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1- Les risques d’une politique de hausse des dépenses publiques

Objectif : Comprendre qu’une politique de relance peut avoir des effets négatifs
a- Une politique de hausse des dépenses publiques peut entraîner des effets d’éviction
 Doc 1 et 2 p 104 Q 1 à 8
Doc 1- La consommation : effet d’éviction et achats à l’extérieur Les deux types d’effet d’éviction
qui limitent notamment l’ampleur du multiplicateur keynésien (Doc. 3 p. 103) sont ici présentés :
1. Les ménages anticipent des impôts plus élevés par la suite et augmentent leur épargne pour y faire
face.
2. La hausse de l’épargne réduit la consommation car les revenus ne peuvent être que consommés
ou épargnés : si davantage de revenus sont épargnés, il en reste moins pour la consommation.
3. Si la plus forte consommation provoquée par la hausse des dépenses publiques se porte sur des
produits importés, elle profitera surtout à des producteurs étrangers. Donc les dépenses de l’Etat
français ne profiteront pas à l’économie nationale (croissance et emploi).
4. Le multiplicateur est limité si parallèlement l’épargne augmente et si le recours aux importations
est important.
Document 2 L’effet d’éviction des dépenses publiques sur l’investissement privé En reprenant le
graphique du marché des fonds prêtables (Doc. 3 p. 93), ce graphique permet de comprendre le
mécanisme de l’éviction par la hausse des taux d’intérêt.
5. Quand l’État n’est pas emprunteur, l’équilibre du marché des fonds prêtables se situe au point A
avec un taux d’intérêt r1. La demande de prêts par l’État déplace l’équilibre au point E avec un taux
d’intérêt r2 plus élevé.
6. Les entreprises empruntent OF3 après l’intervention de l’État donc moins qu’initialement (OF2) :
leur financement est plus difficile du fait de la hausse des taux d’intérêt.
7. Le segment DC représente la perte de financement pour les entreprises.
8. Si les entreprises peuvent moins se financer, cela réduit leurs capacités d’investissement, donc
leurs capacités de production et d’innovation.
b- Les dangers d’une dette publique excessive Doc 3 p 105 Q 9 et 10
Même si les politiques de relance ou de stabilisateurs automatiques comportent des bénéfices, elles
entraînent des risques d’endettement excessif et des conséquences néfastes pour l’activité
économiques (hausses d’impôts, augmentation de la charge de la dette, jusqu’au défaut de
paiement).
9. Un endettement public excessif nécessite de payer plus d’intérêts sur la dette publique, ce qui
peut amener à accroître les prélèvements obligatoires.
Cet endettement excessif peut aussi susciter la méfiance des prêteurs qui doutent alors des capacités
de remboursement de l’État et peuvent refuser de lui prêter ou exiger des taux toujours plus élevés.
10. Une bonne politique budgétaire doit s’adapter au contexte économique : les déficits peuvent
jouer un rôle en période de récession (stabilisateurs automatiques, relance) mais doivent être
compensés par des excédents dans les périodes d’expansion afin d’éviter un poids excessif de la
dette publique. (politiques contracycliques : relance en cas de récession et de chômage et rigueur en
cas d’inflation trop élevée ou dette publique excessive)
Faire le point p 105
1. Vrai (L’effet d’éviction montre que si les fonds prêtables disponibles sont stables, la hausse de la
demande issue de l’État accroît les taux d’intérêt.)
2. Vrai (Ils accroissent ainsi leurs recettes et si leurs dépenses restent stables cela réduit le déficit.)
3. Faux (La dette publique est alimentée par les déficits successifs.)
4. Faux (Quand l’endettement est excessif, les prêteurs peuvent refuser de prêter ou exiger des taux
trop importants.)

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Dissertation : Quels sont les effets positifs et négatifs des politiques d’augmentation des dépenses
publiques ? p 114-115
Introduction : Le déficit public français s’élevait en 2017 à 2,6 % du PIB. Cela signifie qu’en 2017 les
dépenses publiques excédaient les recettes publiques. Augmenter les dépenses publiques, c’est-à-
dire les dépenses des administrations centrales, locales ou de Sécurité sociale peut prendre diverses
formes comme l’augmentation des transferts versés aux agents économiques, des emplois publics,
des investissements publics, par exemple dans des infrastructures. Ces politiques sont souvent
perçues comme des réponses aux situations de ralentissement de l’activité, voire de récession. Il
s’agit ici d’interroger les politiques volontaires d’accroissement des dépenses publiques, qui sont
distinctes des politiques passives de stabilisateurs automatiques. Quels effets les politiques
d’augmentation des dépenses publiques produisent-elles ? Nous verrons, dans une première partie,
qu’elles peuvent avoir des effets bénéfiques sur l’activité économique, avant d’en pointer, dans une
seconde partie, les effets néfastes.
Proposition de plan détaillé
I/ L’augmentation des dépenses publiques peut avoir des effets positifs sur l’activité économique.
A. L’augmentation des dépenses publiques peut accroître la demande.
L’État peut choisir de verser davantage de transferts aux ménages, comme par exemple les primes à
l’achat de véhicules. Il peut améliorer le niveau des prestations sociales (chômage, retraite, etc.). Ces
hausses seront d’autant plus efficaces qu’elles s’appliquent aux bas revenus (Doc. 4) qui consomment
une plus grande part de leur revenu disponible. Comme employeur, l’État peut aussi embaucher
davantage de fonctionnaires (Doc. 4) ou augmenter les salaires qui leur sont versés.
L’État peut aussi financer des investissements publics, comme des infrastructures (hôpitaux,
routes…), ce qui va permettre de passer des commandes à des entreprises privées et d’accroître de
ce fait la demande qui s’adresse à elles. Il peut aussi aider ces entreprises à investir, par des aides
ciblées.
B. Cette augmentation de la demande a des effets positifs sur l’activité économique.
J. M. Keynes a développé l’idée de l’effet multiplicateur de l’investissement public : les politiques de
hausse des dépenses publiques permettent un accroissement de la demande globale (consommation
des ménages, investissement des entreprises). Pour répondre à cette demande plus importante, les
entreprises doivent accroître leur production et donc procéder à des embauches et des
investissements. Les salaires versés et les commandes aux entreprises de biens d’équipement qui en
découlent provoquent, à leur tour, une hausse de la consommation et de la production qui produit
les mêmes effets bénéfiques. Ainsi, l’investissement public initial génère des effets positifs en
cascade qui amplifient son action positive sur l’activité économique. Le document 1 semble montrer
que les politiques de hausse de dépenses publiques consécutives à la crise de 2008 (on passe de 53,3
% du PIB pour les dépenses publiques en 2008 à 56,8 % en 2009 par exemple) ont permis de
restaurer la croissance. Ainsi, après une récession en 2009 (le PIB diminue de 2,9 %), on observe de
nouveau une croissance en 2010 (1,9 %) et en 2011 (2,2 %).
II. Mais ces politiques comportent des limites et des risques
A. Elles peuvent avoir des effets limités.
Ces politiques se heurtent à divers effets d’éviction. Dans le document 3, l’effet d’éviction financière
est évoqué. En accroissant sa demande de fonds prêtables pour financer ses dépenses
supplémentaires, l’État risque de produire une hausse du taux d’intérêt d’équilibre. Dans cette
situation, une partie des entreprises ne pourront plus emprunter car les taux d’intérêt seront
devenus trop élevés pour elles. L’État se finance ainsi au détriment des entreprises. D’autant que
l’État apparaît en général plus solvable et plus rassurant pour les prêteurs qui le préféreront aux
entreprises. De même, si les ménages anticipent que l’État augmentera les impôts à la suite des
politiques de dépenses afin de réduire son déficit, ils peuvent accroître leur épargne en prévision.

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Dans ce cas, leur consommation est restreinte et on n’observera pas de réelle hausse de la demande.
Enfin, si les ménages et les entreprises augmentent effectivement leur consommation et leurs
investissements grâce à la hausse des dépenses publiques, mais consacrent une large part de leurs
achats à des importations, l’effet sur l’économie nationale sera également limité. Ces limites peuvent
expliquer que, dans le document 1, on observe que le taux de chômage semble avoir été
peu affecté par la hausse des dépenses publiques : il passe de 7,4 % en 2008 à 9,1 % en 2009 pour
continuer à augmenter globalement, jusqu’à dépasser 10 % entre 2013 et 2016. Il ne retombe à 9,4
% qu’en 2017.
B. Elles produisent des risques financiers.
Les politiques de hausse des dépenses se doivent d’être temporaires car elles ont des effets négatifs
sur les déficits publics et, à terme, sur la dette publique. On peut l’observer dans le document 2 :
tandis que les dépenses publiques s’accroissent à la suite de la crise de 2008 en France, le déficit
passe de 3,3 % du PIB en 2008 à 7,5 % en 2009, il ne retrouve un niveau de 3,4 % qu’en 2016. Ce fort
déficit durant plusieurs années produit une hausse de la dette publique qui passe de 68,2 % du PIB en
2008 à 96,3 % en 2016. Une dette trop élevée peut entraîner la nécessité de fortes hausses d’impôts
préjudiciables à l’activité et, éventuellement, des difficultés pour se financer auprès des marchés
financiers, comme le cas de la Grèce l’a montré (hausse trop importante des taux d’intérêt exigés,
refus de prêter). Ainsi, il faudrait que la reprise de l’activité permise par ces politiques soit l’occasion
d’une amélioration des comptes publics pour éviter ces écueils.
Conclusion :
Les politiques de hausse des dépenses publiques peuvent donc avoir des effets bénéfiques sur
l’activité économique, en particulier en cas de ralentissement. En agissant sur la consommation et
l’investissement, elles stimulent la production. Toutefois, ces politiques peuvent être entravées par
des effets d’éviction de différentes natures (hausse des taux d’intérêt, de l’épargne, des
importations) qui en limitent les bénéfices. De plus, leur coût pour les finances publiques, s’il n’est
pas compensé par la reprise de l’activité, alimente une dette publique croissante qui peut menacer
les possibilités de financement futures de l’État. Ces politiques doivent être utilisées de façon
temporaire et mesurée.