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Commission Européenne Ministère de la PME et de l’Artisanat

Etude de la Filière

Transformation de la Tomate

Algérie – Septembre 2006

Rapport de Synthèse
Etude de la filière

« Transformation de la Tomate »

Algérie – Septembre 2006

Rapport de Synthèse

Ce rapport de synthèse a été rédigé par Messieurs Pascal LENNE et François-Xavier


BRANTHOME

Les résultats, conclusions et interprétations exprimés dans ce document ne reflètent en


aucune manière la position ou l'opinion de la Commission Européenne et de l'Union
Européenne.

© Euro Développement Pme


Alger, Septembre 2006

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 2


Rapport de Synthèse Septembre 2006
Sommaire

Avant propos 5

Avertissement 7

Définition 8

Le Contexte 9

A. Principales caractéristiques de la filière tomate d’industrie à l’échelle 9


mondiale
B. Schéma industriel de transformation de la tomate 11
L’exemple international.

I. Présentation et description de la filière algérienne 13

1. L’amont agricole 14

a) Superficie de production 14
b) La production agricole 14
c) Nombre d’exploitations 15
d) L’emploi 15
e) Rendement 15

2. L’aval industriel 17

a) Emploi, ressources humaines et formation 17


b) Situation comptable et financière des entreprises 18
c) Valeur de la production industrielle 18
d) Situation commerciale 18
e) La qualification des outils 19

3. Le Marché intérieur 20

4. Les Importations 23

5. Les Exportations 23

II. Positionnement de la filière algérienne (benchmark) 25

1. Superficies plantées en tomates d’industrie 25


2. Tonnages moyens par hectare destinés à la transformation 25
3. Quantité totale de tomate fraîche transformée 26
4. Coefficients Nationaux d’exploitation 26
5. Coût de la matière première pour les industriels 27
6. Importations globales et comparées des différents pays en équivalent tomate 27
fraîche
7. Balance commerciale des différents pays en équivalent tomate fraîche 28
8. Consommation nationale et per capita de dérivés de tomate exprimés en 28
équivalent tomate fraîche.

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Rapport de Synthèse Septembre 2006
III. Forces et Faiblesses du secteur 30

1. Forces et Faiblesses de l’Amont Agricole 30


2. Forces et Faiblesses de l’Aval Industriel 30
3. Forces et Faiblesses des Entreprises de Transformation 31
a) Commercial et marketing 31
b) Ressources humaines et organisation 31
c) Administratif et Financier 31

IV. Opportunités et Menaces pour le Secteur de la Transformation 32

V. Les Scénario 34

1. Le scénario de continuité 34
2. Le scénario de rupture, volontariste et dynamique 34

VI. Choix stratégiques et recommandations 36

1. A l’Amont 36

2. L’Aval 37
a) Au plan industriel 37
b) Au plan commercial 38

Annexes 40

1. Méthodologie 41

2. La transformation de tomate en Tunisie 42

3. La Tomate d'industrie en Espagne 46

4. La transformation de la tomate en Turquie 48

5. La transformation de la tomate en Chine 51

6. Liste des entreprises 56

7. Organismes et institutions rencontrées 56

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Rapport de Synthèse Septembre 2006
Avant propos

A l’initiative du Ministère de la PME et de l’Artisanat, s’est tenu à Alger le 20 juin 2006,


sous la présidence de Monsieur BRAHITI, Chef de Cabinet du Ministère, un atelier
technique de restitution des résultats de l’analyse de la filière « Transformation de la
Tomate en Algérie », ayant été conduite par le programme Euro Développement PME.

L’objectif de cette restitution, au delà d’un énoncé de chiffres et de statistiques qui certes
ont leur importance, mais dans le cas précis de cette filière, n’en constituent pas
l’essentiel, a été de sensibiliser sur le devenir de la filière industrielle. Il est nécessaire,
avant tout, de faire prendre conscience que la transformation de la tomate comme toute
autre filière, subit les affres de la globalisation galopante, qui impose un marché ouvert
pour tous sans exception et sans barrière. Ainsi, face à un marché mondial, il est à
présent impératif de réfléchir à « des stratégies mondiales », qui pourraient connaître leurs
prémices, par des actions prioritaires à penser et à initier, pour répondre aux constats
majeurs relevés par cette analyse. En effet, le marché algérien demeure un marché
vierge, consommant un produit basic, et se mettant ainsi en position de forte convoitise,
donc de vulnérabilité face aux géants internationaux, n’en citant que le plus à craindre : la
Chine.

Ces constats, mis en exergue à travers les diagnostics de l’amont agricole et de l’aval
industriel de la filière, devraient interpeller l’ensemble des acteurs à plus d’un titre.
Organiser la profession agricole et industrielle, moderniser les pratiques culturales,
augmenter les rendements avec une meilleure exploitation du potentiel des terres
existantes, diversifier la gamme des produits offerts, améliorer la productivité, innover
davantage et faire évoluer le goût du consommateur algérien, mieux gérer la production et
ainsi toutes les fonctions de l’entreprise d’une manière plus efficace et plus performante,
mais surtout, professionnaliser la relation agriculteur – transformateur, tels sont les
impératifs du moment, afin de préserver la filière, maintenir les emplois créés, et
prospérer.

L’atelier de restitution a été gratifié par la présence et participation active des principaux
acteurs de la filière industrielle (institutionnels, instituts de recherche, entreprises,
associations professionnelles, banques et institutions financières, experts). La
problématique du développement de cette filière, à travers les constats affichés, a réussi à
interpeler l’assistance, ayant produit des interventions de qualité, et ayant même permis
l’expression des différents acteurs sur leurs préoccupations capitales. Ainsi, les
démarches à envisager pour résister aux importations, ont été discutées avec pratique et
lucidité, car il ne s’agit plus de faire fi des continuelles menaces de ces importations, d’où
l’obligation pour l’ensemble des acteurs de rester alerte, car il serait à présent illusoire de
penser à les contrôler, voire même les interdire. Comment appuyer techniquement l’amont
agricole à développer davantage de variétés de tomate ? Comment construire le lien entre
les agriculteurs et les transformateurs ? Comment instaurer une véritable démarche
interprofessionnelle, telles ont été les principales interventions qui ont orchestré le débat.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 5


Rapport de Synthèse Septembre 2006
Cet atelier, de même que cette analyse de filière, ne peuvent prétendre répondre à
l’ensemble des préoccupations de la profession. Ils ont par contre engendré cette grande
opportunité d’un regroupement interministériel et interprofessionnel, autours d’une
problématique commune. Cette opportunité a été l’occasion d’un échange très constructif,
donnant lieu à des engagements de part et d’autres. Ainsi, le Ministère de la PME et de
l’Artisanat s’est engagé à accompagner toute initiative œuvrant à faire avancer les
propositions de réformes et d’amélioration de la situation de l’industrie de la transformation
de la tomate. Un premier acte immédiat annoncé, a été de mettre à la disposition des
transformateurs, l’expertise du programme d’appui à la PME/PMI (EDPme), pour conduire
des actions de formation autour de trois principales thématiques : stratégies de croissance
des entreprises de transformation – développement de la recherche et l’innovation –
maîtrise des coûts de production dans la transformation de la tomate.

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Avertissement

Les données, à l’exception de celles dont les sources sont citées, sont le résultat du travail des
experts et sont exprimées en valeur moyenne.

Ce choix des valeurs moyennes est la conséquence des difficultés liées à la faiblesse des
données statistiques.

Ainsi, une très grande partie du travail de la mission a été absorbée par la recherche d’information
et la constitution de données suffisamment significatives, pour permettre une analyse objective et
réaliste des différents ensembles de ce secteur d’activité, relevant du champ de l’étude.

Ce fut notamment le cas pour le Marché intérieur ou faute d’études et de données fiables, trop de
temps a du être consacré à une approche partagée de son estimation.

Alors qu’en définitive, compte tenu des enjeux et des évolutions à venir, que ce soit en
hypothèse basse ou haute, la taille estimée du marché intérieur n’influe ni sur les
évolutions à venir pour les entreprises, ni sur les différents scénarios stratégiques
proposés par la mission

Le travail que les experts ont réalisé sur cette activité qui relève de deux Ministères, Agriculture et
PME/PMI, n’aurait pu l’être sans la disponibilité et la participation active de l’Association Nationale
des Conserveurs (ACTOM) et de ses entreprises adhérentes qu’ils souhaitent en préalable
remercier.

La mission s’est efforcée d’élaborer un document d’aide au service de la réflexion et de


l’orientation des choix stratégiques de la filière algérienne. Toutes les analyses, tous les constats,
toutes les préconisations ont étaient mûrement réfléchis. Elle souhaite que ce travail, parce qu’il a
été réalisé avec un souci constant d’objectivité, permette d’initier l’élaboration d’une véritable
politique nationale agro-industrielle de la tomate transformée, en favorisant l’implication de tous les
acteurs publics et privés.

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Définition

On définit une filière par un ensemble d’activités étroitement imbriquées, liées verticalement par
l’appartenance à un même produit, dont la finalité consiste à satisfaire le consommateur.
(JC Montigaud –INRA Montpellier).

C’est pourquoi le terme de secteur ‘’de production et de transformation de la tomate’’ plus proche
de la réalité, a souvent été privilégié dans la rédaction, à celui de filière.

L’Amont désigne le secteur de la production agricole. L’Aval désigne le secteur de la


transformation industrielle .L’amont apporte les tomates fraîches destinées à la transformation
aux différents opérateurs de l’aval. Les usines vont ensuite transformer cette matière première
(process industriel) en concentré ou en ‘’autres produits dérivés de la tomate’’, sauces, ketchup
etc.

Les concentrés et les autres produits dérivés de la transformation de la tomate sont définis
par les appellations suivantes :

Hot Break (broyage à chaud) : Concentré à haute viscosité, permettant d’éviter l’ajout
d’amidon lors de la préparation des ketchups.

Super Hot Break : Concentré à très haute viscosité.

Cold Break (broyage à froid) : Concentré à viscosité faible, mais offrant une meilleure qualité
gustative.

Passata : Purée de tomates raffinée (passage par passoires) légèrement additionnée de sel
(les fabricants italiens, opposés à l’appellation Passata pour les fabrications indirectes à partir
de concentrés, ont obtenu la protection de l’appellation en 2005).

Tomato Frito : Produit inventé par les industriels espagnols à base de purée de tomates (7 à 9
%) avec un texturant (ail, oignons…) et de l’huile de tournesol (ou d’olive).

Diced tomatoes (tomates en dès) : tomates pelées à la vapeur puis coupées en dès,
stérilisées et refroidies avant d’être conditionnées en poches plastiques ou en conteneurs
palettisés.

Base pizza : pulpe obtenue à partir de concentré hot break, grossièrement raffinée et
légèrement concentrée (entre 10 et 14 ° Brix).

Triturado (crush tomatoes) : tomates broyées et débarrassées de peaux et pépins.

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Le Contexte

Il est tout d’abord marqué par une globalisation et une mondialisation croissante des échanges et
par l’émergence récente de nouveaux pays producteurs, dont la Chine, bien évidemment, n’est
pas le moindre.

Dans ce contexte international, la culture de la tomate représente une activité assez importante à
l’échelle mondiale. Si l’on a coutume de dire que les pommes représentent le premier des fruits
produits et consommés au monde, il en va de même, parmi les légumes, pour la tomate dont la
production annuelle dépasse les 100 millions de tonnes (données de la FAO) et dont environ 29 à
30 millions de tonnes sont en moyenne, annuellement transformées et consommées.

Cette activité est dominée par les pays de l’Association Méditerranéenne Internationale de la
Tomate qui en détiennent 41 %, suivis par les Etats Unis d’Amérique 34 %. La Chine a rapidement
conquis la troisième position de la production mondiale avec 12 %, et se situe aujourd’hui au
premier rang mondial des pays exportateurs de concentré (environ 600.000 T d’exportation de
juillet 2005 à juin 2006).

A. Principales caractéristiques de la filière tomate d’industrie à l’échelle mondiale

Depuis deux décennies environ, l’accroissement régulier de la production mondiale de tomate


d’industrie est ponctué de variations cycliques, alternant surproduction et tentatives de
raisonnement qui sur les marchés, perturbent en permanence la formation des cours
internationaux.

PRODUCTION MONDIALE
WORLWIDE PRODUCTION
Milliers de tonnes métriques par année civile
Thousands of metric tons per calendar year 2001 2002 2003 2004 2005 2006
preliminary forecast
Spain 1472 1 588 1 746 2 200 2 850 1 750
France 309 241 243 221 157 120
Greece 935 861 984 1 200 850 850
Italy 4806 4 325 5 316 6 400 5 300 4 800
Portugal 917 802 864 1 180 1 000 1 000
AMITOM

S/Total EU 8 439 7 817 9 153 11 201 10 157 8 520


Algeria 270 260 260 276 150 250
Israel 144 158 170 285 229 230
Jordan 50 60 25 40 40 40
Morocco 180 80 160 150
NORTHERN HEMISPHERE

150
Tunisia 430 560 620 743 735 600
Turkey 950 1 500 2 000 1 750 1 626 1 300
S/Total AMITOM 10 283 10 535 12 308 14 455 13 087 11 090

California 7838 10 029 8 393 10 589 8 706 10 000


NAFTA

Other US states 499 472 504 487 550 550


Canada 482 561 492 590 590 560
Mexico 136 111 90 51 51 63
S/Total NAFTA 8 955 11 173 9 478 11 717 9 897 11 173

Bulgaria 30 130 236 150 250 250


OTHER COUNTRIES

China 1000 2 300 2 800 4 200 3 200 3 800


Hungary 100 100 236 137 69 140
Japan 60 57 49 47 44 48
Malta 11,5 9 10 12 10 10
Poland 190 165 205 200
Syria 350 112 130 110 150
S/Total Other countries 322 525 3 633 4 841 3 888 4 598
0
S/Total Northern Hem. 19 559 22 233 25 419 31 013 26 872 26 861

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 9


Rapport de Synthèse Septembre 2006
Brazil 1000 1 100 1 250 1 399 1 100 1 000
Chile 725 545 607 720 756 650

SOUTHERN HEMISPHERE
Argentina 255 215 340 405 360 280
Venezuela 7 8 7 35 40 40
Peru 45 45 60 67 60 45
Australia 380 374 261 320 317 309
New Zealand 53 38 40 40 64 64
South Africa 204 215 170 200 160 150
Senegal 47 43 53 53 80 80
India 120 120 120 145 145 145
Taiwan 14 14 22 22 22 20
Thailand 140 160 175 262 260 260
0
S/Total Southern Hem. 2 990 2 876 3 105 3 668 3 364 3 043

TOTAL GENERAL TOTAL 22 549 25 109 28 520 34 680 30 236 29 904

Dans ce contexte, l’Union Européenne a mis en œuvre un programme de soutien aux filières de
productions de fruits et légumes destinés à la transformation dont les tomates d’industrie. Ce
programme comporte un volet d’aides à la production, versées aux agriculteurs adhérents
d’Organisations de producteurs, dont la production est contractualisée avec des transformateurs
agrées, ce qui a permis une relative harmonisation des prix de la tomate fraîche payée par les
industriels européens, de l’ordre de 5 DA le Kg.

Ce programme prévoit des pénalités pour dépassement des seuils de transformation nationaux, ce
qui sera le cas pour la campagne 2006, pour deux pays, l’Espagne et l’Italie.

Espagne France Grèce Italie Portugal Total


Seuil Communautaire 1 238 606 401 608 1 211 241 4 350 000 1 050 000 8 251 455
Récolte Mécanique 65% 100% 30% 90% 85% (Alentejo)
Superficie plantée (ha) 31 732 3 400 17 300 85 000 12 466 149 898
Rendement moyen
53,9 73 63 62,5 71,7
(T/ha)
Total tomates
1 710 734 248 959 984 360 5 324 355 894 093 9 162 501
transformées
Prix moyen tomate
49 à 60 46 à 50 50 à 54 50 à 52
fraîche 54 €/T 50 €/T
€/T €/T €/T €/T
(€/T) Bord Champ
Aide UE aux agriculteurs 29,3 34,5 34,5 34,5 34,5
Nombre de firmes 101 10 20 200 11 342
Qtés consommées
323 300 970 600 228 900 1 719 700 149 000 3 391 500
(Eq. Tom. Fr.)
Consommation per
7,9 16,2 20,9 29,9 14,8 17,94
capita (kg)

Données Experts sources UE

A côté des Etats Unis et des pays de l’Union Européenne, la Chine a pu émerger en tant que
grand pays producteur. Elle va concurrencer durablement les leaders de cette activité mais très
certainement aussi par ses besoins impératifs d’exporter, modifier en profondeur le paysage
mondial de la tomate d’industrie et compliquer toutes intentions nouvelles d’introduction ou de
développement de cette production.

Mis à part les Etats Unis qui consomment la majeure partie de leur production, la transformation de
la tomate dans les autres pays est réalisée essentiellement pour la production de concentré
industriel destiné à l’exportation. De ce fait, ces pays sont fortement armés pour affronter la
concurrence sur un marché libre, ainsi, 86% des exportations mondiales de concentré (environ 10
Millions de tonnes d’équivalent de tomates fraîches) sont assurées par les six premiers pays
transformateurs de tomates (la Chine, l’Italie, et la Turquie détiennent respectivement 35%, 17% et
12% des parts du marché mondial).

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 10


Rapport de Synthèse Septembre 2006
Tomates pour la transformation (variétés adaptées aux différents types de transformation)

Concentrés (teneur en extrait sec supérieur à 12 %)


1ère transformation : 1ère transformation :
Pulpes, cubes, tomato Tomates pelées
1ère transformation : Concentré 1ère transformation : Concentré hot crush, triturado, entières et non
cold break (broyage à froid) break (broyage à chaud- 90 ° C), entre 10 passata,… entières autour de 7°
et 28 ° Brix conditionnées en Brix
aseptique pour
réutilisation
Déshydratation :
Atomisation, Cylindre
L’exemple international.

Rapport de Synthèse Septembre 2006


sécheur, procédé Hatmaker

2ème transformation : 2ème transformation 2ème transformation :


Passata, Tomato frito, Purée de Poudres, : «Base pizza» (entre industries d’assemblage
tomates (7 %), Ketchups (avec Flocons 10 et 14 % Brix) (plats cuisinés, préparations
amidon), Sauces (avec amidon), diverses, sauces (avec

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie


(sauces lisses) morceaux)..

Ketchups (sans
amidon)
B. Schéma industriel de transformation de la tomate

3ème transformation : soupes, 3ème transformation : (sauces


préparations diverses avec pâtes, aromatisées, pizzas en frais et Ventes directes
sauces provençales…. congelées, plats cuisinés….)
exple: Sodebo, Casa
Taradellas…..

Grande distribution, RHF et autres circuits

11
SITUATION DE LA FILIERE
ALGERIENNE

Amont
Aval
Marché Intérieur
Importations
Exportations

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 12


Rapport de Synthèse Septembre 2006
I. PRESENTATION ET DESCRIPTION DE LA FILIERE ALGERIENNE

Apparue en Algérie dans les années 20, la production et la transformation de tomate d’industrie
destinée à la fabrication de concentré et de produits dérivés (sauces, ketchup,…) sont devenues
un ensemble d’activités interdépendantes, stratégique de par ses dimensions économique, sociale
et environnementale.
Ce secteur intègre deux composantes très fortes, un amont agricole et un aval industriel, dont les
intérêts peuvent, à prime abord, apparaître contradictoires.

Schéma industriel de la transformation de la tomate Algérienne

Tomates pour la transformation

Concentrés (teneur en extrait sec supérieur à 12 %)

1ère transformation : Concentré 1ère transformation : Concentré hot


cold break (broyage à froid) break (broyage à chaud- 90 ° C), entre 10
et 28 ° Brix

2ème transformation : 2ème transformation


Passata, Tomato frito, Purée de Ketchup (sans : «Base pizza» (entre
tomates (7 %), Ketchups (avec amidon) 10 et 14 % Brix)
amidon), Sauces (avec amidon),
(sauces lisses)

Grande distribution, RHF et autres circuits

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 13


Rapport de Synthèse Septembre 2006
1. L’amont agricole
a) Superficie de production

Les surfaces consacrées à la production de tomate


d’industrie ont augmenté régulièrement jusqu'à la
fin des années 1990 : de 100 ha dans les années
1930 à prés de 29.000ha en 1999. Depuis elles
ne cessent de régresser pour se situer
annuellement et en moyenne aux environs de
25.000 ha depuis maintenant 2000/2001.

Ces superficies se répartissent entre les trois


principales zones de production de 6 à 7 000 ha
chacune que constituent les Wilayate de Annaba,
Skikda, et El-Tarf, et la zone de Guelma pour
2 700ha (données ITCMI / Chambre d’Agriculture
d’Annaba).

Source : Tomato News

b) La production agricole

La production agricole a été régulièrement orientée à la hausse Algérie 1


jusqu’en 1999, date à laquelle elle a frôlé la barre des 500 000 T
de tomates fraîches. Depuis 4 ou 5 ans, elle fléchit parallèlement à
la courbe des superficies pour se situer en 2004 aux environs de
380.000 tonnes de tomates fraîches.
Contrairement aux autres pays producteurs de tomates d’industrie,
où la production est programmée dans le cadre de contrats de
culture entre agriculteurs et transformateurs, la production de
tomate en Algérie ne fait pas l’objet, la plupart du temps, de
contrats formalisés entre ces deux parties. Algérie 2

Enfin la période de récolte et son corollaire, la campagne de


transformation, sont assez courtes, entre trente et quarante cinq
jours, ce qui peut se traduire par des problèmes de saturation des
outils de transformation en période de pointe. Dans le même
temps, par défaut de programmation et de contractualisation des
apports, les usines peuvent être sous exploitées voire arrêtées.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 14


Rapport de Synthèse Septembre 2006
c) Nombre d’exploitations

La mission a procédé par approche statistique, calculs et recoupements de plusieurs éléments


(visites et entretiens), qui ont permis d’estimer à 5 000 le nombre d’exploitations agricoles
engagées dans la culture de tomate d’industrie.

d) L’emploi

Ces 5 000 exploitations occupent à plein temps ou à temps partiel (entre la main d’œuvre familiale
et ouvrière présente toute l’année et le recours nécessaire à la main d’œuvre saisonnière pour la
récolte) prés de 8 000 personnes, soit l’équivalent de 2 700 emplois permanents.

e) Rendement

Sachant qu’une partie de la production de tomate industrielle est orientée vers le marché de frais, il
convient de distinguer rendement agricole des superficies de tomate de plein champ et quantités
destinées à la transformation.

Pour les besoins de l’étude, seule la seconde est pertinente. En 2004 elle est en moyenne
inférieure à 10 tonnes à l’hectare.

2004 ITCMI Ministère ACTOM


Totale production en tonnes 383 607 573 575 372 600

Superficie en ha 28 255 27 415 27 400

Rendement total 13,6 20,9 13,6


en tonnes/ ha

Quantité transformée 274 328 276 038 214 310


en tonnes

Rendement transformé t /ha 9,7 10,06 7,82

A l’évidence, ce manque de productivité pèse sur les coûts de production, pénalise fortement le
revenu des producteurs et renchérit le prix de la matière première pour les industriels.
Si la petite taille des exploitations pose le problème de la fatigue des sols, des difficultés
d’organisation, du manque d’entretien des terres, elle ne peut être tenue pour seule responsable
de cette absence de productivité qui dépend plus, aujourd’hui, du niveau de formation des
agriculteurs, de leur connaissance de la production et de ses besoin, du système de vulgarisation
et d’appui technique, en résumé du niveau d’intégration par les producteurs des meilleures
techniques de production.

En revanche, la taille réduite des exploitations peut offrir l’avantage d’une gestion facile, de la
flexibilité et de la performance.

De plus le statut juridique, la précarité des exploitations agricoles et les difficultés d’accès au
foncier ont souvent été cités comme des causes marquantes de cette faible productivité.

Toutefois avec les coûts de production et les prix de cession pratiqués jusqu’à la campagne 2005,
la culture de tomate a constitué une activité agricole intéressante en terme de marge nette à l’ha.
(Ce que tente d’illustrer le graphe suivant).

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 15


Rapport de Synthèse Septembre 2006
Mais, pour maintenir cette rentabilité agricole, il faudrait :

Soit que les rendements agricoles augmentent de façon significative, soit que les industriels
continuent de pratiquer un prix d’achat élevé, ce qui ne peut que les fragiliser si ce n’est les
condamner à disparaître.
Cette situation a notamment contribué, dans le cadre de la campagne 2005, aux décisions des
industriels de ramener le prix déclaré de la tomate de 7 DA à 5 DA par Kilo livré.

T/ha Seuils approchés de rentabilité en T/ha, en fct° prix mat. prem. (DA/kg)
80,00 2 DA

70,00 2 DA
Rdt moy avec gtte à gtte = 60 T
60,00

50,00 2 DA
3 DA
Rdt moy avec irrig = 40 T
40,00
3 DA
3 DA
30,00 4 DA
4 DA 4 DA
Rdt max à sec = 20 T 5 DA
5 DA 6 DA
20,00 6 DA
7 DA
7 DA
5 DA
10,00 6 DA
7 DA

0,00
A sec Irrig. Tradit° Irrig. gtte à gtte + Chrg. div. Loc...

Potentiel de marge théorique

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 16


Rapport de Synthèse Septembre 2006
2. L’aval industriel
Vingt trois (23) entreprises de conserves exploitant 27 usines constituent le secteur de l‘industrie
de la transformation de la tomate. Vingt deux d’entre elles sont adhérentes à l’ACTOM.

Les usines de ces vingt trois conserveurs (dont certaines ont suspendu ou cessé définitivement
toute activité de transformation) totalisent une capacité théorique de transformation de l’ordre de
14 000 tonnes de tomates fraîches / jour.

Ainsi, la filière algérienne pourrait aujourd’hui, en exploitant correctement l’ensemble de ses


installations, produire l’équivalent de 80 000 tonnes de Double Concentré de Tomate par saison de
transformation.

A de rares exceptions prés, la cascade organisationnelle indispensable à une gestion rigoureuse


des approvisionnements et donc de la qualité de la matière première fait défaut en Algérie.

Dans ce domaine, une seule entreprise a commencé à véritablement se doter d’une structure
d’appui technique aux agriculteurs.

Alors que les usines de certains industriels n’ont rien à envier à celles de leurs concurrents
étrangers, et que d’autres peuvent raisonnablement accéder aux normes internationales, la
moindre qualité de la matière première, les mauvaises conditions de transport, l’absence
d’agréage affectent le rendement industriel et la qualité du produit fini.
Ceci ne peut pas permettre pour l’instant de réfléchir sérieusement à des stratégies d’exportation
des produits transformés.

a) Emploi, ressources humaines et formation

Traiter de l’emploi dans le secteur de la transformation de la tomate industrielle est une tâche
complexe rendue encore plus difficile par la part très importante que représente l’emploi
saisonnier. Aussi, la mission s’est-elle attachée à travailler à partir des réponses aux
questionnaires, puis à les recouper par des entretiens et des visites d’usines effectuées avant et
pendant la campagne.

Nombre et Types d'emplois,


en Equivalent Plein Temps Annuels

Agriculture
Industrie (saisonniers);
(saisonniers); 936 1400

5 000
26-27 sites, exploitations,
4 680 saisonniers* 7 000
saisonniers*

Industrie
(permanents); Agriculture
1950 (permanents);
1300
* : durée campagne 40 jours

Données réponses aux questionnaires et Experts

Selon cette méthode, c’est environ l’équivalent de 3 000 emplois permanents et annuels que
génèrent les 27 sites de transformation de tomate, avec une moyenne de 75/80 emplois
permanents et de 174/180 emplois saisonniers, par site.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 17


Rapport de Synthèse Septembre 2006
La prise en compte des emplois salariés agricoles (2 700 équivalents temps plein) fait de ce
secteur d’activité – de la production agricole à la transformation industrielle - une filière de tout
premier plan au niveau national, pratiquement équivalente à celle des boissons : au final, on peut
recenser environ 10.000 personnes dont une part des revenus est liée directement à la production
et à la transformation de la tomate.

b) Situation comptable et financière des entreprises

Sur le plan comptable, le système d’information est très peu développé et s’appuie uniquement sur
la comptabilité générale conventionnelle.
L’absence de comptabilité analytique, de comptabilité prévisionnelle et de gestion budgétaire est
quasi générale.

Sur le plan financier, le diagnostic confirme la situation précaire et préoccupante de bon


nombre d’entreprises du secteur.

En résumé, 40% des entreprises ont une trésorerie structurellement négative, 40% une trésorerie
fluctuante et seulement 20% des entreprises ont une trésorerie positive.

La rentabilité des entreprises du secteur est nulle pour 80 % d’entre elles, qui affichent des
résultats négatifs.

60% des entreprises sont potentiellement en grande difficulté et leur risque de cessation
d’activité pour cause de faillite est réel et imminent en l’absence de tout « renflouement »
financier.

Enfin pour les entreprises relativement saines (environ 40%), le degré de vulnérabilité financière
varie de façon plus ou moins importante et maîtrisée.

c) Valeur de la production industrielle

En 2004, la valeur de la production industrielle est de l’ordre de 7,4 Milliards de DA.


La valeur ajoutée théorique de la production industrielle (Chiffre d’affaire (7,4 Milliards DA) moins
valeur d’achat des matières premières agricoles (1,932 Milliards DA) et industrielles importées
(1,296 M DA) est de 4.2 Milliards DA.

d) Situation commerciale

Le secteur de la transformation de la tomate produit essentiellement du Double Concentré de


tomate 22 % et 28 % en boite métallique (¼ et ½), destiné quasi exclusivement au marché
national.

En l’absence de diversification, le marché des dérivés de la tomate est insignifiant. Les circuits de
commercialisation sont essentiellement assurés par les grossistes, et les entreprises n’ont
pratiquement aucune connaissance des utilisateurs finaux.

De ce fait, elles subissent le marché, sont en situation de suivi, au mieux peuvent-elles prétendre
le pousser par ‘’des coups de baisse ’’sur les prix pour tenter de se démarquer de leur concurrents.
Par ailleurs la détérioration du marché national (signes d’essoufflement et de saturation), ne fait
que contribuer un peu plus à renforcer la concurrence entre industriels, et à favoriser le commerce
informel, véritable concurrence déloyale et pénalisante pour toute l’économie du secteur.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 18


Rapport de Synthèse Septembre 2006
e) La qualification des outils

L’analyse met en évidence deux groupes homogènes :

Le premier groupe

Aucun équipement véritablement obsolète, bien que parfois vieillissant.

Le second groupe

Ce groupe de tête rassemble les entreprises ayant récemment investi dans des matériels leur
permettant sans conteste de répondre aux normes internationales et aux attentes des acheteurs.
Toutefois en termes d’outils de production, les décalages observés ne sont absolument pas de
nature à interdire définitivement une mise à niveau des équipements des entreprises les plus en
«retard» pour satisfaire aux standards internationaux.

Enfin si les écarts technologiques observés entre les entreprises sont patents, la qualité de
la matière première utilisée nivelle le profil de transformation algérien.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 19


Rapport de Synthèse Septembre 2006
3. Le marché intérieur
L’importance du marché intérieur et son taux de couverture par la production nationale qui
conditionnent les stratégies d’entreprise et les décisions industrielles, sont des points classiques
de toute approche prospective et de toute élaboration de schéma de filière.

L’absence d’étude, de données détaillées et spécifiques à la production et à la transformation de


tomates ont fait partie des difficultés rencontrées par les experts dans la réalisation de leur
mission.

Cela les a donc conduit, après collectes et recoupements de plusieurs données et sources
d’information, à procéder avec attention à une estimation plus qu’à une véritable quantification du
marché national.

Cette estimation qui situerait le marché intérieur Algérien aux environs de 87 à 90.000 t est mise
en parallèle avec les données officielles du Ministère du Commerce et celles de l’ACTOM qui
toutes deux concurrent à le situer plutôt proche de 70.000 t.

En résultat de quoi, il est difficile de préciser la taille réelle du marché intérieur, elle se situe
certainement entre 70.000 t et 90.000 t, ce qui laisse une marge importante de plus de
20.000 t.

Estimation du marché intérieur en volume

• Par les quantités mises en marché

⇒ Calcul des experts

(Sources : ACTOM, Douanes Algériennes & Ministère de l’Agriculture)

La formule de calcul suivante a été appliquée.

Marché intérieur = Total [Production année n + importations année n + stocks entrée année
n -- stocks sortie année n] + informel année n

Dans le courant de l’année 2004 il a été déclaré produit 52.000 t (51.981 t sce Ministère de
l’Agriculture) de concentré et les opérateurs Algériens en ont importé 38.100 t.

Il a été pris en compte qu’en stocks ‘’sortie’’ année au 31 Décembre 2004 les entreprises
Algériennes totalisaient 28.000 t.

En l’absence de données, la mission a retenu comme stocks ‘’entrée’’ de début d’année 2004
22.000 t, volumes qui ont été commercialisés pour assurer les ventes des mois de décembre 2003
à Août/Septembre 2004.

Enfin elle a aussi retenu pour 6.000 t des volumes en provenance du marché informel, volumes
probablement très en deçà de la réalité.

Ce qui donne une estimation du volume du marché intérieur pour l’année 2004 de

52.000 + 38.100 + 22.000 – 28.000 +6.000 = 90.100 t

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 20


Rapport de Synthèse Septembre 2006
⇒ Calcul de l’ACTOM

(Source courrier ACTOM novembre 2005)

Pour l’ACTOM la production nationale de concentré de tomate en 2004 n’a pas été de 52.000 t
mais de 48.150 t.

Les 38.100 t importées n’ont pas été consommées en totalité en 2004, une part importante de ces
importations a été stockée dans les entrepôts des douanes et n’a été mise à la consommation que
durant l’année 2005.

Cela donne une consommation nationale pour 2004, qui s’établit entre :

Stock initial + production + importations – stock final


22.000 + 49.000 + 38.100 – 30.000 = 79.100 t

Et

Compte tenu des importations stockées sous douanes


22.000 + 49.000 + 38.100 x 60% - 30.000 = 63.860 t

Soit une quantité moyenne de 70.000 t par an.

⇒ Sources officielles

Du côté de l’administration, la Direction Générale de la Régulation et de l’Organisation des


activités du Ministère du Commerce, en réponse à une demande de l’ACTOM, estime la
consommation de concentré entre 68.000 et 70.000 t par an.

De tels écarts, entre les estimations de la mission qui il est vrai, prennent en compte dans une
très faible proportion les volumes informels et les données professionnelles de l’ACTOM, ainsi que
celles officielles de l’administration qui n’en tiennent pas compte, ne fragilisent nullement pour
cette filière ni le diagnostic, ni les préconisations et recommandations. Ils mettent à jour
cependant tout l’intérêt qu’il y aurait pour l’ensemble des acteurs et des intervenants publics et
privés de ce secteur, à faire réaliser une étude de marché spécifique sur la consommation
nationale, de concentré de tomate et de produits dérivés.

• Par l’Aval

(Source études et enquêtes consommation)

En 1990 (selon une étude réalisée en 1992 par l’Institut National Agronomique)*, la consommation
de concentré de tomate par habitants était de 3.5 Kg /an. Elle correspondait à une consommation
apparente de 84.000 t pour une population de 24 Millions d’hbts . Les importations assurées par
l’ENAPAL représentaient 52.000 t de double concentré. (*L. Baci INA /El Harrach, ALGER 1992).

Quant à la production nationale, elle couvrait 22.000 Ha et produisait 32.000 t de concentré soit
environ l’équivalent de 8 à 9 tonnes de tomates fraîches par ha.

Depuis 1992, les superficies agricoles ont augmenté de 14% pour passer à 25.000 Ha les
rendements ont progressé et les importations ont atteint 38.100 t de concentré en 2004.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 21


Rapport de Synthèse Septembre 2006
Ainsi à consommation constante pour une population de plus de 32 Millions d’habitants, le
marché de consommation national serait aujourd’hui de 112.000 t de concentré ce qui
dépasse et de très loin les capacités de production nationale complétées des importations.

Pour la mission il apparaît évident et sans qu’elle puisse en expliquer les causes, qu’en l’espace
de 15 années les données affichent une baisse significative de la consommation apparente
nationale.

Pour l’ACTOM ce chiffre de 84.000 t ne peut être retenu car la consommation de concentré de
tomate par habitant dont il est fait état dans l’étude de L’INA ne pouvait pas être en 1992 de 3.5 kg
par an.
Les 52.000 t de double concentré de tomate importées par l’ENAPAL étant réexportées vers les
marchés africains subsahariens, elles ne pouvaient pas être prise en compte dans la
consommation nationale.

L’ACTOM fait par ailleurs état d’études récentes sur la consommation des ménages évaluant
pour certaines à 2,3 Kg par an et par habitant la consommation de concentré de tomate, pour
d’autres à 2,5 kg situant ainsi le marché intérieur entre 73.600 t et 80.000 t.

La mission n’a pas eu accès à ces études, ni aux méthodes retenues, ni aux sources de calculs
et, à priori, les estimations qui en découlent différent nettement.

Cela confirme pleinement pour les experts la nécessité de réaliser des enquêtes nationales et
officielles de consommation. D’autant que les pays voisins de l’Algérie s’ils n’ont pas progressé,
n’ont pas connu une telle chute de consommation. Enfin, il apparaît depuis quelques années sur le
marché national, de nouveaux produits à base de concentré de tomate (sauces, ketchup etc.) qui
devraient plutôt faire augmenter la consommation ….

Enfin selon les données d’une enquête de l’ONS, qui évalue à 275 DA par habitant et par an les
achats de concentré de tomate, le marché intérieur algérien représenterait prés de 9 milliards de
Dinars et se caractérise par l’aspect monolithique et peu diversifié de sa consommation (à plus de
90 % sous forme de concentrés).

Cela l’expose dans le cadre de l’accélération des échanges internationaux, à toutes les velléités de
conquête des grands opérateurs internationaux, parce que peu segmenté et suffisamment peu
‘’sophistiqué’’, les prix suffisent à faire la différence dans un premier temps.

En conclusion, le fait que le marché national soit de 70 000 t (hors commerce informel) ou
supérieur n’influe que marginalement sur les stratégies d’amélioration de l’efficacité des
entreprises du secteur.

Il est aujourd’hui alimenté par une part non négligeable d’importations qui ont littéralement
« explosé » en 2004.

Ces volumes d’importation, qui de toute évidence ont trouvé un marché, et qui ont semble-
t-il diminuer en 2005 ne pourront être sur le long terme limités qu’au prix d’une véritable
« réforme du secteur », qui seule pourra rétablir la compétitivité de la production agricole et
des entreprises nationales face à leurs concurrentes étrangères.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 22


Rapport de Synthèse Septembre 2006
4. Les Importations
En volume, les importations ont connu une hausse fulgurante, passant de 2 600 t en 2000 à
38 100 t en 2004. Ce sont particulièrement les deux dernières années (2003 et 2004) qui ont
enregistré des volumes d’importation comparativement beaucoup plus importants que les années
précédentes. Le démantèlement des droits additionnels provisoires ayant probablement eu un effet
accélérateur.
A noter, pour l’année 2005, que les informations recueillies par la mission montrent que les
achats extérieurs ont reculé de façon sensible (23 %).

Total Import Algérie en DCT


45

40

35

30

25

20

15

10

0
2000 2001 2002 2003 2004 2005

Sources Experts /GTIS

Désignation 2000 2001 2002 2003 2004 2005


Double concentré de 0,2 2,6 2,6 7,6 24,7 12,6
tomate
Triple concentré de 1,9 0,3 1,7 10,6 6,3
tomate
Total équivalent 2,6 2,6 3 9,7 38,1 20,6
double concentré
Equivalent tomate 14,404 14,404 16,62 53,738 211,074 114,124
fraîche
en milliers de tonnes

Désignation 2000 2001 2002 2003 2004 2005


Double concentré de 0,43 0,38 0,96 1,58 6,51 3,374
tomate
Triple concentré de 1,24 0,28 1,34 7,34 4,355
tomate
Total 1,67 0,38 1,24 2,92 13,85 7,729
en millions USD

Sources : GTIS/Douanes Algériennes

5. Les Exportations
Les exportations enregistrées de 2000 à 2003 n’ont pas dépassé 100 t de DCT. En 2004, elles
progresseraient significativement en donnée relative pour atteindre 240 t.
Le solde des échanges reste très largement déficitaire, à plus de 200 000 t d’équivalent tomates
fraîches.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 23


Rapport de Synthèse Septembre 2006
POSITIONNEMENT DE LA FILIERE
ALGERIENNE

(BENCHMARK)

Espagne
Tunisie
Turquie

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 24


Rapport de Synthèse Septembre 2006
II. POSITIONNEMENT DE LA FILIERE ALGERIENNE (BENCHMARK)

1. Superficies plantées en tomates d’industrie

Surfaces plantées, en hectares


40 000
2000 2001 2002 2003 2004 2005

35 000

30 000

25 000

20 000

15 000

10 000

5 000

0
ALGERIE Espagne TUNISIE TURQUIE

Sources AMITOM / Experts – Données nationales

2. Tonnages moyens par hectare destinés à la transformation

Tonnages moyens par hectare destinés à la transformation


70,00

60,00
1999
2000
50,00
2001
2002
40,00
2003

30,00 2004
2005
20,00

10,00

0,00
Espagne Turquie Tunisie Algérie

Sources AMITOM / Experts

Dans ce panel, l’Espagne est le seul pays transformateur où par le biais de la contractualisation
des apports, tous les tonnages récoltés sur une parcelle sont effectivement livrés à l’usine. Dans
les trois autres cas, une partie des quantités peut être dirigée vers le marché de frais. Aussi, il est
fait la nuance entre rendement agricole (Espagne) et tonnage récolté destiné à la transformation
(Turquie, Tunisie et Algérie). Toutefois la comparaison reste difficile, du fait de la nature
déclarative des données.

Par exemple sur 2003, on constate une forte progression de la production turque, qui n’est pas
observée dans les autres pays de la même zone méditerranéenne. Grossièrement, on peut situer
les tonnages destinés à la transformation aux alentours de: plus de 55 t en Espagne, entre 40 et

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 25


Rapport de Synthèse Septembre 2006
50 t en Turquie, entre 30 et 40 t en Tunisie et 10 à 20 t en Algérie. Pour mémoire, la moyenne des
tonnages d’industrie dans les pays européens se situe aux environs de 65 t.

3. Quantité totale de tomate fraîche transformée

Total tomates transformées, en tonnes


3 000 000
2000

2 500 000 2001

2002

2 000 000 2003

2004

1 500 000 2005

2006 prévisions

1 000 000

500 000

?
0
ALGERIE Espagne TUNISIE TURQUIE

Sources AMITOM - TomatoNews

Le recul sensible prévu pour l’Espagne, la Tunisie et la Turquie illustre typiquement les variations
cycliques du secteur de la tomate d’industrie.

4. Coefficients Nationaux d’exploitation

Evolution Coefficient d'exploitation


100%
2000 2001 2002 2003 2004
90%

80%

70%

60%

50%

40%

30%

20%

10%

0%
ALGERIE Espagne TUNISIE TURQUIE

Sources AMITOM - TomatoNews (Espagne n.c. 2000 /2001)

Avec un nombre significatif d’entreprises non opérationnelles pour cette campagne, la filière
algérienne devrait constater, pour 2005, une dégradation importante de son coefficient
d’exploitation.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 26


Rapport de Synthèse Septembre 2006
5. Coût de la matière première pour les industriels

Coût matière première pour les industriels,


en euro par tonne
120,0
2000 2001
2002 2003
100,0 2004 2005
2006 prévision

80,0

60,0

40,0

20,0
?
0,0
ALGERIE Espagne TUNISIE TURQUIE

Sources AMITOM - TomatoNews

Le recul du prix de 7 DA a 5 DA par Kilo en 2005 a permis aux industriels algériens de se classer
dans la moyenne des prix pratiqués dans les autres pays de référence ainsi que dans ceux de la
Zone Europe.

6. Importations globales et comparées des différents pays en équivalent tomate


fraîche

Importations comparées en eq. Tomate fraïche


250 000

200 000 2000


2001
2002
2003
150 000 2004
2005

100 000

50 000

0
Total Algérie Total Espagne Total Turquie

Sources UbiFrance / GTIS – Experts

La Turquie n’affiche pas d’activité importatrice régulière. L’Espagne s’approvisionne en appoint sur
le concentré et importe les sauces et conserves de tomates qu’elle ne produit pas, tout en restant
avant tout une puissance exportatrice. Les quantités importées par l’Algérie (essentiellement
concentrés) affichent une hausse exceptionnelle de 2000 à 2004, mais reculent sensiblement en
2005.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 27


Rapport de Synthèse Septembre 2006
7. Balance commerciale des différents pays en équivalent tomate fraîche

Evolutions comparées des balances, en tonnes de tomates fraîches


1 100 000

1 000 000 1998/1999


900 000 1999/2000
800 000 2000/2001
2001/2002
700 000
2002/2003
600 000 2003/2004
500 000

400 000

300 000

200 000

100 000 Balance ALGERIE


-
Balance Espagne Balance TURQUIE
-100 000

Sources UbiFrance / GTIS – Experts

Les balances commerciales « tomates » sont résolument positives pour l’Espagne, démontrant les
choix industriels qui ont été faits dans la spécialisation de la filière industrielle, ainsi que pour la
Turquie (qui occupe en 2005 le quatrième rang mondial des exportateurs de concentré), et
nettement déficitaire en Algérie.

8. Consommation nationale et per capita de dérivés de tomate exprimés en


équivalent tomate fraîche

Consommation Produits de tomate 2002/2003


558 104 T
523 145 T

57,4 kg 398 880 T


323 318 T

12,8 kg
7,4 kg 7,9 kg

Tunisie Turquie Espagne Algérie


Total per capita

Données Experts et Ministères

Les 398.900 t de tomates fraîches consommées en Algérie correspondent à un équivalent de


70.000 t environ de concentré, chiffre retenu par le Ministère du Commerce.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 28


Rapport de Synthèse Septembre 2006
FORCES & FAIBLESSES
OPPORTUNITES & MENACES
DU SECTEUR

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 29


Rapport de Synthèse Septembre 2006
III. FORCES ET FAIBLESSES DU SECTEUR

1. Forces et Faiblesses de l’Amont Agricole

FORCES FAIBLESSES

Superficies disponibles importantes Une profession agricole insuffisamment


Climat favorable organisée et peu efficace sur le plan
Faible coût de la main d’œuvre agronomique
Potentiel de productivité et de Un secteur agricole qui a un fort besoin de
rentabilité important sécurisation de son foncier
Pour une autre partie de la production, Des rendements faibles et très en
valorisation en culture biologique ou dessous du potentiel agricole des terres
respectueuse de l’environnement sur Une faiblesse de l’appui technique pour
un marché de niches une production exigeante
Des pratiques culturales à améliorer
Problème de disponibilité en eau, ou
d’infrastructure de distribution dans
certaines régions

2. Forces et Faiblesses de l’Aval Industriel

FORCES FAIBLESSES

Produits répondant aux exigences de Manque de souplesse dans l’articulation des


qualité nationales choix technologiques - programmes de
Des industriels qui sont engagés à faire le fabrication des entreprises (étroitesse des
pari du développement de la production gammes produits et conditionnements,
nationale obligation de fabrication immédiate, etc.)
Pour certains, des outils de production qui Dépendance excessive des transformateurs
avec des programmes de mise à niveau envers leurs fournisseurs
pourront satisfaire aux standards Relations tendues avec les agriculteurs
internationaux de qualité notamment pendant la campagne
Pour d’autres, des usines aujourd’hui Faiblesse de la Recherche&Développement
capables de se positionner face à la Atomisation excessive du nombre
concurrence internationale d’entreprises
De réelles expériences industrielles Faiblesse de l’organisation commerciale
Faible coût de la main d’œuvre Pertes de productivité en ligne
Potentiel de productivité important. Absence de relations ‘’partenariales ‘’ avec le
Coût d’énergie faible fabricant national d’emballages
Prix de la matière première comparables à Handicaps logistiques et lourdeur dans la
ceux des autres pays producteurs (valeur gestion des stocks d’emballages
2005) Inexistence d’une véritable filière, et absence
Organisation des conserveurs en totale d’interfaces amont / aval
association
Existence d’unité de production nationale
d’emballages à même de répondre aux
exigences des transformateurs

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 30


Rapport de Synthèse Septembre 2006
3. Forces et Faiblesses des Entreprises de Transformation

a) Commercial et marketing

FORCES FAIBLESSES

Produits répondant aux exigences Forte dépendance vis-à-vis des réseaux de


de qualité nationales. distribution
Un savoir faire avéré des entreprises Caractère « quasi incontournable » des intermédiaires
Début de dynamisme commercial et des grossistes avec lesquels il n’y a pas de
chez certains producteurs : stratégie de partenariat à long terme
nouveaux types d’emballage, Politique d‘occupation globale du marché sans autre
communication et diversification de stratégie commerciale et marketing que celle des prix
la production… Méconnaissance des secteurs utilisateurs des
Certaines entreprises ont une produits et des attentes des consommateurs
notoriété auprès des Concurrence de plus en plus forte des produits
consommateurs d’importation
Prix abordables (en DA constant, le Pas de positionnement fort des marques
prix du concentré de tomate a commerciales sur le marché (manque
baissé) d’investissement en communication)
Faiblesse des structures marketing

b) Ressources humaines et organisation

FORCES FAIBLESSES

Entreprises fortement pourvoyeuses Un très faible taux d’encadrement particulièrement


d’emploi, notamment dans des dans les fonctions essentielles des entreprises :
régions ou l’emploi industriel est rare commerciale, qualité, fabrication et agronomie
ce qui devrait leur conférer un Faible capacité d’adaptation des entreprises dans un
avantage auprès des pouvoirs marché concurrentiel appelé à s’ouvrir davantage
publics en terme d’écoute et Très faibles efforts de formation du personnel
d’accompagnement Manque d’attractivité des entreprises vis-à-vis des
Potentiel d’emplois qualifiés jeunes diplômés
important

c) Administratif et Financier

FORCES FAIBLESSES

Disponibilité de l'information Défaut de maîtrise des coûts de production


comptable intermédiaires
Maîtrise du processus du traitement Faiblesse de la gestion financière et comptable et des
comptable par un personnel besoins en fonds de roulements
compétent Faible évolution des valeurs ajoutées
Assez bonnes relations bancaires. Régression des résultats d'exploitation et du résultat
net
Faible C.A.F. (Capacité d'Autofinancement)
Faible autonomie financière
Trésorerie globale négative
Environnement bancaire peu dynamique et peu
performant dans l’accompagnement des entreprises

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 31


Rapport de Synthèse Septembre 2006
IV. OPPORTUNITES ET MENACES POUR LE SECTEUR DE LA
TRANSFORMATION

OPPORTUNITES MENACES

Ouverture du marché algérien suite aux Ouverture du marché algérien suite aux
accords de l’Algérie avec UE, OMC. (baisse accords de l’Algérie avec UE, OMC. (baisse
des prix des produits intermédiaires : des prix des produits finis)
matière première, semi-finis, emballage…)
Intervention d’un ou de plusieurs nouveaux
Marché intérieur important avec des opérateurs nationaux ou étrangers
gisements quantitatifs et qualitatifs pour les
transformateurs nationaux, et un petit Concurrence des produits d’importation sur
avantage confiance aux produits nationaux les prix, sur la qualité et sur la diversité de
par rapport à ce ‘’qui vient de l’étranger’’ l’offre.

Evolution de la demande des Organisation de réseaux de distribution


consommateurs pour des produits divers et modernes et intégrés (cahiers des charges,
plus élaborés. référencements, prix, logistique, etc.).

Possibilités d’exportations, notamment vers Délais très courts laissés pour la réaction et
les marchés européens et africains, sur des l’adaptation des entreprises
produits de première transformation à des
prix compétitifs, mais aussi sur des marchés
de niches (bio, « méditerranéens », MDD,
respectueux de l’environnement, etc.) à plus
fortes valeur ajoutée.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 32


Rapport de Synthèse Septembre 2006
SCENARIOS POUR LE SECTEUR

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 33


Rapport de Synthèse Septembre 2006
V. LES SCENARIOS

1. Le scénario de continuité
Dans ce scénario, aucune initiative importante n’est prise ni par les Transformateurs ni par les
Agriculteurs ou leurs représentants, ni par l’Etat.
C’est le scénario ‘’au fil de l’eau ‘’
Rien, en fait ne bouge fondamentalement et ne vient contrecarrer le cours actuel des événements.

Ces absences de volontés, de décisions et d’actions se traduiront par :

™ La disparition d’un nombre conséquent d’agriculteurs


™ La disparition d’un nombre significatif d’entreprises et la réduction de la capacité totale de
première transformation

A moyen terme (moins de 10 ans), seulement deux à trois entreprises survivront sous forme de
petits complexes agroalimentaires isolés. Dans ces conditions, il sera difficile dans un premier
temps, de maintenir la production nationale de tomate fraîche à la hauteur des besoins du marché
intérieur. Les entreprises les plus dynamiques saisiront les éventuelles opportunités d’exportation
et dans le même temps, elles n’excluront pas le recours aux importations pour satisfaire la
demande nationale.

Les entreprises encore présentes devront rechercher, pour assurer leur développement et leur
pérennité, des alliances ou des partenariats industriels et financiers.

2. Le scénario de rupture, volontariste et dynamique


Pour ce scénario, les ressources sont déjà présentes (de bonnes terres agricoles, de l’eau, un
climat favorable, une main d’œuvre disponible et peu coûteuse, un coût d’énergie compétitif, des
capacités de transformation significatives, des volontés « entreprenariales » réelles, un marché
important) et elles sont mobilisées.

C’est l’implication de tous les acteurs concernés dans la définition d’un projet de filière, qui se
traduit par :

™ La mise en œuvre d’une politique de développement et d’appui technique aux agriculteurs


™ La définition et la réalisation de programmes nationaux de recherche
™ La mise à niveau des entreprises de transformation
™ L’instauration de pratiques partenariales et contractuelles
™ Le retour de la confiance des différents partenaires
™ La mise en œuvre de politiques de communication pour la promotion de la consommation

En conclusion c’est le seul scénario qui inscrit la réalité d’une filière au sens propre du terme

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 34


Rapport de Synthèse Septembre 2006
CHOIX STRATEGIQUES ET
RECOMMANDATIONS

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 35


Rapport de Synthèse Septembre 2006
VI. CHOIX STRATEGIQUES ET RECOMMANDATIONS

Objectif : proposer les conditions favorables à la construction d’une véritable filière compétitive dans un environnement concurrentiel international

Pour atteindre cet objectif, il est proposé d’agir sur les points suivants:

1. A l’Amont

Objectifs Préconisations Acteurs


Maintenir et développer un potentiel Consolider et développer les actions engagées dans le cadre du Instituts techniques, Chambres
de production nationale de tomates PNDA. d’Agriculture, Groupes d’agriculteurs.
destinées à la transformation. Agir sur les rendements : sélection, limiter le choix variétal, appui Centres de comptabilité, Chambres
technique. d’Agriculture.
Agir sur les prix de revient : étude et maîtrise des coûts de
production. Instituts techniques, Chambres
Agir sur la qualité de la tomate : variétés adaptées, programmation d’Agriculture, Entreprises, Agriculteurs.
et pratiques culturales, planification des livraisons, agréage à
réception.
Favoriser l’émergence de Sécuriser le foncier à vocation agricole. Pouvoirs publics.
producteurs et de groupes de Soutenir les investissements de modernisation : bonification des Ministères, Etablissements bancaires.
producteurs véritablement taux d’intérêt, accès au crédit. Chambres d’Agriculture, Centres de
spécialisés. Mettre en place des actions de formation professionnelles. formation agricole, Groupes
d’agriculteurs.
Entreprises, Agriculteurs.
Aboutir à des engagements Prix minimum concerté et modulé en fonction de la qualité. ACTOM, Entreprises, Agriculteurs.
réciproques et respectés des Politique contractuelle sur les volumes d’approvisionnement.
agriculteurs et des industriels.

Préserver l’Environnement. Développer la maîtrise de pratiques culturales raisonnées Chambres d’Agriculture, Centres de
notamment du point de vue de l’utilisation des intrants et de la formation agricole, Groupes
ressource en eau. d’agriculteurs.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 36


Rapport de Synthèse Septembre 2006
Créer un véritable cadre de Regrouper et fédérer l’ensemble des acteurs de la filière. ACTOM, Entreprises, Agriculteurs,
concertation interprofessionnelle…… Réactiver le CNIFT Chambres d’Agriculture.
et d’expression de la filière Définition et application d’une grille d’agréage, médiation et ACTOM, Entreprises, Agriculteurs,
arbitrage. Pouvoirs publics (Instituts techniques,
Editer un Guide de Bonnes Pratiques Agricoles. Ministères, Organismes publics de
Conseil d’Administration paritaire. recherche (INRA, ITCM, etc.).

2. L’Aval

a) Au plan industriel

Objectifs Préconisations Acteurs


Etablir des relations partenariales et Négociation annuelle d’un prix minimum concerté et modulé en ACTOM, Entreprises, Agriculteurs.
contractuelles avec l’amont. fonction de la qualité.
Politique contractuelle sur les volumes d’approvisionnement.
Concentrer la filière à un nombre Définition d’une politique agroindustrielle nationale et d’outils Pouvoirs publics, Entreprises et
réduit d’entreprises économiquement d’intervention. ACTOM.
viables.
Restructurer le secteur en termes de Rapprochements techniques, stratégiques ou capitalistiques. Entreprises, Etablissements
capacités de transformation. financiers, Pouvoirs publics.

Faire accéder les entreprises à une Augmenter et assouplir les capacités de transformation par des Entreprises, Conseils en ingénierie,
taille critique et optimiser les taux choix technologiques pertinents (installation de lignes aseptiques), Equipementiers.
d’utilisation des capacités installées. (capacité de transformation de 1 500 à 2 000 t/jour, en 2
évaporateurs minimum).
Améliorer la solidité et la rentabilité Agir par la formation et par le recrutement sur le management et la Entreprises, Cabinets de recrutement,
financière des entreprises. gestion financière des entreprises. Conseils, Centres de formation
professionnelle.
Mettre en place des outils financiers d’accompagnement et de Entreprises, Etablissements
développement des entreprises. financiers, Pouvoirs publics.
Améliorer les contextes d’exploitation Rationaliser les conditions de transport, de réception et de Pouvoirs publics, ACTOM,
et la qualité finale des produits. traitement de la matière première. Entreprises, Centres de formation
Engager des programmes de formation du personnel, de mise à professionnelle.
niveau et d’accompagnement des démarches qualité (HACCP,
GMP, ISO, R&D, etc.).

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 37


Rapport de Synthèse Septembre 2006
Objectifs Préconisations Acteurs
Préserver l’Environnement Alléger les coûts de la protection de l’Environnement. Pouvoirs publics, Etablissements
Développer les techniques de production et de transformation financiers.
économisant la ressource en eau. Equipementiers, Agences
Organiser et rationaliser le traitement des effluents et des déchets spécialisées.
des conserveries. Entreprises, Collectivités, Agences
spécialisées.
Conférer à une structure adéquate, Elargir cette structure à la représentation statutaire et paritaire des ACTOM, Entreprises, Agriculteurs,
une responsabilité et une réelle agriculteurs dans une véritable démarche interprofessionnelle. Chambres d’Agriculture.
représentativité de filière.

b) Au plan commercial

Objectifs Préconisations Acteurs


Améliorer la performance Articuler les complémentarités économiques, technologiques, et Entreprises
commerciale des entreprises. agricoles possibles entre des entreprises implantées dans des zones Entreprises, Analystes financiers.
de production et de consommation différentes. Ingénieurs Produits, Conseils en
Diminuer les coûts de revient (matières premières, coûts marketing.
opérationnels, gestion et prévision). Entreprises, Agences de
Innover et diversifier les produits. communication, ACTOM.
Recruter des forces de vente.
Etablir ou renforcer la notoriété des marques commerciales des
entreprises.
Dynamiser la consommation Actions d’information et de promotion générique. ACTOM.
nationale. Création de panels de consommateurs. Entreprises, Consommateurs,
Diversifier la gamme de production et travailler sur la profondeur des Ingénieurs Produits, Agences de
segments de marché. communication.
Sécuriser l’environnement Moraliser les pratiques anticoncurrentielles et déloyales liées à Pouvoirs publics, ACTOM,
commercial des entreprises. l’économie du commerce informel. Entreprises,

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 38


Rapport de Synthèse Septembre 2006
Objectifs Préconisations Acteurs
Positionner les entreprises Créer un Observatoire du Marché Algérien. ACTOM.
nationales de façon dominante sur Construire des alliances et des partenariats industriels et Entreprises nationales et
leur marché. commerciaux. étrangères, Fournisseurs,
Promouvoir l’origine «Algérie». Distributeurs.
Innover et diversifier les produits. ACTOM.
Positionner les entreprises sur les Accompagner et soutenir les entreprises dans leurs mises en Pouvoirs publics, Organismes de
marchés export. conformité vis-à-vis des normes internationales et dans leurs Certification.
stratégies d’exportation. Cabinets de recrutement.
Développer le recrutement de cadres spécialisés « export ». Attachés commerciaux des
Identifier les produits exportables. ambassades, ACTOM, Chambres
Définir les couples produits / marchés (études de marché). de Commerce.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 39


Rapport de Synthèse Septembre 2006
ANNEXES

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 40


Rapport de Synthèse Septembre 2006
Méthodologie

La méthode de travail retenue a consisté à :

Elaborer par les experts de la mission un questionnaire dont eux seuls ont traité et exploité de
façon strictement anonyme les réponses.

Effectuer de nombreux entretiens et visites d’entreprises durant toute la durée de la mission


notamment lors de la phase de collecte de l’information, que ce soit à Annaba où à Alger

Réaliser une analyse comparative de la filière de transformation de la tomate algérienne


(benchmark), vis a vis de trois autres pays producteurs : la Tunisie, l’Espagne et la Turquie.

Collecter auprès des sources les plus diverses, un grand nombre de données qu’elle a ensuite
vérifié et recoupé, pour disposer et fournir une information fiable et exploitable.

Enfin, de nombreux documents de toutes sortes ont alimenté le travail et la réflexion, complétés
par une confrontation régulière des analyses, des points de vue et des positions des différents
experts de la mission tout au long de l’étude.

La phase de collecte et de diagnostic terminée, les experts se sont pleinement engagés dans
l’analyse dynamique de la filière, l’écriture des différents scénarii possibles et la rédaction des
recommandations couplées à leurs objectifs

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 41


Rapport de Synthèse Septembre 2006
La transformation de tomate en
Tunisie
Avec une moyenne de 630 000 tonnes de tomates transformées sur les trois dernières années, la
Tunisie est considérée comme l’un des plus importants producteurs du bassin méditerranéen, et
sa contribution au total produit par l’ensemble des pays de l’AMITOM est de 5,7 %.
Les principales régions de production en Tunisie sont au nombre de
cinq :

Le Cap Bon, région située au Nord de la Tunisie, fournit près de


60 % de la production totale.
Sidi Bouzid, située dans le Centre du pays, produit 10 % du total
transformé en Tunisie.
La région de Béja, également dans le Nord-Est,
Le gouvernorat de Mannouba, non loin de Tunis,
La région de Siliana, caractérisée par sa production tardive.

La production de tomates fraîches a enregistré des records au cours des


dernières années, avec un tonnage total estimé à 930 000 tonnes en
1999 et 2000. Ces volumes ont été atteints grâce au développement de
l’irrigation localisée (goutte à goutte), pour laquelle les surfaces
équipées sont passées de 4 760 hectares en 1998 à 8 322 ha en 1999
et 13 500 ha en 2000.
Pour 2001, une baisse volontaire de la production a été décidée, en vue
de permettre aux industriels d’écouler les excédents de stocks
constitués au cours des deux précédentes campagnes. Les superficies
consacrées à la tomate d’industrie sont passées de 21 700 ha en 2000 à
15 300 ha en 2001.
Le prix moyen de la matière première sur les trois dernières campagnes est de l’ordre de 95
Dinars par tonne, équivalent à 66,7 USD (valeur 2001).

Production totale Production de Evolution du Evolution du Evolution du prix


ANNEE de tomates tomates transformées volume transformé volume transformé des tomates fraiches
(1000 tonnes) (1000 tonnes) (index 100 en 1978) (en % AMITOM) (US$/100kg bord champ)
1987/88 485 367 278% 5,80% 7,00
1988/89 400 266 202% 3,80% 7,40
1989/90 450 337 255% 3,70% 7,90
1990/91 530 390 295% 4,40% 8,25
1991/92 580 470 356% 5,70% 7,57
1992/93 550 426 323% 5,80% 7,91
1993/94 420 280 212% 3,70% 6,97
1994/95 480 320 242% 3,60% 8,90
1995/96 580 435 330% 4,60% 11,63
1996/97 700 563 427% 5,40% 9,31
1997/98 500 362 274% 4,20% 7,82
1998/99 663 467 354% 4,30% 8,31
99/2000 930 730 553% 5,90% 7,69
2000/01 930 732 553% 6,65% 7,01
2001/02 650 430 326% 4,30% 6,67
2002/03 907 560 424% 5,30% 7,00
2003/04 992 620 469% 5,00% 7,80
2004/05 970 743 562% 5,10% 7,80
Total tomato Processing tomato Evolution of the Evolution of the Evolution of the price
YEAR production production processed volume processed volume of fresh tomatoes
('000 tonnes) ('000 tonnes) (index 100 in 1978) (in % AMITOM) (US$/100kg farm gate)

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 42


Rapport de Synthèse Septembre 2006
Dans ce secteur de transformation, 38 unités travaillent durant la campagne qui s’étend en général
de début juillet à fin août, avec un palier d’une vingtaine de jours à partir de la mi-juillet. La
capacité journalière totale installée en Tunisie est de l’ordre de 30 000 tonnes.
Le Groupement des Industriels de Conserves Alimentaires (GICA)
Le GICA est un groupement interprofessionnel d’intérêt économique public, chargé de représenter
la Tunisie au sein de l’AMITOM. Créé en juillet 1965, ce groupement fédère l’ensemble de la
profession des conserveries alimentaires : producteurs, industriels et exportateurs.

Le GICA est notamment chargé des missions et tâches suivantes :


contribuer à lier entre elles les différentes phases par lesquelles transitent les produits ;
assister les professionnels dans l’intégration de l’évolution scientifique et technique dans
leurs exploitations et entreprises, afin d’augmenter, améliorer et diversifier la production ;
contribuer, en collaboration avec les organismes concernés, à l’amélioration de la qualité et
à la promotion de la transformation, du conditionnement et de l’exportation ;
faciliter la concertation entre l’administration et les professionnels exerçant dans les
secteurs concernés, afin d’œuvrer en commun pour remplir les missions et atteindre les
objectifs assignés ;
réaliser des études stratégiques dans le secteur des conserves de fruits, légumes et
poissons.

Un équilibre exemplaire mais fragile


Malgré sa petite taille et sa population de seulement 9,5 millions d’habitants, la Tunisie peut être
fière d’être le premier pays transformateur de tomate du continent africain avec environ 600 000
tonnes par an et le premier pays consommateur de concentré de tomate par habitant au monde.
L’industrie de transformation de la tomate tunisienne est unique car elle est exclusivement basée
sur un seul produit : le concentré 28/30 en boîte métallique essentiellement destiné à couvrir les
demandes du marché intérieur. Moderne, très bien organisée, et forte du soutien gouvernemental
qui y voit une industrie stratégique, elle souffre néanmoins de sa dépendance en une production
agricole fragmentée et de coûts de production élevés et est consciente des challenges majeurs qui
l’attendent pour l’avenir avec la perspective d’ouverture de ses frontières à la concurrence
étrangère.

La production
La production de tomates est assurée par une population d’environ 10 000 agriculteurs pour une
surface plantée de 18 500 hectares en 2004. En 2004 la production totale de tomate est de 950
000 tonnes environ, dont 730 000 tonnes transformées. Sur le plan national, 93% des exploitations
sont inférieures à 3 hectares, mais l’on note des variations régionales, qui sont en train de
s’accentuer.

La région du Cap Bon est la région historique de production de cultures maraîchères en Tunisie et
reste à ce jour le jardin de la Tunisie. C’est dans cette région que les premières usines de
transformation de tomate ont naturellement été implantées et elle produit encore plus de la moitié
des tomates transformées dans le pays. En juillet, on y assiste à un ballet incessant de divers
moyens de transport chargés de tomates, avec de longues files d’attentes à l’extérieur des usines.
En 2004, environ 7 800 producteurs y ont cultivé 10 050 hectares de tomates. La structure des
exploitations agricoles y reste fortement éclatée, avec un grand nombre d’exploitations familiales
de petite taille : dans cette région, 50% des superficies cultivées en tomates sont inférieures à un
hectare. Les revenus de l’exploitation d’un hectare ou deux font vivre une famille entière à l’année,
avec d’autres cultures maraîchères (salades) notamment succédant à la tomate. Le prix fixe de
paiement des tomates pour l’industrie de 95 dinars (62 euros) bord champ, est fixé d’un commun
accord entre les producteurs et les transformateurs. Si ces agriculteurs ont une grande expérience
de la culture de tomates, les techniques culturales ne sont pas toujours bien maîtrisées (apports
inadéquats de fertilisants) et une absence de rotation de cultures qui entraîne une fatigue des sols
et une grande incidence de maladies. La filière anticipe une réduction de la production de tomates
dans cette région dans les années à venir, avec une migration d’une partie des cultures vers les
autres zones de production avec des surfaces plus importantes. Les autres régions de production

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 43


Rapport de Synthèse Septembre 2006
sont la région de Sidi Bouzid au centre du pays, avec 13% de la production, la région de Béja au
nord-ouest (12%) et l’Ariana (8%).
La production dans le centre du pays se développe notamment dans la région de Kairouan sur des
terres vierges pour la culture de tomates, dans une région céréalière avec de grandes surfaces
irriguées. Dans cette région, des agriculteurs possédant des surfaces importantes travaillent en
close coordination avec certains industriels. La Générale Alimentaire, basée à Kairouan, emploie
un ingénieur agronome chargé des relations avec les producteurs afin de les assister dans le choix
des variétés, les dates de plantations et la coordination de la récolte.

Dans le nord du pays, on assiste également au développement de la production sur de grandes


surfaces. Ainsi, dans la région de Béja, l’exploitation agricole SEDAN (Société d’Exploitation et de
Développement Agricole du Nord), créée en 1994 par le rachat par LE GROUPE BAYAHI d’un
millier d’hectares d’anciennes terres domaniales, a cultivé cette année 65 hectares de tomates
destinées à l’industrie. Les rendements agricoles, sur cette exploitation, sont passés de 30 à 35
tonnes/ha sur les 20 hectares exploités il y a dix ans à 85 tonnes/hectare sur les 65 hectares
plantés en 2004, par l’installation de l’irrigation par goutte-à-goutte, l’utilisation d’hybrides (dont
80% de variétés Heinz) et des méthodes strictes de gestion des cultures. L’exploitation envisage
d’augmenter les surfaces pour passer à 100 hectares d’ici 2006 et envisage la mécanisation de la
récolte, avec l’achat probable d’une première machine en 2005.

La grande majorité des surfaces dans les différentes régions (17 000 hectares) est irriguée en
goutte-à-goutte suite à une politique gouvernementale de réduction des dépenses en eau qui a été
initiée en 1995 dans la région du Cap Bon. Cette mutation a contribué à l’amélioration de la qualité
de la production et des rendements qui sont passés d’une moyenne de 26 tonnes/hectare en 1995
à 45 tonnes/ha en 2004. Dans le pays, la récolte est encore à 100% manuelle du fait du
fractionnement des surfaces et de l’utilisation de main d’œuvre familiale, mais quelques grandes
exploitations envisagent la mécanisation de la récolte.

La programmation de la culture au niveau national fait l’objet de concertation entre la profession et


les ministères de tutelle. Comme il y a rarement des contrats écrits entre les transformateurs et les
producteurs, les surfaces plantées dépendent aussi de la volonté des agriculteurs qui peuvent être
influencés par les soutiens financiers ou en nature accordés par les transformateurs. La collecte
auprès de petits agriculteurs est assuré par des centres chargés de livrer la tomate aux usines :
environ la moitié de la récolte transite actuellement par ces centres. Le gouvernement encourage
actuellement le développement de ces centres en groupements de producteurs organisés qui
permettraient de mieux planifier les livraisons aux usines et jouer un rôle de conseil auprès des
agriculteurs.
D’autre part, la mise en place de système d’agréage, quasiment inexistant pour l’instant, sauf dans
quelques usines, est l’une des cibles de l’industrie, avec la mise en place de contrats de
production qui permettront à l’industrie de mieux maîtriser les entrées en usines.

L’industrie
L’industrie de transformation de la tomate en Tunisie est encore largement atomisée avec 34
usines qui sont pour l’essentiel des entreprises privées familiales et quelques coopératives
agricoles. Elles sont majoritairement spécialisées dans la transformation de tomate mais beaucoup
ont également une activité annexe de fabrication de harissa et quelques unités produisent des
conserves de fruits et des confitures.
La capacité théorique de transformation totale est de l’ordre de 32 000 tonnes de tomates fraîches
par jour. Parmi les usines, 6 ont une capacité inférieure à 500 t/jour, 16 une capacité comprise
entre 500 et 1000 tonnes/jour. Mais les 12 unités qui ont une capacité supérieure à 1000
tonnes/jour représentent à elles seules 67% de la capacité globale fonctionnelle. La capacité de
transformation est sous exploitée avec sur les 7 dernières années un taux moyen d’exploitation de
67% sur une période de pointe de 24 jours. Sur toute la campagne de transformation (70 jours), le
taux moyen d’exploitation est de 30% seulement. Cette inefficacité liée à la concentration de la
production sur une courte période et à des problèmes d’organisation au sein des usines pèse sur
la profitabilité des entreprises. Les industriels investissent dans la modernisation des
équipements, dans l’augmentation de la capacité de transformation (8 600 t/j supplémentaires

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 44


Rapport de Synthèse Septembre 2006
entre 1999 et 2001) car les entreprises ont misé sur le potentiel d’exportation vers les pays
limitrophes. Le gouvernement a initié un programme de remise à niveau dont plus de la moitié des
entreprises a déjà bénéficié. Si les usines que nous avons visitées étaient pour l’essentiel
modernes et bien équipées, dans la région du Cap Bon se retrouvent les plus petites et anciennes
unités familiales de transformation qui n’ont pas été modernisées et ne sont pas, pour la plupart,
rentables : il est vraisemblable que plusieurs des 17 usines de la région sont amenées à
disparaître dans les prochaines années et que l’on assistera dans les années à venir à une
concentration de l’industrie.
L’industrie tunisienne fabrique essentiellement un seul produit : le concentré cold break 28/30 en
boîte métallique destiné à la vente sur le marché intérieur. Une poignée d’entreprises sont
équipées pour le conditionnement aseptique du concentré de tomates mais n’utilisent que peu ces
équipements : en effet, les coûts de production rendent l’exportation en vrac inintéressante en
termes de rentabilité.
Le GICA (Groupement des Industriels de Conserves Alimentaires), organisme qui fédère
l’ensemble des professionnels impliqués dans le secteur des conserves alimentaires - producteurs,
par l’intermédiaire de l’UTAP, transformateurs, par l’intermédiaire de l’UTICA - suit la campagne de
façon quotidienne par des enquêtes et réalise des analyses de la production de chaque usine qui
viennent compléter les analyses internes. Cet organisme a un rôle majeur dans l’organisation de
l’industrie et tous ses contacts avec l’administration.

Les marchés
Le concentré de tomate en boîte représente la quasi totalité des ventes de dérivés de la tomate en
Tunisie, le marché pour les sauces préparées et les conserves étant quasiment inexistant. Le
concentré de tomates est un produit de base du panier de la ménagère et utilisé quotidiennement
dans une grande variétés de préparations : par tête d’habitant, la Tunisie est probablement le
premier pays consommateur de concentré de tomates au monde, avec 60 à 70 kg en équivalent
tomates fraîches par habitant et par an. L’essentiel des ventes sont réalisées dans le commerce
de détail traditionnel, mais on note l’implantation de quelques hypermarchés (comme un
hypermarché Carrefour à Tunis) qui pourraient changer les modes de consommation dans les
années à venir. Le prix de vente du concentré est fixé par l’état, ce qui laisse aux transformateurs
peu de marge de manœuvre pour se différencier des concurrents, mais les marques ont une
image forte et les consommateurs sont souvent fidèles à une marque.
L’industrie de transformation exporte chaque année un volume variable, essentiellement en boîtes
métalliques compte tenu des résultats de la campagne. Les exportations sont réalisées
principalement vers les pays limitrophes (la Libye, pays voisin qui a un type de consommation
similaire à la Tunisie) et la France, qui a des attaches historiques avec la Tunisie et une population
émigrée importante qui reste fidèle aux produits du pays. L’Union Européenne a accordé à la
Tunisie un quota d’importation de concentré libre de droits : sur les 3 250 tonnes, seulement 512
tonnes du quota ont été utilisées en 2003 (quota de 3 625 tonnes en 2004).

L’avenir
Actuellement, le marché tunisien est protégé par des droits de douanes de 100% sur les produits
entrants, ce qui rend les importations de concentré non compétitives, bien que le coût de la
production locale reste élevé. L’industrie se prépare néanmoins à une libéralisation des échanges
qui est inéluctable dans le cadre des négociations de l’OMC par un programme national de mise à
niveau des usines, avec des financements gouvernementaux pour la certification ISO et HACCP et
des investissements en équipement. L’industrie mise également sur une réduction des coûts de
revient par un étalement de la campagne. Les équipements ne sont utilisés à pleine capacité que
sur une période de 20 à 25 jours. Cet étalement pourrait se faire par un choix variétal, une
meilleure programmation des cultures et le choix des régions de production. C’est l’un des axes
privilégiés par le plan de développement. L’avenir de l’industrie passera probablement, comme
dans les autres pays, par une réduction du nombre d’opérateurs tant au niveau industriel qu’au
niveau agricole, (fermeture des petites unités qui ne peuvent bénéficier d’économie d’échelle et
évolution de la culture de tomates vers des exploitations spécialisées avec de plus grandes
surfaces). Si l’avenir reste incertain pour la filière, l’organisation actuelle de la filière et le support
gouvernemental dont elle bénéficie permet un équilibre de l’industrie tunisienne que beaucoup
dans le monde peuvent envier.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 45


Rapport de Synthèse Septembre 2006
La tomate d’industrie en Espagne

L'Espagne représente actuellement 14% des tonnages transformés dans l'AMITOM, avec en
moyenne sur les trois dernières campagnes 2 100 000 tonnes transformées. C'est le pays
européen qui a eu la plus forte progression.
La tomate d'industrie se cultive principalement dans les zones où l'industrie est installée, c'est-à-
dire en Extremadura (terres irriguées par la rivière Guadiana) pour environ deux tiers des
tonnages, dans la Vallée de l'Ebro (Navarra, Rioja et Aragon) pour 20% des tonnages, et pour le
reste dans d'autres zones comme l’Andalousie, Toledo, Murcia et le delta de l’Ebro.

L’Espagne a la campagne la plus longue de la Méditerranée.


Elle débute mi-juillet et elle se termine fin octobre - début
novembre.
Les caractéristiques de chacune des deux grandes régions sont
les suivantes :

1 - Extremadura : deux tiers des tonnages totaux. Sols limoneux


plus ou moins sableux. Peu de risques de gelées au moment
des plantations. Températures élevées en juillet avec risque de
coulure. Cette zone a connu dans les années 1992 à 1995 une
très forte sécheresse, malgré ses 8 000 hm3 de capacité de
réserve hydrique, qui s'est terminée pendant l'hiver 1995/96
avec des pluies très abondantes qui ont reconstitué les réserves
à un niveau encore jamais atteint. Depuis le printemps 1997, les
réserves se maintiennent autour de 5 à 7 000 hm3
En ce qui concerne la structure parcellaire agricole, la tomate était une culture de type familial où
prédominaient les unités de petite taille. Cependant, l'évolution vers de plus grandes surfaces
continue avec l'implantation très rapide de la mécanisation.

Les producteurs sont réunis en coopératives de production qui signent les contrats avec l'industrie
et dont certains fournissent des services (plants, récolte mécanique). Les deux plus importantes
sont ACOREX et ACOPAEX qui représentent 50% des tonnages.
Le semis direct était assez répandu, mais le repiquage en mini mottes progresse. L'irrigation est
surtout réalisée par gravité à la raie, par aspersion et pivots, et l'irrigation au goutte à goutte
continue à de développer.

La récolte débute à la mi-juillet. Environ 90% de la récolte est effectuée à la machine, tractée ou
automotrice. Soit les producteurs possèdent leur propre machine à récolter, mais ce cas est très
minoritaire, soit ils font appel, dans la majorité des cas, à des entreprises de récolte privées ou
coopératives. La plus ancienne de ces entreprises a été créée par les industriels de
transformation, puis deux pépiniéristes importants ont créé deux nouvelles entreprises de services
agricoles qui exécutent tous les travaux depuis le repiquage jusqu'à la récolte mécanique. L'achat
des machines est subventionné par la Région. Le transport des tomates du champ à l'usine se fait
en vrac dans des camions bennes. Les rendements moyens se situent à 60 t/ha, mais il existe
dans certaines zones sur des terres neuves des rendements exceptionnels de 80/120 t/ha.
On doit signaler, au Sud de l'Extremadura, une nouvelle zone de production qui s'est développée
au début des années 1990 en Andalousie, autour de Lebrija, près de Sevilla. Les producteurs sont
organisés au sein d’une coopérative qui a développé l'irrigation en goutte à goutte ; les
rendements agricoles dépassent 80 à 90 tonnes par hectare. Les sécheresses des dernières
années de la décennie 90 ont eu un effet négatif très fort sur le fonctionnement de cette
coopérative, mais plusieurs projets de nouvelles coopératives sont en cours dans cette région.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 46


Rapport de Synthèse Septembre 2006
2 - La Vallée de l'Ebro : 20% des tonnages
Les sols sont limoneux et le climat entraîne un retard par rapport à l'Extremadura. Il y a des
risques de gelées tardives au printemps et l'automne peut être pluvieux. La récolte débute pendant
la seconde semaine d'août, mais si l'automne est sec elle peut se poursuivre jusqu'à fin octobre.
Les exploitations agricoles de la vallée sont de type familial et produisent 40% de tomates pour
peler. Le repiquage des plants en mini mottes est généralisé. L'irrigation se pratique par gravité, à
la raie. La récolte mécanique se développe de plus en plus. Les rendements dépassent 60 tonnes
par hectare.
Les entreprises de transformation sont spécialisées dans la fabrication de tomates pelées entières,
mais c’est dans cette zone que sont implantés Heinz et IAN spécialisées dans la production de
« tomato frito ».

Il existe plus de 120 firmes qui transforment la tomate. Parmi elles, 9 usines de grande taille
localisées en Extremadura qui fabriquent principalement du concentré et de la poudre. Elles
représentent 45 % de la production totale et 90 % de la production de concentré. Les usines qui
fabriquent du concentré de tomate pendant la saison font en général des produits de deuxième
transformation pendant l’intersaison (sauces, ketchup, tomato frito, etc.) avec leur propre
concentré.
Actuellement, des 150 000 t de concentré 28/30% qui se fabriquent chaque année en Espagne, la
moitié est consommée sur le marché intérieur sous forme de produits de deuxième transformation
et autres usages. Le reste est exporté, dont 70 % sous forme de poudre de tomate.

Production totale Production de Evolution du Evolution du Evolution du prix


ANNEE de tomates tomates transformées volume transformé volume transformé des tomates fraiches
(1000 tonnes) (1000 tonnes) (index 100 en 1978) (en % AMITOM) (US$/100kg bord champ)
1978/79 2 223 586 100% 10,60% 5,21
1979/80 2 204 553 94% 8,00% 6,74
1980/81 2 173 541 92% 8,00% 6,33
1981/82 2 159 568 97% 8,60% 5,1
1982/83 2 257 585 100% 8,80% 4,53
1983/84 2 258 654 112% 8,00% 3,86
1984/85 2 511 743 127% 7,00% 3,78
1985/86 2 429 746 127% 8,50% 4
1986/87 2 400 473 81% 7,80% 5,27
1987/88 2 447 573 98% 9,10% 6,59
1988/89 2 581 679 116% 9,70% 7,32
1989/90 2 964 818 140% 9,00% 7,39
1990/91 3 160 1 022 174% 11,60% 10,08
1991/92 2 665 845 144% 10,30% 10,06
1992/93 2 647 790 135% 10,80% 12,25
1993/94 2 806 961 164% 12,70% 9,36
1994/95 3 066 1 279 218% 14,40% 10,04
1995/96 2 705 916 156% 9,70% 12,84
1996/97 2 780 1 183 202% 11,30% 12,4
1997/98 2 950 990 169% 11,60% 10,4
1998/99 3 548 1 182 202% 10,80% 10,23
99/2000 3 570 1 510 258% 12,30% 9,16
2000/01 3 597 1 318 225% 11,94% 8,4
2001/02 3 881 1 463 249% 14,26% 7,6
2002/03 3 979 1 588 271% 14,74% 8,25
2003/04 3 848 1 746 298% 14,18% 9,85
2004/05 4 366 2 200 375% 15,22% 11,55
Total tomato Processing tomato Evolution of the Evolution of the Evolution of the price
YEAR production production processed volume processed volume of fresh tomatoes
('000 tonnes) ('000 tonnes) (index 100 in 1978) (in % AMITOM) (US$/100kg farm gate)

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 47


Rapport de Synthèse Septembre 2006
La transformation de la tomate en
Turquie
La Turquie représente 15 % des tonnages transformés au sein de l’AMITOM, avec une moyenne
de 1 562 000 tonnes sur les trois dernières années.

Depuis la création de l’AMITOM en 1978/79, le tonnage transformé a été quasiment multiplié par
quatre. Les variations d’une année sur l’autre sont cependant très importantes, avec un minimum
de 950 000 tonnes et un maximum de 1 800 000 tonnes sur les trois dernières années.
Avec l’Espagne et la Tunisie, la Turquie est l’un des pays méditerranéens où la production a le
plus augmenté. En 2001, le volume de tomate fraîches destinées à l’industrie a été de 950 000
tonnes (en baisse de 27 % par rapport aux chiffres de 2000), pour une production de 160 000
tonnes de concentré, de 35 000 tonnes de tomates pelées et cubetées et 3 000 tonnes de tomates
séchées au soleil.

Les cultures de tomates et les sites de transformation sont essentiellement situés dans la région
de Bursa, sur la côte de Marmara, ainsi que dans les régions de Balikesir et Izmir, le long des
côtes nord de la mer Egée. Quelques petites sociétés sont également installées près de la Mer
Noire, ainsi que dans la partie européenne du pays et en Anatolie centrale.

Au total, une quarantaine de compagnies exploitent 55 sites de production. La première usine TAT
a été installée en 1968 dans la région de Bursa, avec l’assistance de Heinz et en partenariat avec
Migros Suisse. A cette époque, TAT a été le premier producteur industriel de concentré de tomate
en Turquie. La filière s’est considérablement développée depuis, en particulier grâce aux mesures
gouvernementales d’incitations dans les années 70, qui ont permis d’atteindre rapidement la
capacité de transformation de 270 000 tonnes de concentré.

La production de tomate d'industrie est faite dans de


petites exploitations à main d'œuvre essentiellement
familiale. Environ 80% de la production fait l'objet de
contrats entre les usines et les agriculteurs avant
les plantations. Pour ces tomates sous contrat, les
graines de tomates sont fournies par les usines, ce
qui explique que 35% des variétés utilisées sont des
hybrides choisis parce qu'ils donnent des tomates
avec un fort extrait sec ; les usines apportent
également une assistance technique, fournissent
les engrais et éventuellement des produits de traitements si des maladies se déclarent. Les
pépinières sont réalisées par chaque agriculteur qui sème vers la mi-mars. Après la fin du risque
de gelées, vers la fin avril, les plants sont repiqués dans les champs, racines nues. La distribution
de plants mini mottes aux producteurs sous contrats s’est toutefois développée très rapidement
depuis trois ou quatre ans, sous l’impulsion des grandes sociétés.

La récolte est relativement tardive pour un certain nombre de transformateurs, avec un démarrage
autour du 5/10 août. En revanche, pour les grandes compagnies qui utilisent des variétés très
précoces, la campagne peut débuter dés fin juillet et se terminer fin octobre, voire, certaines
années, dans les premières semaines de novembre. La récolte est encore manuelle avec jusqu'à
4 passages dans un même champ. Le premier passage est fait lorsque la moitié des tomates sont
mûres. Pour leur part, les grandes sociétés se sont lancées dans la récolte mécanique, qui devrait
se développer dans l’avenir.

L’irrigation est, dans la majeure partie des cultures, de type gravitaire. Dans certaines régions, en
particulier celles dont l’accès aux ressources hydriques est limité, l’irrigation se fait par aspersion.
Enfin, l’utilisation de l’irrigation en goutte à goutte s’est fortement répandue récemment.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 48


Rapport de Synthèse Septembre 2006
L'équipement des usines est moderne et performant ; de très fortes capacités journalières
permettent d'absorber les pointes de production. La capacité de transformation est estimée à plus
de 500 000 tonnes de concentré, avec 60 jours de campagne et un travail des usines 24h/24h.
Dans la pratique, la Turquie a un potentiel réel de l'ordre de 375 000 tonnes de concentré et
seules 7 ou 8 entreprises ont la capacité de produire des concentrés pour l'exportation aux normes
des pays européens. Du fait de la brièveté de la campagne et des aléas climatiques, ces
entreprises ont un outil industriel puissant et elles ont des capacités journalières de traitement
supérieures à 3 000 tonnes de tomates fraîches. Elle sont regroupées au sein du Bureau des
dérivés de la tomate (TPB) et représentent environ 70% de la production de la Turquie.

Depuis le début des années 1990 on a assisté a une restructuration profonde de l’industrie, avec
notamment le démembrement des principales sociétés turques, qui ont dû se séparer d’une large
partie de leur potentiel de production, repris par des petits opérateurs locaux. De nouvelles usines
ont été construites, augmentant ainsi le potentiel de transformation de la Turquie. Cependant, en
raison de la crise économique à laquelle la filière a du faire face en 2001, de nombreuses usines
ont changé de propriétaires ou cessé leur activité. Beaucoup d’autres sites pourraient ne pas
produire en 2002.

La Turquie a une vocation exportatrice pour les produits de qualité, notamment vers le Japon (31
000 tonnes en 2000/01) et vers l’Europe (43 000 tonnes en 1998/99). Ces derniers chiffres sont
cependant loin de refléter la réelle capacité, dans la mesure où les exportations à destination des
pays de l’Union Européenne ont fortement chuté ces dernières années en raison de la non
application de l’exemption de droits sur les contingents turcs. Les échanges devraient néanmoins
reprendre en 2002, suite aux récentes négociations entre la Turquie et la Commission Européenne
de l’Agriculture. La Turquie possède également de larges débouchés pour les marchandises de
qualité standard produites en grande quantités en fin de saison : c’est le cas pour le marché
intérieur turc (estimé à 100 000 tonnes de concentré environ), mais aussi pour les pays arabes,
ainsi que pour la Russie et l’Ukraine.

L’Association des Producteurs et Exportateurs de concentré de tomate SIID


L’Association des Producteurs et Exportateurs de concentré de tomate a rejoint l’AMITOM en
1980. Les missions que l’organisation assume peuvent être classées en trois groupes, dont les
bases sont présentées ici :
communication avec l’Etat pour le compte de ses membres, afin de développer et
consolider leurs droits et le secteur dans lequel ils interviennent, organisation de rencontres
internes de coopération,
développer et superviser l’exécution de projets de recherche agricole, en liaison avec
différentes universités,
promouvoir des contacts mondiaux pour l’ouverture sur les marchés internationaux et avec
l’AMITOM pour la collaboration avec les pays européens.

Fin 2001, l’Association comptait 32 membres représentant 17 compagnies.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 49


Rapport de Synthèse Septembre 2006
Production totale Production de Evolution du Evolution du Evolution du prix
ANNEE de tomates tomates transformées volume transformé volume transformé des tomates fraiches
(1000 tonnes) (1000 tonnes) (index 100 en 1978) (en % AMITOM) (US$/100kg bord champ)
1978/79 3 300 450 100% 8,10% 2,8
1979/80 3 500 550 122% 8,00%
1980/81 3 500 600 133% 8,90%
1981/82 3 600 700 156% 10,60%
1982/83 3 700 800 178% 12,00% 3,52
1983/84 3 700 900 200% 11,00% 2,93
1984/85 4 000 1 000 222% 9,40% 2,73
1985/86 4 900 1 100 244% 12,60% 2,87
1986/87 5 000 700 156% 11,60% 2,97
1987/88 5 000 760 169% 12,10% 2,83
1988/89 5 250 1 050 233% 15,00% 3,67
1989/90 5 750 1 500 333% 16,50% 4,38
1990/91 6 000 1 280 284% 14,50% 6,15
1991/92 6 200 1 110 247% 13,60% 5,16
1992/93 6 450 1 115 248% 15,30% 5
1993/94 6 150 832 185% 11,00% 5,75
1994/95 6 300 1 100 244% 12,40% 6,7
1995/96 7 150 1 920 427% 20,30% 6,99
1996/97 7 300 1 775 394% 16,80% 5,55
1997/98 6 600 1 145 254% 13,40% 9,05
1998/99 8 290 1 790 398% 16,30% 6,51
99/2000 8 956 1 750 389% 14,20% 6,26
2000/01 8 890 1 300 289% 11,80% 5,85
2001/02 8 425 950 211% 10,00% 3,4 to 5,0
2002/03 9 450 1 500 333% 14,28% 4,85
2003/04 9 820 2 000 444% 16,25% 7,14
2004/05 8 000 1 750 389% 12,10% 6,67
Total tomato Processing tomato Evolution of the Evolution of the Evolution of the price
YEAR production production processed volume processed volume of fresh tomatoes
('000 tonnes) ('000 tonnes) (index 100 in 1978) (in % AMITOM) (US$/100kg farm gate)

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 50


Rapport de Synthèse Septembre 2006
La transformation de la tomate en
Chine
Malgré la variabilité des estimations recueillies en cours de campagne et en dépit des informations
faisant état de retard ou de difficultés de récolte (mauvaises conditions climatiques début août
dans le Xinjiang, période pluvieuse prolongée en Mongolie intérieure), il semble que les conditions
de fin de campagne aient été assez favorables pour que la filière chinoise réalise, à l’image des
autres grandes régions mondiales de production, une saison exceptionnelle qui se solde par un
nouveau record de transformation, à 4,2 millions de tonnes métriques.

La ventilation des quantités produites est la suivante : TunHe et Chalkis font pratiquement jeu égal
avec respectivement 220 000 tonnes et 200 000 tonnes de différents concentrés, de même que
Fuyuan (Mongolie intérieure) et Tianye avec 40 000 et 38 000 tonnes. Les autres usines du
Xinjiang ont produit environ 15 000 tonnes de concentrés, tandis que le Gansu et la Mongolie
intérieure produisaient respectivement 30 000 et 27 000 tonnes de concentrés. Sur le total issu de
la campagne 2004 (570 000 tonnes), le triple concentré représente 60 % des tonnages, soit
environ 660 000 tonnes d’équivalent double concentré produit à partir de 4,2 millions de tonnes de
fruits.

Ces volumes représentent un peu plus de 12 % de la production mondiale 2004, et marquent


surtout une augmentation de 50 % sur les quantités transformées en 2003 (2,8 millions de tonnes).

China historical production,


in 1 000 tonnes
1 000 tonnes
5.000

4.000

3.000

2.000

1.000

0
2004
1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003
p
Prod 100 200 250 350 450 600 550 610 480 780 800 1.800 1.000 2.300 2.800 4.200

Seule une adaptation et une évolution rapide des capacités de transformation peuvent expliquer
une telle augmentation : les indications fournies par M. Frank Xu You lors du Congrès Mondial de
Melbourne donnent une image précise de la démarche actuelle de l’industrie chinoise.

Trois grandes tendances se dégagent de son exposé :


L’accroissement des capacités : en 2003, le potentiel de transformation chinoise s’élevait à 76
690 tonnes métriques par jour, soit environ 600 000 tonnes de double concentré sur une
campagne de 45 jours.

En 2004, l’installation de 14 nouvelles lignes (fournies par les équipementiers italiens) a porté la
capacité journalière à 95 000 tonnes de matière première, soit 780 000 tonnes de double
concentré par an. De nouveaux investissements sont prévus pour 2005, pour porter la capacité de
fabrication annuelle à 800 000 tonnes de double concentré, mais également pour développer les

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 51


Rapport de Synthèse Septembre 2006
activités d’emboîtage au plus près des ports d’expédition et pour améliorer les lignes de tomates
pelées et cubetées.
Les deux régions qui se développent le plus rapidement sont la Mongolie intérieure et le
Gansu : près de 60 % des nouvelles installations (19 000 tonnes métriques réalisées au total
en 2004) ont été implantées en Mongolie intérieure. Pour leur part, les deux leaders chinois
Chalkis et TunHe déploieront respectivement trois nouvelles lignes de 1 500 tonnes et deux
nouvelles lignes de 1 200 tonnes dans cette région.

De puissants groupes agroalimentaires chinois se lancent dans la transformation de la tomate,


à l’image de Shandong Jiufa Edible Fungus, un leader chinois de la production de
champignons et d’asperges disposant d’un réseau mondial de vente : cette société vient de
reprendre l'usine de fabrication de concentré de tomate J-Farm située en Mongolie Intérieure.
L’unité, dotée d'équipements modernes d'origine italienne, a une capacité de production
annuelle de 40 000 tonnes, en majeure partie destinée à l'exportation.
La politique fiscale mise en place par le gouvernement (terrains à bas prix, taux bas ou
exemption d’imposition) incitent de nombreux opérateurs du secteur des fruits et des boissons
(Maling-Shanghai, Hui Yuan-Beijing, Nongfu Shanquan-Zhejiang, Zishan-Fujian, Yinlu-Fujian,
Kang Shifu-Tianjin) à prendre pied dans la transformation de la tomate et à investir dans de
grandes campagnes publicitaires pour développer la consommation de ketchup et de jus de
tomate.

Certains transformateurs investissent également dans la production de dérivés destinés au


commerce de détail, ce qui, selon M. Xu You, marque un tournant par rapport aux stratégies des
dernières années : les futurs développements de la filière chinoise pourraient s’appliquer non aux
accroissements de capacités mais bien à l’amélioration de la qualité, et au déploiement des
produits de détails.
Selon le responsable de J-Farm, le différentiel de revenus par hectare (17 000 RMB pour la tomate
d’industrie contre 10 000 RMB pour le blé et le maïs) devrait favoriser la culture de la tomate
d’industrie au niveau agricole et institutionnel, et permettre d’atteindre en 2005 les 5 millions de
tonnes métriques de matière première correspondant aux capacités installées.

Les perspectives de développement envisagées par la filière chinoise obligent cependant à


s’interroger sur les débouchés commerciaux capables d’absorber de tels suppléments de volumes.
Selon le Centre Français du Commerce Extérieur, la présence de plus en plus forte des produits
chinois sur le marché mondial est liée à l'amélioration de leur qualité et au développement de
l'industrie de transformation dans ce pays.

Pour les 9 premiers mois de l'année 2004, les exportations chinoises ont progressé de 24% par
rapport à la même période de 2003 pour atteindre 226 860 tonnes. Les principaux clients de la
Chine sont l'Italie 38 347 tonnes (+6%), la Russie 24 417 tonnes (-29%) et le Japon 23 403 tonnes
(+8%). Le recul des achats de la Russie est lié à la politique de ce pays qui achète un peu partout
et qui a importé des quantités importantes de concentré en provenance de Turquie au début de
l'année 2004. Le 4ème client est la Corée du Sud avec 9 233 tonnes (+30%) devant le Royaume-
Uni (8 976 tonnes, +81%). En ce qui concerne les clients plus « secondaires », il faut aussi
signaler la très forte progression des importations de la Pologne 4 025 tonnes contre 492 tonnes
pour la même période de 2003 et de la France 3 797 tonnes contre 995.

Les estimations du CFCE rejoignent celles de M. Xu You, y compris sur l’évolution à attendre dans
les 5 ou 6 prochaines années. A ce stade, le devenir de la filière chinoise du concentré repose
essentiellement sur le marché international. La majeure partie (220 000 tonnes de concentré
importées chaque année en exemption de droits) est destinée à l’Italie, en particulier aux sites de
reconditionnement qui réexportent les petits boîtages vers l’Afrique et le Moyen Orient. Le second
marché (environ 100 000 tonnes annuelles) est constitué par la Russie et les pays de l’Europe de
l’Est. Les autres pays européens drainent environ 80 000 tonnes par an, tandis que les pays d’Asie
importent 60 000 tonnes et les autres pays environ 10 000 tonnes. Le marché intérieur chinois
absorberait environ 100 000 tonnes de concentré de tomate chaque année.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 52


Rapport de Synthèse Septembre 2006
Un rapport annuel récemment publié par Access Asia montre que le marché des aliments
transformés a doublé en volume au cours des 8 dernières années. La croissance devrait se
poursuivre, corrélativement à l'expansion de l'économie chinoise, prévue pour les prochaines
années. Depuis 1997, les ventes d'aliments en conserve auraient augmenté de près de 60 %, à
33,04 milliards CNY en 2003. Cette évolution a été de 45% en volume sur la même période pour
arriver à 2,2 millions de tonnes en 2003. L’analyse segmentaire du marché révèle que les
conserves de fruits et légumes occupent la première place. Elles représentent 34,5% du total en
valeur, devant les conserves de viande, en raison du grand succès des conserves de tomates. Le
rapport montre enfin qu’aucun opérateur ne détient plus de 5% du marché.
Selon ce rapport, la croissance du secteur des conserves devrait se ralentir, en particulier à cause
du développement des surgelés. La progression se fera en parallèle avec l'apparition de nouveaux
produits, comme les sauces en boîte et les plats cuisinés prêts à consommer. Les aliments en
conserve progresseront en premier lieu au travers des commerces de proximité ou des petits
supermarchés.

Les conclusions du rapport d’Access Asia sont proches de celles de M. Xu You, qui y
apporte quelques précisions concernant le secteur des dérivés de la tomate. Selon lui, le
rythme de développement ou d’implantation de nouvelles unités devrait se ralentir dès
l’année prochaine (voire s’arrêter pendant plusieurs années), en raison notamment des
conditions engendrées par la surproduction de cette année. La hausse des coûts de
production du concentré, liée à ceux de la matière première, de l’énergie et des
emballages, pourrait atteindre 5 à 10 % en Chine et conduire les industriels chinois à
privilégier l’exploitation des capacités existantes sur le développement de nouvelles
usines. Selon l’expert chinois, il pourrait en résulter une diminution des exportations, en
même temps qu’un renforcement de la consommation intérieure.

Chine : des exportations toujours croissantes !

De juillet 2004 à juin 2005, les exportations chinoises de concentré de tomates ont augmenté de
40 %, atteignant 582 000 T contre 416 000 T et 339 000 T au cours des années précédentes.
Cette cinquième hausse consécutive porte à plus de 160 % l’augmentation des tonnages exportés
par rapport à l’exercice 2000/2001. Dans l'ensemble, depuis 1998, les ventes chinoises n’ont
cessé de croître à un rythme surprenant, jusqu’à quadrupler les exportations, servies par une
filière de transformation dont la capacité connaît un rythme de développement également
étonnant. En cinq ans, la Chine est devenue un concurrent plus que sérieux des transformateurs
de tomate européens et américains : à titre d’exemple, les revenus générés par les seules
exportations de concentrés de tomate pour le groupe XPCC (Xinjiang Production & Construction
Corporation), propriétaire de Chalkis et de TianYe ont atteint 133 millions USD en 2004/2005 et
pourraient s’élever cette année à près de 218 millions USD.
China: Exports outline by marketing year (July 1st - June 30th)
700 000 000

600 000 000

500 000 000

400 000 000

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Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 53


Rapport de Synthèse Septembre 2006
Selon le Service d’Information des Statistiques douanières chinoises, le nombre de pays acheteurs
de concentrés chinois est passé de 47 en 1999 à 74 en 2002 et à 139 en 2005. De fait, les
exportations chinoises concurrencent aujourd’hui tout à la fois les pays producteurs sur leurs
territoires nationaux mais également les « domaines » commerciaux de ces pays. La répartition
par zones géographiques des débouchés chinois illustre parfaitement la progression des ventes de
ce pays. Trois régions font plus particulièrement l’objet de l’attention des exportateurs chinois : les
pays européens non membres de l’UE 15, l’Afrique et le Moyen Orient. Les ventes chinoises sur
ces trois pôles ont respectivement augmenté, sur les deux derniers exercices commerciaux, de 52
%, 142 % et 185 %, pour un total en volume qui a doublé, de 139 000 tonnes en 2002/2003 à
280 000 tonnes 2003/2004.
L’élargissement de la clientèle des produits chinois se traduit également par une augmentation
sensible des quantités drainées par les pays d’Océanie et d’Asie, dont les importations sont
passées, sur la même période, de 79 400 tonnes à plus de 101 000 tonnes. Parallèlement, les
importations européennes de concentré chinois ont légèrement reculé, à 184 000 tonnes en
2004/2005 contre 193 000 tonnes l’année précédente.
7 00 00 0 E vo lutio n of C hinese Tom ato paste exp orts, by g eographic area s

6 00 00 0 O the r C ou ntries
M o ye n O rient/M idd le E ast
A m é r. D u S u d/S outh A m e rica
5 00 00 0
A m é r. d u N ord/N orth A m erica
A frique /A frica
4 00 00 0 A utres E U /O th er E U
Total E U 15 /Total E U 15
3 00 00 0

2 00 00 0

1 00 00 0

0
19 99/20 00 20 00/20 01 200 1/200 2 200 2/200 3 2 00 3/2 00 4 2 00 4/2 00 5

La forte production enregistrée en Europe l’an dernier n’est probablement pas étrangère au
phénomène, mais on peut aussi s’interroger sur le développement de canaux directs d’exportation,
de la Chine vers un certain nombre de pays d’Afrique ou du Moyen Orient, servis jusque là par
l’intermédiaire d’opérateurs de reconditionnement européens, basés en particulier en Italie du Sud.
En effet, même si la consommation apparente dans ces régions (en l’état ou par le biais de la
seconde transformation ou des réexportations) augmente régulièrement, les quantités concernées
dépassent de très loin les valeurs habituelles de croissance et la conquête de nouveaux marchés
par l’industrie chinoise s’effectue, dans une logique de concurrence, au détriment d’autres pays à
vocation exportatrice (Italie, Turquie, Chili…). Ainsi, les importations italiennes de concentrés
chinois ont diminué de 12 % de 2003/2004 à 2004/2005 (et de 3 % supplémentaires entre les deux
exercices précédents), tandis que les ventes chinoises à destination du Ghana, de l’Algérie, du
Maroc mais aussi de l’Arabie Saoudite, des Emirats Arabes Unis ou de l’Iran, pour ne citer que les
principaux, augmentaient sensiblement.

Dans le détail par pays, l'Italie reste néanmoins, et de très loin, le principal débouché de la Chine
pour le concentré de tomates. Bien qu’en recul, les importations italiennes ont tout de même atteint
131 000 T en 2004/2005, soit près du quart des ventes chinoises de l’année. Pour mémoire, l’Italie
drainait 45 % des ventes chinoises en 2002/2003 et 36 % en 2003/2004. On remarquera
également que les achats italiens représentent près de 90 % des importations européennes de
concentré.

L'envol des importations russes de concentré de tomates en provenance de la Chine a été plus
spectaculaire encore. Au milieu des années 90, celles-ci ne représentaient que quelques centaines
de tonnes. En 1999/2000, elles culminaient à 2 800 T. Ce chiffre a été multiplié par huit au cours
de l'année suivante, avec plus de 23 000 T, avant d'atteindre 42 300 en 2001/2002, et 61 600 T

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 54


Rapport de Synthèse Septembre 2006
sur le dernier exercice. Il est possible que ces quantités ne soient pas entièrement consommées
sur le marché russe et qu’une partie de ce concentré soit réexporté.
Au troisième rang des pays approvisionnés par la Chine, les importations japonaises, qui
fluctuaient entre 20 000 et 25 000 tonnes annuelles de 1999 à 2003, ont connu une forte hausse,
atteignant près de 37 000 tonnes en 2004/2005.

De la même manière, les Emirats Arabes Unis ont sensiblement accru leurs importations de
concentré en provenance de Chine l’année dernière. Les importations de ce pays qui semblaient
avoir atteint un plafond en 2003/2004, ont pratiquement triplé, avec près de 27 000 tonnes
acquises en 2004/2005. Au chapitre de l’élargissement de la zone d’influence commerciale de la
Chine vers les marchés africains et moyen orientaux, on peut également citer les cas du Ghana,
de l’Iran, et de l’Arabie Saoudite, dont les achats de concentré en provenance de Chine ont connu
des croissances exceptionnelles sur les trois dernières années et ont respectivement dépassé
23 000, 21 000 et 16 000 tonnes en 2004/2005. Pour sa part, l’Algérie a importé près de 14 000
tonnes de concentrés chinois l’année dernière.
70 000
Main customer of Chinese tomato paste exports
60 000 (except Italy)
2001/2002
50 000
2002/2003
40 000 2003/2004
2004/2005
30 000

20 000

10 000

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Au sein de l'UE l'Allemagne est, après l'Italie, le principal client de la Chine pour le concentré de
tomates. Les importations allemandes, après avoir connu des fluctuations à la fin des années 90,
augmentent régulièrement depuis trois ans et ont atteint, comme celles du Royaume Uni, le seuil
des 15 000 tonnes annuelles.

La République de Corée et le Yémen font partie des clients réguliers des entreprises chinoises et
importent chaque année des quantités équivalentes. Les importations de ces deux pays ont subi
une hausse sensible en 2004/2005, et s’élèvent à près de 15 000 tonnes.

La France ne fait pas partie des clients majeurs de la Chine. On notera cependant qu’elle a
importé des volumes de plus en plus importants depuis 2001/2002, jusqu’à atteindre 9 500 tonnes
en 2004/2005.

Enfin, presque tous les pays importateurs mineurs ont été concernés par une hausse. Bien que les
tonnages soient encore relativement bas, un accroissement sensible des importations a été
enregistrée par des pays tels que le Brésil, Cuba, le Bénin, l’Ukraine et la Bulgarie, pour ne citer
que les principaux.

Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 55


Rapport de Synthèse Septembre 2006
Liste des Entreprises de la Filière

ASSOCIATION NATIONALE des CONSERVEURS de TOMATE ACTOM


ENTREPRISES ADHERENTES MARS AVRIL 2005
Wilaya Entreprise
Conserverie SIPA
Conserverie SOUAMAA
Annaba Conserverie SICS
Conserverie G.B.
Conserverie CARSCI
El Tarf Conserverie CAA
Conserverie SACA
Guelma Conserverie CAB
Conserverie IZDIHAR
Skikda Conserverie CBA
Conserverie CAZ
Conserverie SIJICO
Bejaia Conserverie COJEK
Sidi Bel Abbas Conserverie HIMANIA
Alger Conserverie IAAA
Conserverie NCA
Conserverie JUCOB
Blida Conserverie MAGHREB
Conserverie SICAM
Conserverie TRI-STARS
Batna Conserverie N’GAOUS
Relizane Conserverie TELLOISE

Organismes et Institutions Rencontrés


Ce travail n’aurait pu être mené à bien sans la participation des organismes suivants :

Ministère de l’Agriculture Alger


Ministère du Commerce Alger
Ministère de l’Industrie Alger
Ministère de la PME et de l’Artisanat Alger
ACTOM Annaba
ITCMI Staoueli
ONS Alger
CACI Alger
Agence Nationale de la Promotion du Commerce Extérieur Alger
CNIS Alger
Institut National d’Agronomie El Harrach
EMB Alger
BNDA Annaba

L’accueil chaleureux et les entretiens professionnels lors des visites des entreprises :

IZDIHAR * CAB * SOUAMAA * SICAM * SACA * CAZ


Analyse Filière Transformation de la Tomate en Algérie 56
Rapport de Synthèse Septembre 2006

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