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SUPPORTS DE COURS SOC 290 :


INTRODUCTION A LA SOCIOLOGIE

AVRIL 2020
COMMISSION LMD-UL

1. LA PAGE DE GARDE
Domaine : Sciences de l’Homme et de la Société (SHS)
Parcours : Licence
Etablissement : Faculté des Sciences de l’Homme et de la Société (FSHS)
Code et Intitulé de l’UE : SOC 290 : Introduction à la sociologie
Crédits : 2
Public cible : Etudiants en géographie
Semestre : 4
Pré-requis : Néant
Enseignant responsable de l’UE : Dr. Kodjo Sena ATCHON, Maître-Assistant,
Sociologie urbaine, uniurbaine@gmail.com
Disponibilité : Lundis, 16h00 à 18h00

2. DESCRIPTION DE L’UNITE D’ENSEIGNEMENT


2.1 OBJECTIFS DE L’UNTE D’ENSEIGNEMENT
Objectif général : Cette UE vise à fournir aux étudiants une connaissance générale
sur la sociologie.
Objectifs spécifiques : A la fin de ce cours, les apprenants seront capables de :
 Connaître l’objet d’étude de la sociologie
 Savoir les pères fondateurs de la sociologie
 Distinguer les deux approches de la sociologie

 Maitriser la méthodologie de la recherche en sociologie.

2.2 CONTENU DE L’UNITE D’ENSEIGNEMENT

Ce cours intitulé « Introduction à la sociologie » (Géo 290) pour les étudiants du 4ème semestre
de géographie donne un aperçu général sur la genèse de la sociologie, son objet, sa méthodologie.
Il décrit les deux grands paradigmes qui orientent les réflexions sociologiques, à savoir, le
paradigme atomistique de Max Weber et le paradigme holistique d’Emile Durkheim. Avec des
exemples concrets, ce cours explique les notions suivantes : le fait social, la solidarité sociale et le
suicide chez Durkheim puis l’activité sociale et la domination chez Weber. Les apprenants seront
également initiés aux méthodes et aux techniques de recherches quantitative et qualitative en
sociologie.

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Plan du contenu d’enseignement

Séance n° Rappel des objectifs spécifiques Titres des parties/ chapitres /


sous-chapitres
1 Ce chapitre a pour but de donner un aperçu L’objet de la sociologie
général aux étudiants sur l’objet d’étude de
la sociologie selon les auteurs classiques.

2 Ce chapitre permet à l’étudiant de connaître Généalogie de la sociologie


et d’établir l’historique de la sociologie en
tant que science ainsi que la période de sa
naissance.

3 Ce chapitre permet à l’étudiant de prendre EMILE DURKHEIM


connaissance de la sociologie d’Emile
Durkheim, d’énumérer les types de sociétés,
de connaître les causes du passage de la
solidarité mécanique à la solidarité
organique

4 Ce chapitre permet aux étudiants de Le suicide selon Emile


comprendre et d’expliquer le suicide selon Durkheim
Emile Durkheim.

5 Ce chapitre permet à l’étudiant d’avoir une MAX WEBER


connaissance sur la sociologie de Max
Weber.

6 ce chapitre permet à l’étudiant d’expliquer La sociologie compréhensive


l’activité sociale selon Max Weber et de Max weber
d’énumérer ces différents déterminants.

7 Ce chapitre permet à l’étudiant d’expliquer La sociologie économique et


l’économie et la naissance du capitalisme religieuse
selon Weber.

8 Ce chapitre permet à l’étudiant de définir la La sociologie politique et les


sociologie politique de Weber. types de légitimités

9 Ce chapitre permet à l’étudiant de définir les Généralités sur les sciences


sciences sociales, d’expliquer la loi des trois sociales
états selon Auguste Comte, de donner les
caractéristiques d’un fait social selon E.
Durkheim et d’expliquer les différents

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paradigmes sociologiques

10 Ce chapitre permet aux étudiants de se Recherche en sciences sociales


familiariser avec la recherche scientifique.

11 Ce chapitre permet à l’étudiant de se Principes et étapes de la


familiariser avec la démarche scientifique. démarche scientifique

12 ce chapitre permet à l’étudiant d’avoir une Techniques et outils de collecte


bonne connaissance des techniques et outils d’information
de collectes d’informations

Modalités d’évaluation
 Modalité de devoir : les étudiants constitueront des groupes de 10 personnes au maximum
et effectueront des travaux de recherche sur les sujets suivants :

1) Qu’est-ce-que la sociologie selon E. Durkheim et Max Weber ?

2) Expliquez l’importance de la division du travail dans l’évolution de la société ?

3) Expliquez les déterminants de l’activité sociale selon Max Weber ?

4) Analysez les facteurs explicatifs du passage de la solidarité mécanique à la solidarité


organique ?

NB : Chaque groupe d’étudiants doit choisir un sujet parmi ceux précédemment


proposés et sur lequel il effectuera des recherches pour une durée de 3 semaines.

 Modalité d’examen : l’examen de fin de semestre qui sera organisé par l’Université
portera sur les chapitres étudiés.

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Bibliographie
Aktouf, O. (1987), Méthodologie des sciences sociales et approche qualitative des organisations.
Une introduction à la démarche classique et critique, Montréal, Les presses de l’Université du
Québec.
Arborio, A.-M., Fournier P. et al (2005), L’observation directe, Paris, Armand Colin.
Beaud, S. et Weber, F. (2003), Guide de l’enquête de terrain, Paris, Editions La Découverte.
Bachelard, G. (2004), La formation de l’esprit scientifique, Paris, Librairie philosophique.
Blanchet, A., Gotman A. et al. (2005), L’enquête et ses méthodes : l’entretien, Paris, Armand
Colin.
Bréchon P., (2000), Les grands courants de la sociologie, Grenoble, PU.
Combessie, J-C, (2003), La méthode en sociologie, Paris, La Découverte.
Durkheim E., (2007), Les règles de la méthode sociologique, Paris, PUF.
Durkheim E., (2007), Le suicide, Paris, PUF.
Durkheim E., (2007), De la division du travail social, Paris, PUF.
Férréol, G. (1993), Méthodologie des sciences sociales, Paris, Armand Colin.
Grawitz, M. (2001), Méthodes des sciences sociales, 11e éd, Paris, Dalloz.
Martin, O. et Singly, F. (2005), L’analyse de donnée quantitative, Paris, Armand Colin.
N’da, P. (2015), Recherche et méthodologie en sciences sociales et humaines. Réussir sa thèse,
son mémoire de master de recherche ou professionnel, et son article, L’Harmattan.
N’da, P. (2006), Méthodologie de la recherche. De la problématique à la discussion des résultats,
Abidjan, Editions Universitaires de Cocody.
Quivy, R. et Van Campenhoudt, L. (1995), Manuel de recherche en science sociale, 2e éditions,
Paris, Dunod.
Selz, M. et Maillochon, F., (2009), Le raisonnement statistique en sociologie, Paris, PUF.
Steiner P., (2005), La sociologie de Durkheim, Paris, La découverte.
Weber M., (1995), L’économie et société, Tome 1, Paris, Pocket.

3. DEVELOPPEMENT DU CONTENU ET ACTIVITES


D’APPRENTISSAGE

SEANCE N°1 : L’OBJET DE LA SOCIOLOGIE


Ce chapitre a pour but de donner un aperçu général aux étudiants sur l’objet d’étude de la
sociologie selon les auteurs classiques.
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1) L’homme dans son milieu social

Dans la définition de la sociologie en tant que science, plusieurs auteurs, y compris même les
pères fondateurs, ne sont pas parvenus à une même définition. Mais d’une façon globale, Guy
rocher pense que la sociologie cherche à étudier « l’homme dans son milieu social », à saisir les
relations sociales et à expliquer le comportement des hommes par leur milieu social auquel ils
appartiennent.

Mais pour Durkheim, avec son courant de pensée, les comportements d’un individu sont le produit
d’une influence sociale. La société impose sa marque aux individus.

Pour Max weber, la sociologie se focalise sur l’activité sociale. Le milieu social est le produit des
interactions entre les individus.

2) Microsociologie et macrosociologie

Les études sociologiques peuvent être délimitées, circonscrites ou larges. On observe alors ce
qu’on peut appeler une démarche microsociologique et une démarche macrosociologique. Ainsi, le
sociologue Georges Gurvitch distingue trois niveaux d’observation sociologique :

 Observation macrosociologique des sociétés globales


 L’analyse des groupements partiels
 Analyse des relations sociales

Une bonne analyse sociologique ne se limite pas un seul niveau d’observation. Pour bien
comprendre ce qui se passe au niveau des relations interindividuelles, il faut aussi tenir compte des
phénomènes globaux. La négligence de l’une de ces démarches reviendrait à ne plus faire de la
sociologie, mais de la philosophie sociale. La démarche d’un sociologue consiste toujours à faire
des vas-et–vient entre micro et macrosociologie.

Activités
1) Que pensez-vous du concept « l’homme dans son milieu social » ?
2) Que vous suggèrent les concepts de microsociologie et de macrosociologie ?
3) Citez trois niveaux d’observation sociologique selon Georges Gurvitch.

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SEANCE N°2 : GENEALOGIE DE LA SOCIOLOGIE

Objectifs spécifiques : ce chapitre permet à l’étudiant de connaître et d’établir l’historique de la


sociologie en tant que science ainsi que la période de sa naissance.

1) La sociologie, discipline « immémoriale »

La sociologie existait depuis l’antiquité mais sans être une véritable science. Les philosophes
grecs, les sophistes, Platon, Aristote ont développé une philosophie sociale mais elle ne disposait
pas des outils d’analyse requis pour une science sociale.

2) Naissance de la sociologie au XIXème siècle

La sociologie est une science tardive. La naissance de la sociologie remonte au XIXème siècle au
moment où une série de penseurs prétendent fonder une science des sociétés sur le modèle des
sciences humaines.

Activité

1) Rappelez brièvement les circonstances de la naissance de la sociologie en tant que science.

SEANCE N°3 : EMILE DURKHEIM

Objectifs spécifiques : ce chapitre permet à l’étudiant de prendre connaissance de la sociologie


d’Emile Durkheim, d’énumérer les types de sociétés, de connaître les causes du passage de la
solidarité mécanique à la solidarité organique.

Contenu du cours

Né en 1858 à Epinal, après des études à Epinal et à Paris, Emile Durkheim est considéré comme le
fondateur de l’Ecole française de sociologie. Pour lui, les sciences sociales doivent utiliser les
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mêmes méthodes que les sciences de la nature pour dégager les lois et les déterminants du social.
Préoccupé par la fragilité des sociétés modernes, Durkheim craint le délitement des liens sociaux
et la montée de l’individualisme. Il entrevoit par ailleurs que notre société à besoin d’une nouvelle
morale fondée sur une approche scientifique des faits sociaux. Après la revue dénommée « année
sociologique » publiée entre 1897-1898, E. Durkheim publie d’autres ouvrages comme :

 De la division du travail social (1893)


 Les règles de la méthode sociologique (1895)
 Le suicide (1897)
 Les formes élémentaires de la vie religieuse (1912)

 De la division du travail social (1893)

Cherchant à comprendre la perte de la cohésion sociale dans les sociétés modernes, Durkheim à la
suite de certains auteurs comme F. Tönnies, distingue deux types de sociétés :

 Société à solidarité mécanique : ici, tous les individus se ressemblent et partagent les
mêmes croyances, valeurs, sentiments ; la conscience collective est forte et domine les
individus. Chacun pense conformément aux rites prescrits.

Ainsi, pour Durkheim, le droit répressif est le type de droit repéré dans les sociétés à
solidarités mécaniques. Ce type de droit (répressif) a pour objectif de punir tout ce qui est
déviance par rapport à la conscience collective, tous les écarts aux interdits de la société.

 Société à solidarité organique : cette société repose sur la différenciation et la division du


travail. Ici, les individus ont des rôles spécifiques, complémentaires de ceux des autres
membres. Dans cette société, on constate le développement de la conscience individuelle.

Le droit repéré dans ce type de société est restitutif et assure le respect de l’intérêt de chaque
individu. Il favorise une bonne coopération et collaboration entre les individus.

Pour Durkheim, la société prime toujours sur les individus. Quelque soit le type de société, le
social s’impose toujours aux individus.

Passage de la solidarité mécanique à la solidarité organique

Pour Durkheim, la croissance démographique et la division du travail expliquent l’apparition de la


solidarité organique. La solidarité mécanique disparaît lorsque la taille des sociétés augmente et
lorsqu’il y a une spécialisation des tâches. La densité favorise alors la différenciation sociale. Pour
Durkheim, c’est bien la démographie qui explique l’évolution dans les modes de sociabilités.

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 Les règles de la méthode sociologique
1) L’objet de la sociologie

Dans l’intérêt de se départir des autres sciences comme la philosophie, la psychologie, la


sociologie doit définir son objet d’étude spécifique. Selon Durkheim, la sociologie se distingue par
la volonté d’étudier les faits sociaux. Qu’est-ce qu’un fait social ? Pour cette définition, Durkheim
propose deux (2) traits distincts:

 Le fait social doit être extérieur : le fait social est muet et sa signification n’est pas
évidente. Il faut l’observer objectivement de l’extérieur sans s’intéresser à ce que pensent
les acteurs, sans tenir compte des prénotions.
 Le fait social est coercitif : le fait social exerce une contrainte sur les individus. Il
s’impose à eux.

Le fait social est alors toute manière de faire, fixée ou nom, susceptible d’exercer sur
l’individu une contrainte extérieure.

2) Les règles de l’analyse sociologique

La première règle : il faut traiter les faits sociaux comme des choses. Ce qui signifie qu’il faut les
traiter comme des objets qu’on ne peut comprendre de l’intérieur. Il est important d’éviter donc les
analyses subjectives.

Deuxième règle : la sociologie doit pouvoir distinguer dans une société ce qui est normal de ce qui
est pathologique. Pour ce faire, elle doit pouvoir définir ce qui est normal et ce qui ne l’est pas.
Pour Durkheim, ce qui est normal, c’est ce qui est dans la moyenne, c’est-à-dire, ce qui est général
dans une société. Ainsi, tout ce qui s’écarte de cette moyenne est alors pathologique.

Troisième règle : la sociologie doit chercher à dégager les causes d’un phénomène. Durkheim
identifie à cet effet les causes efficientes (qu’est-ce qui produit tel phénomène ? En quoi tel
phénomène est-il la conséquence d’un autre ?) et les causes finales (A quoi sert un phénomène ?
Quelle est son utilité ? Sa fonctionnalité dans la société ?).

Par ailleurs, la sociologie doit refuser d’expliquer les faits par des causes non sociales, notamment
par des causes de la psychologie individuelle. La sociologie doit expliquer le social par le social.

Quatrième règle : pour trouver des causes efficientes d’un phénomène, il faut comparer ce qui se
passe entre plusieurs sociétés. Pour prouver l’existence d’une cause sociale, il faut donc un travail
d’analyse comparative en suivant le développement d’un phénomène à travers les différentes
catégories de société.

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Activités

1) Enumérez et expliquez les types de sociétés distingués par E. Durkheim.


2) Quelles sont les causes du passage de la solidarité mécanique à la solidarité
organique ?
3) Quel est l’objet d’étude de la sociologie selon Durkheim ?

SEANCE N°4 : LE SUICIDE SELON EMILE DURKHEIM

Objectifs spécifiques : Ce chapitre permet aux étudiants de comprendre et d’expliquer le suicide


selon Emile Durkheim.

Contenu du cours

Ecrit en 1897, ce livre est l’application des règles de la méthode sociologique. Par le suicide,
Durkheim a démontré l’impact des déterminants sociaux sur les comportements individuels. Sa
thèse est ainsi développée en quatre temps :

1) La définition du suicide

Selon Durkheim, on appelle « suicide tout cas de mort qui résulte directement ou indirectement
d’un acte positif ou négatif, accompli par la victime elle-même et qu’elle savait devoir produire ce
résultat » (E. Durkheim, 2007, p. 5). Au vue de cette définition, le suicide peut être direct ou
indirect, acte positif ou négatif.

Pour évoquer la notion de suicide, il faut que l’individu ait l’intention de mourir. Pour expliquer
l’objet qui est le taux de suicide, Durkheim a utilisé les travaux statistiques des pays pour
démontrer la régularité du phénomène.

2) La réfutation des théories antérieures


 Le suicide n’est pas explicable par les causes psychologiques
 Le suicide n’est pas explicable par l’hérédité familiale ou raciale
 Le suicide n’est pas lié à des causes climatiques
 Le suicide n’est pas un phénomène d’imitation

3) La typologie des suicides

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Durkheim distingue quatre types de causes sociales du suicide :

 Le suicide égoïste : ce suicide est lié à une intégration sociale faible. Le suicide égoïste
est le résultat de l’affaiblissement de la pression de la collectivité sur l’individu et du
désarroi moral qu’a pu susciter chez lui la désintégration de la société. Dans ce cas, le
« moi » individuel prime sur le « moi » collectif.
 Le suicide altruiste : ce suicide est lié à l’excès d’intégration sociale. Ce type de
suicide caractérise les sociétés primitives ou traditionnelles où l’individu est fortement
soumis aux valeurs collectives.
 Le suicide anomique : Ce type de suicide renvoie à l’affaiblissement des règles
sociales.
 Le suicide fataliste : ce type de suicide renvoie à l’excès de réglementation sociale.

Activités

1) Définir le suicide selon E. Durkheim

2) Quels sont les principes qui permettent de reconnaitre un suicide selon E. Durkheim ?

3) Expliquez les différents types de suicides selon E. Durkheim.

SEANCE N°5 : MAX WEBER

Objectif spécifique : ce chapitre permet à l’étudiant d’avoir une connaissance sur la sociologie de
Max Weber.

Contenu du cours

Né en 1864 dans un milieu très cultivé et politisé, M. Weber est un contemporain de Durkheim. Sa
vision du monde est dominée par le thème de la rationalisation croissante. Selon lui, la
rationalisation du monde n’est pas un progrès. L’homme rationnel a moins de certitude. Malgré
tout, Weber admet qu’il existe dans ce monde contemporain une irrationalité qu’il décline comme
suit :

L’homme a une affectivité qui lui fait réagir avec passion et il existe dans les relations
individuelles une part de hasard et d’imprévisibilité.
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Pour Weber, l’action humaine est conditionnée par des valeurs morales qui n’ont rien de
scientifique.

L’acteur aussi rationnel soit-il ne peut prévoir toutes les conséquences de son action. L’action
prévue pour être positive a souvent des effets négatifs. C’est bien le paradoxe des conséquences.

 Epistémologie des sciences chez max weber

1) L’antipositivisme de Weber

Cet antipositivisme est développé sous deux formes :

 Weber soutient que les concepts n’épuisent jamais la richesse du réel, ils ne sont qu’un
nom pour qualifier le réel. Pour Weber, le réel est inépuisable, infini. La connaissance
scientifique n’est donc qu’un point de vue partiel sur le réel.
 Pour weber chaque science est autonome et aucune ne sert véritablement de modèle aux
autres. On ne peut donc construire les sciences sociales sur le modèle des sciences de la
nature.

2) Sciences de la nature et science de la culture

Les sciences de la nature sont des sciences qui cherchent des lois générales et qui utilisent donc
une méthodologie globalisante. Les sciences de la culture sont des sciences qui analysent les
phénomènes dans leurs singularités, au cas par cas et qui utilisent donc une méthode individuelle.
Pour Weber, sans dissocier l’une de l’autre, chaque type de science peut utiliser ces deux types de
méthodologies.

Il reconnait par ailleurs qu’en science sociale, l’objet qu’est l’humain cause un véritable problème
de neutralité. Cependant, dès qu’un chercheur des sciences sociales définit son objet d’étude, il
doit chercher d’être neutre, rationnel et doit éviter les jugements de valeur. Weber admet qu’on
peut comprendre logiquement de l’intérieur la démarche des acteurs sociaux et la rationalité des
phénomènes humains.

Activités

1) Quelle analyse Max Weber fait-il de la réalité sociale ?


2) Que vous suggère la notion d’antipositivisme de Weber ?
3) Quelles comparaisons faites-vous entre la science de la nature et la science de la culture.
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SEANCE N°6 : LA SOCIOLOGIE COMPREHENSIVE DE MAX WEBER

Objectifs spécifiques : ce chapitre permet à l’étudiant d’expliquer l’activité sociale selon Max
Weber et d’énumérer ces différents déterminants.

Contenu du cours

Pour Max Weber, il faut analyser le sens que les hommes donnent à leurs actions. Il faut prendre
en compte les intentions de l’acteur social, individuel ou collectif. Il faut analyser les valeurs qui
le motivent. Selon Weber : « nous appelons sociologie (…) une science qui se propose de
comprendre par interprétation l’activité sociale et par là d’expliquer causalement son
déroulement et ses effets » (M. Weber, 1995, p.4).

1) Comprendre l’activité sociale

Tout d’abord, nous attendons par activité un comportement humain quand et pour autant que
l’agent ou les agents lui communiquent un sens subjectif. Ainsi, on entend par activité sociale,
une activité qui, d’après son sens visé par l’agent ou les agents, se rapporte au comportement
d’autrui, par rapport auquel s’oriente son déroulement.

2) Comprendre par interprétation

Pour Weber, il s’agit de comprendre quel est le processus logique qui conduit à une décision
donnée dans une conjoncture spécifique. Il faut reconstituer la rationalité de l’acteur mais essayer
aussi de comprendre la part d’irrationnel dans son comportement en fonction des buts et des
moyens qu’il se donne.

3) Déterminants de l’activité sociale

Comme toute autre activité, l’activité sociale peut-être déterminée : de façon rationnelle en
finalité, de façon rationnelle en valeur, de façon affectuelle et de façon traditionnelle.

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Activités

1) Comment Max Weber définit-il la sociologie ?


2) Qu’est-ce que l’activité sociale selon Weber ?
3) Expliquez les déterminants de l’activité sociale selon Max Weber.

SEANCE N°7 : LA SOCIOLOGIE ECONOMIQUE ET RELIGIEUSE

Objectifs spécifiques : ce chapitre permet à l’étudiant d’expliquer l’économie et la naissance du


capitalisme selon Weber.

Contenu du cours
 La sociologie économique
Pour Weber, l’économie est un secteur de l’activité humaine qui fait référence aux relations entre
les acteurs. Tout échange économique est un compromis d’intérêts. Il s’agit de toutes les relations
ayant pour objet la satisfaction de besoins, portant sur des biens ou des services.

Weber construit un type idéal du capitalisme moderne autour de plusieurs éléments :

 Le capitalisme moderne se caractérise par l’existence d’entreprises privées et autonomes.


Elles ont un objectif prioritaire : produire de manière à faire le plus de profit possible et à
accumuler des capitaux.
 Deuxième élément central du capitalisme : la rationalisation du processus de production
est liée aux calculs rationnels des investissements et à la gestion rationnelle de
l’entreprise.

Développement du capitalisme en occident

Dans l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, Weber (1905) analyse l’influence que
l’église protestante a sur la conduite des individus. Weber a découvert l’esprit du capitalisme
principalement dans la conduite morale des puritains.

Le succès de l’éthique protestante

L’idée que les protestants réussissaient bien en affaires et que les pays à majorité protestante
prospéraient était assez courante à l’époque. Mais weber a essayé de comprendre et d’expliquer le

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fondement de cette relation. Les motivations et la rationalité des acteurs expliquent cette relation
fréquente entre protestantisme et prospérité économique. Weber montre que la religion explique
les phénomènes économiques.

 La sociologie religieuse

M. Weber essaie de comprendre les motivations des individus qui adoptent des conduites
religieuses et les rôles que jouent les systèmes religieux dans l’élaboration d’une culture et dans la
structuration d’une société. Il ne s’intéresse pas à la vérité ou à l’erreur des théories religieuses. Il
étudie un type d’activité humaine particulière, l’activité religieuse, pour montrer son impact sur les
autres types d’activités économique. La perspective wébérienne est donc très différentes des
perspectives marxistes et durkheimiennes qui sont beaucoup plus réductrices par rapport aux
phénomènes religieux.

Religion et rapport au monde

Weber introduit une distinction entre les religions de la loi et les religions de convictions.

Dans les religions de la loi, le croyant doit avant tout se conformer à l’ordre du monde ainsi qu’à
l’ordre social. Les cultes mettent l’homme en disposition d’intégration au système établi. Ce type
de religion adapte les individus au monde.

Dans les religions de convictions, l’homme doit chercher à faire la volonté de Dieu, d’où un
fréquent mépris pour le quotidien et pour le monde. Les rapports avec le monde peuvent évoluer
selon les périodes. Elle a en principe une dimension de contestation. Les fidèles sont souvent en
situation de choix difficile ; ils vivent des conflits de valeurs entre les exigences de leur foi, les
valeurs d’une société et les nécessités de la vie quotidienne. Ces tensions entre les religions de
salut et le monde existent aussi aux niveaux économiques et politiques.

Activités
1) Quels sont les fondements du capitalisme moderne chez Weber ?
2) Pourquoi le capitalisme moderne s’est-il développé en occident et seulement en occident ?
3) Comment expliquez-vous les tensions entre religions de salut et réalités sociales

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SEANCE N°8 : LA SOCIOLOGIE POLITIQUE DE MAX WEBER

Objectifs spécifiques : ce chapitre permet à l’étudiant de définir la sociologie politique de Weber.

Contenu du cours

La sociologie politique

1) La définition du politique et de l’Etat


Pour weber il existe une différence entre ces deux notions.

L’activité politique consiste toujours à organiser les rapports sociaux sur un territoire donné. Il n’y
a pas d’activité politique sans présence d’une autorité légitime. Et cette autorité dispose des
moyens de contrainte à l’égard des membres vivants sur le territoire.

L’Etat se caractérise par sa légitimité et sa rationalité. Un droit et une administration rationalisés,


un pouvoir législatif et judicaire spécialisés, autonomes par rapport à l’exécutif, une organisation
méthodique des pouvoirs publics.

La sociologie politique de Weber met l’accent sur l’existence de relations de domination et de


mécanismes par lesquels les individus acceptent d’être dominés.

2) Trois types de légitimités


Nous entendons par domination, la chance pour des ordres spécifiques de trouver obéissance de la
part d’un groupe déterminé d’individus (M. Weber, 1995, p. 285). La domination repose en
général sur une croyance, une foi en la légitimité de l’ordre social et du pouvoir politique en place.

Weber repère trois types de légitimités :

 La domination légale-rationnelle : elle repose sur la croyance en la valeur des règlements.


Les instances dirigeantes sont désignées conformément à la loi. Ici, tout le système repose
sur le droit. Les règles juridiques de fonctionnement s’imposent à tous, y compris aux élus.

 La domination traditionnelle : celle-ci repose sur la croyance en la valeur des traditions.


Celui qui exerce le pouvoir, en fonction d’une coutume ou d’une tradition est alors
considéré comme une autorité légitime.
 La domination charismatique : elle repose sur le charisme d’un individu. On accepte de
reconnaitre parfois un leader comme une autorité légitime car sa personnalité est
particulièrement séduisante.

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Activités
1) Quelles différences peut-on établir entre « politique » et « Etats » ?
2) Expliquez les types de légitimité de la domination selon Weber
3) Parmi les types de légitimité, le/lesquels dure(nt) dans le temps selon Weber ?

SEANCE N°9 : GENERALITES SUR LES SCIENCES SOCIALES

Objectifs spécifiques : ce chapitre permet à l’étudiant de définir les sciences sociales, d’expliquer
la loi des trois états selon Auguste Comte, de donner les caractéristiques d’un fait social selon E.
Durkheim et d’expliquer les différents paradigmes sociologiques.

Contenu du cours

 Notion de sciences sociales

Le terme science vient du latin scientia qui veut dire « savoir ». La science correspond à tout
savoir considéré comme objectif et par conséquent vérifiable.

Le philosophe et logicien Rudolf Carnap (1891-1970) classe le savoir en quatre catégories :

Les sciences naturelles, les sciences expérimentales, les sciences pures et Les sciences sociales ou
les sciences humaines. C’est bien cette dernière catégorie qui sera principalement au cœur de nos
préoccupations.

L’objet des sciences sociales est lié aux activités et aux comportements des êtres humains. Les
sciences sociales, dans leur diversité, se consacrent à l’étude de l’évolution des sociétés
(archéologie, histoire, démographie), à l’interaction sociale (économie, sociologie, anthropologie)
et au système cognitif (psychologie, linguistique). Il existe aussi des sciences sociales appliquées
(droit, pédagogie) et des sciences sociales liées aux groupes des humanités (sciences politiques,
philosophie, sciences de la communication).

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Présentation de quelques disciplines des sciences sociales

La sociologie

Venant du préfixe latin socius qui signifie compagnon et du suffixe grec « logo » qui signifie
discours, la sociologie étudie l’homme dans son milieu social.

Quel est donc l’objet de la sociologie ?

Pour Emile Durkheim, la sociologie est la science qui étudie les faits sociaux. Selon lui, « les
faits sociaux consistent en des manières d’agir, de penser et de sentir extérieures à l’individu et
qui sont douées d’un pouvoir de coercition en vertu duquel ils s’imposent à l’individu » (E.
Durkheim, 2007, p. 4). Parlant du fait social, Durkheim élabore 4 caractéristiques qui permettent
de l’identifier : la généralité, l’extériorité, la coercition et l’historicité.

G. Simmel pour sa part, insiste sur les interactions sociales comme objet de la sociologie. Quand à
R. Boudon, il prend l’acteur individuel comme atome social.

 Les paradigmes sociologiques

Il existe en sociologie deux grands paradigmes.

 Paradigme holistique d’Emile Durkheim

La position qui pose le collectif comme le point de départ absolu de la réflexion est désignée par le
terme d’holisme. La société est considérée comme un tout qui est supérieur à la somme des
parties. Elle préexiste aux individus et ils sont régis par elle. Dans ce cadre, la société prime sur
l’individu et la conscience individuelle n’est vue que comme un fragment de la conscience
collective.

Paradigme atomistique de Max Weber

L’approche atomistique est celle qui pose l’individu comme point de départ de toute réflexion.
C’est donc à travers un système d’interactions constantes entre les atomes que se produit et se
reproduit la société. Selon ce point de vue, l’objet des recherches sociologiques est l’action
sociale. L’accent est porté sur la cause des actions sociales et le sens donné par les individus à
leurs actions.

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L’anthropologie

L’anthropologie en tant que science consiste à étudier l’humain du passé comme du présent. Elle
est subdivisée en des spécialités et sous disciplines : l’anthropologie sociale et culturelle,
l’anthropologie physique et biologique et l’anthropologie appliquée.

La démographie

La démographie a pour objet l’étude de l’état des mouvements des populations humaines. Pour
leur part, les mouvements des populations renvoient aux évènements démographiques que sont les
naissances et les décès. Le domaine de la démographie prend en compte les facteurs
psychologiques, climatiques, sociologiques, physiologiques.

La philosophie

La philosophie travaille avec des concepts abstraits et tente de définir de grands principes
généraux et de répondre aux questions fondamentales de la vie et de la mort, du sens de
l’existence, des valeurs individuelles et sociales, de la nature de la langue ou de la connaissance et
du rapport que nous avons avec les choses elles-mêmes. La philosophie est subdivisée en plusieurs
spécialités : philosophie de l’éducation, du langage, de la science, éthique fondamentale,
esthétique, philosophie de la psychologie, etc.…

La psychologie

La psychologie signifie l’étude de l’âme qui caractérise l’être humain. Elle est en d’autre terme, la
science du psychisme humain, c’est-à-dire ce qui concerne l’esprit et la pensée. Les principales
spécialités de la psychologie sont : la psychologie clinique, la psychopathologie, la psychologie du
développement, la psychologie sociale, la psychologie cognitive, la psychologie différentielle, la
psychophysiologie.

Activités

1) Qu’est-ce-que les sciences sociales ?

2) Quels sont les caractéristiques d’un fait social selon E. Durkheim ?


3) Expliquez les différents paradigmes sociologiques ? Expliquez-les.

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SEANCE N°10 : RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES

Objectifs spécifiques : ce chapitre permet aux étudiants de se familiariser avec la recherche


scientifique.

Contenu du cours

1) La recherche scientifique

La recherche scientifique est un processus rationnel qui permet d’examiner un phénomène, un


problème. Elle est caractérisée par une rigueur et conduit à l’acquisition de nouvelles
connaissances. Ses fonctions sont de décrire, d’expliquer, de comprendre des faits, des
phénomènes, des conduites donc d’élucider le mécanisme de production des faits. La recherche
scientifique a pour finalité de découvrir l’inconnu, de faire ressortir la vérité cachée afin de révéler
quelques évidences.

2) Les différents types de recherche

 Recherche fondamentale

La recherche fondamentale est une action rationnelle, systématique et rigoureuse qui s’attaque aux
fondements d’un aspect quelconque d’un domaine donné et dont la finalité repose sur l’évolution
des connaissances scientifiques et techniques. La découverte des lois gouvernant la structure, le
fondement et les rapports entre différentes entités de la nature est la principale exigence d’une
recherche fondamentale. Elle est destinée à faire progresser la connaissance scientifique par le
biais de la confrontation des hypothèses avec des théories.

Recherche appliquée

L’objet de la recherche appliquée est plus précis, plus limité et plus concret que celui de la
recherche fondamentale. Elle se propose de convertir les lois découvertes en acquis pratiques pour
l’amélioration des conditions humaines. Il s’agit d’une application de notions théoriques ou, plus
directement, d’une étude portant sur un aspect précis de la réalité. Contrairement à la recherche
fondamentale, la recherche appliquée a pour finalité de modifier le cours des phénomènes.

Recherche-développement ou recherche action

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Ce type de recherche encore appelé recherche opérationnelle ou recherche utile combine les
résultats des recherches fondamentales et appliquées pour établir des méthodes, des produits, des
dispositifs et des procédés nouveaux ou perfectionner l’arsenal existant. La recherche action part
des problèmes qui se posent dans une structure et cherche à résoudre ceux-ci faisant participer les
praticiens.

3) Les différents niveaux de la recherche


La description

Elle consiste à déterminer la nature et les caractéristiques des phénomènes étudiés et parfois à
établir des relations entre eux. Elle doit être une photographie des phénomènes observés.
L’observation peut constituer l’objet même d’une recherche. Il s’agit là de fournir une
connaissance précise et approfondie sur un phénomène donné. Ce niveau de recherche peut être
considéré comme le premier stade de la recherche. Elle correspond au stade de l’observation dans
la recherche ou à un premier niveau par rapport à la classification et à l’explication.

La classification

C’est un processus de catégorisation, de mise en ordre visant à établir des comparaisons. La


classification pour être utile, doit au départ retenir les éléments significatifs et distincts. Il s’agit de
regrouper les phénomènes présentant les mêmes traits fondamentaux malgré leurs différences sur
des points jugés accessoires. Elle requiert un exercice intellectuel et intuitif de rigueur.

Explication/compréhension

L’explication est l’une des finalités de la recherche sociologique. Expliquer, c’est répondre à la
question pourquoi ; c’est faire voir comment un phénomène est né et comment il est ce qu’il est.
Elle consiste à clarifier les relations entre des phénomènes et à déterminer les causes des
évènements et des phénomènes. En fait, l’explication est l’aboutissement d’une étude rigoureuse
et rationnelle qui s’articule autour des cadres conceptuels, théoriques et sur des modes de pensées.
Cette recherche met en lumière la signification des comportements collectifs, cerne la trame
structurelle des institutions et organisation en mettant les hypothèses à l’épreuve des données
d’observation ou d’expérimentation.

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Activités

1) Qu’est-ce qu’une recherche scientifique ?

2) Quelles différences faites-vous entre une recherche fondamentale, recherche appliquée et


une recherche action ?
3) Quels sont les différents niveaux de recherche ?

SEANCE N°11 : PRINCIPES ET ETAPES DE LA DEMARCHE


SCIENTIFIQUE

Objectifs spécifiques : ce chapitre permet à l’étudiant de se familiariser avec la démarche


scientifique.

Contenu du cours

1) Les principes fondamentaux de la démarche scientifique

1-1) Les actes épistémologiques de la démarche scientifique

Une démarche est une manière de progresser vers un but. Exposer la démarche scientifique
consiste donc à décrire les principes fondamentaux à mettre en œuvre dans tout travail de
recherche. Toute recherche doit répondre à quelques principes stables et identiques. Quels sont
donc ces principes fondamentaux que doit respecter toute recherche ? Gaston Bachelard les
résume ainsi : « le fait scientifique est conquis, construit et constaté ». En d’autre terme, le fait
scientifique est conquis sur les préjugés, construit par la raison et constaté par les faits.

La rupture

La rupture consiste précisément à rompre avec les préjugés et les fausses évidences qui nous
donnent seulement l’illusion de comprendre les choses. La rupture est donc le premier acte
constitutif de la démarche scientifique. E. Durkheim demande ainsi aux sociologues de se détacher
des prénotions. Pour y arriver, il faut prendre une certaine distance vis-à-vis des choses à
appréhender et éviter de s’y impliquer émotionnellement.

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La construction

La rupture ne peut être effectuée qu’en se référant à un système conceptuel organisé susceptible
d’exprimer la logique que le chercheur suppose être à la base du phénomène. C’est grâce à cette
théorie qu’il peut construire des propositions explicatives du phénomène à l’étude et qu’il peut
prévoir le plan de recherche à installer. Sans cette construction théorique, il n’y aurait pas
d’expérimentation valable. Il ne peut y avoir en sciences sociales, de constatation fructueuse sans
construction d’un cadre théorique de référence.

La constatation

Une proposition n’a droit au statut scientifique que dans la mesure où elle est susceptible d’être
vérifiée par des informations sur la réalité concrète. Cette mise à l’épreuve des faits est appelée
constatation ou expérimentation. Elle correspond au troisième acte de la démarche. La
constatation puise sa valeur dans la qualité de la construction.

1-2) Les qualités de la question de départ d’un projet de recherche

Les qualités de clarté

Il s’agit de formuler une question dont le sens ne prête pas à confusion. Elle doit être précise,
concise et univoque. Elle n’enferme pas le travail dans une perspective restrictive et dépourvue de
possibilité de généralisation. Elle permet simplement de savoir où l’on va et de la communiquer
aux autres.

Les qualités de faisabilité

Une question de départ doit être réaliste c’est-à dire en rapport avec les ressources personnelles,
matérielles et techniques dont on peut d’emblée penser qu’elles seront nécessaires et sur lesquelles
on peut raisonnablement compter.

Les qualités de pertinence

Une bonne question de départ doit être une « vraie question ». Elle doit porter sur ce qui existe et
non sur un idéal qui devrait exister. Une bonne question de départ ne doit pas avoir une
connotation morale. Elle ne cherchera pas à juger mais à comprendre.

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2) Les différentes étapes de la démarche scientifique

La question de départ

Il s’agit de l’élément particulier qui fait germer la pensée de faire une étude, d’approfondir ou de
s’intéresser à quelque chose de précis. La question de départ est le plus souvent formulée de
manière ouverte.

Exemple : les enfants des villes ont-ils un capital culturel plus étendu que ceux des
campagnes ?

L’exploration

Cette étape se présente comme suit :

 La documentation sur le sujet : il s’agit de consulter des ouvrages, des articles, des
mémoires, des thèses, etc.… qui ont trait au problème.
 Les entretiens exploratoires : ils concernent l’organisation des entretiens avec les
enseignants, des chercheurs spécialisés et experts dans le domaine lié à l’idée de
recherche.
 L’observation : elle fait référence à la présence du chercheur sur la scène sociale
donnée en vue d’observer la réalité et la décrire.

La problématique

La problématique c’est la clarification du problème. Son élaboration se présente comme suit:

 La première phase consiste à faire le point grâce aux lectures et aux entretiens sur les
différents aspects du problème qui y sont mis en évidence.
 La deuxième phase consiste à formuler les principaux repères théoriques de sa recherche. Il
s’agit d’abord de situer dans un champ de savoir précis le sujet à étudier ainsi que la
manière dont on veut le traiter.

La construction du modèle d’analyse


Après l’élaboration de la problématique, il faut construire le modèle d’analyse qui est son
prolongement naturel. Le modèle d’analyse comprend les concepts et les hypothèses
articulés entre eux afin de constituer un cadre d’analyse cohérent.

L’observation / Expérimentation
L’observation comprend l’ensemble des opérations par lesquelles le modèle d’analyse est
soumis à l’épreuve des faits, c’est-à-dire confronté aux données observables.

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L’analyse des informations


Cette étape consiste à faire les traitements des données. C’est ici que les résultats et leurs
interprétations seront présentés. Il existe deux grands types d’analyse : l’analyse qualitative
et l’analyse quantitative.

Les conclusions
Cette étape consiste à faire la synthèse des différents résultats issus de la recherche.

3) Les deux principales méthodes en sociologie

On distingue en sociologie deux méthodes de recherche: la méthode quantitative et la méthode


qualitative.

3-1) la méthode quantitative

L’enquête quantitative est une technique de recueil de données standardisées en nombre


important qui permet la mesure, la quantification, la comparaison analytique et l’extrapolation.
Elle est le plus souvent associée à une approche déductive. On distingue principalement trois
(3) démarches principales:

 La première démarche consiste à élaborer et à spécifier des théories et des


connaissances sociologiques existantes.
 La deuxième est la production de suggestions heuristiques concernant les nouveaux
phénomènes, les nouvelles relations, les nouvelles questions et les nouvelles théories.
 La troisième consiste en l’utilisation des données et des méthodes quantitatives pour
valider des hypothèses théoriques particulières.

La recherche quantitative utilise le questionnaire.

3-2) La méthode qualitative

La recherche qualitative utilise des techniques spécialisées aux fins d’obtenir des réponses
approfondies. Elle est le plus souvent associée à l’approche inductive. Quand la méthode
qualitative est bien menée, elle permet, sur la base d’un choix judicieux de la population enquêtée,
de parvenir à saisir les relations entre les variables. Elle permet de mieux comprendre les attitudes,
les croyances, les motifs, les comportements de la population cible. Elle utilise comme outil, le
guide d’entretien.

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3-3) Différences entre méthode quantitative et méthode qualitative

Concepts souvent liés à la méthode Concepts souvent liés à la méthode


quantitative qualitative
Type de raisonnement
Déduction Induction
Objectivité Subjectivité
Cause Explication
Type de question
Prédéterminée Ouverte
Axée sur les résultats Axée sur le processus
Type d’analyse
Estimation numérique Description narrative
Inférence statistique Comparaison continue
Source : http : // www.phac-aspc.gc.ca/publicat/cdic-mcc/18-3/d-f.html (22.10.2008)

Activités

1) Quels sont les principes de la démarche scientifique ?

2) Quels sont les étapes de la démarche scientifique ?


3) Quelles comparaisons peut-on établir entre la méthode qualitative et la méthode
quantitative ?

SEANCE N° 12 : TECHNIQUES ET OUTILS DE COLLECTE


D’INFORMATION

Objectifs spécifiques : ce chapitre permet à l’étudiant d’avoir une bonne connaissance des
techniques et outils de collectes d’informations.

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Contenu du cours

1) Enquête par questionnaire

C’est une technique de collectes des données quantitatives. Le questionnaire est le principal
outil de collecte de ce type de données. Le questionnaire est un ensemble de questions écrites
diversifiées, orientées sur un sujet de recherche et appliquées à un échantillon d’une
population dans le but de rassembler des données sur le sujet. Il peut être administré d’une
manière directe (remettre le questionnaire au répondant qui se charge de le remplir lui-même)
et indirecte (l’enquêteur lui-même remplit le questionnaire à partir des informations qui lui
sont fournies par le répondant).

Les bases fondamentales de construction de tout questionnaire restent, d’une part, les objectifs
de la recherche et d’autre part, les éléments contenus dans les hypothèses qu’on a élaborées au
départ.

1-1) Rôle et importance du questionnaire

Le questionnaire est le moyen de communication entre l’enquêteur et l’enquêté. Il constitue un


outil de travail permettant à l’enquêteur d’obtenir des informations nécessaires liées à son objet de
recherche. Le questionnaire doit traduire l’objectif de la recherche et susciter chez les enquêtés des
réponses sincères en relation avec le but poursuivi par la recherche.

1-2) Construction d’un questionnaire

Avant d’élaborer le questionnaire, le chercheur doit s’assurer que tous les aspects du problème ont
été bien analysés.

Quelques règles essentielles à observer.

L’unidimensionnalité des questions : on doit formuler les questions de telle sorte que chaque
question ne donne lieu qu’à une interprétation et à une seule. Il convient d’utiliser des termes
simples, biens précis qui ne prêtent pas confusion.
La brièveté de la formulation : l’enquêté doit pouvoir, après la première lecture, se souvenir
entièrement de la question et pouvoir la garder en mémoire tout le temps nécessaire à la réponse.
La neutralité dans la tournure, dans la formulation et dans les termes utilisés : la question
doit éviter des éléments qui puissent influencer la réponse de l’enquêté, notamment des jugements
du genre bon, meilleur ou des superlatifs.

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L’acceptabilité des questions : il s’agit de faire en sorte que la question posée ne soit ni
choquante, ni traumatisante, ni culturellement inacceptable.
L’organisation progressive : les thèmes, les rubriques et les contenus des questions doivent
s’échelonner de façon logique et selon une progression qui suit un certain ordre : du général au
particulier, du plus simple au plus complexe, du plus concret au plus abstrait. Le questionnaire
doit être découpé en blocs recouvrant chacun un thème précis.

2) Enquête par interview ou entretien individuel

L’entretien est une conversation orientée vers un but. C’est une communication personnelle
suscitée dans un but de recueillir des informations.

2-1) Les divers types d’interview

 L’interview directe : c’est la forme d’interview où le degré de liberté est le plus réduite,
c’est presque un questionnaire que l’on fait passer oralement. Le but visé avec ce type
d’entretien est la vérification de points précis ou le recueil d’éléments d’’informations de
détail.
 Entretien non-directif : il est caractérisé par une très grande liberté. L’enquêteur lance un
thème de départ et ne fait rien d’autre que des relances.
 Entretien semi-directif : c’est une forme d’entretien beaucoup moins libre. Il y a une
consigne de départ, un thème, mais l’enquêteur s’appuie sur une grille d’entretien
définissant l’ensemble des thèmes sur lesquels il doit recueillir des informations. Le but
recherché est de s’informer, mais en même temps de vérifier, à l’aide de questions, des
points particuliers liés à certaines hypothèses préétablies.

3-) Le focus Group

3-1) Généralité

Le focus group est une méthode qualitative de recherche sociale. Il présente les caractéristiques
suivantes :

 Il cherche à recueillir les opinions des individus sur un phénomène donné,


 Il est axé sur la communication verbale,
 La langue utilisée est celle des participants,

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 La discussion semi-directive en petits groupes est la plus utilisée,
 Les techniques d’animation de groupes,
 Une grille d’entretien avec des questions ouvertes,
 Les discussions de groupe sont prévues pour durer entre 1heure et 3 heures,
 Les groupes comptent 6 à 12 personnes sélectionnées selon certains paramètres fixés par
les besoins de l’analyse de la situation observée,
 Les acteurs d’un groupe donné doivent obéir aux mêmes paramètres pour juguler les
phénomènes de rapport de pouvoir entre eux. Aussi est-il recommandé de séparer les
acteurs en suivant certaines variables :
 Sexe (hommes/femmes)
 Age (jeunes/adultes/personnes âgées)
 Catégories sociales (riches ou pauvres), niveau socio-professionnel ; etc…

3-2) Guide d’entretien du Focus Group

Le guide d’entretien ou encore « la grille d’entretien » ou check-list en anglais est l’outil de


collecte des données dans le cadre d’un groupe d’entretien. Il a pour finalité :

 de définir les éléments d’informations visés par l’enquête ;


 d’articuler les questions dans un lexique à la portée des participants ;
 de présenter des questions objectives pour éviter d’influencer les opinions
 de formuler une seule idée par question
 de suggérer un temps raisonnable de durée de l’entretien par thème pour accroitre le temps
des entrevues.

Activités

1) Quels sont les étapes de la construction d’un questionnaire ?


2) Que vous suggère le concept de « focus Group » et quelle est sa finalité ?

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