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INTRODUCTION GENERALE

1. PRESENTATION DU SUJET
Au cours des dernières décennies, le monde a connu un développement rapide des
échanges de biens et de services ainsi que les marchés des capitaux et des services financiers entre
les pays à travers le monde. Certes, il n'existe pas de monnaie internationale, la participation aux
échanges internationaux oblige les pays à convertir leur monnaie nationale contre une autre, cette
conversion se réalise sur le marché des changes en fonction du taux de change.

Avec l’avènement du régime de change flottant dans certains pays comme le nôtre,
les taux de changes sont victimes des évolutions et une volatilité très élevée, tout cela a suscité de
nombreuses questions quant à leurs déterminants.

A l’instar des autres pays, la dynamique des taux de changes influence fortement la
situation macroéconomique en RDC à travers l’ouverture de son économie. Le taux de change
devient un outil majeur pour l’adaptation aux conditions extérieures. Son impact sur le plan social
se fait de plus en plus sentir : augmentation des prix des produits domestiques, baisse du pouvoir
d'achat ; etc. L’économie congolaise est beaucoup plus extravertie, l’insuffisance des exportations
entraîne un mouvement ondulatoire du taux de change d’équilibre qui sert d’indicateur de mesure
avec le reste du monde, car il doit être maintenu à un niveau optimal.

La politique monétaire se distingue de la politique budgétaire. La politique


monétaire peut avoir pour objectif de maintenir le taux de change de la monnaie nationale avec une
monnaie. La fixité des taux de change peut être obtenue par la banque centrale en vendant et en
achetant des devises au jour pour atteindre le taux objectif.

Braquant nos regards sur cette nécessité à apporter des solutions adéquates en
rapport avec cette angoisse ; nous avons constaté que le taux de change fait la une de l’actualité
économique congolaise. Pour ne pas contourner cette difficulté, nous nous sommes proposé
d’analyser ses déterminants. Comment expliquer cette variation en défaveur de la monnaie
congolaise ? Telle est la grande préoccupation qui nous a beaucoup plus intéressé et incité à porter
notre étude sur « les déterminants du taux de change face à la politique monétaire en RDC »
dans un cadre très spécifique car nous n’analyserons que le franc congolais face au dollar
américain.
2

2. REVUE DE LITTERATURE
La détermination du taux de change se fait sur un marché et le taux de change se
révèle comme le prix d’une devise en termes de monnaie nationale. Deux catégories de cours
peuvent être distinguées : le cours au comptant et le cours à terme. La formation des taux dépend
fondamentalement du régime de change en vigueur et du système monétaire international qui
prévaut, Il résulte de la confrontation d’une offre et d’une demande de monnaie. Les variations du
taux de change ne sont pas dues au hasard ou aux fantaisies des spéculateurs internationaux. Les
déterminants des taux de change sont pour l’essentiel de nature économique et financière. A l’heure
actuelle, la demande et l’offre des monnaies découlent principalement des opérations économiques
dont les échanges commerciaux et les mouvements de capitaux.

La détermination du taux de change fait l’objet d’une vaste littérature tant théorique
qu’empirique. La question de l’évolution du taux de change reste un point incontournable de
l’analyse économique.

Les questions du taux de change de nos jours, dans les pays en développement sont
au cœur de la gestion des politiques économiques et des indicateurs macroéconomiques.

Dans son histoire, le phénomène taux de change a connu plusieurs évolutions. L’une
de grands changements est la création des institutions de breton Wood et le fonds monétaire
international a été à deux volets l’initiateur de mise en place d’un nouveau régime de change.

Les recherches du FMI dans le domaine du taux de change sont passées par trois
étapes :

La première étape est partie de 1945 à 1960 ; elle est caractérisée par l’intéressement
au comportement du taux de change suite aux recherches des chercheurs du FMI.

Ensuite la seconde étape de 1960 à 1985 ; a comme caractéristique principale


l’objectif des chercheurs du FMI qui consiste à la détermination d’un niveau de taux de change
« correct » pour la stabilité du système monétaire international.

Enfin la troisième étape, à partir de 1985, l’objectif pour ces chercheurs est de
déterminer un taux de change optimal.
3

Depuis l’abandon du système de change fixe en 1973, les cours de changes des
monnaies internationales sont devenus de plus en plus instables. Cette instabilité a suscité plusieurs
recherches afin de définir :

 Un régime optimal ;
 Un niveau de taux de change de référence ;
 Des modèles économiques susceptibles de prédire les mouvements futurs de taux de
change.
Signalons par ailleurs que malgré toutes ces évolutions caractérisées principalement
par le système monétaire international de breton Wood, le taux de change n’a cessé d’afficher son
caractère instable et volatile, les crises également parsèment l’environnement financier depuis
l’expansion d’une littérature développée sur le calcul de taux de change de référence.

Pour le cas qui nous concerne, la RDC est un pays où la stabilité de la monnaie n’est
pas totalement assurée. Les opportunités d’arbitrage et la spéculation animent de plus en plus les
opérateurs économiques. C’est dans ce contexte que le déséquilibre du taux de change est un
obstacle à la croissance et au développement de son économie. D’où déterminer un taux de change
optimal pourrait aider favorablement à l’épanouissement de son tissu économique.

3. ETAT DE LA QUESTION
De nombreuses études empiriques ont démontré la nécessité et les mécanismes de
détermination du taux de change optimal. Des travaux relativement récents en rapport avec notre
sujet sont nombreux. Cependant la relation entre le taux de change et les différentes variables
macroéconomiques a fait l’objet des études économétriques.

DORNBUSH 1982 et KRUGMAN 1992 distinguent les déterminants à court terme


et long terme. Ainsi le taux de change est guidé par l’évolution des prix des biens à court terme,
les perturbations réelles et monétaires ne se répercutent pas immédiatement sur les prix de biens,
l’ajustement se fait par les marchés financiers à l’aide d’une variation correspondante du taux
d’intérêt. Ceci s’explique respectivement par la parité du pouvoir d’achat et celle du taux d’intérêt.1

1
Revue magrébiene d’économie et management
4

Herman KISIMBA, dans son étude sur les déterminants du taux de change en RDC
(2016) dénonce que le gouvernement dans l’exercice de sa politique doit miser sur l’amélioration
des termes de l’échange car avec un coefficient négatif lorsque le taux de change s’apprécie; les
dépenses publiques constituent un déterminant favorable du faite qu’il apprécie le taux d’échange
d’équilibre par un niveau de stabilité de taux de change incompressible, le progrès technique se
justifie de même par son coefficient négatif d’où son augmentation entraine la dépréciation de taux
de change, le PIB par habitant ne justifie pas la théorie économique au travers des signes de son
coefficient c’est-à-dire lorsqu’il augmente le taux de change de même. Cela contient un impact
positif sur la variable expliquée, le taux d’inflation est un déterminant de taux de change parce qu’il
contient un coefficient positif qui valide la théorie économique car lorsque l’inflation varie à la
hausse, le taux de change se déprécie. Comme il n’existe pas une économie sans inflation, on utilise
la théorie de ciblage d’inflation tout en nous atténuant sur les fourchettes pour maintenir la stabilité
du taux de change et enfin, la masse monétaire montre une relation négative tout en contredisant la
théorie parce que la diminution de la masse monétaire se justifie par l’appréciation du taux de
change et non la dépréciation.2

BERNAR BERNIER et YVES SIMON, le premier déterminant du taux de change


est l’état de la balance de paiements. Le taux de change tend à se déprécier (s’apprécier) lorsque la
balance de paiements est déficitaire (excédentaire). Selon l’approche monétaire de la balance de
paiements, la croissance des agrégats monétaires déprécie la monnaie nationale sur le marché de
change. Le deuxième déterminât est le taux d’inflation. Lorsqu’un pays connait une inflation
supérieure à celle d’un autre, sa monnaie se déprécie. Il est identique de dire que le différentiel
d’inflation se traduit par une modification de même ampleur du taux de change. Le troisième et le
dernier déterminant du taux de change est le différentiel du taux d’intérêt. Tout écart des
endettements sur des placements de même risque sur deux places financières induit des
mouvements de capitaux et, par le fait même des variations de taux de change.3

2
Herman KISIMBA, Mémoire sur les déterminants du taux de change en RDC, 2016
3
BERNAR BERNIER et YVES SIMON, initiation à la macroéconomie, 8 Edition DUNOD ; pg 399
5

WILLIAM H. BRANSON (1981), présente une étude visant à estimer l’impact des
différents facteurs macroéconomiques tels que : les prix relatifs, le solde du compte courant et la
masse monétaire sur le taux de change. Le modèle est appliqué aux données trimestrielles sur : les
taux de change, les prix relatifs, la masse monétaire et le compte courant pour quatre pays ; les
États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Japon durant la période 1973à 1980. Les résultats
ont montré une relation positive entre le solde de la balance courante et le taux de change ainsi que
pour la masse monétaire et contrairement dans le cas des prix relatifs ou la relation est négative.

Héritier Jean Claude WANICAN UWIRA, dans son travail de mémoire


intitulé : « Efficacité de la politique monétaire sur la stabilité de taux de change en République
démocratique du Congo de 1998 à 2014. » il est parti d’une conclusion selon laquelle : la
tendance du Taux de Change était à la hausse pendant la période d'étude. La masse monétaire a
influencée positivement le taux de change de la RDC durant la période d'étude avec une proportion
de 48.2087026049, ce qui signifie que si la masse monétaire MM augmente de 10%, il y aura aussi
une augmentation du taux de change de 482 %. Ce phénomène prouve que la politique monétaire
de la Banque Centrale du Congo en matière de la stabilité de taux de change au cours de la période
sous étude n'est pas efficace car une petite augmentation de la masse monétaire entraine une
augmentation très sensible du taux de change, ce qui n'est pas bon pour une économie dans un pays.
Le taux d'intérêt a influencé négativement le taux de change de la RDC durant la période de notre
étude avec une proportion de 2.18559749474, c'est-à-dire qu'une augmentation du taux d'intérêt de
10%, entraine une diminution du taux de change de 21,8%. Cette diminution du taux de change de
21,8% par le taux d'intérêt n'est pas efficace par rapport à son augmentation de 482% par la masse
monétaire. C'est ce qui entraine une instabilité du taux de change car son influence positive par la
masse monétaire n'est pas équilibrée avec son influence négative par le taux d'intérêt.(4)

De tout ce qui précède, notre travail se distingue des autres dans la mesure où nous
allons chercher à comprendre les déterminants du taux de change afin d’analyser leur impact sur la
politique monétaire en RDC.

(4) Héritier Jean Claude WANICAN UWIRA, Efficacité de la politique monétaire sur la stabilité de taux de change
en République démocratique du Congo de 1998 à 2014,KISANGANI - Licence 2016
6

4. LA PROBLEMATIQUE
Attentif aux appels de son temps, bien placé, car bien équipé, EINSTIN s’avance
les mains chargées d’un bel ouvrage, fruit de sa solide formation enrichie d’expérience scientifique
en disant que la science est bien moins dans la réponse que dans les questions que l’on se
pose.5C’est une approche ou la perspective théorique que le chercheur décide d’adopter pour traiter
le problème posé par la question de départ. La problématique serait une manière d’interroger ces
phénomènes sous étude. Elle fait ainsi la charnière entre la rupture et la construction.6

En se basant sur la situation socio-économique en RDC ; il est sans nul doute que la
monnaie congolaise témoigne de son instabilité excessive face à son étalon de référence (USD).
Cet état de chose parsème la parcimonie congolaise et constitue un véritable casse-tête en affectant
évidemment avec récurrence les conditions viables de la population et ipso facto détruit le quotidien
de chaque congolais en général.

Voulant bien approfondir et donner un caractère scientifique à notre travail


(GILLES) ; nous chercherons à dévoiler de fond en comble « les déterminants du taux de change
sur la politique monétaire » en RDC. Ceci mérite d’être évalué à partir d’une estimation du taux
de change lequel constitue le cadre théorique de cette étude. A cet égard, la problématique de cette
étude s’articule sur la question centrale suivante :

 Quels sont les déterminants du taux de change sur la politique monétaire en RDC ?

5. HYPOTHESES
« Le savant doit ordonner ; on fait la science avec des faits comme une maison avec
des pierres ; mais une accumulation de faits n’est plus une science qu’un tas de pierres n’est une
maison ».7

Ainsi, une hypothèse est comprise sous diverses formes selon les auteurs.
Néanmoins nous nous referons à l’idée selon laquelle une hypothèse est une proposition ou une
explication que nous nous contentons d’énoncer sans prendre position sur son caractère véridique

5
3M. ASSIE GUY ROGER et KOUASSI ROLAND RAOUL Cours d’initiation à la méthodologie de recherche, école
pratique de la chambre de commerce et d’industrie, Abidjan pg 19
6
MUSEWA MBAYO, l’art de la confection d’un travail scientifique, édition PUL, 2004
7
HENRI POINCARE, la science et l’hypothèse (1854-1912)
7

; c’est-à-dire sans l’affirmer ou la nier. Il s’agit donc d’une simple supposition appartenant au
domaine du possible ou du probable. C’est une relation supposée entre deux faits. Elle constitue la
phase la plus importante et la plus difficile à expliquer parce qu’elle crée le raisonnement
expérimental basé sur l’analyse de différents déterminants, à travers lequel on imaginera la relation
qui pourrait exister entre deux variables dont la production et le taux de change.

Elle établit la relation de cause à effet entre ces variables de telle sorte qu’après
vérification, elle permet d’aboutir à la formulation d’une théorie ou d’une loi dans ce domaine de
change.

Sans préalablement prétendre être certains, nous déclarons dans cette partie du
travail une supposition ou une prédiction fondée sur la logique de la problématique et des objectifs
de notre recherche.

Pour tenter d’apporter une réponse au problème évoqué dans une de parties
précédentes, nous chercherons d’affirmer ou d’infirmer cette hypothèse en partant de cette
déclaration :

La croissance économique, le terme d’échanges, le taux d’inflation, les dépenses


publiques, la masse monétaire, le taux d’intérêt sont les déterminants du taux de change en RDC.

6. METHODOLOGIE
KAMBAJI WA KAMBAJI conçoit la méthode comme étant « une démarche, à la
fois théorique et appliquée. Elle est une démarche d’esprit, un mode de raisonnement d’un
ensemble d’opérations, des principes et des stratégies ; ensemble logique qu’un chercheur doit
adopter en fonction de la nature de son analyse, de ses objectifs, et à appliquer tout au long de sa
recherche pour une intelligence approximative de la réalité économique.

Selon GRAWITZ. M., une méthode est l’ensemble des opérations intellectuelles par
lesquelles une discipline cherche à atteindre les vérités qu’elle poursuit, les démontrer et les
vérifier.

Pour ce qui nous concerne, nous nous focaliserons sur la méthode statistique et la
méthode comparative, qui nous permettront de bien analyser nos hypothèses partant des variables
que nous nous sommes supposés.
8

a. Méthode statistique
Cette méthode consiste à traiter par des techniques mathématiques et statistiques,
les données d’observation d’une période pour vérifier les relations auxquelles les phénomènes
économiques obéissent.

En ce qui concerne notre étude, elle nous permettra de faire une rétrogradation des
données des variables considérées en estimant les paramètres de l’équation et d’extérioriser les
variables exogènes qui expliqueraient les facteurs les plus influençant sur le taux de change pour
formuler la stabilité économique. Sur ce, les méthodes statistiques aideront à l’avancement de nos
investigations.

b. Méthode comparative
Elle consiste à confronter deux ou plusieurs choses pour déclencher les
ressemblances et les différences. La méthode comparative conduit à l’explication des faits en ce
sens qu’elle permet de déceler les liens des causalités ou les facteurs générateurs de différences ou
ressemblances constatées.

La raison d’être de cette méthode est d’expliquer l’évolution du taux de change de


la République Démocratique du Congo d’une année à l’autre partant du comportement de tissu
économique, afin de ressortir les liens de causalités en fonction de la période sous étude.

7. TECHNIQUES
Une technique est définie comme un outil mis à la disposition de la méthode, qui
sert de collecter de traiter les données d’une recherche.

Nous utiliserons la technique documentaire qui consiste à l’étude et analyse des


documents écrits qui comprennent : les ouvrages édités, les documents officiels, les syllabus de
différents cours et archives. Elle nous permettra de recenser les écrits en rapport avec notre domaine
d’étude.

8. CHOIX ET INTERET DU SUJET


Signalons que notre étude comporte un triple intérêt :

Sur le plan scientifique : ce travail serait une sorte de référence à tout étudiant
chercheur qui aborderait une étude analogue. Il servirait de support nécessaire et référentiel pour
d’autres travaux scientifiques. Il nous permettra de comprendre dans une certaine mesure les
9

mécanismes de détermination du taux de change, dénicher les failles et installer des techniques
nécessaires et adéquates à sa stabilité durable ;

Sur le plan personnel : le travail entrepris nous permettra d’améliorer ou de parfaire


les compétences relatives à notre profil qui est principalement le domaine économique ;

Sur le plan pratique : comme dit précédemment ; à l’issu de cette étude, il sera
question de dégager des propositions nécessaires à la résolution de cette angoisse socio-
économique qui affecte la majorité de la population congolaise.

9. DELIMITATION DU SUJET
a) Du point de vue spatial
Notre étude s’étendra dans un cadre purement macroéconomique étant donné que
nous tournons autour d’une variable du domaine macroéconomique. Il sera question de mener cette
étude sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo. Celle-ci représente notre champ
empirique.

b) Du point de vue temporel

Vu la tendance du taux de change ces dernières années, nous analyserons ses


déterminants sur une période allant de 2012 à 2018, soit 7 ans d’étude.

10. PLAN SOMMAIRE


Outre l’introduction, ce travail sera composé dans sa suite de trois chapitre ayant
chacun un contenu particulier.

Le premier chapitre ou cadre conceptuel et cadre théorique sera consacré à la


définition des concepts clés en rapport avec notre sujet, aux théories explicatives du phénomène
étudié qui est le taux de change.

Dans le second chapitre, intitulé présentation de la République Démocratique du


Congo.

Le troisième chapitre est destiné au cadre empirique et discussions des résultats.


Nous présenterons dans un premier temps les données, nous les analyserons et nous chuterons par
l’interprétation des résultats. Le dernier élément à considérer dans ce travail est la conclusion. Il
sera question de donner un bref parcours sur le travail.
10

CHAP I : CADRE CONCEPTUEL ET THEORIQUE


Dans ce chapitre, nous allons définir les concepts de base ainsi que les concepts clés
et donner quelques théories liées à notre sujet de recherche. Ainsi, ce chapitre est divisé en deux
sections dont la première traite du cadre conceptuel et la deuxième du cadre théorique.

SECRION 1 : CADRE CONCEPTUEL


Dans cette partie du chapitre, nous allons définir les mots clés et les mots connexes.

I.1.1. La monnaie
La monnaie occupe une place de choix dans la vie quotidienne de l'homme, c'est
pourquoi, il importe d'en connaitre quelques notions préliminaires.

La monnaie est un instrument d'échange technique et politique du quotidien, sans


réel impact sur l'économie(8).

I.1.2. Le taux de change


Le passage d’une monnaie à une autre nécessite un taux de change. Il est obtenu par
confrontation de l’offre et de la demande d’une monnaie sur le marché des changes. Cependant, le
taux de change se définit comme étant le prix d’une monnaie d’un pays par rapport à une monnaie
d’un autre pays.9

Le change est l’opération qui permet d’obtenir une monnaie étrangère à partir d’une
monnaie nationale (ou inversement).

I.1.3. Les régimes de change


I.1.3.1. Le régime de changes flexible
Dans un tel contexte, le prix et les fluctuations du taux de change résultent de seules
variations de l’offre et de la demande de devises. Théoriquement, les gouvernements et les banques
centrales s’abstiennent d’intervenir sur le marché. Le font-ils réellement ? Bien sûr que non. Ces
interventions ont pour conséquence d’agir sur l’offre et sur la demande et d’influencer le cours de
changes.10

(8) www.oboulo.com/definition-role-monnaie-economie-capitaliste
9
Yves capul, Dictionnaire d’économie et sciences sociales
10
BERNAR BERNIER et YVES SIMON, initiation à la macroéconomie, 8 Edition DUNOD ; pg 385
11

Plus une devise est demandée, plus son taux de change par rapport aux autres
monnaies augmente. Une devise est davantage demandée qu’offerte sur le marché des changes
lorsque le pays émetteur de cette monnaie connait des excédents commerciaux parce que les
exportateurs désirent recevoir leur propre monnaie. A l’inverse, un pays dont la balance
commerciale est déficitaire voit sa monnaie davantage offerte (par les importateurs qui cherchent
des devises) que demandée.

Des facteurs autres que commerciaux interviennent pour entrainer les fluctuations
de monnaies.

En effet, il n’existe pas de système de « flottement » pur des monnaies dans la


mesure où les banques centrales interviennent toujours peu, sur le marchés des changes afin
d’éviter de trop fortes variations de leur monnaie.11

I.1.3.2. Le régime de change fixe


Dans un système de change fixe, les pouvoirs publics et la banque centrale
s’efforcent de maintenir le taux de change à un certain niveau appelé la parité de la monnaie
nationale. Cette parité est déterminée par rapport à un étalon qui est aujourd’hui soit une devise
soit un panier de devises.

La fixité du taux de change n’est pas absolue. Il est généralement prévu que le taux
de change peut librement fluctuer dans une bande étroite autour de la parité officielle. Cette bande,
variable selon les monnaies, est appelée la marge de fluctuation.

Si l’offre de la monnaie domestique est supérieure à la demande au cours fixe, la


banque centrale achète sa monnaie en contrepartie de devises étrangères (titres des réserves de
change). Ainsi, le cours de la monnaie ne se déprécie pas. Cette opération, rogne les réserves de
change.

Si par contre, l’offre de la monnaie domestique est inférieure à la demande, au cours


de parité, la banque centrale vend sur le marché la monnaie nationale contre des devises pour
empêcher son appréciation.

11
Yves capul, Dictionnaire d’économie et sciences sociales, pg 41
12

Nous remarquons à ce stade que lorsque les autorités monétaires ne sont plus en
mesure de maintenir le taux de change à l’intérieur de la marge de fluctuation et si le déséquilibre
devient chronique, le cout de l’intervention dévient plus onéreux.

Tant que la parité officielle de la monnaie correspond au taux d’équilibre qui


s’établirait dans un système de change flexible, la banque centrale et les pouvoirs publics n’ont
aucune difficulté à faire respecter la fixité du taux de change. Les problèmes apparaissent quand
une divergence se fait jour entre le taux officiel et le taux d’équilibre sur le marché.

Aujourd’hui, l’ensemble des grandes devises internationales évoluent dans le cadre


d’un système de change flottant, mais pendant la période allant de 1944 à 1971, consécutivement
aux accords de breton Wood, les variations des cours des devises étaient contraintes par un régime
de change fixe.12

I.1.4. Le contrôle des changes


Le contrôle des changes sont les mesures prises par un gouvernement pour
réglementer l'achat et la vente de monnaies étrangères par ses ressortissants. C'est à la suite des
grands déséquilibres économiques et financiers provoqués par la Première Guerre mondiale que de
nombreux États ont été amenés à limiter, voire à supprimer, la liberté des transactions en monnaies
étrangères. Ces restrictions répondent à plusieurs buts.

Le contrôle des changes s'exerce par plusieurs procédés :

 Interdiction ou limitation de tout achat de monnaie étrangère qui n'est pas justifié par le
règlement d'une importation autorisée ;
 Présentation à l'autorité compétente des documents établissant la réalité de l'importation ;
après vérification, l'importateur effectue le règlement dans sa propre monnaie, et
obligatoirement dans une banque qui assurera ensuite le transfert au vendeur étranger ;
 Obligation pour l'exportateur, ou pour le créancier de tous autres revenus provenant de
l'étranger, de « rapatrier » les fonds, c'est-à-dire de les faire verser à une banque qui le
réglera en monnaie du pays ;
 Interdiction ou limitation de toute exportation de billets de banque, et obligation de vendre
à une banque, en rentrant dans le pays, les billets étrangers que l'on détient ;

12
BERNAR BERNIER et YVES SIMON, initiation à la macroéconomie, 8 Edition DUNOD ; pg 389
13

 Restrictions ou conditions imposées à l'exportation des revenus provenant


d'investissements faits dans le pays par des étrangers.
Ces réglementations relatives au « change » ou aux « devises », c'est-à-dire aux
instruments de paiement en papier (billets de banque, lettres de crédit, effets de commerce,
coupons), sont le plus souvent accompagnées de restrictions relatives à la détention, à l'exportation
et à l'importation d'or, monnayé ou non. Elles combinent également leurs effets avec ceux des
réglementations portant sur l'importation ou l'exportation de certaines marchandises.13

I.1.5. Le système monétaire international


Comme il n’y a pas de monnaie internationale, il faut organiser les échanges entre
monnaies pour permettre les échanges des biens et services. Un système monétaire international
(SMI) est un ensemble des règles, des mécanismes et des instruments visant à organiser et contrôler
les échanges monétaires entre les pays.

Les pays membres d’un système monétaire international doivent assurer au


préalable la convertibilité externe de leur monnaie. Cela signifie que tout étranger détenteur de
cette monnaie doit avoir à tout instant la possibilité de l’échanger librement contre d’autres
monnaies. Un système monétaire international n’est pas à confondre avec une zone monétaire.
Celle-ci regroupe un ensemble de pays acceptant la suprématie d’une seule monnaie, les autres
monnaies étant définies par rapport à la monnaie dominante.14

I.1.6. Politique de change


La politique de change est une action des pouvoirs publics visant à modifier le taux
de change de la monnaie nationale afin de rétablir l’équilibre commercial ou de lutter contre
l’inflation. Elle n’est possible que dans un système de change fixe où les parités de monnaies
correspondent officiels et stables par rapport à un étalon (système monétaire international). Elle
peut être comprise sous deux formes, la dévaluation et la réévaluation.

13
Matière pédagogique du module finances internationales, financement et trésorerie, 2007
14
Yves capul op. cit, pg. 477, 478, 479
14

A. La dévaluation
La dévaluation est une décision officielle des autorités monétaires consistant à
diminuer la valeur de la monnaie par rapport à un étalon de référence (or, une autre monnaie, …).

La dépréciation d’une monnaie doit être distinguée de la dévaluation. Dans un


système monétaire international où les changes ne sont pas fixes, c’est-à-dire lorsque les banques
centrales ne sont pas obligées d’assurer la stabilité de leur propre monnaie par rapport à d’autres
devises, les taux de changes fluctuent librement sur le marché des changes. La dépréciation
correspond alors à la diminution de la valeur d’une monnaie par rapport à une ou plusieurs devises.
La dépréciation peut être un processus très lent à l’inverse d’une dévaluation qui est une
modification brutale et officielle de la valeur d’une monnaie.15

B. La réévaluation
C’est pratiquement une opération inverse à la dévaluation. C’est un instrument de
la politique monétaire qui consiste en une hausse de parité de la monnaie. Cette opération peut être
provoquée par une accumulation d’excédent de la balance des paiements.

Elle entraîne l’accroissement de l’offre intérieure des biens et services, est pénalisé
l’offre extérieure.16

I.1.7. Le marché des changes au comptant et à terme


Le marché au comptant (spot) est celui de la livraison et du règlement immédiats
des devises. En d'autres termes, si vous voulez acheter une devise aujourd'hui pour en prendre
livraison à ce jour, au prix du jour ; vous l'achetez sur le marché au comptant. Le taux de change
au comptant est très sensible aux changements de conjoncture économique. Tout simplement parce
qu'il s'agit de la première étape des flux internationaux et une transaction au comptant peut être
conclue en quelques secondes. Les marchés au comptant des devises les plus importantes sont les
marchés les plus liquides et les cours peuvent changer des milliers de fois en une journée à mesure
que de nouveaux ordres d'achat ou de vente sont passés.

Sur le marché au comptant, le cours de change est fixé à la date de la transaction (la
date « Effective »), l'échange effectif se faisant le plus tôt possible. La date standard pour un

15
YVES capul op. cit. pg. 353,354
16
BOUCHETA, op.cit, p.27
15

règlement « immédiat » est de deux jours après la conclusion de la transaction (T+2). On l'appelle
la date de valeur au comptant. La seule exception à cette convention concerne les transactions
entre l'USD et le CAD dont la date de valeur au comptant est d’un jour (T+1). Ceci réduit les
risques de règlement et donne assez de temps pour confirmer les détails d'une transaction et pour
que les contreparties puissent échanger les instructions de règlement. Par exemple, on dit qu'une
transaction au comptant standard faite le 13 juin a pour valeur le 15 juin ; à moins que l'une des
deux places financières soit en vacances le 14 ou le 15 juin, auquel cas la date de valeur sera le 16
juin. De même, les week-ends prolongent la date de valeur au comptant. Si une transaction standard
au comptant n'est toujours pas réglée le deuxième jour ouvrable après la conclusion de l'affaire, les
intérêts vont commencer à s'accumuler à la charge de la partie qui a manqué à son obligation de
livraison.

Avec le développement des systèmes de règlement intra-jour (systèmes de


règlement brut en temps réel - RTGS) dans les années 1990, on peut également réaliser des
transactions qui vont être réglées le lendemain (valeur demain), voire le jour même (valeur
aujourd'hui).

Le marché au comptant est essentiellement un marché :

 Interbancaire (les banques sont les principaux acteurs)


 Continu (les devises librement convertibles sont cotées tous les jours ouvrés, 24/24 h,
 De gré à gré (les deux intermédiaires négocient librement les cours de change ainsi que le
montant des transactions)
Ces hypothèses nécessitent que le marché au comptant soit liquide et transparent.

La cotation se fait sous la forme de deux prix : un cours d’achat et un cours de vente.
Ainsi, si le cours EUR/USD annoncé à Paris est de 1,5810/1,5820, il faut comprendre que le coteur
propose d’acheter un euro contre 1,5810 USD et de le vendre contre 1,5820 USD. L’écart entre les
deux cours est le spread (ici de 10 point). Le spread exprimé est habituellement assez serré du fait
de la concurrence. Le spread peut toutefois s’élargir dans les périodes de tension ou de forte
incertitude sur le marché des changes. Le marché des changes à terme est le lieu de la réalisation
des opérations de change à terme (forward). Ces opérations se distinguent des opérations de
change au comptant en ce que l’échange des monnaies s’effectue à une date ultérieure définie,
alors que les conditions de l’échange sont fixées au moment de la conclusion de la transaction.
16

Les échéances peuvent aller de quelques jours à plus d’un an. L’échéance standard
est 30 jours, 60 jours, 90 jours, 180 jours et un an.

I.1.8. L’état de la balance de paiements et le taux de change


Deux analyses permettent d’appréhender l’influence des soldes de la balance de
paiements sur le taux de change. La première s’appuie sur la balance des transactions courantes.
La seconde recourt à l’analyse monétaire de la balance de paiements.

a. L’approche par les biens et services


Si une entreprise congolaise exporte des biens aux Etats unis, l’importateur
américain doit se procurer des francs congolais sur le marché et, pour ce faire, vendre des dollars.
Cette demande de francs congolais et cette offre de dollars tend à apprécier le franc congolais. Tout
accroissement des exportations augmente l’offre de devises étrangères et la demande de monnaie
nationale. Cette dernière tend par conséquent à s’apprécier.

A l’inverse, les importations congolaises en provenance des Etats unis engendrent


une demande de dollars et une offre de francs congolais. Tout accroissement des importations de
la part des entreprises et des consommateurs congolais tend par conséquent à déprécier les francs
congolais.

Si l’on prend simultanément en considération les exportations et les importations,


on peut dire qu’un excèdent commercial doit, toutes choses restant égales par ailleurs, induire une
appréciation de la monnaie congolaise. Inversement, un déficit commercial doit induire une
dépréciation de la monnaie congolaise.

b. L’approche monétaire de la balance de paiements


Pour les tenants de cette analyse, la valeur du taux de change est fonction de l’offre
de monnaie ; il s’apprécie lorsque la masse monétaire diminue et se déprécie lorsqu’elle augmente.

Supposons que la balance des paiements soit déficitaire. Selon l’approche monétaire
de la balance de paiements, seule une réduction de l’offre de monnaie peut rétablir l’équilibre
extérieur. En effet, une diminution de la masse monétaire provoque une hausse du taux d’intérêt,
une réduction de l’activité économique et, par conséquent, une baisse des importations, ce qui
améliore la balance commerciale et apprécie le taux de change. Par les entrées des capitaux qu’elle
entraine, la hausse du taux d’intérêt améliore également la balance des capitaux et apprécie le taux
17

de change. Ainsi, tant par le canal des biens et services que par celui des capitaux, la diminution
de l’offre de monnaie induit une hausse du taux de change.

I.1.9. Le différentiel d’inflation et la parité des pouvoirs d’achat


La théorie de la parité des pouvoirs d’achat postule qu’un même bien ne peut avoir
durablement un prix diffèrent dans deux pays. Si un boisseau de blé vaut 3 dollars à Chicago, il
devrait couter aussi 3 dollars à Kinshasa (compte tenue du taux de change et en supposant une
absence des couts de transport et des droits de douane). Si les prix étaient différents à Kinshasa et
à Chicago, il serait possible d’en tirer profit en effectuant des échanges et arbitrages.

Par conséquent, si les prix dans un pays A augmentent plus rapidement que dans un
pays B (si le taux d’inflation en A est supérieur au taux d’inflation en B), il est normal que la
monnaie du pays A se déprécie sensiblement dans les mêmes proportions par rapport à la monnaie
du pays B. la liaison entre les variations du taux de change et le différentiel d’inflation est vérifiée
à moyen et à long terme.

Il convient d’introduire deux autres facteurs dans l’analyse : la croissance relative


des masses monétaires, d’une part, les variations de la productivité d’autre part.

Dans le cas où les variations du taux d’inflation sont induites avec un décalage de
12 à 18 mois par celle de la masse monétaire, le pays qui enregistre la plus forte croissance de la
masse monétaire verra, toutes choses restant égales par ailleurs, sa monnaie se déprécier. Les
opérateurs sur les marchés financiers internationaux anticipent en effet dès aujourd’hui les
conséquences à venir d’une croissance excessive de la masse monétaire. Ils vont donc vendre la
monnaie dont le taux de croissance de l’offre est plus élevé et rendre effective, dès maintenant, sa
baisse sur le marché des changes.

Inversement, une croissance plus élevée de la productivité dans un pays, doit


entrainer, toutes choses restant égales par ailleurs, une hausse de la valeur de sa devise sur le marché
des changes, car cette croissance différentielle traduit un renforcement de l’économie réelle du
pays qui en bénéficie.17

17
BERNAR BERNIER et YVES SIMON, initiation à la macroéconomie, 8 Edition DUNOD, Paris 2001; pg 393
18

I.10. Les variations des taux d’intérêt et les mouvements internationaux des capitaux
La relation des taux d’intérêt qui associe les taux de change et les taux d’intérêt
indique qu’une monnaie étrangère doit se déprécier à terme lorsque le taux d’intérêt étranger
augmenté plus que le taux d’intérêt national.

La théorie de la parité du taux d’intérêt repose sur la loi du prix unique appliquée
aux marchés financiers. Elle prédit que la parité des rendements des placements financiers doit être
vérifiée pour deux pays distincts, en l’absence de barrières aux mouvements de capitaux et si les
marchés des capitaux sont parfaitement concurrentiels. Tout écart constaté entre les taux d’intérêt
nominaux implique une variation du taux de change qui viendra le compenser.

Cette théorie a été conceptualisée par J.M. KEYNES, en disant que : « Les cours à
terme des devises tendent à s’ajuster aux parités de taux d’intérêt. Le report et le déport d’une
devise A par rapport à une devise B sont, dans ces conditions déterminées par le différentiel de
taux d’intérêt sur le marché monétaire de monnaie A et B. Selon cette théorie on peut distinguer
deux sortes de parités de taux d’intérêt : la théorie de parité couverte des taux d’intérêt et la théorie
de parité non couverte.18

Les capitaux à la recherche d’une rémunération s’orientent, toutes choses restant


égales par ailleurs, vers les places financières où les taux d’intérêt sont les plus élevés.

A un moment donné, le rendement sur le bon de trésor américain est de 4% et celui


sur le bon de trésor congolais est de 20%. Face à cette situation, les investisseurs américains vont
augmenter leur demande du franc congolais (par conséquent accroitre l’offre des dollars) pour
investir à Kinshasa. Dans le même temps, les investisseurs congolais liquident leur placement en
dollars pour acquérir les bons de trésor congolais. Ces réajustements dans la composition des
portefeuilles induisent un accroissement de l’offre de dollars sur le marché des changes de la part
des investisseurs américains (et des tous les investisseurs internationaux de manière générale) et
une réduction de la demande de dollars de la part des investisseurs congolais (et des tous les
investisseurs internationaux de manière générale).19

18
BOUCHETA YAHIA, Etude des facteurs déterminants de taux de change du Dinard Algérien, Thèse, Université de
Tlemcen (2014)
19
BERNAR BERNIER et YVES SIMON, Op. Cit. P. 395
19

I.1.11. La politique monétaire

Le concept de politique monétaire est trop complexe. De ce fait, plusieurs auteurs


le définissent, chacun selon sa vision. Mais toutes ces définitions tournent autour de l'offre et
demande de monnaie et surtout de la régulation monétaire.

(20)
Janine BREMOND et Alain GELEDAN définissent la politique monétaire
comme étant l'ensemble des moyens mis en place pour contrôler la croissance de la masse
monétaire.

(21)
Quant à Jacques et Colette NEME , la politique monétaire est définie
comme l'action exercée par les autorités monétaires (Banque Centrale + Trésor) ou pouvoirs
publics sur la masse monétaire et les actifs financiers en vue d'orienter l `économie à court ou
moyen termes ; elle est donc assujettie aux objectifs généraux de la politique économique.

D'une manière générale, les objectifs finals de la politique économique sont : le plein
emploi, la croissance économique, la stabilité des prix, la satisfaction des besoins publics et la
réduction des inégalités, la contrainte extérieure ou l'ouverture de l'économie sur l'extérieur, les
conflits d'objectifs : le dilemme inflation-chômage, qui lui assignent des priorités et des contraintes.

Elle repose sur quelques mécanismes que les Etats ont eu tendance à s'emprunter les
uns les autres. Mais dans des contextes différents, des mesures techniques analogues ont des effets
inégaux. Or, la diversité du cadre institutionnel des politiques monétaires est plus grande que celle
de ses instruments.

Pour terminer, on peut dire avec Jacques-Henri DAVID et Philippe JAFFRE


(22)
que la politique monétaire est l'une des composantes (ou instruments) de la politique
économique générale dont les autres sont la politique budgétaire et fiscale, la politique des revenus,

(20) BREMOND J., et GELEDAN A., Dictionnaire Economique et Social, Paris, Hatier, 1990, 4ème édition augmentée,
p.275
(21) NEME J.C., Politiques économiques comparées, (collection Thémis), Paris, PUF, 1977, p291.
(22) DAVID J. H. et JAFFRE Ph., La monnaie et la politique monétaire, Paris, Economica, 1990, 3ème édition, pp. 91-
92
20

la politique des prix, la politique de change, la politique industrielle, la politique agricole, la


politique environnementale, la planification indicative et les autres politiques sectorielles.

Pour être efficace, cette politique économique doit être cohérente, ce qui signifie
qu'il ne peut y avoir de politique monétaire indépendante de l'ensemble de l'action économique du
gouvernement ou des pouvoirs publics. Ce qui m'amène à définir la politique économique.

La politique monétaire est un instrument de la politique économique consistant à


fournir les liquidités nécessaires au fonctionnement et à la croissance de l’économie tout en veillant
à la stabilité de la monnaie.

La politique monétaire est l’ensemble des moyens dont disposent les Etats ou les
autorités monétaires (la banque centrale) pour agir sur l’activité économique par l’intermédiaire de
l’offre monétaire. L’objectif est en règle générale, d’assurer la stabilité de prix qui est considérée
comme un préalable au développement économique en essayant si possible d’atteindre des objectifs
de croissance de plein emploi et d’équilibre du commerce extérieur.23

La politique économique peut être définie comme « une action générale du pouvoir
politique central, cohérente et finalisée, s'exerçant dans le domaine de l'économie, c'est-à-
dire touchant à la production, à l'échange, à la consommation des biens et services et à la
constitution du capital »

Lorsque l'on examine les trois définitions de la politique monétaire, on constate que
la deuxième (celle des NEME) est beaucoup plus complète. En effet, elle englobe les 1 ères et
3èmes définitions. Car la première définition met l'accent sur le contrôle de la croissance monétaire,
pendant que la troisième insiste sur la dépendance de la politique monétaire de la politique
économique générale.

En définitive, il incombe au gouvernement de déterminer la politique économique


d'ensemble et partant, les orientations de la politique monétaire qui en est l’instrument essentiel.
La Banque Centrale a le droit, eu égard à son indépendance et en sa qualité de conseiller
économique et financier du Gouvernement, de proposer les mesures monétaires conformes aux

23
Http : // Toupictionnaire.Fr/ politique monétaire
21

objectifs de la politique économique et à l `équilibre monétaire interne et externe, par la régulation


des flux financiers, en plus de ses pouvoirs relatifs à ses taux d'intérêt.

La politique monétaire est une composante de la politique économique d’ensemble,


la Banque centrale est généralement chargée de l’exécuter.24

Elle est aussi définit comme un ensemble des actions délibéré des autorités (Banque
centrale, Trésor Public) sur la masse monétaire et les actifs financiers en vue de la régulation de
l’Economie à court terme et à moyen terme.(25)

En allant plus large, cette définition considère la politique monétaire comme une
composante principale de la politique économique. La politique monétaire renvoie à l’une des
instruments de la politique économique mise en œuvre pour atteindre les objectifs.

La politique monétaire a pour objectif de contrôler la liquidité de l’économie à


travers l’offre de monnaie, l’ajustement de l’offre de monnaie à la demande de monnaie. C’est
l’ensemble des actions et mesures présenté par l’autorité monétaire en générale. La banque
centrale qui agit sur l’offre de monnaie dans le but de remplir son objectif de stabilité des prix à
long terme. (26)

Elle tente également à atteindre les autres objectifs de la politique économique


qualifié du carré magique de NICOLAS KALDOR :

 La croissance économique ;
 Le plein emploi ;
 La stabilité des prix ;
 L’équilibre extérieur.
A. Le plein emploi

Pour l’économiste, il s’agit d’utiliser tous les facteurs de production disponible,


c’est-à-dire de l’affecter à l’emploi pour lequel ils ont la plus forte productivité. Cet objectif

(24) Mounir SMIDA, l’économie monétaire pas à pas 2007, P5


(25) Ahmed SLEM ANTOINE, gantier, lexique d’économie, 14 ème édition, 2004, P20
(26) PHILIPPE M. monnaie, Banque et Banque centrale dans la zone Euro, Ed BOECK, 2004. P. 125
22

s’entend souvent comme la prévention et la réalisation du chômage qui se produit lors de


changement d’emploi, déclin d’une tranche d’activité ou d’une région particulière.

B. La stabilité des prix

L’inflation, ou une situation de la hausse des prix est durablement faible ou


nulle, maintenant aussi l’incertitude des agents économique à un niveau faible. Cet objectif se
définit comme le maintien de la stabilité des prix de détail, la lutte de l’inflation n’apparait alors
comme un objectif que dans la mesure où elle conditionne aussi l’équilibre des échanges extérieurs.

C. L’équilibre extérieur

Il s’agit d’équilibrer les entrées et les sorties des biens, services, des revenus et
capitaux : à court terme. L’objectif est essentiellement le maintien d’un niveau satisfaisant des
réserves de change, en revanche à long terme, l’objectif peut prendre des formes diverses telles que
l’augmentation des exportations, un surplus déterminé de la balance de paiement globale ou en
compte courant, ou encore une modification de la structure régionale des exportations.

D. La croissance économique

Il s’agit de stimuler le développement de la production et du revenu national


considéré comme le Garant d’une amélioration du bien-être des individus. C’est aussi le passage
d’un niveau bas à un niveau supérieur de production.

Cet objectif dont l’importance s’est accrue au cours de ces dernières années peut se
définir comme un taux d’accroissement satisfaisant du produit national brut réel, exprimé par
habitant.
23

SECTION 2 : CADRE THEORIQUE DE RECHERCHE


Cette section sur le cadre théorique de recherche tablera principalement sur les
relations théoriques entre les différentes variables ciblées hypothétiquement en mettant en exergue
pour certaines les mécanismes de leurs déterminations et ipso facto leur impact sur le taux de
change expliqué en détail dans le premier chapitre sur le cadre théorique. Ainsi, nous évoquerons
le taux d’intérêt, l’inflation et la courbe IS-LM qui explique l’équilibre sur le marché des biens et
services et le marché monétaire, elle explique également l’impact de la politique économique sur
le taux de change et les théories sur la politique monétaire.

I.2.1. La détermination du taux d’intérêt


I.2.1.1. L’offre de monnaie

L’offre de monnaie est le fait du système bancaire (banque centrale pour la monnaie
fiduciaire et banques commerciales pour la monnaie scripturale). La banque centrale est en dernier
ressort l’institution qui détermine le volume de la masse monétaire. Elle régularise la création
monétaire à l’aide de différents instruments de la politique monétaire.

Pour Keynes, l’offre de monnaie est une variable déterminée par la banque centrale,
indépendamment du niveau du taux d’intérêt. Le graphique (2.1) présente l’offre de monnaie.

Graphique 2. 1 : l’offre de monnaie

Taux
d’intérêt i OM

Quantité de monnaie
24

I.2.1.2. La demande de monnaie


Pour expliquer la demande de monnaie des agents non bancaires, il faut répondre à
la question suivante : pourquoi les agents économiques désirent-ils détenir une partie de leur
richesse sous forme de liquidités qui ne rapportent rien alors qu’ils pourraient avec ces liquidités
acheter des obligations qui leur apporteraient un certain rendement ?

Keynes a distingué trois motifs de détention de monnaie.

Les agents économiques gardent de la monnaie pour effectuer leurs achats courants.
Cette demande de monnaie pour motif de transaction est fonction du montant du revenu national.

Les agents économiques gardent de la monnaie pour faire face à des dépenses
imprévues. Cette demande de monnaie pour un motif de précaution est également fonction du
niveau de revenu national.

En notant M1 la monnaie détenue par les agents économiques au titre des motifs de
transaction et de précaution, la fonction de demande de monnaie s’écrit :

M1 = DT(Y)

Elle est représentée sur le graphique (2.2) : les besoins de monnaie sont
proportionnels à l’activité économique et au niveau du revenu national.

Graphique 2. 2 : la demande de monnaie pour les motifs de transaction et de précaution

M1
M1 = DT(Y)

0 Y
25

Le troisième motif de détention de la monnaie est le motif de spéculation. La


demande de monnaie au titre de ce motif est fonction du taux d’intérêt. Keynes la qualifiait de
« préférence pour la liquidité » et considérait qu’il s’agissait de la véritable variable de demande
de monnaie.

Quand le taux d’intérêt est élevé, les investisseurs et les agents économiques n’ont
aucune raison de conserver des liquidités. Il est bien préférable pour eux d’acheter sur le marché
financier des titres qui ne valent pas cher et qui sont cotés en dessous de leur valeur de
remboursement. Par ailleurs, conserver des liquidités quand les taux d’intérêt sont élevés représente
une perte en opportunité dans la mesure où les investisseurs se privent d’un placement rapportant
plus. Le raisonnement est encore plus vrai si les taux continuent à monter. Par conséquent, en
période de taux élevés, la demande de titres (et la faible demande de monnaie) par les agents
économiques est également justifiée par le fait que les prix de titres à revenu fixe qui sont achetés
ne pourraient que s’élever si les taux d’intérêt baissaient.

Quand le taux d’intérêt est bas, les agents économiques ont avantage à liquider les
obligations qu’ils peuvent avoir en portefeuille, car ils réalisent, ce faisant des plus-values en
capital. Par ailleurs, le cout d’opportunité que représente la détention de liquidités est moindre
quand le taux d’intérêt est faible. Par conséquent, en période des taux d’intérêt faibles, la demande
de monnaie au titre du motif de spéculation est forte. Cette demande de monnaie est également
justifiée par le fait que les investisseurs n’ont aucun avantage à acheter des titres à revenu fixe dont
les prix ne pourraient que baisser si les taux venaient à monter.

Si M2 est la monnaie détenue pour un motif de spéculation, la fonction de demande


pour ce motif est :

M2 = DS(i)
Elle est représentée sur le graphique (2. 3) :
26

Graphique 2. 3 : l’équilibre sur le marché monétaire

i M1 M2 DM OM

E
Î

DM
M2
0

La demande totale de monnaie s’écrit :


DM = M1 + M2
Cette demande est représentée sur le graphique (2.3) M2 est la demande de
monnaie pour un motif de spéculation. M1 est la demande de monnaie pour un motif de
transaction et un motif de précaution. Elle est représentée par une droite verticale car cette
composante de monnaie ne dépend pas tu taux d’intérêt.

Le point E représente l’équilibre de l’offre et de la demande de monnaie sur le


marché au taux d’intérêt î.27

I.2.2. La monnaie et l’inflation


Milton Friedman résume la thèse des monétaristes dans Inflation et systèmes
monétaires : « tel ou tel facteur peut être responsable de l’inflation s’il entraine une expansion de
la masse monétaire sensiblement plus forte que le taux normal d’accroissement de la production. »

De manière générale, les thèses monétaristes modernes concluent que les variations
de la masse monétaire provoquent, à court terme, des variations de même sens de l’activité

27
BERNARD BERNIER et YVES SIMON, Op. Cit (Pg 217)
27

économique (en volume) et, quelques mois plus tard, des fluctuations du niveau des prix. Selon
l’école monétariste, l’inflation est due à la mise en œuvre par les pouvoirs publics des politiques
monétaires actives destinées par exemple à relancer la demande. Plus précisément, l’inflation
apparait lorsque la croissance de la masse monétaire est supérieure à celle du PIB : la production,
parce qu’elle est inélastique à court terme, ne pouvant répondre à la demande, les prix montent.

La relation s’écrit :

MV = PY

A moyen terme, sous l’influence de la croissance démographique et du progrès


technique, la production peut varier, l’équation s’écrit alors, en dérivant par rapport au temps :

dM dP dY
= +
M P Y
Soit : m=p+y

Or, p + y est la somme du taux d’inflation et du taux de croissance réelle, c’est-à-dire le taux de
croissance nominale. On en déduit bien qu’il y a absence d’inflation si la croissance de la masse
monétaire n’excède pas celle du PIB. Ainsi nous avons la relation suivante :28

p=m–y

I.2.3. L’équilibre macroéconomique et le schéma IS-LM


L’équilibre sur le marché des biens et services, c’est-à-dire celui de l’offre et de la
demande, est donné par la condition de l’équilibre macroéconomique : I prévu= S prévue. Cette
condition est résumée par la courbe IS.

L’équilibre sur le marché de la monnaie, c’est-à-dire celui de la demande de


monnaie L, et de l’offre de monnaie, M, est représenté par la courbe LM.

28
BERNARD BERNIER et YVES SIMON, Op. Cit (Pg 303)
28

I.2.3.1. L’équilibre sur le marché des biens et services : la courbe IS


a) La construction de la courbe IS
Graphique 2. 4 : La construction de IS

S S
I=S
S = Y- C(Y)

S1 = 40

E
S0 = 28
D

0 Y 0 I
Y0 Y1 I0 I1
(240) (300) (28) (28)

(C) (B)
i
i

A C
I0 =6,5%

B
i1 =2,5%

ISO I = I(i)

0 Y 0 Y
Y0
90 Y1
255 I0 40
I1
(240) (300) (28) (40)
(D) (A)

Supposons, sur le cadran (A) un niveau du taux d’intérêt io= 6,5% : le point C sur la
fonction d’investissement détermine un niveau d’investissement Io = 28. Ce montant est reporté
sur le cadran (B) dont la première bissectrice indique les points d’équilibre I=S, en l’occurrence le
point D. La condition d’équilibre est donc donnée pour Io=28. En reportant cette valeur sur la
fonction d’épargne du cadran (C), le point E indique que le revenu national est Yo=240. Cette
29

valeur est le niveau du revenu national qui réalise I prévu = S prévue. Les coordonnées Yo=240 du
cadran (C) et io = 6,5% du cadran (A) sont reportées sur le cadran (D) pour former A qui est un
premier point de la courbe IS, appelé ici ISo. Ainsi, le cadran D illustre qu’avec un taux d’intérêt io
le revenu qui assure l’égalité de l’épargne et de l’investissement est Y o. En utilisant la même
démarche à partir de tout autre niveau du taux d’intérêt, tel que i1, on obtient la courbe Iso.

La courbe IS est une relation entre le taux d’intérêt et le revenu, donnant l’équilibre
de l’épargne et de l’investissement, c’est-à-dire l’équilibre entre la demande et l’offre de biens et
services.

c) Le déplacement de IS
La courbe IS se déplace pour deux raisons principales : la variation de
l’investissement et la variation des dépenses publiques. Le graphique (2.5) démontre cette
proposition. Il raisonne sur une hausse de ces deux variables ; mutatis mutandis, l’analyse est la
même en cas de baisse.

La variation de l’investissement

Supposons que les entrepreneurs désirent investir plus pour tout niveau du taux
d’intérêt, par exemple parce que la demande de consommation est en hausse constante. Admettons
que l’accroissement de l’investissement soit de 10 pour tout niveau de taux d’intérêt, et que celui-
ci s’établisse à 6,5%. Sur le cadran (A), l’investissement se monte, par exemple à 38 au lieu de 28,
son niveau antérieur : on obtient le point C. Par une méthode identique à celle utilisée pour le
graphique (2.4), on détermine un point A’ de la courbe IS sur le cadran (D). Le choix d’un taux
d’intérêt de 2,5% permet de construire, d’une part, la droite I’ du cadran (A) et, d’autre part, à l’aide
du point B’, la droite IS’ du cadran (D).

La variation des dépenses publiques

En l’absence des dépenses publiques, la condition d’équilibre est I = S.


L’introduction de l’Etat modifie cette égalité. A l’investissement privé I, il faut ajouter une
deuxième composante de la demande globale, la consommation et l’investissement publics, appelés
dépenses publiques G. La condition d’équilibre devient :

S = I+G
30

La droite I du cadran (A) se déplace à droite en I(i) + G, puisqu’on ajoute à


l’investissement un nombre positif pour toute valeur du taux d’intérêt. Partant de niveaux donnés
du taux d’intérêt, un cheminement identique à celui déjà adopté permet de construire la droite ISG
du cadran (D). A fortiori, IS se déplace à droite si les dépenses publiques augmentent : c’est le cas
sur la droite I(i) + G + ∆G sur le cadran (A). Sur le cadran (D), la nouvelle droite IS et ISG (∆G).

Graphique 2.5 : Le déplacement de IS

S S
S = Y- C(Y) 50

E
38
D

0 0 I
Y0 Y1 Y 38 50
(240)
(C) (B)
i
i

6,5% C I(i)+G+∆G
A ISG(∆G)

B 2,5%
I(i)+G
ISO IS’ ISG
I I’
0 Y 0 Y
Y0
90 Y1
255 (28) (38) 40 (50)
(240) (300)
(D) (A)
31

I.2.3.2. L’équilibre sur le marché monétaire et la courbe LM


 La construction de LM
La courbe LM est une relation entre le taux d’intérêt et le revenu national donnant
l’équilibre de la demande et de l’offre e monnaie. Chaque point de la courbe LM est construit pour
une offre de monnaie (masse monétaire) et un taux d’intérêt donnés.

L’offre de monnaie OM est donnée. Elle est égale à 76. Le taux d’intérêt est i = 3%.
Pour ces valeurs, la demande de monnaie pour un motif de spéculation est de 48 (cadran A) chiffre
donné par la fonction de préférence pour la liquidité M2 = DS(i) au point R. Le cadran (B) figure la
condition d’équilibre sur le marché monétaire : M1 + M2 = 48 (cadran A), la demande de monnaie
pour les motifs de transaction et de précaution M1 = OM – M2 = 76 – 48 =28. Telle est la
signification du point S. Cette valeur reportée sur la fonction M1 du cadran C, correspond au point
T, à un niveau du revenu national Y = 90. Sur le cadran D, la jonction des coordonnées i = 3% et
Y = 90 détermine D, le premier point de la courbe LM.

Graphique 2. 6 : la construction de LM

M1 M1
M1 = DT(Y)

61

T S
28

E
0 Y 0 M2
90 255 32 48
32

(C) (B)
i
i
LM

C 7%
M2 = DS(i)
D
R
3%

ISO
0 Y 0 M2
90 255 32 48
(D) (A)

Un même raisonnement pour une offre de 93 et un taux d’intérêt de 7% conduit


à C, le deuxième point de LM. Il en est de même pour tout autre couple masse monétaire/Taux
d’intérêt.

 Le déplacement de LM
L’augmentation de l’offre de monnaie, c’est-à-dire la création monétaire, est la
cause essentielle du déplacement de LM. Le graphique suivant analyse ce cas (les résultats sont
inverses dans l’hypothèse d’une destruction de monnaie).

Pour un taux d’intérêt de 3% sur le cadran (A), si l’offre de monnaie s’accroit,


la demande de monnaie de spéculation M2 étant constante à 48, la monnaie de transaction M1
augmente. Sur le cadran (B) ; le point S se déplace en S’, autrement dit la droite M1 M2 se
translate en M1’ M2’. Ceci a pour effet de modifier la valeur du revenu national donné par le
point T’sur le cadran (C). En joignant le taux d’intérêt de 3% du cadran (A) et le niveau du PIB
correspondant au point T’du cadran (C), on obtient le point D’sur une nouvelle courbe LM’ du
cadran (D).
33

Graphique 2.7 : le déplacement de LM

M1
M1 M1’

M1
M1 = DT(Y)

T’ S’

S
28

0 Y 0 M2
90 (B) 48 M2 M2’
(C)
i
i
LM

LM’

D
R
3%
D’ M2 = DS(i)

0 Y 0 M2
90 48
(D) (A)

Un raisonnement identique mené à partir de tout autre niveau du taux d’intérêt


aboutit, sur le cadran (D), au déplacement de LM en LM’. On remarque qu’une création de
monnaie, à demande de spéculation constante, augmente les encaisses de transaction des agents.
Cet accroissement de l’offre de monnaie permet une croissance de la production et du revenu
national. Enfin, l’augmentation des encaisses de transaction permet l’achat de la production
nouvelle.
34

En joignant les coordonnées en Y du point T’et le taux d’intérêt de 3%, on construit


le point D’. Un raisonnement identique pour tout autre niveau du taux d’intérêt conduit à la courbe
LM’.29

Conclusion partielle : nous voici à terme de ce premier chapitre qui a parlé sur le cadre conceptuel
et théorique de recherche. Il a été question d’expliquer les relations d’interdépendance de diverses
variables prises hypothétiquement via le schéma IS-LM de l’équilibre macroéconomique
Keynésien.

I.2.4. Les objectifs opératoires de la politique monétaire. (30)


La banque d’émission poursuit les objectifs opérationnels à savoir :

 Le taux de marché interbancaire ;


 La base monétaire
Ce sont ces objectifs qui permettent aux autorités monétaires de contrôler
efficacement la masse monétaire.

Les actions de la politique monétaire indirect

Après avoir déterminé un certain nombre d’objectif, les autorités procèdent par la
mise en place des moyens qui leurs permettent de réaliser les objectifs poursuivis, ce sont ces
moyens que nous qualifions d’instruments de la politique monétaire.

Ainsi, nous allons tenter d’examiner les différents instruments de la politique


monétaire dans les points qui suivent :

a. Open MARKET

Les opérations d’open MARKET sont les opérations de vente et d’achat des titres
sur les marchés monétaires par les autorités monétaires, elles agissent à la fois sur le montant des
titres détenus dans le portefeuille de la banque centrale.

29
BERNARD BERNIER et YVES SIMON, Op. Cit (Pg 228)
(30) KAJ MAFWANDA Lynda, l’évolution des agrégats monétaire et son impact sur le taux d’échange en RDC,
mémoire, 2016 inédite
35

b. Réescompte au refinancement

Par réescompte, la banque commerciale, Emprunte directement des liquidités à la


banque centrale par le truchement des tiers privés qu’elles ont en portefeuille : ces titres sont
représentatifs de crédit à l’économie.

Le taux de refinancement de ces titres est donc fixé à l’avance. C’est le taux de
refinancement des banques commerciales auprès de la banque centrale.

c. Les réserves obligatoires

Les avoirs en monnaie Banque centrale que les banque du second rand sont détenu
à la banque centrale sur des comptes non rémunérés, le montant des réserves obligatoires est
déterminé par le taux de mesures obligatoires fixé par la banque centrale lorsque les banques locales
veulent fonctionner. Toute personne qui dépense son argent, la banque centrale exige aux banques
commerciales de soustraire une somme d’argent calculé à un taux R.0, réserve dans un compte
bloqué à la banque centrale.

I.2.5. Les actions de la politique monétaire direct


1. L’encadrement de crédit

La banque centrale se pose la question de savoir qu’est ce qui fait augmenter de la


masse monétaire, le crédit, la banque fixe le taux de progression de crédit accordé d’une période à
une autre pour chaque banque pour maitriser la capacité de la monnaie qui circule mais une banque
qui dépasserai subira les pénalités qui consiste à diminuer la capacité monétaire de ladite Banque.
(La pénalité ne frappe pas la banque centrale)

2. La sélectivité de crédit

La technique utilisée par la banque centrale pour créer les crédits vers certains
domaines, vers certains secteurs entrepreneur…. Considéré comme privilège.

I.2.6. Cadre de pilotage de la politique monétaire


Dans la conduite de la politique monétaire, une Banque centrale se base sur un
certain nombre des piliers sur lesquels elle fonde sa mission dans un espace et un temps donné.
36

Le cadre de pilotage de la politique monétaire comprend quatre éléments


principaux : la stratégie, le dispositif institutionnel, les objectifs de la politique monétaire et les
instruments.

I.2.6.1. La stratégie
La pratique de la politique monétaire nécessite la mise en place de deux stratégies ;
soit celle de la règle ou celle de la discrétion d'un côté et la stratégie sans objectifs intermédiaire et
avec objectif intermédiaire.

La règle consiste à l'annonce préalable par la banque centrale des objectifs et en


l'engagement ferme de s'en tenir, sauf en cas de force majeur.

La discrétion tien au traitement cas pour cas des objectifs de la politique monétaire ;
ainsi dans cette stratégie la banque centrale n'annonce pas ses objectifs cibles et a la faculté selon
les circonstances de revoir sa politique tenant compte de l'hypothèse des anticipations des agents
économiques.

Notons que la stratégie de la règle fait l'objet d'un consensus quand a ce qui concerne
son efficacité et sa crédibilité.

La stratégie avec objectif intermédiaire consiste pour une banque centrale de


déterminer des variables monétaires cibles qui permettent d'atteindre l'objectif final de stabilité du
niveau générale de prix.

Tandis que dans la stratégie sans objectif intermédiaire la banque centrale collecte
bien d'autres informations, pas nécessairement des variables monétaires, qui lui permettent de voir
si elle s'approche correctement de ses objectifs finals.

Cette politique dite de ciblage d'inflation ou inflation Target en Anglais met l'accent
prioritairement sur la stabilité des prix.

I.2.6.2. Le dispositif institutionnel


En matière du dispositif institutionnel deux éléments peuvent être évoqués par les
autorités monétaires : l'indépendance de la banque centrale et le cadre du régime de change.

L'indépendance de la banque centrale implique que l'institut d'émission monétaire


est libre de l'accomplissement de sa mission.
37

L'indépendance suppose en outre que la banque centrale a la pleine responsabilité et


le devoir de rendre compte de la mise en œuvre de la politique monétaire ; elle est totalement
garantie si les trois conditions suivantes sont remplies :

- L`indépendance opérationnelle

C'est la liberté dont dispose la banque centrale dans l'élaboration et la mise en œuvre
de la politique monétaire.

- L'indépendance des dirigeants ou administrative.

Elle est évaluée en examinant si les dirigeants, en particulier le gouverneur ou


président d'une banque centrale sont nommés par l'exécutif seul ou si celui-ci ne que d'un pouvoir
de proposition à cet égard.

- L'indépendance financière

Elle est assurée si l'état n'a pas la possibilité de financer ses dépenses par un recours
direct ou indirect aux crédits de la banque centrale.

I.2.7. Les objectifs de la politique monétaire


Comme tout instrument de la politique économique générale, les objectifs de la politique
monétaire, sont définis comme ceux qui ont un rapport direct avec le bien être générale de la
collectivité ; ces objectifs sont qualifiés de finals.

Pour atteindre les objectifs finals qui sont contradictoires (croissance économique,
l'équilibre extérieur, le plein emploi et l'inflation) les autorités monétaires définissent des variables
intermédiaires qu'elles essayent de cibler en raison de leur relation présumée avec les objectifs
finals de la politique monétaire.

Il s'agit des objectifs intermédiaires de la politique monétaire qui sont : les objectifs
quantitatifs, l'objectif de taux d'intérêt et l'objectif de taux de change.

La grande variété des objectifs intermédiaire obligent les autorités monétaires a


choisi les variables qui sont directement à leur disposition ; il s'agit du taux de marche intermédiaire
et la base monétaire exogène qui sont des objectifs qualifies d'opérationnel de la politique
monétaire.
38

I.2.7.1. Les objectifs finals de la politique monétaire


En tant que composante de la politique économique générale, la politique monétaire
contribue à la mise en œuvre des quatre objectifs généraux de la politique économique générale
qualifié de « carre magique » par l'économiste Nicolas KALDOR.

- La croissance économique ;

- Le plein emploi ;

- La stabilité des prix ;

- L'équilibre extérieur.

Figure 1 : carré magique de Nicolas KALDOR.

C'est en rejoignant les quatre points, qu'on obtient un quadrilatère qui représente
d'autant mieux une situation économique favorable que ce quadrilatère est proche du carré
magique.

Les échelles du taux d'inflation et du taux de chômage doivent être inversées, les
objectifs étant d'atteindre 0% sur chacun de ces axes.

Ci-dessous un exemple chiffré (l'idéal de l'économie) avec une croissance de 5%,


une balance commerciale positive de 3% du PIB, une inflation à 2% et un chômage à 10%.
39

Figure 2 : carré magique, exemple chiffré.

Le carré est qualifié de « magique » car, selon Kaldor, il est impossible de réaliser
ces quatre objectifs simultanément. En effet, par exemple, selon la courbe de Phillips, il n'est pas
possible d'avoir en même temps un taux de chômage et un taux d'inflation faibles, ces deux attributs
étant négativement corrélés11.

A partir de ce carré se dégage deux relations importantes en macroéconomie :

- La relation entre l'inflation et le chômage (courbe de Phillips). Si le taux de


chômage est faible, le taux d'inflation serait élevé et vice-versa ;

- La relation entre la croissance économique et le chômage. Invariablement, plus la


croissance est forte et plus le chômage baisse.

Cependant, ces relations varient dans le temps. Elles ne sont donc pas stables au
cours du temps.

Comme souligner ci haut le carré magique met en lumière l'incompatibilité dans


l'atteinte des objectifs de la politique économique simultanément.
40

Ainsi la courbe de Phillips mise en place par Bill PHILLIPS, un économiste néo-
zélandais compare les courbes de l'inflation des salaires nominaux et du chômage au Royaume-
Uni entre 1861 et 1957.

Cette courbe montre une corrélation entre l'inflation et le taux d'emploi ; elle a mis
en évidence que lorsque les salaires augmentaient, le chômage diminuait et les prix augmentaient.
La contraposée est également vraie : lorsque le chômage augmente l'inflation diminue.

Phillips a donc mis en évidence une corrélation entre chômage et inflation et l'a
modélisée dans une courbe.

Figure 3 : courbe de Phillips.

La courbe de Phillips nous montre que les gouvernements ont deux alternatives dans
leur politique monétaire : favoriser un chômage bas ou une inflation faible, les deux étant
antagonistes.

Pour mettre en place ces options, le gouvernement peut agir sur les taux d'intérêts.
Si ces derniers augmentent, on arrive à une explosion du chômage, si les taux d'intérêts diminuent,
l'investissement repart et le chômage baisse.

Cette théorie selon de nombreux économistes n'a une véritable efficacité que sur le
court terme car lors de la crise pétrolière des années 1970, les salaires et les prix ont augmenté
rapidement et le chômage s'est aussi accru simultanément.

Les années 1970 ont donc remis en cause l'aspect antagoniste du chômage et de
l'inflation mis en avant par la courbe de Phillips.
41

I.2.7.2. Les objectifs intermédiaires de la politique monétaire.


Dans la conduite de la politique monétaire la Banque centrale choisie des variables
comme objectifs intermédiaires sur base de trois critères :

- Ces variables doivent être mesurables et disponible statistiquement ;

- Elles doivent être en relation solide et stable avec la ou les variables retenues
comme objectifs final de la politique monétaire, souvent la stabilité des prix ;

- Elles doivent sous contrôle direct ou indirect de la Banque centrale au moyen des
instruments dont celles-ci disposent.

Il s'agit de :

1. Objectifs quantitatifs de monnaie et de crédit ;

2. Objectifs de taux d'intérêt ;

3. Objectifs de taux de change.

Les autorités monétaires se basent en outre sur le contexte institutionnel, lorsque


l'intermédiation bancaire est le principal circuit de financement de l'économie, un agrégat mesurant
le crédit bancaire peut paraitre comme le meilleur objectif intermédiaire ; ce rôle sera plutôt dévolu
au taux d'intérêt si la finance directe de marche joue un rôle prépondérant.

Lorsqu'un pays opte pour un régime de change fixe, le taux de change peut-être
retenu comme objectif intermédiaire.

Les autorités se basent aussi sur le cadre théorique de référence, lorsque la doctrine
monétariste s’impose à partir de la fin des années 1970, la plupart des pays industrialise ont retenus
la masse monétaire comme objectif intermédiaire parce que selon la théorie quantitative de la
monnaie il existe un lien étroit entre la monnaie en circulation et le rythme d'inflation.
42

CHAP II : PRESENTATION DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU


CONGO
Dans ce chapitre, nous avons présente notre cadre d’étude qui est la république
Démocratique du Congo. Ainsi, nous avons parlé de son bref historique, superficie et limites
frontalières, le climat, la végétation de la RDC, situation politique actuelle cadre économique

II.1. CONSIDERARTIONS GENERALES


II.1.1. Le pays en bref
Plus grand pays d’Afrique francophone, la République démocratique du Congo
(RDC) possède d’immenses ressources naturelles et s’étend sur 2,3 millions de km2. Sa population
s’élève à près de 77 millions d’habitants, dont moins de 40 % vivent en milieu urbain. Avec ses
80 millions d’ha de terres arables et plus de 1 100 minéraux et métaux précieux répertoriés, la RDC
pourrait devenir l’un des pays les plus riches du continent africain et l’un de ses leviers de
croissance s’il parvenait à surmonter son instabilité politique.

II.1.2. Superficie et limites frontalières

La république démocratique du Congo, de son ancienne appellation république du


zaïre, est aussi appelé Congo Kinshasa pour la différencier du Congo Brazza (république du
Congo). Ce vaste pays s’étend sur une superficie de 2 345 000 km2 soit quatre plus grands que la
France.

Elle est limitée au nord par la république centre africain et le soudan ; au sud par la
Zambie et l’Angola ; à l’est par l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie et à l’ouest par le
Congo Brazza.

En raison de sa grande superficie, de ses énormes richesses et son importante


population, elle demeure l’un des géants de l’Afrique avec l’Egypte, le Nigeria et l’Afrique du sud.

II.1.3. Le climat

Elle est caractérisée par un climat chaud et humide sur la plus grande étendue de son
territoire et une pluviosité abondante étant donné qu’elle se trouve dans la zone équatoriale et
tropicale humide. Ce grand pays au cœur du continent africain comprend trois climats dont le climat
équatorial, le climat tropical et le climat de montagne.
43

Au niveau de l’équateur, le thermomètre ne descend qu’exceptionnellement en dessous


de 200C sur le plateau, au contraire les nuits sont plus froides. Dans le nord-est des régions de
plateau et de montagne, l’altitude modifie sensiblement les conditions climatiques. La température
est en moyenne 250C autour de la cuvette centrale, 260C sur la côte, de 180C à 200C à l’altitude de
1500 m, de 160C à 170C à 2000m et de 60 à 112m à 300m.

II.1.4. La végétation de la RDC.


Outre ses richesses minières, la RDC a beaucoup d'autres avantages à faire valoir.
Elle est le premier pays d’Afrique du point de vue de l’étendue de ses forêts (la moitié du territoire
national est occupé par de la forêt équatoriale) et le plus important pour la préservation de
l’environnement mondial.

La république démocratique du Congo se classe parmi les 10 pays de la méga


biodiversité du monde avec 480 espèces de mammifères, 565 espèces d’oiseaux, 1 000 espèces de
poissons, 350 espèces de reptiles, 220 espèces de batraciens et plus de 10 000 angiospermes dont
3 000 seraient endémiques. Elle a une faune naturelle exceptionnelle (on y trouve tous les grands
animaux de l’Afrique) et a des espèces rares. Tout ce capital n’a pas été épargné par les divers
conflits et leurs effets dévastateurs sur la faune et la flore. Des milliers d’hectares de forêts sont
dégradés, entraînant une diminution de la biodiversité. Les aires protégées font l’objet de
spoliation, de contrebande et de braconnage; la pression de la chasse et du braconnage a été très
forte sur certaines espèces (comme l'hippopotame, chassé pour l'ivoire de ses défenses à la suite de
l'embargo sur l'ivoire d'éléphant) ces dernières années.

Elle dispose d'abondantes ressources en eau, des lacs poissonneux, notamment le


lac Tanganyika (plus grand que le Burundi) le plus poissonneux du monde. Et les richesses
naturelles comme le pétrole, le gaz sont également présentes, mais sous-exploitée.

La république démocratique du Congo, bénie par la nature, est aussi une terre de
tourisme ; peu d’endroits au monde égalent la beauté des territoires du nord-est de ce pays, ses lacs
aux confins du Nil. La moitié du pays est constitué de la savane, un des habitats les plus variés de
toute l’Afrique. Mais le tourisme n'y a jamais été mis en valeur, tout le contraire des pays d'Afrique
de l'Est et d'Afrique australe.
44

II.1.5. Situation politique actuelle


Le pays se remet encore d’une série de conflits qui ont éclaté dans les années 1990
et généré un marasme économique et social persistant. Joseph Kabila est à la tête de la RDC depuis
2001. Les élections présidentielles et législatives qui devaient se tenir le 27 novembre 2016 ont été
reportées afin de réviser le fichier électoral. Le pays est depuis plongé dans une crise politique
qu’ont tenté de désamorcer le facilitateur de l’Union africaine, M. Edem Kodjo et l'épiscopat
congolais, en servant de médiateurs entre le gouvernement et les partis d’opposition. Un nouvel
accord a été signé le 31 décembre 2016. Il instaure une période de transition pendant laquelle le
pouvoir sera cogéré par le président Joseph Kabila et l’opposition, jusqu’aux élections
présidentielles prévues fin 2017.

L’accord stipule aussi que le président ne briguera pas un troisième mandat. Les
signataires ont également convenu qu'aucune tentative de révision de la constitution ne sera
entreprise pendant cette période. Cet accord n’a toutefois jamais été mis en vigueur. Le président
a nommé depuis sa signature deux premiers ministres, non reconnus par l’opposition. En outre, la
commission électorale indépendante(CENI) estime que les élections ne pourront avoir lieu fin 2017
comme prévu, la révision du fichier électoral n’étant pas terminée.

II.2. CADRE ECONOMIQUE


II.2.1. Histoire économique de la RDC

A. Avant la colonisation
Le territoire de la république démocratique du Congo n'est pas défini avant la
conférence de Berlin de 1885. Cet espace reste toutefois occupé par les autochtones qui sont
organisés en royaumes et en empires. L'activité économique de ceux-ci (cueillette, pêche, chasse,
etc.) diffère considérablement de celle du monde moderne. La base matérielle est fortement
dépendante de la nature. Le système socio-économique protocongolais revêt alors plusieurs formes
selon les régions. L'économie des différents royaumes était florissante, et s'est effondrée
conjointement avec le déclin des organisations politiques sous les effets de la colonisation, qui
aboutit à la fondation de l'Etat indépendant du Congo.
45

B. L’Etat indépendant du Congo (EIC)


Léopold II de Belgique règne sur l'Etat indépendant du Congo comme s'il s'agissait
de sa propriété privée. De 1885 à 1891, le libéralisme économique bat son plein. Le commerce
privé est encouragé et entièrement libre, car l'État n'y voit aucun inconvénient. Vu la nécessité dans
laquelle se trouve la jeune colonie en termes financiers, notamment afin de mettre en valeur le
territoire, une rupture en faveur de l'interventionnisme s'annonce en 1892.

Mais le Congo reste un terrain de jeu où les idéologies économiques changent


fréquemment. De 1908 à 1914, le libéralisme revient en force.

Un autre fait saillant de cette époque est la découverte par Tanganyika Concession
de richesses minières importantes au Haut-Katanga, la prospection ayant été confiée à la firme par
le Comité Spécial du Katanga sous l'initiative de Léopold II. Tanganyika confirme ainsi les
découvertes de Cornet, géologue de la mission Bia-Franqui en 1896.

C. Un géant en devenir

Le taux annuel de croissance exponentiel de 1920-1959, à prix constant est élevé:


4,8 % au total et 5,9 % pour l'économie moderne, à l'exclusion de secteur de subsistance. Un rythme
rapide, soutenu par une période aussi longue, apparaît réellement exceptionnel pour les
économistes.

La première vague de prospérité de l'économie congolaise (1920-1929) est marquée


par de nombreux investissements directs étrangers. En forte augmentation, les exportations
concernent principalement l'or, les diamants, le cuivre, l'ivoire, le copal, et l'huile de palmier.

En 1924, le Congo est frappé par la première crise, partiellement compensée par
l'industrie du cuivre. Cinq ans après, il est touché par la Grande Dépression. Les dépenses publiques
restent relativement élevées grâce notamment à une forte trésorerie (excédent budgétaire antérieur)
et au crédit exceptionnel du budget extraordinaire qui permettent d'achever le plan de grands
travaux.

Des années 40 jusqu'à la veille de l'indépendance, l'industrie se développe fortement,


en particulier pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Europe ne pouvant plus approvisionner le
46

Congo. Une deuxième vague de prospérité touche alors le pays. Les exportations doublent et les
importations quintuplent. La production industrielle est quintuplée en dix ans.

Après l'indépendance, les quotas à l'importation renforcent l'industrie nationale.


Entre 1960 et 1970, l'histoire économique est marquée par des problèmes politiques et les
problèmes de cours des matières premières. Si la colonisation a légué au nouvel État une économie
productive et équipée, la croissance ne suit pas. Elle s'était arrêtée dès la fin de 1957, provoquée
surtout par des récessions conjoncturelles, une baisse des investissements privés et la fuite massive
des capitaux. Le Congo commence son cycle de problèmes économiques et géopolitiques.
L'économie résiste malgré tout, grâce au dualisme économique et à la prédominance du secteur
étranger

D. Les années Mobutu

À cause de l'important potentiel du pays, la corruption s'est très tôt installée, sous le
régime de Mobutu Sese Seko (1965-1997), avec une mainmise du pouvoir sur l'économie pour en
détourner les profits dans le cadre d'un enrichissement personnel.

Confronté aux déséquilibres financiers, à la montée de l’endettement et à la


stagnation de la production, le pays a été contraint, dans les années 1970 et 1980, à adopter les
politiques de stabilisation et d’ajustement structurel recommandées par le Fonds monétaire
international (FMI) et la Banque mondiale.

Malgré la succession de plans économiques financés par les institutions


internationales depuis l'accession à l'indépendance, qui soutiennent le régime Mobutu, « allié de
l'Occident », l'inflation, le déficit budgétaire et la dette du pays, qualifiée par la suite de « dette
odieuse », n'ont fait que croître sous le régime de Mobutu. Au début des années 1990, face à la
corruption endémique, la Banque mondiale et le FMI en vinrent à suspendre leur aide, et la plupart
des interventions bilatérales furent arrêtées. La république démocratique du Congo fut incapable
de faire face aux échéances de paiement de la dette et les lignes de crédit du FMI furent arrêtées en
février 1992, celles de la Banque mondiale en juillet 1993. Malgré l'introduction d'une nouvelle
monnaie, le nouveau zaïre (NZ), la gestion des devises resta anarchique, et l'inflation atteint
9 800 % en 1994, les prix en magasins changeant plusieurs fois par jour.
47

E. Après Mobutu

Sous Kabila, le gouvernement et les entreprises publiques entamèrent un programme


de reconstruction et tentèrent d'assainir la situation, alors que la RDC devait au Club de Paris
7 milliards d'euros. Le gouvernement commença par réformer le système d'imposition corrompu,
les forces de police, et initia la remise en état du réseau routier laissé à l'abandon. Le franc congolais
fut réintroduit.

En août 1998, la guerre éclata en RDC à la suite de désaccords entre Laurent-Désiré


Kabila et ses anciens alliés du Rwanda et de l'Ouganda. À cette époque, quelques progrès avaient
été réalisés pour le rétablissement de l'économie du pays, mais les problèmes majeurs
d'infrastructures de transport, de douane et d'imposition restaient cependant. Les finances publiques
de l'État n'avaient pas été assainies et les relations avec le FMI et la Banque mondiale restaient
conflictuelles. De nombreuses rentrées gouvernementales n'étaient toujours pas comptabilisées et
non incluses dans les statistiques officielles. Les relations avec la Banque mondiale furent
suspendues à la suite de l'impossibilité de finaliser un accord avec le Fonds d'investissement de la
Banque internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD) pour la république
démocratique du Congo.

Le début de la deuxième guerre du Congo en août 1998 fut à l'origine du déclin de


l'économie qui s'est poursuivi jusqu'au milieu des années 2000. Le territoire se retrouva divisé entre
une zone gouvernementale et des zones rebelles, ce qui mit fin au commerce entre ces zones.

Après une reprise de l'inflation en août 1998, le gouvernement commença à essayer


de réguler les prix par des lois. Il reprit également le contrôle des exportations. Ensemble, ces
mesures affectèrent grandement la continuation des activités liées au commerce extérieur. De plus,
les succès restreints de la lutte contre l'inflation et la dépréciation de la monnaie furent anéantis dès
le début de l'offensive rebelle dans l'est du pays. La guerre réduisit les revenus du gouvernement
et accrut la dette extérieure. Les acteurs du commerce extérieur se firent moins présents, cela étant
lié aux incertitudes sur l'issue du conflit et à l'augmentation du contrôle et de la pression fiscale du
gouvernement. L'écart important entre le taux officiel et celui pratiqué en rue pour la vente de
francs congolais contre des dollars US força les commerçants à évaluer leurs biens importés au
taux officiel pour acheter des devises locales.
48

Face à la dépréciation de la monnaie, le gouvernement a pris des mesures drastiques


en janvier 1999 : le dollar US fut banni des transactions commerciales courantes, position qui fut
revue plus tard. Le gouvernement peine toujours à promouvoir les exportations, bien que
l'impression de nouveaux billets ait repris. La croissance économique fut fortement négative en
2000 de par la difficulté de satisfaire les conditions fixées par les donateurs institutionnels, les
faibles exportations et l'instabilité régnante.

Les conditions économiques se sont améliorées fin 2002, avec le retrait de la plupart
des troupes d'occupation. Plusieurs missions du FMI et de la Banque mondiale sont intervenues
pour mettre en place des plans de développement, et le gouvernement de transition a commencé la
mise en œuvre des premières réformes. Une grande part de l'économie du pays reste cependant
hors des indicateurs du PIB, l'économie souterraine restant majoritaire.

Avec une paix relative dans le pays depuis 2003, la RDC envisage d'augmenter ses
exportations d'électricité vers le Zimbabwe et l'Afrique du Sud jusqu'à 500 mégawatts
(essentiellement produite à partir du barrage d'Inga).

Après une forte accélération à près de 9 % entre 2013 et 2014, le taux de croissance
du PIB (hors inflation) a ralenti à 6,9 % en 2015 puis à 2,4 % en 2016, son plus bas niveau depuis
2001. Ce ralentissement s’explique essentiellement par la baisse des cours et de la demande
mondiale des matières premières exportées par le pays, notamment du cuivre et du cobalt qui
assurent 80% de ses recettes d’exportation. Ce choc économique a entraîné une détérioration des
comptes extérieurs et une chute des réserves de change du pays en 2016, ainsi qu’un effondrement
de 31% du taux de change du Franc congolais par rapport au dollar qui a alimenté une inflation
galopante de près de 24%. En 2017, la croissance devrait s’élever à 2,6%, portée par la hausse
modérée des cours des matières premières et de la production minière nationale. La monnaie
nationale devrait toutefois poursuivre son repli face au dollar et l’inflation s’accélérer.

La situation des finances publiques s’est également dégradée en 2016, avec un


déficit budgétaire en hausse à -1,6% du PIB contre -0,2% en 2015. La chute des recettes
d’exportation s’étant traduite par une baisse des recettes de l’Etat. En l’absence d’accès aux
marchés financiers domestique et internationaux, le gouvernement a dû drastiquement réduire les
dépenses publiques afin de contenir son déficit et limiter son financement monétaire par la Banque
Centrale du Congo.
49

Au plan sectoriel, le gouvernement a initié des réformes pour renforcer la


gouvernance et la transparence dans les industries extractives (secteurs forestier, minier et
pétrolier) et améliorer le climat des affaires. Aujourd’hui, presque tous les contrats signés par le
gouvernement sont accessibles au public. Le pays participe à l’Initiative pour la transparence des
industries extractives (ITIE) et publie dans ce cadre des rapports réguliers sur les recettes tirées des
ressources naturelles. Le gouvernement doit toutefois accomplir des efforts supplémentaires pour
systématiser les mécanismes de mise en concurrence dans l’attribution des contrats miniers,
pétroliers et forestiers.31

Qualifié de scandale géologique, le sous-sol de la RDC regorge plusieurs minerais


et d’énormes réserves énergétiques. Les ressources minières les plus connues sont celles des
groupes d’étain, d’uranium et du cuivre auxquels on peut ajouter du manganèse, de l’or, du cobalt
et du diamant.

Concernant les richesses énergétiques, on peut citer le manganèse off-shore de


l’atlantique et d’importants gisements du nord-est, lesquels aiguisent déjà beaucoup d’appétits de
tous les milieux aussi bien congolais qu’internationaux et même l’uranium dans le sud du pays,
ainsi que le gaz méthane du lac Kivu, font partie des ressources énergétiques dont le pays, ne
semble pas maitriser la gestion. Ce manque d’autorité de contrôle de ses propres richesses se traduit
par un trafic sans précédent à l’est du pays opéré par des bandes armées avec la complexité des
congolais eux-mêmes au détriment de leur propre pays.

Le fleuve Congo, cinquième du monde de par sa longueur (4700 km) après le Nil,
l’Amazone, le Mississipi et yang ; occupe le second rang mondial après l’Amazone par son débit.
Son bassin d’une superficie de 3800 km2 peut être transformé en énergie pouvant alimenter une
centrale de 13000000 de cheval-vapeur et 370 milliards de KW (soit 206 de la puissance potentielle
mondiale).

L’énergie d’Inga est transportée par une ligne de plus ou moins 2000 km du Bas-
Congo au Katanga pour faire face aux demandes en énergie électrique du Katanga.

(31) WWW.google.Com, Histoire et actualité économique de la RDC


50

S’agissant de l’exploitation forestière, la RDC dispose d’une réserve forestière


d’environ 210 millions d’hectares représentant 48% des forêts tropicales humides du continent
Africain soit 3% des forêts du monde.
51

CHAPITRE III : LES DETERMINANTS DU TAUX DE CHANGE EN RDC

Le troisième chapitre traite sur les déterminants du taux de change en RDC. Celui-
ci nous donne l’occasion par l’usage de diverses méthodes d’identifier les déterminants du taux de
change en RDC. Autrement dit, nous tacherons d’expliquer à partir des variables
macroéconomiques, la détermination du taux de change en RDC en mettant en exergue l’influence
de ces variables, ceux-ci en faisant l’estimation de paramètres et l’interprétation de résultats, puis
donner des recommandations en termes de politiques économiques.

III.1. Spécification du modèle et présentation du modèle théorique


III.1.1. Spécification du modèle

Sans aucun doute, la majeure partie des chercheurs ayant traité des déterminants du
taux de change ont fait leur choix sur divers modèles d’ordre économétrique, statistique, …
Néanmoins il existe jusqu’à ce jours une certaine contingence dans le choix des modèles et outils
de recherche pour valider les hypothèses. Pour ce qui nous concerne, nous adopterons la régression
linéaire simple par l’usage des moindres carrés ordinaires(MCO).

III.2. Formalisation du modèle théorique

Nous analysons l’influence de chaque variable exogène sur le taux de change. Nous
avons compris qu’il faut opter pour les outils statistiques par l’application de l’équation de la
régression dans la corrélation et ajustement linéaire et différents tests statistiques pour la validation
de nos hypothèses.

a. Modèle économique
C’est un modèle dans lequel le phénomène économique est saisi par une variable
endogène et celle-ci est explicitée par les variables exogènes qui sont les données. Pour ce qui est
de notre étude le modèle économique se présente de la manière suivante :

TC = F (TE, Tx INF, PIB, MM, DP, Tx INT)

b. Modèle empirique

Le modèle empirique de notre étude se présente comme suit :

Y = βo + β1*X + ℮
52

Où :

βo et β1 sont les coefficients ou paramètres et ℮ est une variable aléatoire appelée terme d’erreur

c. Définition des variables

1. Les variables exogènes ou explicatives

Il s’agit d’expliciter les différentes variables ciblées hypothétiquement et favorables


à l’explication du taux de change en RDC. En voici quelques-unes qui sont définit préalablement
dans ce travail comme facteurs explicatifs du taux de change. Il s’agit de :

 La croissance économique

La croissance économique d’un pays est matérialisée par une augmentation de la


production sur une longue période. La production industrielle, le revenu national et le produit
national brut sont trois grandeurs qui représentent bien le niveau d’activité d’un pays et l’ampleur
de la croissance. Il existe une relation négative entre le niveau de croissance et le prix relatif des
biens échangeables et des biens non échangeables.

Il existe une relation négative entre le taux de change et la croissance. Les tenants
de la TPI renseignent qu’une croissance plus élevée de la productivité dans un pays, doit entrainer,
toutes choses restant égales par ailleurs, une hausse de la valeur de sa devise sur le marché des
changes, car cette croissance différentielle traduit un renforcement de l’économie réelle du pays
qui en bénéficie.

 Le terme d’échanges

Les termes de l’échange sont le rapport des prix à l’exportation aux prix à
l’importation. Les prix du commerce extérieur étant généralement exprimés sous la forme
d’indices, on calcule un indice des termes de l’échange par la formule :

Indice des prix à l’exportation


T.e = X 100
Indice des prix à l’importation
Les indices du commerce extérieur étant calculés pour une année de base, les termes
de l’échange permettent de repérer des évolutions.
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Lorsque les prix des exportations croient plus vite que celui des importations, il est
clair que l’indice des termes de l’échange augmente. On dit que les termes de l’échange
s’améliorent. Inversement, les termes de l’échange se dégradent lorsque l’indice diminue.

Les termes de l’échange permettent de savoir si l’économie nationale vend à


l’étranger plus ou moins cher qu’elle ne lui achète. Si T.e >100, on vend à l’étranger plus cher
qu’on ne lui achète : les termes de l’échange s’améliorent par rapport à l’année de base considérée.

 Le taux d’inflation

L’inflation est la hausse généralisée et continue du niveau général des prix des biens
et services.

Cette définition est peu précise. De quels prix s’agit-il ? Si l’on raisonne en
économie fermée, sans relations économiques extérieures, il y a autant de prix que de produits et,
à la limite, autant de taux d’inflation que de produits. Dans une économie ouverte aux échanges
extérieurs, le plus important n’est peut-être pas le taux d’inflation intérieur, mais le taux d’inflation
différentiel, c’est-à-dire la différence entre la hausse de prix internes et la hausse des prix dans une
économie étrangère (ou un groupe d’économies étrangères). Les taux d’inflation différentiels (il y
en a autant que de pays avec lesquels l’économie nationale exporte ou importe des biens et services)
traduisent alors la compétitivité de l’économie nationale sur les marchés internationaux.

 Les dépenses publiques :

L‘importance relative accordée aux biens échangeables et aux biens non


échangeables justifie l’impact des dépenses gouvernementales dans l‘économie.

Pour Edwards (1989), si l’on considère deux périodes (1 et 2) en supposant en outre


que les distorsions en matière fiscale n‘existent pas. Une augmentation de la consommation des
biens non échangeables par le gouvernement à la période 1, peut être financée par emprunt public
ou international. Le taux de change réel est affecté de deux manières. Dans une première phase
l'augmentation de la demande de biens et services pousse à une augmentation des prix des biens
non échangeables. Cette augmentation des prix provoque une appréciation de taux de change réel.
Cependant, le gouvernement va accroître le niveau des impôts pour payer sa dette. Cette disposition
réduit le niveau de revenu disponible et par conséquent va entraîner dans la période 2 une baisse
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de la demande globale qui se traduit par une diminution des prix des biens non échangeables d‘où
une dépréciation de taux de change réel.

Sur cela, il est délicat de déterminer a priori l‘impact d‘une modification de la


consommation gouvernementale de biens non échangeables sur le taux de change réel. On obtient
la même situation, en analysant l‘effet des changements de la consommation de biens échangeables
par le gouvernement sur le taux de change réel.

 La masse monétaire

Elle constitue l’ensemble des encaisses monétaires détenues par les agents
économiques non financiers. Une augmentation de la masse monétaire se manifeste par la
dépréciation du taux de change d’équilibre qui s’explique par l’inflation d’origine monétaire. En
effet, toute augmentation de la masse monétaire conduit à la hausse de prix des biens et
échangeables et à la diminution de réserves de change, il s’en suit une appréciation du taux de
change d’équilibre.

 Le taux d’intérêt

Le taux d’intérêt représente pour Keynes le prix de la renonciation à la liquidité. Il


est fonction de la demande de monnaie des agents non financiers et de l’offre de monnaie du
système bancaire.

Les capitaux à la recherche d’une rémunération s’orientent, toutes choses restant


égales par ailleurs, vers les places financières où les taux d’intérêt sont les plus élevés. Tout écart
de rendement sur des placements de même risque sur deux places financières induit des
mouvements des capitaux, et, par le fait même, des variations du taux de change. Le taux d’intérêt
est une fonction inverse du taux de change.

2. La variable endogène ou expliquée

L’élément expliqué ou la variable endogène par rapport à notre sujet est le taux de
change. Le taux de change est une variable très importance dans la gestion des agrégats
macroéconomiques.
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C’est la valeur de change d'une monnaie nationale d'un pays exprimé en des unités
monétaires d'un autre pays "devise".

Ce dit taux sera expliqué par le comportement de différentes variables


macroéconomiques citées ci-dessus et constitue notre variable expliquée.

II. Procédure d’analyse

1. La collecte des données

Nous avons fait usage des données résultant des statistiques reproduites dans les
rapports annuels publiés par la banque centrale du Congo et correspondant à la période sous
analyse. Ainsi, il sera question de faire face à une série de données repartie sur une période allant
de 2012 à 2018 soit une période de 7 ans. Ceci, constituera notre base de données.

Tableau 3. 1 : Evolution spécifique de chaque variable


TERMES DE TAUX TX CROISSANCE
L'ECHANGE D'INTERET D'INFLATION ECQUE MM DP
2012 115,6 4 2,72 7,2 2952,9 3371,7
2013 125,1 2 1,07 8,5 3493,216 4172
2014 96,2 2 1,03 9,5 3965,647 4286,3
2015 96,5 2 1,24 6,9 4355,824 4622,2
2016 97 7 12,1 2,4 5304,594 4087,7
2017 101,1 20 54,71 3,7 7609,9 5330
2018 105,8 14,00 7,23 3,6 9846,60 9002,4
Source : A partir des rapports annuels de la banque centrale du Congo

a. Analyse graphique et évolutive du taux de change

Le graphique ci-dessous retrace l’évolution bilatérale entre le franc congolais et le


dollar Américain durant une période de six ans, soit de 2012 à 2018.
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Tableau 3. 2 : Evolution du taux de change de 2012 à 2018


Années 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
Tx de change 915 925,5 929,5 926 983,8 1470,1 1622,5

Graphique 3.1 : Evolution du taux de change de 2012 à 2018

Tx de change
1800,00
1600,00
1400,00
1200,00
1000,00
800,00
600,00
400,00
200,00
0,00
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018

b. Interprétation du graphique

Eu égard au graphique ci-dessus, le taux de change durant toutes les années poursuit
son trend haussier, synonyme d’une ascendante dépréciation du franc congolais face à son étalon
de référence (le dollar Américain).

L’année 2012 a été globalement marquée par une relative stabilité du taux de
change. La valeur du Franc congolais a enregistré, au terme de cette année, une dépréciation de 0,5
% par rapport à fin décembre 2011. En effet, le taux de change indicatif s’est établi à 915 CDF/USD
à fin décembre 2012.

En effet, le taux de croissance du PIB s’est établi à 7,2 %. Cette croissance a été
impulsée par la performance des secteurs des mines, du commerce de gros et de détail, des
bâtiments et travaux publics ainsi que de l’agriculture, il a été également enregistré un taux
d’inflation de 2,72 % sur l’ensemble du territoire national. Les opérations financières de l’Etat se
sont clôturées par un excédent budgétaire représentant 2,5 % du PIB. Ce solde résulte
57

essentiellement d’importants ajustements à la baisse des dépenses budgétaires dont le taux


d’exécution n’a atteint que 51,0 %. En ce qui concerne le secteur extérieur, il s’est observé la
poursuite de la stabilité de la monnaie nationale sur le marché des changes. La balance des
paiements s’est sensiblement améliorée suite au bon comportement du compte capital et opérations
financières. Cette situation a induit des flux importants des devises ayant conduit l’autorité
monétaire à accroître ses interventions à l’achat des devises. Elle a revu successivement à la baisse
son principal taux de référence, lequel est passé de 20,0 % à fin décembre 2011 à 4,0 % à fin
décembre 2012.

En 2013, la stabilité, bien que relative, du taux de change observée depuis 2010 s’est
poursuivie en 2013, grâce à une bonne coordination des politiques conjoncturelles. En effet, le taux
de change indicatif s’est établi à 925,5 CDF/USD à fin décembre 2013 contre 915,2 CDF en 2012.

En effet, le produit intérieur brut (PIB) a enregistré une croissance de 8,5 % contre
7,2 % en 2012 suite à la bonne performance des secteurs primaire et tertiaire. Sur le marché des
biens et services, l’inflation s’est de nouveau repliée, se situant à 1,07 %. L’exécution du budget
de l’Etat pour l’exercice 2013 s’est clôturée par un déficit de 0,3 % du PIB suite aux différentes
difficultés qui n’ont pas permis de contenir les dépenses aux recettes publiques.

A cet effet, la Banque Centrale du Congo a maintenu inchangées les dispositions de


sa règlementation de change et est intervenue assez faiblement pour lisser les fluctuations du taux
de change ou pour conforter le niveau des réserves de change. Ainsi, globalement, le taux de change
a été relativement stable à l’instar de trois années précédentes.

L’année 2014 est caractérisée par un rythme de croissance accrue suite à


l’amélioration des conditions économiques de l’environnement externe et cette situation ne pouvait
qu’exercer une influence sur la croissance du PIB malgré la hausse du taux de change par rapport
à l’année 2013.

En 2015, le marché de change est resté globalement stable en 2015, le taux de


change ayant fluctué dans la fourchette de 924,0 CDF le dollar américain à 928,0 CDF. Aussi,
comparativement à l’année précédente, une dépréciation de 0,4 % contre une appréciation de 0,1
% en 2014, a-t-elle été observée à l’indicatif.
58

En effet, le taux de croissance économique s’est établi à 6,9 %. Sur le marché des
biens et services, l’inflation est demeurée sous contrôle avec un taux de 0,815 %. S’agissant des
finances publiques, il convient de relever qu’en dépit d’efforts fournis par le Gouvernement,
l’exercice 2015 s’est clôturé par un déficit représentant 0,7 % du PIB. Cette situation a résulté de
la faible mobilisation des recettes publiques, dans un contexte marqué par la baisse des cours de
matières premières au niveau international, et l’expansion des dépenses publiques.

Pour ce qui est du secteur extérieur, les transactions économiques ont été
caractérisées principalement par une détérioration du solde global de la balance des paiements suite
au recul des investissements étrangers. Le taux directeur a été maintenu à un niveau bas. Toutefois,
les agrégats monétaires ont enregistré une croissance modérée, en ralentissement par rapport à
l’année précédente, suite à la contraction des avoirs extérieurs nets.

En 2016, sur le marché interbancaire, le franc congolais s’est déprécié de 23,6 %


selon les données à fin période et de 8,4 %, en considérant les données moyennes annuelles contre
respectivement de légères dépréciations de 0,4 % et 0,08 % en 2015. Le taux de change a été de
983 CDF/USD.

En effet, La croissance économique a ralenti pour s’établir à 2,4 % après 6,9 % en


2015, soit son plus bas niveau depuis 2002. Il a été observé la résurgence des pressions
inflationnistes avec un taux de 23,60 % contre 0,82 % en 2015. Les opérations financières de l’Etat
se sont clôturées par un déficit de 1,2 % du PIB. En ce qui concerne les comptes extérieurs, ils ont
principalement été marqués par la poursuite de la détérioration du solde global de la balance des
paiements, entamée depuis 2015, à la suite du recul sensible de l’excédent du compte de capital et
d’opérations financières.

Au cours de l’année 2017, le marché des changes a été caractérisé par la poursuite
de la dépréciation du taux de change. En effet, sur le marché officiel, il a été enregistré un taux de
dépréciation de la monnaie nationale de 23,65 % contre 23,67 %, une année auparavant et le taux
de change s’est établi à 1470 CDF/USD.

En effet, La croissance économique s’est située à 3,7 % suite à la reprise des activités
du secteur primaire, principalement celles extractives, au niveau de l’offre globale, et les
59

investissements privés, au niveau des emplois finals. Le marché des biens et services a été marqué
par le taux d’inflation qui s’est établi à 54,71 % contre 23,6 % en 2016. La situation financière de
l’Etat s’est clôturée par un excédent équivalent à 0,01 % du PIB. S’agissant des relations
économiques avec l’extérieur, elles ont principalement été marquées par l’amélioration de la
situation de la balance des paiements, laquelle a induit une relative hausse des moyens de
financement. Il a été procédé au relèvement du taux directeur, passant de 7,0 % en 2016 à 20,0 %
en 2017.

2. Techniques d’analyse des données

Nous avons essentiellement fait recours aux outils statistiques pour la vérification
des différentes hypothèses formulées. Une description statistique s’est faite pour analyser les
données que nous possédons.

a. Test de student

Le test de Student est un test individuel qui permet de déterminer l’impact de de


chaque variable exogène sur la variable endogène afin de voir si la relation statistique est
significative entre les deux variables.

Hypothèses : H0 : rxy = 0
Ha : rxy ≠ 0
Règles de décision : Si rxy ≠ 0, on peut conclure que la variable a de l’impact positif ou négatif sur
la variable expliquée cela implique qu’on adopte l’hypothèse Ha et si rxy = 0, c’est l’inverse. Et si
t calculé est inférieur à t théorique, l’impact est négatif d’où l’augmentation de la variable exogène
engendre la diminution de la variable endogène et si t calculé est supérieur à t théorique, c’est
l’inverse.

b. Test de Fisher

Le test de Fisher est un test global qui nous permet aussi de voir si une relation
significative existe entre les variables c’est-à-dire de manière globale. Les hypothèses sont les
suivantes :

H0 : βo = β1 = 0 ;

Ha : βo ≠ β1 ≠ 0,
60

La règle de décision : si F calculé est supérieur à F théorique on rejette Ho, ce qui veut dire que le
modèle est significatif. Dans le sens inverse, on rejette Ha et le modèle n’est pas significatif.

3. Traitement des données et vérification des hypothèses

Nos données se traitent à l’aide de Microsoft Excel. Nous déterminons l’impact de


chaque variable macroéconomique sur la détermination du taux de change en RDC avec un terme
d’erreur estimé à 0.

Tableau : Représentation synthétique des résultats

Variables Y estimée Coef. Cor Coef. Determ T student T fisher


Termes de 1140,43 - 0,29 TE -0,13 0,9973855
l'échange 0,295 247,5
1110,15 + 0,03 Tx int 0,90 0,9988978
Taux
d’intérêt 4,736 247,5
1109,08 + 0,11 Tx infl
0,59 0,9916873
Taux
d'inflation 1,810 247,5
1110,43 - 0,01CE
-0,63 0,9998363
Croissance
ecque 1,814 247,5
Masse -44838,77 + 8,57MM 0,97 0,922387
monétaire 8,924 -2,5
Dépenses -34217,46 + 7,09DP 0,87 0,700104
publiques 0,293 -2,5

Sources : A partir de différents calculs de régression linéaire effectués sur Microsoft Excel,
les détails sont en annexes
 Interprétation des résultats et validation des hypothèses

Avec des coefficients de corrélation positifs respectifs de 0,90 ; 0,59 ; 0,97 et 0,87 ;
le taux d’intérêt, le taux d’inflation, la masse monétaire et les dépenses publiques expliquent une
forte relation positive avec le taux de change étant donné que leur augmentation entraine
simultanément une hausse du taux de change. Ils ont également un pourcentage respectif de 99% ;
99% ; 99% ; 70% qui explique leur degré d’influence (coefficient de détermination). Le
61

comportement de l’équation de la régression explique davantage cette variabilité du taux de change


dans le même sens que les différentes variables citées.

La théorie d’inflation et les décisions d’une politique économique restrictive ou


expansive se vérifie car une augmentation ou diminution du taux d’inflation, de la masse monétaire
et des dépenses publiques augmente ou diminue la valeur de la monnaie locale (Appréciation ou
Dépréciation), ce qui rend dans un premier temps valable nos hypothèses. En RDC, le taux de
change est déterminé par le taux d’inflation, la masse monétaire et les dépenses publiques.
Néanmoins le taux d’intérêt dénonce une relation qui n’explique pas sa théorie, il fait varier le taux
de change dans le même sens que sa variation, ce qui doit être bien le contraire. Sa théorie stipule
que : Les cours à terme des devises tendent à s’ajuster aux parités de taux d’intérêt. Le report et le
déport d’une devise A par rapport à une devise B sont, dans ces conditions déterminées par le
différentiel de taux d’intérêt sur le marché monétaire de monnaie A et B, Les capitaux à la
recherche d’une rémunération s’orientent, toutes choses restant égales par ailleurs, vers les places
financières où les taux d’intérêt sont les plus élevés. Ce qui améliore le taux de change.

De ce qui précède, nous ajoutons que les termes de l’échange et la croissance


économique se démarquent avec des coefficients de corrélation négatifs respectifs de -0,13 et -
0,63, ce qui explique une relation négative avec le taux de change.

La théorie des termes de l’échange se vérifie car son augmentation ou sa diminution


entraine une variation inverse du taux de change. La croissance économique justifie également son
poids sur la détermination du taux de change en validant sa théorie. Le taux de change évolue pour
cette période dans le sens inverse que l’évolution du PIB représenté par la croissance économique.
Ceci valide nos hypothèses. Les termes de l’échange et la croissance économique sont les
déterminants du taux de change en RDC à un degré d’influence minime.

Conclusion partielle

Nous voici à terme de ce troisième chapitre qui a traité des déterminants du taux de
change en RDC. Nous avons eu à faire recours aux outils statistiques pour vérifier et valider nos
hypothèses par le biais de l’usage de Microsoft Excel. Certaines variables se vérifient
favorablement (la masse monétaire, le taux d’inflation, les termes de l’échange, la croissance
économique et les dépenses publiques) et d’autres non (le taux d’intérêt).
62

CONCLUSION GENERALE

Nous voici au terme de cette œuvre scientifique, fruit d’un lourd sacrifice qui a
évidemment parlé des déterminants du taux de change en RDC.

Les problèmes que soulève la détermination du taux de change approprié sont au


cœur des discussions de politique économique. L’étude analyse les différentes variables qui
concourent à la détermination du taux de change tout en cherchant beaucoup plus le degré
d’influence de chaque variable.

Ainsi comme hypothèses de départ, le taux de change est fonction de la croissance


économique, des dépenses publiques, du taux d’inflation, du taux d’intérêt, de la masse monétaire
et du terme de l’échange largement expliqués dans les parties précédentes.

« On fait la science avec des faits comme une maison avec des pierres. Mais une
accumulation des faits n’est une science qu’un tas des pierres n’est une maison » : Raison pour
laquelle ce travail a été subdivisé en trois chapitres. Le premier renseigne d’une part sur les
différents concepts du domaine de change, différentes théories relatives à la détermination du taux
de change et d’autre part sur la présentation du champ empirique qu’est la république démocratique
du Congo. Le second renseigne sur le cadre théorique de recherche et donne un aperçu général sur
les relations entre les différentes variables ciblées comme hypothèses. Enfin, le troisième chapitre,
le plus important a porté sur les déterminants du taux de change en RDC pour vérifier et valider si
possible nos hypothèses.

Ainsi, nous avons fait recourt à la méthode comparative pour illuminer sur
l’évolution temporelle du taux de change pendant les différentes années d’étude et de la méthode
statistique via la corrélation linéaire, différents tests statistiques et un usage de Microsoft Excel
pour différents calculs d’analyse, d’interprétation et de validation de nos hypothèses. Nous avons
abouti à la détermination de deux variables statistiques notamment le coefficient de corrélation et
du coefficient de détermination comme base d’analyse.

Avec un coefficient respectif supérieur à 0,5 ; un t de student calculé supérieur au t


tabulaire (2,776) et un t de fisher calculé supérieur au t théorique (7,71) ; le taux d’intérêt, le taux
d’inflation, la masse monétaire et les dépenses publiques impliquent que les modèles sont
significatifs et permettent d’accepter l’hypothèse alternative.
63

Contrairement aux variables précédentes, les résultats sur les termes de l’échange et
la croissance économique impliquent que les modèles ne sont pas significatifs pour ces deux
variables et permettent de rejeter l’hypothèse alternative (coefficient de détermination inférieur à
0,5 et t student et fisher calculé inferieur au t théorique).