Vous êtes sur la page 1sur 8

TRIBUNAL ADMINISTRATIF bl

DE PAU

N° 2001227 RÉPUBLIQUE FRANÇAISE


___________

M. LAVIGNE et autres
___________ AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
Mme Edwige Michaud
Rapporteur
___________ Le tribunal administratif de Pau
Mme Marie-Odile Meunier-Garner (2ème chambre)
Rapporteur public
___________

Audience du 13 octobre 2020


Lecture du 20 octobre 2020
__ __________
28-04
C

Vu la procédure suivante :

Par une lettre enregistrée au greffe du tribunal administratif le 3 juillet 2020 par laquelle le
préfet des Pyrénées-Atlantiques a transmis, en application de l’article R. 119 du code électoral, la
protestation formée le 2 juillet 2020, et un mémoire enregistré le 25 septembre 2020,
M. Dominique Lavigne, Mme Marie-Ange Thébaud et M. Christophe Martin, représentés par
Me Vojique, demandent, dans le dernier état de leurs écritures, d’annuler les opérations électorales
qui se sont déroulées les 15 mars et 28 juin 2020 dans la commune de Boucau et de mettre à la
charge de M. Gonzalez et de ses colistiers une somme de 2 000 € au titre de l’article L. 761-1 du
code de justice administrative.

Ils soutiennent que :


- ils ont entendu sollicité l’annulation des opérations électorales 2020 qui se sont déroulées
dans la commune de Boucau, et en tout état de cause, le préfet a souhaité former un déféré
préfectoral à l’encontre de ce scrutin ;
- la liste « Boucau convivial » a utilisé un procédé de référencement payant pour voir son
site apparaître en position préférentielle sur un moteur de recherche durant la période comprise
entre le mois de janvier 2020 et le 28 juin 2020 ;
- la liste « Boucau Convivial » conduite par M. Gonzalez a diffusé sur son site internet des
documents émanant de personnes morales ainsi qu’une séquence vidéographique au cours de la
période des six mois précédant les élections, en méconnaissance de l’article L. 52-8 du code
électoral qui prohibent le financement d’une campagne électorale par une ou plusieurs morales ;
- le procès-verbal du bureau de vote n°1 n’a pas été signé par son président, en
méconnaissance de l’article R. 67 du code électoral ;
- le maire et ses services n’ont pas vérifié la validité des procurations lorsque des
mandataires de ces dernières se sont présentés pour voter ;
N° 2001227 2

- la disposition des isoloirs dans les bureaux n° 2, 3 et 5 n’a pas permis le respect du secret
du vote et a été faite en méconnaissance de la circulaire du ministère de l’intérieur du 9 mars 2020
relative à l’organisation des élections municipales en situation d’épidémie de coronavirus
Covid-19 ;
- le président du bureau de vote n° 1 a autorisé le vote d’un électeur qui n’a présenté aucune
pièce d’identité.

Par un mémoire en intervention enregistré le 27 juillet 2020, Mme Hélène Etchenique,


demande que le tribunal fasse droit aux conclusions de la protestation formée par M. Lavigne et
autres et procède soit à la rectification des résultats, soit à l’annulation des élections.

Elle soutient que :


- le référencement publicitaire du site internet de la liste « Boucau Convivial » durant la
période comprise entre le mois de janvier 2020 et le 28 juin 2020 a méconnu l’article L. 52-1 du
code électoral ;
- la liste Boucau Convivial conduite par M. Francis Gonzalez a diffusé sur son site internet
des documents émanant de personnes morales ainsi qu’une séquence vidéographique au cours de
la période des six mois précédant les élections en méconnaissance des dispositions de l’article
L. 52-8 du code électoral qui prohibent le financement d’une campagne électorale par une ou
plusieurs morales ;
- le procès-verbal du bureau de vote n° 1 n’a pas été signé par son président, M. Francis
Gonzalez en méconnaissance de l’article R. 67 du code électoral ;
- le maire et ses services n’ont pas vérifié la validité des procurations lorsque des
mandataires de ces dernières se sont présentés pour voter ;
- la disposition des isoloirs dans les bureaux n° 2, 3 et 5 n’a pas permis le respect du secret
du vote et a été faite en méconnaissance de la circulaire du ministère de l’intérieur du 9 mars 2020
relative à l’organisation des élections municipales en situation d’épidémie de coronavirus
Covid-19 ;
- le président du bureau de vote n° 1, M. Francis Gonzalez, a autorisé le vote d’un électeur
qui n’a présenté aucune pièce d’identité.

Par un mémoire en intervention enregistré le 27 juillet 2020, Mme Martine Becret,


demande que le tribunal fasse droit aux conclusions de la protestation formée par M. Lavigne et
autres et procède soit à la rectification des résultats soit à l’annulation des élections.

Elle soutient que :


- le référencement publicitaire du site internet de la liste « Boucau Convivial » durant la
période comprise entre le mois de janvier 2020 et le 28 juin 2020 a méconnu l’article L. 52-1 du
code électoral ;
- la liste Boucau Convivial conduite par M. Francis Gonzalez a diffusé sur son site internet
des documents émanant de personnes morales ainsi qu’une séquence vidéographique au cours de
la période des six mois précédant les élections en méconnaissance des dispositions de l’article
L. 52-8 du code électoral qui prohibe le financement d’une campagne électorale par une ou
plusieurs morales ;
- le procès-verbal du bureau de vote n° 1 n’a pas été signé par son président, M. Francis
Gonzalez en méconnaissance de l’article R. 67 du code électoral ;
- le maire et ses services n’ont pas vérifié la validité des procurations lorsque des
mandataires de ces dernières se sont présentés pour voter ;
- la disposition des isoloirs dans les bureaux n° 2, 3 et 5 n’a pas permis le respect du secret
du vote et a été faite en méconnaissance de la circulaire du ministère de l’intérieur du 9 mars 2020
N° 2001227 3

relative à l’organisation des élections municipales en situation d’épidémie de coronavirus


Covid-19 ;
- le président du bureau de vote n° 1, M. Francis Gonzalez, a autorisé le vote d’un électeur
qui n’a présenté aucune pièce d’identité.

Par un mémoire en intervention enregistré le 27 juillet 2020, M. Jérôme Rance, demande


que le tribunal fasse droit aux conclusions de la protestation formée par M. Lavigne et autres et
procède soit à la rectification des résultats soit à l’annulation des élections.

Il soutient que :
- le référencement publicitaire du site internet de la liste « Boucau Convivial » durant la
période comprise entre le mois de janvier 2020 et le 28 juin 2020 a méconnu l’article L. 52-1 du
code électoral ;
- la liste Boucau Convivial conduite par M. Francis Gonzalez a diffusé sur son site internet
des documents émanant de personnes morales ainsi qu’une séquence vidéographique au cours de
la période des six mois précédant les élections en méconnaissance des dispositions de l’article
L. 52-8 du code électoral qui prohibent le financement d’une campagne électorale par une ou
plusieurs morales ;
- le procès-verbal du bureau de vote n° 1 n’a pas été signé par son président, M. Francis
Gonzalez en méconnaissance de l’article R. 67 du code électoral ;
- le maire et ses services n’ont pas vérifié la validité des procurations lorsque des
mandataires de ces dernières se sont présentés pour voter ;
- la disposition des isoloirs dans les bureaux n° 2, 3 et 5 n’a pas permis le respect du secret
du vote et a été faite en méconnaissance de la circulaire du ministère de l’intérieur du 9 mars 2020
relative à l’organisation des élections municipales en situation d’épidémie de coronavirus
Covid-19 ;
- le président du bureau de vote n° 1, M. Francis Gonzalez, a autorisé le vote d’un électeur
qui n'a présenté d’aucune pièce d’identité.

Par des mémoires en défense enregistrés le 31 juillet 2020, le 21 septembre 2020 et le 8


octobre 2020, M. Francis Gonzales, Mme Marie-Josée Roques, M. Gilles Lassabe, Mme Monia
Evene-Mateo, M. Louis Darriberouge, Mme Laurence Guyonnie, M. José Dos Santos,
Mme Sandrine Darrigues, M. Patrick Acedo, Mme Claire Ordonnes, M. Jonathan Darrigade,
Mme Catherine Dufour, M. Xavier Baylac, Mme Simone Puyo, M. Gil Galasso, Mme Catherine
Dupin, M. Jean-Pierre Cazaux, Mme Emilie Serres, M. Jean-Pierre Alpha, Mme Céline Dos
Santos, M. Alain Dartigues, Mme Sylvie Moreira, représentés par Me Cambot, concluent au rejet
de la protestation de M. Lavigne et autres et demandent en outre, à ce qu’il soit mis à la charge des
protestataires une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice
administrative.

Ils soutiennent que :


- la protestation de M. Lavigne et autres ne tend pas à l’annulation des élections
municipales de la commune de Boucau mais à recueillir l’avis du préfet des Pyrénées-Atlantiques
sur la régularité de ce scrutin ;
- les interventions volontaires, qui présentent des conclusions nouvelles, sont irrecevables ;
- le grief tiré de la méconnaissance de la circulaire du ministre de l’intérieur du 9 mars 2020
est inopérant ;
- les griefs soulevés par M. Lavigne et autres ne sont pas fondés.

Vu :
- le procès-verbal des opérations électorales en litige et les documents y annexés ;
N° 2001227 4

- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code électoral ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :


- le rapport de Mme Michaud,
- les conclusions de Mme Meunier-Garner, rapporteur public,
- les observations de Me Vojique, représentant M. Lavigne et autres, et de Me Cambot,
représentant M. Gonzalez et autres.

Une note en délibéré présentée pour M. Gonzalez et autres a été enregistrée le 14 octobre
2020.

Considérant ce qui suit :

1. A l’issue des opérations électorales qui se sont déroulées le 28 juin 2020 dans la
commune de Boucau en vue du renouvellement général du conseil municipal, ont été proclamés
élus conseillers municipaux 22 candidats inscrit sur la liste « Boucau convivial et développement
durable » conduite par M. Gonzalez et 7 candidats inscrits sur la liste « Boucau génération avenir »
conduite par M. Lavigne. Par lettre du 2 juillet 2020, M. Lavigne et autres ont saisi le préfet des
Pyrénées-Atlantiques de la régularité de ces élections, lequel a transmis ce courrier au tribunal.

Sur les fins de non-recevoir opposées par M. Gonzales et autres :

2. En premier lieu, aux termes de l’article R. 119 du code électoral : « Les réclamations
contre les opérations électorales doivent être consignées au procès-verbal, sinon être déposées, à
peine d'irrecevabilité, au plus tard à dix-huit heures le cinquième jour qui suit l'élection, à la sous-
préfecture ou à la préfecture. Elles sont immédiatement adressées au préfet qui les fait enregistrer
au greffe du tribunal administratif. / (…). ».

3. Si la saisine du préfet des Pyrénées-Atlantiques formée le 2 juillet 2020 par M. Lavigne


et autres, qui concluait à ce que le représentant de l’Etat dans le département procède au contrôle
de légalité des opérations électorales et en tire toutes les conséquences de droit, ne tendait pas
explicitement à l’annulation des élections, elle contenait l’exposé de griefs suffisamment précis
pour être regardés comme mettant en cause la régularité du scrutin, et devait dès lors être regardée
comme une protestation tendant à l’annulation des opérations électorales qui se sont déroulées le
15 mars et le 28 juin 2020 dans la commune de Boucau. Par suite, la fin de non-recevoir opposée
à ce titre par M. Gonzalez et autres doit être écartée.

4. En second lieu, les trois intervenants volontaires à l’instance, à savoir Mme Etchenique,
Mme Bécret et M. Rance, demandent que le tribunal fasse droit aux conclusions de la protestation
formée par M. Lavigne et autres et procède notamment à l’annulation des élections. En leur qualité
de candidats proclamés élus, ils justifient sur ce point d’un intérêt suffisant pour intervenir au
soutien de la protestation de M. Lavigne. Par suite, la fin de non-recevoir opposée à ce titre par
M. Gonzales et autres doit être écartée.
N° 2001227 5

5. En revanche, leurs conclusions tendant à ce que tribunal procède à la rectification des


résultats des élections sont irrecevables dès lors qu’un intervenant volontaire ne peut que venir à
l’appui des conclusions de l’une des parties. Par suite, la fin de non-recevoir opposée à ce titre par
M. Gonzales et autres doit être accueillie.

Sur les conclusions aux fins d’annulation :

En ce qui concerne la protestation dirigée contre les opérations électorales relatives au


premier tour de scrutin :

6. Il est constant que les opérations électorales relatives au premier tour de scrutin qui se
sont déroulées le 15 mars 2020 dans la commune de Boucau n'ont abouti à la proclamation d'aucun
candidat. Les conclusions dirigées contre ces opérations électorales sont donc sans objet et, par
suite, irrecevables.

En ce qui concerne la protestation dirigée contre les opérations électorales relatives au


second tour de scrutin :

7. En premier lieu, aux termes de l’article L. 52-1 du code électoral : « Pendant les six mois
précédant le premier jour du mois d'une élection et jusqu'à la date du tour de scrutin où celle-ci
est acquise, l'utilisation à des fins de propagande électorale de tout procédé de publicité
commerciale par la voie de la presse ou par tout moyen de communication audiovisuelle est
interdite. (…) ».

8. Il résulte de l’instruction que, d’une part, les membres de la liste conduite par
M. Gonzalez ont créé un site internet dénommé « Boucau convivial » dont le contenu présente le
caractère d’une propagande électorale par voie de communication audiovisuelle. D’autre part, il a
été mis en place un procédé de référencement payant associé à des mots clés relatifs aux élections
municipales, qui avait pour objet de faire apparaître ce site internet en position préférentielle au
moyen d’un moteur de recherche durant les six mois précédant le second tour des élections
municipales. Un tel référencement revêt le caractère d’un procédé de publicité commerciale,
interdit par l’article L. 52-1 du code électoral.

9. En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 52-8 du code électoral : « (…). Les
personnes morales, à l'exception des partis ou groupements politiques, ne peuvent participer au
financement de la campagne électorale d'un candidat, ni en lui consentant des dons sous quelque
forme que ce soit, ni en lui fournissant des biens, services ou autres avantages directs ou indirects
à des prix inférieurs à ceux qui sont habituellement pratiqués. (…) ».

10. Il résulte de l’instruction que le compte créé par la liste conduite par M. Gonzalez sur
un réseau social comporte des documents tels que des vidéographies ou des photographies,
propriété de personnes morales telles que la communauté d’agglomération du pays basque,
l’Office 64 de l’habitat, l’établissement public foncier local du pays Basque et la commune de
Boucau, relatifs à des projets immobiliers d’envergure sur le territoire de cette commune.
M. Gonzalez et autres qui se bornent à indiquer que ces informations étaient librement accessibles
et à la disposition de toute personne souhaitant s’en prévaloir, ne contestent pas avoir utilisé de
tels documents à des fins de propagande électorale, notamment une vidéographie visionnée plus
de 380 fois. L’utilisation de ces documents a donc constitué pour la liste conduite par M. Gonzalez
un avantage au sens des dispositions précitées de l'article L. 52-8 du code électoral.
N° 2001227 6

11. En troisième lieu, aux termes de l’article L. 62 du code électoral : « A son entrée dans
la salle du scrutin, l'électeur, après avoir fait constater son identité suivant les règles et usages
établis (…), prend, lui-même, une enveloppe. Sans quitter la salle du scrutin, il doit se rendre
isolément dans la partie de la salle aménagée pour le soustraire aux regards pendant qu'il met
son bulletin dans l'enveloppe (…) ».

12. M. Lavigne et autres ne peuvent utilement se prévoir de la méconnaissance de circulaire


du 9 mars 2020 relative à l’organisation des élections municipales des 15 et 22 mars 2020 en
situation d’épidémie de coronavirus Covid-19, dès lors qu’elle est dépourvue de caractère
réglementaire. Toutefois, il résulte de l’instruction que dans les bureaux de vote n° 2, 3 et 5, si les
rideaux des isoloirs étaient maintenus ouverts afin de respecter les consignes issues de la circulaire
du 9 mars 2020, l’entrée des isoloirs était orientée en direction des membres du bureau de vote
ainsi que des électeurs qui attendaient leur tour dans le bureau de vote. Les protestataires ajoutent
que la demande de M. Lavigne et de M. Martin d'orienter l’entrée des isoloirs face à un mur a été
rejetée par des colistiers de M. Gonzalez, sans que les défendeurs ne parviennent à démontrer au
tribunal les raisons pour lesquelles il était impossible de procéder à cet aménagement. Ces
manquements, constatés par un certain nombre d’électeurs, ont été annotés sur les procès-verbaux
des opérations électorales dans les trois bureaux concernés. Dans ces conditions, au regard de la
configuration des isoloirs, la circonstance alléguée par M. Gonzalez et autres selon laquelle seuls
trois électeurs étaient présents en même temps dans chaque bureau de vote ne suffit pas à établir
que le respect du secret du vote prévu par les dispositions précitées de l’article 62 du code électoral
a été garanti.

13. Il résulte de tout ce qui précède que, eu égard à l’écart de 55 voix qui a séparé les deux
listes candidates au second tour et au nombre élevé d’électeurs concernés par l’irrégularité relevée
au point précédent dès lors que 1 576 suffrages ont été exprimés dans les bureaux de vote n° 2, 3
et 5 sur un total de 2 663 suffrages exprimés dans l’ensemble des cinq bureaux de vote, l’ensemble
des irrégularités relevées aux points 8, 10 et 12 a été de nature à altérer la sincérité du scrutin.

14. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres griefs,
M. Lavigne et autres sont fondés à demander l’annulation des opérations électorales qui se sont
déroulées le 28 mars 2020 dans la commune de Boucau.

Sur les frais liés au litige :

15. Aux termes de l’article L. 761-1 du code de justice administrative : « Dans toutes les
instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à
l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut,
même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette
condamnation. ».

16. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le


tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement
par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions
présentées à ce titre par M. Gonzalez et autres doivent dès lors être rejetées. En revanche, il y a
lieu de mettre à la charge de ces derniers une somme globale de 1 200 euros au titre des frais
exposés par M. Lavigne et autres et non compris dans les dépens.
N° 2001227 7

DÉCIDE:

Article 1er : Les interventions de Mme Etchenique, Mme Bécret et M. Rance sont admises en tant
qu’elles s’associent aux conclusions de la protestation de M. Lavigne et autres tendant à
l’annulation des opérations électorales du 28 juin 2020.

Article 2 : Les opérations électorales qui se sont déroulées le 28 juin 2020 dans la commune de
Boucau sont annulées.

Article 3 : M. Gonzalez et autres verseront à M. Lavigne et autres une somme globale de 1 200
(mille deux cents) euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions de la protestation de M. Lavigne et autres sont rejetées pour le surplus.

Article 5 : Les conclusions présentées par M. Gonzalez et autres au titre de l’article L.761-1 du
code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. Dominique Lavigne, Mme Marie-Ange Thébaud,
M. Christophe Martin, M. Francis Gonzales, Mme Marie-Josée Roques, M. Gilles Lassabe,
Mme Monia Evene-Mateo, M. Louis Darriberouge, Mme Laurence Guyonnie, M. José Dos
Santos, Mme Sandrine Darrigues, M. Patrick Acedo, Mme Claire Ordonnes, M. Jonathan
Darrigade, Mme Catherine Dufour, M. Xavier Baylac, Mme Simone Puyo, M. Gil Galasso,
Mme Catherine Dupin, M. Jean-Pierre Cazaux, Mme Emilie Serres, M. Jean-Pierre Alpha,
Mme Céline Dos Santos, M. Alain Dartigues, Mme Sylvie Moreira, Mme Hélène Etchenique,
M. Frédéric Billard, Mme Martine Becret et M. Jérôme Rance.
Copie en sera adressée au préfet des Pyrénées-Atlantiques et à la commune de Boucau.

Délibéré après l'audience du 13 octobre 2020, à laquelle siégeaient :

M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,


Mme Michaud, premier conseiller,
Mme Genty, premier conseiller.

Lu en audience publique le 20 octobre 2020.

Le rapporteur, Le président,

Signé Signé

E. MICHAUD F. DE SAINT-EXUPÉRY DE CASTILLON

La greffière,

Signé

D. DELGADO
N° 2001227 8

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous huissiers


de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de
pourvoir à l’exécution du présent jugement.

Pour expédition :
Le greffier,

D. DELGADO