
spécificité était de 47.36% avec une VPP de 87.5% et une VPN de 45% et la probabilité
d’infection était 70%. En corrélant la clinique, la leucocytose et la CRP, ils ont eu
une probabilité d’infection de 90%.
Ainsi ils ont abouti à une conclusion que la CRP apportait beaucoup plus en
termes de diagnostic d’infection aux urgences par rapport à l’hyperleucocytose tout
en restant corrélée au contexte clinique [80].
48

Au cours de notre étude nous avons pu remarquer une corrélation significative


p<0,05 entre l’hyperleucocytose et le taux de CRP pour deux renseignements cliniques
en cas contexte infectieux (p= 0.0134) et en cas de bilan préopératoire (p= 0.0498, ).

Gil H et al ont aussi trouvé que l’hyperleucocytose et la CRP étaient


significativement corrélées à un processus infectieux (p < 0,01, et lorsque les leucocytes
sont supérieurs à 10 000/mm3 et les éosinophiles inférieurs à 40/mm3, la valeur
prédictive positive en faveur d’une infection bactérienne est de 100% [66].

Une étude Française sur 12 mois, réalisée par Bouldoires B et al, a décrit que
lors d’une infection bactérienne le taux moyenne de leucocytose est de 15,48 G/L, et la
CRP moyenne est de 163,4mg/L [85]. En ce qui concerne notre étude nous avons trouvé
une moyenne de 16,63G/L pour la leucocytose et 86,73mg/L pour la CRP rencontré
dans le contexte infectieux, quel que soit la cause, bactérienne, virale, ou fongique.

Grönroos JM, a montré que, au cours d’une appendicite aigue chez l’enfant, le
nombre de leucocyte moyen est de 15G/L et la CRP moyenne est de 30 mg/L [67]. En
2016, Lavoignet C E et al ont fait une étude rétrospective et observationnelle sur 466
patients a montré que [86]. Au cours d’une infection bactérienne : un taux de leucocytes
> 12.000 / mm 3 a une sensibilité 59,4% et spécificité de 82,2%, et un taux de CRP >
100 mg / L a une sensibilité 44,8% et Spécificité 99% pour le diagnostic de l'infection
bactérienne, et la valeur de p a été de p<0,001. Au cours de la réaction inflammatoire:
les endotoxines bactériennes vont activer, les cellules de l’immunité qui stimulent la
production de chémokines et de cytokines comme l’IL-1, l’IL-6, le TNFα. Puis, l’IL-1
agit sur la moelle osseuse pour augmenter la production de polynucléaires neutrophiles
et L’IL-6 est responsable de la sécrétion par le foie des protéines de la phase aiguë de
l’inflammation tel que la CRP. D’où apparition d’une hyperleucocytose et élévation de
la CRP au cours de contexte infectieux [56].

Une étude menée par Blommendahl J et al en 1997 sur 169 nouveau-nés avec
suspicion de septicémie néonatale a montré que le taux de la CRP sérique et de taux de
leucocytes neutrophiles totaux dans le sang avaient tous une sensibilité raisonnable (58-
49

77%), une spécificité raisonnable (62-84%), une bonne valeur prédictive négative et
valeur prédictive positive faible (16 à 24%) pour le diagnostic de la septicémie [87]. En
néonatologie, le dosage sérique de la CRP à 24 et à 48 heures après le début de
l’antibiothérapie a une valeur prédictive négative de 99 % afin d’éliminer les nouveau-
nés non infectés. Elle est également très utile dans l’appréciation de l’efficacité et la durée
de l’antibiothérapie [50]

En 2014, Rakotonjafiniarivo F et al n’ont pas observé un lien entre les valeurs de


la CRP et les principaux renseignements cliniques avec p > 0,05[ CITATION Rak \l 1036
]. L’élévation de la CRP n’est pas spécifique d’infection mais peut également
s’observer en l’absence de processus infectieux [88]

IV.3.1.1.Infection et leucocytose

L’hyperleucocytose est engendrée principalement par une infection [1]


Aux Etats unis. Wanahita A et al a fait une étude observationnelle prospective
menée auprès de 400 patients hospitalisés affichant une hyperleucocytose en 2001 et a
montré que 207 patients (53%) ont révélé une infection [89]. Ce qui est largement
supérieur à notre étude et qui pourrait être expliqué par leur méthode de recrutement,
ils ont recruté seulement les patients hospitalisé ayant un taux de leucocyte ≥15,000
cellules/mm3, alors que ce taux de leucocyte correspond le plus souvent à une infection
[2].
En 2011, Deibener-Kaminsky J et al. a étudié les étiologies des leucocytoses
supérieures à 20×109G/L chez les patients admis dans un service d’urgence, leur
étude a montré que 45% sont d’origine infectieuse [42]. Dans notre étude on a trouvé
un pourcentage inférieur à leur étude car nous avons étudié tous l’ hyperleucocytoses
mais non seulement ceux qui sont supérieur à 20.109G/L.

Selon l’étude fait par Kaminsky P et al, ils ont rapporté que, dans le diagnostic
d’infection, l’hyperleucocytose (> 10 000/mm3) a une sensibilité de 66 % mais une
spécificité de 56 % [4]. L'infection aiguë reste la cause non maligne la plus fréquente de
leucocytose [58].
50

IV.3.1.2.Infection et CRP
La CRP représente, l’un de meilleur outil pour un diagnostic rapide et
précoce des infections bactériennes ou fongiques en attendant les résultats
microbiologiques [50]. En pratique, elle a l’avantage par rapport à la vitesse de
sédimentation d’être le premier marqueur annonçant une infection ; elle sera aussi la
première à se normaliser pour confirmer la guérison d’une infection [90].

Notre étude a révélé que, 53,33% des patients qui ont présenté un contexte
infectieux avaient une CRP supérieur à 100 mg/L
En 2017, Rivoarilala N et al a décelé que, 50% des patients fébrile ont un taux de
CRP plus de 100 mg/L [71].
Une étude Danoise, a montré que, 92,2% des patients bactériemiques avaient une CRP
supérieur à 100 mg/L et pouvant signifier la présence d’une infection grave [91]. Dans
les infections bactériennes, son taux est plus élevé dans les infections systémiques que
dans les infections localises [92].
Flanders et al ont évoqué, qu’un taux de protéine C-réactive ≥100 mg/L a été plus précise
que les scores cliniques permettant d'identifier une pneumonie aigue communautaire
et pourrait constituer une indication utile en radiographie pulmonaire ou en
antibiothérapie empirique en cas de doute sur le diagnostic de pneumonie [93].
D’après l’étude de Le Gall C et al, une CRP supérieure à 500 mg/l signifie sur le
plan diagnostique, une étiologie infectieuse jusqu’à preuve du contraire. L’élévation
de la concentration plasmatique de la protéine C-réactive (CRP) reflète l’intensité´
de la réaction inflammatoire, en particulier dans le cadre d’un processus infectieux [55].

Pendant une étude de cohorte d'une durée de deux ans, fait par Wyllie D et al
chez les patients suspectés de bactériémie sur le plan clinique en situation d’urgence
médicale au Royaume-Uni, les résultats ont trouvé que le risque de bactériémie a
augmenté continuellement avec l'augmentation de la CRP [94].

Selon Denimal L, l’apport de CRP est significatif en complément de l’examen


clinique dans la détection des bactériémies, sans pour autant atteindre des performances
suffisantes pour confirmer ou infirmer une septicémie .La CRP semblerait donc être un
51

bon indicateur de bactériémie à partir d’un certain taux, au même titre que certains
critères cliniques, mais sa normalité ne permet pas d’exclure à elle seule une infection ou
une bactériémie [95]. Il faut tenir en compte qu’au cours de la dénutrition par
carence protéique chez l’enfant (marasme, kwashiorkor), la CRP est incapable de
s'élever, même en cas de sepsis sévère [90].

En 2005, une étude tunisienne a constaté que 17,16 % des nouveau-nés ont
présenté un contexte infectieux, et ils ont suggéré que la CRP de 24 heures est le
meilleur test à 24 heures permettant de différencier les nouveau-nés infectés de ceux qui
ne le sont pas si elle est supérieur à 20 mg/L, avec une sensibilité de près de 78 % et une
spécificité de près de 94 % [96]. Chez le nouveau-né, la CRP s’élève légèrement dans
les 48 premières heures de vie (5 mg/L à la naissance, 14 mg/L à 24 heures et 9,7 mg/L
à 48 heures) [50]. Ainsi, la CRP un outil intéressant pour le diagnostic et le suivi
desinfections maternofœtales. L’intérêt de la détermination de la CRP, ainsi que son
dosage répété dans la prise en charge des nouveau-nés suspects d’une infection
maternofœtale, remonte aux années 1980 [96]

Si la CRP est élevée dans les infections bactériennes, elle l’est également dans certains
cancers, les brûlures étendues, l’infarctus du myocarde et les rhumatismes
inflammatoires. En revanche, elle est peu élevée dans les infections localisées cutanées,
ORL, les sinusites et les mono arthrites. Elle peut être aussi légèrement élevée pendant la
grossesse et la prise d’œstrogènes (pilule) [90].

IV.3.2.Bilan post-opératoire
La protéine C-réactive (CRP) est un marqueur biologique lié à l'inflammation
systémique fiable et utile pour l'infection en post-opératoire [97].
La protéine C-réactive (CRP), le nombre total des leucocytes n’ont qu’une
valeur relative dans l’évaluation d’une infection de plaie chirurgicale. Une nouvelle
élévation, après une baisse postopératoire initiale, doit faire considérer une infection [98]
Lors d’un bilan post opératoire, il a été constaté une CRP moyenne de
95,73mg/L et leucocytose moyenne de 15,57G/L. Dans leur article paru en 2005,
Codine P et al. ont pu mettre en évidence qu’en post opératoire, la CRP est augmentée
entre 20 mg/L et 40 mg/L au premier contrôle et se normalise en trois semaines. Mais
52

en cas d’infection du site opératoire profond la CRP atteint en moyenne 140 mg/L et
les leucocytes sont nettement plus élevé à 11 300/mm3. Ils ont decouvert aussi une
différence significative entre CRP des sujets non infectés et CRP des sujets ayant
une infection du site opératoire (p < 0,0001) [78]
La CRP s’élève constamment en phase post-opératoire avec un pic se situant à
48-72 heures et se normalise en 7 à 10 jours. Une CRP qui reste élevée (50 à 100 mg/L)
après ce délai évoque une complication infectieuse [50]. La CRP élevée immédiatement
après la chirurgie a des effets anti-cancéreux qui inhibent les métastases des ganglions
lymphatiques et la lymphangiogenèse [97].

En 2002, Laiho K et al ont trouvé pendant leur étude une valeur de CRP plus
faible que celle de la présente étude. Ils ont trouvé une moyenne de 51 à 54 mg/L après
prothèse d’épaule [99]. Ce qui pourrait être expliqué par la réaction inflammatoire
modérée engendrée par l’arthroplastie d’épaule car c’est une petite articulation. Le
bilan post opératoire regroupe toutes les chirurgies lourdes effectuées à l’HJRA, que ce
soit traumatique : grosse et petite articulation, chirurgie d’urgence ou de l’abdomen, etc.
La CRP aide le suivi thérapeutique en détectant les complications suppuratives
nécessitant une reprise chirurgicale. Sa baisse rapide sous traitement est corrélée à une
évolution favorable [92].

Une étude multicentrique effectuée en France par Trabelssi M et al, publiée


en 2018, met en évidence que, seul un taux de la CRP > 150 mg/L à J4 post
opératoire est fortement associée à un risque de complication postopératoire
(OR = 81,42 ; IC95 % [25,6—258,3] ; p < 0,001). Ainsi la CRP à J4 est un marqueur
fiable pour exclure l’existence de complications infectieuses avec une valeur prédictive
négative de 0,94 [100].

IV.3.3. Problème neuro-psychiatrique


On a constaté que 16 (9,93%) ont un problème neuropsychiatrique et parmi
lesquels 25% ont un taux de CRP moins de 10 mg/L. Gonzalez-Blanco L et al. a
constaté qu'une CRP entre 3 à 10 mg/L pourrait être un biomarqueur de faible
évolution clinique au suivi d'un an chez des patients atteints de schizophrénie [101].
53

IV.3.4.Contexte hémorragique
Nous avons recensé 9 cas d’hémorragie, une leucocytose est souvent rencontrée
dans le cadre d’une perte massive de sang, secondaire probablement une combinaison
de l'inflammation à la suite d'une hémorragie, et la stimulation de la moelle osseuse
avec augmentation de la production de toutes les lignées cellulaires [58].

IV.3.5.Atteinte uro-néphrologique
Aucune corrélation n’a été retrouvée entre atteinte uro-néphrologique, CRP et
leucocyte pendant cette étude. De la même manière, la littérature a mentionné que les
valeurs de CRP n’avaient aucune corrélation avec l’importance des lésions
parenchymateuses rénales dues à l’infection [102].

IV.3.6.Bilan préopératoire
Selon Grönroos JM , la sensibilité de la numération des leucocytes en pré
opératoire dans le diagnostic d'appendicite aiguë était de 88% et la spécificité de 53%.
La sensibilité de la CRP en pré opératoire dans le diagnostic d'appendicite aiguë était de
48% et la spécificité de 57% [67]. La CRP préopératoire est bien liée à la survie
générale et à la survie sans récurrence chez les patients atteints de cancer du poumon
non à petites cellules [97]. Une leucocytose associée à des affections inflammatoires
chroniques est généralement plus faible que dans l'infection aiguë ou l’inflammation
aigue [67].
Les résultats de cette étude montrent que la CRP moyenne en préopératoire est
de 92,05mg/L. Ce qui est nettement plus élevé par rapport à ce que Laiho K et al ont
trouvé pendant leur étude. Ils ont trouvé une moyenne de 17 mg/L avant l’arthroplastie de
l’épaule chez des patients présentant une maladie inflammatoire chronique telle que la
Polyarthrite rhumatoïde et arthrite chronique juvénile [99]. Mais d’après la
conclusion du travail de Uhring J et al en 2011, la CRP ne constitue pas un facteur
prédictif préopératoire d’infection prothétique [103].

IV.3.7. Problème Gynécologique et obstétrique


La protéine C-réactive (CRP) est couramment utilisée dans le diagnostic et la
surveillance clinique des infections, y compris celles survenant dans le domaine de
l'obstétrique. Dans notre étude, nous n’avons pas retrouvé une corrélation avec des
pathologies gynéco-obstétriques alors que, en 2018, Vecchié A et ses collègues ont
54

constaté une corrélation entre le taux de CRP en 2ème trimestre de la grossesse et la


survenue de complication maternofœtale [104].

IV.3.8.Contexte néoplasique

L'inflammation, composante clé de l'initiation et de la progression tumorale, a


été impliquée dans diverses étapes de l'oncogenèse. Le microenvironnement tumoral est
composé en partie de cellules inflammatoires qui orchestrent le processus néoplasique,
favorisant la prolifération, la survie et la migration des tumeurs. La leucocytose et la
neutrophilie liées aux tumeurs, établies après élimination des causes évidentes
(infection, métastases de la moelle osseuse et utilisation de corticostéroïdes), peuvent
résulter de la sécrétion par les tumeurs solides des facteurs de colony stimulation
hématopoïétique et de cytokines inflammatoires stimulant la formation de colonies de
granulocytes (GCSF) [69].

Des études ont montré que leucocytose et neutrophilie pourraient être un


biomarqueur prédictif utile pour les résultats des patients atteints de cancer du col utérin et
de l'anus [105].
L’inflammation favorise le microenvironnement pro-tumorigène en augmentation
de l'angiogenèse et des signaux de cytokines spécifiques, supprimant par conséquent le
système immunitaire anti-tumoral. Une CRP élevée est liée au développement de la
tumeur et la carcinogenèse. Ainsi les niveaux élevés de CRP sont considérés comme liés à
une dégradation de la survie globale [97].

Une méta-analyse fait par Li W et al a montré une corrélation significative entre


les niveaux élevés de CRP et survie globale chez les patients présentant des
tumeurs osseuses (HR: 1,87; IC à 95%: 1,28 à 2,75; P = 0,001) [106]

En 2018 Shrotriya S et al a démontré que le risque de décès a augmenté de 46%


quand la CRP était élevée (> 10 mg / L) par rapport à la normale (10 mg / L) au cours des
tumeurs solides [74].
55

IV.3.9.Contexte inflammatoire
L'inflammation chronique peut résulter d'une activation excessive ou injustifiée
du système immunitaire de causes non infectieuses, y compris les troubles auto-
immunes, les maladies inflammatoires de l'intestin, les maladies chroniques et
allergiques. Dans de nombreuses maladies auto-immunes, comme l'arthrite rhumatoïde,
le lupus et la sclérose en plaque chronique, l’'inflammation et la leucocytose résultant
sont le résultat d'une activation inappropriée de la réponse immunitaire contre un tissu
corporel normal [58].

Dans cette étude ont été trouvés 4 cas de contexte inflammatoire. Dans une
étude prospective, la probabilité d'arthrite septique est de 98 % si les quatre critères de
Kocher sont présents et si la CRP est supérieure à 20 mg/1 [107]. Dans le lupus, la CRP
est peu élevée (< 50 mg/L) [50].

La CRP est utilisée pour apprécier l’activité des maladies de système comme la
polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn et les vascularites. Elle permet également la
surveillance thérapeutique des patients atteints de ces pathologies [50].

IV.3.10.Trouble cardio-vasculaire
Dans notre étude nous n’avons pas une relation significative entre CRP,
hyperleucocytose et le trouble cardio-vasculaire (p=1).Alors que, Eskandarian R et al
ont démontré qu’il y a une association significative entre leucocytose et le
développement d’un dysfonctionnement systolique du Ventricule Gauche lors
d’infarctus du myocarde (p = 0,001) [64].La dysfonction systolique du ventricule
gauche (LV) est une complication prévalent après un infarctus de myocarde et elle est
associée à un taux de mortalité élevé [108]. Il est établi, qu’une augmentation modérée
et chronique du taux de CRP représente un facteur de risque de maladie
cardiovasculaire [109] et la CRP pourrait même être un acteur direct de l’athérogenèse
[110, 111].
Une autre étude faite en Afrique, par Baba A, a décelé une corrélation positive
entre le taux de leucocytes et la survenue de complications cardiovasculaires surtout la
maladie coronaire en particulier chez le diabétique [112].
56

L’inflammation est étroitement impliquée dans l’initiation, le développement et la


rupture de la plaque d’athérome. La C-réactive protéine synthétisée par le foie sous la
dépendance de l’interleukine-6 est tout d’abord un marqueur de risque cardiovasculaire.
Elle est corrélée à trois facteurs de risque cardiovasculaire : la résistance à l’insuline, la
pression pulsée et le syndrome d’apnée du sommeil [113]. L’augmentation de la
production de CRP qui prédit des événements athérothrombotiques peut refléter une
inflammation ailleurs dans le corps, bien qu’il n’y ait pas de corrélation avec les preuves
sérologiques des diverses infections microbiennes chroniques[52].

IV.3.11.Autres aspects cliniques


Nous avons rencontré uniquement 4 cas de traumatisme et aucun cas de prise
médicamenteuse. D'autres étiologies de la leucocytose comprennent certains
médicaments, l'asplénie, le tabagisme, l'obésité et les états inflammatoires
chroniques [114]. Certains médicaments, y compris les stéroïdes, les bêta-agonistes et le
lithium peuvent augmenter le nombre de neutrophiles [115]. Le degré de leucocytose est
lié au dosage des médicaments administré [116]. Le plus important est de savoir arrêter
à temps le médicament incriminé pour éviter tous les risques encourus par une
leucocytose.

IV.4.Selon les services prescripteurs

IV.4.1.Prescription en réanimation chirurgicale


Dans les services de réanimation les patients sont fragiles et le plus souvent
exposé à une infection post opératoire ou à une infection nosocomiale, alors qu’une telle
situation peut mettre en danger la vie de ces patients, d’où l’intérêt à prescrire un
hémogramme et la CRP même juste à titre de contrôle ou de surveillance en l’absence
de signe infectieux.

Nous avons constaté que ces bilans ont été prescrits surtout dans le service
Réanimation Chirurgicale au nombre de 44 soit 27,33 %.( TableauIII)
Deux études effectuées par Rakotozafy M et al [59], et par Rasoanambinina F et
al [60], avaient montré des résultats similaires révélant une hyperleucocytose, chez la
majorité des patients en service de réanimation.
57

D’après l’étude fait par Djuma J et al, les patients ayant une CRP > 100 mg/L
ont une mortalité plus élevée comparée à celle des patients ayant une CRP< à 100 mg/L
en service de réanimation [72]. La CRP est un bon marqueur de la mortalité chez les
patients ayant une défaillance multi-viscérale en réanimation [117]

IV.4.2.Prescription aux urgences

Les urgences médicales sont un des principaux lieux de soins aigus en


médecine et de ce fait jouent un rôle pivot dans la démarche conduisant au diagnostic
d’une infection bactérienne et à la décision d’initier une antibiothérapie [118].

Dans un contexte d’urgence, l’hyperleucocytose est considérée comme un argument en


faveur d’une infection [4]. Les neutrophiles et les leucocytes totaux restent les deux
paramètres leucocytaires les plus utiles pour le diagnostic des infections en urgence
La CRP est un marqueur très facile à doser sur un prélèvement sanguin dont le résultat
peut être obtenu en une heure [92].

Une étude française de 2017 sur l’utilité de CRP pour le diagnostic des
bactériémies aux urgences retrouve ainsi qu’au cours d’une bactériémie avec une
hémoculture positive les taux de leucocyte et de CRP étaient significativement
supérieurs (p <0,001, p <0,001) présentant une moyenne de 14,8 ± 15,1×109/L et 169,7 ±
134,2 mg/L respectivement [95].

Dans une étude de cohorte de 1 mois en 2011, dans le service d’urgence


médicale de l'hôpital universitaire d'Odense, en Danemark, une CRP supérieur à 100
mg/L a été notée chez 55,02% de la population d’étude [119], alors que dans notre étude,
parmi les prescriptions en réanimation médicale, nous avions retrouvé 40%. Une CRP
à 130 mg/L autorise une antibiothérapie si les patients présentent une infection
bactérienne aux urgences selon Fournier JP et al [120].

De nombreuses études ont affirmé que la CRP joue un rôle important dans le
diagnostic de l’infection en particulier bactérienne, impliquant ainsi son utilité dans le
contexte d’urgence.
58

Selon l’étude fait par Uusitalo-Seppälä R et al, la CRP est révélée moindre que
procalcitonine et IL-6 dans la détection des patients atteints de septicémie grave au
service des urgences [121].
Selon Asseray N et al, la sensibilité, spécificité, valeurs prédictives négative et
positive de la CRP étaient respectivement de 79 %, 81 %, 76 %, et 83 % pour
le diagnostic d’infection bactérienne en urgence [122]. Mais à l’occurrence, les
concentrations de CRP à l’admission sont de bons marqueurs précoces de morbidité et de
mortalité car elles peuvent prédire les défaillances d’organes [55].

V.Par rapport aux valeurs de la CRP


Selon notre étude, 51% des patients ont une CRP plus de 100 mg/L, ce qui
coïncide avec les résultats vus par Lindvig K et al en Danemark, qui ont trouvé que,
55,02% de leur population d’étude ont présenté une CRP plus de 100 mg/L [119].
Alors que, Djuma J et al en Belgique, n’ont trouvé que 33 parmi les 100 patients admis
au service de réanimation [72]. Un taux de CRP supérieur à 100 mg/L, signe avec une
forte probabilité une infection bactérienne. Par contre inférieure à 30 mg/L, il oriente
vers une infection virale ne justifiant pas une antibiothérapie. Elle peut s'élever jusqu'à
300-400 mg/L lors d’un processus inflammatoire aigu [7]. La CRP, protéine de la phase
aiguë de l’inflammation produite par le foie, est secrétée dans les états inflammatoires et
dépasse rarement 400 mg/L, sauf dans les cas d’inflammation qui accompagnent les
infections systémiques ou généralisées [51]. L'amplitude de l'augmentation de la CRP
varie en fonction de la cause de l'inflammation [71].

La fièvre est le renseignement clinique le plus retrouvé lorsque les CRP


excédant 100 mg/L, d’après l’étude de Rakotonjafiniarivo et al [56]. Gil H et al a
encore trouvé lors de ces études que 73,97% des patients ayant une hyperleucocytose
ont un taux de CRP supérieur à 100 mg/L, dont 85,2% présente une infection et la
valeur prédictive positive en faveur d’une infection bactérienne est de 85 % et la
spécificité est de 57 % pour une CRP supérieure à 100 mg/L, [66]. Les taux de CRP
augmentent dans la plupart de pathologies associés à une inflammation: infections
bactériennes mais également virales, traumatismes, poussée de maladie systémique
(sauf lupus), période post-chirurgicale, pancréatite aiguë, etc. Ce manque de spécificité
59

rend difficile l’évaluation de la contribution réelle de la CRP à la médecine d’urgence.


La protéine C Réactive est un biomarqueur d’inflammation, mais pas d’infection [93]. Il
n'y a pas de consensus validé concernant les valeurs seuils de diagnostic de la CRP, bien
qu'il soit généralement admis que des valeurs de CRP supérieures à 60 à 80 mg / L
suggèrent une infection bactérienne. La CRP présente une sensibilité de 71 à 100% et
une spécificité de 66 à 85% pour le diagnostic de la septicémie, avec des seuils allant
de 40 à 100 mg / L [118].

Selon Simon L et al, la CRP a une sensibilité de 75 % (95%CI, [62-84%]) et une


spécificité de 67 % (95% CI, [56-77%]) pour différencier les infections bactériennes
des SRIS non infectieux, et une sensibilité de 86 % (95%CI, [65-95%]) et une spécificité
de 70 % (95%CI, [19-96%]) pour différencier une infection bactérienne d’une infection
virale [123].
Les taux de CRP compris entre 20-40 mg/l, ont une sensibilité, valeurs
prédictives positives, valeurs prédictives négatives de 75.30%, 87.14% et 33.34%
respectivement, pour le diagnostic d’une infection bactérienne [80].

VI. Selon les paramètres de l’hémogramme

VI.1.Selon le taux de leucocyte


Le taux de leucocyte moyen des patients a été de 17,06G/l avec des extrêmes
de 11 à 71,5G/l. Le taux de leucocyte des patients ont été majoritairement compris entre
11 et 20 G/l, ce qui représente 132 patients (81,99 %), tandis que 26 patients (16,14%) ont
eu une valeur supérieure à 20 G/L et 3 (1,86%) (Tableau IV)
Nos résultats coïncidaient à l’étude de Rasoanambinina F et al, qui a révélé un
taux de leucocyte moyen 19,35 G/L et la plus part de ces patients ont aussi une
hyperleucocytose moins de 20 G/L ce qui représente 79,68%. Une leucocytose (valeur
comprise entre 10 et 20 G /L) témoigne souvent une infection [60].
Dans notre étude le taux maximal de leucocyte a été de 43,5.109G/L, chez un
patient qui présente un contexte néoplasique. Une réaction leucemoide paraneoplasique
est la cause de 10% de leucocytose extrême ( ≥ 40 × 10 9/ L) chez les patients
présentant des tumeurs solides [124].
Rarement, on peut observer un taux de globules blancs entre 50.000 et 100.000/mm3 [1]
60

VI.2.Prédominance leucocytaire
Une polynucleose neutrophile a été constaté chez 159 (99%). Et seulement 1%
des patients ont eu une lymphocytose (figure 12).
Les polynucléoses neutrophiles se voient lors de certains états physiologiques
(naissance, grossesse, menstruation, exercice violent) et surtout lors d'états
pathologiques, principalement une infection microbienne (abcès ou septicémie), une
maladie inflammatoire, une nécrose tissulaire, un cancer ou un sarcome et le tabagisme
[125].
Selon l’étude effectué par Rasoanambinina F, 87,36% ont présenté une
polynucléose neutrophile [60], nous avons retrouvé un pourcentage plus remarqué car la
plus-part du temps si les praticiens prescrivent un hémogramme associé à une CRP, il
veut éliminer ou diagnostiquer une infection bactérienne, évoquer par une polynucleose
neutrophile et CRP plus de 100mg/L [90, 126].

Une étude rétrospective de 10 ans fait par Schernberg A et al sur 103 patients
atteints d'un cancer anal a révélé que parmi les 12 patients présentant une leucocytose
initiale, tous avaient un nombre de neutrophiles élevé (> 7 500 / mm3) [69].
Selon Eskandarian R et al, en 2013, la prédominance neutrophile ou la neutrophilie a été
vue dans 34,8% de leucocytose des patients présentant un dysfonctionnement
systolique pendant l’infarctus de myocarde [64].
Cependant, les leucocytes, en particulier les neutrophiles, sont un indicateur de
l'intensité de la réaction inflammatoire de même au cours de l’infarctus de myocarde
[127].
Selon la littérature, l’hyperleucocytose est le plus fréquemment liée à une
polynucléose neutrophile ou une hyperlymphocytose, et moins fréquemment à une
hyperéosinophilie, une monocytose ou une basocytose [3, 42].

VI.3.Selon les anomalies hématologiques associées


L’hyperleucocytose, l’anémie, l’hyperplaquettose, élévation de CRP sont parmi
les anomalies biologiques, rencontrées au cours de l’exploration des syndromes
inflammatoires [56].
61

Dans étude nous avons trouvé que, l’anémie représentait 55% des autres
anomalies hématologiques associées à l’hyperleucocytose, puis la thrombopénie 22%, la
thrombocytose 20% et la polyglobulie 3% (figure 13).
Une étude sur l’hyperleucocytose effectuée à l’UFR d’hématologie fait en
2017, a révélé que les autres anomalies associées à l’hyperleucocytose se présentent
comme suit : 58,95% associé à une anémie, 19,72% à une thrombopénie, 13,95% à une
thrombocytose et 2,22% à une polyglobulie [60]. On peut constater que l’anémie, tient
la première place d’anomalie hématologique associée à une hyperleucocytose. Ainsi
plusieurs études centrées sur l’anémie ont montré la présence l’hyperleucocytose au
cours de cette anomalie biologique.

Une étude malgache effectuée à l’UPFR Hématologie CHUJRA en 2015 sur


1467 cas d’anémie en 3 mois a trouvé que 35,38% de cas d’anémie est associée à une
hyperleucocytose [128]. L’anémie peut être causée par carence en fer, folate, vitamines
B12, ou peut être secondaire à une hémorragie, hémolyse, syndrome inflammatoire
chronique, ou appauvrissement médullaire. Les causes de ces anémies peuvent aussi
bien entraîner des hyperleucocytoses associées et inversement [39].

Une autre étude malgache publiée en 2017, sur 138 cas d’anémie post
hémorragique a signalé que, 50,72% des patients anémiques sont associées à une
hyperleucocytose supérieure à 10000/mm3 et ils ont suggéré que plus la valeur du taux
de leucocytes augmentent plus le risque d’avoir une anémie post-hémorragique peut
survenir [77]. Les patients atteints d'anémie peuvent connaître une augmentation non
spécifique de la production et de la libération de leucocytes, parallèlement à
l'augmentation de la production de globules rouges [67].

La thrombopénie tient la deuxième place d’anomalie hématologique associée à


une hyperleucocytose dans notre étude. En 2014, une étude réalisée à Madagascar a
constaté que 48,63% des patients thrombopéniques est associée à une hyperleucocytose à
PNN et 1,67 % à une lymphocytose [129].
Les plaquettes sont impliquées dans d’autres pathologies inflammatoires comme le
sepsis. Les patients présentant un sepsis sévère, développent une thrombopénie dont
62

l’importance corrèle avec la sévérité du sepsis [54]. L’existence d’un sepsis est un
facteur de risque d’apparition d’une thrombopénie depuis longtemps identifiée. Ainsi,
l’apparition d’une thrombopénie peut précéder le diagnostic d’infection de 12 à 48
heures [130, 131]. Une thrombopénie peut s’expliquer par un excès de consommation
de plaquette comme au cours de la réaction inflammatoire d’où l’association avec une
hyperleucocytose [132].

Les anomalies des globules blancs sont généralement accompagnées par des
degrés variables de l'anémie et une thrombocytopénie. La leucocytose se retrouve
également chez les patients avec thrombocytemie essentielle. Une anémie hémolytique
et un purpura thrombocytopénique idiopathique peuvent entraîner une stimulation
généralisée de la moelle osseuse et une prétendue leucocytose par débordement [67].
L’inflammation se caractérise aussi par une interaction entre les cellules endothéliales,
les leucocytes et les plaquettes [40]. La sur régulation de la moelle osseuse peut
également être observée chez les patients souffrant d'anémie hémolytique et purpura
thrombocytopénique immunitaire [58]. Lorsque l’hyperleucocytose est associée à une
anémie et/ou thrombopénie, le médullogramme et la biopsie osseuse sont indispensables
à la mise au point car une atteinte centrale (de la moelle osseuse) est la plus probable
[1].

La polyglobulie a été retrouvée associée à l’hyperleucocytose dans 3%. En


2015, Randriamaro S et al a constaté que, 88,88% des patients présentant une
polyglobulie primitive ou maladie de Vaquez est associée à une hyperleucocytose [133].
Les arguments diagnostiques de la maladie de Vaquez sont définis par des critères
internationaux, l'existence d'une splénomégalie palpable, d'une thrombocytose
supérieure à 400 G/L et d'une leucocytose supérieure à 12 G/L, ce sont des arguments très
forts pour une polyglobulie primitive [133].
63

Suggestions et perspectives

En cas d’un doute sur l’interprétation de l’hyperleucocytose et la valeur de CRP,


une approche entre les cliniciens et les biologistes est indispensable pour bien cerner la
pathologie des patients afin d’avoir une meilleure prise en charge des patients sur le plan
diagnostique et thérapeutique.

Une étude sur un plus grand échantillon et sur une pathologie plus typique à
Madagascar devrait être réalisée afin d’enrichir les résultats de cette étude.

Rédiger un manuel ou un algorythme d’interpretation des résultats de


l’hémogramme et de la CRP en fonction de l’âge des patients.
64

CONCLUSION

L’hyperleucocytose fait partie de l’anomalie biologique habituellement


retrouvée à l’hémogramme. Sa découverte nécessite une bonne interprétation par les
cliniciens. A Madagascar, peu d’étude sur l’hyperleucocytose et la CRP ont été faites.
La présente étude a permis de constater que l’hyperleucocytose interprétée avec la
valeur de CRP occupe une place non négligeable dans la pratique médicale.

L’hyperleucocytose peut atteindre tout âge avec un seuil qui diffère d’un âge à
l’autre. Le sex ratio homme-femme était de 1,06. Pourtant la valeur de CRP est
indépendante du sexe. La CRP pathologique est retrouvée dans 87% des
hyperleucocytoses. Le contexte infectieux est le premier signe emmenant les
praticiens à prescrire ces deux paramètres et la majorité des patients sont hospitalisés en
Réanimation chirurgicale. Les autres circonstances dans laquelle nous avons
rencontré hyperleucocytose sont : Bilan post-opératoire, problème neuro-psychologique,
contrôle, contexte hémorragique, signes d'anémie, atteinte uro-néphrologique , bilan
préopératoire, problème gynécologique et obstétrique, contexte néoplasique, contexte
inflammatoire, trouble cardio-vasculaire, traumatisme et brulure.
La prédominance à PNN a été vue dans 99% de l’hyperleucocytose. L’anémie représente
l’anomalie hématologique la plus communément associée à l’hyperleucocytose
suivie de la thrombopénie, la thrombocytose et la polyglobulie.

Une corrélation significative p<0,05 entre hyperleucocytose et CRP a été retrouvée


au cours de deux situations cliniques : contexte infectieux (p<0.013) et bilan pré
opératoire (p<0.04). Elles sont significativement corrélées au contexte infectieux, ce qui
prouve l’apparition d’une hyperleucocytose et élévation du taux de la CRP au cours d’un
processus infectieux. L’élévation de la concentration plasmatique de la CRP reflète
l’intensité´ d’un processus infectieux. De la même manière que l’ hyperleucocytose
indique l'intensité d’une infection.
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ANNEXE
ANNEXE

VALEUR DE REFERENCE HEMOGRAMME SELON l’AGE

Naissance à 1 an

Paramètre Unité Naissance 0 à 15j 15j à 2mois 2mois à 1an


Hématie T/L 4,70-7,00 4,30-5,40 5,40-4,60 3,20-4,80
Htc 0,420-0,750 0,470-0,680 0,370-0,490 0,300-0,360
Hb g/L 135-237 155-215 120-165 104-122

VGM Fl 98-125 88-126 110-125 80-96


TCMH Pg 31-37 35-40 33-37 24-34
CCMH g/L 300-360 300-340 320-360

Plaquette G/L 150-450

Leucocyte G/L 9-30 9-25 7-19 7-17

PNN G/L 2,7-26,0 5,0-17,0 2,0-7,0 2,0-6,0


PNE G/L 0,0-1,0 0,1-0,6
PNB G/L 0,0-0,1 0,0-0,15
Lymphocyte G/L 2,0-11,0 4,0-11,0
Monocytes G/L 0,0-2,0 0,2-1,5 0,2-1,3 0,2-1,0
1an à 12 ans

Paramètre Unité 1ans à 3ans 3ans à 10 ans 10ans-12ans


GR T/L 3,70-5,00 3,50-5,00 4,00-5,40
Htc 0,330-0,390 0,360-0,450 0,390-0,450
Hb g/L 110-130 120-145 115-145

VGM Fl 70-86 74-91 77-91


TCMH Pg 24-30 24-30 24-30
CCMH g/L 320-360

Plaquette G/L 150-450

Leucocyte G/L 5,5-15 4,5-13,0

PNN G/L 2,0-6,3 1,7-7,5


PNE G/L 0,1-0,6 0,04-0,3
PNB G/L 0,0-0,1

Lymphocyt G/L 2,5-8,5 1,0-4,0


Monocytes G/L 0,2-1,0
Adulte

Paramètre Unité Adulte (13ans-69ans)

Homme Femme
Hématie T/L 4,28-6 3,8-5,9
Hte 0,39-0,49 0,34-0,45
Hb g/L 120-180 110-160
VGM Fl 80-95
TCMH Pg 27-32
CCMH g/L 320-360

Plaquettes G/L 150-450

Leucocyte G/L 4-11 3,8-11

PNN G/L 2,0-2,3 2,07,5


PNE G/L O,02-0,63 0,02-0,68
PNB G/L 0,014 0,011
Lymphocyte G/L 1-4,8 1-4,8
Monocyte G/L 0,18-1,0 0,15-1

(Source laboratoire d’hématologie de HJRA, date de dernière mise à jour 2015)


Fiches de collecte des données

Age Genre Renseignement Service Taux de Formule Taux Autre


Clinique leucocyte Leucocytaire de anomalie
CRP
hématolog
ique
VELIRANO

‘‘Eo anatrehan’ Andriamanitra Andriananahary, eto anoloan’ireo mpampianatra ahy sy


ireo mpiara-nianatra tamiko eto amin’ity toeram-pampianarana ity ary eo anoloan’ny
sarin’i HIPPOCRATE.

Dia manome toky sy mianiana aho fa hanaja lalandava ny fitsipika hitandrovana ny


voninahitra sy ny fahamarinana eo am-panatontosana ny raharaham-pitsaboana.

Hotsaboiko maimaimpoana ireo ory, ary tsy hitaky saran’asa mihoatra noho ny rariny
aho, tsy hiray tetika maizina na oviana na oviana ary na amin’iza na amin’iza aho mba
hahazoana mizara aminy ny karama mety ho azo.

Raha tafiditra an-tranon’olona aho dia tsy hahita izay zava-miseho ao ny masoko, ka
ho tanako ho ahy samirery ireo tsiambaratelo aboraka amiko ary ny asako tsy avelako
hatao fitaovana hanatontosana zavatra mamoafady na hanamoràna famitan-keloka.

Tsy ekeko ho efitra hanelanelanana ny adidiko amin’ny olona tsaboiko ny anton-


javatra ara-pinoana, ara-pirenena, ara-pirazanana, ara-pirehana ary ara-tsaranga.

Hajaiko tanteraka ny ain’olombelona na dia vao notorontoronina aza, ary tsy hahazo
mampiasa ny fahalalako ho enti-manohitra ny lalàn’ny mahaolona aho na dia vozonana
aza.

Manaja sy mankasitraka ireo mpampianatra ahy aho, ka hampita amin’ny taranany ny


fahaizana noraisiko tamin’izy ireo.

Ho toavin’ny mpiara-belona amiko anie aho raha mahatanteraka ny velirano nataoko.

Ho rakotry ny henatra sy horabirabian’ireo mpitsabo namako kosa aho raha mivadika


amin’izany.’’
PERMIS D’IMPRIMER

LU ET APPROUVE

Le Directeur de Thèse
Signé : Professeur RAKOTO ALSON Aimée Olivat

VU ET PERMIS D’IMPRIMER

Le Doyen de la Faculté de Médecine d’Antananarivo


Signé : Professeur VOLOLONTIANA Hanta Marie Danielle
Name and first name: RAVAOARIMANANA Adéline
Thesis title: RELATIONSHIP BETWEEN LEUKOCYTOSIS AND THE VALUE
OF C-REACTIVE PROTEIN SEEN IN THE UPFR HEMATOLOGY AND
BIOCHEMISTRY OF CHU-JRA
Heading : Biology
Number of pages : 64 Number of tables : 04 Number of appendices : 02
Number of figures : 13 Numbers of references bibliographical: 133
ABSTRACT
Introduction: Leukocytosis and C-reactive protein value are two parameters very
frequently used in medical practice, to value the presence of an infection. But the study
on these two parameters alone and / or in association, have been very few perfomed in
Madagascar.
Objective: The main objective of our study is to describe leukocytosis with the C -
reactive protein value seen in the Paraclinical Training and Research Unit (UPFR) of
Hematology and Biochemistry of the Joseph Ravoahangy Andrianavalona Hospital
(HJRA), and secondly to evaluate their relationship in a clinical situation.
Methods: This is a retro-prospective, descriptive, and analytical study of the cell blood
count and C-reactive protein finding at the UPFR Hematology and Biochemistry of the
HJRA, ranging from January 1 to May 31, 2018 focusing on the hospitalized patients who
had a blood count and a CRP assessment.
Results: Of the 938 patients who had cell blood count and C-reactive protein status, we
excluded 777 patients reducing our study population to 161 patients. The average age of
patients was 40 years with sex ratio M/F 1.06. The infectious context is the first sign
that led physicians to prescribe these two biological test. A significant correlation was
found between leukocytosis, CRP and the infectious context
Conclusion: Leukocytosis and CRP value are of crucial importance in the diagnosis of
bacterial infection. They are significantly correlated with the infectious context, which
proves the appearance of a leukocytosis and elevation of CRP during an infectious
process.
Key-words: Blood cell count; C-Reactive Protein; Hematopoiesis; Leukocytosis,
Thesis supervisor : Professor RAKOTO ALSON Aimée Olivat
Thesis reporter : Doctor RANDRIAMAHAZO Rakotomalala Toky
Author’s address : Porte C1 bloc 25 CU Ambohipo Antananariv
Nom et Prénom : RAVAOARIMANANA Adéline
Titre de la thèse : RELATION ENTRE HYPERLEUCOCYTOSE ET LA VALEUR
DE PROTEINE C-REACTIVE VUE DANS L'UPFR HEMATOLOGIE
ET DE BIOCHIMIE DE CHU-JRA
Rubrique : Biologie
Nombre de pages:64 Nombre de tableaux : 04 Nombre d’annexes : 02
Nombre de figures : 13 Nombre de références bibliographiques : 133
RESUME
Introduction : Une hyperleucocytose ou leucocytose et la valeur de la C Reactive protein
(CRP) sont deux paramètres très fréquemment utilisés en pratique médicale, pour
valoriser la présence d’une infection. Mais l’étude sur ces deux paramètres seuls et/ou
en association, a été peu réalisée à Madagascar.
Objectif: L’objectif principal de notre étude est de décrire l’hyperleucocytose associée à
la valeur de CRP à l’Unité Paraclinique de Formation et de Recherche (UPFR)
d’hématologie et de biochimie de l’Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona (HJRA)
et secondairement d’évaluer leur relation en situation clinique.
Méthodes: Il s’agit d’une étude retro-prospective, descriptive et analytique des résultats
d’un hémogramme et la valeur de la CRP à l’UPFR d’Hématologie et de biochimie de
l’HJRA, allant du 1er Janvier au 31 Mai 2018 portant sur les patients hospitalisés ayant
réalisé un hémogramme et un bilan de CRP.
Résultats: Parmi les 938 patients ayant bénéficié un hémogramme et un bilan de CRP,
nous avons exclus 777 patients ramenant notre population d’étude à 161 patients. L’âge
moyen des patients a été de 40 ans avec sex ratio homme-femme 1,06. Le contexte
infectieux est le premier renseignement clinique qui a justifié la prescription de
ces deux éléments biologiques. Une corrélation significative a été retrouvée entre
hyperleucocytose, CRP et le contexte infectieux.
Conclusion : L’hyperleucocytose et la valeur de la CRP ont une place cruciale dans le
diagnostic d’une infection bactérienne. Elles sont significativement corrélées au contexte
infectieux, ce qui prouve l’apparition d’une hyperleucocytose et élévation du taux de la
CRP au cours d’un processus infectieux.
Mots clés: Hématopoïèse; Hémogramme; Hyperleucocytose; Protéine C-réactive
Directeur de thèse : Professeur RAKOTO ALSON Aimée Olivat
Rapporteur de thèse : Docteur RANDRIAMAHAZO Rakotomalala Toky
Adresse de l’auteur : Porte C1, bloc 25 CU Ambohipo Antananarivo

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