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Journées Nationales de Géotechnique et de Géologie de l’Ingénieur JNGG2012–Bordeaux 4-6 juillet 2012

LIMITES DES MÉTHODES DE CARACTÉRISATION DES EFFETS DE


SITE DANS LES MICROZONAGES SISMIQUES

LIMITS OF SITE EFFECT CHARACTERIZATION METHODS FOR SEISMIC


MICROZONATION

Myriam BELVAUX1, Agathe ROULLÉ1, Samuel AUCLAIR1,


Emilie VANOUDHEUSDEN1, Anne-Valerie BARRAS2

1 BRGM Service Risques, Orléans, France


2 BRGM Service Géologique Régional Alsace, Lingolsheim, France

RÉSUMÉ — Un microzonage sismique vise à cartographier les effets de site


lithologiques, en délimitant des zones dont la réponse sismique est homogène. La
méthode H/V basée sur le bruit ambiant est largement utilisée dans ces études. Sa
pleine efficacité est assurée en présence de structures géologiques horizontalement
stratifiées et d’un contraste d’impédance significatif entre les séries sédimentaires et
le socle. Mais la présence de configurations géologiques et géométriques
particulières peuvent rendre difficile l’interprétation des courbes H/V. C’est le cas
notamment des fortes variations latérales de vitesses en contradiction avec
l’hypothèse de géométrie 1D ; des inversions de vitesse liées à des stratigraphies en
« millefeuille » avec alternance de couches molles et raides ; des successions de
formations lithologiques sans contraste d’impédance marqué. Trois cas d’études sont
présentés : la mangrove (Antilles), le bassin de Lorca (Espagne), les argiles à
Santiago (République Dominicaine). A travers ces exemples, cette communication
donne une vision des problèmes rencontrés lors de l’exploitation conjointe des
résultats issus de différentes méthodes de reconnaissances habituellement mises-
en-œuvre : sondages géotechniques, mesures géophysiques H/V et profils SASW.

ABSTRACT — Seismic microzonation aims at mapping lithological site effects by


delineating zones where the seismic response is homogeneous. The H/V method
based on microtremors is widely used in such studies. Its reliability is proved for
horizontal layering and when a significant impedance contrast exists between
sedimentary series and basement. But the presence of specific geological and
geometrical configurations may complicate the interpretation of H/V curves. It is
notably the case with: strong lateral variations in velocities, in contradiction with the
1D hypothesis; the presence of velocity inversions linked to the stratigraphic
sequence of multiple soft and stiff layers; the succession of lithological formations
without strong impedance contrast. Three case studies are presented: mangrove
swamp (French Antilles), Lorca basin (Spain) and plastic clays in Santiago
(Dominican Republic). Through them, the communication gives an overview of
problems met during the joint exploitation of results issued from different investigation
methods: geotechnical boreholes, geophysical H/V measures and SASW profiles.

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1. Introduction
De nombreuses observations de par le monde ont montré que la géologie locale
influence grandement les mouvements sismiques observés et ce quel que soit
l’éloignement du séisme. Ainsi, les dépôts sédimentaires récents (argiles, sables et
autres dépôts peu consolidés) peuvent augmenter l’amplitude et la durée des ondes
sismiques à certaines fréquences et conduire à des dommages beaucoup plus
importants que pour des sites rocheux à la même distance. Le microzonage sismique
vise à cartographier à l’échelle d’une ville ces effets de site lithologiques, en
délimitant des zones dont la réponse sismique est homogène (Roullé et al., 2012).
Cet outil de cartographie connait à juste titre un grand succès, car il fournit des
orientations pertinentes pour les schémas de développement urbain et pour des
éventuelles stratégies de confortement du bâti existant. Cependant l’exercice
présente également ses limites et ses incertitudes liées, aux techniques de
caractérisation des effets de site, aux modèles de simulation, à la représentativité
des données disponibles, à la complexité du milieu géologique rencontré.
En pratique, ces études de microzonages sismiques se basent en grande partie sur
la méthode dite H/V (Nakamura, 1989), basée sur les mesures de bruit de fond et qui
permet de caractériser la fréquence de résonance des couches superficielles du
sous-sol. Le bruit de fond est constitué de vibrations ambiantes de très faible
amplitude, d’origine anthropique ou naturelle. En fonction des essais géotechniques
ou des mesures géophysiques disponibles par ailleurs, la connaissance de cette
fréquence de résonance permet d’accéder, soit à l’épaisseur des formations
superficielles, soit à la vitesse des ondes de cisaillement (VS). Ces résultats sont une
aide pour caractériser la réponse des sols sous sollicitation sismique. La méthode
H/V est donc utile pour juger de l’homogénéité du comportement sismique de
formations superficielles et de ce fait, constitue une aide appréciable pour la
réalisation de microzonages sismiques.
Une analyse systématisée d’un grand nombre de mesures expérimentales de bruit
ambiant dans le bassin de Santiago du Chili (Bonnefoy-Claudet et al., 2007) a
montré la difficulté d’interpréter des courbes H/V dans le cas de structures
sédimentaires complexes 2D/3D. A travers trois cas d’études concrets, nous
présentons ici les problèmes rencontrés pour caractériser les effets de site par le
biais des corrélations habituelles, et la difficulté dans l'exploitation conjointe de
résultats issus de différentes méthodes de reconnaissances géotechniques ou
géophysiques.

2. Principe de la méthode expérimentale H/V


La réponse sismique d’une couche de sol peut être exprimée par sa fonction de
transfert, i.e. le rapport, dans le domaine fréquentiel, entre l’amplitude du mouvement
sismique à la surface de la couche meuble et l’amplitude du mouvement à sa base.
Le moyen idéal d’accéder à la fonction de transfert est d’enregistrer simultanément
des mouvements sismiques à la base et au toit des formations géologiques que l’on

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souhaite étudier, ou alors d’avoir recours à un site de référence, c'est-à-dire un site


rocheux n’amplifiant pas le mouvement sismique.
La méthode H/V ne fait pas intervenir de site de référence ; il a été démontré que les
composantes horizontales du bruit de fond sont amplifiées par les réflexions sur les
interfaces des couches sous-jacentes, alors que la composante verticale, qui contient
aussi la signature des sources de bruit, n’est pas affectée (Bonnefoy-Claudet et al.,
2006). Par conséquent, pour obtenir une « pseudo-fonction de transfert » à partir
d’un enregistrement de bruit de fond, on calcule le rapport des spectres de Fourier
des composantes horizontales et verticales (d’où l’appellation H/V). Ce rapport fournit
avec une bonne précision la fréquence de résonance du sol, et une amplification
relative à comparer à d’éventuels autres sites de mesure.
Malgré l’attrait de sa simplicité et facilité de mise-en-œuvre, la méthode H/V doit
cependant être utilisée avec soin, tant pour les mesures que pour leur traitement et
interprétation. Les conditions expérimentales et la procédure d’analyse sont
conformes aux recommandations définies au cours du projet européen SESAME
(Bard et al., 2005).
Par ailleurs, et bien que les mesures H/V constituent souvent l’essentiel des données
expérimentales sur lesquelles se basent les microzonages sismiques, ceux-ci doivent
s’inscrire dans une démarche plus large visant à rassembler le maximum de données
géologiques, géotechniques et géophysiques relatives à la zone d’étude.

3. Présentation de plusieurs cas d’études


A l’occasion de différentes études menées par le BRGM dans des contextes
géologiques variés, des incohérences sont apparues à plusieurs reprises entre les
différentes données classiquement utilisées dans les microzonages sismiques. En
pratique, ces problèmes d’interprétation conjointe de données reflètent la limite de la
méthode H/V lorsque celle-ci est appliquée à des formations superficielles meubles
présentant des particularités géologiques et/ou géométriques.

3.1. Cas des marais à mangroves aux Antilles

La mangrove est un écosystème de marais maritime se développant dans la zone de


balancement des marées des côtes basses en région tropicale. On trouve aussi des
marais à mangroves à l'embouchure de certains fleuves. Les dépôts de fond de baie
sur lesquels s’installent les mangroves sont constitués d’argiles, de silts (vases) et de
sables, alternant avec des niveaux tourbeux plus ou moins massifs. Aux Antilles,
l’épaisseur de ces formations superficielles est variable, de quelques décimètres
jusqu’à plus d’une dizaine de mètres d’argiles vasardes, qui reposent sur un
substratum volcanique, constitué le plus souvent d’une lave argilisée.
Généralement, la vitesse des ondes sismiques augmente avec la profondeur, car les
terrains sont de plus en plus compactés du fait de la pression croissante exercée par
la colonne de sol. On appelle « inversion de vitesse », un profil présentant une
décroissance de la vitesse avec la profondeur sur une épaisseur donnée. Ces
inversions de vitesse peuvent être causés par des revêtements artificiels durs

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(asphalte, ciment, pavés, dalles, etc.). Aux Antilles (ex. Roullé et al., 2010), ces
inversions de vitesse sont rencontrées au droit d’anciens dépôts de mangrove qui
sont surmontés d’une couche beaucoup plus raide en surface (vitesses variant de
380 m/s en surface à moins de 100 m/s en profondeur).
Castellaro et Mulargia (2009) ont démontré que les inversions de vitesse, qu’elles
soient artificielles ou naturelles, peuvent induire des effets importants sur les
mesures H/V, allant jusqu'à masquer les pics de résonance (au-delà de 1 Hz). Un
autre effet est la chute brutale de la courbe H/V jusqu'à des valeurs inférieures à 1 et
sur une large gamme de fréquences.
La Figure 1 illustre la manifestation d’effets de site plus ou moins masqués par une
inversion de vitesse : figure de gauche en présence de marais à mangrove, un effet
de site marqué par un pic H/V net avec une décroissance très rapide ; figures du
milieu et de droite une comparaison de rapports H/V obtenus avec ou sans
revêtement artificiel.

Figure 1 . Exemples de rapports H/V caractéristiques d’inversions de vitesse : à


gauche, dépôts de mangrove rencontrés aux Antilles ; au milieu et à droite, avec ou
sans revêtement artificiel (d’après Castellaro & Mulargia 2009). Sont représentées
les courbes, moyenne (trait plein) et moyenne ± un écart-type (trait pointillé).

Ces effets peuvent se manifester en présence d’une couche de sols raides,


d’épaisseur même très fine, bien inférieure au mètre, mais à extension latérale
significative. Dans ces configurations, le piège est de ne déceler aucune amplification
notable alors que le pic de résonance est en fait masqué par l’inversion de vitesse
dans la gamme où la courbe H/V est inférieure à 1.

3.2. Cas du bassin de Guadalentin à Lorca

Suite au séisme du 11 mai 2011 (Mw5,1) qui a touché la localité de Lorca en


Espagne, des mesures de bruit de fond sismique ont été effectuées pour évaluer les
fréquences propres des sols au sein de l’agglomération de manière à tenter de
corréler d’éventuels effets de site aux destructions observées (AFPS, 2011).
Les matériaux géologiques affleurant dans Lorca peuvent être divisés en deux
types : pré et post Orogéniques. Les premiers sont principalement composés de
carbonates d’âge Paléozoïque et de matériaux sédimentaires marins Miocènes. Les
seconds sont formés de matériaux quaternaires du Pléistocène (glacis) et de

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matériaux colluviaux Pliocènes et Quaternaires ; les sédiments alluviaux Holocènes


associés à la rivière Guadalentín sont particulièrement importants.
De manière générale sur l’ensemble des rapports H/V obtenus dans la ville (Figure 2,
courbes centrale et de droite), les amplitudes sont particulièrement faibles et les pics
peu marqués. Ces résultats montrent un possible effet de site, plutôt au voisinage
d’affleurements rocheux, mais qui reste peu manifeste. Les grandes tendances sont :
- Des pics de faible amplitude (rapports H/V inférieurs à 3-4) ainsi qu’une
dispersion significative des courbes H/V sur une large gamme de fréquences.
Ces comportements peuvent être interprétés comme dus aux hétérogénéités
verticales des terrains rencontrés à Lorca, ainsi qu’à l’absence probable de
contrastes mécaniques importants entre les formations présentes.
- plusieurs fréquences dominantes (ce qui se traduit par plusieurs pics). Ces
pics multiples proviennent de la contribution de différentes couches de sol.
- Sur certains sites de mesure, on peut discerner des pics à longues périodes
(>1s), qui peuvent être corrélés aux importantes épaisseurs de séries meubles
constituant le bassin du Guadalentin (centaine de mètres environ).
Pourtant, des amplifications significatives ont été relevées suite aux enregistrements
d’une série sismique localisée à une cinquantaine de km de Lorca (Navarro et al.,
2006). La méthode utilise une station de référence pour isoler l’effet de site
lithologique. Le phénomène d’amplification apparait clairement sur la fonction de
transfert obtenue (Figure 2, courbe de gauche) avec une amplitude observée entre 7
et 13 Hz, en moyenne cinq fois supérieure que celle obtenue au site de référence.

Figure 2 . Différentes réponses de sol expérimentales à Lorca : milieu et droite,


courbes H/V obtenues en 2011 ; à gauche, fonction de transfert site/référence
(d’après Navarro et al., 2006). Le trait horizontal représente le niveau d’amplitude 5.
Sont représentées les courbes, moyenne (trait plein) et moyenne ± un écart-type
(trait pointillé).

Par ailleurs, la réponse sismique des sols a été simulée pour plusieurs colonnes de
sols constituées à partir de mesures de bruit de fond en réseau ; ces simulations 1D
nous donnent également des niveaux d’amplification élevés.

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Il semble que l’on soit ici en présence de plusieurs configurations peu favorables à
l’observation d’un pic sur les courbes H/V : faible contraste de vitesse entre
sédiments et substratum rocheux, stratigraphie mal connue et sûrement complexe.

3.3. Cas des argiles de Licey à Santiago (République Dominicaine)

L’étude de microzonage sismique réalisée sur l’agglomération de Santiago de los


Caballeros en République Dominicaine, a dévoilé deux problématiques de non
cohérence entre des informations expérimentales obtenues par différentes méthodes
de reconnaissances.
Une cartographie géologique des formations superficielles au 1/25°000ème a été
spécifiquement réalisée au cours de cette étude ; elle a permis de distinguer 14
ensembles géologiques sur l’agglomération.

Un secteur du centre-ville est particulièrement hétérogène en termes de réponse


sismique ; il correspond à la fois :
- à la formation Mao (calcaires coralliens, conglomérats, grès, lutites, graves) ;
- à une partie des terrasses basses du fleuve (sables, limons) ;
- à une partie de la formation Gurabo (argilites et limonites calcaires).
Les mesures H/V présentent des réponses très variables (Figure 3) allant de
l’absence d’effet de site, à un effet de site autour de 1 Hz, jusqu’à des effets de site
plus marqués (pics entre 4 et 7 Hz). La distribution spatiale des résultats ne présente
pas de cohérence particulière avec la géologie et ne permet pas de distinguer des
sous-zones homogènes.

Figure 3 . Différents rapports H/V obtenus dans un même périmètre à Santiago :


sans pic (gauche), avec un faible pic (milieu), avec un pic marqué (droite).

De la même façon, les profils mesurés de vitesses d’ondes de cisaillement sont très
hétérogènes et ne permettent pas de définir un profil type dans ce secteur, ni une
répartition géographique. D’une part, ils indiquent la présence d’inversions de vitesse
liées à des stratigraphies en « millefeuille » avec alternance de couches molles et
raides ; ce type de configuration complique considérablement le traitement des profils
sismiques et altère la fiabilité des résultats obtenus (voir en 3.1 le cas des marais à
mangroves). D’autre part, certains résultats de profils de vitesse indiquent de fortes
variations latérales de vitesse (au sein d’un linéaire de 50 mètres), ce qui signifie que
l’on est en présence de structures sédimentaires complexes 2D/3D (variations

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latérales des faciès géologiques, substratum rocheux pentu …), en désaccord avec
l’hypothèse de géométrie monodimensionnelle. Cette dernière remarque est
importante, car le non-respect de l’hypothèse 1D ne nous autorise pas à suivre la
méthode habituelle d’estimation des effets de site, où la propagation des ondes est
approximée en milieu plan.

Un autre secteur de la ville de Santiago est fondé des argiles de l’unité de Licey,
c’est-à-dire des argiles denses et fortement plastiques produites par l’altération des
roches calcaires, et d’épaisseur décamétrique.
Les mesures H/V sont relativement homogènes entre elles, mais avec un effet de
site étonnamment peu marqué autour de 1 Hz. En revanche, les mesures
géophysiques et géotechniques indiquent, quant à elles, des vitesses d’ondes S
faibles en surface (autour de 150 m/s) qui augmentent graduellement avec la
profondeur (environ 400 m/s à -30 mètres). Et la fonction de transfert simulée à partir
d’un profil VS de ce type (Figure 4) présente un pic d’amplification notable autour de
3 Hz.

-10
profondeur (m)

-20

-30

-40
0 200 400 600 800
Vs (m/s)

Figure 4 . Site de mesure sur de grandes épaisseurs d’argiles plastiques à Santiago :


profil Vs (gauche), fonction de transfert simulée (milieu), rapport H/V (droite).

La présence d’un gradient de vitesse très progressif dans ces argiles quaternaires,
peut expliquer l’apparente contradiction entre les mauvaises propriétés mécaniques
mesurées en surface et l’échec de la méthode H/V à déceler des effets de site
notoires dans cette zone caractérisée par une VS,30 de 240 m/s. De plus, le faible
contraste de vitesse existant probablement entre cette formation argileuse et le
substratum rocheux profond (une centaine de mètres), peut expliquer l’absence de
pic H/V (ou la manifestation d’un pic de très faible amplitude).

4. Conclusion
Economique en temps et en moyens, la méthode H/V basée sur le bruit ambiant
apporte une information caractéristique sur le comportement des couches
sédimentaires vis-à-vis des mouvements sismiques. Pour cette raison, elle est
abondamment utilisée dans les études de microzonage sismique. Sa pleine efficacité
est assurée en présence de structures géologiques horizontalement stratifiées et
d’un contraste d’impédance significatif entre les séries sédimentaires et le socle.

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Par contre dans certains cas, la présence de configurations géologiques et


géométriques particulières peuvent rendre difficile, voire erronée, l’interprétation des
courbes H/V. C’est le cas notamment des structures complexes 2D/3D (variations
latérales de faciès, …) et de l’absence de contraste mécanique marqué à profondeur
faible ou intermédiaire (jusqu’à une centaine de mètres).
En plus des moyens d’investigations géophysiques et géotechniques utiles à
l’appréhension des caractéristiques mécaniques du proche sous-sol, il est également
important de disposer de stations sismologiques implantées dans les régions
exposées aux séismes et sur des sols de nature différente, afin d’étudier leur
réponse sous sollicitation sismique. Les enregistrements de bruit de fond sollicitant
de très faibles niveaux de déformation, il conviendrait de vérifier que ces terrains
répondent bien de la même façon (absence / présence d’effet de site) sous forts
mouvements sismiques.

Références bibliographiques
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Française de Génie Parasismique, 151 p.

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Roullé A., Vanoudheusden E., Auclair S., Bengoubou-Valerius M. (2012). Méthodologie de


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