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Chapitre 3

Intégrales généralisées, séries numériques

Nous allons étudier dans ce chapitre deux notions fortement liées les intégrales généralisées
(ou impropres) et les séries.

3.1 Intégrales généralisées


3.1.1 Définitions et premières propriétés
On considère un intervalle ouvert I =]a, b[ avec −∞ ≤ a < b ≤ +∞ . On rappelle que pour
R b0
a < a 0 < b 0 < b , a 0 f (t ) d t est bien définie pour toute fonction continue sur I à valeurs dans
K = R ou C . Commençons par le cas d’une intégrale impropre aux extrémités d’un intervalle.

Définition 3.1.1. Soit f une fonction continue sur I =]a, b[ à valeurs dans K = R ou C ,
−∞ ≤ a < b ≤ +∞ , et x 0 ∈ I .
Rx
1. On dit que l’intégrale de f sur [x 0 , b[ converge si la quantité x0 f (t ) d t admet une limite
dans K quand x → b − (ce qui signifie x → b avec x < b) .
Z b
Rb
On note alors x0 f (t ) d t = lim− f (t ) d t .
x→b x 0
Rb
De façon plus concise on dit que l’intégrale généralisée x0 f (t ) d t converge en b ,
Z x0
Rx
2. De même, on dit que a 0 f (t ) d t converge en a , si lim+ f (t ) d t existe dans K .
x→a x
Rb
3. On dit que l’intégrale généralisée a f (t ) d t converge si 1) et 2) sont vérifiées pour un
Rb Rx Rb
certain x 0 ∈ I et on pose a f (t ) d t = a 0 f (t ) d t + x0 f (t ) d t .
Rb Rx
Quand l’intégrale généralisée ne converge pas, on dit que l’intégrale x0 f (t ) d t (resp. a 0 f (t ) d t
Rb
ou a f (t ) d t ) diverge.

Un exemple fondamental : les intégrales généralisées de Riemann. Pour α ∈ R , on consi-


dère la fonction f α (x) = x α qui est continue sur I =]0, +∞[ . Une primitive sur I est donnée
α+1
par xα+1 si α 6= −1 et ln x si α = −1 .
On a alors

1
— 0 t α d t converge si et seulement si α > −1 , et 0 t α d t = α+1
R1 R1 1
;
R +∞ α R +∞ α 1
— 1 t d t converge si et seulement si α < −1 , et 1 t d t = − α+1 ;
R +∞ α
— 0 t d t est toujours divergente.

Remarque : Si b < +∞ et si f se prolonge par continuité en b , à savoir limx→b − f (x) existe


dans K , on prend le prolongement par continuité f˜ de f sur [x 0 , b] défini par
½
˜ f (x) si x < b
f (x) =
limx→b − f (x) si x = b ,

et la fonction f˜ est continue sur [x 0 , b] . On obtient alors


Z x Z b Z b
lim− f (t ) d t = lim− ˜
f (t ) d t = f˜(t ) d t ,
x→b x0 x→b x0 x0

en utilisant Rle fait que la primitive de f˜ définie sur [x 0 , b] est continue en b . C’est la même
x
chose pour a f (x)d t si limx→a + f (x) existe dans K .
En prenant l’intégrale généralisée de Riemann, on voit que c’est le cas pour f = f α sur ]0, 1[
si α ≥ 0 .
Le même exemple avec −1 < α < 0 montre que l’intégrale peut converger en 0 sans que la
fonction converge en 0 .
Rb
Proposition 3.1.2. Si x0 f (t ) d t converge en b pour un x 0 ∈ I =]a, b[ , alors pour tout x 1 ∈ I ,
Rb
l’intégrale x1 f (t ) d t converge et on a
Z b Z x0 Z b
f (t ) d t = f (t ) d t + f (t ) d t
x1 x1 x0
Rb
En conséquence la définition de la convergence de a f (t ) d t ne dépend pas du choix de x 0 ∈ I .
Définition 3.1.3. Soit f une fonction continue sur [a, c[∪]c, b] avec −∞ < a < c < b < +∞ , on
Rb Rc Rb
dit que l’intégrale généralisée a f (t ) d t converge en c si a f (t ) d t et c f (t ) d t convergent en
c . On pose alors
Z b Z c Z b
f (t ) d t = f (t ) d t + f (t ) d t .
a a c
Plus généralement si I =]a, b[ et si f est continue sur I \ {c 1 , . . . , c N } avec c 1 < c 2 . . . < c N ,
Rb
on dit que l’intégrale généralisée a f (t ) d t converge si on peut trouver x 0 , . . . , x N +1 avec
c j < x j < c j +1 pour j = 0, . . . , N + 1 en posant a = c 0 et b = c N +1 tels que toutes les intégrales
R xj R c j +1
généralisées c j f (t ) d t et x j f (t ) d t convergent.

Exemples : Pour α > −1 , l’intégrale −1 |t |α d t converge. Cela signifie que −1 |t |α d t et


R1 R −ε
R1 α
δ |t | d t ou la somme des deux convergent quand ε → 0 et δ → 0 sans imposer de relation
+ +

entre ε et δ ou d’ordre
R −ε d t dans
R 1 dles limites.
t 1
B La quantité −1 t + ε t = [ln |t |]−ε −1 − [ln |t |]ε = 0 , a une limite quand ε → 0 , mais
+

l’intégrale diverge en 0 . Regarder pour cela ce qui se passe quand on change les bornes −ε
et +ε en −ε et M ε avec M > 0 (cf Exercice 3.1).

2
Proposition 3.1.4. Les intégrales généralisées convergentes définies comme précédemment
conservent les propriétés suivantes des intégrales :
Rc Rb Rb
— La relation de Chasles a f (t ) d t + c f (t ) d t = a f (t ) d t ;
Rb Rb Rb
— La C-linéarité : Si a f (t ) d t et a g (t ) d t convergent alors pour tout λ ∈ K , a λ f (t ) +
Rb Rb
g (t ) d t converge et vaut λ a f (t ) d t + a g (t ) d t .
Rb
— Si f est continueRsur I =]a, b[\ {c 1 , . . . , c N } et a f (t ) d t converge, alors pour tout x 0 ∈ I
x
la fonction x 7→ x0 f (t ) d t est continue sur ]a, b[ , dérivable sur ]a, b[\ {c 1 , . . . , c N } avec
pour dérivée f (x) .
Rb Rb
— Si f et g sont deux fonctions réelles telles que a f (t ) d t et a g (t ) d t convergent avec
f ≤ g (c’est à dire f (x) ≤ g (x) pour tout x ∈]a, b[) alors
Z b Z b
f (t ) d t ≤ g (t ) d t .
a a

Exemple : Si f est une fonctionR xcontinue par morceaux (ex. la partie entière, faire un dessin)
et alors pour x 0 ∈ I fixé x → x0 f (t ) d t définit une fonction continue, dérivable en dehors
des points de discontinuité de f .
Remarque : BPour les changements de variables, les intégrations
Rx par parties il est recom-
mandé de revenir à la définition , c’est à dire considérer x0 , faire les calculs pour cette inté-
grale et passer à la limite x → b − à la fin.

3.1.2 Critères de convergence


On a vu que la convergence des intégrales généralisées en des points intérieurs se ramenait
par définition à la convergence d’intégrales généralisées aux bornes de l’intervalle. Nous
nous limitons à ce cas.

Proposition 3.1.5. (Cas des fonctions positives) Soit I =]a, b[ avec −∞ ≤ a < b ≤ +∞ .
Si f est une fonction
Rx continue et positiveR x0 ou nulle sur I , alors pour tout x 0 ∈ I les li-
mites limx→b x0 f (t ) d t et limx →a x 0 f (t ) d t existent dans R+ ∪ {+∞} . Nous notons alors
− 0 +
Rb R x0 Rx
a f (t ) d t = limx 0 →a + x 0 f (t ) d t + limx→b − x 0 f (t ) d t .

En résumé , pour une fonction positive ou nulle (resp. négative ou nulle) , l’intégrale géné-
Rb
ralisée a f (t ) d t est toujours définie dans R+ ∪ {+∞} (resp. R− ∪ {−∞}). B On dit que cette
intégrale converge seulement si cette limite est finie.
Rb
Remarque : Pour deux fonctions positives on peut toujours écrire ( f ≤ g ) ⇒ ( a f (t ) ≤
Rb
a g (t ) d t ) même si une des Rb
deux limites est +∞ .
Rb
BIl est faux de déduire a f (t ) ≤ a g (t ) d t Rde f ≤ g en général. Prenons par exemple
+∞
I =]1, +∞[ , g (t ) = 1 et Rf (t ) = sin(t ) . L’intégrale 1 g (t ) d t vaut +∞ et l’inégalité f (t ) ≤ g (t )
+∞
assure que l’intégrale 1 g (t ) −Rf (t ) d t a un sens
+∞ R x R+ ∪ {+∞} (en fait c’est
R +∞ au moins dans
+∞) . Mais on ne peut pas écrire 1 f (t ) d t ≤ 1 g (t ) d t car 1 sin(t ) d t = cos(1) − cos(x)
n’a pas de limite quand x → +∞ .
Règle : Chaque fois qu’on écrit une intégrale, il faut se demander le sens qu’elle a, inté-
grale convergente ou intégrale de fonction positive (resp. négative) dans R+ ∪ {+∞} (resp.

3
R− ∪ {−∞}) .

Un autre exemple classique à connaître : les intégrales de Bertrand. On considère la fonc-


tion f α,β (x) = x α | log x|β sur ]0, 21 [ ou [2, +∞[avec α, β ∈ R .
R1
— L’intégrale R02 t α | log t |β d t converge si et seulement si α > −1 ou (α = −1 et β < −1) .
— L’intégrale 2 t α | log t |β d t converge si et seulement si α < −1 ou (α = −1 et β < −1) .
+∞

Remarque : La fonction f α,β (x) = x α | log(x)|β est continue sur ]0, +∞[ pour β ≥ 0 . En
revanche pour β < 00 , il faut regarder l’intégrale généralisée R2 en 1 : En posant x = 1 + u et
| log(1 + u)| ∼ u au voisinage de 1 on voit que l’intégrale 1/2 f α,β (t ) d t converge pour β > −1
et diverge pour β ≤ −1
Proposition 3.1.6. (Critère de Cauchy) Pour x 0 ∈ I =]a, b[ et f continue sur I , l’intégrale
Rb
généralisée x0 f (t ) d t converge si et seulement si
à Z 0 !
¯ x ¯
0 0
f (t ) d t ¯ ≤ ε .
¡ ¢
∀ε > 0 , ∃c ε ∈ I , ∀x, x ∈ I , x, x ≥ c ε ⇒ ¯
¯ ¯
x

Définition 3.1.7. Pour une fonction f continue sur I =]a, b[ et x 0 ∈ I , on dit que l’intégrale
Rb
x 0 f (t ) d t est absolument convergente, ou encore que la fonction f est intégrable sur [x 0 , b[ ,
Rb
si x0 | f (t )| d t < +∞
Proposition 3.1.8. Une intégrale absolument convergente converge. De plus on a dans ce cas
Rb Rb
| x0 f (t ) d t | ≤ x0 | f (t )| d t < +∞ .

Rb
Remarque : En pratique pour vérifier que l’intégrale x0 f (t ) d t est absolument convergente
Rb
il suffit de trouver une fonction g ≥ | f | telle que x0 g (t ) d t < +∞ . Exemple : L’intégrale
R +∞ e i t ei t
R +∞
complexe 1 (1+t )t
d t est absolument convergente car | (1+t )t
| ≤ t12 et 1 dt 2t = 1 < +∞ .
BEncore une fois si l’intégrale n’est pas absolument convergente, il faut s’assurer que
Rb Rb Rb
l’intégrale x0 f (t ) d t converge avant d’écrire | x0 f (t ) d t | ≤ x0 | f (t )| d t = +∞ .

3.1.3 Intégrales semiconvergentes


Rb
Définition 3.1.9. Pour f continue sur I =]a, b[ et x 0 ∈ I on dit que l’intégrale x0 f (t ) d t est
semiconvergente si elle converge mais n’est pas absolument convergente.
R +∞
Un exemple : L’intégrale 1 sint t d t est semiconvergente.
Proposition 3.1.10. Règle d’Abel : Soit I =]a, b[ et x 0 ∈ I . On suppose la fonction f continû-
ment dérivable sur I , réelle et décroissante sur [x 0 , b[ et telle que limx→b − = 0 . On suppose la
fonction g continue et telle qu’il existe une constante M > 0 telle que
¯Z y ¯
¯ ¯
∀x, y ∈ [x 0 , b[ , ¯
¯ g (t ) d t ¯¯ ≤ M .
x
Rb
Alors l’intégrale x0 f (t )g (t ) d t converge.

4
R +∞
Exemple : 1 f (t )e i t d t converge pour toute fonction C 1 , f , décroissante telle que
limx→+∞ f (x) = 0+ .

3.2 Séries numériques

3.2.1 Séries et opérations


Définition 3.2.1. Soit
¡ (aPnn)n∈N une ¢ suite de K = R ou C. On
Pn
appelle série de terme général a n
la suite de K × K , (a n , k=0 a k ) n∈N . La quantité S n = k=0 a k est appelée somme partielle
d’indice n .

P
Notation. On note parfois simplement a n la série de terme général a n . Notation qu’il ne
faut pas confondre à ∞
P
a à laquelle nous allons donner un autre sens. Une autre notation
k=0 k
utilisée est [a n ]n∈N .

Remarque : En fait il suffit de connaître les a n pour connaître la série. Inversement si on


connaît les sommes partielles, on peut tout retrouver avec a n = S n −S n−1 , avec la convention
S −1 = 0 . La définition insiste sur le fait qu’il faut considérer en même temps les termes et les
sommes partielles.

Définition 3.2.2. Opérations sur les séries : On considère deux séries de terme général a n et
bn .

Troncature La série de terme général a n0 +n est appelée série déduite de (a n , nk=0 a k )n∈N
P

par troncature à n 0 . Pour les sommes partielles cela revient à annuler les premiers
termes d’indice < n 0 .
Combinaison linéaire Pour α, β ∈ R (ou C), la combinaison linéaire de coefficients α et β
est la série de terme général αa n + βb n et de somme partielle :
à ! à !
n n n
(αa k + βb k ) = α ak + β
X X X
bk .
k=0 k=0 k=0

Produit La série produit est la série de terme général

n
X n
X X
cn = a n−k b k = a k b n−k = a k1 b k2 .
k=0 k=0 k 1 +k 2 =n

PN PN P
Remarque : Pour la série produit, la somme partielle n=0 c n = n=0 k 1 +k 2 =n a k 1 b k 2 =
P PN PN
a b
k 1 +k 2 ≤N k 1 k 2 n’est pas égal au produit des sommes partielles ( a
k 1 =0 k 1
)( b ) (faire
k 2 =0 k 2
un dessin).

5
3.2.2 Séries bornées et convergentes
Définition 3.2.3. On dit qu’une série est bornée si la suite des sommes partielles est bornée.

Proposition 3.2.4. La suite des termes d’une série bornée est bornée.

Remarque : En revanche, la série n’est pas forcément bornée quand la suite des termes est
bornée. Exemple : a n = 1, S n = n.

Définition 3.2.5. On dit qu’une série converge (dans R ou C) si la suite des sommes partielles
converge (dans R ou C). On note ∞ a = limn→∞ S n = limn→∞ nk=0 a k .
P P
k=0 k

Remarque : On utilise la même notation si la limite est ±∞ ou ∞ sans dire pour autant
qu’elle converge.

Proposition 3.2.6. Si la série de terme général a n converge alors limn→∞ a n = 0 .

Exemple : La réciproque est fausse. L’exemple classique est celui de la série harmonique de
terme général n1 , n ∈ N∗ . En prenant n = 2p , on a

p j +1 j +1
2X −1 1 p−1
X 2 X−1 1 p−1X 2 X−1 1 p p→∞
= ≥ j +1
≥ → +∞ .
k=1 k j =0 k=2 j k j =0 k=2 j 2 2

Définition 3.2.7. Si la série de terme général a n converge, on appelle reste au rang n le nombre

+∞
X ∞
X
Rn = ak = ak − S n .
k=n+1 k=0

Proposition 3.2.8. Si la série converge la suite des restes a pour limite 0 .

Exemple : La série géométrique de raison % est la série de terme général a n = %n . Comme la


somme partielle vaut

∞ 1 − %n+1
%k = (S n = n + 1 si % = 1) ,
X
Sn =
k=0 1−%

la série converge si et seulement si ¯%¯ < 1. Si la série converge ∞ %k = 1/(1 − %).


¯ ¯ P
k=0

Exemple : Série téléscopique. Soit (u n )n∈N une suite numérique. La série de terme général
a n = u n+1 − u n converge si et seulement si la suite converge (u n )n∈N et on a ∞
P
n=0 u n+1 − u n =
limn→∞ u n − u 0 , en vertu de :
n
X
u n+1 − u 0 = u k+1 − u k .
k=0

6
3.2.3 Séries positives
Théorème 3.2.9. Une série de terme général a n ≥ 0 vérifie :
— Soit la série est bornée et alors elle converge avec ∞ n=0 a n ∈ R+ .
P
P∞
— Soit n=0 a n = +∞ .
On a de plus l’équivalence
µ∞ ¶
a n = 0 ⇔ (∀n ∈ N, a n = 0) .
X
n=0

Remarque : En conséquence la somme d’une série positive est toujours définie dans R+ .

Exemple : On a déjà vu (en TD) un exemple de série positive avec l’écriture décimale des
réels positifs : x = ∞ c 10−k .
P
k=0 k

Proposition 3.2.10. Principe de comparaison. Pour deux séries positives de terme général a n
et b n et telle que a n ≤ b n , l’inégalité suivante est valable dans R+ :


X ∞
X
an ≤ bn .
n=0 n=0

Proposition 3.2.11. Le comportement de la somme et de la série produit de deux séries de


termes a n ≥ 0 et b n ≥ 0 est donné par


X
µ ∞
X
¶ µ∞
X

(somme) (a n + b n ) = an + bn
n=0 n=0 n=0
à à !!
∞ X
X n µ ∞
X
¶µ ∞
X

(produit) a k b n−k = an bn .
n=0 k=0 n=0 n=0

avec la convention 0 × +∞ = 0 si l’une des deux séries est identiquement nulle.

Les deux propositions suivantes disent que pour une série positive, la somme ne dépend pas
de la façon dont on ordonne et regroupe les calculs.

Proposition 3.2.12. Associativité. Si (n m )m∈N est une suite croissante d’entiers telle que n 0 = 0
Pnm+1 −1
et de limite +∞, les séries positives de terme général a m ≥ 0 et σm = n=n m
a n ont même
somme : Ã !
∞ ∞ n m+1X−1
dans R+ , (a n ≥ 0) .
X X
an = an
n=0 m=0 n=n m

Proposition 3.2.13. Commutativité. Si p est une bijection de N sur N (permutation de N),


alors les séries positives de terme général a n ≥ 0 et a p(n) ont même somme.

7
3.2.4 Comparaison intégrale et série
Le résultat suivant donne un moyen simple d’étudier des séries positives.

Proposition 3.2.14. Soit f une fonction continue, positive ou nulle et décroissante sur
[a, +∞[. Les inégalités suivantes ont lieu dans R+


X Z ∞ ∞
X
f (a + k) ≤ f (t ) d t ≤ f (a + k) .
k=1 a k=0

Application

Définition 3.2.15. On appelle série de Riemann une série de terme général n1α , n ∈ N∗ , avec
α∈R.
On appelle série de Bertrand une série de terme général α 1 β , n ≥ 2, avec α, β ∈ R .
n ln n

Théorème 3.2.16. La série de Riemann de terme n1α , n > 0, converge si et seulement si α > 1.
La série de Bertrand de terme α 1 β converge si et seulement si α > 1 ou α = 1 et β > 1 .
n ln n

8
3.2.5 Série absolument convergente
Définition 3.2.17. On dit qu’une série de terme général a n , réelle ou complexe, est absolument
convergente si
X∞
|a n | < +∞ .
n=0

Théorème 3.2.18. Dans R ou C, toute série absolument convergente converge. On a de plus


+∞ +∞
∀N ∈ N , |R N | = |
X X
an | ≤ |a n |
n=N +1 n=N +1

Remarque : Pour une série positive convergence et absolue convergence signifie la même
chose.

Principes de comparaison

Proposition 3.2.19. Pour deux séries numériques de terme général a n et b n telles que a n =
P P
O(b n ), alors la série a n est absolument convergente dès que b n l’est.
P
Corollaire 3.2.20. Si les termes généraux sont équivalents a n ∼ b n , alors la série a n converge
P
absolument si et seulement si b n converge absolument.

Exemple : Toute série a n telle que a n = O n1α , α > 1 est absolument convergente. Même
P ¡ ¢

chose si a n = O( α 1 β ), avec α > 1, ou (α = 1 et β > 1) est absolument convergente.


n ln n

Théorème 3.2.21. Critère de d’Alembert. Si limn→∞ |a|an+1 | P


n|
= L, alors la série a n est absolu-
ment convergente si L < 1 et ne converge pas si L > 1
Critère de Cauchy. Si lim supn→∞ |a n |1/n = L alors la série a n est absolument convergente si
P

L < 1 et ne converge pas si L > 1 .

Opérations sur les séries absolument convergentes

Proposition 3.2.22. Dans R ou C, la combinaison linéaire ou la série produit de deux séries


absolument convergentes est absolument convergente. On a de plus les formules
∞ µ ∞ ¶ µ ∞ ¶
(αa n + βb n ) = α an + β
X X X
bn
n=0 n=0 n=0
à !
∞ X
X n µ ∞
X
¶µ ∞
X

a k b n−k = an bn .
n=0 k=0 n=0 n=0

Les résultats suivants permettent de regrouper les calculs comme on veut si la série converge
absolument.

9
Proposition 3.2.23. Associativité. Si (n m )m∈N est une suite croissante d’entiers telle que n 0 = 0
et de limite +∞ et si la série de terme général a m est absolument convergente alors la série
Pnm+1 −1
σm = n=n m
a n est absolument convergente et de même somme.
Commutativité. Si p est une bijection de N sur N (permutation de N), alors la série de terme
général a n est absolument convergente si et seulement si la série de terme général a p(n) l’est.
Dans l’affirmative les deux séries ont même somme.

Résumé : On a le droit de faire les même choses avec les séries absolument convergentes
qu’avec les séries positives.

3.2.6 Séries semi-convergentes


Définition 3.2.24. On dit qu’une série de R ou C est semi-convergente si elle converge mais
n’est pas absolument convergente.

Définition 3.2.25. On dit qu’une série de terme général a n ∈ R est alternée si a n = (−1)n |a n |
(ou a n = (−1)n+1 |a n |).

Théorème 3.2.26. Une série alternée de terme général a n et telle que la suite (|a n |)n∈N soit
décroissante et de limite nulle, converge. De plus le reste R N = +∞
P
n=N +1 a n vérifie alors |R N | ≤
|a N +1 | et a le même signe que a N +1 .

Exemple : La série de terme général (−1)n n −1 est semi-convergente.


BOn n’a pas le droit de regrouper les termes ou de permuter les termes d’une série semi-
convergente.

Exemple : On reprend l’exemple ci-dessus avec a n = (−1)n n −1 pour n ≥ 1 . On réordonne


les terme, en alternant des paquets assez gros de termes positifs avec un seul terme négatif.
1 1
Pour n = 2p on a a 2p = 2p et pour n = 2p + 1 , a 2p+1 = − 2n+1 . On sait que pour tout p 0 ∈ N ,
0
P+∞ 1 0 P p0 1
p=p 0 2p = +∞ . Ainsi il existe p 0 ≥ p 0 tel que p=p 0 2p ≥ 2 . Par récurrence on construit une
suite (p k )k∈N telle que
p k+1
X−1 1
∀k ∈ N , ≥ 2.
p=p k 2p

On regroupe les termes en paquets indexés par k donnés par


à !
p k+1
X−1 1 1
uk = − .
p=p k 2p 2k + 1
n
La série de terme général (u k )k∈N fait apparaître chaque (−1)n , n ≥ 1 une et une seule fois.
Mais
1
uk ≥ 2 − ≥ 1,
2k + 1
P
dit que la suite (u k )k∈N ne converge pas vers 0 et u k diverge.

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Remarque : De la même façon la série produit de deux séries semi-convergentes peut ne
pas converger. La seule opération permise est la combinaison linéaire.

La règle d’Abel repose sur une intégration par partie discrète qui permet de montrer que
certaines séries convergent. Pour une suite (Uk )k∈N on note (Uk0 )k∈N la suite donnée par

Uk+1 −Uk
Uk0 = Uk+1 −Uk = .
1
Lemme 3.2.27. Soit (Uk )k∈N et (Vk )k∈N deux suites réelles ou complexes. On a la formule

K K
Uk0 Vk = [UK +1VK −U1V0 ] − 0
X X
Uk Vk−1
k=1 k=1

Théorème 3.2.28. Règle d’Abel. Si une série de terme général a n est bornée et si la suite (b n )n∈N
est positive, décroissante et de limite nulle, alors la série de terme général a n b n converge.

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