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IMPÔT SUR LE REVENU DES PERSONNES

PHYSIQUES-IRPP 2019
Mr. MDELLEL Azouz

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CHAPITRE I : CHAMP D’APPLICATION DE L’IMPÔT

SUR LE REVENU DES PERSONNES PHYSIQUES (IR)

L'IR s’applique aux personnes physiques résidentes et aux personnes physiques non résidentes en
Tunisie. Le champ et les modalités d'imposition diffèrent selon la qualité de résidence de la personne
concernée.

I. Pour les résidents

A. Notion de résidence fiscale

Sont considérées comme résidentes en Tunisie, les personnes physiques qui :

 disposent en Tunisie d'une habitation principale à titre gratuit ou onéreux, indépendamment


du lieu et de la durée du séjour de la personne en Tunisie,

 séjournent en Tunisie pendant une période ou des périodes égales ou supérieures à 183
jours d'une façon continue ou discontinue durant l'année civile.

L'appréciation de la durée de séjour s'effectue année par année.

B. Revenus soumis à l’impôt

Les personnes physiques résidentes en Tunisie sont soumises à l'IR à raison de leur revenu net
global, soit sur les revenus de source tunisienne et les revenus de source étrangère qui n’ont
pas subi l'impôt dans le pays de la source.

L'impôt est établi chaque année sur le montant total des revenus réalisés ou perçus pendant l'année
précédente.

Le revenu net global est constitué par le montant total des revenus nets déterminés distinctement
suivant les règles propres à chacune des catégories de revenus suivantes :

- Bénéfices industriels et commerciaux (BIC);

- Bénéfices des professions non commerciales (BNC) ;

- Bénéfices de l'exploitation agricole et de pêche ;

- Traitements, salaires, indemnités, pensions et rentes viagères ;

- Revenus fonciers ;

- Revenus de valeurs mobilières et de capitaux mobiliers ;

- Autres revenus.

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Le revenu net global tient compte du déficit constaté dans l’une des catégories du revenu dégagé par
une comptabilité réel qui est imputable sur le revenu net global.

Si le revenu net global n’est pas suffisant pour que l’imputation puisse être intégralement opérée, le
reliquat du déficit est reporté successivement, sur le revenu global des années suivantes jusqu’à la
cinquième année inclusivement. Toutefois, ne sont pas imputables sur le revenu net global :

 les déficits résultant de la déduction des revenus bénéficiant des avantages fiscaux ;

 les déficits non imputés sur les revenus des années suivant celle ayant enregistré le déficit et
ce, dans la limite des revenus réalisés.

II. pour les non-résidents

A. Principe : les revenus de source Tunisienne sont soumis à l’impôt en Tunisie

Les personnes physiques non résidentes en Tunisie qui réalisent des revenus de source tunisienne
sont soumises à l'IR uniquement à raison de ces revenus (réalisés en Tunisie ou payés à partir de
la Tunisie). Il s’agit notamment :

 des revenus provenant de tous services rendus en Tunisie (maintenance, réparation …),
indépendamment de la situation du débiteur eu égard aux critères de la « résidence » et de
« l’établissement » en Tunisie ;

 des revenus provenant de tous autres services rendus à l’étranger (commissions,


rémunérations d’activités salariales, de professions indépendantes d’avocats, d’architectes,
de médecins…), lorsque la rémunération correspondante est mise à la charge d’une personne
établie ou domiciliée en Tunisie ;

 des revenus générés par tous autres biens, droits et valeurs situés ou détenus en Tunisie.

B. Modalités d’imposition

1. imposition à travers une retenue à la source (RAS) libératoire

Les personnes non résidentes sont en principe soumises à l’impôt en Tunisie par voie de RAS
libératoire (libère le bénéficiaire non-résident de toute obligation fiscale en Tunisie) aux taux de :

 10% de la plus-value réalisée au titre de la cession d’actions, de parts sociales ou des parts
des fonds prévus par la législation les régissant sans que le montant exigible ne dépasse
2,5% du prix de cession, (En cas d’option pour le dépôt de la déclaration de l’impôt, la
retenue à la source effectuée est déductible de l’impôt dû au titre de la plus value réalisée,
l’excédent d’impôt est restituable conformément à la législation en vigueur) ;

 10% au titre des dividendes ;

 20% au titre des :

▪ revenus de capitaux mobiliers ;

▪ jetons de présence ;

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▪ Rémunérations et primes attribuées aux membres des conseils, des directoires et des
comités des SA en leur dite qualité ;

▪ traitements, salaires servis aux salariés non-résidents qui travaillent en Tunisie pour une
ou des périodes ne dépassant pas en totalité 6 mois ;

▪ Rémunérations des agents de direction et d’encadrement de nationalité étrangère


employés auprès des sociétés totalement exportatrices, des organismes financiers non-
résidents ou auprès des sociétés pétrolières.

 25% au titre des rémunérations versées à des résidents dans des paradis fiscaux dont la liste
est fixée par le décret n° 2014-3833 du 3/10/2014 portant fixation de la liste des paradis
fiscaux ( résidents des pays à régime fiscal privilégié à partir du 1er janvier 2019, soit les pays
dont le taux d’imposition est inférieur à 50% des taux appliqués en Tunisie pour la même
activité).

 15% au titre des autres rémunérations

Toutefois, lorsque les CNDI conclues entre la Tunisie et le pays de résidence des bénéficiaires des
revenus prévoient l’exonération desdits revenus en Tunisie ou leur imposition par voie de RAS à des
taux inférieurs aux taux susvisés, il est fait application de cette exonération ou des taux réduits.

Conséquences du non-respect de l’obligation de RAS libératoire

Les RAS non effectuées sur les sommes payées à des non-résidents sont à la charge du débiteur
résident ou établi en Tunisie.

Dans ce cas, et en cas de retenue non effectuée ou insuffisamment effectuée, et nonobstant le taux
de la RAS prévu par la CNDI conclue entre la Tunisie et le pays de résidence du bénéficiaire des
sommes, la RAS est due dans tous les cas selon le taux prévu par le droit commun calculé selon la
formule de prise en charge, soit :100 x t /100 – t. Les pénalités de retard sont exigibles.

2. Cas particuliers d’imposition

2.1. Personnes non résidentes mais qui sont établies en Tunisie

a. Principe : Imposition sur la base d’obligations comptables conformes à la législation


comptable des entreprises :

L’établissement stable (ES) de l’entreprise étrangère est tenu de respecter toutes les obligations
comptables et fiscales qui incombent aux entreprises Tunisiennes au régime réel. Le résultat
imposable de l’ES est déterminé sur la base d’une comptabilité conforme à la législation comptable
des entreprises.

b. Exception : Dispense de la tenue d’une comptabilité réelle

 Etablissements stables dont la durée ne dépasse pas 6 mois

Les ES des entreprises non résidentes dont la période d’activité en Tunisie ne dépasse pas 6 mois
sont dispensés de la tenue d’une comptabilité conforme à la législation comptable des entreprises ; ils
sont soumis à l’impôt par voie de RAS libératoire au taux de :

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- 5% pour les montants payés en contrepartie des travaux de construction ;

- 10% pour les montants payés en contrepartie des opérations de montage ;

- 15% pour les montants payés en contrepartie des autres services.

Lesdits ES peuvent opter pour le paiement de l’impôt par voie de déclaration sur la base des revenus
nets dégagés par la comptabilité tenue à cet effet. L’option est exercée par une demande à déposer à
cette fin au bureau de contrôle des impôts compétent lors du dépôt de la déclaration d’existence.

 Etablissements stables des personnes exerçant une activité indépendante (BNC)

Selon la doctrine administrative, les personnes physiques non résidentes qui exercent une activité
indépendante en Tunisie dans le cadre d’une base fixe sont soumises à l’IR sur la base d’une assiette
forfaitaire égale à 80% des recettes brutes avec possibilité d’option pour la tenue d’une comptabilité
réelle.

 Etablissements stables éligibles au régime d’imposition forfaitaire (BIC)

Selon la doctrine administrative, les ES tunisiens des entreprises étrangères réalisant des BIC
peuvent bénéficier du régime forfaitaire lorsque toutes les conditions requises pour ce régime sont
remplies ; dans ce cas, ces ES sont imposables sur la base du chiffre d’affaires, et ce, en application
des dispositions de l’article 44 bis du code de l’IRPP et de l’IS.

 Etablissements stables qui ne procèdent au dépôt de la déclaration d’existence

Les non-résidents établis en Tunisie qui ne procèdent au dépôt de la déclaration d’existence prévue
par l’article 56 du code de l’IRPP et de l’IS sont soumis à l’impôt par voie de RAS au taux de 15% des
montants bruts leur revenant. Cette retenue est libératoire de tout impôt exigible en Tunisie.

Toutefois, et en cas de régularisation des concernés de leur situation fiscale, ladite RAS est déduite
de l’IR dû sur leur activité en Tunisie ou est restituée conformément à la législation en vigueur.

2.2. Imposition de la plus-value immobilière

La plus-value immobilière réalisée par les personnes physiques non résidentes au titre de la cession
des immeubles sis en Tunisie et non rattachés à un actif d’une exploitation située en Tunisie, est
soumise à l’impôt au même titre que la plus-value réalisée par les personnes résidentes, soit par
l’intermédiaire de dépôt de déclaration d’impôt sur le revenu au titre de la plus-value immobilière.

La plus-value imposable ainsi que les taux d’imposition sont déterminés conformément aux
dispositions du droit commun dès lors que les CNDI accordent le droit d’imposition des gains
provenant de la cession des biens immobiliers à l’Etat ou sont situés les biens sans prévoir des taux
ou des modalités spécifiques d’imposition.

B. Revenus de source Tunisienne non soumis à l’impôt en Tunisie

Les revenus de source tunisienne réalisés par les non-résidents sont exonérés de l’impôt dans les cas
suivants :

1. L’exonération est prévue par le droit commun :

Il s’agit des :

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 intérêts des dépôts en devises,

 rémunérations pour affrètement de navires ou d’aéronefs affectés au trafic international.

 Les rémunérations payées en contrepartie de la commercialisation des biens, du matériel


et des équipements non réalisées dans le cadre d’établissements situés en Tunisie.

Selon la doctrine administrative, ces rémunérations sont situées hors champ d’application de l’impôt,
et ce, du fait que contrairement aux prestations de services, l’exercice de l’activité commerciale
suppose obligatoirement des installations fixes.

2. L’exonération est prévue par la CNDI conclue entre la Tunisie et le pays de résidence du
bénéficiaire de la rémunération

Quand il s’agit de résidents de pays ayant conclu une CNDI avec la Tunisie (Au 1 er janvier 2018 : 50
conventions sont en vigueur) il y a lieu de se référer aux dispositions de la convention en question, et
ce, du fait que les dispositions du droit commun ne doivent pas déroger aux dispositions des CNDI.

Les revenus couverts par le champ d’application fixé par le droit commun mais qui ne sont pas
compris dans le champ d’application de l’impôt prévu par la convention, demeurent non imposables
lorsqu’ils sont réalisés par des résidents des pays ayant conclus une CNDI avec la Tunisie.

En se référant aux CNDI, les bénéfices réalisés par une entreprise résidente dans un Etat ayant
conclu avec la Tunisie une CNDI ne sont imposables que s’ils sont réalisés dans le cadre d’un
ES (point de vente, bureau, atelier, des services réalisés en Tunisie pour une période qui dépasse six
mois…) à l’exception de certains revenus passifs qui sont limités aux revenus suivants:

 rémunérations définies par les conventions comme redevances : usage d’un droit, d’un bien,
informations ayant trait à une expérience, assistance et étude technique…)

 dividendes et intérêts,

 jetons de présence.

C. Exemples d’application

Exemple 1 :

Supposons un résident de l’Italie qui a encaissé une commission auprès d’une entreprise tunisienne
de 50.000 D, cette commission, bien qu’elle soit de source tunisienne, elle n’est pas imposable en
Tunisie en application de la CNDI tuniso-italienne qui attribue le droit exclusif d’imposition des
commissions réalisées dans l’Etat de la source à l’Etat de résidence du bénéficiaire.

Exemple 2 :

Supposons deux experts, le premier est résident du Japon, l’autre est résident de la France, qui ont
exécuté en Tunisie un marché d’études pendant une période de 10 mois au cours de l’année 2016.
Leurs foyers d’habitation se trouvent dans leurs pays respectifs.

- Pour l’expert japonais : il est considéré résident de la Tunisie pour l’année 2016 en vertu du droit
commun ( son séjour en Tunisie a dépassé 183 jours durant cette année) bien qu’il soit également
résident du Japon (absence de CNDI entre la Tunisie et le Japon). Il sera ainsi soumis à l’impôt en

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Tunisie au titre de cette période selon le principe de résidence, soit sur son revenu global
conformément au droit commun.

- Pour l’expert Français : Malgré qu’il soit considéré en vertu du droit commun comme résident de la
Tunisie, Il ne sera imposable en Tunisie que sur les seuls revenus de source tunisienne, car la
CNDI conclue entre la Tunisie et la France attribue la résidence à l’Etat où se trouve le foyer
d’habitation, soit la France.

Ainsi, lorsqu’il s’agit de résident d’un pays qui a conclu une CNDI avec la Tunisie, le critère à prendre
en considération est le foyer d’habitation. En effet, et en vertu des dispositions des CNDI, lorsque la
personne physique est résidente de chacun des Etats contractants en application de leurs législations
fiscales respectives, elle sera résidente de l’Etat où se trouve son foyer d’habitation permanent.

Exemple 3 :

Supposons qu’une entreprise Japonaise ayant effectué au cours de l’année 2017 des prestations
d’assistance technique en Tunisie au profit d’une entreprise totalement exportatrice résidente en
Tunisie pour une durée de 20 jours portant sur la formation de ses agents pour l’utilisation de certains
équipements moyennant une rémunération de 30.000 D.

Dans ce cas, et étant donné que la Tunisie n’a pas conclu une convention de non double imposition
avec le Japon, la retenue à source libératoire au taux de 15% au titre des rémunérations servies à
l’entreprise japonaise est exigible.

Exemple 4 :

Reprenons les données de l’exemple n°3 et supposons que l’entreprise prestataire soit résidente en
Espagne.

Dans ce cas, et bien que la retenue à la source soit exigible conformément aux dispositions du droit
commun, elle n’est pas opérée du fait que la définition du terme redevances prévue par la CNDI
conclue entre la Tunisie et l’Espagne en date du 12 juillet 1982 ne couvre pas les services
d’assistance technique.

Exemple 5 :

Soit une entreprise industrielle établie en Tunisie qui a conclu un contrat avec un bureau d’études
établi en Espagne en vue de la réalisation d’une étude technique pour son compte.

Supposons que l’entreprise tunisienne ait payé, en date du 20 février 2017, le montant total qui lui a
été facturé par le bureau d’études en question soit 20.000DT sans opérer la retenue à la source
exigible qui est fixée à 10% du montant brut versé au titre des redevances et ce conformément aux
dispositions de l’article 12 de la convention tuniso-espagnole de non double imposition conclue entre
les deux pays en date du 12 juillet 1982.

Dans ce cas, l’entreprise établie en Tunisie serait redevable du payement de la retenue non effectuée
sur les montants payés au bureau d’études espagnol selon le taux prévu par le droit commun calculé
selon la formule de prise en charge, soit : 100 x 15/ 100-15 =17,64 %, Soit une RAS d’un montant de :
20.000 D x 17,64 % = 3.528 D.
Les pénalités de retard sont liquidées conformément à la législation en vigueur.

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CHAPITRE II : REGIMES D’IMPOSITION DES DIFFERENTES


CATEGORIES DE REVENUS

I. BENEFICES INDUSTRIELS ET COMMERCIAUX (BIC)

La catégorie (BIC) couvre les bénéfices réalisés dans le cadre de l’exercice d’une activité
commerciale au sens du code de commerce (achat et vente, industrie, transport, prestations
diverses…), et des revenus accessoires ou exceptionnels rattachés à l’activité commerciale.

Pour cette catégorie de revenus, il y a deux régimes d’imposition : le régime réel et le régime
forfaitaire.

A. Le Régime réel

Ce régime nécessite la tenue d’une comptabilité conforme à la législation comptable des entreprises.
Le bénéfice net est déterminé sur la base de la comptabilité.

1. Le résultat fiscal

Le résultat fiscal est déterminé sur la base d’une comptabilité conforme à la législation comptable des
entreprises. Le résultat fiscal est déterminé au même titre que le résultat comptable sur la base du
principe de la créance acquise et de la dette certaine, soit des produits réalisés et des charges
engagées.

Les produits et les charges forment les éléments constitutifs du résultat de l’exercice : résultat =
produits – charges.

Les produits comprennent les revenus et les gains. Les charges englobent les charges proprement
dites et les pertes.

1. 1. En matière des produits

Règles de prise en compte

La prise en compte des produits au titre d’un exercice repose sur le critère des créances acquises.
Les produits réalisés au titre d'un exercice doivent, indépendamment de tous critères, (recouvrement,
facturation ...) faire partie des résultats du même exercice.

Pour les ventes, la créance est considérée acquise au cours de l'exercice de la livraison et fait partie
du produit dudit exercice.

Pour les services, la créance prend naissance durant l'exercice au cours duquel intervient leur
réalisation.

Pour les prestations continues, tels que les loyers, le rattachement des produits aux exercices
s'effectue au fur et à mesure de l'exécution du service.

Produits soumis à l’impôt

En principe tous les produits réalisés par l’entreprise sont pris en considération pour la détermination
du résultat fiscal, y compris les produits accessoire et les gains exceptionnels tels que :

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 Les plus-values de cession des éléments d’actif

La plus-value réalisée sur la cession des éléments d'actif en cours ou en fin de l’exploitation fait partie
des résultats imposables de l'année de la cession. Ce principe s’applique également aux éléments
non-inscrits à l’actif. C’est le cas notamment des fonds de commerce.

La plus-value imposable est déterminée comme suit :

- Pour les biens amortissables : La plus-value imposable est égale à la différence entre le prix de
cession du bien et son prix de revient diminué des amortissements (valeur nette comptable) ;

- Pour les biens non amortissables (terrains, fonds de commerce...) : La plus-value imposable est
égale à la différence entre le prix de cession et le prix de revient.

Toutefois, pour le fonds de commerce crée par l'entreprise, la plus-value imposable est constituée par
le prix de cession.

 l'abandon des créances par les tiers au profit de l'entreprise

Les créances abandonnées constituent en principe des produits exceptionnels qui font partie
intégrante du résultat fiscal de l’entreprise bénéficiaire à l’exception des créances abandonnées
au profit des entreprises bénéficiaires du droit de déduction des revenus ou bénéfices provenant
de l’exploitation (développement régional, agriculture et pêche,…).

 les subventions (d’investissement, d’exploitation et d'équilibre)

 Les subventions d’investissement (pour acquérir des immobilisations) :

Ces subventions sont rattachées normalement au résultat de l'exercice au cours duquel elles sont
devenues acquises à l'entreprise. Cependant, l'article 11 du code de l’IRPP et de l’IS a étalé leur
imposition dans le temps selon qu’elles sont destinées à l'acquisition des biens amortissables ou à
l'acquisition des biens non amortissables :

 Subventions destinées à l'acquisition des biens non amortissables : Sont rapportées au


résultat imposable par dixième de leur montant chaque année.

 Subventions destinées à l'acquisition des biens amortissables : sont rapportées aux


résultats des exercices par fractions, égale chacune aux annuités d'amortissement passées
en charge.

En cas de cession des immobilisations financées par des subventions d'équipement, la fraction des
subventions non encore imposée est retranchée de la valeur nette comptable pour la détermination de
la plus-value ou de la moins-value de cession.

 Les subventions d’exploitation et les subventions d’équilibre

Les subventions d’exploitation sont accordées à l’entreprise pour lui permettre de compenser
l’insuffisance de certains produits d’exploitation ou de faire face à certaines charges. Les subventions
d’équilibre sont accordées à l’entreprise pour compenser une perte qu’elle aurait constatée si la
subvention ne lui avait été accordée.

Ces subventions font partis du résultat au cours duquel lesdites subventions ont été encaissées.

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1.2. En matière des charges

En vertu du principe de l’autonomie des exercices, les charges ne peuvent affecter que le résultat de
l’exercice au cours duquel elles sont engagées.

Toutefois, les charges rattachées à un exercice donné et qui n’ont pas été comptabilisées parmi les
charges afférentes à cet exercice ne peuvent venir en déduction ni des résultats de l’exercice de leur
engagement ni de ceux des exercices postérieurs.

La déduction des charges est dans tous les cas subordonnée à la satisfaction des conditions
suivantes :

 Etre engagées dans l'intérêt de l'exploitation ce qui exclut les dépenses personnelles de
l'exploitant individuel,

 Correspondre à une charge effective et être appuyées des pièces justificatives,

 Se traduire par une diminution de l'actif net de l'entreprise,

 Se rapporter à l'exercice au cours duquel elles sont engagées.

En principe toutes les charges justifiées liées à l’exploitation et qui sont nécessaires à l’activité de
l’entreprises sont prises en compte lors de la détermination du résultat fiscal (frais de personnels,
loyers, frais d’entretien, honoraires supportés, …).

Détermination du résultat fiscal à partir du résultat comptable

Vu les divergences existantes entre la législation fiscale et la législation comptable des entreprises,
certains ajustements s’imposent pour déterminer le résultat fiscal à partir du résultat comptable, et ce,
comme suit :

Résultat fiscal = Résultat comptable + réintégration des charges non déductibles


fiscalement – déduction des produits non imposables

a) Les réintégrations

Il s’agit des sommes qui figurent parmi les charges comptables et que la législation fiscale ne les
considère pas comme déductibles, parmi ces charges on peut citer :

 Les provisions comptabilisées,

 Rémunérations de l'exploitant individuel,

 Cadeaux et frais de réceptions excédentaires (+ de 1% du CA ou plus de 20.000D),

 Commissions, courtages, ristournes commerciales ou non, rémunérations occasionnelles et


honoraires non déclarés dans la déclaration de l’employeur (à déposer le 30 Avril de chaque
année),

 Charges et amortissements relatifs aux résidences secondaires, avions et bateaux de


plaisance ne faisant pas l'objet de l'exploitation,

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 Charges et amortissements relatifs aux véhicules de tourisme d'une puissance fiscale


supérieure à 9 CV à l'exception de ceux constituant l'objet principal de l'exploitation,

 Dotations aux amortissements des terrains et des fonds de commerce,

 l’impôt y compris la retenue à la source y afférente, supporté à la place du redevable réel,

 Transactions, amendes, confiscations et pénalités de toute nature,

 Dons et subventions excédentaires (plus de 2%O du CA) ou non déductibles ou non déclarés
dans l’état à joindre à la déclaration annuelle de l’impôt,

 Charges dont le montant est supérieur ou égal à 5.000 dinars hors taxes et dont la
contrepartie est payée en espèces,

 Amortissements des biens et équipements dont le coût d’acquisition est supérieur ou égal à
5.000 dinars hors taxes et dont la contrepartie est payée en espèces

 Taxe sur les voyages,

 Impôt sur le revenu.

b) Les déductions

Il s’agit des provisions fiscalement déductibles ainsi que les sommes qui figurent dans la comptabilité
parmi les produits et que la législation fiscale ne les considère pas comme imposables, elles viennent,
par conséquent, en déduction du résultat comptable, il s’agit notamment des :

 Provisions pour créances douteuses pour lesquelles une action en justice est engagée, des
provisions pour dépréciation des stocks destinés à la vente et des provisions pour
dépréciation des actions cotées en bourse, et ce, dans la limite de 50% du bénéfice
imposable,

 Intérêts des dépôts et des titres en devises et en dinars convertibles,

 Plus values provenant de la cession des actions cotées à la BVMT acquises ou souscrites
avant le 1er janvier 2011 et des actions cotées acquises ou souscrites à partir du 1er janvier
2011 et cédées après l’expiration de l’année suivant celle de leur acquisition ou de leur
souscription,

 Plus-values de cession des actions réalisées dans le cadre d’une opération d’introduction en
bourse.

2. Obligations fiscales des personnes soumises au régime réel d’imposition

L’obligation de la tenue d’une comptabilité

L’article 62 du code de l’IRPP et de l’IS a prévu l’obligation, aux personnes physiques soumises à
l’impôt selon le régime réel, toutes catégories de revenus confondues, et aux personnes morale de
tenir une comptabilité conforme à la législation comptable des entreprises à savoir :

 un Journal général,

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 un Grand livre,

 un Livre d’inventaire,

 Une balance.

Le journal général et le livre d’inventaire sont cotés et paraphés au greffe du tribunal dans le ressort
duquel est situé le siège de l’entreprise ou toute autre autorité compétente prévue par des législations
spéciales.

Les personnes qui tiennent leur comptabilité sur ordinateur doivent :

 déposer contre accusé de réception au bureau de contrôle des impôts dont elles relèvent un
exemplaire du programme initial ou modifié sur support magnétique,

 informer ledit bureau de la nature du matériel utilisé, du lieu de son implantation et de tout
changement apporté à ces données.

Personnes pouvant tenir une comptabilité simplifiée

Les entreprises individuelles qui réalisent des revenus dans la catégorie BIC peuvent tenir une
comptabilité simplifiée et ce, lorsque leur chiffre d’affaires ne dépasse pas :

 300 mille dinars pour les activités d’achat en vue de la revente, les activités de transformation
et de la consommation sur place,
 150 mille dinars pour les activités de services.

La détermination du bénéfice net imposable a lieu dans les mêmes conditions que le régime réel
(produits – charges).

En se référant à la norme comptable n° 42 relative à la comptabilité simplifiée, les personnes


soumises au régime réel simplifié doivent tenir au moins les livres comptables suivants :

 un journal général, et
 un livre d’inventaire.

Le journal général et le livre d’inventaire doivent être côtés et paraphés par les autorités compétentes
prévues par la législation en vigueur. Ils doivent être tenus sans blanc ni altération d’aucune sorte.

Ladite norme prévoit que ces personnes doivent élaborer et présenter les états financiers simplifiés
qui comprennent :

 un bilan simplifié,
 un état de résultat simplifié, et
 des notes aux états financiers simplifiées.

Les obligations déclaratives

Les personnes physiques soumises à l’impôt selon le régime réel doivent déposer :

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 Une déclaration d'existence, avant d'entamer son activité, selon un modèle établi par
l’administration fiscale ;

 Les déclarations mensuelles comportant les taxes mensuelles (TVA pour les assujettis à ladite
taxe, RAS, TCL, TFP, FOPROLOS…) : dans les quinze premiers jours de chaque mois,

 La déclaration annuelle de l’impôt sur le revenu : jusqu'au 25 avril pour les commerçants et
jusqu'au 25 mai pour les prestataires de services et les personnes qui exercent une activité
industrielle;

 Les acomptes provisionnels : sont dues, à partir de la deuxième année d’activité en trois
échéances (durant les 25 premiers jours des mois de juin, septembre et décembre), égale
chacune à 30 % de l'IR dû au titre de l'année précédente ;

 La déclaration de l’employeur : Avant le 30 Avril de chaque année comportant toutes les


sommes objets de RAS ainsi que les montants excédant 5.000 dinars hors taxes recouvrés en
espèces en contrepartie de la fourniture aux clients de marchandises, de services ou de
biens, avec mention de l’identité complète des clients concernés.

Documents à joindre à la déclaration annuelle de l’impôt

L’article 59 du code de l’IRPP et de l’IS a prévu l’obligation, aux personnes physiques soumises à
l’impôt selon le régime réel y compris les personnes qui tiennent une comptabilité simplifiée, toutes
catégories de revenus confondues, et aux personnes morales, de joindre, à l’appui de leurs
déclarations annuelles de revenus ou bénéfices :

 les états financiers prévus par la loi comptable (le bilan, l’état de résultat, l’état des flux de
trésorerie et les notes aux états financiers),

 un tableau de détermination du résultat fiscal à partir du résultat comptable,

 un relevé détaillé des amortissements,

 un relevé détaillé des provisions pour créances douteuses indiquant l’identité du débiteur, la
valeur nominale des créances, les provisions constituées et la valeur comptable nette,

 un relevé détaillé des provisions constituées au titre de la dépréciation des actions et parts
sociales indiquant le coût d’origine, les provisions constituées et la valeur comptable nette des
actions et des parts sociales,

 un relevé détaillé des provisions constituées au titre de la dépréciation de la valeur des stocks
indiquant le coût d’origine, les provisions constituées et la valeur comptable nette par
catégorie de stocks,

 un relevé détaillé des dons et subventions accordés indiquant l’identité des bénéficiaires et les
montants qui leur ont été accordés,

 Une déclaration des éléments de leur train de vie y compris ceux concernant les personnes à
leurs charges et qui ne déclarent pas leur propre revenu, et ce, selon un modèle établi par
l’administration. Cette déclaration est exigée pour toutes les personnes physiques quel que
soit leur régime fiscal y compris les personnes exonérées de l’impôt.

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B. Le régime forfaitaire

1. Conditions d’éligibilité au régime forfaitaire

Ce régime s’applique aux entreprises individuelles qui réalisent des BIC dans le cadre d’un
établissement unique et lorsqu’il s’agit d’entreprises :

 Non importatrices,
 Non rémunérées par des commissions,
 Ne fabricant pas de produits à base d’alcool,
 N’exerçant pas l’activité de commerce de gros,
 Ne possédant pas plus d’un véhicule de transport en commun de personnes ou de transport
de marchandises dont la charge utile ne dépasse pas 3 tonnes et demi,
 Dont les exploitants ne réalisent pas des revenus de la catégorie des Bénéfices des
professions non commerciales,
 N’ayant pas été soumises à l’impôt sur le revenu des personnes physiques selon le régime
réel suite à une vérification fiscale,
 Dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas 100 mille dinars.

Sont dans tous les cas exclus du bénéfice du régime forfaitaire d'imposition les entreprises
exerçant, dans les zones communales, les activités fixées par le décret n° 2014-2939 du 26 août
2014. Il s’agit notamment de certaines :

 Activités industrielles : industrie de parfumerie et produits cosmétiques, aluminium,


pâtisserie,…)
 Activités de commerce : produits textiles, de parfumerie et de cosmétique, articles sanitaires,
meubles, produits de quincaillerie, accessoires autos, pneumatiques…)
 Activités de services : salons d'esthétique, salons de thé, laboratoires photo, opticien, location
de voitures, entreposages frigorifiques, location de matériel et engins de travaux…)

2. Tarif de l’impôt forfaitaire

Le tarif de l’impôt forfaitaire sur le revenu est déterminé sur la base du chiffre d’affaires comme suit :

 Pour le CA inférieur ou égal à 10.000 DT :

 100 DT par an pour les entreprises implantées en dehors des zones communales

 200 DT par an pour les entreprises implantées dans les zones communales

 Pour le CA compris entre 10.000 DT et 100.000 DT : 3% du CA

L’impôt forfaitaire ainsi déterminé est majoré de 50% en cas de dépôt de la déclaration annuelle de
l’impôt après 30 jours de l’expiration des délais légaux et ce, en sus des pénalités de retard exigibles
par la législation fiscale en vigueur.

L’impôt forfaitaire est libératoire de tous les autres impôts et taxes y compris la TVA.

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Le bénéfice du régime forfaitaire est limité pour une période de 4 ans (décomptés à partir du
01/01/2016) qui peut être renouvelée en cas de présentation des données nécessaires concernant
l'activité qui justifient l'éligibilité au bénéfice dudit régime (le montant des achats, stocks, moyens
d’exploitation…).

Cas particulier d’imposition instauré par la LF 2019

La Loi de Finances pour l’année 2019 a instauré un nouveau régime forfaitaire privilégié destiné aux
petits exploitants :

 exerçant des petits métiers et des industries artisanales et les commerçants ambulants

 n’ayant pas de locaux destinés à l’exercice de leur activité,

 exerçant leur activité au 01/01/2019 sans avoir procédé au dépôt de la déclaration d’existence
et qui procèdent spontanément, à partir du 01/01/2019, au dépôt de ladite déclaration.

Ces personnes doivent payer, Pour une période de trois ans, un impôt forfaitaire 200 DT
annuellement pour les personnes exerçant dans les zones communales et 100 DT pour les personnes
exerçant dans les autres zones.

3. Obligations fiscales des personnes soumises à l’impôt selon le régime forfaitaire

Obligation de la tenue d’un registre recettes-dépenses

Les personnes soumises au régime forfaitaire doivent tenir un registre côté et paraphé par les
services de contrôle des impôts sur lequel sont portées au jour le jour, les recettes et les dépenses.

Les dépenses doivent être appuyées par les pièces justificatives, soit par des factures ou tout autre
document en tenant lieu y compris les reçus délivrés par les personnes non soumises à l’obligation
d’établir des factures à condition de comporter les mentions obligatoires suivantes:

 Date de l’opération
 Identité du client, son adresse et le numéro de sa carte d’identité
 La nature des services ou des marchandises avec leurs quantités et leurs prix.

Obligation de porter sur leur déclaration annuelle d’impôt les informations nécessaires
concernant leur activité

Les personnes soumises au régime forfaitaire sont tenues de porter sur leur déclaration annuelle
d’impôt les informations nécessaires concernant leur activité et qui sont notamment :

 Le montant des achats de marchandises, de services et autres ;


 La valeur des stocks de marchandises ;
 Les moyens d’exploitation et leur mode de financement ;
 La superficie de l’immeuble destiné à l’exploitation et le montant du loyer en cas de son
exploitation sous forme de location.

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Obligation d’émettre des factures pour les opérations dont la valeur dépasse 500DT

Les personnes soumises à l’impôt selon le régime forfaitaire doivent émettre des factures conformes à
la législation en vigueur (comportant toutes les mentions obligatoires citées à l’article 18 du code de la
TVA) pour toute opération dont la valeur dépasse 500DT.

Obligation de mettre en place une caisse enregistreuse

Les entreprises prestataires de services de consommation sur place doivent mettre en place « une
caisse enregistreuse », et ce, pour toutes leurs transactions avec les clients. Ladite obligation
s’appliques auxdits personnes quel que soit leur régime fiscal (Réel et forfaitaire).

Les modalités pratiques de la mise en place de ladite caisse sont fixées par un décret
gouvernemental.

4. Cas particulier : Cession du fonds de commerce par les forfaitaires

a) Notion du fonds de commerce

Le fonds de commerce consiste en l’ensemble de biens mobiliers corporels et incorporels affecté par
nature à l’exploitation commerciale.

Aux termes de l’article 189 du code de commerce, font partie du fonds de commerce, les biens
mobiliers affectés à l’exercice d’une activité commerciale. Le fonds de commerce comprend
obligatoirement la clientèle et l’achalandage. Il comprend aussi, sauf dispositions contraires, tous
autres biens nécessaires à l’exploitation du fonds, tels que l’enseigne, le nom commercial, le droit au
bail, le matériel, l’outillage, les marchandises, les brevets, marques de fabriques, dessins et modèles

b) Détermination de la plus-value

 Cas du fonds de commerce acquis

Dans le cas où le fonds de commerce a fait l’objet d’une acquisition par l’exploitant, la plus-value
de cession dudit fonds est égale à la différence entre, d’une part, le prix de cession déclaré ou
celui révisé suite aux opérations de vérification fiscale selon les procédures applicables en matière
de droits d’enregistrement et d’autre part, le prix d’acquisition du fonds en question.

 Cas de fonds de commerce constitué

Lorsque le fonds de commerce a été constitué par le cédant, la plus-value de cession est égale à
la totalité de son prix de cession.

Etant précisé à ce niveau qu’aucune déduction n’est admise à quelque titre que ce soit.

 Cas particulier de la cession concomitante du fonds de commerce avec l’immeuble


objet de l’exploitation

Dans le cas où le cédant du fonds de commerce est le propriétaire de l’immeuble objet de


l’exploitation dudit fonds, et que l’opération de cession comprend aussi bien le fonds de commerce
que les murs, il y a lieu de distinguer entre le prix de la cession du fonds en question et celui de
l’immeuble. Dans ce cas, le cédant réalise :

 une plus-value de cession du fonds de commerce qui sera rapportée aux résultats de
l’exploitation de l’exercice de la cession;

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 une plus-value immobilière au titre de la cession de l’immeuble imposable à l’IR dans la


catégorie des revenus fonciers.

c) Modalités d’imposition de la plus-value provenant de la cession du fonds de commerce

Les personnes physiques bénéficiaires du régime forfaitaire sont soumises à l’impôt sur la base du
barème de l’impôt sur le revenu dans la mesure où elles cèdent un fonds de commerce.

L’assiette imposable est égale à la différence entre les recettes brutes et les dépenses dûment
justifiées et enregistrées au registre côté et paraphé engagées au cours de la même année, majorée
de la plus-value de cession du fonds de commerce qui est égale à la différence entre le prix de
cession et la valeur d’acquisition pour les fonds acquis et au prix de cession pour les fonds crées.

L’impôt calculé sur la base du barème ne peut être inférieur à l’impôt forfaitaire exigible selon le CA.

Les forfaitaires dans ce cas peuvent, pour la détermination de leur revenu global imposable, se
prévaloir de toutes les déductions communes autres que celles nécessitant la tenue d’une
comptabilité. (Situation et charges de famille, primes afférentes aux contrats d’assurance vie…)

Cas de cession du fonds de commerce après le dépôt de la déclaration de cessation de


l’activité

Une personne physique soumise au régime forfaitaire d’imposition qui cède son fonds de commerce
après avoir déposé sa déclaration de cessation d’activité prévue par l’art. 58 du code l’IRPP et de l’IS
est soumise aussi à l’impôt au titre de la plus-value de cession du fonds et ce, dans les conditions
suivantes :

 Cession du fonds de commerce intervenant au cours de l’année du dépôt de la déclaration de


cessation

Dans ce cas, la détermination de l’assiette imposable aura lieu dans les mêmes conditions
exposées ci-dessus. L’impôt forfaitaire acquitté sur la base de la déclaration de cessation est
imputable sur l’impôt dû sur la base de la déclaration relative aux résultats nets de l’année de la
cession majorée de la plus-value de la cession du fonds de commerce.

 Cession du fonds de commerce ultérieurement à l’année du dépôt de la déclaration de cessation

Dans ce cas, la déclaration de l’impôt doit être déposée sur la base de la plus-value de cession du
fonds de commerce réalisée.

Etant signalé à ce niveau qu’aussi bien dans le premier cas que dans le deuxième l’intéressé
bénéficie du droit aux déductions communes autres que celles exigeant la tenue de comptabilité
conforme à la législation comptable des entreprises.

5. personnes soumises au régime forfaitaire qui optent pour l’imposition selon le régime réel

Les personne qui optent pour l’imposition selon le régime réel ou celles déclassées au régime réel et
dont le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 150 mille dinars, peuvent opter pour la
détermination de leur bénéfice net sur la base d’une comptabilité simplifiée basée sur la tenue :

 d’un registre coté et paraphé par les services fiscaux compétents sur lequel sont portés au
jour le jour les produits bruts et les charges sur la base des pièces justificatives;

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 d’un livre d’inventaire coté et paraphé par les services fiscaux compétents sur lequel sont
portés annuellement les actifs immobilisés et les stocks.

La détermination du bénéfice net imposable a lieu dans les mêmes conditions que le régime réel
(produits – charges) sauf que pour ce régime, les provisions ne sont pas déductibles.

Ces personnes doivent joindre, à l’appui de leurs déclarations annuelles de revenus :

 un compte de résultat selon un modèle établi par l’administration et


 un relevé détaillé des amortissements.

Toutefois, ces personnes doivent respecter toutes les autres obligations déclaratives qui incombent
aux personnes physiques soumises à l’impôt selon le régime réel (Déclarations mensuelles, AP…).

II. BENEFICES NON COMMERCIAUX (BNC)

A. Définition

Ce sont les bénéfices :

 Provenant de l’exercice d’une profession libérale : les professions où l’activité intellectuelle


joue un rôle prépondérant et qui sont exercées en toute indépendance et à titre personnel
telles que :

 Les professions médicales et paramédicales (médecins, infirmiers…),

 Les professions juridiques (avocats, commissaires aux comptes,…),

 Les professions artistiques et littéraires (artistes, écrivains, interprètes…)

 Les professions techniques (architecte, exploitant d’un bureau d’études, décorateurs


paysagistes, ingénieurs conseils, etc.)

 Réalisés par les titulaires des charges et offices n’ayant pas la qualité de commerçants
(notaires, huissiers…),

 Des occupations non commerciales à but lucratif (agents généraux d’assurance, jardins
d’enfant, auto-école, exploitants d’établissements privés d’enseignement ou de centres de
formation, représentants de commerce qui n’ont pas la qualité de commerçant ni de salariés,
guides touristiques…)

B. Détermination du bénéfice net

Le bénéfice net est déterminé selon deux méthodes :

1. Le régime réel

L’assiette réelle est dégagée à partir d’une comptabilité conforme à la législation comptable des
entreprises. Le bénéfice net est déterminé de la même façon qu’en matière des BIC au régime réel.
(Produits - charges  sans tenir compte de l’encaissement)

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Etant précisé à ce niveau que dans la mesure où les intéressés déposent au titre d’une année leur
déclaration sur la base du régime réel, ils ne peuvent plus exercer l’option pour la détermination de
leur base imposable d’une manière forfaitaire.

2. L’assiette forfaitaire

Les personnes réalisant des BNC peuvent opter, à l’occasion de dépôt de leur déclaration de l’impôt
sur le revenu, pour l’imposition sur la base d’une assiette forfaitaire. Le bénéfice net est fixé dans ce
cas à 80% des recettes brutes encaissées l’année précédant celle de l’imposition (TVA comprise).

Le terme recettes brutes couvre tous les encaissements réalisés durant l’année considérée
indépendamment de l’année à laquelle ils se rapportent, il peut s’agir de recettes correspondant à des
opérations réalisées au cours de la même année ou au cours d’années antérieures ou encore à titre
d’avances.

Ne sont pas compris dans les recettes :

 Les créances acquises au cours d’une année et non encore recouvrées,

 Les débours, il s’agit des remboursements par les clients des frais leur incombant et avancés
par le contribuable, c’est le cas par exemple des droits de douanes avancés par le transitaire
pour le compte de son client et remboursés par ce dernier…

 Les honoraires rétrocédés à des confrères exerçant une profession non commerciale.

Les personnes soumises au régime forfaitaire d’assiette doivent tenir un registre côté et paraphé par
les services de contrôle fiscal sur lequel sont portées au jour le jour les recettes et les dépenses.

III. BENEFICES DES EXPLOITATIONS AGRICOLES ET DE PECHE

A. Définition

Ce sont les bénéfices réalisés des exploitations agricoles ou de l’exercice d’une activité de pêche et
ce quelle que soit la forme de l’exploitation.

Constituent des bénéfices agricoles, les produits provenant notamment des cultures de toute nature
(céréaliculture, oléiculture, viticulture,…) et de l’élevage des animaux.

Sont considérés comme provenant de la pêche, les produits de la pêche traditionnelle et de l’élevage
des produits de la mer.

Relèvent également des bénéfices agricoles, les produits accessoires provenant de la concession du
droit de pacage.

Les bénéfices provenant de l’agriculture peuvent être réalisés :

 Dans le cadre d’une exploitation directe par le propriétaire,

 Dans le cadre d’un fermage (concession à un fermier le droit d’exploitation des biens
agricoles) : l’exploitant direct (fermier) sera soumis à l’IR au titre des bénéfices agricoles, les
rémunérations du propriétaire sont des revenus fonciers,

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 Dans le cadre d’un métayage (le propriétaire met les biens agricoles à la disposition d’une
autre personne en vue d’en partager la production) : dans ce cas le bénéfice réalisé par le
propriétaire ainsi que par le métayer est soumis à l’IR au titre des bénéfices agricoles.

B. Détermination du revenu net

Le revenu net est déterminé selon trois méthodes :

1. Le régime réel

En cas de tenue d’une comptabilité conforme à la législation comptable des entreprises, le bénéfice
net est déterminé dans les mêmes conditions que les BIC au régime réel.

Les personnes soumis au régime réel bénéficient de la déduction les deux tiers des revenus
provenant de l’activité.

A défaut de factures dument établies, les agriculteurs peuvent valablement justifier leurs charges et
produits sur la base de quittances faisant état de :

 La date de l’opération,

 L’identité du client,

 La nature de la marchandise (quantité et prix).

2. Le régime des recettes-dépenses

Le bénéfice net est égal à la différence entre les recettes totales réalisées au cours de l’année
précédant celle de l’imposition et les dépenses engagées pour la réalisation de ces recettes en tenant
compte du jeu des stocks. (Différence entre le stock à la fin de l’exercice et le stock initial)

Ce mode de détermination du revenu net n’implique pas la tenue d’une comptabilité mais l’existence
des pièces justifiant les recettes et les dépenses de l’exploitation.

L’expression « recettes totales », désigne toutes les sommes encaissées au cours de l’année qui
précède celle du dépôt de la déclaration, indépendamment de l’année à laquelle ces recettes se
rapportent. En parallèle, les dépenses à retenir sont celles payées au cours de la même année
indépendamment de l’exercice de leur engagement.

Ne font pas partie de dépenses, les dépenses en capital (tel que le prix payé pour l’acquisition du
terrain, matériel agricole…).

3. Le régime de l’évaluation forfaitaire du bénéfice

Pour certaines spéculations (olives, agrumes, céréales, vigne) le bénéfice net est déterminé sur la
base d’une monographie établie par l’administration fiscale et des experts du domaine. Cette
monographie est annuelle, elle est fixée en fonction des spéculations et des régions.

Les revenus ainsi déterminés constituent un minimum pour le calcul de l’assiette de l’IR au titre du
revenu agricole.

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IV. TRAITEMENTS, SALAIRES, PENSIONS ET RENTES VIAGÈRES

A. Traitements et salaires

1. Définition

Font partie de la catégorie, toutes les rémunérations quelle qu’en soit l’appellation ou la forme perçues
à raison d’une profession salariale, publique ou privée.

La qualité de salarié est acquise par toute personne qui est liée à un employeur par un contrat de
travail ou qui se trouve dans un lien de subordination vis-à-vis de la personne qui utilise ses
services ;(article 6 du code de travail et article 828 du code des obligations et des contrats).

L’article 6 du code de travail définit le contrat de travail comme étant une convention par laquelle l’une
des parties appelée travailleur ou salarié s’engage à fournir à l’autre partie appelée employeur ses
services personnels sous la direction et le contrôle de celle-ci moyennant une rémunération. La
relation de travail est prouvée par tous moyens.

De même l’article 828 du code des obligations et des contrats prévoit que : le louage de services ou
de travail est un contrat par lequel l’une des parties s’engage, moyennant un prix que l’autre partie
s’oblige à lui payer, à fournir à cette dernière ses services personnels pour un certain temps ou à
accomplir un fait déterminé.

Ainsi, le contrat de travail repose sur 3 éléments essentiels : l’existence d’un lien de subordination, la
prestation de service, et la rémunération.

Sont classés parmi les traitements et salaires, les rémunérations, les primes et les autres avantages
accordés aux gérants des SARL en leur dite qualité.

2. Détermination du revenu net

Pour déterminer le revenu annuel net au titre des traitements et salaires, sont déductibles du revenu
brut :

 les retenues obligatoires effectuées par l'employeur en vue de la constitution de rentes, de


pensions, de retraite ou pour la couverture de régimes obligatoires de sécurité sociale,

 les frais professionnels fixés forfaitairement à 10% du reliquat après déduction de ces
retenues et sans que la déduction dépasse 2.000 dinars par an.

2.1 Revenu brut :

Il est constitué par toutes les rémunérations allouées au salarié par son employeur pendant l’année
précédant celle de l’imposition, c’est-à-dire la rémunération principale et toutes les rémunérations
accessoires qui lui sont rattachées tels que:

 les indemnités ou primes servies : primes de rendement, d’assiduité, de risque, de


responsabilité, de caisse, gratification de fin d’année etc...

 les allocations pour frais professionnels lorsqu’elles ne répondent pas aux conditions
d’exonération, telles que l’indemnité kilométrique, l’indemnité de fonction…

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 les avantages en nature, évalués pour leur valeur réelle : Il s’agit de l’avantage en nature
sous forme de logement ou de voiture de fonction ou de services utilisées par les salariés à
des fins personnelles.

Dans ces deux cas et lorsque les biens sont propriétés de l’entreprise et que le salarié peut prétendre
à une indemnité au cas où il ne dispose pas de tels avantages, l’impôt s’effectue sur la base du
montant de l’indemnité.

Pour le personnel du secteur privé et en l’absence d’indemnité servant de référence pour l’évaluation
des avantages, l’équivalent en indemnité imposable au titre des voitures de fonction ou de service est
déterminé par référence à l’indemnité servie à leurs homologues dans la fonction publique.

 Avantages et allocations ne font pas partie de l’assiette soumise à l’impôt

Il s’agit des :

 Avantages en nature octroyés par nécessité de service : tels que les avantages sous
forme de:

 Logement mis à la disposition de l’employé par l’employeur suite à une obligation de


présence sur les lieux du travail ( receveurs des finances, chefs de districts de la STEG, chefs
de gares de la SNCFT…), et d’une manière générale, tout salarié astreint à rester sur les lieux
du travail même en dehors des heures de service,

 Logement fourni par l’employeur du fait de l’isolement du lieu de travail, tel est le cas du travail
dans des sites sahariens ou sur des plates-formes de forage off-shore,

 L’uniforme de travail et matériels de sécurité (casques, lunettes, gants,…)

 Fourniture de produits pour des raisons de protection sanitaire tels que produits d’hygiène,

 Prestation de nourriture servie aux salariés qui sont astreints à rester sur les lieux de travail
pendant les heures de repas.

Toutefois, au cas où l’employeur sert à la fois un avantage en nature sous forme de nourriture
et une prime de panier, cette dernière constitue un élément de rémunération soumis à l’impôt.

Les autres avantages tels que les tickets du restaurant, cantines et autres avantages prélevés sur le
fonds social, les bénéfices et les réserves ayant déjà supporté l’impôt, ne sont pas soumis à l’impôt.

 Remboursements de frais

Conformément aux dispositions de l’article 38-6 du CIRPPIS, les allocations spéciales destinées à
couvrir les frais inhérents à la fonction ou à l’emploi supportés par les salariés ne sont pas soumis
à l’impôt et par conséquent à la RAS, dans la mesure où elles sont justifiées.

Selon la doctrine administrative, les frais inhérents à la fonction ou à l’emploi peuvent inclure
notamment les coûts de transport, de carburant, de nourriture et d’hébergement.

Frais remboursés sur la base de pièces justificatives :

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Selon la doctrine administrative, ces frais ne sont pas imposables à l’IR chez l’employé et ne font
pas l’objet d’une RAS, sous réserve qu’ils soient :

 appuyés de pièces justificatives,

 liés à l’activité de l’entreprise,

 non excessifs eu égard à la nature de la mission,

 engagés lors d’une mission exécutée sur la base d’un ordre de mission
préalablement établi.

En cas d’absence de pièces justificatives :

Selon la doctrine administrative, et pour être dispensés de l’impôt, les remboursements forfaitaires
doivent remplir les mêmes conditions que ci-dessus. Néanmoins, l'obligation relative à la pièce
justificative est remplacée par les conditions suivantes :

 l'existence d'un barème de remboursement forfaitaire fixé par un texte réglementaire


tel que les décrets ou les conventions collectives ou les statuts de l’entreprise,

 la justification de ces remboursements par un reçu de paiement qui indique leur


montant, la nature de la mission exécutée, le nom et la signature du bénéficiaire et la
date de remboursement.

En cas de non satisfaction des conditions susvisées, ces frais remboursés constituent un
complément de salaire, et par conséquent ils font partie de l’assiette imposable.

Corrélativement, les sommes versées aux employés sous forme d’indemnité kilométrique
forfaitaire en contrepartie de l’utilisation de leurs voitures personnelles, sont exonérées de l’impôt,
dans la mesure où :

 Les frais objets du remboursement sont prévus par un texte réglementaire ou par les
statuts de la société ou par une convention collective ;

 Les montants accordés ne sont pas excessifs ;

 Le déplacement est justifié par un ordre de mission préalablement établi.

2.2 Les cotisations sociales obligatoires :

Elles couvrent les retenues en vue de la constitution, de rentes, de pension de retraite ou pour la
couverture de régimes obligatoires de sécurité sociale.

La déduction en question est subordonnée au caractère obligatoire de l’adhésion du salarié au


régime de la retraite ou de la prévoyance.

La cotisation complémentaire à la retraite bien qu’elle soit volontaire, elle est déductible de l’assiette
soumise à l’impôt sur le revenu.

2.3 Les frais professionnels :

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Ce sont les dépenses professionnelles engagées par les salariés dans l’exercice de leur fonction.
La déduction au titre des frais professionnels est fixée à 10% du revenu net soit après déduction
des cotisations obligatoires. La déduction est plafonnée à 2.000 dinars.

3. Salaires et traitements non soumis à l’impôt

Sont exonérées de l’impôt :

 Les allocations, indemnités et prestations servies sous quelle que forme que ce soit en
application de la législation relative à l’assistance, à l’assurance et à la sécurité sociale,
(remboursement frais de soins…)

 La gratification de fin de service,

L'exonération porte sur l’indemnité de licenciement servie conformément au code du travail


soit dans la limite de trois mois de salaire.

Toutefois dans le cas où les conventions collectives ou particulières, ou dans le cas où la


commission de contrôle de licenciement ou l’inspection de travail fixent une indemnité de
licenciement à un montant excédant trois mois de salaires, tout le montant ainsi fixé sera
exonéré de l’impôt.

L’exonération ne couvre pas les rémunérations payées à l’occasion du départ volontaire à la


retraite anticipée ou l’indemnité de préavis ou l’indemnité de mise à la retraite ou l’indemnité
revêtant le caractère de dommages intérêts visée aux articles 23bis et 24 du code de travail.

 Les cotisations payées par les employeurs dans le cadre des contrats collectifs d’assurance
vie lorsque le contrat en question comporte l’une des garanties suivantes :

 garantie d'un capital à l'assuré ou à ses descendants en cas de vie d'une


durée effective au moins égale à 8 ans

 garantie d'une rente viagère à l'assuré ou à ses descendants avec jouissance


effective différée d'au moins 8 ans ;

 garantie d'un capital en cas de décès au profit du conjoint, ascendants ou


descendants de l'assuré.

 Les rémunérations servies par les Etats étrangers au profit du personnel détaché auprès du
gouvernement tunisien dans le cadre de la coopération technique.

 L'indemnité d'expatriation, des émoluments et autres avantages payés en contre partie des
services effectivement effectués à l’étranger à condition que l’employeur soit domicilié ou
établi en Tunisie et portant sur :

 des études techniques, économiques, sociales ou environnementales;


d'assistance technique, ou

 de travaux de construction, de montage, de surveillance ou de maintenance


s’y rattachant.

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B. Pensions et rentes viagères

1. Définition

1.1 Les pensions

Les pensions sont des allocations périodiques payées en contre partie d’un service antérieur ou en
exécution d’une obligation légale ; il s’agit notamment des:

 pensions de retraite servies par l’Etat, les collectivités locales, les établissements
publics et autres organismes ;

 pensions d’invalidité ;

 pensions alimentaires, servies en exécution d’obligations légales, telles que celles


versées aux ascendants, descendants et conjoints.

1.2 Les rentes viagères

Sont des allocations périodiques versées en exécution d’engagements contractuels ou d’un jugement
et dont le terme est le décès du bénéficiaire.

2. Détermination du revenu net

Le revenu net des pensions et des rentes viagères est obtenu par application à leur montant brut d’un
abattement de 25%.

Pensions et rentes exonérées de l’IR

Sont exonérées d’impôt :

 Les rentes viagères et allocations temporaires servies aux victimes d’accident de travail ou
aux ayants droit.

 Les rentes viagères servies en représentation de dommages et intérêts en vertu d’un


jugement pour la réparation d’un préjudice corporel.

 Les rentes viagères servies dans le cadre des contrats d’assurance-vie ayant pour objet de
garantir à l’assuré une rente viagère avec jouissance effective différée d'au moins 08 ans.

V. LES REVENUS FONCIERS

A. Définition de la catégorie

Sont compris dans la catégorie des revenus fonciers lorsqu’ils ne sont pas inclus dans les autres
catégories de revenus:

1. les loyers des propriétés bâties et des propriétés non bâties de toute nature

Ne sont pas soumis à l’impôt, les revenus provenant de la location des terres agricoles réservées aux
grandes cultures objet de contrats de location conclus pour une période minimale de 3 ans.

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2. Les plus-values immobilières

L’impôt sur le revenu dû au titre de la plus-value immobilière s'applique aux opérations de cession et
opérations assimilées tels que l'échange, la donation, l'apport en société:

 des droits sociaux dans les sociétés civiles immobilières, soit les droits sociaux appartenant
aux membres des sociétés civiles immobilières dont l’activité consiste essentiellement en la
gestion des biens sociaux des membres dont les droits sont représentés par des immeubles
ou parties d’immeubles, ce qui exclut la plus-value provenant de la cession des actions ou des
parts sociales des sociétés par actions et des sociétés à responsabilité limitée ayant un objet
immobilier,

 des terrains à bâtir situés dans les plans d’aménagement urbain, dans les périmètres
d’intervention foncière et dans les périmètres de réserves foncières créées conformément aux
dispositions des articles 40 et 41 du code de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme,

 lots ou parties de lots dont l’origine de propriété provient de la cession, autre que par voie
d’échange, de terres domaniales à vocation agricole et qui ont perdu cette vocation.

 d’immeubles bâtis quel qu’en soit l’usage.

Opérations non soumise à l’impôt au titre de la plus-value immobilière

L’impôt sur le revenu n’est pas dû sur les opérations de cession:

 d’un seul local à usage d’habitation dans la limite d’une superficie globale ne dépassant pas
1.000 m2 y compris les dépendances bâties et non bâties, et ce, pour la première opération
de cession, effectuée à partir du 1er janvier 2005.

L’exonération concerne un local à usage d’habitation, qu’il soit principal ou


secondaire et nonobstant son affectation par l’acquéreur soit même s’il est
réservé par l’intéressé pour l’exercice d’une activité professionnelle.

 faite au profit :

 du conjoint, ascendants ou descendants, ou

 dans le cadre d’une expropriation pour cause d’utilité publique, ou

 dans le cadre du programme spécifique pour le logement social, ou des terrains situés
à l’intérieur des périmètres de réserves foncières créées conformément aux
dispositions des articles 40 et 41 du code de l’aménagement du territoire et
d’urbanisme au profit de l’Etat, des collectivités locales, des agences foncières
créées par la loi n°73-21 du 14 avril 1973, de l’agence de réhabilitation et de la
rénovation urbaine,

 des terrains agricoles situés dans des zones agricoles cédés au profit de personnes qui
s’engagent dans l’acte de cession à ne pas réserver le terrain objet de la cession à la
construction avant l’expiration des 4 années qui suivent celle de la cession. Dans ce cas, le
bénéfice de l’exonération, nécessite, outre l’engagement mentionné dans l’acte à ne pas
construire le terrain avant l’expiration de la période susvisée, la présentation d’une attestation
délivrée par les autorités compétentes justifiant que le terrain objet de la cession est un terrain
agricole situé dans une zone agricole.

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L’exonération ne s’applique pas dans tous les cas lorsque l’acquéreur est un
promoteur immobilier.

B. Détermination du revenu net foncier

1. pour les loyers

Le revenu net peut être déterminé selon deux méthodes :

1.1 Méthode réelle

Elle nécessite la tenue d’une comptabilité conforme à la législation comptable des entreprises. Dans
ce cas le résultat net est déterminé de la même manière que les BIC au régime réel.

1.2 Méthode forfaitaire

a. loyers des propriétés bâties

Revenu net = Recettes brutes – 20% des recettes brutes – dépenses d’entretien et de
réparation justifiées – taxe sur les immeubles bâtis effectivement payée.

 Les recettes brutes = recettes encaissées par le propriétaire ou l’usufruitier au cours de


l’année précédant celle de l’imposition (quelle que soit l’année à laquelle elles se rapportent y
compris les recettes exceptionnelles telle que la location du droit d’affichage, de la concession
du droit de propriété ou d’usufruit…) + les dépenses incombant normalement au propriétaire
et mises à la charge du locataire (dépenses de réparation, taxe sur les immeubles bâtis…) -
les dépenses incombant au locataire et supportées par le propriétaire (frais d’éclairage, d’eau,
de gaz..).

 La déduction forfaitaire de 20% couvre :

- les charges de gestion de l’immeuble,

- les rémunérations des concierges,

- les primes d’assurances des risques inhérents aux immeubles dont la charge incombe
au propriétaire,

- l’amortissement de l’immeuble.

 Les dépenses d’entretien et de réparation justifiées couvrent les


dépenses engagées en vue de maintenir l’immeuble en état d’utilisation
normale (travaux de réparation des installations, de ravalement et de
badigeonnage des murs …).

Sont exclues des dépenses d’entretien et de réparation déductibles les dépenses en capital
(celles qui ont pour conséquence d’accroître la valeur ou la durée de vie de l’immeuble).

 la taxe sur les propriétés bâties payée couvre la taxe relative à l’année
d’imposition ou des années antérieures.

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b. loyers des propriétés non bâties

Revenu net = loyers encaissés au cours de l'année précédant celle de l'imposition, y


compris les revenus accessoires - dépenses justifiées et nécessitées pour la
réalisation du revenu (dépenses d'entretien et de gardiennage…) - taxe sur les
immeubles non bâtis effectivement payée.

Les personnes bénéficiaires de la méthode forfaitaire doivent tenir un registre côté et paraphé par le
service de contrôle des impôts sur lequel sont portées au jour le jour, les recettes et les dépenses.

Choix entre le régime forfaitaire d’assiette et le régime réel

Les contribuables peuvent opter, année par année, à l’un ou l’autre des régimes ; la tenue d’une
comptabilité régulière et continue dans le temps, ne met pas obstacle à l’option au régime forfaitaire
d’assiette ; l’option n’est pas conditionnée par des formalités particulières, dans le sens où le dépôt de
la déclaration sous l’un ou l’autre des régimes vaut option.

2. La plus-value immobilière

S’agissant de biens immeubles non rattachés à un actif, l’imposition des plus-values y relative est
régie par des règles particulières d’assiette, de taux, de déclaration et de paiement.

Plus-value imposable = prix de cession - prix de revient ou de construction majoré des


impenses et de 10% par année de détention

 Prix de cession : le prix déclaré dans l'acte de cession ou celui révisé


suite aux opérations de vérifications fiscales selon les procédures
applicables en matière des droits d'enregistrement ou la valeur des biens
échangés ou ayant fait l'objet d'une donation ou d’un apport à une
société.

 Prix de revient ou de construction : le prix payé (honoraires des


architectes, des courtiers ou des commissionnaires et droits
d’enregistrement compris) pour l'acquisition, la construction ou la valeur
d'échange, de donation ou d'apport en société des biens cédés y compris
la valeur du terrain, ou celui révisé suite aux opérations de vérifications
fiscales.

Les dépenses doivent être justifiées par les pièces probantes et notamment par des factures ou tout
document en tenant lieu. En absence de pièces justificatives de ces dépenses, un rapport d’un expert
auprès des tribunaux, à la date de l’achèvement des travaux, peut être admis comme justificatif de
ces dépenses.

Cas particuliers

 Pour les biens hérités, le prix de revient est déterminé à partir des valeurs déclarées
dans les déclarations déposées au titre des mutations par décès. A défaut de dépôt de la
déclaration au titre des mutations par décès, la plus-value est constituée, du prix de
cession.

 Pour les biens acquis par donation entre ascendants et descendants et entre
époux, le prix de revient est déterminé sur la base de la valeur des biens en question à

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la date de leur possession par le premier donateur. La durée de détention est calculée,
dans ce cas, à compter de la date de possession par le premier donateur.

 Les impenses : sont les dépenses en capital, c'est-à-dire les frais permettant
d’augmenter notoirement la valeur de l’immeuble cédé (extension, grandes
réparations…) ce qui exclut les frais d’entretien normal.

Actualisation du prix de revient et des impenses : Le prix de revient est actualisé, à la date de
la cession, par une majoration de 10% par année de détention du bien ou des droits cédés. (Le
mois est décompté pour 30 jours et l’année pour 360 jours).

Pour les impenses la majoration de 10% commence à s'appliquer à partir de la date de


l'achèvement des travaux.

 Cas particulier des terres d'origine domaniale ayant perdu leur vocation agricole

Aux fins de l'obtention de la main levée provisoire et à défaut de cession effective, la plus-value
est déterminée dans un premier temps à partir de la valeur fixée par l'expert du domaine de l'Etat.
A cet effet l’impôt fait l’objet d’une :

 déclaration initiale : l’impôt est payé sur la base de la valeur fixée par l’expert et la
déclaration y afférente doit être déposée dans le mois qui suit la date de la notification de la
valeur de l’expert.

 déclaration définitive : Cette déclaration doit être déposée dans un délai ne dépassant pas
la fin du 3ème mois qui suit la date de la cession effective.

VI. REVENUS DES VALEURS MOBILIÈRES ET REVENUS DE CAPITAUX


MOBILIERS

A. Les revenus de valeurs mobilières

1. Définition

Cette catégorie englobe les produits des titres de capital (actions, parts sociales…) sous forme de:

 produits de participation (distributions),

 plus-values de cession des titres.

1.1 Distributions des bénéfices :

Il s’agit des dividendes et autres distributions de bénéfices faites par les personnes morales passibles
de l’impôt sur les sociétés ainsi que certaines opérations assimilées par la loi à des distributions de
bénéfices.

L’expression « les personnes morales passibles de l’impôt sur les sociétés» sont les personnes
morales établies en Tunisie. C’est ainsi que les distributions faites par les personnes morales établies
à l’étranger ne sont pas classées revenus de valeurs mobilières mais plutôt revenus de source
étrangère qui restent régies par les dispositions des articles 36 et 37 du code de l’IRPP et de l’IS.

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a. Distribution de bénéfices proprement dite

Sont considérés comme distribués :

 les bénéfices ou produits qui ne sont ni mis en réserve ni incorporés au capital. Il s’agit de
tous les bénéfices désinvestis de l’entreprise, c'est-à-dire une sortie de fonds de l’entreprise,

 les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés actionnaires ou porteurs de parts
et non prélevées sur les bénéfices, il s’agit des répartitions de bénéfices à partir des réserves,

 Les bénéfices réalisés par les établissements tunisiens des sociétés étrangères,

 les revenus des parts des fonds communs de placement en valeurs mobilières ainsi que les
revenus des parts des fonds d’amorçage et des parts des fonds communs de placement à
risque prévus par la loi n°2001-83 du 24 juillet 2001, portant promulgation du code des
organismes de placement collectif telle que modifiée et complétée par les textes subséquents,
notamment la loi 2005-105 du 19 décembre 2005.

b. Distribution de bénéfices par assimilation de la loi

Sont assimilées à des distributions de bénéfices, toutes sommes mises à la disposition des associés
par la société, directement ou par personne interposée. C’est le cas des:

 intérêts décomptés à un taux supérieur à 8% versés aux associés en rémunération des


montants mis à la disposition de la société en sus de leurs participations,

 montants mis à disposition des associés non prélevés sur les bénéfices (prise en charge par
la société de dépenses personnelles des associés, transactions entre la société et ses
associés à des prix supérieurs à la valeur réelle du marché…),

 rémunérations et les avantages occultes (honoraires et commission) supportés par


l'entreprise si l’identité des bénéficiaires n’est pas révélée,

 jetons de présence

1.2 Plus-values de cession des actions et des parts sociales

La plus-value imposable est celle provenant de la cession :

 des actions et des parts sociales réalisées à compter du 1er janvier 2004, pour les résidents,

 des actions, des parts sociales et des parts de fonds réalisée à partir du 1er janvier 2011 pour
les non résidents et ce lorsque la CNDI liant la Tunisie et le pays de résidence du bénéficiaire
le permet.

Pour les actions cotées à la BVMT, l’imposition concerne uniquement les actions acquises ou
souscrites à partir du 1er janvier 2011 et cédées avant l’expiration de l’année suivant celle de
leur acquisition ou de leur souscription.

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2. Détermination du revenu net

 pour les distributions

Le revenu net est constitué par le montant brut des revenus distribués ou mis à disposition l’année
précédant celle de l’imposition.

 Pour les plus-values

La plus-value imposable est égale à la différence entre le prix de cession des actions et des parts
sociales de l’année d’une part et leur valeur d’acquisition d’autre part diminuée :

 des moins-values enregistrées au titre des opérations de cession, réalisées au cours de la


même année, et

 de 10.000D sur le reliquat.

Le coût d’acquisition est déterminé annuellement selon la méthode du coût moyen pondéré de l’année
d’acquisition. La cession concerne les premiers titres acquis.

Le prix d’acquisition s’entend du prix payé pour l’acquisition des actions ou des parts sociales y
compris la prime d’émission le cas échéant, majoré des frais dûment justifiés engagés pour
l’acquisition desdits titres.

Cas particuliers

 Actions ou parts sociales acquises par voie de succession ou de donation

Dans ce cas, et en absence de prix d’acquisition, la plus value est égale à la différence entre
le prix de cession et les frais d’acquisition engagés et dûment justifiés dont notamment les
droits enregistrement le cas échéant.

 Actions ou parts sociales distribuées gratuitement par la société émettrice

Lorsque l’associé ou l’actionnaire procède à la cession d’actions ou de parts sociales acquises


gratuitement, la valeur d’acquisition de l’action est égale au quotient de la valeur d’acquisition
des actions ou parts sociales par le nombre total des actions ou parts sociales y compris
celles acquises gratuitement.

Plus-values exonérées de l’impôt

Sont exonérées de l’impôt, les plus values de cession :

 des actions cotées à la BVMT acquises ou souscrites avant le 1er janvier 2011,

 des actions cotées à la BVMT acquises ou souscrites à partir du 1er janvier 2011, et ce
lorsque leur cession a lieu après l’expiration de l’année suivant celle de leur acquisition ou de
leur souscription.

 des actions dans le cadre d’opérations d’introduction à la BVMT ;

 des parts des fonds communs de placement à risque et des parts des fonds d’amorçage,

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 des actions des SICAV et des parts des FCP en valeurs mobilières ;

 des actions et des parts sociales cédées par les SICAR pour le compte de tierces personnes
physiques qui sont émises par les sociétés qui ouvrent droit aux avantages fiscaux au titre de
réinvestissements et dans la limite de 50% dans les autres cas ;

 des actions et les parts sociales objet d’apport au capital de la société mère ou de la société
holding sous réserve de l’engagement d’introduire ses actions à la BVMT dans un délai ne
dépassant pas la fin de l’année suivant celle de l’exonération. Ce délai est prorogé d’une
seule année par arrêté du Ministre des Finances sur la base d’un rapport motivé du conseil du
marché financier

B. Les revenus de capitaux mobiliers

1. Définition

Il s’agit des produits des placements à revenu fixe tels que les revenus des créances, de dépôts, des
comptes courants et de Cautionnements.

Sont aussi classés dans la catégorie des RCM :

 les revenus des parts et le boni de liquidation du fonds commun de créances prévu par la loi
n°2001-83 du 24 juillet 2001, portant promulgation du code des organismes de placement
collectif ;

 le bénéfice net des sukuk et leurs revenus ainsi que les produits de liquidation du fonds
commun des sukuk prévu par la législation les régissant.

2. Détermination du revenu net

Le revenu net est constitué par le montant brut des intérêts et autres avantages générés au cours de
l’année précédant celle de l'imposition.

Revenus de capitaux mobiliers non soumis à l’impôt

a. Intérêts exonérés

 les intérêts des comptes d’épargne logement servis aux titulaires de contrats
d’épargne logement,

 les intérêts des comptes-courants ouverts entre industriels, commerçants et


exploitants agricoles à la condition que les opérations inscrites en compte
courant se rattachent exclusivement à la profession,

 les intérêts des dépôts et titres en devises ou en dinars convertibles,

 Les intérêts des comptes Epargne Etudes ouverts par les parents au profit des
enfants dans la limite des intérêts des comptes sur un principal qui ne dépasse
pas 5000 D,

 Les intérêts des Comptes Epargne pour l’Investissement dans la limite de 4000D
par an.

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b. intérêts déductibles

Sont déductibles de l’assiette imposable, les intérêts des comptes spéciaux d’épargne ouverts auprès
des banques ou de la Caisse d’Epargne Nationale de Tunisie ou au titre des emprunts obligatoire
dans la limite d'un montant annuel de cinq mille dinars (5000D) sans que ce montant n'excède trois
mille dinars (3000D) pour les intérêts provenant des comptes spéciaux d'épargne ouverts auprès des
banques et auprès de la Caisse d'Epargne Nationale de Tunisie.

VII. AUTRES REVENUS

A. Définition de la catégorie

La catégorie « autres revenus » comprend :

 les revenus de source étrangère non imposés dans le pays de la source, y compris les
revenus qui sont hors champ d’application de l’impôt.

Dans le cas où le revenu de source étrangère a été imposé dans un Etat qui a conclu une
CNDI avec la Tunisie bien que la convention en question attribue le droit exclusif d’imposition
à la Tunisie, ce revenu serait considéré non imposé à l’étranger et demeure imposable en
Tunisie conformément aux dispositions du code de l’IRPP et de l’IS. L’impôt payé à l’étranger
serait restituable.

 Les revenus déterminés selon les dépenses personnelles ostensibles et notoires, et selon
l’accroissement du patrimoine, en cas de non réalisation de revenus dans la catégorie des
BIC ou des BNC ou des bénéfices de l'exploitation agricole ou de pêche,

 Les revenus réalisés des jeux de pari, de hasard et de loterie à l’exclusion des sommes
provenant des jeux de paris mutuels sur les courses de chevaux et des concours de
pronostics sportifs organisés par les établissements publics conformément à la législation les
régissant.

B. Détermination du revenu net

Le revenu net est constitué par les sommes effectivement perçues de l'étranger et par le montant brut
provenant des jeux de pari, de hasard et de loterie et par le revenu déterminé selon les dépenses
personnelles ostensibles et notoires et selon l’accroissement du patrimoine.

Cas particuliers : salaires, pensions et rentes viagères,

Le revenu net des traitements, salaires, pensions et rentes viagères de source étrangère est
déterminé après une déduction forfaitaire de :

 10% pour les traitements et salaires plafonné à 2000D,

 25% pour les pensions et les rentes viagères non transférées en Tunisie,

 80% pour les pensions et les rentes viagères transférées en Tunisie à condition de produire à
l’appui de la déclaration annuelle d’impôt des justificatifs du transfert ou de l’importation
desdits montants en Tunisie.

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CHAPITRE III : LIQUIDATION DE L’IR

Règle générale

L'IR est calculé sur la base du revenu annuel global net des personnes physiques constitué par la
somme des revenus nets de chaque catégorie de revenus et ce, après abattement des charges
communes à l’ensemble des revenus (déductions communes).

Exceptions

Par dérogation à la règle générale d’imposition sur la base du barème général de l’impôt, certains
revenus relatifs à des biens qui ne font pas partie d’un actif professionnel font l’objet d’une imposition
séparée à des taux spécifiques, il s’agit :

 Des revenus réalisés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux soumis à
l'impôt sur le revenu selon le tarif de l’impôt forfaitaire (voir I chapitre I) ;

 De la plus-value immobilière ;

 De la plus-value provenant de la cession des actions ou des parts sociales et des parts des
fonds prévus par la législation les régissant ;

 Des dividendes et des revenus réalisés des jeux de pari, de hasard et de loterie qui sont
soumis à la retenue à la source libératoire.

I. Liquidation de l’IR selon le barème de l’impôt

L'IR est calculé selon le barème de l'impôt sur la base du revenu annuel global net après abattement
des déductions communes.

A. Déductions communes

Ce sont les des charges communes à l’ensemble des revenus soumis à l’IR selon le barème de
l’impôt, à savoir :

1. Les déductions pour situation et charges de famille

 Déduction pour chef de famille

Le chef de famille a droit à une déduction de 150D (La déduction sera relevée à 300 DT pour les
revenus réalisés à partir du 1er janvier 2019).

A ce titre, est considéré comme chef de famille :

- l'époux ;

- le divorcé ou la divorcée qui a la garde des enfants ;

- le veuf (ou la veuve);

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- l'adoptant.

L'épouse est considérée comme chef de famille :

- Lorsqu'elle justifie que le mari n’a disposé d'aucune source de revenu durant l'année précédant celle
de l'imposition ;

- lorsque remariée, elle a la garde des enfants issus d'un précédent mariage.

 Déductions pour enfants à charge

Le chef de famille bénéficie au titre des enfants à charges dont l’âge ne dépasse pas 20 ans au 1er
janvier de l’année d’imposition de la déduction de:

- 90 dinars au titre du premier enfant;

- 75 dinars au titre du deuxième enfant;

- 60 dinars au titre du troisième enfant;

- 45 dinars au titre du quatrième enfant;

La déduction sera relevée à 100 DT par enfant pour les revenus réalisés à partir du 1er janvier
2019

La déduction est portée à :

- 1000 dinars par enfant poursuivant ses études supérieures sans bénéfice de bourse
et âgé de moins de 25 ans au 1er janvier de l'année d'imposition et ce, dans la limite
des quatre premiers enfants à charge

- 2000 dinars par enfant infirme quel que soient son âge et son rang.

 Déduction pour parents à charge

La déduction est fixée à 5% du revenu net imposable avec un maximum de 150 dinars par parent à
charge à la double condition que :

 le montant déductible figure sur la déclaration des revenus du ou des parents à charge qui
doit être déposée concomitamment avec celle du contribuable,

 le revenu brut du ou des parents à charge, augmenté du montant de la déduction, n'excède


pas le salaire minimum interprofessionnel garanti.

Lorsque la charge des parents est assurée par plus d’un enfant, le montant de la déduction est réparti
entre tous les enfants.

La déduction pour parents à charge n’est pas prise en considération au niveau du calcul des retenues
à la source au titre des traitements et salaires.

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2. Autres charges cotisations déductibles

Sont déduits du revenu global notamment :

 les arrérages des rentes payées à titre obligatoire et gratuit; c’est le cas notamment de la
pension alimentaire payée à la divorcée ou aux parents,

 les primes afférentes aux contrats d'assurance vie dans la limite de 10.000D par an et ce,
lorsque ces contrats comportent l’une des garanties suivantes :

 garantie d'un capital à l'assuré ou à ses descendants en cas de vie d'une durée effective
au moins égale à 8 ans ;

 garantie d'une rente viagère à l'assuré ou à ses descendants avec jouissance effective
différée d'au moins 8 ans ;

 garantie d'un capital en cas de décès au profit du conjoint, ascendants ou descendants de


l'assuré.

 Les sommes payées au titre du remboursement des prêts universitaires en principal et


intérêts ;

 les intérêts payés au titre des prêts relatifs à l’acquisition ou à la construction d’un logement
social au sens de la législation relative aux interventions du fonds de promotion du logement
pour les salariés;

 les intérêts et les commissions payés au titre des prêts relatifs à l’acquisition ou à la
construction d’une seule habitation dont le coût d'acquisition ou de construction ne dépasse
pas 200.000 DT ;

 les cotisations payées par les travailleurs non-salariés affiliés à l’un des régimes légaux de la
sécurité sociale ;

 les montants déposés dans les comptes-épargne pour l’investissement dans la limite de
50.000 DT par an et sous réserve du minimum d’impôt (45% de l’IR dû sans la déduction) ;

Ces montants doivent être utilisés avant la fin de la 6 ème année à partir de l’année de
l’épargne. Les conditions d’ouverture et le fonctionnement des comptes-épargne pour
l’investissement, ainsi que les modalités de leur gestion et la période de l’épargne sont fixées
par Arrêté du Ministre des Finances du 24 Avril 2003.

 Les montants déposés dans les comptes-épargne en actions dans la limite de 50.000 D par
an et sous réserve du minimum d’impôt.

Le bénéfice de cet avantage est subordonné :

 à la production lors du dépôt de la déclaration annuelle de l'impôt d'un


certificat de dépôt délivré par l'établissement auprès duquel est
ouvert le compte d'épargne en actions,

 au non retrait des sommes déposées dans lesdits comptes pendant


une période de 5 ans à compter du premier janvier de l'année qui suit
celle du dépôt.

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Les conditions d’ouverture des comptes-épargne en actions, les conditions de leur gestion et
de l’utilisation des sommes et titres qui y sont déposées sont fixées par le décret n° 99-2773
du 13 Décembre 1999.

B. Déductions liées aux avantages fiscaux accordés aux entreprises exerçant dans certains
secteurs

Les entreprises exerçant dans certains secteurs peuvent bénéficier des avantages liés à l’exploitation
et des avantages suite au réinvestissement de leurs bénéfices dans des entreprises (réinvestissement
financier) :

 Avantages au titre de l’exploitation

 Développement Régional

 Développement Agricole

 Exportation

 Activités de soutien et lutte contre la pollution

 Entreprises nouvellement créées

 Avantages au titre de réinvestissement financier

 Développement Régional et Agricole

 Exportation et secteurs innovants

 Encouragement des jeunes promoteurs

1. Avantages au titre de l’exploitation

1.1 Développement Régional

Les entreprises exerçant dans les zones de développement régional bénéficient de la déduction des
bénéfices provenant de l’activité et ce comme suit :

 1er groupe des ZDR (13 délégations : Sfax 8, Zaghouan 3, Sousse 1, Béja 1) : Déduction
totale des bénéfices pendant les 5 premières années d’activités,

 2ème groupe des ZDR (134 délégations) : Déduction totale des bénéfices pendant les 10
premières années d’activités,

 Pour la période ultérieure : Abattement des 2/3 des revenus nonobstant les minimums
d’impôt.

Toutes les activités peuvent bénéficier des avantages du développement régional à l’exception d’une
liste d’activités (liste négative) fixée par le décret n° 2017-389 du 9 mars 2017 dont notamment :

 Le Commerce de gros et de détail,

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 Restaurants, cafés et la consommation sur place à l’exception des restaurants touristiques


classés,

 Les services de coiffure et d’esthétique, du transport, Les salles des fêtes et L’artisanat non
structuré (employant moins de 5 employés)

 Les professions libérales (experts, conseillers, comptables, architectes…),

 Les boulangeries, les pâtisseries et confiseries industrielles, la transformation des épices


divers et torréfaction du café.

1.2 Développement Agricole

Les investissements directs dans le secteur agricole et de pêche bénéficient de la déduction totale
des bénéfices de l’assiette imposable pendant les 10 premières années d’activités et abattement des
2/3 des revenus pour la période ultérieure nonobstant les minimum d’impôt.

1.3 Exportation

Abattement des 2/3 des revenus de l’assiette soumise à l’IR.

Sont considérées opérations d’exportation :

 La vente à l'étranger de produits et de marchandises produits localement,

 La prestation de services à l'étranger et les services rendus en Tunisie et utilisés à l'étranger,

 La vente de marchandises et de produits des entreprises exerçant dans l’agriculture et de la


pêche, des industries manufacturières et de l’artisanat aux ETE, aux entreprises établies dans
les parcs d’activités économiques et ce, à condition que ces marchandises et produits
constituent une composante du produit final destiné à l’exportation et aux sociétés de
commerce international TE,

 Les prestations de services aux ETE, aux entreprises établies dans les parcs d’activités
économiques et aux sociétés de commerce international TE, dans le cadre des opérations de
sous-traitance et exerçant dans le même secteur ou dans le cadre de services liés
directement à la production tels que fixés à l’annexe 1 au décret n° 2017-418 du 10/04/2017 :

 Services logistiques (groupement, stockage et livraison de marchandises, transport,


chargement et déchargement, emballage, montage, contrôle de la qualité et suivi de la
clientèle),

 la conception et le développement des logiciels liés à la production,

 la conception technique des produits,

 le contrôle technique de la qualité des produits,

 les analyses et essais de laboratoires et techniques des produits en vue de leur


certification selon les normes internationales,

 l’étiquetage des produits.

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1.4 Lutte contre la pollution et activités de soutien

Abattement des 2/3 des revenus de l’assiette soumise à l’IR au titre des bénéfices provenant des :

 investissements directs réalisés par les entreprises spécialisées dans la collecte, la


transformation, la valorisation, le recyclage ou le traitement des déchets et des ordures,

 des investissements directs réalisés par :

 les institutions d’encadrement de l’enfance et d’aide aux personnes âgées,

 d’éducation, d’enseignement et de recherche scientifique,

 les établissements de formation professionnelle,

 les établissements de production et d’industries culturelles, d’animation des jeunes et de


divertissement,

 les établissements sanitaires et hospitaliers,

 Les entreprises dans des projets d’hébergement universitaire privé.

1.5 Entreprises nouvellement créées

Bénéficient d’un abattement de l’assiette de l’impôt au titre des 4 premières années d’activité :

 100% la 1ère année,  50% la 3ème année,


 75% la 2ème année,  25% la 4ème année.

Avantages spécifiques accordés aux entreprises créées en 2018 et 2019

Les entreprises créées et ayant obtenu une attestation de dépôt de déclaration d'investissement au
cours des années 2018 et 2019, bénéficient de l'exonération de l'IR pendant une période de 4 ans.

Le bénéfice de l'exonération est subordonné à la tenue d'une comptabilité et à l'entrée en activité


effective dans un délai de deux ans à partir de la date de la déclaration de l'investissement de
création.

Les avantages accordés aux nouvelles entreprises ne bénéficient pas aux entreprises exerçant dans
le secteur financier, le commerce, les hydrocarbures, les activités minières, les opérateurs de
télécommunication, la consommation sur place et la promotion immobilière.

Conditions de bénéfice des avantages fiscaux liés à l’exploitation

Le bénéfice des avantages fiscaux liés à l’exploitation est subordonné au respect des conditions
suivantes :

 le dépôt d’une déclaration d’investissement ;

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 la réalisation d’un schéma de financement de l'investissement comportant un minimum de


fonds propres ;

 la production, à l’appui de la déclaration annuelle de l’impôt, d’une attestation prouvant


l’entrée en activité effective délivrée par les services compétents ;

 la régularisation de la situation à l’égard des caisses de sécurité sociale.

2. Avantages au titre de réinvestissement des bénéfices

Sont totalement déductibles de l’assiette de l’impôt, les revenus ou les bénéfices réinvestis dans la
souscription au capital initial ou à son augmentation des entreprises :

 Nonobstant le minimum d’impôt

 implantées dans les ZDR,

 de développement agricole et de pêche.

 Sous réserve du minimum d’impôt

 totalement exportatrices,

 créées par les jeunes diplômés de l'enseignement supérieur, âgés de moins de 40 ans à la
date de la création de la société et qui assument la responsabilité de gestion du projet à titre
personnel et en permanence,

 réalisant des investissements permettant le développement de la technologie ou sa maîtrise et


des investissements d'innovation. L'approbation de la nature de ces investissements est
effectuée par une décision du ministre chargé des finances après avis d'une commission
créée à cet effet.

Conditions de bénéfice des avantages fiscaux liés au réinvestissement

En sus des conditions exigées pour le bénéfice des avantages liés à l’exploitation, le bénéfice de la
déduction au titre de réinvestissement financier est subordonné au respect des conditions suivantes :

 la tenue d’une comptabilité conformément à la législation comptable des entreprises,

 l’émission de nouvelles actions ou parts sociales,

 la non réduction du capital souscrit pendant une période de cinq ans,

 la production par les bénéficiaires de la déduction à l'appui de la déclaration de l’impôt d’une


attestation de libération du capital souscrit,

 la non cession des actions ou des parts sociales qui ont donné lieu au bénéfice de la
déduction, avant la fin des deux années suivant celle de la libération du capital souscrit,

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 l’affectation des bénéfices ou des revenus réinvestis dans un compte spécial au passif du
bilan non distribuable sauf en cas de cession des actions ou des parts sociales ayant donné
lieu au bénéfice de la déduction.

Les revenus ou les bénéfices réinvestis sont ceux dégagés par la comptabilité et non distribués ou
affectés à d’autres fins, et ce, dans la limite des revenus ou des bénéfices soumis à l’impôt.

B. barème de l’IR

Le calcul de l’impôt sur le revenu, s’effectue, en considération de la fraction du dinar comme un dinar
entier, conformément au barème suivant :

Taux effectif à la limite


Tranches Taux
supérieure
0 à 5.000 Dinars 0% 0%
5.000,001 à 20.000 Dinars 26 % 19,50 %
20.000,001 à 30.000 Dinars 28 % 22,33 %
30.000,001 à 50.000 Dinars 32 % 26,20 %
Au-delà de 50.000 Dinars 35 % -

Minimum d’impôt sur le revenu pour les personnes réalisant des BIC et BNC

Les personnes réalisant des BIC ou des BNC doivent payer un minimum d’impôt, même en cas de
non réalisation d’un chiffre d’affaires, égal à :

 0,2% du chiffre d’affaires local ou des recettes brutes avec un minimum égal à 300 dinars,

Ce minimum ne doit pas être inférieur, pour les personnes réalisant des BNC et qui exercent
une activité ayant un similaire dans le secteur public, à l’impôt exigible par les personnes
exerçant la même activité et selon le même grade dans ledit secteur, et ce, à compter de la
quatrième année d’activité suivant celle du dépôt de la déclaration d’existence.

 0,1% du chiffre d’affaires ou des recettes dont les revenus en provenant bénéficient d’une
déduction de deux tiers ou réalisé de la commercialisation de produits ou de services soumis
au régime de l’homologation administrative des prix et dont la marge bénéficiaire brute ne
dépasse pas 6% conformément à la législation et aux réglementations en vigueur, avec un
minimum égal à 200 dinars exigible.

Ce minimum d’impôt :

 ne s’applique pas aux

 entreprises nouvelles durant la période de réalisation du projet sans que cette période
dépasse dans tous les cas trois ans à compter de la date du dépôt de la déclaration
d’existence ;

 entreprises qui bénéficient de la déduction totale de leurs revenus provenant de


l’exploitation.

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 s’applique aux entreprises en cessation d’activité et qui n’ont pas déposé la déclaration de
cessation ;

 est majoré de 50% en cas de paiement après un mois de l’expiration des délais légaux ;

II. Cas particuliers de liquidation de l’impôt sur le revenu

A. Liquidation de l’impôt au titre de la plus-value immobilière

1. Plus-value de cession de biens autres que les terres d’origine domaniale

L'impôt sur le revenu dû au titre de la plus-value immobilière est payé par voie de retenue à la source,
d’avance et par voie de déclaration.

a. Retenue à la source et avance

La retenue à la source

Donne lieu à l’application d’une retenue à la source au taux de 2,5% du prix de vente déclaré dans
l’acte et payé par l’Etat, les collectivités locales, les personnes morales, les personnes physiques
soumises à l’IR selon le régime réel et les personnes physiques soumises à l’IR sur la base d’une
assiette forfaitaire dans la catégorie des bénéfices des professions non commerciales.

Les sommes retenues à la source sont déductibles de l’impôt sur le revenu au titre de la plus-value
immobilière.

La non-retenue est subordonnée à la présentation d’une attestation délivrée à cet effet, par les
services de contrôle compétents.

Toutefois, les montants payés par les établissements de crédit au titre des acquisitions effectuées
dans le cadre des contrats de vente Mourabaha ne font pas objet de la retenue à la source, et ce,
lorsque les bénéficiaires desdits contrats ne sont pas tenus légalement d’effectuer ladite retenue. La
retenue à la source n’est pas due également pour les acquisitions réalisées dans le cadre du
mécanisme des Sukuk.

L’avance

Lorsque le cédant ne dépose pas la déclaration de l’impôt sur le revenu au titre de la plus-value
immobilière dans les délais légaux soit après l’expiration du troisième mois qui suit celui de la
réalisation effective de la cession, les services du contrôle peuvent appliquer d’office une avance de
2,5% du prix de cession.

L’avance n’est appliquée qu’après l’expiration d’un délai d’un mois à compter de la date de la mise en
demeure de l’intéressé. La dite avance n’est pas due lorsque la cession est concernée par la retenue
à la source.

b. Taux de l’impôt

L’impôt sur le revenu dû au titre de la plus-value immobilière est dû aux taux suivants :

 15% lorsque la cession intervient au cours de la période de cinq ans à compter de la date de
possession ;

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 10% lorsque la cession intervient après cinq ans à compter de la date de possession.

Le taux de 10% s’applique à la plus-value provenant de la cession de biens hérités quelle que
soit la période de détention.

La période de détention est décomptée à partir :

 de la date d'acquisition, pour les biens acquis,

 de la date de l'achèvement des travaux pour les immeubles construits.

c. Délai de dépôt de la déclaration

La déclaration de l’impôt dû doit être déposée au plus tard dans un délai ne dépassant pas la fin du
troisième mois qui suit la date de la cession effective.

La retenue à la source effectuée ou l’avance constatée le cas échéant est déductible de l’impôt dû, en
cas d’excédent, il est restituable sur demande à déposer dans les conditions prévues par la législation
en vigueur.

L'impôt payé au titre de la plus-value immobilière est libératoire de l'impôt sur le revenu. L’excédent
de la retenue à la source ne peut pas être imputé sur l’impôt dû sur le revenu global, il ne peut que
faire l’objet de restitution. La plus-value ne donne pas droit au dégrèvement fiscal.

Exemple

Soit une personne qui a acquis le 15 janvier 2012 un terrain destiné à la construction pour un prix de
revient de 40 000D et l’a cédé à une société le 30 octobre 2017 pour le prix de 80 000D.

La société en question a effectué la retenue à la source au taux de 2,5 % soit :

80 000D x 2,5 % = 2000D

L’impôt sur le revenu au titre de la plus value immobilière est liquidé de la manière suivante :

i. Durée de détention du terrain : 5 ans, 9 mois et 16 jours ; soit : 2086 jours

ii. Actualisation de la valeur d’acquisition :

40 000D + ( 40 000 x 2086 x 10 ) = 63 177 ,778 D


360 x 100

iii. Détermination de la plus value réalisée :

 prix de cession 80 000,000 D

 prix de revient actualisé - 63 177 ,777 D

 montant de la plus value 16 822,223 D

iv. Liquidation de l’IR dû :

la durée de détention étant supérieure à 10 ans, le taux applicable est de 10 % soit :

16 822,223 D x 10 % = 1 682,222 D

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v. Imputation de la retenue à la source :

2000 D – 1 682,222 D = 317,778 D

L’excédent de la retenue à la source opérée soit : 317,778 D est restituable .

2. Plus-value de cession Des terres d’origine domaniale ayant perdu leur vocation agricole

L’impôt sur le revenu dû au titre de la plus-value immobilière est dû aux taux suivants :

 50% pour les terres d’origine domaniale ayant perdu leur vocation agricole

 Le taux de 50% est réduit à 25%, lorsque la cession est faite au profit de :

 l’Agence Foncière d’Habitation (AFH),


 l’Agence Foncière Touristique (AFT),
 l’Agence Foncière Industrielle (AFI),
 la société Nationale Immobilière de Tunisie (SNIT) et
 la Société de Promotion des Logements Sociaux, (SPROLOS).

L’impôt fait l’objet d’une déclaration initiale et d’une déclaration définitive.

 déclaration initiale : l’impôt est payé sur la base de la valeur fixée par l’expert et la
déclaration y afférente doit être déposée dans le mois qui suit la date de la notification de
la valeur de l’expert.

 déclaration définitive : Cette déclaration doit être déposée dans un délai ne dépassant
pas la fin du 3ème mois qui suit la date de la cession effective.

L’impôt payé au titre de la déclaration initiale est déductible de l’impôt dû au titre de la déclaration
définitive. En cas d’excédent, il n’est pas restituable car l’impôt déposé sur la base de la valeur de
l’expert est un impôt minimum.

 La mainlevée ne peut être délivrée aux attributaires de terres domaniales à vocation agricole par
voie de cession qu'après justification du paiement de l'impôt sur le revenu au titre de la plus-value
immobilière ou la production d’une caution bancaire pour le montant de l’impôt et des pénalités
de retard y afférente.

B. Plus-values de cession des actions et des parts sociales réalisés par les particuliers

Les plus-values de cession des actions, des parts sociales et autres titres de capital réalisés par les
particuliers sont soumises à l’impôt sur le revenu au taux de 10% de leur montant net.

Aucune avance ou retenue d’impôt n’est imputable sur l’impôt dû au titre de la plus-value en question.

La déclaration y relative est à déposer au plus tard le 25 février de l’année qui suit celle de la cession.

La plus-value en question ne donne pas droit au dégrèvement fiscal.

Exemple : Soit une personne physique qui a réalisé au cours de l’année 2010 les opérations de
cessions d’actions et de parts sociales ayant engendré les résultats suivants :

 une plus-value sur la cession des actions cotées à la Bourse des Valeurs Mobilières de
Tunis d’un montant de 20.000D (exonérée),

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 une plus-value de cession des actions non cotées en bourse d’un montant de 30.000D, et
 une moins-value de cession des parts sociales de 9.000D.
Dans ce cas la plus-value réalisée est égale à : 30 000D – 9 000D = 21.000D
La plus-value imposable est égale à 21.000D – 10.000D = 11.000D
Impôt à payer : 11.000 x 10% = 1.100D

C. Imposition des bénéfices distribués

Les bénéfices ou revenus distribués à partir du 1er janvier 2015 par les sociétés résidentes en
Tunisie, par les fonds communs de placement en valeurs mobilières prévus par le code des
organismes de placement collectif et par les fonds d’amorçage sont soumis à une retenue à la source
libératoire au taux de 10%.

La dite retenue est déductible de l’impôt sur le revenu annuel ou est restituable, et ce, si leurs revenus
distribués ne dépassent pas 10.000 dinars annuellement.

Il est entendu par bénéfices ou revenus distribués :

 les bénéfices ou produits non affectés aux réserves et non incorporés dans le capital ;

 les revenus des parts des fonds susvisés à l’exception de la plus value relative à ces parts et
des droits s’y rattachant.

La retenue à la source au titre des distributions des bénéfices n’est pas due sur les bénéfices
distribués à partir des fonds propres figurant au bilan de la société distributrice au 31 décembre 2013
tels qu’ils ont été mentionnés dans les notes aux états financiers déposées au titre de l’année 2013 ;

Pour les entreprises qui ont un exercice ouvert en 2013 et clôturé en 2014, les fonds propres
exonérés de l’impôt sont ceux arrêtés au 31 décembre 2013, ils doivent être mentionnés dans les
notes aux états financiers déposées au titre de l’exercice 2013- 2014.

D. Imposition des revenus réalisés des jeux de pari, de hasard et de loterie

Les revenus réalisés des jeux de pari, de hasard et de loterie sont soumis à partir du 1er janvier 2016
à la retenue à la source libératoire au taux de 25%.

Sont exonérées de ladite retenue les sommes provenant des jeux de paris mutuels sur les courses de
chevaux et des concours de pronostics sportifs organisés par les établissements publics
conformément à la législation les régissant.

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III. DELAIS DE DEPOT DE LA DECLARATION ANNUELLE DE L’IR

Catégorie de revenu délais

1. - Revenus de capitaux mobiliers


- Revenus de valeurs mobilières
- Revenus fonciers Jusqu’au 25 février
- Revenus de source étrangère autres que les salaires,
pensions et rentes viagères

2. Commerçants Jusqu’au 25 avril

3. - Industriels,
- Prestataires de services, Jusqu’au 25 mai
- Professions non commerciales

4. Les personnes qui exercent plusieurs activités ou qui réalisent


plus qu’une catégorie de revenus (si l’une des activités relève
Jusqu’au 25 mai
du commerce, de l’industrie, des prestations de service et des
bénéfices des professions non commerciales).

5. Bénéfices provenant d’une activité artisanale Jusqu’au 25 juillet

6. Les personnes qui réalisent à coté des revenus provenant de


l’exercice d’une activité artisanale le ou les revenus suivants :
- revenus de capitaux mobiliers,
- revenus de valeurs mobilières, Jusqu’au 25 juillet
- revenus fonciers,
- revenus de source étrangère autres que les salaires,
pensions et rentes viagères.

7. Bénéfices des exploitations agricoles ou de pêche Jusqu’au 25 août

8. Les personnes qui réalisent en sus des bénéfices agricoles ou


de pêche le ou les revenus suivants :
- revenus de capitaux mobiliers,
- revenus de valeurs mobilières,
Jusqu’au 25 août
- revenus fonciers,
- revenus de source étrangère autres que les salaires,
pensions et rentes viagères,
- bénéfices provenant de l’exercice d’une activité artisanale.

9. Traitements, salaires, pensions et rentes viagères de source


Jusqu’au 5 décembre
tunisienne et étrangère.

10. Les personnes qui réalisent en sus des traitements, salaires,


pensions et rentes viagères le ou les revenus suivants :
- revenus de capitaux mobiliers,
- revenus de valeurs mobilières, Jusqu’au 5 décembre
- revenus fonciers,
- revenus de source étrangère,
- bénéfices des exploitations agricoles ou de pêche.

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CHAPITRE IV : LES MODALITES DE PAIEMENT DE L’IR

I. Les Acomptes provisionnels (AP)

Les AP sont des avances sur l’IR qui sont dues par les personnes réalisant des BIC au régime réel et
des BNC,

Les AP sont dues, à partir de la deuxième année d’activité en trois échéances, égale chacune à 30 %
de l'IR dû au titre de l'année précédente.

Ne sont pas prises en considération pour la détermination de l’assiette des AP la plus-value ou la


moins-value résultant de la cession des actifs immobilisés matériels et immatériels et de la cession du
portefeuille titres sans que l’assiette des acomptes provisionnels soit inférieure au minimum d’impôt.

Les retenues à la source supportées sont déductibles des AP. En cas d'impossibilité d'imputation
totale ou partielle, l'excédent est imputable sur les acomptes ultérieurs ou éventuellement sur l'IR.

Les AP sont payables durant les 25 premiers jours des mois de juin, septembre et décembre de
l’année qui suit l’année de réalisation de revenu..

II. Les avances

A. Avance à l’importation

L'IR fait l'objet d'une avance au titre des importations des produits de consommation dont la liste est
fixée par le décret n° 96-500 du 25 mars 1996 au taux de 10% (15% pour les opérations d’importation
réalisés à partir du 1er janvier 2018 jusqu’au 31 décembre 2019) de la valeur en douane des produits,
majorée des impôts et droits exigibles.

La dite avance est déductible des AP et de l'IR.

Le recouvrement de l'avance, le contrôle, la constatation des infractions et le contentieux s'effectuent


comme en matière de droits de douane.

B. Avance sur les ventes effectuées au profit des intervenants dans la distribution des
marchandises, produits et services.

Les entreprises de production industrielle et les entreprises exerçant dans le secteur du commerce
sont tenues d’appliquer un taux de 3% sur leurs ventes TTC au profit des intervenants dans la
distribution de marchandises, de produits et de services ne réalisant pas de BIC au titre d’une autre
activité, lorsque la valeur totale des marchandises ou des services acquis ne dépasse pas 20.000
dinars par an.

La dite avance est libératoire de l’IR pour lesdits intervenants.

La déclaration de l’avance et son paiement ont lieu au cours du mois qui suit celui au cours duquel il a
été facturé.

Le contrôle et la constatation des infractions et le contentieux y afférents s’effectuent conformément


aux procédures en vigueur en matière de retenue à la source.

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III. Les retenues à la source (RAS)

A. Personnes tenues d’effectuer les RAS

La RAS est une technique de recouvrement de l’impôt qui doit être effectuée par le débiteur lors du
paiement des montants faisant partie du champ d’application de la retenue aux prestataires
bénéficiaires des sommes.

La RAS a lieu lorsque le débiteur est :

 l’Etat ou une collectivité locale,

 une personne morale (société, association, coopérative…)

 une PP soumise à l’impôt selon le régime réel (BIC, BNC, agriculture et pêche…)

 une PP réalisant des BNC (professions libérales, crèches, écoles privées, centres de
formations, auto-école…) sur la base d’une assiette forfaitaire.

La RAS sur les salaires doit être opérée par tout débiteur (employeur) quelle que soit sa nature
juridique et son régime fiscal eu égard à l’impôt (PM, PP au régime réel, PP au régime forfaitaire …)

B. Taux des RAS

Les RAS doivent être effectuées selon les taux en vigueur sur tous les montants payées et qui font
partie du champ d’application de la RAS tel que défini aux articles 52 et 53 du code de l’IRPP et de
l’IS, dont :

 Les honoraires (services juridiques, comptables, experts) : 5% si forfait d’assiette : taux 15%;

 Les commissions : 15% ;

 Les acquisitions des immeubles et de fonds de commerce : 2,5% ;

 Les loyers : taux de 15% ;

 Les revenus distribués : 10%

 Les RCM : 20%

 Les montants Montant TTC ≥ à 1.000 DT payés en contrepartie de l’acquisition de tout


services, de marchandises, d’équipements et de matériel (location de biens meubles, services
administratifs, maintenance, entretien et réparation, construction, montage, mise à disposition
de la main d’œuvre...) : 1,5% ;

 Les salaires versés : selon le barème de l’impôt.

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C. Obligations relatives à la RAS

Les personnes ayant effectuées les RAS sont tenues de délivrer, à l’occasion de chaque paiement,
aux bénéficiaires un certificat de retenue qui comporte l’identité et l’adresse du bénéficiaire, le
montant brut, le montant de la RAS et le montant net qui lui est payé.

Les personnes ayant effectuées les RAS sont tenues de déposer une déclaration (déclaration de
l’employeur) avant le 30 avril de chaque année comportant toutes les sommes objets de RAS ainsi
que les retenues effectuées.

D. Sort des RAS et des avances

Les AP, les avances et les retenues supportées, sont imputables sur l'IR dû à raison des revenus ou
bénéfices réalisés par l'intéressé ou lui revenant pendant ce même exercice.

L'excédent non imputé est reportable sur les AP ou sur l'impôt annuel exigible ultérieurement et il peut
faire l'objet d'une restitution.

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