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MODELISATION DU SYSTEME ELECTRIQUE A EOLIEN

COUPLEE AU RESEAU ELECTRIQUE DE DISTRIBUTION


TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION GENERALE..........................................................................................4

PARTIE I: .............................................................................................................................6

PARTIE INTRODUCTIVE .................................................................................................6

CHAPITRE I. CONTEXTE GLOBALE DU SECTEUR ENERGETIQUE DE


MADAGASCAR ...............................................................................................................7

I.1. Bois ..........................................................................................................................7

I.2. Produits pétroliers ..................................................................................................8

I.3. Energies renouvelables ......................................................................................... 10

CHAPITRE II. ETAT DU SECTEUR ELECTRIQUE DE MADAGASCAR............. 13

II.1. Sources de production......................................................................................... 13

II.2. Puissances installées ............................................................................................ 15

II.3. Evaluation de la production d’électricité ........................................................... 17

II.4. Situation de la consommation de l’énergie électrique ....................................... 20

II.5. Evaluation des pertes globales d’électricité........................................................ 24

CHAPITRE III. ETAT DE L’ART SUR LES SYSTEMES A EOLIENNES ..............25

III.1. Descriptif de l’énergie éolienne ......................................................................... 26

III.2. Différents types d’éoliennes............................................................................... 29

III.3. Zones de fonctionnement de l’éolienne .............................................................32

III.4. Différents technologie des éoliennes .................................................................. 34

PARTIE II: ......................................................................................................................... 39

METHODOLOGIE ............................................................................................................ 39

CHAPITRE IV. MODELISATION DE LA TURBINE EOLIENNE .......................... 40

IV.1. Modélisation de la vitesse du vent .....................................................................40

IV.2. MODELE AERODYNAMIQUE ...................................................................... 44

CHAPITRE V. MODELISATION DE LA GENERATRICE ASYNCHRONE ..........53

V.1. Généralités sur la machine asynchrone .............................................................. 53

V.2. Modèles mathématiques de la génératrice ......................................................... 57


CHAPITRE VI. MODELISATION DU RESEAU ELECTRIQUE DE
DISTRIBUTION............................................................................................................. 70

VI.1. Réseaux électriques ............................................................................................ 70

VI.2. Modélisation du réseau ...................................................................................... 73


INTRODUCTION GENERALE
La production d'énergie est un défi majeur pour les années futures étant donné que les
besoins énergétiques mondiaux ne cessent d’augmenter. Par ailleurs, les pays en voie de
développement auront besoin de plus en plus d’énergie pour soutenir leur économie.
Madagascar, un pays dont la majorité de sa population vit dans le monde rural, considère
que l’accès à l’électricité est un droit de tous citoyens.
Cependant, le secteur électrique malgache est caractérisé par la cherté et l’insuffisance de
l’énergie électrique. L’offre n’arrive plus à satisfaire la demande, l’accès à l’électricité est par
conséquent faible. Il constitue alors l’obstacle majeur dans le développement social et
économique du pays.
Le développement du secteur électrique malgache a été freiné par :

L’insuffisance de la production face à une demande croissante de la population


Effectivement la production hydraulique n’a connu aucun développement significatif
malgré l’arrivée de producteurs privés. Face aux changements climatiques, on assiste des
périodes sèches qui empêchent les centrales hydrauliques de produire en pleine capacité. Ce
phénomène devient un atout pour les centrales thermiques fonctionnant avec du fioul et du
gasoil. Le coût d’investissement est moins cher par rapport à son homologue hydraulique c’est
pourquoi après la mise en service de la centrale hydraulique d’Andekaleka dans les années 80,
l’Etat malgache a porté son intérêt sur les parcs thermiques vu que le pétrole était encore moins
cher, facile à adapter aux besoins courants. Mais la hausse du prix des produits pétroliers a
rendu l’exploitation des centrales thermiques très coûteuses. De plus les infrastructures de
transports et distributions sont vétustes, elles entrainent des pertes qui limitent la puissance
électrique disponible au niveau des consommateurs. Ainsi on rencontre de nombreuses
coupures d’électricité qui provoquent des mécontentements des usagers et des pertes chez les
industriels. Le délestage est ainsi devenu le mode gestion sur la distribution de l’électricité.

Un faible pouvoir d’investissement dans le secteur


La situation financière de la JIRAMA est très délicate. Elle a affiché des résultats nets
négatifs depuis 2011 jusqu’à ce jour. Les difficultés financières deviennent permanentes et la
société n’avait plus le moyen de supporter toutes ses charges. Elle a dû recourir aux subventions
de l’Etat pour subvenir à ses besoins. Elles étaient de 149 milliards Ariary et 161 milliards
Ariary respectivement pour les années 2012 et 2013[1]. Cette situation n’a pas encouragé les
bailleurs de fond de financer le secteur électrique malgache.
Une faible densité démographique de la population et l’insularité
L’étendu du pays rend difficile la généralisation de l’électrification via un seul réseau tel
que le réseau de la JIRAMA. Cela est dû à la situation démographique de la Grande Ile. La
densité de la population est faible environ 39.5 hab/km² [2], de plus une grande majorité de la
population est pauvre et vit dans le milieu rural avec un revenu de moins de un dollar par jour[3].
Cette incapacité à payer l’électricité jugée trop chère s’avère comme un blocage au
développement et à l’extension du réseau électrique malgache.
Par ailleurs Madagascar est une région isolée par l’océan, il est donc impossible assurer des
échanges avec les pays voisins pour renforcer le secteur.
Toutefois la Grande Ile dispose d’un potentiel énorme en ressources d’énergie renouvelable
notamment l’hydraulique, le solaire, l’éolienne et la biomasse. A la différence des énergies
fossiles, les énergies renouvelables sont des sources d’énergie inépuisables et disponibles en
abondance dans notre environnement mais leur exploitation reste encore marginale surtout dans
la production d’électricité.
L’utilisation de ces sources d’énergie pourrait donc être une solution pour l’insuffisance de
la production d’électricité vu que le coût de production des centrales thermiques est très élevé.
Puisque les îles ont de bon potentiel en énergie éolienne, son application dans les régions
insulaires se trouve en pleine croissance. L’exploitation de l’énergie éolienne est ainsi l’objet
de ce présent travail de mémoire. Il s’agit de produire de l’électricité à partir d’un système
éolien et l’intégrer dans un réseau électrique de distribution. Cette étude est basée sur
l’élaboration des modèles du système à éolienne et d’un réseau de de distribution et analyser
les modèles ainsi obtenues par le biais d’une simulation dans l’environnement du logiciel
MATLAB/SIMULINK.
La première partie de ce mémoire est une partie introductive. Elle va un aperçu sur la
situation du secteur électrique de Madagascar et l’état de l’art sur le système électrique à
éolienne.
La deuxième partie traitera la méthodologie. C’est la partie qui va élaborer les différents
modèles du système qui vont être utilisés dans la simulation.
La troisième partie présentera les résultats de la simulation et discussion
On terminera cette étude par une conclusion générale et une perspective future.
PARTIE I:
PARTIE INTRODUCTIVE
CHAPITRE I. CONTEXTE GLOBALE DU SECTEUR ENERGETIQUE DE
MADAGASCAR
Le fonctionnement du secteur énergétique de la Grande Île est assuré par trois sources
d’énergie, notamment le bois, les produits pétroliers et les énergies renouvelables. Le bois est
la principale source d’énergie du pays avec environ 92% de l’offre énergétique, puis les produits
pétroliers qui occupent 7% et le reste 1% constitue la part des énergies renouvelables [4].

Bois
Produits pétroliers
Energies renouvelable

7%
92%
1%

Figure 1.1Répartition de la fourniture énergétique malgache en 2011.


I.1. Bois
Le bois est essentiellement utilisé comme combustible pour la cuisson des aliments. Il est
utilisé sous deux formes : bois de chauffe et charbon de bois.
Du fait que la majorité des ménages malgaches se trouve dans des zones rurales, 82,2 %
s’alimentent à partir des bois de chauffe pendant que 17 % font recours au charbon de bois. La
consommation du bois en tant qu’énergie reste toujours dominant, vu qu’il est la moins chère
et plus accessibles par rapport aux autres sources d’énergie donc adapté à une population très
pauvre. On peut ainsi dire que l’énergie est destinée essentiellement à satisfaire les besoins
vitaux.
Le charbon de bois est la source d’énergie domestique de loin la plus estimée dans une
société citadine pauvre car son prix est très compétitif et il offre la possibilité
d’approvisionnement selon les besoins des consommateurs : une personne peut l’acheter en
fonction de ses besoins quotidiens. Son accès est facile, c’est une énergie de proximité, les
points de vente de charbon sont éparpillés dans tous les coins des quartiers citadins. Une famille
citadine consomme en moyenne 60-70 kg de charbon par mois (2 sacs standard), dont le kilo
varie de 250 à 500 Ariary.
Une enquête effectue en 2012 donne l’aperçu sur les sources d’énergie utilises par les
malgaches pour subvenir à leurs besoins vitaux.
Tableau 1.1Répartition des sources d’Energie de cuisson

Ménages Bois ramassés Bois achetés Charbon Autres Total

Nombre 412 813 56 026 431 455 16 726 917 020


Urbains
% 45 6,10 47,10 1,80 100

Nombre 2 831 663 133 488 283 571 10 618 3 259 340
Ruraux
% 86,90 4,10 8,70 0,30 100

Nombre 3 244 476 189 514 715 026 27 344 4 176 360
Total
% 77,70 4,50 17,10 0,70 100

Source : INSTAT-EPM, 2010

I.2. Produits pétroliers

Les produits pétroliers contribuent considérablement pour faire tourner le secteur


énergétique malgache avec une part d’environ 7% en 2011. A noter que Madagascar n’a pas
encore le moyen de satisfaire ses besoins en ces produits, il doit les importer. D’après un bilan
dans le domaine pétrolier, on a importé des produits pétroliers dominés par le gasoil soit de
54%.

Figure 1.2Part des produits pétroliers importés en 2011


Cette situation met le pays dans un climat très difficile car le prix de ces produits ne cesse
d’augmenter ces dernières années. C’est pourquoi Madagascar fonctionne avec une forte
dépendance à des pays étrangers en produits pétroliers, le développement du pays est
sérieusement mis en cause.
Les produits pétroliers touchent plusieurs consommateur : les ménages, les industries, le
secteur du transport, les entreprises de construction et de BTP, le secteur de l’hôtellerie et de la
restauration, le secteur de la pêche, le secteur de l’Energie.
La consommation au niveau des ménages est assurée par le pétrole lampant. Dans la
majorité des cas, on l’utilise pour éclairer les foyers, mais parfois, il sert comme combustible
pour préparer les repas. En 2010, l’INSTAT a évalué les consommateurs du pétrole lampant. Il
a montré que 81,2% des foyers malgache s’alimentent avec ce produit. Avec à peu près3 391
460 ménages dont 493 835 ménages vivent dans les villes et 2 897 825 se trouvent dans le
milieu rural.
Le gasoil et le fuel sont consommés dans le transport et la production de l’énergie électrique.
Généralement le fuel est utilisé dans la production de l’énergie électrique. Le gasoil est favorisé
dans le domaine transport avec 430 000 m3 en 2011. Madagascar consomme plus de gasoil
dans le transport terrestre par le biais des voitures personnelles, des transports en commun et
des transports de marchandises. Certaine partie du gasoil sont utilisée pour produire aussi de
l’énergie électrique en alimentant des groupes électrogènes. Les groupes électrogènes
deviennent très efficaces pour les ménages ruraux pour produire l’électricité sur place et qui
sera consommée là ou bien dans des endroits non recouverts par le réseau électrique. Il a été
estimé que 75% est consommée dans le transport et13% dans la production d’électricité.
Depuis l’année 2006, la quantité des produits pétroliers importés a continué de croitre. Elle
a atteint le volume de 737 800 m3 en 2008 puis elle est abaisse au cours des années 2009 et
2010. Pourtant l’importation a flambé en 2011 avec une quantité de 777 902 m3.
Tableau 1.2Importation des produits pétroliers en m3

Produits pétroliers 2006 2007 2008 2009 2010 2011

Gaz 8 129 6 934 7 153 6 900 5 952 8 077

Essence aviation 699 764 936 160 512 688

Jet/DPK 97 394 113 988 123 164 80 049 107 908 129 151

super carburant 13 333 23 012 33 267 44 621 98 067 116 447

essence tourisme 91 253 88 671 77 718 59 052 - -

Gasoil 403 710 425 349 427 800 382 471 376 645 417 832

Fuel oil 35 913 27 071 67 761 61 466 77 295 105 707

Total 650 430 685 789 737 800 634 722 666 378 777 902

Source : Infos clés sur l’aval Pétrolier OMH, 2011-2012

I.3. Energies renouvelables

L’énergie d’origine renouvelable est encore peu utilisée à Madagascar, elle n’occupe que
1% de l’énergie fournie (fig. 1.2).
Les énergies renouvelables sont des moyens de production d'énergie utilisant des forces ou
des ressources dont les stocks sont illimités. Ce sont donc des énergies inépuisables toujours
présentes et très abondantes dans notre environnement. Ces sources d’énergie ne polluent pas
l’environnement ou dégage moins de pollution. Les énergies renouvelables sont ainsi très
adaptées pour produire de l’énergie tout en conservant l’environnement.
La grande île malgache dispose plusieurs sources d’énergies d’origines renouvelables. Elles
sont essentiellement constituées par l’énergie hydraulique, l’énergie solaire, l’énergie éolienne,
la biomasse et les plantes pour la production de l’agrocarburant.
I.3.1. Energie hydraulique

L’énergie hydraulique est utilisée de longue date ; au Moyen Âge, les moulins à eau
constituaient la principale source d’énergie pour l’industrie. Aujourd’hui, l’énergie hydraulique
est la principale énergie renouvelable utilisée pour la production d’électricité.
L’énergie hydraulique est aussi de loin la source d’énergie renouvelable la plus utilisée à
Madagascar. Son potentiel hydraulique est estimé à 7800 MW repartit sur toute l’île, par contre,
seulement environ 119 MW sont exploités.
I.3.2. Energie solaire

La surface de la terre reçoit chaque année 1,6.1018 kWh (équivalent à une puissance
continue de 180.106 GW), 30% sont directement réfléchis dans l’espace, 45% sont absorbés,
convertis en chaleur et rayonnés dans l’infrarouge. Les 25% restant alimentent les cycles
hydrologiques (24%) et la photosynthèse (0,06%) soit l’équivalent d’une moyenne de 45. 106
GW.
L’énergie rayonnée au sol vaut environ 720.1015 kWh, la part qui semble exploitable atteint
26.1015 kWh annuels, ce qui suffirait très largement à satisfaire nos besoins (environ 0,5% de
cette quantité)[5].
Par ailleurs, Madagascar fait partie des pays riches en énergie solaire, presque toutes les
régions ont plus de 2800 heures d’ensoleillement annuel avec 2.000kWh/m²/an.
Les régions les plus intéressants disposant un niveau de rayonnement plus de 5500 W/m²
sont Diana, Sava, Sofia, Boeny, Melaky, Menabe, haute Matsiatra, Anosy, Amoron’i Mania,
Androy, Atsimo andrefana, Vakinankaratra, Bongola et Atsimo Atsinanana[3] [6]. Elle est
actuellement utilisée pour la cuisson, le chauffage, le séchage et la génération d’électricité pour
les télécommunications, l’éclairage, la conservation des médicaments, la climatisation et le
pompage.
I.3.3. Energie éolienne [3] [6].

La Grande ile possède aussi un important potentiel d’énergie éolienne. Elle est valorisée
en énergie électrique et pompage comme une alternative aux problèmes d’adduction d’eau
potable et points d’abreuvage des troupeaux.
Dans le nord de l’île la vitesse moyenne du vent dans une année se situe entre 6 et 8 m/s à
une hauteur de 50 m. on peut y trouver aussi certaines sites avec des vitesses moyennes
annuelles supérieures à 8m/s à 50 m, surtout Cap Diego est ses alentours sont endroits de la
partie Nord de Madagascar les plus propices à l’installation des centrales éolienne étant donné
qu’ils sont à proximité de la ville et la vitesse moyenne du vent peut dépasser 9 m/s à 50 m.
Nosy Be aussi présente des sites éoliennes très importantes de la région Nord qui affiche aussi
une vitesse supérieure à 9 m/s à la même hauteur citée précédemment.
La zone centre de Madagascar possède aussi des gisements éoliens non négligeables. On y
trouve des sites dont la vitesse moyenne annuelle est comprise entre 6 et 6.5 m/s à 50 m. A
noter que cette dernière est favorable à l’exploitation de l’énergie éolienne.
La zone sud de Madagascar affiche la même vitesse du vent que la zone centre, mais sa
différence est que dans l’extrême sud est ventée avec plusieurs sites éoliennes importantes :
dans la partie Sud-Est proche de Tsihombe, en bord de mer, balayée par les vents, on estime
une ressource éolienne de 8 m/s à 50 m ; et plus au Sud-ouest plusieurs sites présentent des
vents supérieures à 8 – 9m/s à 50m.
On peut également trouver des sites un gisement éolien moyen de 7.5 m/s à 50 m dans la
frange côtière, proche de la ville de Sambava, les alentours d’Antsirabe.
Ainsi Madagascar possède une ressource d’environ 2000 MW d’énergie éolienne.
Malgré la richesse en sources d’énergie renouvelables à Madagascar, l’exploitation dans la
production d’électricité est encore marginale, elle est prédominée par les produits pétroliers
importés de l’extérieur du pays.
CHAPITRE II. ETAT DU SECTEUR ELECTRIQUE DE MADAGASCAR

A l’ère actuelle, il est pratiquement impossible d’imaginer un monde sans électricité.


Les applications de cette dernières se trouvent largement nombreuses. En effet, quel que soit le
retard économique de la grande île, l’électricité est un vecteur d’énergie indispensable dans la
vie quotidienne de la population malgache. La difficulté à assurer la demande et le prix très
cher du kilowattheure de l’énergie électrique ralentissent le développement des activités
économique à Madagascar, que ce soit en milieux urbains ou en milieux ruraux. Ainsi
l’amélioration de l’approvisionnement en électricité en termes de quantité et de qualité est une
condition nécessaire pour la compétitivité des industries à Madagascar pour qu’elles puissent
faire une expansion de leurs activités et par conséquent la création d’emplois.
La société d’Etat JIRAMA est le principal fournisseur d’électricité à Madagascar. Elle
est créée en 1975 par la fusion de deux sociétés : Société Malagasy des Eaux et Electricité
(SMEE) et la Société des Energies de Madagascar (SEM). Elle assure l’approvisionnement des
milieux urbains tout en travaillant avec des producteurs privés depuis la libération de ce secteur
en 1999.
L’alimentation des zones rurales se fait par des opérateurs privés à travers le réseau
ADER. C’est une agence chargée, par le Ministère en charge de l’Energie, d’encourager et
développer l’électrification en milieu rural.
II.1. Sources de production

Les centres de production de l’énergie électrique utilisent deux formes d’énergie


primaire à savoir :
les sources d’énergie renouvelable : l’énergie hydraulique, l’énergie éolienne, l’énergie
solaire, l’énergie des vagues, la géothermie et la biomasse ;
les énergies primaires non renouvelables telles que : pétrole, charbon, gaz naturel et
l’uranium.
Au cours de l’année 2012 la part des énergies renouvelables dans la production mondiale
de l’électricité était plus de 20% contre 18.3% il y a dix ans. Mais les sources fossiles restent
toujours dominant dans le secteur avec plus de 60% de la production totale.
Ainsi, l’énergie électrique produite à Madagascar provient essentiellement de deux
types de centres de production :
les centrales hydrauliques ;
et les centrales thermiques utilisant du fioul ou du gasoil.
Les centrales thermiques fournissent les 45,5 % de l’énergie électrique du pays en 2011.
D’une part, celles qui fonctionnent avec du gasoil produisent la grande partie de l’électricité
pour ce type de centrales en 2001 avec 26% de la production totale mais elle n’occupe que 16
% seulement en 2011. Et d’autre part, la participation des centrales thermiques à fioul était
encore marginale en 2001, elle n’occupe que 6% de la production totale pour atteindre 30%
dans l’année 2011.
Les centrales hydrauliques quant à elles, fournissent 54% de la production totale en 2011
si elle était de 68% en 2001.
En outre, d’autres sources d’énergies, telles que l’énergie solaire, l’éolienne et la
biomasse sont exploitées pour produire de l’énergie électrique. A noter que, ces sources
contribuent principalement dans le cadre de l’électrification rurale à travers le réseau ADER.
En considérant les puissances des groupes répartis sur les deux grands réseaux opérant
dans la production d’électricité de Madagascar, les statistiques suivantes montrent la part de ces
sources en 2012.
Tableau 1.3Part des sources d’énergie dans la production d’électricité [4]

Réseau JIRAMA Réseau ADER


Source d'énergie
Contribution des sources en [%]
Thermique 73 68
Hydraulique 27 16
Solaire - 9
Eolienne - 5
Biomasse - 2
TOTAL 100 100

Source : JIRAMA, ADER, 2012.

150

100 68

50
73 16
27
0 9 5 2
Thermique Hydraulique Solaire Eolienne Biomasse

Réseau JIRAMA Réseau ADER

Figure 1.3Part des sources d’énergie dans la production d’électricité


La JIRAMA produit aussi de l’énergie électrique à travers une centrale photovoltaïque
mais sa production reste encore moins importante.
II.2. Puissances installées

La fourniture nationale d’électricité est assurée par 3 réseaux interconnectés :


Réseau interconnecté de Tananarive (RI-Tana) ;
Réseau interconnecté de Tamatave (RI-Tamatave) ;
Réseau interconnecté de Fianarantsoa (RI-Fianarantsoa).
Des centres autonomes sont utilisés afin de ravitailler les autres villes.
La puissance installée sur tout le territoire national est de 287 MW en mars 2006. Les
centrales hydrauliques occupent la plus grande partie des centres de production, environ deux
tiers de l’électricité produite viennent de ces centrales. On comptait 12 centrales hydrauliques
qui produisent 68% de l’énergie électrique. Les plus importants sont les centrales hydrauliques
formées par celle d’Andekaleka 58 MW et celle de Mandraka 24 MW [7].

Tableau 1.4Parcs de production Electricité JIRAMA (mars 2006)

Direction Puissance installée [MW]


interrégionale Thermique Hydraulique Somme
RI-Tana 78 94 172

RI-Toamasina 24 7 31

RI-Fianarantsoa 8 6 14

Centres autonomes 4 - 4

Antsirabe 5 - 5

Antsiranana 26 - 26

Mahajanga 23 - 23

Toliara 12 - 12

TOTAL 180 107 287

Source : Mission Economique de Tananarive, Fiche de Synthèse 2007.

En effet, les centrales thermiques sont très exploitées dans la fourniture de l’énergie
électrique à l’échelle nationale. Leur particularité réside sur le fait qu’elles sont faciles à
installer et aient un faible cout d’investissement. Mais le revers de ces centres de production est
le cout d’exploitation vu que la maintenance et le prix des carburants sont très chers.
La puissance installée se concentre surtout sur le réseau interconnecté d’Antananarivo,
elle occupe 60 % de la production. Cela s’explique sur le fait que les grandes entreprise et
industries de la Grande île y sont connectées.
D’autres études montrent que la puissance totale installée en 2006 est de l’ordre de 308
MW dont 105 MW est la part de l’hydraulique et 203 MW pour les centrales thermiques. Si en
2000 cette puissance était de 242 MW, elle a atteint la barre de 447 MW dans l’année 2011. Le
tableau suivant nous renseigne sur l’évolution de la puissance installée de Madagascar [8].

Tableau 1.5Evolution de la puissance installée de la JIRAMA de 2000 à 2011

Puissance installée en [MW]


Année 2000 2001 2002 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011

Thermique 137 139 139 179 194 203 211 265 306 296 319

Hydraulique 105 105 105 105 105 105 105 124 124 132 128

Puissance installée 242 244 244 284 299 308 316 389 430 428 447

Source : JIRAMA

Puissance installée en MW
500

400

300

200

100

0
2000 2001 2002 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011

Thermique Hydaulique Puissance installée

Figure 1.4Evolution de la puissance installée de la JIRAMA entre 2000-2011


En 2012, la puissance installée a été de 473.2 MW sur le réseau JIRAMA dont 73%
proviennent des centrales thermiques et 27 % viennent des centrales hydrauliques. A noter que
la société possède un centrale solaire mais sa puissance est très faible de l’ordre de 7 kW [4].

Tableau 1.6Puissance installée de la JIRAMA en 2012


Puissance installée
Source de production
[kW] [%]
Thermique 345 533 73
Hydraulique 127 646 27
Solaire 7 0
Total 473 186 100

Tout ce qu’on a cité ci-dessus représente la puissance électrique installée dans les
milieux urbains de l’île.
Etant donné l’accès à l’électricité permet de favoriser le développement socio-
économique de notre pays, il faut donner de l’importance à l’électrification rurale vu que la
majorité de la population malgache habite dans les zones rurales. Effectivement, dans la plupart
des cas, la consommation d’électricité au niveau national se trouve dans l’éclairage public. Mais
en milieu rural, le pétrole lampant l’utilisation des bougies sont très pratiques dans l’éclairage
des foyers des villageois. Face à cette situation l’ADER et ses partenaires ont mené des travaux
pour développer l’électrification rurale à l’aide des différents projets répartis sur toutes les
régions de la Grande île. En effet la puissance installée en milieu rural est de l’ordre de 4200
kW en 2012. Elle est aussi dominée par le système thermique qui constitue plus de 75 % de
cette puissance.

Tableau 1.7Puissance installée de l’ADER en 2012 [4]

Puissance installée
Sources de production
[kW] [%]
Thermique 3 159 75,2
Hydraulique 788 18,8
Solaire 14 0,3
Eolienne 145 3,5
Biomasse 94 2,2
Total 4 200 100

La puissance installée sur tout le territoire est donc de 473.62 MW. Par ailleurs combien
de quantité d’électricité est réellement produite à partir de cette puissance.

II.3. Evaluation de la production d’électricité


La puissance installée en 2000 a été estimée à 242 MW. En effet, la production totale
d’électricité pendant cette période était de 779 847 MWh. Cette production était partagé entre
le thermique et l’hydraulique dont respectivement 30.8% et 69.2% de la production.
Si la puissance installée des centrales thermiques est largement supérieure à celle des
centrales hydrauliques, on constate le contraire dans la production d’électricité, la grande partie
de cette dernière vient de l’exploitation de l’énergie hydraulique. Il est important de souligner
que la production doit satisfaire la demande des consommateurs, par conséquent elle n’a cessé
d’augmenter au cours des années.
La production totale est montée jusqu’à 1 423 398 MWh en 2013[9]. Cette quantité de
production est répartit comme suit :
Tableau 1.8Production totale d’électricité sur le réseau JIRAMA en 2013

Source de production Electricité produite en [MWh]


Thermique privée-location 229 073
Thermique privée-achat 19 492
Thermique JIRAMA 365 832
Hydraulique privée-achat 82 478
Hydraulique JIRAMA 726515,5
Centrale solaire 7,5
Total 1 423 398
Source : www.ore.mg
Ce tableau montre que les centrales hydrauliques assurent plus de la moitié de la
production totale de l’énergie électrique. Les chiffres nous indiquent d’une part que la part de
l’hydraulique dans la production est de 56.83% et la société JIRAMA produit presque la totalité
car seulement 10% de cette production provienne des opérateurs privés. D’autre part, les
centrales thermiques occupent les 43.16% de la production totale.
Le tableau suivant représente l’évolution globale de la production totale d’électricité sur
le réseau JIRAMA entre 2000 et 2013.

Tableau 1.9Evolution de la production totale d'électricité entre 2000-2013 [4] [8] [9].

Production d’électricité en [MWh]


Année Hydraulique Thermique solaire TOTALE
2000 539 649 240 198 0 779 847
2001 563 963 269 976 0 833 939
2002 535 403 244 598 0 780 001
2003 611 673 286 633 0 898 306
2004 637 922 346 417 0 984 339
2005 647 903 340 504 0 988 407
2006 637 001 365 640 4 1 002 645
2007 719 082 332 668 4 1 051 754
2008 699 652 404 087 7 1 103 746
2009 740 389 362 656 6 1 103 051
2010 710 960 478 836 8 1 189 804
2011 690 337 577 322 8 1 267 667
2012 755 352 594801 8 1 350 161
2013 808 994 614 397 7 1 423 398

Source : JIRAMA 2012, 2014

1 600 000
1 400 000
1 200 000
Production d'électricité

1 000 000
Hydraulique
800 000
Thermique
600 000
solaire
400 000 TOTALE
200 000
0
2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014
-200 000
Année

Figure 1.5Evolution de la production totale d’électricité entre 200-2013


Par ailleurs, la JIRAMA reste toujours le principal acteur sur l’approvisionnement en
électricité sur tout le territoire national malgré l’existence des producteurs et sociétés privés qui
opèrent dans le secteur. Pour assurer la fourniture d’électricité selon les besoins des usagers, la
JIRAMA produit de l’énergie électrique dans ses propres centrales hydraulique et thermique et
elle l’achète à des producteurs privés ou loue des groupes auprès des sociétés privées. En 2000,
la contribution des opérateurs privés était environ 4% de la production totale. Cet apport privé
a augmenté progressivement et elle est devenue indispensable pour pouvoir répondre aux
besoins des consommateurs.
En 2013, la part des opérateurs privés est de 331 043 MWh, soit 23% de la production
totale. Telle est la production totale de l’énergie électrique de Madagascar, comment alors se
présente la consommation.
II.4. Situation de la consommation de l’énergie électrique

L’électricité a une caractéristique particulière, elle est non stockable, une fois produite
elle doit être consommée. C’est la JIRAMA qui assure l’acheminement de l’électricité produite
vers les consommateurs qui se trouve souvent éloignés des centres de production.
La consommation de l’énergie électrique se répartit entre quatre grands groupes : les
industries, les ménages, les secteurs des services et l’éclairage public. Ces groupes de
consommateurs se différentient selon le niveau de tension demandée. Ainsi, on produit de
l’électricité sous formes de trois types de tensions : basse tension, moyenne tension et haute
tension.
Ce sont les industries qui consomment les produits de haute et moyenne tensions pour
alimenter leur machines et équipements industriels. Par contre, les autres consommateurs
utilisent généralement de l’électricité sous forme de basse tension.
II.4.1. Accès des malgaches à l’électricité

Madagascar a été considéré comme le pays le faible en matière d’accès à l’électricité,


seulement environ 10% de la population en a accès. Des études montrent que cette faiblesse
s’explique par le fait que le pays est encore classé parmi les pays les plus pauvres du monde,
le faible revenu de la population constitue donc un grand obstacle pour le secteur électrique
malgache.
Cette situation est le trait commun de tous les pays de l’Afrique subsaharienne. Si
certains de pays ont suscité des changements, néanmoins la Grande île n’a connu qu’une faible
amélioration entre les années 2000 et 2010 [1].

Tableau 1.10Taux d'accès à l'électricité des pays pauvres en Afrique subsaharienne

PIB par
habitant (US Population Accès à Accès à
Pays $ PPP 2005) rurale % l'électricité(2010)% l'électricité(2000)%
Burkina Faso 1304 73 13 7
Burindi 483 89 5 4
Rep.
Centrafricaine 943 61 9 6
Rep. Dem.
Congo 364 65 15 7
Erythrée 488 78 33 32
Ethiopie 971 83 23 13
Guinée-Bissau 965 55 57 54
Madagascar 843 67 14 11
Malawi 660 84 9 5
Mali 1047 64 17 17
Mozambique 882 69 15 7
Niger 674 82 9 7
Rwanda 1167 81 11 6
Sierra Leone 1171 60 12 9
Tanzanie 1380 73 15 9
Togo 906 61 28 17
Ouganda 1165 84 15 9

Source : Banque mondiale (World Development Indicator) sauf pour les taux d’accès

On constate que seulement cinq pays ont un taux d’accès à l’électricité plus élevé que
Madagascar au cours de l’année 2000, par contre en 2010 09 pays l’ont dépassé.
Selon l’INSTAT, environ 12 % des ménages ont eu accès à l’électricité en 2010. En
effet, approximativement 4.8 % des ménages possèdent de l’électricité dans le milieu rural
contre 39 % dans le milieu urbain. Par conséquent le pétrole lampant demeure la principale
source d’éclairage qui illumine les ménages malgaches.

Tableau 1.11Sources d'éclairage des ménages malgaches [4]

Source
Taux rural Taux urbain Taux National
Electricité 4,8 39,1 12,3
Générateur 1,1 0,8 1
pétrole lampant 88,9 53,8 81,2
Bougies 3,2 5,8 3,8
Autres 2,1 0,5 1,7

Source : EPM INSTAT 2010.

La source de JIRAMA affiche que le nombre total des abonnés en électricité était de
423885 dont 413999 sont des ménages. Les ménages ou abonnés résidentiels sont les gros
consommateurs de l’électricité à Madagascar. De ce fait, la consommation se traduit
considérablement par la consommation de l’énergie électrique basse tension ou BT.
Les données suivant nous renseigne sur l’évolution des nombres des abonnés selon la
nature de la consommation c'est-à-dire s’il agit de l’électricité BT ou de l’électricité HT/MT.

Tableau 1.12Nombre des abonnés de la JIRAMA de 2000 à 2013 [4] [8] [9].

Année/Nombre
Abonnés BT Abonnés HT/MT Total
2000
294 506 851 295 357
2001 319 926 891 320 817
2002 337 413 869 338 282
2003 363 623 860 364 483
2004 390 923 870 391 793
2005 400 994 906 401 900
2006 402 886 891 403 777
2007 393 496 900 394 396
2008 395 734 993 396 727
2009 407 095 908 408 003
2010 422 973 912 423 885
2011 443 599 976 444 575
2012 455 409 1013 456 422
2013 466 973 1058 468 031
Source : JIRAMA 2012, ORE

II.4.2. Consommation nationale d’électricité

La consommation nationale d’électricité est globalement représentée par les ventes


d’électricité enregistrées sur les comptes de la JIRAMA.
En effet, avec 295 357 abonnés pour l’année 2000 la consommation d’électricité a été
estimée à 616 510 MWh. En général, elle a connu d’augmentation au cours des années étant
donné que le nombre des consommateurs aussi s’est élevé.
Tableau 1.13Ventes d'électricité selon la JIRAMA [4] [8] [9].

Année Ventes BT Ventes HT/MT Total


2000 336 138 280 372 616 510
2001 355 894 288 342 644 236
2002 352 960 232 498 585 458
2003 386 997 288 539 675 536
2004 439 159 314 831 753 990
2005 441 533 312 182 753 715
2006 457 626 320 665 778 291
2007 466 133 317 709 783 842
2008 499 290 349 718 849 008
2009 479 814 311 189 791 003
2010 524 799 319 151 843 950
2011 552 186 330 764 882 950
2012 584 139 345 613 929 752
2013 612 565 341 192 953 757

On voit que la consommation d’électricité en 2013 a augmenté de plus de 337 247 MWh
qu’en 2000, soit une croissance de plus de 50% en une décennie. On peut dire que cette
croissance est forte néanmoins qu’une partie minoritaire de la population seulement a accès à
l’électricité. Malgré l’évolution croissante de la consommation, après avoir subie une baisse en
2002, la consommation de l’électricité HT/MT s’est dégradé à partir de 2009. Si elle en 2000
elle a constitué plus de 45% de la consommation, elle ne représente qu’environ 35% en 2013.
Cette baisse est effectivement une des conséquences des crises qui ont frappé le pays en 2002
et 2009 étant donné que certaines industries ont dû fermer leur porte, ou bien elles ont diminuées
leurs activités.
1 200 000

1 000 000

800 000
Ventes BT
600 000
Ventes HT/MT
Ventes Totales
400 000

200 000

0
1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014

Figure 1.6 Evolution globale de la consommation d’électricité en MWh de 2000-2013


A noter que l’électricité n’est pas stockable, une fois produite elle doit être consommée.
Les statistiques de la consommation nous indiquent que tous les kWh produits ne sont pas
consommés. On estime donc qu’il existe des pertes.

II.5. Evaluation des pertes globales d’électricité

Les pertes sont inévitables dans l’acheminement de l’électricité vers les consommateurs.
En fait, les pertes qu’on va présenter se traduit par l’électricité produite non vendue. Elle était
de 163 337 MWh en 2000 soit l’équivalent d’environ 21 % de la production. Malheureusement,
on n’a pas encore réussi à minimiser ces pertes, elles ont atteint environ 33% de la production
en 2013.

35 33
30 31
28 29
30
25 25 25
25 23 24 23
23 22
21
20

15

10

0
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013

Figure 1.7Evolution des pertes globales d’électricité


Ainsi se présente le secteur électrique malgache. Avec l’accroissement de la population,
le taux d’accès à l’électricité est actuellement estimé entre 12 et 13 % sur le territoire national.
Ce sont les villes servies par les centres prédominées par les centrales hydrauliques qui ont
plus d’accès à l’électricité. Cela s’explique par le fait que le cout de production est moins élevé
pour ce type de centres de production. Cependant, les villes alimentées par les centrales
thermiques ont moins d’abonnées car un cout de production élevé oblige donc la cherté du tarif
d’électricité auprès des consommateurs. L’existence des industries, la création des
PME/Service y sont assez réduites.
Face à l’arrivée des divers équipements électriques et électroménagers sur le marché
local, on peut comprendre la consommation des ménages ne peut que s’augmentent pour les
foyers qui sont déjà connectés au réseau vu que ces différents équipements facilitent leurs
tâches quotidiennes voire améliorent leur condition de vie.
En outre l’accroissement démographique génère des nouvelles demandes considérables
de connexion au réseau car cette situation est accompagnée par la nécessité de créer des
nouvelles infrastructures telles que des écoles, des centres hospitaliers par exemple.
Il ne faut pas oublier aussi l’absence ou l’insuffisance des créations d’emploi au sein a favoriser
la création de plusieurs activités comme les cybers, des poissonneries café, des centres de
coiffure et d’esthétique, des centre de formations professionnelles et différents ateliers.
Toutefois les chiffres concernant la consommation et la production d’électricité à
Madagascar ne reflètent pas la réalité de la demande du secteur. Effectivement, on a vu ci-
dessus que la production, la consommation et le nombre des abonnés d’électricité du pays
suivent une courbe croissante. La production a connu un taux d’augmentation moyenne
d’environ 4% entre les années 2000 et 2013, environ 3% pour la consommation et le nombre
d’abonnés. On voit qu’il y a une évolution mais elle corresponde seulement à la capacité des
compagnies d’électricité à produire et vendre de l’énergie électrique. On peut donc dire que le
secteur électrique malgache, comme le pays, est encore sous-développé. L’offre n’arrive pas à
satisfaire la demande puisque seule une minorité de la population en a accès. D’ailleurs la
production actuelle n’est pas suffisante pour répondre aux besoins des consommateurs actuels
en considérant le mode de gestion de la JIRAMA à ses clients, elle se base par le système de
délestage du réseau pour assurer la fourniture d’électricité.

CHAPITRE III. ETAT DE L’ART SUR LES SYSTEMES A EOLIENNES


L’énergie éolienne est une forme d’énergie très ancienne dans l’histoire de l’humanité.
Elle a été exploitée sous forme d’énergie mécanique pour les bateaux à voiles et les moulins à
vent. La technologie des capteurs éoliens n'a cessé d'évoluer. Par ailleurs deux grandes
technologies sont utilisées pour capter l’énergie du vent :

capteur à axe vertical ;

capteur à axe horizontal.

La conversion de l’énergie mécanique en énergie électrique nécessite de nombreux


dispositifs par le biais des génératrices, pour la plupart, soit des machines asynchrones, soit des
machines synchrones.

Dans ce chapitre, on va décrire l’énergie éolienne et on s’intéresse aux différents types de


turbines éoliennes avec leurs constitutions et leurs principes de fonctionnement, ainsi que les
différents types de génératrices utilisées.

III.1. Descriptif de l’énergie éolienne


III.1.1. Définition de l’énergie éolienne [10]
L’énergie éolienne résulte de la transformation d’une partie de l’énergie cinétique du
vent en énergie mécanique disponible sur un arbre de transmission puis en énergie électrique
par l'intermédiaire d'une génératrice au moyen d’un dispositif appelé aérogénérateur, plus
couramment appelé éolienne.

Figure 1.8 Conversion de l’énergie cinétique du vent


L'énergie éolienne est une énergie "renouvelable" non
dégradée, géographiquement diffuse, et surtout en corrélation saisonnière : l’énergie électrique
est largement plus demandée en hiver et c’est souvent à cette période que la moyenne des
vitesses des vents est la plus élevée. De plus, c'est une énergie qui ne produit aucun
rejet atmosphérique ni déchet radioactif. L’énergie éolienne fait partie des nouveaux moyens
de production d’électricité décentralisée proposant une alternative viable aux sources de
production traditionnelles sans pour autant prétendre les remplacer étant donné que l'ordre de
grandeur de la quantité d'énergie produite étant largement plus faible. Les installations peuvent
être réalisées sur terre mais également de plus en plus en mer (fermes éoliennes offshore) où la
présence du vent est plus régulière. De plus, les éoliennes sont ainsi moins visibles et
occasionnent moins de nuisances sonores.

Une installation éolienne n’occupe q’ un espace très réduit de la surface totale du site
d’implantation, elle permet d’exercer des activités industrielles et agricoles. Leurs nuisances
sonores sont de plus relativement faibles. En effet, selon l’ADEME, le niveau sonore d’une
éolienne est de 50dB à 150 mètres et devient imperceptible au-delà de 400 mètres. Dans la
plupart des cas, le bruit du vent est supérieur à celui engendré par l’éolienne.

III.1.2. Constitution d’une éolienne


Il existe plusieurs configurations d’éolienne mais en général, elle est constituée de trois
éléments principaux : le mât ou la tour, la nacelle et le rotor. [10][11][12][13]

a) La tour ou le mât
Son rôle est d’une part de supporter l’ensemble (rotor plus nacelle) pour éviter
que les pales ne touchent le sol, mais aussi de placer le rotor à une hauteur suffisante de
manière à sortir autant que possible le rotor du gradient de vent qui existe à proximité du
sol, améliorant ainsi la captation de l’énergie. Certains constructeurs proposent ainsi
différentes hauteurs de tour pour un même ensemble (rotor plus nacelle) de manière à
s’adapter au mieux à différents sites d’implantation. Elle est en général tubulaire ou en
treillis.

Une tour tubulaire offre plusieurs avantages : elle est visible même à une certaine
distance les oiseaux peuvent l’identifiés et la considèrent comme un obstacle à éviter. De plus,
en glissant sur la tour, le vent émet un son moins fort que sur une tour en treillis. Une échelle
placée à l’intérieure offre une meilleure sécurité pour le personnel.

b) Le rotor
Il constitue la partie mobile du système. Il est formé par des pales et du moyeu
permettant de transformer l’énergie cinétique du vent en énergie mécanique. C’est le
moyeu qui le relie à la nacelle. Le moyeu est souvent protégé par une coque en polyester
en forme d’obus qui lui donne une forme aérodynamique. Les pâles sont montées sur
son axe et captent la puissance donnée par la force du vent. Elles sont caractérisées par
leur forme géométrique avec laquelle vont dépendre les performances aérodynamiques
et les matériaux qui les constituent. Les matériaux composites tels la fibre de verre et
plus récemment la fibre de carbone sont très utilisés car ils allient légèreté et bonne
résistance mécanique. L’augmentation du diamètre du rotor va accroître la masse des
pales leur nombre varie de 1 à 3 pour les éoliennes conçues pour produire de l’électricité.
Il a une influence directe sur l’efficacité de la conversion de l’énergie, plus il est plus
élevé, plus le plus le couple transmis à l’arbre du rotor sera grand. Le rotor tripale est
très utilisé sur le fait qu’il offre un bon compromis entre le coût, le comportement
vibratoire, la pollution visuelle et le bruit.

Figure 1.9Variation de la masse d’une pale en fonction de diamètre du rotor [12].

c) La nacelle
La nacelle comprend tous les éléments mécaniques qui permettent de
transformer l'énergie mécanique qui est produit par la rotation des pales en énergie électrique.
Figure 1.10Eléments constitutifs d’une éolienne [10] [14].
Le multiplicateur sert à adapter la vitesse de la turbine éolienne à celle de la génératrice
électrique.
Le système de refroidissement: se compose généralement d'un ventilateur électrique
utilisé pour refroidir la génératrice, et d'un refroidisseur à l'huile pour le multiplicateur.
La génératrice électrique est l'élément principal de la conversion mécano-électrique qui
est généralement une machine synchrone, asynchrone à cage ou à rotor bobiné. La puissance
électrique de cette génératrice peut varier entre quelque kW à 10 MW.
Le système de commande contrôle en permanence le bon fonctionnement de l'éolienne
et qui intervient automatiquement, en cas de défaillance pour l'arrêter.
L’arbre relie le moyeu au multiplicateur, il contient un système hydraulique permettant
le freinage aérodynamique en cas de besoin.
Le système d'orientation des pâles sert à la régulation de la puissance (réglage
aérodynamique).
Un anémomètre et girouette situés sur le toit de la nacelle fournissent les données
nécessaires au système de contrôle pour orienter l’éolienne et la déclencher ou l’arrêter selon
la vitesse du vent.

III.2. Différents types d’éoliennes


On distingue deux grands types d’éoliennes :
éoliennes à axe verticale ;
éoliennes à axe horizontale.
III.2.1. Eoliennes à axe verticale
Les éoliennes à axe vertical ont été les premières structures développées pour produire
de l’électricité. Elles possèdent l’avantage d’avoir les organes de commande et le générateur au
niveau du sol donc facilement accessibles pour la maintenance. L’axe de rotation de ce type de
turbine est vertical par rapport au sol et perpendiculaire à la direction du vent ; il peut recevoir
le vent de n’importe quelle direction, ce qui rend inutile tout dispositif d’orientation. Cependant,
les vents sont faibles à proximité du sol, ce qui induit un moins bon rendement car l'éolienne
subit les turbulences du vent. De plus, certaines de ces éoliennes doivent être entraînées au
démarrage et le mât, souvent très lourd, subit de fortes contraintes mécaniques.

De nombreuses variantes technologies ont été testées dont seulement deux structures
sont parvenues au stade de l’industrialisation, le rotor de Savonius et le rotor de Darrieus.
Le rotor Savonius, son fonctionnement est basé sur le principe de trainée différentielle :
le vent exerce sur chacune des faces d’un corps creux des efforts d’intensités différents,
il en découle alors un couple moteur entrainant la rotation de l’ensemble.

Figure 1.11Principe de la trainée différentielle et rotor de Savonius


Le rotor de Darrieus est basé sur le principe de la variation cyclique d'incidence. Un
profil, placé dans un écoulement d'air selon différents angles, est soumis à des forces
d'intensités et de directions variables. La résultante de ces forces génère alors un couple
moteur entraînant la rotation du dispositif. Ces forces sont créées par la combinaison de
la vitesse propre de déplacement du profil et de la vitesse du vent. Cela signifie que la
rotation du dispositif ne peut pas s'amorcer d'elle-même. Lorsqu'elle est à l'arrêt, un
dispositif de démarrage est nécessaire : une éolienne Savonius est montée sur le même
rotor ou on utilise la génératrice en moteur. Deux types du rotor de Darrieus ont été
commercialisés : rotor classique et rotor en H
Figure 1.12Principe de la variation cyclique d’incidence et rotors de Darrieus

III.2.2. Eoliennes à axe horizontale


Ce sont les éoliennes les plus répandues actuellement. Une turbine à axe de rotation
horizontal demeure face au vent, comme les hélices des avions et des moulins à vent. Elle est
fixée au sommet d’une tour, ce qui lui permet de capter une quantité plus importante d’énergie
éolienne. Même si elles nécessitent très souvent un mécanisme d’orientation des pales,
présentent un rendement aérodynamique plus élevé, démarrant de façon autonome et présentent
un faible encombrement au niveau du sol.
Selon le nombre des pales, on peut distinguer deux variantes :
Les éoliennes multipales ou à rotation lente : elles sont destinées aux vents faibles,
depuis longtemps, relativement répandues dans les campagnes, et servent quasi-
exclusivement au pompage de l’eau.

Figure 1.13Eoliennes multipales de pompage de l’eau


Les aérogénérateurs : ce sont des éoliennes à rotation rapide, bipales ou tripales en
général, constituent actuellement la catégorie des éoliennes utilisées à la production
d’électricité, d’où leur nom le plus courant « d’aérogénérateurs ».
Figure 1.14Eoliennes à axe horizontal bipales et tripales
Les turbines éoliennes du type tripale sont les plus utilisées car elles sont plus stables
etconstituent un compromis entre le coefficient de puissance, le coût et la vitesse de rotation du
capteur éolien.

Il existe deux catégories d'éolienne à axe horizontal suivant leur orientation en fonction
du vent :

Amont: le vent souffle sur le devant des pales en direction de la nacelle. Les pales sont
rigides, et le rotor est orienté selon la direction du vent par un dispositif.
Aval : le vent souffle sur l'arrière des pales en partant de la nacelle. Le rotor est flexible,
auto-orientable. La disposition turbine en amont est la plus utilisée car plus simple et
donne de meilleurs résultats pour les fortes puissances. Les pales des éoliennes à axe
horizontal doivent toujours être orientées selon la direction du vent. Pour cela, il existe
des dispositifs d'orientation de la nacelle en fonction de cette direction.

Figure 1.15Turbines éoliennes en amont et en aval [13] [16]

III.3. Zones de fonctionnement de l’éolienne


Une turbine éolienne est dimensionnée pour développer une puissance nominale Pn à
partir d’une vitesse de vent nominale Vn. Pour des vitesses de vents supérieures à Vn, la turbine
éolienne doit modifier ses paramètres aérodynamiques afin d’éviter les surcharges mécaniques
(turbines, mat et structure), de sorte que sa vitesse de rotation reste constante. Ainsi, Les
dispositifs de sécurité de la machine éolienne font en sorte à avoir l’expression de la puissance
répartie sur différentes gammes de vitesses du vent qui se répartissent en quatre zones :

Figure 1.16Puissance éolienne en fonction de la vitesse du vent


Zone I : la vitesse du vent est inférieure à la vitesse de démarrage VD de l’éolienne.
Dans ce cas, la turbine ne fonctionne pas et ne produit donc pas d’énergie ;
Zone II : elle correspond à la zone où il est possible d’optimiser la conversion d’énergie
éolienne. C’est dans cette zone qu’il est intéressant de faire varier la vitesse de rotation,
la puissance récupérée est alors variable ;
Zone III : c’est la zone de fonctionnement où généralement la vitesse de rotation est
maintenue constante par un dispositif de régulation et où la puissance développée par
l’éolienne est limitée à la puissance nominale Pn.
Zone IV : lorsque la vitesse du vent dépasse la vitesse maximale admissible par
l’éolienne VM, la turbine doit être arrêtée.
La plupart des grandes turbines éoliennes utilisent deux principes de contrôle
aérodynamique pour limiter la puissance extraite à la valeur de la puissance nominale de la
génératrice :
système « pitch » ou « à pas ou calage variable » qui permet d’ajuster la portance des
pales à la vitesse du vent, principalement pour maintenir une puissance sensiblement
constante dans la zone III de vitesses (fig.1.16). Le système d’orientation des pales sert
essentiellement à limiter la puissance générée. Avec un tel système, la pale est
tournée par un dispositif de commande appelé (pitch control). En réglant l’angle
d’orientation des pales, on modifie les performances de la turbine, et plus
précisément le coefficient de puissance. Les pales sont face au vent en basses
vitesses, puis pour les fortes vitesses du vent, s’inclinent pour dégrader le coefficient de
puissance.
système « stall » ou à « décrochage aérodynamique », le plus robuste car c’est la forme
des pales qui conduit à une perte de portance au-delà d’une certaine vitesse de vent,
mais la courbe de puissance maximale n’est pas plate et chute plus vite. Il s’agit donc
d’une solution passive et robuste (pas besoin de système d’orientation des pales).
Pour les éoliennes de fortes puissances on utilise la combinaison de ces deux systèmes
appelée système « stall actif »dans lequel le décrochage aérodynamique est obtenu
progressivement grâce à une orientation minime des pales nécessitant des moyens de
réglage plus économique et plus robuste que dans le système « pitch ».

III.4. Différents technologie des éoliennes


Il existe essentiellement deux grandes technologies des éoliennes selon le type de
fonctionnement. On distingue les éoliennes à vitesse constante et celles qui fonctionnent à
vitesse variable.

III.4.1. Eoliennes à vitesse constante


Les premières éoliennes commercialisées reposent sur l’utilisation d’une machine
asynchrone à cage directement couplée sur le réseauélectrique. Grâce à ses qualités de
robustesse et de faible coût ainsi que l'absence de balais-collecteurs ou de contacts
glissants sur des bagues la rendent tout à fait appropriée pour l'utilisation dans les
conditions parfois extrêmes que présente l'énergie éolienneUn multiplicateur de vitesse est
utilisé pour adapter la vitesse de la turbine éolienne à la vitesse de la génératrice. La vitesse de
de la machine est maintenue approximativement constante par le biais d’un système
d’orientation des pales.
La machine à un nombre de pair de pôles fixe et doit donc fonctionner sur une
plage de vitesse très limitée (glissement inférieur à 2%). La fréquence étant imposée par le
réseau, si leglissement devient trop important, les courants statoriques de la machine
augmentent et peuvent devenir destructeurs.
Figure 1.17Machine asynchrone connectée directement au réseau

III.4.2. Eoliennes à vitesse variable


Ce sont des éoliennes aptes à travailler pour des vitesses égales ou différentes de la
vitesse nominale pour extraire le maximum de puissance électrique à partir de l’énergie
cinétique du vent disponible. Il existe des différentes structures pour ce fonctionnement à
vitesse variable.

a) Machine asynchrone à cage


Le développement de l’électronique de puissance (moins coûteuse et plus performante)
a permis l’implantation d’un système à vitesse variable avec une machine asynchrone à cage.
En effet, deux convertisseurs de puissance ont utilisés : un redresseur du côté de la machine et
un onduleur couplé au réseau. Ils permettent de découpler la fréquence du réseau de la fréquence
variable des courants de la machine en intégrant un bus continu intermédiaire. Les
convertisseurs doivent être dimensionnés pour faire passer la puissance totale envoyée par
machine sur le réseau. Cependant le cout du système est élevé et représentent des pertes
importantes.

Figure 1.18Machine asynchrone à vitesse variable connecté au réseau


b) Machine asynchrone à double alimentation
Le système utilisant la machine asynchrone à double alimentation offre la possibilité de
mieux exploiter l’énergie éolienne. Cette machine est un plus complexe que son homologue à
cage, le rotor n’est plus à cage mais plutôt un rotor bobiné. Le stator estconnecté au réseau
possédant une tension et une fréquence fixes, alors que le rotor est relié au réseau à travers un
convertisseur de fréquence. Le cout des convertisseurs est moins cher par rapport à celui de la
machine asynchrone à cage puis que la puissance échangée par la machine et réseau à travers
le rotor n’est pas importante. Le dimensionnement du convertisseur est proportionnel au
glissement maximal du rotor, c'est-à-dire, il dépend de l’écart maximal entre la vitesse de
synchronisme et la vitesse réelle du rotor.

Figure 1.19Machine asynchrone à double alimentation connectée au réseau

c) Machine synchrone
D’autres éoliennes fonctionnent avec des machines synchrones. Elles sont à rotor bobiné
présentent l’inconvénient de nécessiter un système de bagues et de balais et un multiplicateur,
induisant des coûts significatifs de maintenance. Le multiplicateur peut être éliminé en utilisant
une machine à grand nombre de paires de pôles. Par ailleurs l’utilisation d’aimants permanents
élimine le système de bagues et de balais.
Cette génératrice étant indépendante du réseau, elle fournit une fréquence variable en
fonction de la vitesse de rotation, donc de la vitesse du vent. Le raccordement au réseau, qui lui
exige une fréquence fixe, nécessite doncdes convertisseurs de puissance.C’est pour cela que les
éoliennes utilisant les machines synchrones sont des structures à vitesse variable.
Lorsqu’un multiplicateur de vitesse est associé au système, on est en présence des
machines synchrones rapides. Elles débitent sur un redresseur à diodes, puis la tension continue
est convertie à travers un onduleur MLI pour être compatible avec le réseau auquel elles sont
connectées. Un redresseur connecté au réseau joue le rôle d’un circuit d’excitation de la
machine.

Figure 1.20Machine synchrone à rotor bobiné avec redresseur à diodes.


En outre les machines synchrones à aimants permanents sont des machines à grand
nombre de pôles et permettent de développer des couples mécaniques considérables. Mais
les aimants utilisés sont très chers bien que leur utilisation de plus en plus fréquente tende à
faire baisser leur prix. D’ailleurs les variations importantes de couples électromagnétiques
qui peuvent avoir lieu dans un système éolien risquent d'entraîner une démagnétisation
des aimants lorsqu'ils sont constitués de matériaux classiques.
Une structure consiste à connecté la machine à un redresseur couplé à un hacheur ayant
pour rôle de contrôler le couple électromagnétique. La connexion au réseau est ainsi assurée
par un onduleur MLI qui assure la régulation de la tension du bus continu aussi bien qu’il
contrôle le facteur de puissance.

Figure 1.21Machine synchrone à aimants permanents avec redresseur, hacheur et


convertisseur
L’utilisation du redresseur augmente l’amplitude du courant et la déformation de la
tension, par conséquent ce type de système est limité pour les machines de puissance inférieure
à 50kW.
Une autre structure vient alors à le remplacer par un redresseur MLI et la liaison au
réseau est assurée par un onduleur MLI, il permet à la machine de fonctionner au voisinage
du point optimal.

Figure 1.22Machine synchrone à aimants permanents à deux convertisseurs MLI.


Il existe d’autres types machines pouvant être utilisées dans un système à éolienne
surtout pour le fonctionnement à vitesse variable telles que les machines à courant continu et le
machines à reluctance variable. Toute fois les machines asynchrones et synchrones restent
encore les machines les plus utilisées à travers le monde.
PARTIE II:
METHODOLOGIE
CHAPITRE IV. MODELISATION DE LA TURBINE EOLIENNE
IV.1. Modélisation de la vitesse du vent
IV.1.1. Origine du vent
Le vent, une source d’énergie renouvelable et inépuisable, est l’énergie primaire des
aérogénérateurs. C’est une variable importante à modéliser car la précision des simulations
dépendra de la qualité de son modèle.
Du fait que la terre est ronde, le rayonnement solaire absorbé diffère aux pôles et à
l’équateur. En effet, l’énergie absorbée à l’équateur est supérieure à celle absorbée aux pôles.
Cette variation entraîne une différence de température en deux points qui induit des différences
de densité de masse d’air provoquant leur déplacement d’une altitude à une autre. Les vents
sont produits par les différences de pressions atmosphériques engendrées principalement par
les gradients de température .Les variations de la distribution des pressions et des températures
sont dues essentiellement à une distribution inégale de l’énergie solaire sur la surface de la terre,
et aux différences des propriétés thermiques des surfaces des continents et des océans. Quand
les températures de régions voisines deviennent inégales, l’air le plus chaud tend à s’écouler
par-dessus l’air le plus froid (le plus lourd). La direction des vents générés de cette façon est
généralement grandement modifiée par la force de Coriolis résultant de la rotation de la terre.
IV.1.2. Distribution de la vitesse du vent
La connaissance de la loi de distribution de la vitesse du vent est importante pour de
nombreuses applications de l’énergie éolienne. Des modèles associant puissance et
exponentielle sont utilisés dans les études de la modélisation de la distribution de la vitesse du
vent. En effet, trois modèles sont usuels :
la distribution de Weibull ;
la distribution hybride de Weibull ;
et la distribution de Rayleigh.
a) Distribution de Weibull
La loi de distribution de Weibull constitue le modèle le plus utilisé, il s’avère approprier
pour traduire la variation des vitesses du vent.

Le modèle mathématique de la distribution de Weibull se présente sous la forme :

k 1 k
k V V
f V exp (2.1)
C C C

V : vitesse instantanée du vent


C : paramètre d’échelle caractérisant la vitesse du vent (plus C est élevé plus l’énergie se trouve
dans les hautes vitesses)

K : paramètre de forme qui caractérise la répartition du vent

La fonction f(V) s’appelle densité de probabilité, elle représente la distribution en


fréquences des vitesses mesurées.

Les paramètres k et C sont appelés paramètres de Weibull : k est sans dimension tandis
que C a la dimension de vitesse.

La probabilité pour que la vitesse du vent soit inférieure à un certain seuil donné Vx est
définie par :

Vx k
Vx
f V Vx f V dV 1 exp (2.2)
0 C

De la même manière, pour que la vitesse du vent soit supérieur au seuil Vx la probabilité
est donnée par :

k
Vx
f V Vx f V dV exp (2.3)
Vx C

La vitesse moyenne du vent peut être obtenue par l’intégration de la fonction densité de
probabilité :

1
Vm f V dV C 1 (2.4)
0 k

Où est la fonction gamma, elle est définie par l’expression :

( x) exp( t )t x 1dt x 0 (2.5)


0

b) Distribution hybride de Weibull


On utilise la distribution hybride de Weibull dans le cas oùla fréquence des vents calmes
enregistrée, sur un site donné, est supérieure ou égale à 15%. En effet, cette proportion ne peut
pas être omise et doit être tenue en compte lors de la détermination des caractéristiques d’un
site du point de vue éolienne. Cette distribution s’exprime par :
k 1 k
k V V
f (V ) (1 ff o ) exp pour V 0
C C C
(2.6)
f V ff o pour V 0

Où ffo représente la fréquence des vents calmes.

c) Distribution de Rayleigh
La distribution de Rayleigh est un cas particulier de la distribution de Weibull pour le
cas où le facteur de forme k est égal à 2.

Dans ce cas particulier, la densité de probabilité s’écrit :

2
V V
f V 2 2 exp (2.7)
C C

IV.1.3. Influence de la hauteur


Le vent est en fait un champ de vitesses de déplacement de masses d’air. La vitesse du
vent est fluctuante, elle augmente avec l’altitude, conséquence du ralentissement du au
frottement sur le sol de la masse d’air en mouvement : plus l'altitude est élevée, plus le vent est
fort.

Figure 2.1Effet de variation du vent en altitude.


Dans la caractérisation d’un site d’exploitation éolien, il est nécessaire de connaître la
hauteur où les mesures de la vitesse du vent sont effectuées et la hauteur désirée pour le projet
éolien.
Deux modèles dépendant de la hauteur peuvent être utilisés : un modèle logarithmique
et un modèle de loi de puissance.

a) Modèle basé sur la loi de puissance


Le modèle basée sur la loi de puissance est exprimée par la relation suivante :
n
h
V Vmes (2.8)
hmes

h: hauteur du moyeu de l’éolienne[m]


hmes :hauteur de l’appareil de mesure[m]
V : vitesse du vent à la hauteur du moyeu de l’éolienne [m/s]
Vmes : vitesse du vent à la hauteur de l’appareil de mesure [m/s]
n: exposant de loi de puissance, un paramètre sans dimension dépendant de beaucoup de
facteurs.
b) Modèle logarithmique
Ce modèle suppose que la vitesse du vent est proportionnelle au logarithme de la hauteur
au-dessus du sol.
L’expression suivante donne l’expression de la vitesse à la hauteur du moyeu de
l’éolienne par rapport à la vitesse à la hauteur des appareils de mesure tel qu’un anémomètre
[12] [18].
h
Ln( )
V Vmes (2.9)
hmes
Ln( )

Avec :
: coefficient de la rugosité de la surface
Le tableau suivant donne des valeurs de coefficient de la rugosité des surfaces typiques
selon Manwell, McGowan et Rogers :

Tableau 14 Valeur de rugosité de différents types de surfaces [18]

Nature de surfaces
Très lisse, glace ou boue 0.00001
Mer calme 0.0002
Mer déchainée 0.0005
Surface de la neige 0.003
Herbe de pelouse 0.008
Pâturage rugueux 0.010
Champ en friche 0.03
Récoltes 0.05
Peu d’arbres 0.1
Beaucoup d’arbres, peu de bâtiments 0.25
Forêt et pays boisés 0.5
Faobourgs 1.5
Centres villes, grands bâtiments 3

IV.1.4. Modèle de la vitesse du vent en fonction de temps


La modélisation du vent a déjà fait l’objet de nombreux travaux de recherche. L’étude
d’un système électrique à éolienne nécessite un profil du vent qui reflète au maximum la réalité
qu’on peut trouver sur un site éolien. Ainsi, la vitesse du vent peut être représentée par une
fonction qui évolue dans le temps.
V f (t ) (2.10)

Elle peut être modélisée sous forme déterministe par une somme de plusieurs
harmoniques [15] [16].
n
V a0 ak Sin bk t (2.11)
k 1

IV.2. MODELEAERODYNAMIQUE
IV.2.1. Loi de Betz

La théorie de Betz constitue la théorie globale utilisée dans les systèmes éoliens à axe
horizontale. Il a supposé qu’une éolienne est traversée par une masse d’air qui se déplace à
l’infini en amont à une vitesse et à une autre à l’infini en aval.
Soit V1 la vitesse du déplace en amont, V2 celle en aval et V la vitesse correspondant à
la surface balayée par les pâles de l’éolienne.
Figure 2.2 Principe de déplacement d’un courant d’air à travers une éolienne
Il est évident que lamasse d’air soit la même en tout point considéré sur la figure ci-
dessus. La masse d’air déplacée par seconde peut s’écrire :
m S1V1 S 2V2 SV (2.12)

Où V, V1, V2 sont respectivement les vitesses correspondant aux différentes surfaces


traversées par la masse d’air en mouvement et la densité de l’air.
La variation de l’énergie cinétique de l’air au niveau de l’éolienne est :
1
E m(V12 V22 ) (2.13)
2

En utilisant l’expression (2.12), on a :


1
E SV(V12 V22 ) (2.14)
2

Ou en développant (2.14) :
1
E SV V1 V2 (V1 V2 ) (2.15)
2

De plus la force F exercée par l’air ou le vent sur les pales de l’éolienne est égale à la
variation de la quantité de mouvement entre l’amont et l’aval de l’éolienne.
F m(V1 V2 ) SV(V1 V2 ) (2.16)

IV.2.2. Puissance du vent disponible

La puissance extraite du vent qui se déplace à la vitesse V est donnée par la relation
suivante :
Pv FV SV 2 (V1 V2 ) (2.17)
En identifiant les relations (2.15) et (2.17), on peut affirmer que la puissance extraite du
vent est la même que la variation de l’énergie cinétique du vent. Alors on peut écrire :

1
SV V1 V2 (V1 V2 ) SV 2 (V1 V2 ) (2.18)
2

Avec (2.18) on tire que :

1
V V1 V2 (2.19)
2
La masse d’air en mouvement par seconde et la force F devient :
1
m S V1 V2
2 (2.20)
1
F S V12 V22
2
En remplaçant la vitesse V par sa nouvelle expression, la puissance éolienne disponible
est :
1
Pv S (V1 V2 ) V12 V22 (2.21)
4
Toute fois un vent théoriquement non perturbé traverserait cette mêmesurface S sans
diminution de vitesse, soit à la vitesse V1, la puissance éolienne correspondante serait alors :
1
Pth SV13 (2.22)
2
Où Pth est la puissance théorique de l’éolienne.
Le rapport entre les deux puissances nous donne la relation suivante :
2
Pv 1 V V1
1 1 1 (2.23)
Pth 2 V2 V2

Cette relation (2.23) est représentée par la figure ci-dessous.


Pv/Pth 0.6

0.59
Cp
0.58

0.57

0.56

0.55

0.54

0.53

0.52

0.51

0.5
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7
V1/V2

Figure 2.3Courbe caractéristique de coefficient de puissance d’une éolienne.


Le coefficient de puissance est définit donc comme étant le rapport entre la puissance
éolienne disponible et la puissance théorique pour un vent non confronte a un obstacle.
La courbe qui la caractérise (fig.2.3) montre le coefficient de puissance maximal est de
0.59 désigné dans beaucoup de littérature comme le rapport 16/27. Il s’agit en effet d’une limite
théorique appelée limite de Betz qui détermine la puissance maximale extractible dans l’énergie
du vent. Toutefois cette limite de 59% de la puissance dans le vent est l’idéale, elle n’a jamais
été atteinte. Les meilleures éoliennes ont en réalité un coefficient de puissance compris entre
0.4 à 0.5 [11].
Chaque éolienne possède un coefficient de puissance spécifique puisse qu’il dépend de
de la vitesse relative et de l'angle de l'orientation de la pale . Par ailleurs la vitesse relative
ou vitesse spécifique ou encore vitesse réduite est le rapport entre la vitesse au bout des pales
de l’éolienne et la vitesse du vent.

T R
(2.24)
V
Où t la vitesse angulaire de rotation et R le rayon de la turbine éolienne.
Figure 2.4 Coefficient de puissance en fonction de la vitesse réduite.
Le coefficient de puissance est modélisé par des approximations mathématiques. Il
existe un modèle basé uniquement sur la vitesse spécifique et certains modèles du coefficient
de puissance en fonction de la vitesse spécifique et de l’angle de calage .

Le premier modèle a été obtenu à partir de l’observation des données de plusieurs petites
éoliennes de quelques kW [18].

CP 7,9563.10 5. 5
17,375.10 4. 4
9,86.10 3. 3
9, 4.10 3. 2
6,38.10 2. 0.001
(2.25)

De plus l’évolution du coefficient de puissance en fonction de et de s’impose dans


le cas où le système de régulation agit sur l’angle de calage ou angle d’orientation des pales
[19].

0.1
CP , 0.3 0.00167 sin 0.00184 3. (2.26)
10 0.3
Figure 2.5 Evolution du coefficient de puissance pour une turbine tripale de 1.5 MW
IV.2.3. Puissance et aérodynamique de la turbine

En considérant Vv la vitesse en amont de la turbine, l’énergie cinétique correspondante


s’écrit alors :

1
Ev mVv2 (2.27)
2

La puissance du vent, d’après les théories ci-dessus, est donc :

1
Pv SVv3 (2.28)
2

Avec S désigne la surface balayée par les pales de la turbine éolienne et la masse volumique
de l’air.

Cependant la puissance Pv ne peut pas être obtenue, la puissance aérodynamique ou


puissance mécanique disponible sur l’arbre de la turbine est définie par le coefficient de
puissance de l’éolienne. On désigne par Pt cette puissance et on définit la relation suivante.

1
Pt C p SVv3 (2.29)
2

En remplaçant la surface S par son expression avec R le rayon de la turbine éolienne,


cette relation devient :

1
PT R 2C pVv3 (2.30)
2

Puisse que le coefficient de puissance maximale est égale à 16/27, la puissance


mécanique maximale disponible sur l’arbre d’une turbine éolienne est :
8
PTmax R 2Vv3 (2.31)
27

En outre la connaissance de la puissance mécanique nous permet de définir le couple


aérodynamique ou couple mécanique de la turbine. C’est le rapport entre la puissance
mécanique et la vitesse de rotation de la turbine.

1
2 TT R 2C pVv3 (2.30)
2 T

En tirant l’expression de la vitesse de rotation dans (2.24), la relation (2.30) prend alors
la forme ci-après :

1 Cp
TT R 3V 2 (2.33)
2

On peut donc en déduire le coefficient du couple de la turbine éolienne donnée par


l’expression :

Cp
CT (2.34)

Finalement le couple mécanique s’écrit :

1
Tt Ct R3V 2 (2.35)
2

Modèle de la partie mécanique de la turbine éolienne

La partie mécanique de turbine éolienne peut être représente par la figure suivante.

Figure 2.6 Schéma simplifié de la partie mécanique de la turbine éolienne


T : vitesse angulaire de rotation de la turbine
m : vitesse angulaire de rotation de la génératrice
TT : couple mécanique de la turbine
Tm : couple mécanique sur l’arbre de la génératrice
G : gain du multiplicateur
JT : moment d’inertie de la turbine équivalent aux inerties des pales de l’éolienne
Jm : moment d’inertie de la génératrice
f : coefficient dû aux frottements visqueux de la génératrice
Les modèles de la partie mécanique de la turbine obéissent aux hypothèses
simplificatrices suivantes:

Les pales sont considérées de conception identique. Elles possèdent donc la


même inertie, la même élasticité et le même coefficient de frottement par rapport
à l’air ;
Les coefficients de frottements des pales par rapport à l’air et par rapport au
support sont très faibles et peuvent être négligeables ;
La vitesse du vent est supposée à répartition uniforme sur toutes les pales, ce
qui permet de considérer l’ensemble des pales comme un seul et même
système mécanique caractérisé par la somme de tous les systèmes mécaniques.
a) Modèle du multiplicateur

La turbine éolienne, en général, tourne à une vitesse nominale de 25 à 40 tr/mn [20].


Portant les génératrices utilisées dans les systèmes à éoliennes tournent au voisinage de 1500
tr/mn. Ainsi le multiplicateur, un système qui relie la turbine et génératrice, a pour rôle
d’adapter la vitesse (lente) de la turbine éolienne à celle (vitesse rapide) de la génératrice.

Le multiplicateur est supposé rigide. On néglige l’élasticité et le frottement du


multiplicateur. Les pertes énergétiques dans le multiplicateur sont considérées nulles.

Il est modélisé par un seul simple gain G donné par les équations mathématiques
suivantes :

m
G (2.36)
T

TT
G (2.37)
Tm
b) Modèle dynamique de l’arbre mécanique

L’inertie totale de l’arbre J qui apparaît sur le rotor de la génératrice est constituée par
l’inertie de la turbine JT ramenée sur l’arbre rapide et l’inertie de la génératrice Jm. Elle est
donnée par l’expression suivante :

JT
J Jm (2.38)
G2

Il est à noter que l'inertie du rotor de la génératrice est très faible par rapport à l'inertie
de la turbine reportée sur l’arbre rapide de la génératrice.

L'équation fondamentale de la dynamique permet de déterminer l'évolution de la


vitesse mécanique à partir du couple mécanique total :

d m
J T Tm (2.39)
dt

Le couple mécanique total dépend du couple issu du multiplicateur, du couple


électromagnétique produit par la génératrice et du couple du frottement visqueux.

Tm TG Tem Tf (2.40)

TG : couple mécanique du multiplicateur


Tm : couple mécanique total sur l’arbre de la génératrice
Tem : couple électromagnétique produit par la génératrice
Tf : couple dû aux frottements visqueux de la génératrice
f : coefficient des frottements visqueux de la génératrice

Le couple du frottement visqueux est caractérisé par son coefficient f et s’écrit :

Tf f m (2.41)

En considérant les expressions (2.35) et (2.37) on a :

d m
J Tg Tem f m (2.42)
dt
CHAPITRE V. MODELISATION DE LA GENERATRICE ASYNCHRONE

La machine asynchrone est largement la machine la plus répandus dans le monde. Son
principal intérêt réside dans l'absence de contacts électriques par balais-collecteurs, ce qui
conduit à une structure simple, robuste et facile à construire.Onestime que 80% des moteurs
utilisés de la planète sont des moteurs asynchrones [21].Comme d’autres machines, elle est
réversible et leur gamme de puissance est très étendue allant de quelqueswatts à quelques
Mégawatts.

V.1. Généralités sur la machine asynchrone


V.1.1. Constitution

La machine asynchrone est constituée de deux parties : le stator qui est la partie fixe de
la machine et le rotor qui est la partie mobile.

Figure 2.7 Vue en coupe d’une machine asynchrone


a) Stator

Le stator comporte une carcasse d’acier renfermant un empilage de tôles identiques


qui constituent un cylindre vide, ces tôles sont percées des trous de leur périphérie intérieure.
Ces tôles sont recouvertes par un vernis pour limiter l’effet de courant de Foucault.
L’alignement de ces trous forme les encoches dans lesquelles on loge les bobinages
statoriques triphasés. Ces enroulements insérés peuvent être imbriqués, ondulés ou encore
concentriques.

L’isolation entre les enroulements électriques et les tôles d’acier s’effectue à l’aide des
matériaux isolants qui peuvent être de différents types suivant l’utilisation de la machine
asynchrone.

Le stator d'une machine asynchrone est aussi pourvu d'une boite à bornes à laquelle est
reliée l'alimentation électrique

b) Rotor

Le rotor se compose d’un cylindre de tôles poinçonnées à leur périphérie extérieure


pour former les encoches destinées à recevoir des conducteurs. Ces tôles sont de même type
que celles utilisés pour la conception du stator. Il est séparé du stator par un entrefer. Il existe
deux types de rotor : rotor à cage d’écureuil et rotor bobiné.

Le rotor bobiné est constitué par un enroulement triphasé identique à celui du stator
placé dans les encoches. Il peut être réalisé par un bobinage triphasé relié à la plaque à bornes
par l’intermédiaire de contacts glissants de type bagues/balais. Ce type de machine est aussi
appelée machine asynchrone à bagues.

Figure 2.8 Circuit magnétique, enroulement et bagues d’un rotor bobiné

Le rotor à cage quant à lui est constitué par des barres de cuivre ou d’alluminium
introduites dans des encoches. Ces barres de cuivre sont court-circuités grâce à des anneaux qui
les relies les unes aux autres à leurs extrémités (Fig. 2.9).L'ensemble, en faisant abstraction de
l'empilement métallique, ressemble à une cage d'écureuil d'où le nom de rotor à cage d'écureuil.
Figure 2.9 Rotor à cage d’écureuil
V.1.2. Principe de fonctionnement

Cette étude est basée sur l’utilisation de la machine asynchrone à cage d’écureuil. C’est
le principe de fonctionnement de ce dernier qui sera décrit dans cette section.

La machine asynchrone est une machine à courant alternatif appelée aussi machine à
induction, caractérisée par le fait que son rotor ne tourne pas à la même vitesse que le champ
tournant dans l’entrefer.

Le stator est constitué de trois phases décalées de 120° qui reçoivent un système de
tension triphasée permettant d’alimenter la machine. Une fois qu’elle soit alimentée, les
courants alternatifs dans le stator créent ainsi champ magnétique statorique tournant pendant
que le rotor à cage est au repos. La vitesse du champ tournant est appelée vitesse de
synchronisme,elle dépend du nombre de paires de pôles de la machine et de la pulsation des
courants alternatifs dans le stator.

s 2 f
s (2.43)
p p

s : vitesse de rotation du champ tournant en [rad/s]


s : pulsation des courants en [rad/s]
p : nombre de paires de pôle
f : fréquence des courants en [Hz]
Le champ statorique tournant généré va couper les conducteurs du rotor en court-
circuité, par conséquent une tension apparaît à ses bornes et à cause du circuit fermé des
courants induits prennent naissance dans le rotor. Ces courants vont à leur tour produire un
champ magnétique induit qui va s’opposer à la cause qui lui a donné naissance (loi de Lenz). Il
en résulte donc la création des forces électromotrices dues à l’action de l’induction statorique
sur les courants induits. Ces forces agissent sur les conducteurs du rotor et produit un couple
qui permet à la machine de tourner. Les conducteurs sont alors soumis à un champ magnétique
variable qui tourne par rapport à eux-mêmes à la vitesse relative r. elle est fonction de la
pulsation rotorique et du nombre de paires de pôles.

r
r (2.44)
p

r : vitesse du champ rotorique tournant


r : pulsation de la fém induite du rotor
p : nombre de paires de pôle
Cette vitesse relative est aussi donnée par l’expression :

r s m (2.45)

m : vitesse mécanique du rotor


A mesure que le rotor accélère, la vitesse relative du champ tournant par rapport au rotor
diminue. On note alors que la valeur et la fréquence de la tension induite dans les conducteurs
du rotor diminuent, car la vitesse de coupure des lignes de flux décroît. Le courant, intense au
début, tombe rapidement [22].

La vitesse du rotor continue d'augmenter, mais elle n'atteint pas celle du champ tournant,
on dit que le rotor glisse par rapport au champ tournant. En effet, si le rotor tournait à la même
vitesse que le champ (vitesse synchrone), le flux ne couperait plus les conducteurs ; la tension
induite et les courants dans le rotor seraient donc nuls.

Le glissement est ainsi comme la différence entre la vitesse synchrone et celle du rotor
exprimée relativement à la vitesse synchrone :

s m ns nm
g (2.46)
s ns
g : glissement de la machine sans dimension
ns : fréquence de synchronisme [tr/s]
nm : fréquence de rotation de la machine [tr/s]

Par rapport au glissement, le domaine de fonctionnement de la machine est subdivisé en


trois zones :

Glissement supérieur à un (g>1) : dans cette zone, le moteur tourne en sens


inverse du champ tournant et soumis à un couple de freinage. C’est pourquoi
cette zone est nommée zone de freinage ;
Glissement compris entre 0 à un (0<g<1) : ici, la machine fonctionne en régime
moteur ; on l’appelle zone de fonctionnement en régime moteur ;
Glissement inférieur à 0 (g<0) : là le couple change de signe, la machine
asynchrone devient génératrice. La machine absorbera une puissance mécanique
qui sera restituée, en majeure partie au réseau sous forme d’énergie électrique.

Figure 2.10Caractéristique couple-vitesse d'une machine asynchrone [23] [24].

V.2. Modèles mathématiques de la génératrice


V.2.1. hypothèses simplificatrices
Malgré sa simplicité structurelle, l’inaccessibilité au rotor rend la machine asynchrone
à cage d’écureuil très complexe. Alors pour simplifier l’étude, on va adopter les hypothèses
suivantes :

Le circuit magnétique est non saturé et parfaitement feuilleté au stator et au rotor (seuls
les enroulements sont parcourus par des courants)pour que les pertes fer soient
négligeables ;
Le phénomène d’hystérésis et les courants de Foucault sont négligés.
La densité du courant peut être considérée comme uniforme dans la section des
conducteurs;
Seul le premier harmonique d'espace de distribution de force magnétomotrice créée par
chaque phase est considéré;
L'entrefer est constant;
Les inductances propres sont constantes;
Les inductances mutuelles entre deux enroulements sont des fonctions sinusoïdales de
l'angle entre leurs axes magnétiques;
La symétrie de construction est parfaite.

V.2.2. Equations triphasées de la génératrice


Le stator est constitué de trois enroulements répartis dans l'espace, et séparés d'un angle
électrique de 120°, les même propos s'appliquent au rotor.
Dans le repère triphasé, les trois vecteurs sa, sb, sc, sont orientés selon les axes des trois
enroulements statoriques de la machine. Il est de même pour le rotor représenté par les vecteurs
ra, rb, rc.
L’axe sa constitue l’axe de référence et l’angle définit la position du rotor par rapport
au stator.

a) Equations de tensions
Figure 2.11 Représentation spatial de la machine
Considérons une phase ou un des 6 enroulements statoriques et rotoriques.

Figure 2.12 Schéma équivalent d’un enroulement


La loi de maille permet d’écrire la relation de tensions ci-après :

v ri e (2.46)

Par ailleurs d’après la loi de Faraday :

d
e (2.47)
dt

Où représente le flux total à travers l’enroulement.

En combinant les deux expressions précédentes on a :

d
v ri (2.48)
dt
En appliquant la relation (2.48) sur l’ensemble des enroulements de la machine, on en
déduit les équations de tensions du stator et du rotor.

Au stator :

d sa
vsa Rsa isa
dt
d sb
vsb Rsbisb (2.49)
dt
d sc
vsc Rsc isc
dt

Au rotor court-circuité :

d ra
0 Rraira
dt
d rb
0 Rrbirb (2.50)
dt
d rc
0 Rrc irc
dt

Dans le cas d’une machine saine les résistances statoriques sont les même et il est pareil
du côté du rotor. Par la suite on désigne simplement par Rs et Rr respectivement les résistances
des enroulements statoriques et celles des enroulements rotoriques.

Sous forme matricielle, (2.49) et (2.50) deviennent :

Pour le stator :

vsa Rs 0 0 isa sa
d
vsb 0 Rs 0 isb sb (2.51)
dt
vsc 0 0 Rsc isc sc

Soit

d
vsabc Rs isabc sabc (2.52)
dt

Pour le rotor :

0 Rr 0 0 ira ra
d
0 0 Rr 0 irb rb (2.53)
dt
0 0 0 Rr irc rc
Soit :

d
0 Rr irabc rabc (2.54)
dt

vsabc : tension statoriques ;


isabc : courants statoriques ;
irabc : courants rotoriques ;
sabc : flux totaux à travers les enroulements statoriques;
rabc : flux totaux à travers les enroulements rotoriques;
Rs : résistance statorique;
Rr : résistance rotorique.
b) Equations magnétiques

Les hypothèses simplificatrices mentionnées précédemment mènent à des relations


linéaires entre les flux totaux et les courants de la machine asynchrone.Ces relations se
traduisent par [25] [26] :

Pour le stator :

sabc Ls isabc M sr irabc (2.55)

Pour le rotor :

rabc Lr irabc M rs isabc (2.56)

Avec :

ls ms ms
Ls ms ls ms (2.57)
ms ms ls

lr mr mr
Lr mr lr mr (2.58)
mr mr lr
2 2
cos cos cos
3 3
2 2
M sr m cos cos cos
3 3 (2.59)
2 2
cos cos cos
3 3
M rs M srT

Ls : matrice des inductances propres et mutuelles entre phases statoriques;


Lr : matrice des inductances propres et mutuelles entre phases rotoriques;
ls : inductance propre d’un enroulement statorique ;
lr : inductance propre d’un enroulement rotorique ;
ms : inductance mutuelle entre enroulements statoriques;
mr : inductance mutuelle entre enroulements rotoriques;
m : inductance mutuelle entre une phase du stator et une phase du rotor ;
Msr : matrice des inductances mutuellesentre phases statoriques et rotoriques.

A partir des équations ci-dessus, les équations de tension peuvent s’écrire :

Pour le stator :

d d
vsabc Rs isabc Ls isabc M sr irabc (2.60)
dt dt

Pour le rotor :

d d
0 Rr irabc Lr irabc M rs isabc (2.61)
dt dt
De fait, les équations de la machine dans le repère triphasé (a, b,c) ne sont pas linéaires.
Elles constituent des équations différentielles à coefficients variables dépendant du temps. Cette
situation rend très difficile l’exploitation de ces équations dans l’étude de comportement de la
machine. Alors il est nécessaire de les transformer à des équations différentielles à coefficients
constantes. Cette transformation doit conserver la puissance instantanée et la réciprocité des
inductances mutuelles ; elle permet aussi d’obtenir une relation du couple électromagnétique
définit dans le nouveau repère qui reste toujours valable pour l’étude du comportement de la
machine réelle.
Pour remédier à ce problème, on effectue une transformation linéaire des
grandeurstriphasées dela machine réelle (du repère triphasé) à d’autres grandeurs dans un repère
biphasé fictif afin de rendre l’écriture des équations électriques et magnétiques plus simple à
exploiter. Pour ce faire, on fait appel à la transformation de Park.

V.2.3. Equation de la génératrice dans le repère de Park


a) Transformation de Park
La transformation de Park, grâce à la structure symétrique et équilibrée de la machine
consiste à transformer des enroulements triphasés (a,b,c) en desenroulements fictifs disposés
selon deux axes appelés d et q équivalents du point de vue électrique et magnétique.

Figure 2.13 Système d’axes de la machine

s : angle électrique entre sa et d;


r : angle électrique entre ra et d;
: angle électrique entre sa et ra.
Les repères de la transformation de Park des grandeurs statoriques et des grandeurs
rotoriques doivent coïncider pour simplifier les équations de la machine. Pour aboutir à cela les
angles électriques sont liés à travers la relation suivante :

s r (2.62)

L’angle caractérise la position angulaire du rotor par rapport au stator, sa dérivée par
rapport au temps donne une vitesse angulaire ou plus particulièrement la pulsation mécanique
du rotor. On peut ainsi définir les vitesses angulaires ou pulsations des courants statoriques et
des forces électromotrices du rotor correspondant respectivement aux angles de transformation
s et r.

s
s =
dt
r
r = (2.63)
dt

m = p m
dt

La modélisation de la machine asynchrone dans le repère de Park, s’appuie sur un


certain nombre d’hypothèses simplificatrices:
- Parfaite symétrie de construction ;
- La cage d’écureuil est assimilée à un bobinage en court-circuit avec mêmenombre de
phases que le stator ;
- La saturation magnétique est négligée ; La répartition de l’induction le long de
l’entrefer est sinusoïdale
- La composante homopolaire des signaux est nulle.
La transformation de Park est définie par une matrice de rotation [P], elle permet donc
le passage des grandeurs Xabc du système triphasé aux grandeurs Xdq.
Xa
Xd
P Xb (2.64)
Xq
Xc

La matrice P est donnée par l’expression :


2 4
cos a cos a cos a
3 3
2 2 4
P sin a sin a sin a (2.65)
3 3 3
1 1 1
2 2 2

Où :
- X peut être une tension, un courant ou un flux ;
- a représente l’angle entre l’axe directe d et l’axe de référence dans le système triphasé,
elle prend la valeur s pour les grandeurs statoriques et la valeur r pour les gradeurs
rotoriques.
La matrice de passage [P] écrite sous cette forme est orthogonale, il y a alors la
conservation de la puissance instantanée.
Pour retrouver les grandeurs du système triphasé initial, on inverse la matrice [P], on a
donc :

Xa
1 Xd
Xb P (2.66)
Xq
Xc

Et la matrice inverse s’écrit :

1
cos a sin a
2
1 2 2 2 1
P cos a sin a (2.67)
3 3 3 2
4 4 1
cos a sin a
3 3 2

b) Modèle de la machine dans le repère de Park


Equations de tension
Les équations de tensions au stator et au rotor s’écrivent :

d sd
vsd Rs .isd a sq
dt
d sq
vsq Rs .isq a sd
dt
(2.68)
d rd
Vrd 0 Rr .ird a rq
dt
d rq
Vrq 0 Rr .irq a rd
dt
vsd, vsq : tensions statoriques dans le repère de Park ;
vrd, vrq : tensions rotoriques dans le repère de Park;
isd, isq : courants statoriques dans le repère de Park;
ird, irq : courants rotoriquesdans le repère de Park;
sd, sq : flux statoriques dans le repère de Park;
rd, rq : flux rotorique dans le repère de Park;
a :vitesse angulaire électrique du système d’axe (d,q).
La relation (2.68) est définie dans un référentiel ou repère dq qui fait un angle électrique
s avec le stator et un angle électrique r. Par ailleurs ce repère est libre, il existe alors trois
possibilités :
- Un référentiel lié au stator ( a=0) ;
- Un référentiel lié au rotor ( a r) ;
- Et un référentiel lié au champ tournant ( a s).

En basant sur le référentiel lié au champ tournant, la relation (2.68) devient :


d sd
vsd Rs .isd s sq
dt
d sq
vsq Rs .isq s sd
dt
(2.69)
d rd
Vrd 0 Rr .ird r rq
dt
d rq
Vrq 0 Rr .irq r rd
dt
Avec :

r s

Equations magnétiques
L’expression des flux dans le repère (d, q) peut être donnée par la matrice suivante.

sd Ls 0 M 0 isd
sq 0 Ls 0 M isq
(2.70)
rd M 0 Lr 0 ird
rq 0 M 0 Lr irq

A partir de la relation (2.69) on écrit :

sd Ls isd Mird
sq Ls isq Mirq
(2.71)
rd Lr ird Misd
rq Lr irq Misq

Les grandeurs Ls, et Lr sont respectivement les inductances cycliques propres statorique
et rotorique. M est la mutuelle cyclique. Leurs expressions sont données par :
3
M m
2
Ls ls ms (2.72)
Lr lr mr

En déduisant les courants rotoriques à partir de l’expression (2.70) on a :


1
ird rd Misd
Lr
(2.73)
1
irq rq Misq
Lr

En remplaçant les courants rotoriques dans l’expression des flux statoriques de la


relation (2.70), on aura :
M
sd rd Ls isd
Lr
(2.74)
M
sq rq Ls isq
Lr

Où :
M2
1 désigne le coefficient de dispersion ou coefficient de Blondel.
Ls Lr

Modèle de puissances
La puissance instantanée de la machine asynchrone à cage d’écureuil (rotor en court-
circuit) dans le repère (a, b, c) n’est autre que la puissance vue du stator si bien que les tensions
rotoriques sont nulles.
psabc vsa isa vsbisb vscisc (2.75)

En utilisant la transformation de Park, la relation (2.75) devient :


3
psdq vsd isd vsq isq (2.76)
2
En remplaçant les tensions par leur expression (2.69), la relation précédente peut être
écrite sous la forme suivante :

3 d sd d sq
psdq Rs .isd s sq isd Rs .isq s sd isq (2.77)
2 dt dt

En développant la relation (2.77), on peut écrire l’expression suivante:


3 3 d sd d sq 3
psdq ( Rs isd2 Rs isq2 ) ( isd isq ) s i
sd sq i
sq sd (2.78)
2 2 dt dt 2

L’expression (2.78) dégage trois autres expressions significatives de l’équation de


puissance d’une machine asynchrone. En effet :
- le premier terme représente les pertes joules au niveau du stator de la génératrice ;
- le second terme désigne la puissance électromagnétique emmagasinée par unité de
temps ;
- le troisième terme est la puissance électrique transformée en puissance mécanique à
l'intérieur de génératrice.
La puissance active ainsi que la puissance réactive au stator sont données par le système
d’équations :
pa vsd isd vsqisq
(2.79)
pr vsd isd vsqisq

Equations du couple électromagnétique


Précédemment, on a vu que le troisième terme du modèle de la puissance instantanée de
la génératrice (2.78) représente la puissance mécanique.
3
pmec s i
sd sq sq sdi (2.80)
2
A partir de cette expression, l’équation du couple électromagnétique est obtenue en la
divisant par la vitesse angulaire de rotation du champ tournant s:

pmec 3 s i
sd sq i
sq sd
tem
s 2 s

Alors le couple électromagnétique est :


3
tem p i
sd sq i
sq sd (2.81)
2
Où p est le nombre de paire de pôles de la génératrice.
En remplaçant les flux par leur expression (2.71) :
3
tem p Ls isd Mird isq Ls isq Mirq isd
2
Par conséquent, l’expression du couple électromagnétique obtenu est :
3
tem pM isq ird isd irq (2.82)
2
En considérant la relation (2.73) donnant l’expression des courants rotoriques et en les
remplaçant dans la relation (2.82), une autre expression du couple électromagnétique se
présente :
3 M
tem p i
rd sq i
rq sd (2.83)
2 Lr

Equation mécanique
L’étude des caractéristiques de la machine asynchrone fait introduire de la variation non
seulement des paramètres électriques (tension, courant, flux) mais aussi des paramètres
mécaniques (couple, vitesse).
L’équation du mouvement de la machine asynchrone s’écrit :

d m
Jm Tem Tr f m (2.83)
dt

Le couple Tr désigne le couple résistant imposé par l’arbre de transmission de la machine


et Jm son moment d’inertie.

Cette expression (2.83) constitue l’équation mécanique de la machine asynchrone


fonctionnant en mode moteur.

Cependant, pour génératrice asynchrone dans lequel le couple électromagnétique est de


signe négatif, l’équation du mouvement s’écrit :

d m
Jm Tr Tem f m (2.84)
dt

En considérant l’ensemble formé par la turbine éolienne et la génératrice asynchrone,


l’équation mécanique régissant notre système électrique à éolienne revient à la relation (2.38),
elle peut s’écrire sous la forme suivante voir (2.38), (2.42):

d m JT
J Tg Tem f m et J Jm
dt G2
CHAPITRE VI. MODELISATION DURESEAU ELECTRIQUE DE
DISTRIBUTION

L’électricité produite par les sources d’énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) et
renouvelables (eau, solaire, vent, géothermie…) doivent être acheminées via un réseau
électrique de grande ou petite envergure vers les centres de consommation.

VI.1. Réseaux électriques

L’énergie électrique étant très difficilement stockable, elle est consommée en


même temps qu’elle est produite. Il doit y avoir en permanence l’équilibre entre la
production et la consommation.

Un réseau d’énergie électrique peut être décrit comme un système formé par l'ensemble
des centres de production (en amont) et de consommation (en aval) de l’énergie électrique
associé aux infrastructures permettant de l’acheminer. Son rôle est de transférer l’énergie
électrique du lieu de production au lieu de consommation se trouvant généralement à quelques
distances des centres de production.

Le transfert se fait sous forme des courants continu ou alternatif. Ce transfert est le siège
des pertes telles que des pertes joules dues à l’échauffement des conducteurs utilisés. Ainsi,
l’électricité produite est égale à la somme de la demande des consommateurs et les pertes qui
s’accompagnent durant le transfert.

PRODUCTION CONSOMMATION + PERTES

VI.1.1. Constitution d’un réseau

Pour mener sa mission, un réseau électrique est essentiellement constitué des postes
électriques et des lignes de transport.

a) Postes électriques

Les postes électriques appelés aussi postes de transformation sont des éléments clés du
réseau électrique. Ils reçoivent l’énergie électrique, la transforment en passant d’un niveau de
tension à une autre et la repartissent en assurant la jonction des différents éléments du réseau
électrique.On y trouve un certain nombre d’appareils électriques (jeu de barres, transformateurs,
disjoncteur, sectionneurs…) qui participe au bon fonctionnement du réseau.

b) Lignes électriques

Les lignes électriques notamment utilisés dans l’approvisionnement de l’énergie


électrique sont de deux types : les lignes aériennes et des câbles souterrains.

Les lignes aériennes sont composées de pylônes, de conducteurs, d’isolateurs et


de câbles de garde et les câbles souterrains sont des conducteurs entourés d’une gaine qui
assure l’isolation du câble par rapport à son environnement extérieur.

En effet, les câbles souterrains sont caractérisés par une faible impédance que les lignes
aériennes. Une faible impédance entraine la présence des courants de défauts très élevés, par
conséquent des protections complexes sont nécessaires pour assurer le bon fonctionnement du
système. Cependant, en présence de défauts, la réparation permettant de ramener le système à
son fonctionnement normal est plus longue que pour les lignes aériennes.

Par ailleurs, le cout des câblessouterrains est très élevé en plus haute tension. A 400 kV,
le coût d’un transport souterrain était dix fois plus élevé que celui de son semblable aérien [28].

Tableau 15. Cout du câble souterrain par rapport à la ligne aérienne [28]

Gamme de tension [kV] Rapport du coût

110-219 3.6-16

220-362 5.1-21.1

363-764 13.6-33.3

VI.1.2. Classification d’un réseau électrique

Un réseau d’énergie électrique est classifié suivant des niveaux de tension différents. Il
est divisé en trois parties à savoir : réseau de transport, réseau de répartition et réseau de
distribution.

Le tableau ci-dessous présente les différents niveaux de tension selon les normes
française et européenne [29] :
Tableau 16. Niveaux de tension dans un réseau électrique

Classe Norme française Standard européen


HTB 3 : 400 KV
H 225/400 kV(THT)
T 50-400 kV HTB 2 : 225 KV
90/ 63kV (HT)
B HTB1 : 90/63 KV
H
T 33/20/15 kV (MT) 1-50 kV
A
B 400/230 V <1kV
T

a) Réseau de transport
Le réseau de transport est destiné à transporter des quantités importantes d’énergie sur
de longues distances. Il est défini en tant que réseau haute tension de niveau B (HTB3/HTB2).
Ce réseau est connecté aux centrales de production, il permet de limiter voire minimiser la
transformation d’une partie de l’énergie en chaleur par effet joule qui traduit l’énergie perdue
au cours du transport. De plus, travailler avec un courant de faible intensité offre la possibilité
d’utilisé des conducteurs à section plus faible donc plus légers et de réduire le coût de
construction des lignes de transport.
Le réseau de transport a généralement une architecture maillée et constitue une structure
principale pour l’interconnexion des centrales de production classiques à savoir les centrales
thermiques, les centrales nucléaires et les centrales hydrauliques. Il assure la continuité de
service ou d’alimentation en cas de défauts dans les lignes ou une perte de production.
b) Réseau de répartition

Le réseau de répartition repartit l’énergie électrique à l’échelle régionale. Il est délimité


par le réseau de transport en amont et le réseau de distribution en aval. Ce réseau assure le
transport de l’énergie électrique injecté par le réseau de transport et des centrales de moyennes
puissances (inférieures à 100MW). Il a pour rôle d’alimenter le réseau de distribution et les
clients de gros industriels.Il est basé sur le niveau haute tension HTB1 de l’ordre de 63kV ou
90kV. A présent ce réseau est inclut dans le terme transport mais le terme répartition tend à
disparaitre. Il adopte aussi une structure maillée.

c) Réseau de distribution
Le réseau de distribution est le trajet final de l’énergie électrique produite dans les
centrales. Il a pour rôle de la véhiculer à l’échelle locale, c’est-à-dire d’alimenter l’ensemble
des consommateurs principalement connectée à ce réseau. Ce réseau est fractionné en deux
subdivisions :
- Le réseau de distribution HTA ou moyenne tension. Il prend comme source le poste
HTB/HTA ou HT/MT et assure la livraison au poste de distribution publique HTA/BT
ou poste MT/BT. Il aliment aussi les consommateurs industriels de moyenne tension ;
- Le réseau de distribution basse tension BT qui approvisionne l’ensemble des
consommateurs domestiques et des clients utilisant des équipements de faible puissance.
Contrairement aux réseaux précédents, il adopte une architecture radiale où le réseau
présente des ramifications. Cette structure est aussi appelée structure arborescente. Dans ce cas
la puissance qui transite dans les lignes de distribution ne provient que d’une seule source vers
la clientèle. Ceci permet notamment la localisation et l'élimination rapide de défauts, ainsi que
le comptage de l'énergie aux postes sources.

Figure 2.14 Réseau électrique moderne.


VI.2. Modélisation du réseau