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Mention : Droit

Niveau : Master II de Recherche


Parcours : Droit et Gestion de l’Environnement
Nom et prénom: RASOAMANAMBOLA Ranto Andriampenitra
N° d’inscription : 6279

Méthodologie du Droit

Sujet : « Les apports du paradigme de la complexité contextuelle dans une


problématisation d’un objet de réflexion sous influence à la fois d’un paradigme
scientifique et d’un paradigme technique du Droit »

Il parait évident que la vie humaine a besoin d’une orientation pour éclaircir le
chemin comme un touriste portant une cartographie dans un village dont il n’avait pas
encore visité. Cette orientation peut être inchangeable l’exemple le plus courant est le
lever du soleil de l’Est et couché à l’Ouest c’est une vérité absolue, mais elle pourrait
être variable selon le temps et dans l’espace ainsi que les penseurs donc c’est une
vérité relative. Le parcours historique du Droit ne peut pas séparer des orientations qui
se manifestent par le paradigme inventé par les penseurs comme Kelsen, Kuhn qui
sont irréfutables dans la science juridique. Leurs empreintes donnent de pistes pour
le chercheur presque dans tout le domaine et primordialement dans la recherche
juridique. Pourtant Kuhn, ne peut pas deviner à l’avance l’existence de problème
juridique engendré par la montée de la technologie
Quel est alors l’indispensabilité ou l’essentialité du paradigme dans la recherche
juridique ?
Ce qui nous intéresse ici, ne se base seulement à la citation de paradigme de
penseurs, mais la force probante de ce paradigme à la recherche juridique face à un
objet de réflexion délicatesse.
Depuis et toujours, le paradigme est un moyen de la régulation du problème
d’un objet de réflexion complexe dans la science et technique du Droit. Il semble
pertinent de l’analyser pour éclaircir notre sujet.
Etymologiquement, le paradigme vient de mot grec paradeigma ce qui veut dire
modèle, exemple. On peut dire aussi que le paradigme est une présentation du monde,

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une manière de voir les choses un modèle de vision du mode qui repose sur une base
définie comme matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée.
Thomas Kuhn dans son ouvrage intitulé « Structure des révolutions
scientifique » définit le paradigme comme un ensemble d'observations et de faits
avérés, un ensemble de questions en relation avec le sujet qui se posent et doivent
être résolues, des indications méthodologiques « comment ces questions doivent être
posées », comment les résultats de la recherche scientifique doivent être interprétés.
L’exemple Nicolas Copernic, un astronome réputé qui a démontré que la Terre
tourne sur elle-même autour du Soleil qui fait partie d’une recherche scientifique. Ce
qui veut dire que le paradigme est évolutif et interchangeable selon la circonstance.
On parle la matrice disciplinaire comme une caractéristique d’identité à la
différence d’autres disciplines. Pour Michel Develay, la matrice disciplinaire est le
principe d’intelligibilité de la discipline. Exemple, en étudiant la biographie d’une
personne il faut se référer à son état civil.
Dès cette définition, la réflexion ou la recherche doit être en cohérence et
s’attache avec un fondement de la discipline, à un modèle théorique ou bien à un
courant de pensée.
Donc, il est avéré important que l’objet de réflexion ou de recherche se focalise
à un modèle de référence, à une matrice disciplinaire ou bien à un paradigme. Dans
ce sens, il est impérativement nécessaire que la problématisation d’un objet de
réflexion et le paradigme se mettent en causalité pour qu’il n’y ait pas des affirmations
gratuites
La matrice disciplinaire ou le courant de pensée pourrait dire comme un
paradigme scientifique dont son trajet historique s’évolue de temps en temps.
Pour aller plus loin, le paradigme scientifique est marqué par Thomas Kuhn et
Alexandre Koyré dans des diverses révolutions.
Effectivement, la réflexion scientifique subit beaucoup de révolution. Cette
révolution est un changement ontologique, dans lequel se répartit en deux.
Premièrement, l’ontologie formelle consiste à faire la différence entre de ce qui est
possible et de ce qui est impossible. Ici le réel est un cas particulier de possible.
Deuxièmement, l’ontologie matérielle essaie de déterminer a priori ce qui est
nécessaire ou de ce qui est contingent. La révolution scientifique est pointée par
certains auteurs scientifiques comme la révolution copernicienne, galiléenne,
newtonienne, einsteinienne etc. L’exemple à la révolution scientifique est sur le

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mouvement de la terre, pour la science aristotélicienne et ptoléméenne, le mouvement
de la terre est rigoureusement impossible et impensable car si la terre est en
mouvement alors pensent-ils la terre finirait par exploser, mais la révolution
copernicienne a consisté à rendre pensable et qui complètement changé le paradigme
sur le système solaire qu’on a vu jusqu’à présent. Ce qui signifie que si un paradigme
est en échec ça peut produire un nouveau paradigme
Kuhn expliquait qu’un paradigme est, dans un sens large, un « ensemble de
valeurs, de croyances et de techniques communes aux membres d’une communauté
scientifique » et qui constituent leur grille de lecture. Par conséquent, les paradigmes
sont des représentations à la grande force dogmatique qui servent à structurer une
communauté de chercheurs et ils s’avèrent essentiels tant pour la science que pour
l’épistémologie qui s’attache à la science. Dans un sens restreint, un paradigme est
un modèle servant de mode de règlement de certaines problématiques scientifiques.
C’est un cadre de pensée commun à un ensemble de chercheurs et qui « leur fournit
des problèmes et des solutions types ».
On peut trouver un certain ordre fondamental dans la notion et considérer
qu'elle regroupe deux grandes perspectives. Dans un premier sens que l'on pourrait à
la suite de Ost et Van de Kerchove appeler méthodologique, le paradigme est une
«matrice disciplinaire » qui permet d'apporter « les solutions d'énigmes concrètes qui,
employées comme modèles ou exemples, peuvent remplacer les règles explicites en
tant que base de solutions pour les énigmes qui subsistent dans la science normale ».
En d’autres termes, le paradigme est un cadre théorique, une manière de trouver des
solutions parce qu'il est une manière de poser les problèmes
Suivant cette idée, Kuhn parle deux concepts scientifiques lesquels se trouvent
la science normale et la science extraordinaire. Dans la première, lorsque des
scientifiques travaillent et suivent un paradigme sans tenter d’en dépasser les limites,
Kuhn considère qu’ils exercent une science dite normale. Ainsi, cette science « est
fondée sur la présomption que le groupe scientifique sait comment est constitué le
monde ». Exemple avant 1995, les astrophysiciens avaient proposé un modèle
scientifique pour expliquer la formation des planètes en utilisant les observations faites
par des télescopes spatiaux et terrestres. Dans la seconde, la science extraordinaire
s’inscrit dans un paradigme constructiviste puisque c’est la phase qui représente le «
changement » : l’évolution d’un paradigme à un autre a lieu durant une période
considéré par Kuhn comme des périodes de crises de la science, la science

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extraordinaire. Exemple le paradigme aristotélicien sur le mouvement de la terre
changé par le paradigme copernicien.
L'utilisation de la notion de paradigme dans la recherche juridique, sert ici à
cerner l'accord général sur la manière de poser et de résoudre les problèmes dans le
domaine du droit.
Or que la recherche juridique est l’ensemble des travaux menés
méthodiquement par les spécialistes du droit afin de faire progresser la connaissance
du droit, l’ensemble des études et des activités scientifiques et intellectuelles portant
sur les normes, les institutions, les comportements et les opinions juridiques et visant
à approfondir le savoir juridique. Cela ne peut pas être facile, mais elle pourra
rencontrer de problème complexe pourtant l’existence de paradigme du Droit peut
exaucer l’incertitude juridique plus rationnellement.
La problématique de complexité s’attache toujours à la recherche juridique avec
le paradigme scientifique et technique du Droit.
Cette complexité dans la recherche juridique se présente sur des idées
compétitives à l’interprétation risquent des contradictions, à la superposition du droit
interne à celui du droit international et communautaire, à la variété normative requise
pour rendre compte d’un monde complexe, à l’imprévisibilité des effets des normes.
Or qu’en Droit la complexité des règles a été qualifiée d’atteinte au principe de la «
sécurité juridique » et cette insécurité pourrait causer l’instabilité sociale, économique.
D’abord, l’idée entre l’interprétation des textes juridiques et la matrice
disciplinaire crédible à suivre. L’idée, d’une part de l’interprétation, avance la recherche
juridique dans la référence paradigmatique éclairante, d’autre part un modèle de
pensée, cela donne la piste à la recherche juridique vers le paradigme avéré.
On peut parler que la complexité d’une réflexion et le paradigme à recherche
juridique se coïncident sur l’explication, la discussion, la résolution. Et il peut y avoir
aussi que la complexité devienne un paradigme ou vice versa.
Le modèle de pensée et matrice disciplinaire ouvrants le concept juridique à de
nouvelles formes de normativité  à l’étude juridique, pourtant, ils peuvent donner aussi
la sécurité juridique tend vers la justice équitable.
La recherche juridique a de jonction du raisonnement avec le sujet en cause
pour arriver à la sécurité juridique.
Ensuite, les idées controversées nous mènent à repenser la crédibilité de
paradigme à la recherche juridique. Dans ce cas, en tant que bouche du Droit, les

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juristes doivent être prises sans dépourvu la rationalité d’étude ou de décision
« conformité » et « proportionnalité »par rapport à la pensée juridique afin d’éviter
l’insécurité juridique.
Comment se crédibiliser alors la rationalité d’une résolution de complexité d’une
réflexion dans la recherche juridique ?
On peut imaginer comme suit : la résolution crédible doit se conformer avec le
paradigme imposé par la communauté, et dans le cas où le paradigme imposé voue à
l’échec, la résolution crédible peut créer un nouveau paradigme.
Puis, le paradigme existant ne peut pas être toujours compatible à la réflexion
juridique en cause. Exemple courant le problème actuel relatif à l’intelligence
artificielle.
Le paradigme pourrait varier selon les temps et selon les lieux, les logiques
varient, parfois à chaque diamètre d’espace. C’est la relativité du paradigme.
Descartes est le meilleur exemple du fait qu’il est possible de douter des paradigmes
dominants et de pressentir en même temps qu’encourager ceux qui, demain, sera les
nouveaux paradigmes dominants. Cela mène parfois également à la contradiction due
à la superposition et à l’inflation normative.
Pourtant, comment va éviter la persistance de complexité à la recherche
juridique ? Comment va résoudre aussi les anomalies dues à l’échec du paradigme ?
Comment protéger contre l’excessivité à l’utilisation de paradigme ?
Par conséquent, le Droit nous offre la piste de possibilité car nul doute que,
premièrement le paradigme est nombreux à structurer et à orienter la recherche
juridique. Il est susceptible d’évoluer rapidement et radicalement c’est dire que la
recherche s’enrichit depuis toujours et garant pour la justice. Deuxièmement,
La question est de savoir si le Droit pourra servir de solution à la complexité
d’une réflexion, s’il authentifie les fruits de cette réflexion..
De plus, le Droit positif applicable accorde la possibilité de création de
paradigme comme le Dina d’une communauté accordé par le tribunal (Cf. Loi 2001-
004/ Dina Convention collective de Fokonolona), la législation par le parlement (Cf.
Constitution 2010/ le parlement fait la loi) et l’interprétation par le juge (Cf. :
Ordonnance 62.041 /déni de justice ; code civil)
A partir du paradigme, il y a des idées entre législateur (Parlement,
Communauté de Dina), le chercheur, le juge et la crédibilité.

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Primo ; la réflexion amènera sur la crédibilité de paradigme en Droit puisqu’il est
évolutif et révolutif mais en plus être sous l’idée entre à rechercher à observer et/ou
influencer les « révolutions scientifiques » propres à la sphère juridique en sachant
que l’objet de réflexion peut aller à l’opposition de la réalité à la fiction, de la théorie et
la pratique, entre crédibilité et véracité, entre la légalité et la légitimité.
Secundo, la réflexion sur le paradigme doit être conforme aux normes juridiques
(Constitution, lois et règlements…) qui dirigent la sphère juridique en cause de remplir
l’exigence de l’Etat de Droit.
D’après plusieurs carrefours d’idées ci-dessus, on peut projeter l’élucidation
suivante:
I.- La crédibilité du paradigme utilisé au sein de la sphère juridique
II.- La légalité du paradigme utilisé par rapport à l’exigence d’Etat de Droit

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I.- La crédibilité de paradigme utilisé au sein de la sphère juridique

A.- Naissance justifiée scientifiquement

Scientifiquement parlant le paradigme se justifie avec la notion de la


révolution scientifique de Thomas Kuhn, par la distinction qu’il propose entre des
périodes normales et des périodes « anomales » qui présentent de défaut, «
anormales », ou encore « extraordinaires » de la science. Notre réflexion montre
l’importance de deux énoncés fondamentaux pour comprendre la réflexion de Kuhn.
Tout d’abord une théorie scientifique n’a pas véritablement de structure au sens de
Ernst Nagel (1961), car elle constitue plutôt ce qu’il nomme : « une matrice disciplinaire
». Ensuite, nous proposons d’affirmer que s’il y a bien une « structure » des révolutions
scientifiques, cela n’indique en rien que celles-ci sont nécessaires au sens logique,
mais plutôt que l’on ne peut que rétrospectivement trouver des « raisons » qui justifient
leur émergence. Et le critère épistémique susceptible de valider l’analyse qui rend
compte de la présence de ces raisons ne peut donc être, ni la dérivation logique, ni la
falsifiabilité.

Exemple : Pour le géocentrisme Aristote et Ptolémée la Terre est fixe au


centre de l’Univers et le Soleil tourne autour « anomales » ; pour
héliocentrisme, la Terre tourne autour du Soleil en un an et sur
elle-même « normales ».

Dans un sens, le paradigme est « un ensemble de croyances, de valeurs


reconnues et de techniques qui sont communes aux membres d’un groupe donné »
(Kuhn, 1969). Un paradigme n’est donc pas simplement un ensemble de règles, une
théorie. C’est bien une sorte de « forme de vie ». Et cet ensemble repose sur des
croyances, c’est-à-dire sur des attitudes propositionnelles auxquelles on ne peut pas
attribuer directement de valeur de vérité. Enfin ces croyances ne sont pas simplement
individuelles. Elles forment une sorte de milieu culturel, un monde ambiant propre à
une certaine catégorie de personnes, et à une certaine époque historique.

Exemple : Le Fady ou le tabou

Un paradigme est une œuvre collective ; nul auteur ne peut édicter,


consacrer ou supprimer un paradigme, même s’il est le chef de file d’une école. Un
paradigme est, par définition, toujours dominant, ce qui veut dire accepté,

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explicitement ou implicitement, par la majorité des scientifiques ou penseurs
concernés. Donc la crédibilité est alors justifiée par la majorité d’une communauté
donnée.

²Exemple : Le Dina est un paradigme d’une œuvre collective de Fokonolona


loi 2001-004

B.- Outrepassé du paradigme à la normalité scientifique

Au-delà de l’idée du Kuhn, la normalité pour Popper (1970) est un


phénomène dangereux pour la science, et il qualifie d’anormal le fait que la science
puisse sous cette définition de la normalité, être normale. En convoquant une sorte de
conformisme, un défaut d’esprit critique et d’audace, une forme de dogmatisme et
d’endoctrinement, le concept de normalité transforme la science pure en une sorte de
science technique qui vise l’application plus que la réflexion. Si Popper reconnaît que
les chercheurs ne sont pas toujours de la plus grande hardiesse et que leur réflexion
est généralement inscrite dans une certaine vision du monde, il préfère parler de
programme de recherche, au sens où Lakatos le conceptualise, qui pose un cadre
théorique et une méthode de travail comme résultant d’une démarche de choix
rationnel préalable à toute conception d’un projet de recherche. Par ailleurs, le concept
de science normale catégorise insidieusement les savants, d’une manière que Popper
juge disqualifiante à l’égard des chercheurs qui n’ont pas produit de grandes théories
révolutionnaires mais qui pourtant œuvrent silencieusement mais fondamentalement
à la mise en cause permanente de l’orthodoxie ambiante. Ainsi, pourrait-on dire,
l’orthodoxie ambiante, bien qu’elle existe, ne constitue pas pour Popper une norme et
ne peut le devenir. C’est donc le concept même de normalité qu’il récuse, arguant
qu’une science « normale » ne peut être que la mort de la science.

En matière de recherche juridique, il n’existe guère de vérités scientifiques


au sens strict. Les données les plus dignes d’une étude scientifique sont les normes
et les institutions ; mais elles ne sont guère intemporelles et universelles. Et, au-delà
des normes et des institutions positives, il ne se trouve, en droit, que des opinions, des
convictions et des doctrines, lesquelles sont à la fois changeantes à long terme,
variables à l’échelle globale, et stables à court terme, rigides à l’échelle d’un espace
juridique. Selon le point de vue adopté, les évolutions paradigmatiques et les «
révolutions scientifiques » apparaissent, en droit, rares et difficiles ou évidentes et

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permanentes. Et en plus, la science juridique est une science empirique alors que les
sciences empiriques entretiennent un lien particulier avec les faits. En effet, ceux-ci
apparaissent aux deux extrémités du processus de la réflexion : leur observation
suggère des hypothèses qui sont ensuite validées par une étape de vérification basée
sur un test de concordance entre faits et hypothèses. On affirme également la
nécessité de distinguer le droit comme technique et comme discipline scientifique.
Cette distinction demande également de ne pas confondre objet réel ou objet donné
(droit positif) et objet de science ou objet construit. G. Bachelard écrit à ce sujet : La
science réalise ses objets sans jamais les trouver tout faits... elle ne correspond jamais
à un monde à décrire, elle correspond à un monde à construire...

Exemple : Le lien de causalité en matière de responsabilité

II.- Légalité du paradigme utilisé par rapport à l’exigence d’Etat de Droit

A.- Normativité du paradigme

Le paradigme se fait ici à partir du positivisme juridique. Primo, on s'entend


pour reconnaître que le droit positif, c'est-à-dire l'ensemble des règles de droit en
vigueur dans un lieu donné, constitue l'objet d'étude de la science juridique. Secundo,
dans ce paradigme, on ne considère que les règles produites par la volonté
constitutionnellement habilitée, règles par ailleurs susceptibles d'être appliquées par
les tribunaux. La réalité du droit est ainsi délimitée par le droit positif considéré comme
seul droit authentique. On ne s'occupe donc pas des axiomatiques méta-juridiques ou
des faits sociaux, mais uniquement de la norme s'inscrivant dans l'ordre juridique
étatique considéré. Tertio, on s'accorde pour reconnaître comme valide la théorie des
sources du droit. Ces sources (lois, jurisprudence, etc.) renvoient au critère de validité
juridique. Enfin, les règles méthodologiques utilisées et reconnues servent à
interpréter et à systématiser les règles de droit. Pour ce faire, on accepte un certain
nombre de principes comme celui de la hiérarchie des normes. Donc le paradigme doit
se former à partir des normes juridiques. C’est de là que vient l’expression « le Droit
n’est pas donné mais construit par la théorie qui en traite ».

Exemple : La formation du Dina doit passer au tribunal pour contrôle de légalité


et pour éviter le dépassement au paradigme

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Le paradigme du droit est aussi un phénomène social ne s'appuie pas pour le
moment sur une matrice disciplinaire clairement identifiable. On remarque cependant
une pratique de recherche qui, en se développant, ouvre le système auto-référentiel
où était maintenue l'étude du droit effectuée dans le paradigme précédent (du
positivisme juridique). Si on ne peut se référer à une seule ligne directrice pour cerner
cette nouvelle pratique de recherche, on peut cependant dégager des points de
convergence et identifier des orientations qui se dessinent.

Exemple : L’avancement de la technologie à l’intelligence artificielle crée


un problème social et cela peut faire un changement de
paradigme

B.- Absence de l’implication du positivisme juridique

Si le droit positif est le droit en vigueur dans une société déterminée à un


moment donné, alors le positivisme juridique est « toute théorie du droit qui part de la
base que l’objet de la science juridique est le droit positif ». En outre, est positiviste le
juriste qui a une attitude objective dans l’analyse du droit positif, c’est-à-dire qu’il
n’inclut aucun jugement de valeur ni d’éléments finalistes. Il distingue entre ce qui fait
partie de son objet d’étude et de ce qui n’en fait pas partie sur la base de faits
vérifiables, et non pas en raison d’une comparaison avec un système de valeurs.
L’approche des positivistes se veut donc scientifique et rejoint l’idéal de wertfreiheit
(neutralité éthique, selon la formule de Max Weber).

Le positivisme prend acte d’un ensemble de faits juridiques. Son but et sa limite
sont de décrire, interpréter et comprendre une réalité donnée. Historiquement, le
juspositivisme fait face à la « monopolisation du pouvoir de production juridique de la
part de l’État ». Les faits juridiques s’identifient ainsi avec l’ensemble des règles
produites par l’État. C’est donc une conception étatique du droit qui se configure, pour
des raisons historiques. De cette conception découlent un ensemble de thèses
attribuées au positivisme, telles que le caractère impératif et coercitif du droit, ainsi que
sa complétude, la loi comme source principale, la théorie de l’interprétation mécanique
du juge… Cependant, conformément au principe de séparation entre droit et morale,
Bobbio rappelle que le juspositivisme comme théorie « n’implique pas une appréciation
positive des faits qui ont été objectivement relevés et représentés».

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Exemple : L’absence des lois criminalisant l’homosexualité or immorale chez
nous.

En tant qu’idéologie, le juspositivisme attribue un jugement de valeur à une


réalité donnée. Le système en vigueur n’est plus simplement décrit, mais il est
considéré comme juste et bon par le seul fait de son existence. La conception étatique
ici n’est plus seulement un résultat historique, mais une appréciation qui permet de
conserver cette réalité telle qu’elle est. Cette évaluation positive du droit existant se
construit à travers deux différents types d’argumentation, que Bobbio résume ainsi: «
Le droit, par la manière dont il est posé et mis en valeur, ou pour la fin à laquelle il sert,
a par lui-même une valeur positive ». Le droit positif est donc juste parce qu’il émane
d’une volonté dominante ou parce qu’il est finalisé à obtenir la paix, la sécurité, la
justice légale… Et si le droit est juste de par son existence même, alors il faut obéir
aux normes juridiques « pour elles-mêmes, en tant que telles ». L’idéologie positiviste
postule ainsi une obligation morale d’obéir aux lois valides.

Exemple : Descartes érigeait le scepticisme en règle essentielle de la méthode


: « Je récuse tout ce qui est douteux, tout ce qui n’est pas absolument
certain, pour essayer de voir ce qui résiste et qui demeure vrai »

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