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Maîtresse : aussitôt, il se trouve changé ; il reçoit tous les sacre-

ments avec édification et fait une heureuse finx. »


*
2° LA PRIÈRE « AUGUSTE REINE ». — Non moins nombreuses et
tout aussi extraordinaires furent les faveurs que le Bon Père
)btint au moyen de la miraculeuse prière dont nous avons à
raconter l'histoire selon les déclarations qu'il en a faites lui-
MèMe2. Cette prière dut être composée et imprimée dans le
courant de l'année 1863 : il écrivait en effet, à une Supérieure,
ie 14 novembre 1864 : a Vous me parlez de la prière, ce n'est
pas moi qui l'ai composée : c'est une âme, qui croit l'avoir
reçue de la Très Sainte Vierge. Cette bonne Mère lui a dit qu'il
;

faut la prier comme «. Reine des Anges ». Et moi, dépositaire de


aette communication, je l'ai fait imprimer, par les ordres de
notre divine Maîtresse et je la répands partout. La Très Sainte
Vierge montre bien qu'elle en est la source, car elle permet
qu'elle se propage avec une étonnante rapidité. Déjà, on l'a
réimprimée en France et en Espagne : disons-la avec une grande
i foi et une vive confiance. »

'i
En plus des autorisations épiscopales, aussi nombreuses
qu'élogieuses, dont elle fut l'objet, le Bon Père désirait l'appro-
bation du Souverain Pontife. Dans ce but, il écrivit, le 13 jan-
vier 1864, au cardinal Villecourt, qu'il avait connu comme
lévêque de La Rochelle :
« C'est au nom de la divine Mère, Reine et Souveraine Maî-
tresse des Anges, que je viens à genoux, Monseigneur, demander
r à Votre Éminence de vouloir bien, si Elle le juge convenable,
'présenter à notre très saint et très vénéré Pontife Suprême,
r-
janvier 1860.
1. 12
2. Texte de la Prière :
»
« Auguste Reine des Cieux, et Maitresse des Anges, vous qui avez
freçu de Dieu le pouvoir et la mission d'écraser la tête de Satan, nous
:vous le demandons humblement, envoyez les légions célestes pour que,
'1 sous vos ordres, elles poursuivent les démons, les combattent partout,
^répriment leur audace et les refoulent dans l'abîme :
« Qui est comme Dieu » !

Saints Anges et Archanges, défendez-nous, gardez-nous.


«
« 0 bonne et tendre Mère, vous serez toujours notre amour, et notre
8espérance.
« 0 divine Mère, envoyez les Saints Anges pour me défendre et repousser
, loin de moi le cruel ennemi. »
cette petite prière dont elle trouvera ci-joint quelques exem-
plaires.
« J'ai cru
devoir dans une note qui accompagne cette lettre
exposer en toute simplicité l'origine de cette prière, telle que
nous la connaissons, sans présumer en rien la réalité de la com-
munication divine qui demeure expressément réservée et tout
entière en dehors de la prière elle-même1. »
Voici la note explicative dont il est question : « Il y a peu de
temps une âme simple de là Congrégation, accoutumée aux
bontés de là Très Sainte Vierge, a été subitement frappée,
• comme d'un rayon de clarté divine. Elle a cru voir les démons
répandus sur la terre, y causant des ravages inexprimables. En
même temps, elle aurait eu intérieurement une vue d'élévation
vers la Très Sainte Vierge.
« Cette bonne et tendre Mère lui aurait dit que les démons
étaient déchaînés dans le monde, et que l'heure était venue, où
il fallait la prier comme Reine et Souveraine des Anges, et lui
demander d'envoyer les légions saintes pour combattre et ter-
rasser les puissances de l'enfer. « Mais, ma Mère, aurait dit
« cette âme, Vous qui êtes si bonne, nepouvez-vous pas envoyer
«vos anges, sans qu'on vous le demande? — Non, aurait
« répondu la Très Sainte Vierge, il faut le demander, car la prière
« est une condition posée par Dieu même, pour l'obtention des
« grâces. » Et, en même temps, cette âme aurait vu la puissance
de Dieu comme une immense et formidable artillerie prête à
partir, mais il fallait y mettre le feu, et ce feu c'était la prière.
« Eh bien ma
! Mère, aurait repris l'âme, voudriez-vous m'en-
« seigner, vous-même comment il faut prier? » Et la Très Sainte
Vierge aurait dicté la prière que nous voudrions mettre aux
pieds du Souverain Pontife, le suppliant très humblement de
l'examiner, de l'approuver et dela bénir.
« Je devins le dépositaire de cette prière; mon premier soin,
comme mon premier devoir, fut de la présenter à Mgr Lacroix,
évêque de Bayonne, qui daigna l'approuver. Ce devoir accompli,
malgré ma grande et profonde indignité, je reçus de notre admi-
rable Mère, des instructions précises sur ce que j'avais à faire.

1. Lettre inédite, 13 janvier 4864.


Il fut ordonné delà faire imprimer aux frais de l Œuvre ;
« me
j'en fis tirer 500.000 exemplaires. Puis, il me fut dit de l 'en-
franco et gratis, défense de recevoir, ni
voyer partout, avec
directement ni indirectement, aucun paiement ; mais, ce qui m 'a
surtout impressionné, c'est l'empressement avec lequel elle est
partout accueillie, et l'élan extraordinaire des cœurs en la
récitant.
Je compris, également, qu'il fallait la recommander aux
«
communautés religieùses et aux écoles des petits enfants.
jeunes âmes, effet, encore innocentes, semblent obéir
Ces en
incitation de leurs bons anges et la récitent en chœur,
à une
force remarquable et un indicible bon-
à haute voix, avec une
heur.
plusieurs endroits, les familles chrétiennes la réci-
« Dans
et semblent puiser cette confiance, cette
tent en commun y
sécurité, dont elles sentent le besoin.
soit permis d'ajouter ici qu'une guérison inat-
« Qu'il me faveur
tendue demandée et obtenue par la communauté, en
riche enfant, nous a procuré, immédia-
d'une dame pour son
de subvenir à tous les frais d'impression et
tement, les moyens
de pl'opagation.
approuvée par 1 autorité
«Depuis lors, cette prière a été
Cambrai. On 1 a
ecclésiastique de Tarbes, d'Aire, de Tours, de
espagnol et elle.se propage jusque dans le Nouveau-
traduite en
Monde.
suprême autorisation du Très Saint
^ Pontife et.
« Mais, c'est la donnera la
la famille chrétienne qui lui
Père vénéré de toute
haute sanction dont elle a besoin. cri
poussé de toutes les parties du mon de, ce
« Alors, sera des millions
d'alarme et d'amour qui fera descendre du Ciel
les démons et faire triompher
d'esprits célestes, pour terrasser
Église. »
la cause de Jésus-Christ et de son
âme simple, accoutumée aux bontés de a
Quelle était « cette
Vierge? Nul autre que le Bon Père lui-même ; on
Très Sainte »
confia ce
Marie-François de Paule à qui il
le sait par la Mère
venait de ressentir, le jour même où il reçut cette impres-
qu'il et
lui récitant la prière telle qu'elle est écrite con-
sion, en
servée au cadre qu'il avait à son chevet.
La Mère Marie-François de Paule garda religieusement le
secret, jusqu'à la mort du Vénérable.
Le pieux Cardinal transmettait au Bon Père, le 17 février 1864,
la réponse pontificale. Le Pape approuvait la prière, ajoutant
:
« Il n'y a rien que l'on puisse rejeter en fait de prières qui ten-
dent à renverser les desseins du démon et arrêter malice 1.
sa »
Sans porter, sur le caractère plus ou moins miraculeux de
cette communication, un jugement qui n'appartient qu'à
l 'Église, il est permis de constater combien
en fut prodigieuse
la diffusion, quelle rage de l'enfer se déchaîna contre elle,
et
enfin le nombre de grâces qu'elle obtint.
Le Bon Père écrivait de Billy-Berclau (diocèse d'Arras), le
24 janvier 1864 : « La prière se répand
en France d'une manière
prodigieuse. De tous côtés, on nous en demande avec le plus
vif empressement. Plusieurs évêques l'ont approuvée et main-
tenant elle voyage vers Rome pour être déposée aux .pieds du
Souverain Pontife ; nous attendons ce qu'aura ménagé notre
divine Maîtresse. C 'est, je crois, une des plus grandes
marques
d amour et de confiance, qu'elle ait daigné
nous donner jus-
qu 'à ce jour. Mais aussi, il me semble vous l'avoir dit, nous
devons nous attendre à un redoublement de fureur de la part
du démon. Si nous sommes fidèles et si nous
recourons sans cesse
à la maternelle protection de notre Souveraine Maitresse et des
bons anges, nous triompherons de tous les efforts du démon
contre nous ; ces efforts tourneront contre eux et nous devien-
dront une source de mérites et de bénédictions.
« Je vais revenir à Notre-Dame, où m'attendent de nouvelles
croix. »
Un mois plus tard, le 15 février 1864, il écrit
encore :
« L encombrement des affaires et la grâce des croix pèsent
la communauté et sur mon cœur, depuis surtout sur
que notre
divine Mère a daigné nous envoyer la prière. A
mesure qu'elle
se répand et qu'elle se récite, les esprits infernaux redoublent
de fureur contre nous. »
« La main miséricordieuse de la divine Mère nous soutient,
malgré les efforts reitérés de l'ennemi qui veut
se venger des
1. Lettre inédite.
lui inflige La Prière qui va se répandant
flagellations que « »,
de plus en plus. »
11 suivant Je sais que depuis l impression des
Et le mars : «

prières à la Reine des Anges, qui se récitent, aujourd 'hui, en


Espagne, Angleterre, en Italie, et ailleurs, les
France, en en
furieux contre nous et qu'ils nous susciteront
démons sont
-

oppositions possibles. Mais je plains ceux qui, sans le


toutes les
vouloir et le savoir, se font les instruments de leur vengeance.
Et nous, toujours unis à la divine Souveraine des Anges, nous
attendons d'elle et d'elle seule, notre délivrance.
C'est grande consolation pour nous de voir comment
« une la
la bonne et divine Maîtresse répand cette prière partout : on

les parties de la France. On l'a réimprimée


récite dans toutes
endroits; l'a traduite en anglais, en allemand, je
en divers on
été approuvée par quatre Archevêques et Évêques,
crois. Elle a
Souverain Pontife a autorisé sa propagation dans
et enfin le
toute l'Église1. »
l'enfer avait éclaté, dès les premiers jours. Quand
La fureur de
imprimer la Prière les presses se brisèrent deux
on voulut « »,
bouvier chercher
fois. Le travail achevé, on avait envoyé un
stock de 500.000 feuilles à Bayonne « Quand on arriva au
le :

témoin, et qu'on se mita décharger la charrette,


Refuge, dit un
d'elle-même, glissa à terre et faillit écraser les
la caisse, comme miracle
pieds du bouvier ; il n'échappa à ce malheur que par -. »

après, fut une nouvelle campagne de calomnies


« Bientôt, ce
enfants de
raconta, partout, que les
odieuses et absurdes ; on

1. i*' avril 1864.


jour, une pénitente tomba dans un puits du -iau, a un
9 T p môme mal^n'tomba'nt^p^ïa^proteSnllu relevafairesaine
escalier.de
coupetsauve. Elle pS jamaisparse rendrela compte comment l'accident lui était
ne
arrivé.
~douxetn'avaitjamaisfaitdemalàpersonne,semontra,furieuxàl'égard de l'étable qui était un animal très

~infailliblementmassacrée, si, montant sur l'auge et de là, gtimpant par


râtelier, elle n'avaitpasséle au grenier t traversvouluunetrappe.l'heure, sentit
~lerâtelier,ellen'avaitpasséaugrenieràtraversunetrappe.

à la eurent violent
dÛ quand
d'une heure ; ils sont tous exacts:
alors dans la communauté. (Dépositions, P. 424.)
lue trouvais
l'ouvroir Notre-Dame avaient à subir d'indignes traitements.
Les Servantes de Marie ne pouvaient paraître
en ville sans être
insultées. Bien loin de s'en attrister le Bon Père écrivait le
13 août 1865 : « Notre bonne et toujours admirable Mère daigne,
dans sa grande bonté, nous ménager des croix et des difficultés
plus grandes et plus nombreuses qu'à l'ordinaire. Au fond, c'est
un bon signe et, tout en lui demandant d'avoir pitié de nous et
de moi, je la remercie et je la bénis.
»
L'enfer s'attaqua alors à la prière elle-même. Il surgit,
en
effet, on ne sait d'où ni comment,
une légende qui suffisait à
elle seule à mettre en suspicion la valeur surnaturelle de la
« prière», auprès de l'autorité ecclésiastique. La pieuse formule
on peut le dire sans exagération, avait, en moins d'un an, été
répandue dans l'univers catholique tout entier, traduite
en
presque toutes les langues; elle avait le don de susciter, non
seulement la confiance, mais le zèle pour sa diffusion. Dès 1866,
elle était réimprimée partout, avec une notice qui lui attribuait
un caractère miraculeux. On y lisait ceci : « La sainte Vierge
est apparue à une religieuse d'une grande sainteté et lui a dit
:
« Les prédictions de La Salette vont s'accomplir : dites, qu'on
« prie beaucoup pour apaiser la colère de Dieu. » La religieuse
lui répondit : « Vous êtes toute-puissante, demandez à Dieu qu'il
« protège son Église : qui donc me croirait ? » La Sainte Vierge
lui répliqua : « Dieu veut accorder son
secours aux prières qui
« me seront adressées; plus elles seront multipliées, plus ses
« secours seront abondants. Je viendrai avec des légions d'anges
« et je sauverai l'Église. » Puis Marie dicta la prière ci-jointe, en
recommandant de la répandre partout sans en faire un trafic.
Une dame pieuse dont la fille venait d'être miraculeusement
guérie, en fit imprimer plusieurs milliers pour la
propager. »
Au verso on touve le texte de la prière, suivi de l'imprimatur de
l évêque de Bayonne. A la suite cette recommandation Ames
: «
dévouées à la Très Sainte Vierge et à la sainte Église, faites
imprimer.cette prière et répandez-la à profusion.
»
D 'où venait cette légende apocryphe? On
ne le sait pas. Dans
ces temps troublés, le caractère mystérieux, la beauté et la par-
faite orthodoxie de la prière, le récit des miracles déja obtenus
par elle, suffisaient, pour éveiller les pieux enthousiasmes et
retenir aussi l'attention des hommes sérieux. Si, de toutes parts,
on demandait des envois de la formule par centaines et par mil-
liers, de toutes.parts aussi on réclamait des éclaircissements'.
Le Bon Père fut navré de ce mauvais tour que lui jouait le
démon. A un ami qui le lui signalait, il écrivait : « Oh! qui
peut dire les peines, les amertumes que m'ont causées ces
malheureuses légendes Certes, Satan, devait se venger, je le
!

savais; mais il a bien su trouver le moyen le plus sûr d'exercer


sa vengeance.
« Non, Monsieur, il n'y a point eu d'apparition de la Très
Sainte Vierge. Notre-Dame de La Salette n'a point parlé à une
religieuse, et surtout, cela n'a pru être approuvé par aucun
évêque.
« Cette légende est donc une invention
diabolique pour dis-
créditer la prière « Auguste Reine des Cieux » qui a reçu l appro-
bation d'un grand nombre d'archevêques et d'évêques et qui
est très répandue, particulièrement à Rome, sous le regard du
Souverain Pontife et avec l'autorisation du Cardinal Vicaire-. »
En dépit de cette légende dont on trouve des traces jusqu'en
1896, la prière continua à être-récitée partout3. Un grand
nombre d'évêques l'approuvèrent. Les Papes Léon XIII et Pie X,
l'ont enrichie d'indulgences. Parmi ses propagateurs, il con-
vient de citer le Saint Homme de Tours4.
A Tours encore, un pieux Jésuite s'en est fait l'ardent apôtre.
Il a donné communication aux Servantes de Marie, d une lettre
de l'année 1864, qui rapporte la guérison immédiate et miracu-
leuse d'une possédée après la récitation de la prière : « Auguste
1. Nous avons sous la main, trois lettres datées de 1866, elles viennent du
Gers, de Bordeaux et d'Autriche ; la dernière portait même un détail nou-
veau : la religieuse qui aurait eu la vision, appartiendrait à la \isitation
d'Annecy : « Mais alors, écrivait le correspondant autrichien, nous trou-
Bayonne. diocèse très éloi-
vons suspecte l'Approbation de l'évêque delieu.
gné — sans l'approbation de l'évêque du » (Lettre inédite.)
2. 15 et 30 septembre 1866. (Lettres inédites.)
3. Parmi les innombrables demandes, on a conservé quelques lettres
particulièrement intéressantes datées : de la Manche, de la \ endée, du
Maine-et-Loire, de la Loire Inférieure, de l'Isère. du Mans, etc.
4. Nous croyons avoir en mains la lettre d'envoi des premières temlles
signée du Bon Père. Par ailleurs, un curé de la Manche écrivait : « Le
Saint Homme de Tours auprès de qui j'ai eu le bonheur de passer une
semaine, m'avait envoyé dans le temps, plusieurs milliers d exemplaires
et raconté l'origine de la prière. »
Reine ». Lui-même, enfin, organisait, en 1900, une neuvaine de
prières pour l'Assomption et il écrivait : « La belle prière
« Auguste Reine » m'a paru d'un tel saisissant intérêt, dans le
cas présent, que je l'ai fait entrer, comme pratique principale
dans cette neuvaine 1. »
La neuvaine fut faite avec une grande piété,partout, mais
surtout dans une famille religieuse, pour la protection des mis-
sions de Chine, qui, en ce moment-là, couraient de graves dan-
gers. Or, lisons-nous dans la Semaine Religieuse de Tours
(samedi 9 mars 1901) : « L'année dernière, Mgr Renou accueillit
chaleureusement et favorablement le projet d'une neuvaine
préparatoire à la grande solennité de l'Assomption de la Très
Sainte Vierge. Le but de cette neuvaine était un appel à la toute-
puissance suppliante de Marie. Nous signalerons la coïncidence
merveilleuse des différentes phases du siège de Pékin avec
cette neuvaine approuvée par Monseigneur notre Archevêque, Je
1erjuillet 1900. A partir de ce jour, jusqu'au 15 août, la protec-
tion de la Très Sainte Vierge sembla s'étendre tout particuliè-
rement sur les contrées de la Chine qui subirent une si cruelle
persécution. On peut en juger par les faits suivants, dont le récit
nous a été communiqué de différents côtés :

« Le jour même où la neuvaine du 6 au 15 août commençait,


l'armée des alliés se mettait en marche vers Pékin, et le 15 août,
les alliés y faisaient leur entrée !... N'étions-nous pas en présence
d'une nouvelle bataille de Lépante devant le magnifique
triomphe remporté le 15 août? Magnifique, tous l'affirment;
miraculeux, d'innombrables témoins l'attestent. »
L'arme du chrétien consiste, conclut l'article, surtout dans
la prière. Supplions la Vierge de Lourdes, d'avoir pitié de
nous, en lui adressant cette prière, si connue et qui semble
avoir touché son cœur en faveur de nos pauvres frères de la
Chine : « Auguste Reine des ci eux, etc... »
Avec enthousiasme, le bon religieux, ajoute : « La prière de
votre Bon Père, la prière « Auguste Reine », la prière de mon
cœur comme du vôtre, et de toute votre famille, est à l'honneur
en ce moment, comme elle le fut, l'an dernier, à l'époque de la

1. 12 février 1900.
neuvaine de l'Assomption, neuvaine si extraordinairement
féconde en fruits de saLut... Vous lirez avec intérêt l article con-
* cernant le siège de Pékin1. »
Aujourd'hui encore, cette prière est partout demandée, par-
tout employée avec succès. Elle est pour les pieuses filles du
Bon Père l'expression habituelle de leur confiance en Marie,
et elles la récitent à chaque heure : « Nous devons, leur écri-
vait le pieux fondateur, plus que personne, la réciter et la faire
réciter avec foi, confiance et amour ; pénétrez-vous bien de cette
recommandation2. /)

3° PÈLERINAGES. — Un mot sur les sanctuaires de la Très Sainte


Vierge où le Bon Père a le plus aimé à prier sa divine ,Mère.
La première place dans cette liste revient, incontestablement,
sanctuaire.de Notre-Dame de Buglose (Landes), très ancien
au
mais toujours fréquenté.
Notre-Dame de Buglose. — « La chapelle de Buglose, nous dit
Mgr Puyol, n'était pas, alors, cette riche et harmonieuse basi-
lique que nous devons à la piété et au dévouement des saints mis-
sionnaires chargés de la desservir C'était un humble édifice,
!

perdant milieu des sables et des forêts de pins, délabré de


se au
vétusté, pauvre et négligé. 11 renfermait, du moins, un incom-
parable trésor : la statue miraculeuse aux pieds de laquelle tant
de générations avaient trouvé protection et consolation. Elle se
montrait au pèlerin dans sa grâce touchante, et, de la regarder
seulement, mettait au cœur l'amour et l'espérance 3 » !

Bayonne et de tout le Pays basque, on aimait à se rendre


De
à Buglose en pèlerinage. Plus d'une fois, la très Sainte Vierge
avait récompensé la foi de ses fidèles par des grâces de choix
des miracles'. Nous comprenons donc que le Bon Père
et
soit allé, au moins une fois l'an, parfois même plus souvent,
1. Juillet 1901. Semaine religieuse de Tours (mars 1901).
2. 12 avril 1864.
3..Vie, p. 249. -

11 est difficile d'étudier un peu


attentivement 1 Histoire ae îNotre-
Dame de Buglose sans être frappé de la potion des
4.
ce.
pèlerinage... L'évêque de Dax, Jacques du hault, fut memeamene à
mettre un prètre basque parmi les premiers
d'un article de la savante Revue de : hure lien ta, signé de M. Degert, pro-

fesseur de la Faculté catholique Toulouse.) ......


LE VÉNÉRABLE
LOUIS-ÉDOUARD CESTAC
Chanoine honoraire de la Cathédrale de Bayonne
Fondatejirjl^Notre-Dame-du-Refuge à Anglet (Diocèse de Bayonne)

^\\\^!fe^deJc^ongrégation des Servantes de Marie

U n r ssiviE, SON ŒUVRE


D'£H^R^;g^®jlnTS ET SON PROCÈS liE BÉATIFICATION

Par M. l'Abbé P. BORDARHAlVIPÉ


Docteur en théologie,
Premier Aumônier de Notre-Dame-du-Refuge.

PARIS
J. DE GIGORD, ÉDITEUR
RUE CASSETTE, 15

'1925

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